Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

01 Février 2026 à 14:29:42
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Le Monde de L'Écriture » Messages récents

Messages récents

Pages: 1 2 [3] 4 5 ... 10
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Poésie / Re : Résonances
« Dernier message par pehache le Hier à 18:13:26 »
J'ai apprécié les 4 premiers §. Moins la suite.
22
Poésie / Re : Un songe
« Dernier message par pehache le Hier à 18:12:21 »
"mauresque", sans doute?
23
Poésie / Re : Fanny
« Dernier message par pehache le Hier à 18:10:54 »
Fluide et aérien.
24
Textes courts / Icare
« Dernier message par Vincent Duarté le Hier à 17:34:23 »
Je sens, depuis janvier, mes poumons se remplir d’eau salée, mon cœur se remplir de cette bile noire, celle de mon oncle, celle qui fait tomber des cordes céruléennes et fait pousser des ailes, et mes peurs voguer sur cette mer sans étoiles, la peur d’avoir froid, la peur d’être pâle, la peur de ne plus avoir peur, la peur de faire mal. Alors, je bois du thé noir brûlant, pour une âme fiévreuse, je lis Sylvia Plath, Agatha Christie, je prends des douches ardentes, et vole près du soleil.
25
Textes mi-longs / Re : Lion des mers ( conte animalier)
« Dernier message par EmyMarty le Hier à 17:20:27 »
Bonjour Robert,

J'en suis bien consciente, mais je me suis permise d'en détourner le sens.

Bientôt, je reposterai une version améliorée de ce conte.

Très belle journée à toi.

Merci pour ton travail et ta bienveillance.
26
Textes mi-longs / Nouvelle "Fucking Tourist". Avis et critiques bienvenus
« Dernier message par Ned le Hier à 16:26:10 »
Bonjour, ce texte était initialement dans la section "texte court", mais s'étant étoffé,  je le mets maintenant ici pour vos critiques et avis. Merci!

Fucking Tourist




Un voyage organisé ? Pourquoi les enfants lui avaient-ils offert ça ? D’accord, il ne les voyait plus beaucoup, mais il n’y a encore pas si longtemps, quand leur mère était encore là, ils se marraient bien tous les quatre au passage de ces troupeaux sans gloire soumis à leurs guides. Depuis une semaine : lever sept heures, café, visite, déjeuner, « atelier cuisine » ou « workshop créatif », dîner, dodo dix heures. Tous les jours : valise à roulettes, lunettes de soleil, crème solaire, chapeau et badge « Club Aventures ». Aventures, tu parles.

Alors ce jour-là, en rentrant à l’hôtel après la visite du matin, il s’était dit qu’il en avait assez. Il avait rempli son sac de quelques trucs à grignoter, une bouteille d’eau, son vieux portefeuille, et abandonné le reste dans sa chambre. Il avait fermé la porte, pris les escaliers de service sur la gauche pour ne croiser personne et passé la réception en fixant le sol. Dehors, il avait choisi au hasard une ruelle droite et triste, bordée de vieilles maisons en parpaings bruts. Au bout se trouvait une large place offrant une vue dégagée sur les montagnes.

C’était un jour de marché et bus, pick-up et taxis collectifs s’arrêtaient là pour faire le plein de voyageurs et de marchandises. Il trouva un banc et décida de savourer là ses premiers instants de liberté. Ah ! Que la vie semblait douce à présent, loin de Sandrine, Sylvain, Alain, Sylvie et l’autre… comment s’appelait-il déjà…Francis ? François, il ne savait plus. Qu’importe, il ne faisait plus partie du « Club Aventures » maintenant. Il était à nouveau lui, libre de profiter de cet instant à sa façon.

Devant lui, une cinquantaine de personnes s’activaient sur les pavés gris. Hommes, femmes et enfants, petits et larges, les traits ronds, la peau mate et les joues rouges. Tous avaient de longs cheveux noirs regroupés en nattes, des vêtements amples aux couleurs vives et des chapeaux en feutre sombre. Certains d’entre eux, dans une intense chorégraphie, soulevaient d’immenses paquets débordants de marchandises, les lançaient dans les airs pour les faire atterrir trois mètres plus haut sur les toits des bus. Des femmes enveloppaient leurs nouveau-nés dans de longs châles plaqués contre leur dos comme des petits sacs de randonnée, relevaient leurs cabas chargés de légumes contre leurs épaules puis grimpaient dans les véhicules les ramenant chez elles. Poules, chèvres et moutons observaient la scène dans le calme, espérant probablement se faire oublier avant que les larges mains d’un acheteur ne viennent les tirer par le col.

Tous s’activaient sans le voir ou, en tout cas, sans montrer le moindre intérêt pour lui, et cela lui donnait l’impression d’être tacitement accepté, silencieusement accueilli. Et c’était là un instant savoureux. Un instant d’autant plus savoureux qu’il n’était partagé qu’entre eux et lui, ce qui n’aurait pu être possible avec ce groupe de lourdauds qu’il s’était coltiné toute la semaine. Sandrine aurait piaillé devant chaque petit chevreau, Sylvain aurait négocié à tous les étals la moindre babiole en baragouinant ses rudiments de langue locale pour impressionner Sylvie qui aurait, elle, pris des selfies en rafale avec de pauvres locaux aux sourires embarrassés. En l’espace de quelques minutes ils seraient devenus la cible d’une foule de marchands de pacotille qui n’auraient fait qu’une bouchée de leur…

- Excuse me ?

La voix derrière lui l’invita à se retourner. Quatre jeunes hommes aux longues tresses et aux vestes vives lui faisaient face.

-Yes ? répondit-il.

- You want to do a tour ? You want to buy something ? lui lança le plus petit d’entre eux dans un sourire carnassier.

Et il est vrai qu’il ne fut pas forcément de la plus grande courtoisie en répondant à cet homme. Sans être impoli non plus, juste légèrement agacé. Ce soupçon d’agacement, pareil à celui de l’aoûtien profitant de son premier bain de soleil méditerranéen et qui soudain entend l’inévitable murmure du « chouchous, glaces, beignets ». Le murmure qui se rapproche inexorablement de lui. Le murmure du tire-fric et du calme qui se rompt.

Il lui répondit donc qu’il regrettait mais que non, il n’envisageait pas de faire un tour, ni même de visiter une échoppe et encore moins d’y acheter quoi que ce soit, qu’il n’était pas nécessaire d’insister ni de lui sortir de sous son chapeau de grossières contrefaçons archéologiques ou des bonnets traditionnels de mauvais goût faits main par des femmes autochtones.

Les sourcils du marchand se froncèrent. Seul, il n’en aurait sûrement pas fait une affaire personnelle et serait allé trouver un autre client à détrousser sans rien ajouter. Mais voilà, l’homme avait un auditoire qui attendait de lui une sortie honorable. Sa bouche trembla légèrement, son regard s’abaissa, et il lui dit d’une voix sèche :

- Fucking tourist. Why are you coming here if you are not buying anything? Ce qui, en substance, voulait dire que sa présence en ces lieux ne pouvait se justifier sans raison commerciale. Et sans attendre de réponse, le marchand lui tourna le dos suivi par sa bande qui, hilare, le félicitait de cette saillie bien sentie.

Un « fucking tourist » lui ?... Libéré de son groupe, il avait cru l’espace d’un instant être délivré de sa condition de touriste et de la vulgarité qu’elle suggère. Il avait cru en un semblant de symbiose voyageur-village, voyageur-marché, voyageur-femmes-et-leurs-enfants, voyageurs-hommes-et-leurs-paquetages. Il avait cru en une reconnaissance, non, un respect même, voire une admiration silencieuse pour sa noble condition de promeneur solitaire. Et voilà que ce petit merdeux, ce petit connard de vendeur de souvenirs à couettes, venait d’une phrase porter un coup terrible à ses illusions. Pire, il lui disait que personne n’était dupe, que quand bien même il se séparait du groupe, il n’en restait qu’une brebis égarée, visible de tous. Pire encore, il ajoutait que sans suivre le troupeau, ses tristes rituels et ses instincts vénaux, il devenait indésirable.

– Hey ! dit-il en anglais, assez fort pour que toute la petite bande se retourne. Je ne suis pas un « fucking tourist » ! Je ne suis pas là pour acheter moi ! Je suis là pour ça !

Et il pointa alors du doigt, sans réfléchir, parmi toutes les montagnes qui entouraient le village, celle qui lui semblait la plus haute et la plus terrifiante.

Dans un geste presque excessif, presque comique, presque insultant, l’homme fit un pas de recul, pencha légèrement sa tête et l’examina. Son physique ne jouait pas en sa faveur, il le savait, et son corps était probablement plus taillé pour la pétanque du dimanche après-midi que pour l’alpinisme. Le marchand jeta également un œil à ses vieilles chaussures de marche, son pantalon en toile fine et sa polaire usée, et partit dans un grand rire :

- Tu n’iras pas loin avec ça, papy !

Et la bande encore une fois était hilare, mais cette fois d’autres curieux se joignirent à eux, certains se tapaient même sur les cuisses. Humilié, rabaissé, il ne lui restait que la surenchère comme riposte :

- Je ne sais pas comment c’est par chez vous, mais chez moi l’équipement n’est généralement que l’étendard de l’incompétence. « Equipment is the flagship of incompetence », dit-il, assez fier de son anglais comme de sa répartie.

L’homme gardait un air amusé, bien que légèrement exaspéré à présent.

- Très bien papy, j’ai très envie de voir ça. Je veux bien te rapprocher en voiture jusqu’au col. C’est cadeau mais seulement si tu y arrives. Sinon tu me devras un aller-retour et un supplément pour le temps perdu.

Le marchand lui indiqua du menton un vieux pick-up derrière lui. Il s’y dirigea sans hésiter, mais comme il s’approchait d’une des portières, l’homme ajouta :

- Non, non, tu n’es pas un touriste toi, tu vas à l’arrière dans la benne.

Sans rien dire, sans même regarder le marchand et sa bande qui riaient à nouveau, feignant l’habitude et la nonchalance, il contourna le véhicule et enjamba le garde-corps à l’arrière du pick-up pour se retrouver sur la surface plane et sombre de la benne. Il n’y avait bien entendu ni siège, ni de quoi s’accrocher là-dedans, mais au moins il avait cet espace rien que pour lui, pensa-t-il.
 
L’homme prit place à l’avant, ses sbires à ses côtés, puis il donna deux ou trois coups secs de klaxon. C’était le signal du départ et un flot d’hommes, femmes et enfants qui jusqu’à présent devisaient ou terminaient leurs emplettes, se ruèrent vers la voiture et grimpèrent dans la benne. Ils furent très vite trop nombreux pour rester assis et durent se relever, serrés les uns contre les autres avec leurs achats posés sur leur tête, les visages fermés sous leurs chapeaux. Personne ne parlait, mais certains, probablement au courant de ses glorieux desseins, l’observaient puis se regardaient entre eux avec un sourire entendu, ce qu’il prit pour de la moquerie.

Le véhicule se mit en branle et sortit du village, passa quelques champs en jachère puis bifurqua sur une large route de terre pour entamer la lente ascension vers le col. C’est seulement à ce moment-là, face à cette montagne qui enflait par-dessus lui, qu’il commença à regretter ses élans de fierté inconsidérés.

La voiture finit par s’arrêter devant un hameau de fermes en bois clair. Le sol sec et pâle, parsemé de touffes d’herbes jaunies, s’exposait à un ciel presque sans nuages. Tous descendirent là aussi vite qu’ils étaient montés, emportant leurs paquetages, leurs animaux et leurs enfants. L’homme et sa troupe sortirent eux aussi et trouvèrent un endroit pour s’asseoir, en demi-cercle face à la montagne. L’homme joignit ses deux mains derrière sa nuque, sûr d’assister à un beau spectacle, sûr d’en connaître l’issue, tel César devant le gladiateur dans l’arène.

–  Tu vois le sentier derrière toi ? C’est tout droit. Bon courage, papy. On te regarde.

Il ne répondit rien et leur tourna le dos. Un colosse de pierre noire et de terre craquelée se dressait devant lui. De toute sa hauteur il semblait lui aussi lui signifier qu’il n’avait rien à faire ici. Le sentier serpentait d’abord en larges boucles entre les touffes d’herbes, puis se resserrait sur un long pierrier pour terminer sur une épine de roche aiguisée. Comment allait-il grimper ce monstre ? À moins de vouloir perdre la face, ce n’était de toute façon pas le moment de poser la question.

Il partit d’un pas rapide pour donner bonne impression. Mais très vite, la pente devint raide, les muscles de ses cuisses se mirent à chauffer et ses vieux genoux à tirer. L’herbe et la terre sèche disparurent pour laisser place à de la rocaille brute, froide et instable, qui crépitait sous ses pas. Le vent et le froid s’installèrent ensemble, presque d’un seul coup, et il dut faire quelques rapides pauses pour se réchauffer les mains et reprendre son souffle en s’abritant derrière de gros rochers disséminés sur la pente. Il imaginait la troupe en contrebas, le suivant à vue, ou pire à la jumelle, et riant à se rouler par terre de la farce qu’il leur offrait. Plusieurs fois, il hésita à faire demi-tour pour ensuite se ressaisir, les jambes tremblantes dans ce pierrier branlant qui ne demandait qu’à s’effondrer et lui faire dévaler la pente raide. Il ne regardait ni derrière lui, pour ne pas prendre peur du vide, ni devant, pour ne pas se décourager, se concentrant uniquement sur ses pas, observant ses pieds qui passaient l’un devant l’autre et, peu à peu, il s’oubliait complètement dans ses mouvements. Il oubliait sa femme et les enfants, le groupe de touristes et ce voyage, le marché et les hommes qui riaient sur les touffes d’herbes, il oubliait qui il était et ce qu’il faisait là. Il oubliait la douleur de ses cuisses et l’usure de ses tendons et sentit ses jambes se délier et son pas, bien que toujours lent, se raffermir, ses pieds creuser la rocaille du bout des orteils pour lui donner de l’impulsion.

Combien de temps comme ça ? Il n’aurait su le dire tant il était concentré sur ses gestes et c’est seulement en butant contre quelque chose qu’il releva la tête. Devant lui se dressait la longue épine d’ardoises presque verticale qu’il avait observée en bas. Il chercha une alternative, un moyen de la contourner, sans succès. Il fallait l’escalader.

Il posa les mains sur la pierre froide et effilée, vérifia la solidité des prises qui s’offraient à lui et débuta l’ascension. Après quelques mètres, ses doigts se mirent à saigner et ses bras à s’engourdir sous l’effort. Il tenta à nouveau de s’oublier dans ses gestes mais le vide l’observait. Comme un fauve guettant sa proie, il attendait une erreur de sa part, un geste mal négocié, une inattention pour lui sauter dessus et le dévorer dans ses limbes. Et sa peur grandissait, partant de son cœur pour s’écraser en saccades courtes sur ses membres engourdis et faibles, et plus il montait, plus elles se faisaient fortes. Bientôt, ses gestes ne furent plus que des soubresauts incontrôlables et, incapable d’attraper la prochaine prise, il comprit qu’il était coincé là, sur cette paroi froide, probablement à plus de dix mètres au-dessus du pierrier. Ses forces le quittaient et il allait tomber.

Dans un geste désespéré, il lança à l’aveugle sa main le plus haut possible et du bout des doigts, il sentit une surface plane et glacée. Il s’y accrocha, joignit son autre main et se hissa de tout ce qui lui restait de force. Il réussit à faire passer ses épaules, puis son buste, puis tout son corps sur cette plaque rocheuse et, alors qu’il cherchait la prochaine prise, épuisé et la vue brouillée par le vent, il n’aperçut que le ciel devant lui. Il avait atteint le sommet.

Il s’allongea sur le dos et laissa échapper un rire nerveux mêlé de spasmes. Juste au-dessus de lui, presque à portée de main, un petit nuage gonflait lentement et un rayon de lumière le traversait comme un spectre d’or. Il lui semblait chaud et accueillant et il se releva pour tenter de saisir sa matière douce et vaporeuse. Alors que ses doigts s’en approchaient, le nuage s’échappa, ouvrant à sa vue le gouffre monumental qui le séparait du col en contrebas.

La bande était toujours là, lui apparaissant comme de minuscules petits points rouges sur fond crème. Comment avait-il fait pour arriver jusqu’ici ? Il chercha des yeux le chemin emprunté mais ne vit plus ni sente ni prise, seulement des tuiles de schiste instables plongeant droit vers le vide. Il ne pouvait pas redescendre.

Il faisait froid, le vent claquait en de brèves mais violentes rafales contre sa veste usée et son pantalon fin et le ciel s’assombrissait déjà sur ses bords bleus. Quand la bande comprendrait-elle qu’il était coincé ici ? Et quand bien même elle comprendrait, qui viendrait le secourir? Et quand ? Personne avant demain matin, c’était certain.

Au village, les soirées étaient déjà bien fraîches, probablement proche de zéro. Alors ici ? Moins dix ? Peut-être pire. Il s’assit, le dos contre un rocher. Piètre abri. Combien de temps survit-on sans tente, sans feu, sans repas chaud, à moins dix et à plus de trois mille mètres d’altitude?

Sa gorge se noua, ses mains se remirent à trembler, de peur ou de froid il ne savait plus, sûrement un peu des deux. Il pensa aux enfants et à ce qu’ils diraient en apprenant que leur père était mort parce qu’il avait décidé de s’échapper de son paisible voyage organisé pour retraités. Sans prévenir personne et pour une raison qu’on ignore, il avait quitté l’hôtel sans ses affaires et escaladé un piton rocheux normalement réservé aux alpinistes avertis. Il était tout de même arrivé au sommet, sans corde, sans équipement. Vous pouvez être fiers de lui pour ça. Mais voilà, il a été pris par la nuit et il est mort là-haut, face aux étoiles…

Il les imaginait accablés, penchés sur son cercueil en de longues plaintes déchirantes, faisant son éloge funèbre dans des termes apologétiques « Quel courage », « Quel père, etc. ». Et par cette douleur fantasmée, qu’il savait pourtant ridicule, il éprouvait de la tendresse pour eux.

Lorsqu’il s’était retrouvé seul, il avait fermé ses portes. Trop fier pour demander, trop solide pour appeler à l’aide, pensait-il, trop digne pour mendier leur présence. Ils n’étaient pas venus vers lui non plus. Chacun est absorbé par sa vie, ses problèmes et à la manière de les régler, et c’est déjà beaucoup. Voilà ce qu’il se répétait pour se justifier leur silence.

Et alors qu’il pleurait doucement dans cette fin du jour, scrutant le ciel et les montagnes rougies, il entendit à peine le bruit de rocaille sous lui. Il tourna la tête et vit un bras jaillir du gouffre, puis un corps tout entier qui se hissa jusqu’à lui. Le marchand jeta un bref regard au loin, épousseta de quelques revers de main les morceaux d’ardoise accrochés à sa veste, s’assit à ses côtés et dit :

– Alors papy, on contemple ses exploits ?

Il hocha la tête et ils restèrent l’un à côté de l’autre contre ce rocher à l’abri du vent, sans rien dire, à regarder les derniers rayons du soleil qui se projetaient dans le ciel glacé. Puis l’homme se redressa :

– Il va bientôt faire nuit, on redescend ?

Et alors qu’il restait assis, immobile, tétanisé par le vide qui l’attendait, il vit l’homme sortir de sous sa veste, enroulée autour de son buste, une longue corde qu’il attacha au rocher qui leur servait d’abri. Ses yeux souriaient, et une main fut tendue que l’autre attrapa.
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La salle de ciné / Hook, ou la revanche du Capitaine Crochet (1991)
« Dernier message par Luna Psylle le Hier à 15:31:29 »
Hook, ou la revanche du Capitaine Crochet


Fiche technique :

Sorti en 1991, Hook est un film d'aventure, réalisé par Steven Spielberg, avec en tête d'affiche Dustin Hoffman, Robin Williams, Julia Roberts et Bob Hoskins.

Steven Spielberg, on le connaît entre autres pour avoir réalisé Les Dents de la Mer, E.T. l'extra-terrestre, Jurassic Park, Indiana Jones, La Liste de Shindler et Il Faut Sauver Le Soldat Ryan. Dustin Hoffman, pour ses prestations dans Rain Man, Kramer vs Kramer, Little Big Man, Papillon ou Les Chiens de Paille (j'ai pioché dans ses prestations nominées, je ne connais aucun de ces films). Robin Williams, pour ses prestations dans Le Cercle des Poètes Disparus, Madame Doubfire, Jumanji ou L'Homme Bicentenaire. Julia Roberts, pour ses prestations dans Pretty Woman, Coup de foudre à Notting Hill ou Le Mariage de mon Meilleur Ami. Bob Hoskins, pour ses prestations dans Qui veut la peau de Roger Rabbit, Stalingrad ou Super Marion Bros.

À la musique, on retrouve John Williams, connu pour Les Dents de la mer, Rencontres du troisième type, Star Wars (dont la BO tourne en fond pendant que j'écris ces lignes), Superman, Indiana Jones, E.T., l'extra-terrestre, Jurassic Park, La Liste de Schindler, Harry Potter.

Synopsis :

Peter Banning est un avocat, bourreau de travail, qui peine à concilier professionnel et vie de famille. Un soir de Noël, alors qu'il retourne dans sa famille à Londres, quelqu'un kidnappe ses enfants et réclame sa revanche sur Peter Pan. Peter devra se confronter à son ennemi de toujours, le Capitaine Crochet, pour sauver ses enfants.

Mon avis :

Je l'ai revu il y a quelques jours. Vous connaissez cette sensation de retomber un peu en enfance le temps d'un film ? C'est ce que m'a fait Hook, et comme c'est ce que je semble chercher en ce moment, cette douce nostalgie, ça m'a fait du bien de le revoir. Les acteurs sont bons, les décors ont un petit côté boule à neige, cette sensation qu'on pourrait tous les rentrer dans une boule de cristal pour les observer à la loupe qu'ils garderaient leur magie à jamais, les musiques font leur petit effet aussi.
28
Poésie / Re : Le poète et la page
« Dernier message par HELLIAN le Hier à 14:42:43 »
Prune ! Ma chère prune,

Tu es venu me visiter et j'étais demeuré indifférent.

Sache bien que tes passages sont toujours pour moi une marque d'amitié.
29
Poésie / Un songe
« Dernier message par Vincent le Hier à 13:43:09 »
Un songe

Combien pèse un rêve
Envahi de décors,
De luminosités
Suivies d’ombres noircies,
Débroussaillant les cimes
D’une porte moresque,
Ouvrant la nudité
D’un corps presque céleste.

L’eau du bassin chante la paix,
Les nymphéas sont réveillés.

Le songe est un nuage
S’accrochant aux cheveux,
S’immisçant peu à peu
Dans les zones incolores
Et c’est le carnaval
De toutes ambiguïtés, 
Nos masques se déchirent,
Nous sommes des fous vivants.

L’eau du bassin multicolore
A envahi notre conscience.

 Défilent les poètes
Devant des croque-morts,
Alignés sur les champs
De toutes fantaisies,
Au loin les jeux de mots
Nous repassent des clichés,
Un scandale pour ces bons
Conducteurs de la vie.

L’eau du bassin n’est pas très claire,
Le naturel revient très vite.

Combien pèse la conscience,
Le légiste le sait,
Une plume d’artiste,
Intuition impression,   
Son regard sur le monde
Est un immense chantier,
La pluie d’étoiles de jour
Nettoie sa nostalgie.

L’eau du bassin déborde de joie,
Les larmes coulent vers l’univers.

le 15-9-2025
30
Poésie / Re : Tarotique
« Dernier message par Dian le Hier à 13:33:52 »
Merci à vous Robert-Henri, non, ce n'est pas l'Assemblée, car il n'y a pas de métamorphose dans ce lieu dépourvu de féminité, de magie et de public. Mais c'est quand même une assemblée. Le jeu consiste à retrouver les 22 arcanes majeurs du Tarot de Marseille ... Si l'ésotérisme du Tarot vous intéresse.

Dian
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