Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

01 décembre 2020 à 09:17:46
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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'Atelier » Traiter le handicap

Auteur Sujet: Traiter le handicap  (Lu 9941 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #30 le: 06 juin 2018 à 12:23:33 »
Un livre intéressant pour ceux qui s'intéressent au handicap psy et qui voudraient écrire là-dessus c'est : "Mary Barnes, un voyage à travers la folie", très instructif sur ce thème...
Pour son cas il s'agit de schizophrénie... peu de livres sur ce sujet, il peut paraître un peu cliché pour certains car elle se sert de sa folie pour créer, une idée récurrente d'ailleurs que les "fous" seraient souvent des créatifs... Mais dans son cas il s'agit d'une histoire vraie.

Bonjour Alela,

Effectivement, je crois que le sujet mérite que je m'y intéresse ; j'ai pris note de cette référence en plus, et je verrai comment je souhaite avancer mes lectures (je me penche déjà sur un premier livre, j'aurai probablement l'occasion de découvrir les autres).

La notion de folie me semble parfois changer selon les mœurs et les croyances, je m'intéresse donc en priorité au handicap, celui qui limite l'accessibilité d'un individu aux choses du quotidien, y compris bien sûr si ce handicap vient de sa personnalité ou de son état d'esprit.

J'espère pouvoir mieux comprendre cette réalité pour savoir en parler et la représenter sous la plus juste des formes, c'est aussi mon parcours de vie et d'ouvrage qui m'amène à m'intéresser à cette problématique.
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Hors ligne Erwan

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #31 le: 30 juillet 2018 à 16:25:02 »
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il peut paraître un peu cliché pour certains car elle se sert de sa folie pour créer, une idée récurrente d'ailleurs que les "fous" seraient souvent des créatifs...

Je suis très étonné par ce préjugé là, par ailleurs. La folie révulse souvent, mais là elle semble fasciner. J'ai tendance à penser que l'un est aussi peu fondé que l'autre, mais c'est un avis personnel.

Pour ce qui est du handicap, j'ajouterais juste quelques remarques. Déjà, de quoi parle t-on ? Il y a une définition je dirais plus administrative, l'autre plus socio-médicale. Je pense que c'est à la deuxième que tu fais référence, Alan. Je dis ça parce que tous les handicapés n'ont pas de reconnaissance administrative, très loin de là. Soit par manque d'information ou accès aux démarches, soit par absence d'intérêt (on peut-être handicapé et compenser si bien qu'on vit normalement sans aide). Ça peut être un choix, aussi. Une personne peut refuser le statut d'handicapé, car c'est une étiquette qui n'est pas neutre. J'ai travaillé pour un employeur dans son service de médecine du travail et l'employeur faisait des pieds et des mains pour que les handicapés se déclarent et fassent les démarches auprès de la MDA. Donc s'ils le font c'est que ce n'est pas forcément évident pour tous.

Sinon, pour ce qui est des moyens financiers et d'accès à l'emploi, je crois que le problème est plus large que la question du handicap, qui n'est que la partie émergée du problème. On vit dans un monde économique ultra-compétitif et qui laisse toute une portion de la population active sur le carreau (inégalités salariales, de conditions de travail). Les handicapés sont bien sûr touchés de plein fouet et on les retrouve en masse dans le lot des gens laissés sur le bord de la route. Mais ils ne sont pas seuls! J'ai croisé dans ma carrière beaucoup de souffrance au travail, en faisant la plonge dans un restaurant, en travaillant comme agent de service hotelier dans un EHPAD, etc. Il n'est d'ailleurs par rare que l'emploi et ses conditions dégradées provoque le handicap. Certaines professions sont coûtumières du fait (exemple : éboueurs, dont l'espérance de vie au travail n'excèdait pas quinze ans chez mon ancien employeur). De ce fait, les difficultés de l'handicapé sont en fait partagées par beaucoup.

Je note aussi de mon passage dans le milieu paramédical que les soigants ne sont pas bons élèves en la matière, ce qui est drôle à sa manière. Lorsque je m'étais renseigné, il n'y avait qu'un seul IFSI (centre de formation pour infirmier) en France qui acceptait des handicapés (14 places pour la France entière). Par contre, attention, ils insistaient, c'étaient des handicaps qui n'affectaient pas les conditions professionnelles, les conditions d'accession au diplôme étant identiques, donc c'était très restrictif. Je sais qu'il existe des kinés aveugles, mais le monde du soin est très ambivalent avec les handicapés (ils les soignent, mais de là à les avoir comme collègue ?).

Un autre point que je remarque personnellement en ce moment : je veux devenir peintre professionnel (en auto-formation) et aucun organisme (type cap-emploi) ne peut m'aider sur ce point, car la démarche est trop atypique vis à vis de ce qu'ils connaissent. Ces institutions sont paradoxales, elles sont centralisés, elles gèrent les dossiers industriellement comme les autres institutions le font, mais veulent prétendre approcher l'humain au plus près, et le prendre en compte dans une démarche individualisée. C'est légèrement contradictoire, à mon avis... Pour moi, ce changement professionnel n'est pas un choix de vie, mais une nécessité stricte, car le monde du travail n'a rien à me proposer d'émancipateur (c'est une "prison" sans espoir d'évolution). Donc, logiquement je cherche à m'en sortir pour aller dans un environnement plus prometteur pour moi. Le fait que les handicapés prennent l'initiative et surprennent est aussi une autre façon d'aborder les choses que de les "prendre en charge", comme le veut l'expression. Je ne trouve pas aujourd'hui que l'on nous aide beaucoup en cela.

Le problème du handicap n'est pas tant celle de l'handicapé que celle d'un environnement social/matériel qui le met en situation de handicap. La violence du monde du travail touche tout le monde, par exemple, mais l'handicapé y est plus vulnérable. Donc il trône souvent en tête de file pour pointer à cap-emploi, voir on estime qu'il n'a carrément aucune chance et touche l'AAH. Mais dans un environnement professionnel moins compétitif, le handicap serait adouci, moins déterminant et moins lourd à porter.

Voilà ces quelques réflexions en vrac. Je ne sais pas si c'est ce type de réflexions que tu cherches cependant...

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #32 le: 30 juillet 2018 à 16:46:52 »
Merci pour cette prise de parole, Erwan, qui pousse à la réflexion.

Je me demande aujourd'hui s'il n'y a pas un besoin de mieux connaître le handicap, de pouvoir en parler suffisamment pour que chacune & chacun comprenne mieux ce que cela signifie. Écrire une fiction, c'est aussi mettre un point sur des sujets de société, la lecture laisse alors place à la prise de conscience.
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Hors ligne cyamme

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #33 le: 30 juillet 2018 à 17:01:54 »
Et un truc qui parle de handicap et de regard différent (je crois) :

- un blog écrit par un anarchiste handicapé (ou un handicapé anarchiste, mais je pense que c'est moins juste, l'amarchisme passe cliarement avant le handicap dans sa façon de se définir) et plein de collaborateurs.

- pour les adeptes de la radio, deux Podcasts historiques plutôt chouettes et qui parlent de la création du journal Handicapés méchants auquel le blog au-dessus emprunte son nom.

J'espère que je suis pas trop hors-sujet, sinon n'hésitez pas à supprimer/déplacer.

Hors ligne Baptiste

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #34 le: 30 juillet 2018 à 18:52:37 »
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- un blog écrit par un anarchiste handicapé (ou un handicapé anarchiste, mais je pense que c'est moins juste, l'amarchisme passe cliarement avant le handicap dans sa façon de se définir) et plein de collaborateurs.
Il est hyper intérréssant ce blog, merci cyamme

Hors ligne Erwan

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #35 le: 30 juillet 2018 à 18:53:50 »
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Je me demande aujourd'hui s'il n'y a pas un besoin de mieux connaître le handicap, de pouvoir en parler suffisamment pour que chacune & chacun comprenne mieux ce que cela signifie. Écrire une fiction, c'est aussi mettre un point sur des sujets de société, la lecture laisse alors place à la prise de conscience.

En fait, je me rends compte qu'on apprend parfois autant par le bon exemple (un très bon livre sur le handicap) que par un très mauvais (bourré de préjugés), bien que de façon différente (le second stimule l'esprit critique et provoque une colère parfois bénéfique). C'est tellement fréquent qu'un contre-exemple soit l'idiot utile d'une cause, par exemple un producteur hollywoodien agresseur en série qui malgré lui va servir à la cause féministe. La prise de conscience vient par des voies que l'on ne peut prévoir et qui ne cesse de surprendre je trouve. La question de provoquer une prise de conscience chez le lecteur reste aussi soumise au fait que le lecteur s'empare toujours des propos de l'auteur et les interprète comme il le souhaite. Disons que proposer à la lecture des situations intéressantes permet d'amorcer une réflexion chez certains, ce qui est déjà bien. Mais c'est un exercice incontrôlable, j'ai l'impression que les prises de conscience viennent quand elles le veulent, et non quand on les veut...

Hors ligne Dot Quote

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #36 le: 06 avril 2020 à 12:38:08 »
Alan, cela fait longtemps que ton sujet m'intrigue et que je n'ai pas le courage de plonger l'orteil...

La situation de handicap est, comme tu aimes souvent à le dire, une vaste question. D'un côté le handicap physique, celui qui indéniablement fait foi visuellement aux yeux d'une société dont on dit parfois que la gestion de ses déficiences est un indice de civilisation ; et d'un autre côté le handicap psychiatrique, qui regroupe les déficiences de capacité ou de constructions mentales, le cognitif contre le psychique, les deux s'étendant par principe et prérogatives, sur un impact social mésestimé encore, à l'heure pourtant d'un savoir correct en ce qui concerne les bases réfléchies de la pensée, de la communication, du langage et de leurs incidences et liaisons au sein de l'individu et de la société, conjointement.

Je viens ici parler d'UN handicap, particulier, singulier, égoïste car syndromique et donc unique, que même un ou plusieurs psys ne sauraient vraiment affirmer avec des certitudes, d'un point de vue catégorique. UNE psychose qui m'habite et que j'ai décidé depuis que je lui en soupçonne des traits, de rendre en un compte par un art total, gratuit, généreux, atemporel et public, honnête et transparent, car en lien direct avec ce qui se fait depuis mon intériorité.

Déjà, le trauma psychotique :
De nature culturelle, il m'impacte car d'un événement choc, je ne peux plus dorénavant ni lire, ni visionner de film, ni vraiment me concentrer pondérément sur la plupart des manifestations de la pensée humaine envers laquelle je développe des symptomes paranoïaques.
Voilà pour les grands traits, qui impactent bien plus d'autres grands traits...

Pour ce qui est de la littérature témoignage, je lui octroie un peu plus de valeur que celle de fiction, et pourtant pour le handicap psychique, il est difficile de démêler les deux, ce que je fais par ma métaphysique, mes appelations, mes formules... Donc ta problématique, je ne sais comment la prendre... Beaucoup de stéréotypes se falsifient depuis la science jusqu'à l'art, et ce aussi pour le handicap ; mais moi je ne suis aucun des deux : je suis la victime, le sujet...

Je m'arrête là parce que je me rends alors compte que par effet, je survole énormément la question, et ce de manière pourtant logique et légitime... Comment comprends-tu ce paradoxe, Alan, ai-je envie de te demander...
je suis en train de me demander si, en fin de compte, tu n'es pas constitué uniquement de laine tricottée
- Catharsis - F'murr

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #37 le: 06 avril 2020 à 13:06:27 »
Bonjour Dot Quote,


Merci à toi pour ce témoignage qui oblige à prendre en compte plus d'une difficulté.

Il y a beaucoup de notions de handicap différentes à considérer : tu exposes l'une des visions qui t'appartient pleinement et oblige à repenser le sujet. Tu te demandes à quoi bon questionner la notion de handicap dans l'écriture : je pense tout simplement que pour pouvoir écrire sur le handicap voire même, sans écrire sur ce sujet précis en particulier, créer un personnage avec un handicap, il y a un certain nombre de critères à prendre en compte pour être au plus proche des difficultés évoquées.

Ça peut être une question de réalisme, mais aussi d'accessibilité (représenter le handicap au plus proche peut devenir une préoccupation première pour rendre l'histoire accessible et compréhensible par toutes & tous) ; ça peut également être pour des questions de considération.


Personnellement, j'écris aujourd'hui pour la jeunesse, et je sais combien cette jeunesse est diversifiée, multiple et en pleine croissance. Il est préférable, dans mes préoccupations d'écriture, de prendre en considération des sujets du quotidien comme celui du handicap : soit dans la représentation du handicap (en tant que contrainte), soit dans la représentation des défis humains (en tant qu'objectif). Certains objectifs peuvent paraître accessibles à toutes & tous, mais c'est souvent sans compter sur la notion du handicap.

Que ce soit pour créer un personnage particulier, ou pour donner à un personnage commun (exemple : un enfant) le pouvoir d'agir, je souhaite avoir en main une majorité de critères de « sélection » afin de les éviter le plus possible, ou de leur donner un sens explicite. J'estime que c'est ma capacité à prendre en compte les thématiques du handicap qui me permettra au mieux de me rapprocher des préoccupations quotidiennes. Même en tant que « valide », rien n'empêche tout un chacun d'avoir dans son entourage une personne à mobilité réduite ou avec des difficultés de compréhension ou d'expression, c'est un sujet du quotidien qui concerne un grand nombre d'entre nous.


Bien entendu, ce sont mes raisons de m'intéresser à la thématique du handicap, or d'autres excellentes raisons peuvent pousser quelqu'un à réagir à ce sujet, et c'est le propre de nos discussions de pouvoir réagir à propos.
« Modifié: 06 avril 2020 à 13:10:55 par Alan Tréard »
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

Hors ligne Heldscalla

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #38 le: 06 avril 2020 à 14:45:20 »
.
« Modifié: 09 avril 2020 à 14:48:16 par Heldscalla »
"Une nouvelle terreur a émergé de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l'éternité.
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R. Matheson

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #39 le: 06 avril 2020 à 18:20:34 »
[...]
Il ne faut pas que le handicap comme la maladie deviennent des tabous, mais il faut aussi avoir conscience qu'avoir des informations sur ces soucis ne suffit pas à les comprendre de manière intime.

Outre que la notion de handicap est difficile à définir, voire carrément foireuse parfois, un écrivain n'est pas forcément censé connaître ce sur quoi il écrit. Typiquement, la littérature de l'imaginaire consiste justement à écrire sur ce que, par définition, aucun humain ne connaît, et peut-être ne connaîtra jamais. Un écrivain peut se revendiquer "réaliste", c'est son choix, mais ce n'est pas une obligation. Dès qu'on fout un personnage bossu dans une histoire, on a un handicapé, selon ce qu'on met derrière ce mot. Ce qui est plus à craindre, ce n'est pas tellement l'auteur qui ne cherche pas à savoir, et qui s'en fout, mais celui qui croit savoir et qui va faire passer sa came pour de la réalité. Personnellement, je suis un auteur du premier type, qui s'en fout royalement, et qui l'assume. Après, je prétends pas savoir, je ne mets aucun nom de diagnostic ou autre, et mes récits ne se veulent même pas réalistes.

Hors ligne Heldscalla

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #40 le: 06 avril 2020 à 18:38:24 »
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« Modifié: 09 avril 2020 à 14:48:27 par Heldscalla »
"Une nouvelle terreur a émergé de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l'éternité.
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R. Matheson

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #41 le: 06 avril 2020 à 19:12:10 »
Certains auteurs tombent dans certains travers, c'est sûr... Pour autant, à mes yeux, ça reste toujours aussi important que les handicaps apparaissent dans le paysage littéraire qui nous est offert. Les témoignages et autres autobiographies y sont présents. A mes yeux, la fiction peut apporter un écho complémentaire. La représentation des handicaps y est délicate, le résultat peut être maladroit ou franchement offensant ; mais la sous-représentation dans la fiction me semble elle-même porteuse d'un message triste ou blessant.

D'ailleurs, je vois que lorsque cette conversation a été lancée, j'hésitais, je tâtonnais un peu, je n'étais pas sûre de vouloir me lancer... mais ma nouvelle actuelle est en plein dans le sujet, avec un narrateur souffrant d'un handicap psychiatrique. Par contre, ça s'accompagne pour le coup d'un travail en profondeur, et non du côté on-s'en-fout décrit par Erwan (mais on a déjà discuté de ce désaccord  :mrgreen: ).

Hors ligne Heldscalla

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #42 le: 06 avril 2020 à 19:27:17 »
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« Modifié: 09 avril 2020 à 14:48:35 par Heldscalla »
"Une nouvelle terreur a émergé de la mort, une nouvelle superstition a conquis la forteresse inexpugnable de l'éternité.
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R. Matheson

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Re : Re : Traiter le handicap
« Réponse #43 le: 06 avril 2020 à 19:48:10 »
on peut apprendre les aspects ''techniques'' d'une maladie, mais on ne peut pas les ressentir pour autant, et pour moi cet aspect là prive de fait l'écrit d'une certaine justesse.
Empathie - lecture approfondie de nombreux témoignages - capacités de représentation du vécu de l'autre (parfois en parallèle avec nos propres vécus) - proximité avec des personnes concernées...
Je pense que ces aspects sont utiles pour produire différents personnages en fait, pas uniquement dans le domaine du handicap. Sinon, tu pourrais t'interdire aussi de décrire le deuil d'un enfant si tu ne l'as jamais vécu ; d'écrire une scène de combat, n'ayant jamais été plongé au cœur d'une guerre ; etc etc. C'est généralisable à toute la fiction ; le handicap ne dispose pas à mes yeux d'un statut tabou par rapport au reste, bien qu'il puisse être plus complexe.

Par ailleurs, chaque handicap peut être vécu de multiples manières par les multiples individus qui en souffrent ; ce n'est pas comme s'il y avait UN vécu unique et sacré qui ne peut être nuancé.

Hors ligne cyamme

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Re : Traiter le handicap
« Réponse #44 le: 06 avril 2020 à 20:15:49 »
Je suis plutôt d'accord avec Ariane et Erwan. On peut écrire sur un personnage avec un handicap qu'on n'a pas. On peut avoir des personnages masculins sans avoir fait l'expérience d'être un homme. Hétéro ou homosexuelles sans l'être soit-même, avec des nationalités différentes, qui vivent à des époques différentes de la notre...
Bien sûr que tomber dans les clichés grossiers n'est pas souhaitable, mais comme le dit Ariane, la documentation et l'empathie permettent d'écrire des choses qui ne relèvent pas du domaine de l'autobiographie ou de "l'autofiction".

Ceci dit, avoir un personnage handicapé et écrire sur le handicap ce sont deux choses différents, selon moi.

 


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