Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » Salle de débats et réflexions sur l'écriture » La Mort

Auteur Sujet: La Mort  (Lu 18594 fois)

Hors ligne ernya

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Re : La Mort
« Réponse #30 le: 08 Juillet 2013 à 22:00:25 »
Ben quand tu joues du violon chez toi, je vois pas trop le rapport avec la peur de mourir.  :mrgreen:
A moins qu'on ne parte dans la réflexion pascalienne sur le divertissement.
Pareil pour écrire. Ecrire n'est pas publier. Y  a des gens qui écrivent et qui ne montreront jamais aux autres ce qu'ils ont fait. Là encore, jvois pas trop le lien. Inconsciemment, on y pense ? Peut-être, c'est pas prouvable du coup.  :P

Jpense que ça dépend de tout un chacun.  ^^
En tout cas, perso, si j'ai écrit, c'est pas pour la postérité, c'est parce que je croyais en avoir besoin, ou que j'en ai eu besoin à ce moment-là (j'aurais pu avoir envie d'une glace, mais non, ça a été d'écrire pour me défouler/ me sortir une idée de la tête/ pour plaire aux autres/ pour d'autres raisons sûrement), au fond dans un but assez égocentrique/égoïste. Envie qu'on s'occupe de moi à un moment X peut-être.  :-X
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Ludo

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Re : La Mort
« Réponse #31 le: 08 Juillet 2013 à 23:16:05 »
" Nous avons tous peur de la mort. "

" Accoutume-toi à considérer que la mort n'est rien pour nous, puisque tout bien et tout mal sont contenus dans la sensation ; or la mort est absence de sensation. Par suite, la sûre connaissance que la mort n'est rien pour nous fait que le caractère mortel de la vie est source de jouissance, non pas en ajoutant à la vie un temps illimité, mais au contraire en la débarrassant du regret de ne pas être immortel. En effet, il n'y a rien de terrifiant dans le fait de vivre pour qui a réellement saisi qu'il n'y a rien de terrifiant dans le fait de ne pas vivre. Aussi parle-t-il pour ne rien dire, celui qui dit craindre la mort, non pour la douleur qu'il éprouvera en sa présence, mais pour la douleur qu'il éprouve parce qu'elle doit arriver un jour ; car ce dont la présence ne nous gêne pas ne suscite qu'une douleur sans fondement quand on s'y attend. Ainsi le plus effroyable des maux, la mort, n'est rien pour nous, étant donné, précisément, que quand nous sommes, la mort n'est pas présente ; et que quand la mort est présente, alors nous ne sommes pas. Elle n'est donc ni pour les vivants ni pour ceux qui sont morts, étant donné, précisément, qu'elle n'est rien pour les premiers et que les seconds ne sont plus.
Mais la plupart des hommes, tantôt fuient la mort comme si elle était le plus grand des maux, tantôt la choisissent comme une manière de se délivrer des maux de la vie. Le sage, pour sa part, ne rejette pas la vie et il ne craint pas non plus de ne pas vivre, car vivre ne l'accable pas et il ne juge pas non plus que ne pas vivre soit un mal. Et de même qu'il ne choisit nullement la nourriture la plus abondante et la plus agréable, il ne cherche pas non plus à jouir du moment le plus long, mais du plus agréable.
Quant à celui qui recommande au jeune homme de bien vivre et au vieillard de bien achever de vivre, il est stupide, non seulement si l'on tient compte des satisfactions que la vie procure, mais aussi parce que c'est par un seul et même soin que l'on parvient à bien vivre et à bien mourir. Et il est encore bien pire, celui qui dit  que c'est une belle chose que de ne pas être né, et une fois né franchir au plus vite les portes de l'Hadès. En effet, s'il est convaincu de ce qu'il affirme ainsi, comment se fait-il qu'il ne quitte pas la vie ? De fait, c'est à sa portée, pourvu qu'il soit fermement déterminé. En revanche, si c'est une plaisanterie de sa part, il parle pour ne rien dire sur des questions qui ne l'admettent pas.
Il faut en outre garder en mémoire que ce qui va arriver n'est pas en tout point sous notre gouverne, et qu'il n'y échappe pas non plus en tout point, afin que nous ne l'attendions pas comme s'il devait infailliblement se produire, et que nous ne nourrissions pas non plus l'espoir qu'il ne se produise absolument pas. "

Lettre à Ménécée, Épicure (paragraphe 6 à 9). -Recopier avec l'aide de mon clavier. Aie mes doigts :mrgreen:-

Il est donc futile d'avoir peur d'une chose qui arrivera et souffrir de la peur de la voir arriver. Donc, non tout le monde n'a pas peur de la mort.
" Ne rien dire ou en dire trop, quel est le pire ? "

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Re : La Mort
« Réponse #32 le: 08 Juillet 2013 à 23:28:42 »
Encore une fois je ne me suis pas fait comprendre... C'est lassant... C'est peut-être moi qui n'utilise pas les bons mots.

Très belle lettre cependant Ludo.

ernya : navré de te le dire mais tu te répète, je ne répondrais donc pas, j'ai déjà dit mon point de vu sur la question.

On tourne un peu en boucle, c'est dommage.

Sans importance

Je vous embrasse
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Hors ligne Ludo

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Re : La Mort
« Réponse #33 le: 08 Juillet 2013 à 23:41:12 »
Mais ta question est pertinente de mon point de vue. Heureusement nous n'avons pas tous le même.
" Ne rien dire ou en dire trop, quel est le pire ? "

Hors ligne ernya

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Re : Re : La Mort
« Réponse #34 le: 09 Juillet 2013 à 00:15:10 »


ernya : navré de te le dire mais tu te répète, je ne répondrais donc pas, j'ai déjà dit mon point de vu sur la question.

euh je t'ai fait au moins tout le dernier paragraphe où y a que du nouveau mais bon...

Peut-être que c'est moi qui tourne en rond mais c'est juste que je pige vraiment pas pourquoi tu fais toujours le lien vers la mort. Je t'ai aussi parlé de Pascal, qu'est-ce tu en penses ? Est-ce que ça te parle ce qu'il dit sur le divertissement  ? Vraiment, je veux bien débattre, c'est juste que je ne comprends pas ton point de vue.  :-\
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Re : La Mort
« Réponse #35 le: 09 Juillet 2013 à 03:13:05 »
Moi, cette idée de lien entre mort et écriture ça me rappelle un peu Nietzsche et ces histoire de passions triste et de passions gai

Enfin, c'est peut être pas le débat.
Juste j'interviens
@cauzart
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Quand je parles d'histoire où tout va bien c'est que justement ce n'est pas possible, ne t'offusque donc pas, nous sommes du même avis sur ce point ^^
Ben moi je vous recommande la lecture de Chat de Xeraphia, qui raconte une histoire où les gens sont heureux. Et ça fait du bien.
@Ernya
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Ben quand tu joues du violon chez toi, je vois pas trop le rapport avec la peur de mourir.  :mrgreen:
ça dépends de ton niveau au violon et de la violence de tes voisin :mrgreen:
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réflexion pascalienne sur le divertissement.
En deux mots; c'est quoi ?

Hors ligne Kasprzak

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Re : La Mort
« Réponse #36 le: 09 Juillet 2013 à 08:11:01 »
Bon de vue rapide, la question est éternelle, on pourrait y passer des erreurs.
Céline : "La grande inspiratrice, c'est la mort."
Buk : « Oh et puis merde, sans la mort, le moteur à rêves ne tournerait pas rond. On a besoin d'elle. Moi, le premier. Et vous aussi. On saloperait l'ouvrage en s'éternisant. »

De mon côté, je ne pense pas que ce soit la mort qui m'inspire. Cela dit, c'est peut être tellement inconscient qu'il est possible que je ne m'en rende pas compte. Pour moi, c'est surtout la volonté de créer qui est l'inspiratrice de l'oeuvre, peut être aussi la volonté d'exister à travers l'oeuvre (pas d'une manière éternelle en prenant en compte que l'oeuvre me survivra, mais d'une manière directe, un peu comme un "je crée, donc je suis), mais ça a peut être à voir avec la Mort, va savoir, avec la conscience d'une mort certaine. La volonté de se voir exister sachant qu'un jour on mourra. La question n'est pas évidente. La volonté de se transcander artistiquement, de voir son empreinte se décalquait sur le néant. Est ce la conscience de la mort ? Dur... On pourrait se poser la question. Est ce qu'on ferait la même chose si l'on était immortel ? Impossible à répondre, vu que personne ne peut saisir réellement la conscience de l'immortalité, il peut tout au plus l'imaginer et extrapoler. ça ne sera qu'extrapolation et non réalité perceptible.

Ernya, c'est différent de la vision pascalienne du divertissement. Pascal dit plutot que l'homme cherche à se divertir pour fuir la pensée de la mort (et je dirais de la vie aussi, mais soit), ici on serait plus dans une vision artistique que divertissante, dans laquelle on dirait l'homme crée pour sublimer la vie (et donc sa certitude de mourir). C'est une question très très intéressante. Mais qui demanderait une réelle profondeur de questionnement et d'ailleurs beaucoup de philosophes en ont déjà parlé. après c'est peut être tout aussi bien une espèce de vision romantique de l'art !
Du coup, l'exemple de jouer du violon est un peu hors sujet. La plupart des gens qui jouent du violon ou autre, le font comme moi j'ai jouer du clairon. On fait un peu de musique, on s'instruit, on se divertit. Il n'y a pas un réel désir de créer. Par contre, composer une pièce musicale pour violon serait plus proche de "faire de la littérature". Je pense qu'ici il faut vraiment distinguer écrire pour se divertir, par loisir / écrire pour créer, en artiste.

Pour Nietzsche, je ne pense pas qu'il accréditerait la thèse de la conscience de la mort comme désir de création (c'est pas le domaine nietzschéen que je connais mieux ^^ ), mais je pense qu'il dirait plutôt que la vie elle même, la force vitale même de l'individu, conscient ou non de la mort, est la source créatrice même (cela dit, la force vitale de l'invidu est peut être enrichi par la conscience d'une mort certaine. "Je vais mourir donc je veux vivre" "Je vis, donc je crée" "Je crée, donc je suis" Haha). Mais je peux me tromper !


PS : un petit article un peu sur le sujet : http://www.arcane-magazine.com/Archives/DossiersMauriceSaltano/DuelAvecLaMort/DuelAvecLaMort.html
« Modifié: 09 Juillet 2013 à 08:12:32 par Kasprzak »
"le public ne retient d'un écrivain, ou de ses écrits, que ce qu'il souhaite, et se moque du reste. or ce qu'il en retient lui est, la plupart du temps, le moins indispensable, alors que ce qu'il laisse filer lui ferait le plus grand bien."

http://www.lecafardheretique.fr/

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : La Mort
« Réponse #37 le: 09 Juillet 2013 à 10:43:04 »
"Je vais mourir donc je veux vivre"
oui, moi je crois que ça se résume à ça.
à part dire ça... je trouve la question (lien entre mort et écriture) assez loufoque, et suis supris de la phrase de céline.
à moins qu'il parle de la mort des autres. mais le fait de savoir qu'on va mourir, ça booste ("vite, parce qu'un jour je serai mort") mais c'est tout quoi. 8)

édit : ah ben je viens de lire le doc de kasprzak ; et apparemment céline enchaîne e disant "si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n'avez rien", "je serai content quand je mourrai".
bref il ne parle pas du lien entre mort et écriture, mais du lien entre souffrance et écriture - ce qui, là, par contre, est un sujet sérieux je pense. 8)
« Modifié: 09 Juillet 2013 à 10:46:05 par Meilhac »

Hors ligne ernya

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Re : Re : La Mort
« Réponse #38 le: 09 Juillet 2013 à 10:50:21 »
Baptiste, je crois que Kas a pas trop mal résumé ! En "gros", l'homme ayant peur de penser à la mort se trouve toujours des occupations, des divertissements, pour ne plus avoir à y en penser. Les hommes sont incapables de demeurer seuls sans rien faire dans une chambre parce que ce serait se confronter à penser à la mort.
Un rapport différent de Cauzart mais où tout reste pensé en fonction de la mort.

 
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Je pense qu'ici il faut vraiment distinguer écrire pour se divertir, par loisir / écrire pour créer, en artiste.
totalement d'accord avec toi !
Peut-être qu'on se prend à tort pour des artistes et pour des créateurs  8)
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Hors ligne Kasprzak

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Re : Re : Re : La Mort
« Réponse #39 le: 09 Juillet 2013 à 12:10:32 »
"Je vais mourir donc je veux vivre"

édit : ah ben je viens de lire le doc de kasprzak ; et apparemment céline enchaîne e disant "si vous ne mettez pas votre peau sur la table, vous n'avez rien", "je serai content quand je mourrai".
bref il ne parle pas du lien entre mort et écriture, mais du lien entre souffrance et écriture - ce qui, là, par contre, est un sujet sérieux je pense. 8)


Salaud ! haha, non en fait j'avais enlevé exprés la suite, parce que dans l'interview, il me semble qu'il répond à deux questions différentes ! et que la phrase du coup est une réponse à deux questions ! Faudrait revoir ça. J'ai pas trop le temps moi haha
"le public ne retient d'un écrivain, ou de ses écrits, que ce qu'il souhaite, et se moque du reste. or ce qu'il en retient lui est, la plupart du temps, le moins indispensable, alors que ce qu'il laisse filer lui ferait le plus grand bien."

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Hors ligne Tomoyo

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Re : La Mort
« Réponse #40 le: 09 Juillet 2013 à 13:24:25 »
juste, @Baptiste

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Quand je parles d'histoire où tout va bien c'est que justement ce n'est pas possible, ne t'offusque donc pas, nous sommes du même avis sur ce point

Ben moi je vous recommande la lecture de Chat de Xeraphia, qui raconte une histoire où les gens sont heureux. Et ça fait du bien.
Que les gens soient heureux, que l'esprit soit joyeux, n'a rien à voir avec le fait que tout aille bien ou non. Dans ce récit tout ne va pas bien : l'héroine voit un chat "invisible", elle se pose des questions, crise, va chercher sa cousine, etc. Il y a bien un "problème" dans l'histoire  ::) c'est de ça dont on parlait avec Causart  ^^

et je rejoins Kasp et Ernya pour l'histoire création VS divertissement.
Ceci dit Causart, ne te lasse pas d'expliquer ce que tu penses  :),  on se rend bien compte qu'on ne parle pas forcément des mêmes choses, donc n'hésite pas à préciser ou gratouiller  o/
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne Baptiste

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Re : La Mort
« Réponse #41 le: 09 Juillet 2013 à 13:29:17 »
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Que les gens soient heureux, que l'esprit soit joyeux, n'a rien à voir avec le fait que tout aille bien ou non. Dans ce récit tout ne va pas bien : l'héroine voit un chat "invisible", elle se pose des questions, crise, va chercher sa cousine, etc. Il y a bien un "problème" dans l'histoire  ::) c'est de ça dont on parlait avec Causart  ^^
Oui, oui, c'est vrai, c'est vrai.
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l'homme ayant peur de penser à la mort se trouve toujours des occupations, des divertissements, pour ne plus avoir à y en penser. Les hommes sont incapables de demeurer seuls sans rien faire dans une chambre parce que ce serait se confronter à penser à la mort.
Va savoir pourquoi, ça me rappelle un roi sans divertissement. Pas souvenir que ma prof de seconde et parler de divertissement pascalien. Faudrait que je voit le rapport entre les deux

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Re : La Mort
« Réponse #42 le: 09 Juillet 2013 à 14:31:39 »
La lecture de Pascal  m'a soigné d'la mort. Un tour de Pensées et pis c'est bon, t'es brament calé dans ta bouète, prêt à partir sans proublème ! Merci mon gars ! 8)
"Dame, ça va pas bien quand ça va mal" (Maurice Soing)

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Re : Re : La Mort
« Réponse #43 le: 09 Juillet 2013 à 14:44:04 »

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l'homme ayant peur de penser à la mort se trouve toujours des occupations, des divertissements, pour ne plus avoir à y en penser. Les hommes sont incapables de demeurer seuls sans rien faire dans une chambre parce que ce serait se confronter à penser à la mort.
Va savoir pourquoi, ça me rappelle un roi sans divertissement. Pas souvenir que ma prof de seconde et parler de divertissement pascalien. Faudrait que je voit le rapport entre les deux
TL de 2004-2005 en force !  :D
Nous si, elle nous en avait parlé ; c'est là qu'on avait abordé le concept de divertissement pascalien (elle avait expliqué le titre comme ça : le héros (j'ai oublié son nom ; Langlois ?) est obsédé par la mort depuis qu'il a tué le méchant au début du roman, et passe donc le reste du livre à imaginer des moyens d'assouvir cette envie de meurtre par procuration, à s'occuper pour ne pas y penser (d'où le divertissement pascalien...)

juste, @Baptiste

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Quand je parles d'histoire où tout va bien c'est que justement ce n'est pas possible, ne t'offusque donc pas, nous sommes du même avis sur ce point

Ben moi je vous recommande la lecture de Chat de Xeraphia, qui raconte une histoire où les gens sont heureux. Et ça fait du bien.
Que les gens soient heureux, que l'esprit soit joyeux, n'a rien à voir avec le fait que tout aille bien ou non. Dans ce récit tout ne va pas bien : l'héroine voit un chat "invisible", elle se pose des questions, crise, va chercher sa cousine, etc. Il y a bien un "problème" dans l'histoire  ::) c'est de ça dont on parlait avec Causart  ^^
Oui, je suis d'accord. Dans une histoire, j'ai aussi l'impression qu'il y a toujours un problème qui la sous-tend, un peu comme une problématique en dissertation (*je sors :mrgreen: *). Et effectivement, ce problème en est un pour les personnages mais peut ne pas du tout faire souffrir ni le lecteur ni l'auteur ; enfin, quand Superman se retrouve enfermé avec de la kryptonite, on est plutôt contents/intéressés par l'histoire/pris par le suspense, que torturés ou en état de souffrance... ::)
'fin bref, intervention inutile pour dire que j'étais d'accord avec vous deux (j'avais pensé à Chat aussi :D Et au Château de Hurle, dans les romans publiés).

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et je rejoins Kasp et Ernya pour l'histoire création VS divertissement.
Juste pour casser les pieds, je dirais que je suis moyennement d'accord  :-[ Enfin, dans mon propre cas (oh oui, un peu de nombrilisme !), je vois pas trop l'écriture comme un divertissement de la même façon que manger une glace ou faire de la broderie ; je déteste tout ce qui est "posture artiste", mais je dois reconnaître que, personnellement, c'est plus important que ça pour moi, c'est un truc qui me mobilise quasiment en permanence. Pour autant, je vois pas du tout les choses de la même façon que toi, Causart. Ecrire, c'est juste s'investir dans une activité qui est importante pour soi, c'est s'y appliquer et essayer de l'améliorer, bref, c'est pas mal de choses, mais je pense pas que ça ait un rapport avec l'idée de la mort ou de la finitude humaine.
Ou alors, c'est un divertissement pascalien pour m'empêcher de penser inconsciemment à ma thèse ? :mrgreen:
*je resors*

Mais, Causart, je pense que j'ai toujours pas vraiment compris là où tu établissais le lien. Tu veux dire qu'en fixant les mots qui définissent une histoire (ou un poème, etc. etc.), tu les "fixes" et tu en fais un petit bout d'éternité, ce qui contraste avec l'idée constante que nous-mêmes ne sommes pas éternels mais destinés à mourir...?
Ou encore parce que ça fait référence à un plan d'existence (je sais pas comment appeler ça, bref, l'imagination, qui est impalpable et qui n'est nulle part sinon dans nos têtes) qui est par définition différent de notre vie de tous les jours, qui se situe à un autre niveau, et que donc s'y consacrer est une façon de se détourner d'une existence concrète qui est destinée à la mort...?
(j'ai l'impression d'être encore moins claire :D )

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Tomoyo

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Re : La Mort
« Réponse #44 le: 09 Juillet 2013 à 18:05:28 »
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je vois pas trop l'écriture comme un divertissement de la même façon que manger une glace ou faire de la broderie ; je déteste tout ce qui est "posture artiste", mais je dois reconnaître que, personnellement, c'est plus important que ça pour moi, c'est un truc qui me mobilise quasiment en permanence.
sans doute ne mettons-nous pas les mêmes choses sous le terme "divertissement".
J'apporte énormément d'importance à cela, s'amuser et se divertir, mais ils sont de plusieurs sortes ces divertissements. Même si souvent c'est un passe-temps agréable, c'est surtout quelque chose qui me rend heureuse, profondément, et pour lequel je consacre du temps, de l'attention, et parfois des intentions ou sentiments. L'écriture est un combo de tout ça. Très certainement parce qu'il y a production de quelque chose, mais je le sors quand même de la création telle qu'évoquée auparavant, parce que ce n'est que pour moi généralement.
Bref tout ça pour dire que "divertissement" ne veut pas dire manque de mobilisation ou d'attachement à la chose, pour ma part. C'est surtout une activité pour moi-même qui me rend heureuse o/

Hors sujet magistral  :D.
Pour revenir au thème un petit peu quand même, je crois que le post de Holden rejoint ce que dit Causard, pas sure de moi.
Et comme Mil, je veux bien que tu (Causard) expliques le cheminement qui te fait conclure "l'homme écrit (ou peint-sculpte etc.) parce qu'il a peur de mourir". De toute évidence tu dis que l'art et la conscience de la mort sont liés, mais je veux bien savoir pourquoi  ::).
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

 


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