Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

09 Août 2026 à 00:10:19
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Auteur Sujet: La Mort  (Lu 18804 fois)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : La Mort
« Réponse #15 le: 07 Juillet 2013 à 11:52:46 »
 :o
Je vais pas trop argumenter sinon je vais m'emporter comme Anlor, mais je suis d'accord avec elle. Je vous trouve vachement réducteurs, sérieux. Depuis quand seul ce qui est torturé est bien ? On pourrait citer une foultitude de textes qui sont géniaux et qui ne sont pas torturés, ni eux ni leurs auteurs, et ce tant dans les classiques que dans les récents. Je sais pas, citer Céline et Bukowski comme références pour étayer l'idée, c'est quand même pas super représentatif...  :-¬?
Enfin bref, je trouve que c'est un peu une posture, de se dire torturé et artiste. (Le prenez pas mal, je parle en général, pas pour vous spécifiquement). Un peu comme la mode du "ce qui est moral c'est planplan", on a son versant "ce qui est joyeux est niais" (sauf que ça c'est pas récent).

Citer
Des auteurs profondément à l'aise dans le monde, avoué qu'il y en a peu (je parle de bons auteurs)
Euh, au contraire, je trouve qu'il y en a plein. Enfin, évidemment, ça dépend de ce que tu appelles "profondément à l'aise", mais jusque ici tu l'as défini comme : mal dans sa peau, un truc douloureux au fond, etc. etc.
J'en sais rien, au hasard : Voltaire, Stendhal, Alexandre Dumas, Corneille, Shakespeare, Jane Austen, Balzac, JK Rowling, Jasper Fforde, Paul Beorn, Tolkien, Mendoza, Jonathan Stroud, Pratchett, Prévert, Chrétien de Troyes (je fais exprès de mélanger des récents et des classiques), etc. etc. etc.  ;)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Re : Re : La Mort
« Réponse #16 le: 07 Juillet 2013 à 12:16:48 »
J'ai rien compris à la question de départ (la mort et l'écriture), ou alors ce que j'en ai compris, c'est que c'est pas une question hyper intéressante. le rapport entre la mort et l'écriture, c'est que y a des fois faut se dépêcher d'écrire parce que si on attend trop il sera trop tard parce qu'on sera mort. ça ok. mais pour le reste, je vois pas...

Je trouves ça très surprenant que la plus part d'entre vous ne trouve aucun rapport entre l'écriture et la mort. C'est comme l'amour et la mort. C'est complètement lié. Enfin, ce n'est pas moi qui le dis, mais un très grand nombre d'auteur (que ce sois Céline ou Bukowski, en passant par Genet etc, etc...). La Faucheuse est celle qui inspire l'art en général. S'il n'y avait pas de mort au bout de la vie, il n'y aurait, je pense, très peu de chef d'oeuvre, et très peu de vie aussi...

c'est où et dans quoi que genet parle du lien entre littérature et mort ?  ;) (et qu'est-ce qu'il en dit en gros ?) ;)

Hors ligne HB

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Re : La Mort
« Réponse #17 le: 07 Juillet 2013 à 12:27:10 »
J'ai pas trouvé de sujet correspondant, je me permet de le poster ici.
Parlons de la mort, l'influence de la mort par rapport à l'écriture.
Peut-on écrire sans avoir un peu de mort dans un coin de conscience ou d'inconscience ?
Est-ce pour une recherche d'immortalité que nous écrivons ?
Pour dompter la mort ? La peur de mourir ?
Cette main froide est souvent sur l'épaule des poètes et des auteurs.
Est-ce systématique ?
C'est quoi votre rapport à la mort ?

Salut,
C'est un sujet mort-né si tu restes dans des questions floues de cet ordre. Donne au moins quelques citations d'auteur, histoire de catalyser les interventions.
Peut-on vivre sans avoir un peu de mort dans un coin de conscience ou d'inconscience ? 
:huhu:

Il est vrai que pour les poètes, en particulier, écrire c'est aussi rechercher la mort, autrement dit un réel plus profond. Une fois ceci admis, on peut enlever les questions d'immortalité, et de peur de la mort, qui sont secondaires.
Par ailleurs, plusieurs courants de pensées nient la mort, qui ne serait qu'une illusion, mais cela ne contredit pas les phrases précédentes.
En bref, faudrait commencer par définir la mort. Sinon, le sujet se bornera à "La mort, ça tue" d'un côté, et "La vie est belle" de l'autre, en sachant que tout un chacun passe d'une impression à l'autre en moins de temps qu'il ne le faut pour dire "ouf".
Arf. Et aussi, c'est le genre de topics où tu te sens bête après y avoir participé, comme au lendemain d'une cuite.
:ronchon:

Hors ligne Meilhac

  • Comète Versifiante
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Re : Re : La Mort
« Réponse #18 le: 07 Juillet 2013 à 12:37:35 »
:o
Je vais pas trop argumenter sinon je vais m'emporter comme Anlor, mais je suis d'accord avec elle. Je vous trouve vachement réducteurs, sérieux. Depuis quand seul ce qui est torturé est bien ? On pourrait citer une foultitude de textes qui sont géniaux et qui ne sont pas torturés, ni eux ni leurs auteurs, et ce tant dans les classiques que dans les récents. Je sais pas, citer Céline et Bukowski comme références pour étayer l'idée, c'est quand même pas super représentatif...  :-¬?
Enfin bref, je trouve que c'est un peu une posture, de se dire torturé et artiste. (Le prenez pas mal, je parle en général, pas pour vous spécifiquement). Un peu comme la mode du "ce qui est moral c'est planplan", on a son versant "ce qui est joyeux est niais" (sauf que ça c'est pas récent).

Citer
Des auteurs profondément à l'aise dans le monde, avoué qu'il y en a peu (je parle de bons auteurs)
Euh, au contraire, je trouve qu'il y en a plein. Enfin, évidemment, ça dépend de ce que tu appelles "profondément à l'aise", mais jusque ici tu l'as défini comme : mal dans sa peau, un truc douloureux au fond, etc. etc.
J'en sais rien, au hasard : Voltaire, Stendhal, Alexandre Dumas, Corneille, Shakespeare, Jane Austen, Balzac, JK Rowling, Jasper Fforde, Paul Beorn, Tolkien, Mendoza, Jonathan Stroud, Pratchett, Prévert, Chrétien de Troyes (je fais exprès de mélanger des récents et des classiques), etc. etc. etc.  ;)
Moi j'ai pas tout à fait dit ce que Milo dit qu'on a dit hein.
je pense que là où y a pas (ou pas eu) de problème, pas (ou pas eu) d'inquiétude, y a peu de chances qu'il y ait de la réflexivité ;
et je pense que la réflexivité est presque indispensable à la création. ;)
la réflexivité, c'est à dire se regarder vivre, se regarder écouter de la musique, se regarder lire, etc. avoir du style, ça passe forcément à mon avis par le fait de se demander, quand on est ému par quelque chose, pourquoi on est ému, comment on est ému, etc. et ça ça impique d'examiner ses émotions ; et examiner ses émotions, on le fait moins quand on prend la vie comme elle vient, qu'on se trouve tout de suite quand on se chercher, etc.
en ce sens, oui je pense que s'il n'y a pas, a minima, des problèmes/inquiétudes au départ (pour lancer la machine à pondre l'originalité) et peut-être de la solitude ensuite (pour l'entretenir), y a peu de chances qu'on écrive bien.
Pas un hasard si les gens s'intéressent un peu à l'enfance des artistes, puisque c'est de là que ça part. on est neuf et inquiet - situation éminemment fertile.   8)
Si on est neuf mais pas inquiet, bof. on cherche moins quand on n'est pas inquiet. on attend tranquillou, sans trop se biler. pas l'idéal pour interroger le monde, interroger ce qu'on est, interroger ce qu'on exprime.
et par ailleurs si on est inquiet mais pas neuf, c'est un peu tard aussi, on ne changera pas forcément des masses son style. donc pas forcément utile ni souhaitable d'entretenir ses problèmes quand on est grand :--) (d'autant qu'il vaut sans doute mieux réussir sa vie et rater son oeuvre que l'inverse :--)).
bon mais dire tout ça, ce n'est pas forcément mettre la barre très haut d'ailleurs, puisque des inquiétudes d'enfance ou d'adolescence tout le monde en a eu plus ou moins.

après, un "texte torturé", je ne sais pas ce que c'est. je pense qu'un beau texte, souvent, c'est fluide, etc. moi j'ai jamais dit qu'il faut qu'un texte soit torturé
et j'ai jamais dit qu'un texte où l'auteur dit "je suis torturé", c'est chouette.

(bon et des non-torturés y en a pas beaucoup - par ailleurs dans la liste de milo y a pas un seul auteur que j'aime bien lol -bon et sinon moi avant de découvrir un auteur je ne plante pas mon torturomètre dans la chair de l'auteur pour savoir s'il a été suffisamment torturé pour bien écrire. par contre quand j'ai fini un livre et que ça m'a plu, je me dis "tiens voilà quelqu'un qui a une vision du monde et une manière d'être au monde qui originale et excitante. il a trouvé des réponses intéressantes à des questions que sans doute il s'est posées (qui suis-je, où vais-je, la vie vaut-elle d'être vécue, pourquoi suis-je ému par telle chose de telle manière, qu'est-ce qui est beau, qu'est-ce qui ne l'est pas)". et le fait qu'il se soit posé ces questions nombrilistes ne se voit pas à ce qu'il parle de lui, hein.
quand on lit Yourcenar, on se dit qu'à sa richesse intérieure correspondent des questions lourdes longuement mâchées remâchées et ruminées - donc un travail sur soi poussé (c'est ça en somme quand on dit "torturé"). et Yourcenar c'est à mille lieues de bouhouhou regardez comme je suis malheureux).)
 ;)

« Modifié: 07 Juillet 2013 à 12:42:29 par Meilhac »

Hors ligne ernya

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Re : La Mort
« Réponse #19 le: 07 Juillet 2013 à 12:39:29 »
Je pense pas qu'être torturé fasse de qui que ce soit un meilleur écrivain. N'oublions pas aussi que ce sont des textes. C'est-à-dire des créations, y a une bonne part de pose dans ce qu'écrit Musset par exemple. La littérature fonctionne aussi à partir de codes, de thèmes-clés, le poète maudit, on pourrait faire remonter son origine à Orphée. Qui est un mythe.  :-¬?

Après je suis plutôt d'accord avec Gide (pour citer des auteurs pour HB ;)) lorsqu'il dit que les bons sentiments font de la mauvaise littérature et que dans toute oeuvre d'art il faut collaborer avec le démon. Pour qu'il y ait histoire, en effet, ça peut être bien qu'il y ait un problème, un obstacle, une rupture. Mais c'est pas pour autant qu'on est torturé. Collaborer avec le démon, c'était aussi pour Gide ne pas biaiser avec des sujets sensibles comme l'homosexualité par exemple.

Quant au rapport évident littérature/amour, nan, je ne le vois pas. On peut dépasser les codes qui ont régi pendant des années les thèmes d'écriture. Toute écriture n'est pas vouée à parler de mort ou d'amour.

Et la mort, elle plane sur tout le monde, pas plus sur les écrivains que les autres. Ce sont les écrivains qui ont en fait un thème récurrent. Je veux dire, c'est NOUS qui créons ce lien. Rien que nous. Donc il n'appartient qu'à nous de faire une écriture qui soit autre. Bref, jsuis à jeun.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Ludo

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Re : La Mort
« Réponse #20 le: 07 Juillet 2013 à 16:48:44 »
Anlor, j'ai mis dans chaque commentaire posté que ma vision ne concernait que moi pour ne pas qu'il y ait d'amalgame de ce genre là. Et tu me sors exactement ça, il y a de quoi en être étonné. :-) Ayant déjà discuté avec toi, j'aurais dû m'attendre à ta brutalité :mrgreen:

Pour en revenir au sujet, bien sur que non il ne faut pas forcément être torturé, en proie a un doute profond et vital pour bien écrire. Mais je dis seulement que les petits problèmes font les bonnes histoires ( et puis de toutes façons raconter une histoire heureuse à un mec qui en chie dans la vie c'est bizarre -l'inverse est vrai aussi-). De plus, je pense qu'il faut éprouver une forte émotion (bonne ou mauvaise) pour pouvoir transmettre à son texte une énergie et ces mêmes émotions (bonnes ou mauvaises). Et, je suis forcé de reconnaître que les soucis sont plus nombreux que les sourires. (Sans toutefois avoir  la vie d'une personne torturé). J'en conclue (personnellement) que les soucis forment les histoires.

Après il n'y a pas que des rapport entre littérature et mort/amour/vie. Il y en a plein d'autres mais ce sont les plus récurrents des thèmes littéraires, et plus généralement, artistiques. Je pense que sa question est assez pertinente ( aussi maladroitement posé qu'elle soit :mrgreen: ).
" Ne rien dire ou en dire trop, quel est le pire ? "

Hors ligne Cauzart

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Re : La Mort
« Réponse #21 le: 07 Juillet 2013 à 18:21:32 »
Milora :
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Euh, au contraire, je trouve qu'il y en a plein. Enfin, évidemment, ça dépend de ce que tu appelles "profondément à l'aise", mais jusque ici tu l'as défini comme : mal dans sa peau, un truc douloureux au fond, etc. etc.
Encore une fois, je m'excuse, je me suis mal fait comprendre. "Torturer" n'est pas le bon mot je pense. Je ne parle pas de mal dans sa peau, ni de douleur. Mais de mal face au monde d'avantage. Une incompréhension dans les habitudes des Hommes, dans le mal des Hommes. Ce mal là, Prévert l'exprime très bien par exemple ! Corneille aussi ! Voltaire aussi ! Shakespeare encore d'avantage ! Tolkien écrivait en parti pour la mémoire de ses amis morts à la guerre (enfin je crois, j'avais vu un documentaire sur sa vie, après je connais mal et peut-être ce documentaire était pourri). Après pour les autres je n'en dis rien je ne les connais pas assez. J'ai pris Céline et Bukowski parce qu'ils me passaient par la tête, mais ce que je dis ne s'applique pas qu'à eux ^^

Meilhac :
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c'est où et dans quoi que genet parle du lien entre littérature et mort ?
Pas forcément littérature, mais de l'art en général à travers la figure du Funambule, dans le Funambule. L'acteur doit être pauvre et mort dans sa vie pour resplendir dans son oeuvre. C'est en tous cas une des idées que j'en ai retenu mais il faudrait que je le relise pour être plus précis ^^

HB :
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En bref, faudrait commencer par définir la mort. Sinon, le sujet se bornera à "La mort, ça tue" d'un côté, et "La vie est belle" de l'autre, en sachant que tout un chacun passe d'une impression à l'autre en moins de temps qu'il ne le faut pour dire "ouf".
Oui je le vois bien, cette discussion divague sur l'idée de bonheur ou de malheur par rapport à l'écriture, alors que la mort est plutôt neutre et absolu je pense. Le sujet était mal présenté, je l'ai fait à la va vite. J'aurais dû prendre plus de temps. En même temps, j'avais peur d'enfermer la question avec une citation, mais là, elle est tout de même trop ouverte ^^

Ernya :
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Quant au rapport évident littérature/amour, nan, je ne le vois pas. On peut dépasser les codes qui ont régi pendant des années les thèmes d'écriture. Toute écriture n'est pas vouée à parler de mort ou d'amour.
Toute écriture n'est pas vouée à en parler. Mais... enfin, quand on parle de littérature ! Enfin, comment dire, je trouves pas mes mots tant la chose me semble évidente ! La mort et l'amour. Je sais pas, toutes les personnes que je connais et qui écrivent sont sensible à ces sujets. Ce sont les grands sujets de la littérature et ce sont les grands sujets de la vie ! Ce n'est pas une question de code, d'avantage une question de beauté, de poésie et de ce qui anime les Hommes dans leur vie, dans leur action, ce sont les sentiments qui guident l'Humanité. Alors forcément, un écrivain, il va refléter ça. C'est ce qui va le nourrir. Je pense qu'un auteur qui n'a aucune idée, aucune sensibilité, quant à l'amour et/ou la mort, va écrire des textes terriblement ennuyant. D'un point de vu littéraire en tous cas.
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Et la mort, elle plane sur tout le monde, pas plus sur les écrivains que les autres. Ce sont les écrivains qui ont en fait un thème récurrent. Je veux dire, c'est NOUS qui créons ce lien.
Oui et ce n'est pas pour rien que nous créons ce lien, je pense. Parce que ce lien existe aussi malgré nous. Ce sont les grandes questions qui nous animent depuis l'aube des temps. C'est pas maintenant que ça va changer. On trouvera d'autres façons d'en parler, mais au fond, même dans une histoire d'aventure fantastique ou science fiction ou peu importe, mais quelque chose de bien écrit (je bannis tous les Eragons et Harry Potter - excusez moi) ; ces thèmes là on les retrouve, et on les retrouvera toujours, au centre du récit ou en bordure. Mais ça sera là.

Après peut-être je suis fou.
J'en ferais un sujet existentielle ça aussi, la folie.
C'est important la folie !
« Modifié: 07 Juillet 2013 à 20:35:49 par Cauzart »
http://julienusseglio.eklablog.com/
Textes et poèmes à découvrir !

Godot

  • Invité
Re : La Mort
« Réponse #22 le: 07 Juillet 2013 à 22:24:02 »
Je me suis fait la réflexion en lisant le sujet, et c'est vrai que pas mal de mes écrits ( poèmes surtout ) touchent à la mort, sans que ce soit jamais le sujet principal, d'ailleurs.

Hors ligne René

  • Calligraphe
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Re : La Mort
« Réponse #23 le: 08 Juillet 2013 à 09:56:43 »
Vu l'travail aux champs, la pénibilité et tout, j'dirais que mon rapport à la mort voire, euh, mon lien entre elle et moi, c'est l'cancer dans que'ques années.
"Dame, ça va pas bien quand ça va mal" (Maurice Soing)

Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
  • Messages: 578
Re : La Mort
« Réponse #24 le: 08 Juillet 2013 à 12:05:49 »
hum...
je rejoins en partie Mil/Anlor et Ernya  ^^

Les gens écrivent sur des sujets qui leur parlent, j'imagine. ça n'a aucun rapport avec l'écriture, mais avec l'auteur (en ça je rejoins Ernya). Il y en a qui parlent toujours d'amour et qui en déduiront "l'écriture et l'amour, c'est indissociable", ok, mais pour lui, c'est tout. On ne peut pas généraliser. Pour moi par exemple, c'est l'amitié ou l'attachement mon thème sous jacent assez récurrent.
Et puis les gens écrivent des histoires de gens.... ça comprend pas mal de choses dont la mort, l'amour, la maladie, la souffrance, la foi etc. Que l'humain soit indissociable de l'écriture, allez, pourquoi pas. Mais juste la mort... :-\
Je ne pense jamais à la mort quand j'écris, sauf à la rigueur si j'envisage de tuer un perso (mais souvent je le fais s'en sortir quand même :-[)... et là je songe à la mort non philosophiquement mais pratiquement : mettre en scène une belle mort  :lecon: (à savoir que cela peut signifier beaucoup de choses comme héroique ou drôle et ridicule).
D'un point de vue littéraire, j'aime bien la mort selon Pratchet, ça me convient bien cette désacralisation à travers un perso amusant.

Je pense qu'il y a un souci, dans le sujet du fil, sur thème de l'auteur et thème de l'histoire.
Disons que je ne me pose pas plus de questions que ça sur la mort, ça ne m'empêchera pas d'en parler dans un texte. Le thème d'un texte n'est pas le thème de l'Ecriture. C'est le thème d'un texte juste :-\... Mais je suis d'accord qu'il y a des auteurs qui mettent le même thème partout. Mais pas tous... et pas forcément la mort...

Tu dis que tu ne parlais pas de tourments de l'auteur, Cauzart, mais dans certains posts tu exprimes une sorte de... thérapie ou exorcisation par l'écriture.

Citer
Est-ce pour une recherche d'immortalité que nous écrivons ?
il faudrait que tu ailles dans la section sur le pourquoi écrire. Peut-être est-ce vrai pour certains, mais c'est pas une vérité de tous. Déjà pour ma petite part, c'est absolument pas ça du tout.

Citer
Quand je parle de peur de la mort, je ne penses pas qu'il faut en avoir peur. Il faut, comme tu dis, se débarrasser de cette peur. Et écrire aide à comprendre la mort, l'appréhender.
lire aussi, en discuter, aller au cimetière, regarder un haricot pousser, regarder de vieilles photo etc. A chacun sa façon de se confronter au sujet de la mort. ça n'en fait pas un thème à décortiquer absolument dans ses écrits.

Citer
Rien n'empêche de se tenir la tête et de se "torturer" l'esprit pendant des heurs. Est-ce nécessaire pour écrire ? Je ne crois pas, mais ça va tout de même assez souvent ensemble. Ecrire soulève des questions en sois. Questions souvent existentielles.
soulever des questions existentielles ne relève pas de la torture. Mais je crois que plus loin tu le dis toi-même que le terme n'était pas approprié. Sans doute est-ce-ce l'impression que tu sous-entends que c'est LE thème de l'histoire, ces questionnements, qui me fait un peu tiquer. Je veux bien que sur les 500 pages d'épopée fantastique, le héros se pose des questions sur sa destinée, le fatalisme, le libre arbitre, l'issue, la mort etc., mais ça ne fera jamais un ouvrage philosophique dessus. Juste des questions sensées et logiques qui arrivent face à une situation sujette à dilemme ; ou révélations traumatisantes ("quowa, le méchant est en fait mon père que je croyais mort ? Damned !")

et même tu parles quand même de l'état de l'auteur pour l'écriture :

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C'est pas pour autant que tout le monde dit quelque chose d'intéressent. Et quelqu'un qui se sens très bien dans ce monde, n'a pas la nécessité de le changer, donc de l'inventer, et de le réinventer, et donc de créer. La création est une nécessité je pense. Ca ne veux pas dire qu'il faut être malheureux, mais être légèrement torturé, ou fou, c'est primordiale je pense. Si on veux écrire quelque chose d'intéressent en tous cas.
Mais non  :-\... je trouve que les histoires les plus imaginatives ne sont absolument pas torturées. Je n'ai pas l'impression que Pullman ou Fforde soient torturés... après ils cachent peut être bien leur jeu  :\?, mais du moins rien ne s'en ressent dans leurs oeuvres, que je trouve lumineuses et géniales (dans le vrai sens, avec génie). La folie,  pourquoi pas, mais c'est parce qu'entre la folie et le génie, il y a des frontières communes  :mrgreen:.
Ah et puis perso, je me sens très bien dans ce monde, je pense être l'opposé du torturé, et ce que je préfère, c'est imaginer des histoires impossibles dans la réalité. (mais on est d'accord que je n'écris pas des choses intéressantes :huhu:).

Citer
Les histoires niaises où tout va bien.... Enfin, voilà quoi.
là ça n'a rien à voir. Je suis obligée d'intervenir  :vaurien:. ça n'existe pas les histoires où tout va bien. A la rigueur un poème... mais une histoire, non, je ne vois pas. Même Tchoupi a des problèmes, pour ranger sa chambre ou trouver sa gomme  :huhu:. Dans une histoire il y a toujours un élément "embêtant" tout du moins, pour le héros, un problème qu'il doit résoudre.

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Oui et ce n'est pas pour rien que nous créons ce lien, je pense. Parce que ce lien existe aussi malgré nous. Ce sont les grandes questions qui nous animent depuis l'aube des temps. C'est pas maintenant que ça va changer. On trouvera d'autres façons d'en parler, mais au fond, même dans une histoire d'aventure fantastique ou science fiction ou peu importe, mais quelque chose de bien écrit (je bannis tous les Eragons et Harry Potter - excusez moi) ; ces thèmes là on les retrouve, et on les retrouvera toujours, au centre du récit ou en bordure. Mais ça sera là.
oui, comme les repas  |-|.
Je suis d'accord que la mort fait partie du quotidien donc on le retrouve dans la littérature, mais comme beaucoup d'autres choses. Ton sujet semblait sous entendre une portée quasi philosophique ou métaphysique. Or non, là, non, tous les auteurs n'ont pas ce rapport à la mort dans leur écriture. Beaucoup s'en servent comme d'un élément déclencheur pour le héros, ou d'un "coup dur", en cela, oui, ça apparaît dans de nombreux écrits, mais c'est pas à chaque fois qu'on tombe sur un monologue sur être ou ne pas être.
Un souci aussi je pense dans ce sujet, c'est qu'on ne s'entend pas sur "bien écrit", ou "bons récits"  :\?.
Par exemple, même si je ne suis pas fan de Harry Potter, je trouve ça bien écrit. Et dans harry potter il y a des héros qui meurent, pas des persos, des héros. ça sert beaucoup plus ton sujet que tu ne le penses. Harry est confronté à la mort depuis le premier chapitre du premier tome jusqu'au dernier du 7eme tome, et pas la mort de son cochon d'inde. Parents, mentor, ami, ennemi. Très étrange que tu exclus du coup cette histoire.

La mort est peut-être un des thèmes universels dans l'écriture (et ailleurs), mais alors ce n'est pas un moteur d'écriture, sens généralisé, je pense.
voilà ma conclusion parce que je sens que ma clarté fut laborieuse. :huhu:


minute perso sur le sujet malheur/bonheur de l'auteur : j'écris mieux quand je suis de très bonne humeur, qu'il fait beau et que je suis en vacances, et si j'essaie d'écrire quand j'ai le moral dans les tongues, ça donne quelque chose de supprimé deux jours plus tard pour rejoindre le Puits des Histoires Perdues. Et mes thèmes sont généralement joyeux.


Citer
Je crois que l'immortalité, on peut s'asseoir dessus
huhu viviane :mrgreen:
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne lepion

  • Calame Supersonique
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Re : La Mort
« Réponse #25 le: 08 Juillet 2013 à 15:24:17 »
mouais, dans le fond, la mort, personne ne sait ce que c'est
je crois qu'une manière simple de l'appréhender (en tant qu'écrivain) est de se demander si elle nous laissera le temps de finir notre travail actuel
après, tout le reste n'est que littérature
rien ne sert de partir à point, il faudra courir.

Hors ligne Vivi

  • Palimpseste Astral
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Re : Re : La Mort
« Réponse #26 le: 08 Juillet 2013 à 15:31:12 »
mouais, dans le fond, la mort, personne ne sait ce que c'est
Si si on sait. C'est la fin de la vie. Ce qu'on sait pas, c'est s'il y a quelque chose après (moi, je vote "pour se faire bouffer par les vers" :-¬? )
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne lepion

  • Calame Supersonique
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Re : Re : Re : La Mort
« Réponse #27 le: 08 Juillet 2013 à 15:35:11 »
mouais, dans le fond, la mort, personne ne sait ce que c'est
Si si on sait. C'est la fin de la vie. Ce qu'on sait pas, c'est s'il y a quelque chose après (moi, je vote "pour se faire bouffer par les vers" :-¬? )

pas de crémation pour viviane, donc
c'est noté  :mrgreen:

PS : et puis... on sait mais on ne sait pas  = on ne sait pas, viviane  :-¬?
« Modifié: 08 Juillet 2013 à 15:38:44 par lepion »
rien ne sert de partir à point, il faudra courir.

Hors ligne Ludo

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Re : La Mort
« Réponse #28 le: 08 Juillet 2013 à 15:50:01 »
Épicure dis que la mort est l'absence de sensations. Plutôt bien résumé je trouve.
" Ne rien dire ou en dire trop, quel est le pire ? "

Hors ligne Cauzart

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Re : La Mort
« Réponse #29 le: 08 Juillet 2013 à 20:52:03 »
Tomoyo :
Hum... Je vois ce que tu veux dire. Je te l'accorde pour Pullman et Harry Potter ^^
Je te l'accordes aussi sur la définition de "bons écrits".
Quand je parles d'histoire où tout va bien c'est que justement ce n'est pas possible, ne t'offusque donc pas, nous sommes du même avis sur ce point ^^

Je vais essayer de m'éclaircir rapidement : je penses que d'un point de vu métaphysique, si on se pose la question de : "pourquoi l'être Humain écrit (ou fait de l'art en général - peinture, sculpture, architecture, film, peu importe) ?" Une des réponses possibles serait : il écrit parce qu'il a peur de mourir.
C'est inconscient chez beaucoup.
Et comme je l'ai dit aussi plus haut : la peur est neutre. On peut avoir peur de mourir et être très heureux dans sa vie.
Je parle pas de peur de mourir dans le sens : j'ai peur de sortir de chez moi car un bus va m'écraser. J'en parle de façon métaphysique. Nous avons tous peur de la mort.
Et écrire, ou créer de façon général (faire un enfant est aussi une création par exemple) ; nous aide à vaincre la mort.
http://julienusseglio.eklablog.com/
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