Les aminches, toujours rien sur Huysmans, ça craint du boudin !!
sublime auteur, fin dix-neuvième, décadent fin de siècle.
"A rebours", chef d'oeuvre ultime, l'histoire d'un misanthrope dandy esthète qui se retire dans une bicoque, il fuit les êtres humains, se réfugie au milieu de ses livres. le héros s'appelle des esseintes, il a beaucoup inspiré des tas de gens. (on dit parfois "un des esseintes" pour désigner des misanthropes solitaires férus d'art, esthètes, etc.). la manière dont il organise sa maison fait penser à l'appart' de dali à paris, ou à la manière dont gainsbourg avait décoré sa maison.
des esseintes, c'est le genre à se tâter pendant des pages quant à la couleur de son papier peint. il les passe toutes en revue, il finit par opter pour... (ah... ah... je vous laisse deviner; deux couleurs).
ce bouquin c'est vraiment l'art sur l'art. un artiste qui parle d'art. les couleurs. et puis les sons (le gars est hyperesthète sur le son aussi. il fait mettre une moquette hyper épaisse et fait acheter des chaussons tout mous à ses larbins qui habitent au-dessus de chez lui, pour qu'ils ne fassent pas de bruit en marchant).
il se fait livrer non des fausses fleurs dont il veut qu'elles ressemblent à des vraies, mais des vraies dont il veut qu'elles ressemblent à des fausses.
il organise d'immenses repas, d'immenses orgies, comme on compose une oeuvre d'art (il fait tout comme on compose une oeuvre d'art ; il se compose des espèces de cocktail... avec un truc qui rappelle le pianocktail de vian qui n'a rien inventé en l'occurrence :-))
gainsbourg fait une allusion à "à rebours" dans "sorry angel" ("le compte avait commencé/à rebours/était-ce vertige, déveine, qui sait/sans moi tu as décidé/mon amour/décidé que tu t'en allais"). la scène dans évguénie sokolov où il énumère les mets faisandés que s'envoie l'auteur fait écho à une superbe énumération de plats raffinés que des esseintes sert à ses hôtes).
ah, j'oubliais : le personnage de des esseintes est directement inspiré de M. de Montesquiou, dandy esthète aristo de la fin du XIXe, celui-là même qui a inspiré le personnage de Charlus dans "à la recherche du temps perdu" ! il devait être pur ce montesquiou, pour inspirer deux personnages qui occupent une place si énorme dans l'histoire de la littérature francophone...
"En route", sublime. l'autre grand livre de huysmans à mon goût. l'histoire d'une espèce de longue hésitation : vie de débauche ou couvent ? ça dure deux cent pages de "litige d'âme" comme dit huysmans. hyper drôle, la manière dont le gars s'auto-engueule, change d'avis, etc. la fin est bien aussi (je vous raconte pas, parce que mine de rien y a du suspense. se convertira-t-il? ou pas? ), il se met dans des états pas possibles pour pas forcément grand-chose, il se fait des sacrés films.

"En rade" est un petit cran moins bien, mais bien quand même. Et les autres j'ai pas lu mais je le ferai.
(mais euh je n'ai relu que vingt fois à rebours, donc j'ai envie de le lire encore :-)).
il inventait beaucoup de mots, y a plein de néologismes, plein de mots qu'on comprend pas et qui sont pas dans le dico.
le style est parfois quelque peu chargé, une sorte de lyrisme décadent. c'est souvent pile-poil, parfois un peu too much.
huysmans était un grand fan de baudelaire.
il raconte des rêves comme peu ou presque personne n'a fait à ma connaissance.
de l'humour, beaucoup d'humour. dans la manière dont il montre les excentricités de ses personnages.
c'est pas forcément hyper facile à lire, il faut quelques pages pour se mettre dans le rythme.
huysmans forever.
(pur prénom : joris-karl. mais je crois que c'était son prénom de scène. pour de vrai il s'appelait georges-charles, ou quelque chose comme ça).
je vous mets la photo de sa couverture sous peu.
