Après environs 234 (j'espère ne pas m'être trompé dans le nombre, enfin c'est pas ça le principal hein

) jours de réflexion intense, j'ai enfin relevé ce défi lancé par Milora le 8 mai 2011 :
Je te défie d'écrire... une nouvelle uniquement constituée de dialogue ! ça te va ? (c'est pas du théâtre, hein, le narrateur peut dire "dit untel, dit untel", et il n'y a pas de didascalies, tout doit passer par le dialogue)
Vu qu'on est en période de noël, j'ai eu envie d'écrire quelque chose sur... Noël !

(Pour éviter tout mal entendu, je précise que le prénom Buck ne m'a en rien été influencé par Bukowski

)
« Salut renne ! s’exclama un jeune renne à un vieux.
–Ouais c’est ça... c’est ça..., marmonna le vieux renne.
–Qu’est-ce qui va pas ?
–Rien, t’occupes... boulot à la con !
–C’est cool qu’on soit ensemble cette année ! s’enthousiasma le jeune renne.
–C’est ta première fois ?
–Oui, j’ai tellement hâte de décoller !
L’autre renne se remet à marmonner :
–Rho, il a encore pris du poids ce gros lard !
–Qui ça ?
–À ton avis ! On pourrait croire qu’avec les nouvelles technologies on ait moins à porter... tu parles ! On fabrique des tas de traineaux qui volent tous seuls, que d’la ferraille y paraît, et même pas besoin de rennes ! Et pendant ce temps-là, nous, on se traine un gros barbu qui se goinfre dans son coin et nous laisse que de la farine, encore de la farine, toujours de la farine ! C’est pas une vie, ça !
Le jeune renne s’étonna :
–Mais on a une super mission pourtant, rendre les enfants heureux, c’est pas merveilleux ?
–Ça serait valable encore, si ce gros lard-là ne se ramassait pas toute la gloire ! On ne parle que de lui, père noël par ci, père noël par là... nous on est que des figurants, les enfants ne s’occupent pas des pauvres rennes qui triment dans l’ombre !
–Mais le père noël travaille aussi, reprit le jeune avec le même étonnement, il imagine et fabrique les cadeaux et les dépose au pied du sapin sans faire le moindre bruit pour ne pas réveiller les enfants !
–Me dis pas que tu crois à toutes ces conneries, le père noël n’a jamais fabriqué le moindre cadeau, il sait pas coudre, pas bricoler, il sait à peine lire. Là encore, c’est son armée de lutins esclaves qui lisent les lettres des enfants et fabriquent à la chaine des jouets dont ils ne verront jamais le rendu final !
–Il doit passer par la cheminée tout de même, ça, c’est quand même pas simple !
–Admettons qu’il passe par la cheminée, tu ne vas pas me dire qu’il est plus facile de faire atterrir un traineau au milieu d’une tempête de neige sur un toit penché et glissant que de couler dans une foutue cheminée ! En plus, la plupart du temps, il ne prend même pas la peine de passer par la cheminée, il se laisse rouler jusqu’en bas et passe par la porte comme tout le monde. Et après faut encore qu’on vienne le chercher parce qu’il est pas capable de remonter tout seul sur le toit !
–Mais c’est injuste, pourquoi c’est nous qui devrions faire tout le boulot ?
–Tu commences à comprendre mon garçon, la vie est injuste, particulièrement en période de noël, et je dois dire que ça ne s’est pas arrangé avec la crise !
–Mais le père noël passe partout non ? Il donne des cadeaux à tous les enfants de la terre !
–Tu crois sérieusement qu’il s’embête à visiter toutes les maisons une par une ? Maugréa le vieux renne, Non, il ne visite que ceux qui ont les moyens de se payer ses services ! Et tous ces crétins derrière qui obéissent sans se poser de questions, comment tu veux que les choses changent avec des types pareils !
–T’as entendu ce que j’ai entendu, Max, il a dit crétin ! s’exclama derrière eux un autre renne à un quatrième.
–Ouais j’ai bien entendu, tu vas voir, un bon crochet du sabot droit dans sa sale face de renne, il va s’en rappeler !
Un cinquième renne s’exclama, tout excité :
–J’en frémis d’avance !
–Tu trembles parce que tu te les gèles ! Railla un sixième.
–Répète ça un peu tête de bouc !
–Qu’est-ce que t’en dis ? Repris le vieux renne, Hmm, regarde le type à gauche... Qu’est-ce qui t’arrive encore, vieux Buck ?
–Le chef a dit qu’il ne voulait plus de moi ! répondit Buck.
–Mais, pourquoi ?
–Je n’ai plus la force de continuer, je suis devenu inutile, gênant, un poids mort !
–Dis pas ça mon vieux, on va trouver une solution !
–Tu ne comprends pas, c’en est fini de moi ! Ils ont prévu de réintroduire les farines de renne, je suis le premier à y passer !
–Mais c’est horrible ! S’indigna le jeune, On peut pas laisser faire ça !
–Notre métier n’est plus ce qu’il était, répondit le vieux renne tristement, comment est-ce qu’on peut dialoguer avec un porc qui ne parle même pas le renne !
–C’est toi le porc ! Cria le cinquième renne à l’arrière de l’attelage.
–C’est pas à toi qu’il parlait, rétorqua le sixième renne, espèce de fils de morse !
–Je vais t’aplatir ta face de caribou pour que t’arrêtes de l’ouvrir !
Le père noël intervint :
–Allez bande d’empotés, bougez moi votre gros cul de castor, j’ai pas qu’ça à foutre de distribuer des cadeaux à tous ces sales gosses... je déteste les enfants, heureusement que le salaire est à la hauteur !
–Qu’est ce que je disais ! Soupira à nouveau Buck au vieux renne, Bon, je dois y aller, bonne chance vous deux, vous en aurez plus besoin que moi...
–Bucky !! S’écria le vieux renne.
–Garde tes larmes, mon gars, vous avez de la route à faire ! On se reverra, vieux, suffit d’y croire...
–Ça fait longtemps que j’ai cessé d’y croire, répondit amèrement le vieux renne.
–Bougez-vous tas d'punaises, faites pas les malins et y'aura triple dose de farine pour tout le monde !
–C'est vrai qu'on va manger buck ?
Le vieux renne soupira :
–Ferme-là, j'veux plus entendre tes questions stupides...