Bonjour les gens !! Je vous présente ma dernière prose poétique sur Paris qui est ma plus grande source d'inspiration.
J'ai écrit ce texte avec cette musique là dans les oreilles :
http://www.youtube.com/watch?v=Z0kGAz6HYM8&hd=1 et je trouve qu'elle lui colle assez bien.

Bonne lecture !

O Ville Lumière ! Laisse-moi donc diluer tes frontières pour que je puisse m’échapper.
Je te rendrai tes réalités fragmentées et les innocentes libertés que je t’ai un jour volées, ne t’en fais pas.
Mais je partirai, il n’y a plus de doute, sans oublier d’essuyer tes larmes cathédrales.
Oh j’agripperai ta taille ferrée et sa rivière qui la ceinture pour ne pas trop m’éloigner.
Je sombrerai au plus profond de tes vitraux salés par cette eau grasse qui baigne tes pieds, pour ne pas pleurer.
Je garderai dans mon être, imprimés dans ma peau, la chaleur de ton goudron, tes chants de joie et les complaintes de tes âmes esseulées.
J’embrasserai encore et encore à pleine bouche les scarabées mordorées qui pavent tes mollets.
Je graverai dans mes oreilles le son de ton piano et le clapotis de tes vagues sous un soleil brumeux.
Je laisserai pendre des lambeaux de chair à tes églises, j’abandonnerai des ongles à tes rats, des yeux à ton métro pour que tu gardes une trace de moi.
Et je hurlerai au vent combien je t’aime pour que ma voix puisse te hanter à tout jamais.
Je me droguerai à ta chair souillée, à tes prunelles cramoisies, à tes relents d’essence ambrés, à tes ombres fanées, à ton gasoil sucré pour ne pas t’oublier.
Je te volerai tes églises et tes peintures, je te volerai ton charme et ta candeur, ta noirceur et ton bonheur pour te garder auprès de moi.
Je repousserai les exhalaisons de tes chapelles pour ne plus croire en personne d’autre que toi.
Je te chanterai ma poésie pour qu’elle s’évanouisse aussitôt dans tes entrailles étroites. Peu importe.
Je filerai le ruban de tes vignes pour n’en garder qu’un fil ; je m’en transpercerai la peau afin de nous lier pour l’éternité.
Je fracasserai tes rêves comme tu as fracassé les miens !
Je te cracherai au visage avant de me blottir contre tes brouillards.
Tu me dégoûtes et tu me hais ! Je t’adore et je t’abhorre, toi, ville de mes rêves ! Renie-moi, exile-moi, vomis-moi ! Je m’accrocherai à toi, à tes entrailles, à ta langue pour que tu expies ta beauté, que je l’avale et la dégorge encore, encore et encore !
Je presserai contre ton sein des pétales de fleur pour que sa douceur reste au creux de ma paume ; oh j’y planterai les épines de mes roses, l’épieu de ma colère ! Je te torturerai comme tu m’as torturée, toi, capitale de mes rêves, mère de tous les poètes.
C’est bien dans tes cheveux de métal que je saisis le vent et le bonheur, au creux de tes courbes que je reçois le sable noir de ta folie, au fond de tes yeux que je comprends la beauté du monde. Car ici, à Paris, vous ne vivrez que de poésie et d’absconses mutations, d’illusions acidulées et de réalités dissoutes par la suie des grands boulevards.