Salut à vous lecteurs

!
Je poste un texte écris hier mais échafaudé des mois de là. Mon objectif étant de réaliser un scénario, vous verrez par vous-même que ce n’est pas vraiment réussi…
Je me mettrai à la deuxième partie après avoir finalisé cette première selon vos critiques.
Merci et bonne lecture.
Il faisait froid à Naflasco. Le vent frais de l’hiver déambulait la ville afin de justifier les formes de cette saison en apportant à l’air la virginité qu’il demandait. Un ciel blafard, des nuages mornes recouvrant la population dans un monde gris, envoyant de temps en temps des rugissements faisant trembler les âmes sensibles de Naflasco.
Dehi sursauta, une autre foudre avait retenti. Le ciel gris dériva durant un instant vers un bleu vif. Ses pieds titubants étaient posés sur la terrasse d’un des bâtiments situés en face de l’hôpital de la ville. Il avait froid malgré le manteau de laine pure qui lui recouvrait le corps. Sa tête couverte d’une cagoule laissait paraître des cheveux noirs bouclés, beaucoup trop longs, ainsi qu’un petit nez droit qui rejetait après chaque expiration une petite buée, justifiant les quatre degrés dans lesquels était plongée l’atmosphère.
Dehi recula de quelque pas pour prendre son élan. Il se mit à sautiller sur ses jambes comme pour s’échauffer, il inspira profondément, savourant les dernières bouffées d’air que lui offrait sa vie. Il ne put réprimer un sourire.
Un suicide juste ne face d’un hôpital, qui sait, je lancerai peut-être une mode ? … si j’avait réellement voulu rendre service aux médecins comme je le pense, je ne serait jamais monté sur cette terrasse pour tenter de mettre un terme à ma vie.Dehi : Merci de déposer ton corps inerte face à notre hôpital, mais qu’allons nous faire une fois ton corps récupéré ? Nous allons nous battre pour tenter de réparer ta connerie ! Tu nous rends bougrement service !
Il se mit à rire, un rire désespéré. Apres avoir agité sa tête pour refouler toute pensée, Dehi s’élança dans une course ayant pour destination…sa mort. Il était trop tard pour faire marche arrière. Même si il l’avait voulu, la vitesse qu’il avait atteinte l’en aurait empêché.
Non, encore une nuit, une dernière!il essaya de ralentir sa course, voulant revenir sur ses pas mais il s’empêtra dans un enchevêtrement de pierres.
Faut pas rêver bonhomme, il est trop tard pour faire marche arrière.Des hurlements se firent entendre. Des doigts étaient dirigés vers cette chaire qui avait dévalé trois étages de l’immeuble situé juste en face de l’hôpital de Naflasco mais qui n’avait malheureusement parcouru que la moitié de sa lugubre trajet.
'Dehi sentait les caresses de ce vent frais lui siffler dans les oreilles en un son lourd et glaciale le privant ainsi de la moitié de ses capacités auditive, mais l’autre moitié elle, ‘l’entendait’. Sous ces immuables FSHHHHH créés par l’entrechoc des vents contre les parois de ses oreilles, elle l’entendait émettre des sons qui parvenaient jusque ses tympans sous formes de bourdonnements, comme pour une personne qui essaie de parler alors que sa bouche est bloquée derrière un bandeau.
Elle l’entendait, ce monde qui s’étendait face à lui…
Tous ces yeux posés sur moi, c’est bien ce que je voulais non ? Alors pourquoi ne suis-je pas satisfait ? Je vois quelque chose dans leurs regards, quelque chose qui m’effraie, quelque chose que je n’avais pas encore connu jusque-là. Je vois dans leurs regards… de la pitié. Est-ce à moi qu’est destiné ce sentiment mélancolique ? Non, sûrement pas. Mais alors, ils sortent tous d’une obsèques ? J’en doute fort… ne serai-je donc pas si seul que je le croyais ? Si rejeté ? Aurais-je de l’intérêt pour ces gens debout face à moi… en dessous de moi ! Mon Dieu, qu’est-ce-que je suis en train de faire ?'
Dehi senti cachet d’amertume se dissoudre dans sa poitrine…une force mit fin à ses pensées, à son vol.
Dehi : AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHH !
De la joie ou de la peur ? Sous ce hurlement qui révélait toutefois une extrême émotion se trouvait le visage de Dehi, pétrifié en une grimace dépassant les expressions humaines. Il retomba sur son lit l’air hagard, le regard vide. A le voir ainsi on aurait dit qu’il était décédé d’une crise cardiaque, mais il cligna des yeux.
Dehi : Un rêve ? C-c’était un r-rêve ?
Il se redressa. Pourquoi ? Enfin, c’était bien trop réel pour un rêve, et pourtant…
Il tenta de se relever mais remarquant les tremblements de son corps se laissa retomber sur son lit.Il était 9H du matin et le soleil envoyait à l’immense bleu toute la chaleur qu’il possédait. Une belle journée pour cette saison. Une mélodie se fit entendre, elle provenait de la paperasse qui jonchait le bureau de Dehi. Il resta assis sur son lit, la mélodie persistait
Dehi : Mais raccroches, tu vois pas que je suis pas là ?
La musique s’arrêta, mais elle revint rompre le silence un court moment plus-tard.
Dehi lui lança son oreiller mais le projectile ne survola qu’un mètre de la pièce avant d’aller s’écraser sur le plancher. Le jeune homme se leva en s’aidant de sa table de chevet et s’avança nonchalamment vers sont téléphone.
Dehi : Allô ? Euh… non-non-non, bien sûr que j’arrive, je… suis en train de sortir, je suis là dans cinq minutes. O.K, à toute.
Il raccrocha son téléphone, déconcerté.
Dehi : On est quel jour aujourd’hui ?
Il regarde sur son portable. Dimanche…
il sourit, quelle nuit, mais quelle nuit.
En ce moment Dehi ressenti la joie de vire, ce sentiment qui fait naître en votre cœur un extrême enthousiasme.
Ce dont je suis sûr c’est que jamais, non grand Dieu jamais je ne me suiciderai !Il sortit de sa maison en souriant à la vie car la vie lui souriait. Il traversait en valsant les rues qui le séparait du café où il devait rencontrer son ami Bed. Jamais la lumière ne lui avait paru aussi riche, jamais l’obscurité ne lui avait paru aussi accueillante. Il savourait ainsi les moindres détails qui bordaient sa personne.
Mais ce rêve…De jolies jeunes demoiselles passèrent à côté de lui en le dévisageant, il leur sourit en rougissant ce qui les fit pouffer de rire.
Il était…un mendiant était entrain de chanter une reprise de nothing else matters, une chanson de Metallica, une des rares chansons qu’il appréciait. Il s’arrêta un moment pour se combler les oreilles de cette voix mélodieuse, balança une pièce de dix franc dans un chapeau déjà plein à en trembler, et poursuivit sa route en se repassant la musique.
Ce rêve était si… Il s’aperçut qu’il s’était arrêté sur une route, en train de bloquer une circulation. Il leva sa main en guise d’excuses et se hâta de traverser. Le conducteur lui répondit en ébauchant un joli sourire. Et c’est en admirant ainsi les beautés de la vie tout en étant coupé par de brefs réflexions, que Dehi rejoignit son ami à ‘You’re Hungry’, le petit restaurant du coin.
Le lieu, peuplé par trois clients, était plongé dans un profond silence. Un vieil homme était assis près d’une fenêtre, adossé sur sa chaise en train de rêvasser. Ses yeux s’ouvraient et se refermaient en suivant le rythme des tic-tacs de la montre accrochée sur un mur près de la porte d’entrée. A le voir ainsi on aurait cru qu’il s’était évadé dans le monde des chimères, mais Dehi remarqua avec stupéfaction que ce n’était pas le cas : il était entrain d’épier une femme vêtue d’un décolleté.
Un autre monsieur était assis en face de la caissière, ils papotaient silencieusement.
Et le troisième bonhomme était son copain Bed.
Bed : Tu sortais hein ? Ca fait une demi-heure que je t’attends là, une demi-heure…
Dehi : (en esquissant un sourire désolé) Oui c’est vrai, je ne sortais pas.
Bed : Sans blagues ?
Dehi : Si, non mais c’est pas de ma faute, c’est à cause de… tiens il faut que je te parle de ce rêve…
Bed : Commence déjà par t’asseoir. J’ai pas pu attendre, j’ai commandé pour nous deux. Je m’en fiche tu payes ta part, par contre si t’aimes pas ton plat ne te gênes pas à me le passer, parce que mon petit ventre lui ne se gênerai pas à tout ingurgiter.
Bed était un jeune homme plutôt obèse qui passait son temps à se demander pourquoi est-ce qu’il n’arrivait pas à perdre du poids alors qu’il avait tout le temps ce genre de phrases qui lui sortaient de le bouche.
Dehi : (en souriant) Même pas une miette compris ? Avec ma faim de loup je risque même d’avaler les assiettes si on ne m’en empêche pas.
Bed : Mouais… il fait beau hein ? J’ai été surpris par ce soleil moi.
Dehi : Pas juste par ça moi, je crois que je suis devenu beau.
Bed pouffa de rire.
Dehi : Je suis sérieux ! Maintenant les filles elles me regardent.
Bed : (manquant de se noyer dans son sarcasme) Joli progrès…
Dehi : (ignorant sa réplique) elles m’ont souri et je leur ai souris, c’était vraiment magique.
Bed : Stop ! Tu vas me tuer…
Dehi : Bed, tu me trouves beau ?
Bed : (Calmant son fou-rire/essayant de prendre un air sérieux) Arrête, pas ici Dehi (Clin d’œil).
Dehi : Mais tu me saoules, tu devrais plus faire attention à moi.
Bed : (effaçant le sarcasme de son visage) Mais je fais attention à toi copain, ne crois surtout pas le contraire.
Dehi : Bien, parce que je vais te parler de mon rêve, et je ne veux pas que tu te mettes à rire, pigé ?
Bed : Et si on mangeait d’abord ?
Dehi : Non, maintenant. Je ne sais pas trop pourquoi mais ce rêve me prend vraiment la tête. Pour dire vrai, il m’effraie. Un rêve m’effraie…
Bed l’écoutait attentivement.
Dehi : Bon… tout repose sur l’apparence réelle du rêve. Ce que je veux dire c’est que je n’ai pas l’impression d’avoir rêvé, mais plutôt de m’être réellement… suicidé, par ce que oui, dans mon rêve je me jette par-dessus un immeuble. Tu sais normalement il y a toujours quelque chose qui cloche, soit tu te vois de dessus, soit t’as l’impression que les sons te parviennent de loin ou je ne sais quoi d’autre, mais là c’était parfait ! Aucun problème, enfin si, son authenticité. Je sentais la douleur, je sentais le vent, je voyais tous les décors qui m’entouraient parfaitement…
COURT SILENCE
Dehi : Je ne sais pas trop ce que j’attends de ta part, mais je devais t’en parler.
Bed : (d’un air anodin) Arrête de te tarauder, ce n’était pas un rêve.
…
Dehi se leva sous le choc. L’air serein est franc de son ami le décontenança. Il y avait une partie de lui qui envisageait une telle réponse, celui qui lui glaça le sang. Mais sa seconde partie pris Bed pour un plaisantin poussant ainsi Dehi à se rasseoir, mais son corps titubant manqua la chaise et il s’affala sur le sol. Le choc provoqué par la chute libéra de l’emprise de sa terreur, il parvint à se hisser sur sa chaise.
Il l’observa un moment bouche bée, ne sachant que dire, déconcerté par le regard calme et sérieux de Bed.
Comme si c’était vrai… je suis pathétique.Dehi applaudit, les mains toujours tremblantes par la surprise.
Dehi : Alors là… je ne sais pas quoi te dire tellement tu as été génial. Bravo, Bravooo !
Bed : Tu es dans un coma coincé entre la vie et la mort dans la vie de tes rêves. L’objectif de ces chimères est d’apporter à la personne qui suffoque un dernier moment de plaisir et de détente pour lui offrir un terminus paisible. Tout est fait en sorte qu’elle se sente heureuse. Ce n’est pas une puce intégrée dans son cerveau pour lui envoyer de belles images ou je ne sais quoi, non. Une partie de notre cerveau est destinée à cette situation, et comme chaque personne a sa propre vision du monde parfait, chaque personne sombre dans des rêves leur étant adéquat. Pour toi cela se résume en un monde propre et sain ainsi qu’une population de ce qu’il y a de plus amicale. Moi je suis la personne chargée de veiller à ce que tu combles tes bonheurs tout en m’assurant à ce que tu restes dans l’ignorance de ta mort.
Dehi se releva brusquement.
Des filles qui me regardent… Il se mit à marcher lentement à reculons les pas chancelants.
Des conducteurs qui prennent la peine de s’arrêter en vous souriant gentiment pendant que vous vous amusez à les retarder.Dehi : (d’une voix tremblante) A-alors…
C’est pas vrai, j’y crois ?Le chapeau d’un mendiant rempli à en trembler, ce n’est pas de ce monde ça…Dehi : alors pourquoi…
Un dimanche matin sans être convoqué par son directeur pour des ‘affaires urgentes’Mais oui…
Dehi : (En criant) Alors pourquoi tu me le dis si tu es censé me laisser vivre dans mon ignorance ?!
C’est pas vrai, j’y crois…
Bed : Eh bien comme je te l’ai dit mon objectif est de satisfaire ton égo. Bien que je me dois aussi de te laisser dans l’ignorance pour t’éviter de sombrer dans la panique, ce qui est extrêmement déconseillé, ton cerveau a pris plaisir à cette intrigue ce qui m’obligea à satisfaire ma principale raison d’exister…
Dehi : satisfaire mon égo…
Bed : Exactement.
Dehi : E-et q-qu’est ce qu’il va se passer ?
Bed le questionna du regard. Dehi balbutia une phrase.
Bed : Je ne comprends pas.
Dehi : si je panique !
Bed : Ton corps est en coma oui, mais ton esprit lui est en rêve et tout le monde sait qu’un rêve peut se transformer en cauchemar…