Un premier bilan statistique :
Pour une majorité d'entre nous, écrire tout.e nu.e c'est important : "c'est un putain de piment rouge, nique sa mère le blizzard !" Un second tour serait probablement judicieux, car il n'est pas dit que la vision de Fauve s'avère rassembleuse, bien qu'elle me semble moins éloignée que les autres de celle de Kyo (
Écrire tout.e nu.e c'est une lame enfoncée loin dans mon âme). Nous ne serions pas à l'abri d'un retournement de majorité à la faveur de France Gall (
Écrire tout.e nu.e c'est comme une gaité, comme un sourire, quelque chose qui parait nous dire "Viens"...).
Un fort clivage apparait également entre ceux qui voudraient pratiquer la nudiécriture avec Arthur Rimbaud et ceux qui voudraient la pratiquer avec Marguerite Duras. Un clivage c'est souvent la marque d'une question trop schématique. Il me semblerait vraiment salutaire d'ajouter une sous-question dans le but de préciser ou nuancer les attentes de chacun.e, et qui se formulerait ainsi :
- J'aurais tant voulu écrire tout.e nu.e avec :
- Sade au bal masqué*
- Arthur Rimbaud sur son lit de mort
- saint Augustin aux thermes
- Marguerite Duras en 1980
*le masque ne doit pas dissimuler plus bas que le menton pour valider le texte comme exercice de nudiécriture
Il pourrait même être judicieux de poser la question une seconde fois, en mettant l'accent sur les conditions d'écriture, ce qui pourrait changer la donne :
Je m'adonnerais plus volontiers à cette discipline :
- dans l'alcôve d'un château provençal du XVIIIe (équipe Sade)
- dans le service Amputations de l'hôpital de la Conception à Marseille (équipe Rimbaud)
- aux thermes, sur le littoral algérien (équipe saint Augustin)*
- sur une plage de galets normande dans les années 80 (équipe Duras)
*serviette gracieusement fournie par l'évêché