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02 mars 2021 à 05:38:02
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Auteur Sujet: Drogues et addictions  (Lu 4458 fois)

Hors ligne txuku

  • Calame Supersonique
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Re : Drogues et addictions
« Réponse #15 le: 07 octobre 2018 à 20:55:28 »
Bonjour

Les interdits m ont toujours attire !  :)



J ai pu constater
que certaines personnes etaient predisposees a des addictions - alcool - sucre - jeu - etc...


Et l ignoraient totalement avant d y avoir goute ! :'(
Je ne crains pas d etre paranoiaque

"Le traducteur kleptomane : bijoux, candelabres et objets de valeur disparaissaient du texte qu il traduisait. " Jean Baudrillard

Hors ligne Erwan

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Re : Drogues et addictions
« Réponse #16 le: 07 octobre 2018 à 21:18:12 »
Pour moi, je me rends compte que je suis incapable de répondre à ta question, pour en revenir au sujet. Que penser des drogues et des consommateurs ? Ça supposerait que j'ai un archétype du toxico ou du consommateur récréatif bien posé, ce n'est absolument pas le cas. En fait, c'est juste que la question ne me parle pas personnellement. Je vais prendre un exemple pour me faire comprendre, sur un sujet que je connais mieux. Si on me demande "que pensez-vous des personnes atteintes de troubles psychiques ?", ben je vais sécher. Je connais plein de choses-là dessus mais en bloc comme ça, c'est compliqué. Quoi dire ? Faut-il faire une "peinture" d'une personne typique dans cette situation, ou dire des choses au hasard qui touche le sujet ? Il y a des clichés, c'est sûr, mais sinon c'est une question d'humain, il y a autant de toxicos que de personnes avec un troubles psychiques, toutes différentes les unes des autres.

Bon, je pourrais dire que je perçois les personnes qui ont une addiction forte ou multiple (et ont donc un vrai problème avec ça) comme ayant une fragilité, car il me paraît vraisemblable que la drogue vienne compenser quelque chose. D'un autre côté j'ai aussi conscience des limites de ce que je dis dans ma phrase précédente. Certains produits peuvent-être très vite addictifs, donc il suffit d'une mauvaise rencontre ou d'une mauvaise passe de rien du tout pour enclencher l'enfer. D'où ma remarque sur la prévention. Personnellement, je suis hyper-méfiant avec toutes les drogues, parce que je risque d'être un "bon client" pour ces conneries, mais beaucoup de personnes, des ados par exemple, n'ont pas cette connaissance d'eux-mêmes, ni cette capacité à cerner leurs vulnérabilités, et vivent dans une sorte d'impression de toute-puissance. Mais je connais peu de personnes concernées, encore moins qui en parlent ouvertement.

joseph dunelie

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Re : Re : Drogues et addictions
« Réponse #17 le: 15 novembre 2018 à 11:11:31 »
- je pense aussi aux effets positifs parce que la plupart des gens qui sont conscients des risques (et en fait ça me semble une majorité de personnes) continuent parce que ça leur apporte qqch, sinon ils ne sont pas bêtes, ils arrêteraient ^^ . D'où la question comment retrouver la même chose autrement.
Pas du tout d'accord sur un détail, oui les drogués (et même les fumeurs de joints) connaissentles risques encourus sur leur esprit et leur corps... mais ils se mentent ytrès souvent à eux même, ou choisissent de les ignorer... quand ils ne s'entraînent pas les uns et les autres vers la consommation car si y en a un qui arrête, y aura moins de drogue sur la table.
Et une fois dedans, surtout si on se défonce avec quelqu'un (même une seule personne), c'est très difficile d'arrêter... même pour le joint, alors imaginons les autres drogues.

- au total ça me semble souvent à but auto-thérapeutique
Thérapeutique pour l'esprit, oui.... mais l'esprit n'était pas forcément déjà amoché avant la drogue.
Même si tous les clichés possèdent une part de vérité, tous les drogués ne sont pas d'origine des individus à l'enfance bafouée ou en grande détresse morale.
Je suis même persuadé que c'est une belle minorité.

Ma réponse ne va pas changer. Ce qui différencie une drogue illicite de toute autre drogue est une simple loi, quelque chose d'arbitraire. L'alcool pour ne citer qu'elle n'est pas moins dangereuse que le cannabis, pourtant l'une est autorisée et l'autre pas. Ce qui différencie un drogué à l'alcool d'un drogué au shit est la peine qu'il encourt s'il se fait chopper, pas l'opinion que je porte sur lui.
Personnelement j'ai connu les deux de près et je trouve l'alcool beaucoup plus dangereux que le joint.
« Modifié: 15 novembre 2018 à 11:16:23 par joseph dunelie »

Hors ligne Ariane

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Re : Re : Re : Drogues et addictions
« Réponse #18 le: 15 novembre 2018 à 14:18:09 »
Bonjour,

- je pense aussi aux effets positifs parce que la plupart des gens qui sont conscients des risques (et en fait ça me semble une majorité de personnes) continuent parce que ça leur apporte qqch, sinon ils ne sont pas bêtes, ils arrêteraient ^^ . D'où la question comment retrouver la même chose autrement.
Pas du tout d'accord sur un détail, oui les drogués (et même les fumeurs de joints) connaissentles risques encourus sur leur esprit et leur corps... mais ils se mentent ytrès souvent à eux même, ou choisissent de les ignorer... quand ils ne s'entraînent pas les uns et les autres vers la consommation car si y en a un qui arrête, y aura moins de drogue sur la table.
Et une fois dedans, surtout si on se défonce avec quelqu'un (même une seule personne), c'est très difficile d'arrêter... même pour le joint, alors imaginons les autres drogues.

- au total ça me semble souvent à but auto-thérapeutique
Thérapeutique pour l'esprit, oui.... mais l'esprit n'était pas forcément déjà amoché avant la drogue.
Même si tous les clichés possèdent une part de vérité, tous les drogués ne sont pas d'origine des individus à l'enfance bafouée ou en grande détresse morale.
Je suis même persuadé que c'est une belle minorité.

Je me permets de rebondir sur le mot "cliché" que tu emploies. Les explications que je rapportais ici sont celles du chef de service d'un service d'addictologie. Je n'exclus pas que sa vision des choses puisse être contestée mais je ne pense pas qu'il fonctionne par "clichés" sans réfléchir - surtout que c'était un homme particulièrement instruit et expérimenté.

Je serais curieuse d'ailleurs de savoir d'où vient ta propre conviction (que c'est une belle minorité).

joseph dunelie

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Re : Re : Re : Re : Drogues et addictions
« Réponse #19 le: 15 novembre 2018 à 16:23:29 »
Je me permets de rebondir sur le mot "cliché" que tu emploies. Les explications que je rapportais ici sont celles du chef de service d'un service d'addictologie. Je n'exclus pas que sa vision des choses puisse être contestée mais je ne pense pas qu'il fonctionne par "clichés" sans réfléchir - surtout que c'était un homme particulièrement instruit et expérimenté.

Je serais curieuse d'ailleurs de savoir d'où vient ta propre conviction (que c'est une belle minorité).
N'oublies pas que j'ai écrit "ont une part de vérités" derrière mon "clichés" ;)

Je suis convaincu que le cas le plus récurrent d'addiction est la suite de consommation festives, entraînées par des groupes qui s'entraînent les uns les autres, plus que ceux qui se défoncent poui palier à déséquilibre personnel qui existait avant l'addiction qui de toute façon finit par apporter ces mêmes déséquilibres.

Après, quelle quantité y a t'il de tel cas et de tel autre, je ne peux le quantifier mais mon sentiment personnel a déjà été dit au dessus.

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Re : Drogues et addictions
« Réponse #20 le: 22 août 2020 à 15:14:34 »
Citer
je vais m'intéresser aux politiques de répression des drogues en lien avec les politiques de santé
du coup c't'un travail d'histoire ?
je suis pas sûr de comprendre, parce qu'actuellement les politiques de répression sont plus résiduelles qu'autre chose... les centres d'addictologie ont plus des politiques de 'diminution des risques', me semble-t-il, genre les salles de shoot en suisse, et d'autres histoires qui ont tendance à arrêter les violences policières et les conditions de traitement des drogués, et les cartels, etc...
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Hors ligne Koala

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Re : Drogues et addictions
« Réponse #21 le: 24 août 2020 à 16:14:59 »
Oh bah puisque ça a été remonté, je vais me permettre d'ajouter mon petit grain de sel.

Citer
Ce qui différencie une drogue illicite de toute autre drogue est une simple loi, quelque chose d'arbitraire.

C'est pas mal dit. Comme il a été aussi spécifié, un consommateur de drogue au point addictif aura toute la peine du monde à s'en défaire, que ce soit par inconscience, ignorance ou déni.

Je ne suis pas du tout scientifique comme nana et je dois avouer que j'ai peu de culture générale. Cela dit, il me semble bien observer bien plus de drogues que ceux cités, si on en observe le résultat, les conséquences en tout cas. J'ai vu mentionné le sucre, et ça c'est vrai que c'est partout, tout comme le sel, le gras, la nourriture, l'affection, la sécurité (multiplication des rendez-vous de santé par exemple), confort, dépenses en tout genre...

Il suffit de jeter un oeil sur le détail de son compte bancaire pour se rendre compte qu'il n'y a pas besoin d'être dans l'illégalité, de boire ou de fumer pour être addict à quelque chose.

Si les drogues types cannabis, alcool et tabacs produisent des effets négatifs sur la santé, à y voir également les conséquences dévastatrices d'une dépression, par exemple, ou de n'importe quel trouble, qui trouve son origine dans des addictions plus subtiles.

Il en existe à foison et on tombe tous au moins dans le piège de l'un d'eux, même si j'ai plutôt envie de me risquer à dire plusieurs au minimum.

Quoi que, il n'y a pas que des effets négatifs à ces drogues, quelles qu'elles soient. Chacun y trouve son compte j'imagine.

Hors ligne Ariane

  • Palimpseste Astral
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Re : Drogues et addictions
« Réponse #22 le: 24 août 2020 à 16:29:55 »
Citation de: Koala
un consommateur de drogue au point addictif aura toute la peine du monde à s'en défaire, que ce soit par inconscience, ignorance ou déni.
Je ne sais pas dans quelle mesure cette phrase est réfléchie ou juste dite en passant, et si les termes sont à l'exclusion de tout autre ou si c'est évident qu'il y a d'autres possibilités... mais résumer les mécanismes d'addiction à de l'inconscience, de l'ignorance ou du déni, je trouve que ça peut être pris de manière un peu blessante par les personnes concernées. Fin bon, je l'avais déjà écrit plus haut : il y a pas mal de consommateurs qui sont parfaitement conscients des effets négatifs, c'est juste que dans leur balance personnelle du moment, ils ne peuvent pas fonctionner autrement, c'est la seule solution qui apparaît ou bien la moins pire, de continuer de prendre le produit pour en obtenir les effets positifs (besoin de soulager le manque / besoin de continuer de fonctionner correctement au travail / besoin d'échapper à des symptômes de trauma ou d'angoisse insupportables / etc etc).

Hors ligne Koala

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Re : Re : Drogues et addictions
« Réponse #23 le: 24 août 2020 à 17:12:39 »
Je ne sais pas dans quelle mesure cette phrase est réfléchie ou juste dite en passant, et si les termes sont à l'exclusion de tout autre ou si c'est évident qu'il y a d'autres possibilités... mais résumer les mécanismes d'addiction à de l'inconscience, de l'ignorance ou du déni, je trouve que ça peut être pris de manière un peu blessante par les personnes concernées.

Il y a d'autres possibilités, je citais surtout ce qui avait été mentionnés auparavant qui m'a fait un peu tiqué. Effectivement, j'aurais pu mieux le formuler, navrée.
J'ai été (et suis toujours avec le tabac) dans mes addictions. En vérité, j'ai surtout de la compréhension plutôt qu'un vouloir de blesser.
D'ailleurs, personnellement, j'ai toujours été dans un état qui mélangeait les trois, mais surtout un état de semi-conscience. Je n'avais pas la volonté de savoir plus que ce n'est pas bon.

Enfin, ça c'est dans le cas où on aurait pour idée de se défaire d'une addiction, ce qui n'est pas forcément le cas.

Hors ligne txuku

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Re : Drogues et addictions
« Réponse #24 le: 02 septembre 2020 à 09:31:23 »
Bonjour

J a i frequente des alcooliques - des joueurs - des amateurs de cocke - ils n avaient rien a voir avec des rats et etaient plus attires par le wisky que par l eau ! :)

Le plus dur pour eux c est de prendre conscience de leur faiblesse puis de se decider a lutter contre ! :-[




Merci mais l anglais le matin sans ma dose de cafe ................ :'(





J ai eu ma dose dans ma vie............ :-¬?





Modération : posts fusionnés
« Modifié: 02 septembre 2020 à 14:04:08 par Ben.G »
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Hors ligne Ben.G

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Re : Drogues et addictions
« Réponse #25 le: 02 septembre 2020 à 14:10:53 »
Moi ça m'étonnera toujours à propos de l'alcool qu'une drogue qui détruit autant de vies et de familles au niveau mondial soit aussi normalisée, au point que c'est à ceux qui ne boivent pas qu'on demande des comptes et des "pourquoi" (et je le dis en ayant été celui qui fait demande pourquoi et qui dit "qu'un petit verre c'est rien allez")
(mais euh bon, c'était trop sensible pour moi pour réussir à poster dans ce sujet à l'époque)
Les poètes voyagent mais l'aventure du voyage ne les possède pas.
- Henri Michaux

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Re : Drogues et addictions
« Réponse #26 le: 02 septembre 2020 à 14:55:20 »
Oui, après c'est très compliqué je trouve de s'y retrouver par rapport à ce qu'on appelle une "drogue". Il y a bien, médicalement, la dépendance, mais en fait, il y a deux problèmes. Le premier, c'est que le cannabis, à ma connaissance, ne provoque pas de dépendance physique (me trompé-je ?), et c'est interdit. L'alcool oui, ce n'est ni considéré comme une drogue, ni interdit. On pourrait se baser sur la dangerosité, mais l'alcool fait bien plus de dégâts, et j'allais dire les aliments trafiqués (gras et salés, ou super sucrés comme les sodas) qui provoquent un comportement addictif aussi dégomment bien plus de vies.

Bref, tout ça pour dire que personnellement je n'y comprends rien à ce qu'on appelle une "drogue", au moins officiellement parlant, ni l'intérêt que cette notion a en l'état, où la cocaïne récréative côtoie le cannabis, avec d'un autre côté l'alcool, la cigarette, et plein de merdes légales qui ont l'air de ne gêner personne. Il y a tellement un délit de "sale gueule" dans cette affaire, genre la cocaïne, c'est associé aux jeunes et aux seringues, le cannabis aussi, c'est jeune, bref ça m'a l'air de tout marcher aux préjugés et à la tronche du client. Là où ça devient flippant, c'est qu'on monte une "politique publique" avec beaucoup de guillemets sur de tels préjugés de merde. Franchement, j'ai l'impression, comme pour la mendicité ou la prostitution, que la drogue est principalement perçue par les pouvoirs publiques comme un problème de "saleté", un truc qui heurte la bonne morale du bourgeois bien plus qu'un enjeu social et de santé publique  |-|.

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Drogues et addictions
« Réponse #27 le: 02 septembre 2020 à 23:13:45 »
Franchement, j'ai l'impression, comme pour la mendicité ou la prostitution, que la drogue est principalement perçue par les pouvoirs publiques comme un problème de "saleté", un truc qui heurte la bonne morale du bourgeois bien plus qu'un enjeu social et de santé publique  |-|.

je plussoie à donf'.

Hors ligne Kwak'

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Re : Drogues et addictions
« Réponse #28 le: 22 septembre 2020 à 13:03:26 »
Je vais peut-être choquer, mais je revendique le droit pour toutes et tous de se droguer, sa légalisation (et non pas dépénalisation)  autant sur le plan opiacés, stimulants, psychédéliques, canabinnoïdes; ou nouveaux produits de synthèse, bref, la légalisation immédiate, et la commercialisation complète de tous les produits psychoactifs qui peuvent exister avec une vente régulée et contrôlée par l'état ou les services publics, avec une taxe permettant enfin de financer efficacement des programmes de lutte contre l'addiction, qui n'est pas forcément parallèle à la consommation, exactement comme c'est le cas pour l'alcool actuellement (de toute façon, ne nous voilons pas la face, c'est déjà le cas sur le deepweb : tout s'achète et se livre par la poste en deux jours sans que les bonnes gens ne s'en rendent compte. Ton gamin aujourd'hui il fout les pieds au lycée il a d"énormes chances d'être confronté à ça)

Je suis pour qu'on distribue des seringues propres et tout le matériel nécessaire gratuitement à qui le demande aux structures, qu'on arrête avec ces conneries de partage de seringues et autres gestes très sales qui sont directement issus de la prohibition et de l'aveuglement des bonnes gens qui ont trop regardé requiem for a dream.

je suis pour que des structures saines fournissent de la C, de l'héro, de très bonne qualité (sans coupes hasardeuses et mensongères) ou quoi que ce soit d'autre à qui le demande, avec un suivi psychologique en cas de besoin manifeste, et des salles de consommation (je déteste le terme de salle de shoot) dans toutes les grandes villes de France.

Je suis pour qu'on puisse enfin dire "oui, je prends du LSD de temps en temps et ce dernier m'a sauvé la vie plus qu'il ne m'a détruit", je suis pour qu'on puisse enfin comprendre que la kétamine microdosée soigne la dépression bien mieux que n'importe quel valium, qui est une drogue au moins aussi néfaste, et je suis pour qu'enfin nos enfants n'aient plus peur de venir nous voir en nous disant "Papa, je tape un peu trop de traces, je crois que j'ai besoin d'aide" sans avoir peur de finir à la rue ou en prison.

On prescrit de la morphine sans sourciller quand quelqu'un se prend un méchant accident, pourquoi on ne prescrirait pas le LSD à des dépressifs ?

La recherche médicale est restée bloquée 30 ans à cause des conneries prohibitionnistes des USA et de leurs chasses aux communistes de l'époque, certains pays commencent enfin à s'ouvrir (le portugal affiche des résultats formidables depuis 2001), et nous nous enfermons encore une fois dans une marginalisation des usagers alors que justement, ils doivent être à la portée des radars de santé publique, et ça passe par une abolition du tabou.

Je ne veux plus aller dans des ruelles moroses pour acheter le droit de me percher et financer des réseaux occultes à qui profite la prohibition, je ne veux plus m'entendre dire que je vais finir comme une loque alors que je travaille, que je paye des impots, que je suis un citoyen normal qui a autant le droit à l'assistance des services publics qu'à leur respect, et j'en ai marre de passer pour le taré de service devant des avinés de ricard qui ont parfois des consommations plus problématiques que les miennes sans jamais être inquiétés.


J'ai beaucoup bourlingué dans les free party et dans le milieu associatif de la réduction des risques, on tenait des stands pour fournir du matériel à la demande, des informations si certain.es voulaient venir parler, de la réassurance si quelqu'un se mettait à traverser un sale délire sans comprendre pourquoi. J'y ai appris, sur le terrain, que le spectre actuel de la prohibition empêche toute politique intelligente de santé publique. Je connais des gens qui font pousser de la weed et qui parlent drogues avec leurs enfants (et par là, toutes les drogues, pas le petit pétard qui rassure un peu le chaland qui se veut tolérant, non, à 16 ans aux mômes on leur parle de MDMA et de cocaïne, puisque de toute façon ils y seront bientôt exposés). Parfois même ils leur fournissent et encadrent la consommation pour avoir un oeil dessus. Et bah, vous me croirez ou non, mais les mômes des kid zone de libertaires et ceux que je connais ne fument pas de joints quotidiennement, ayant pourtant un accès absolu à la weed (gratuite et non trafiquée) de leurs parents, et, dans le cadre d'une explication claire, nette, précise, et d'un exemple même de comportement raisonné (celui de leurs parents), ils me semblent beaucoup plus sains et informés, et donc conscients de la limite entre risques et plaisirs, que la plupart des enfants prohibitionnistes à balle de tabou, qui sont plus souvent le fruit d'une peur pavlovienne qu'ils ne comprennent pas et transgressent pourtant, sans jamais avoir conscience des limites ou des dangers avant de se prendre le mur en pleine face - mur qu'ils prendront cachés de leurs parents, perdus, à l'écart, avec la honte et souvent des années pour oser en parler.

La dernière soirée dans ce milieu là, le fils de mon pote avait invité ses amis adolescents à notre barbecue, et quand ils ont compris qu'on pouvait parler librement, passé le stade du flot de paroles parce qu'enfin ils pouvaient parler de leurs consommations avec un adulte, on a pu aborder des sujets tels que le danger de prendre de l'ecstasy sans laisser trois mois entre chaque prise pour recharger sa sérotonine (sinon on perd l'effet empathogène et le produit a un effet toxique sur le cerveau), pourquoi il ne faut pas mélanger certains produits (sinon risque de syndrome sérotoninergique), pourquoi il est plus intelligent de fractionner ses comprimés en 4 et de les prendre par quart plutôt que par deux, et vous savez quoi ? Aucun d'entre eux n'avait jamais entendu parler de tout ça, et c'est ça qui est dramatique et intolérable. Je suis ressorti de tout ça avec l'impression irréfutable que ces mômes avaient besoin de parler et qu'ils ne le pouvaient pas, et qu'ils consommaient malgré la prohibition et à l'abri de leurs parents et de leurs morales contre productives.

Plus vous prohibez, moins vous voyez, plus vous perdez le contrôle.

Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur notre angle de perception, c'est par ici
« Modifié: 22 septembre 2020 à 13:44:03 par Kwak' »

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
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Re : Drogues et addictions
« Réponse #29 le: 22 septembre 2020 à 13:18:28 »
En soi, je suis d'accord. Un contrôle officiel serait une bonne chose pour avoir une consommation propre et un suivi des personnes.

Par contre, je ne suis pas sûre que ça n'encouragerait pas une partie de la population à consommer des drogues qu'elle n'aurait jamais consommées sinon. Et sur ce point précis, je ne suis pas sûre que ça soit une bonne chose.
Par exemple, les infos que j'ai sur le LSD, c'est que tu peux refaire des "trips" des années après, sans prévenir... je ne sais pas si c'est véridique mais si oui, c'est inquiétant.
C'est eux qui me l'ont dit, de remplir nos galoches
De charger nos fusils, de pierres et de brioches
Vite dépêche-toi, j'entends la ferraille des soldats

- Têtes raides -

 


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