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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » De peinture souillé

Auteur Sujet: De peinture souillé  (Lu 12270 fois)

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De peinture souillé
« le: 27 Janvier 2010 à 14:59:54 »
Au début, je comptais le garder pour le blind test mais il est un peu long.
J'en suis pas spécialement fière, la base de ce texte devait faire une quinzaine de lignes et ça faisait je ne sais combien de mois que je restais bloquée. Du coup j'ai repris en allongeant, en changeant pas mal voire complètement l'idée de départ, en partant sur autre chose comme tout texte sans plan qui se respecte. Si vous trouvez qu'il y a une différence majeure entre le début et la suite, c'est normal, j'ai préféré laisser le texte aller là où il voulait aller, tant pis si c'est dans un mur.
Que dire de plus ? ah oui le titre ! J'ai pas trouvé mieux, si vous avez une meilleure idée, manifestez-vous^^





Recroquevillé dans le coin sombre de la pièce, un homme tremblait de rage, le corps parcouru de frissons. Ses yeux las semblaient se noyer dans une intense réflexion. Il regardait les morceaux de peinture souillés qui gisaient par terre ; lambeaux de toile déchirés par la sauvagerie du couteau, tristes reflets de son âme.
Partie. Elle était partie alors qu’il aurait voulu la toucher, poser sa main chaude sur son corps, pouvoir se persuader que son existence, il ne l’avait point rêvée.  Mais elle l’avait laissé, seul. Il avait pourtant été un grand artiste, à ses yeux comme à ceux des autres ; il avait réussi à exprimer ce sourire si triste et si doux, ce sourire d’enfant aux joues rouges. Mais désormais il ne restait plus que des traces écaillées sur ses mains, une rugosité sèche et sale qui lui faisait horreur.Dans un coin, un serpent noir et poisseux se frayait un chemin entre les rayures du vieux parquet plein d’échardes. Son pinceau traînait en exil loin de la palette, vieil ami devenu épouvantail. Et lui-même gisait, clochard sans dive bouteille, le teint blême.
 Il regarda son image dans le miroir. Il aurait pu être beau. Il aurait même fait un bon modèle. Il se rapprocha en marchant à quatre pattes, dans un froissement de pantalon et déposa un baiser sur la surface terne ; le froid hérissa ses lèvres. Miroir de malheur. Il hurla et cogna cette porte à jamais fermée. Le verre se craquela et des traces écarlates se frayèrent un chemin sur les éclats. Des fragments tombèrent à terre, d’autres se figèrent, tranchants.

Une heure passa peut-être.

La porte s’ouvrit et une petite fille au cartable rose fit son apparition. Il y eut un murmure, un trottinement et la lumière se fit.  Le bel atelier de papa avait changé et des larmes perlaient de ses yeux. Elle prit peur, elle s’enfuit et ne revint plus. Il avait voulu la protéger de ce monde si triste où les jours de pluie sont plus nombreux que les jours de soleil. Il avait voulu l’étonner, la faire pleurer de bonheur. Mais il n’avait réussi qu’à la faire partir ; terrifiée de le voir sombrer dans le chaos de ses doutes artistiques.

Quelque chose de vicieux le rongeait, le forçait à rester prostré dans cette pièce, dans l’attente d’une illumination qui ne venait pas, qui n’existait peut-être pas. Et les murs autrefois couverts de tableaux bariolés, aux couleurs chaudes, désormais nus, sales, parsemés de zébrures noirâtres le cloîtraient chaque jour un peu plus dans sa langueur. Lui-même s’en voulait de laisser perdurer cette sensation absurde, de jouer à l’artiste maudit. Il aurait voulu se redresser d’un coup, bomber le torse, remettre tout en état, ouvrir les persiennes, plonger son pinceau dans l’orange et peindre un monde de couleurs. Mais il ne connaissait que trop la vanité de cette idée. Son talent s’était consumé comme une bougie, ce n’était plus que le rebut d’une cire noircie et durcie.

Un soir, étouffant, il se décida pourtant à sortir. L’air froid lui fit du bien. Il erra dans les rues et arriva près des quais. Des jeunes s’y amusaient, guitare et bouteilles à la main. Il les observa un petit moment ; leurs visages étaient souriants, une fille à demi assoupie reposait sur les genoux d’une autre et ils semblaient tous sinon heureux du moins sereins. Ils étaient ensemble et partageaient quelques minutes de leur vie là, assis sur les quais de Paris. La jalousie et l’envie s’éveillèrent dans son cœur. Il aurait lui aussi voulu poser sa tête fatiguée sur des genoux, pouvoir tout oublier, sous la nuit tranquille.

De retour chez lui, il se lança dans une étude minutieuse de son répertoire. Il était bien rempli, mais aucun de ses contacts ne correspondait au phare qu’il attendait. Finalement il appela une vieille amie qu'il avait perdue de vue depuis quelques peintures. Elle ne répondit pas. Il était deux heures du matin. Il lui laissa un message assez long, entrecoupé de silences, s’embrouillant à chaque mot, ne sachant guère comment lui avouer dans quel état il se trouvait. Et il attendit. Et il se décida à ouvrir les persiennes, à prendre une douche et à soigner sa main blessée.
Son amie le rappela en début de matinée, inquiète comme à son habitude. Elle lui parla sans s’arrêter, d’un seul souffle, croyant peut-être que si elle s’interrompait, il appuierait sur la détente d’un revolver ou lui raccrocherait au nez. Elle lui proposa de passer chez lui en fin de journée. Il regarda son atelier et lui répondit qu’il n’avait pas fait le ménage. Mais elle semblait avoir déjà décidé de venir vers les huit heures avec de bonnes pizzas.

Elle frappa à la porte et entra d’elle-même, tout comme sa fille avec son cartable rose. Mais elle arborait un grand sourire et deux grosses boîtes en carton. Il la débarrassa de son précieux chargement en l’embrassant rapidement, soudain pressé et gêné. Il la remercia, la félicita pour sa bonne mine, s’enquit des dernières nouvelles, fuyant son regard inquiet et curieux. Ils parlèrent tout leur soûl, il dévora sa pizza et lorsqu’ils eurent fait le tour des réjouissances, il fallut bien se lancer dans le sujet périlleux. Il lui raconta la fille qu’il avait rencontrée et plus ou moins hébergée, sa dispute avec sa femme, son départ, la disparition de sa protégée, la petite qui était venue avec ses couettes, son cartable rose et ses yeux plein d’horreur, sa longue descente dans le gouffre de la déprime chronique et l’agonie de sa création artistique. Elle écouta tout, ne fit aucun commentaire, se contenta de glisser quelques sourires compatissants. Lorsqu’il eut fini la litanie de ses malheurs, elle lui demanda quelques précisions sur cette fameuse jeune femme, et lui conseilla contre toute attente de chercher à la revoir. Elle ne condamna rien, elle lui rappela simplement son rôle de père.

Le lendemain, il partit à la recherche de sa tendre muse des peintures. Il arpenta nombre de rues, visita nombre de cafés, mais elle était introuvable. Une connaissance lui apprit qu’elle était repartie pour le sud, la grisaille de Paris ne l’inspirant guère. Fatigué, déçu et de nouveau tenté par l’appel irrésistible de la défaite, il se traîna jusqu’à son ancienne demeure. Sa femme lui ouvrit nerveusement, les yeux affolés et honteux. Il lui dit qu’il était désolé, qu’il n’était pas venu se jeter à ses genoux implorer son pardon, mais qu’il voulait voir Cécile, leur fille. La petite grignotait son goûter devant des dessins animés. Il s’assit à côté d’elle, caressant ses cheveux bouclés. Il ne savait que lui dire, écartelé entre les rôles de bourreau et de victime. Alors il la prit dans ses bras, serrant son corps comme s’il allait lui dire adieu.

Il partit dès le lendemain. Emmenant deux pulls, un jean, le strict minimum pour sa toilette et sa petite palette. Il était bien décidé à retrouver cette jeune fille. Il irait à Arles, elle avait toujours voulu aller là-bas, peindre des arènes et des oliviers. A peine sorti de la gare, il constata la différence. La Camargue, ses couleurs, ses odeurs avaient quelque chose de sauvage, quelque chose qui l’attirait. Inspirant à pleins poumons le nouvel air, il se laissa guider par les effluves et les belles maisons blanches. Il trouva un petit hôtel dans une rue sympa, avec une jolie vue sur le marché. Il flâna un peu, moins inquiet et torturé que dans la capitale, enfin serein. Il la retrouverait où qu’elle fût. Il fit quelques croquis de terrasses, de rues étroites, d’étendues marécageuses avec au loin des chevaux qui n’étaient plus vraiment blancs. Il visita Nîmes aussi, alla dans les champs d’oliviers, rencontra des écoliers qui cheminaient en riant derrière leur professeur qui leur parlait du vieux Van Gogh. Et il la retrouva, au bout de quelques jours, dans une exposition. Elle reposait ses pieds fatigués en lisant la brochure distribuée, son petit sac multicolore « indien » posé à côté d'elle. Il s’approcha en souriant, content de la voir étonnée puis amusée. Ils sortirent prendre un verre. Elle se moqua un peu de lui, de cet élan qui l’avait poussé à la suivre ; il savait bien qu’elle repartirait au loin, une fois qu’elle aurait vu les merveilles d’Europe. Il n’avait été qu’une simple étape dans son pèlerinage culturel. Il lui reprocha d’être partie sans rien dire, comme un vieux chewing-gum qu’on crache avec désinvolture. Elle lui répondit qu’elle n’était pas douée pour les adieux. Elle était comme ça, ne s’attachait à rien ni à personne, préférait fuir d’un bout à l’autre du continent pour ne plus penser, pour oublier combien elle était seule peut-être. Il ne chercha pas à la faire changer d’avis. Il lui demanda toutefois de passer à son hôtel pour qu’elle lui donne son point de vue sur ses croquis. Ils lui plurent, elle lui conseilla d’autres lieux, d’autres perspectives.
Le lendemain, il ne l’accompagna pas. Il resta encore quelques jours avant de rentrer à Paris. Il se réconcilia peu à peu avec sa femme, alla proposer ces œuvres camarguaises à un ami exposant - sans succès - et peignit de nouveau Paris.
Et quelque part, à Prague peut-être, une jeune femme au sac indien dormait profondément sous le regard attendri d’une palette d’où coulait un filet de peinture.

« Modifié: 10 Juillet 2012 à 23:08:57 par ernya »
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Re : De peinture souillé
« Réponse #1 le: 27 Janvier 2010 à 15:27:17 »



Citer
ce sourire d’enfant aux joues rouges.
...
les rayures du vieux parquet plein d’échardes.
j'aime bien ces détails


Citer
le froid hérissa ses lèvres craquelées
hérissa ?


Citer
Son talent s’était consumé comme une bougie et face à lui ce n’était plus que le rebu d’une cire noircie et durcie.
lourd (ce qui est souligné). Et "rebu" c'est de reboire... :-¬? "rebut" non ?


Citer
à soigner sa main blessé
ée


Citer
Mais elle semblait avoir déjà décidé de venir vers les huit heures avec de bonnes pizzas.
o/


Citer
Mais elle arborait un grand sourire et deux grosses boîtes de pizza.
j'serais tenté de mettre pizza au pluriel... même si y en a qu'une par boite. Sais pas.


Citer
Il arpenta nombres de rues, visita nombres de cafés
heu, nombre, non ?


Citer
Il irait à Arles
département


Citer
Il visita Nîmes
code postal



Ouais je sais pas si le titre est bien adapté, j'aurais peut-être préféré quelque chose de moins pessimiste.
A part ça j'ai bien aimé, surtout le fait qu'il n'y ait pas de muse dans son sens mythologique. C'est cool, ça marque une évolution, un peu. Voilà, c'est bien écrit mais ça pourrait être une trame de qqch de plus long, peut-être. (Genre ce serait une bonne trame pour un roman court.)
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Re : Re : De peinture souillé
« Réponse #2 le: 27 Janvier 2010 à 15:46:36 »
Citer
le froid hérissa ses lèvres craquelées
hérissa ?
oui c'est comme quand t'as froid quoi, jsais pas, jtrouvais que ça sonnait bien

Citer
Mais elle arborait un grand sourire et deux grosses boîtes de pizza.
j'serais tenté de mettre pizza au pluriel... même si y en a qu'une par boite. Sais pas.
ouais j'ai hésité, peut-être au pluriel

(je corrige tout ce qui est fautes :-[)

Citer
Il visita Nîmes
code postal
ahaha, sérieux, tu le connais ?

Ouais je sais pas si le titre est bien adapté, j'aurais peut-être préféré quelque chose de moins pessimiste.
oui, pas faux, jpense pas le garder

A part ça j'ai bien aimé, surtout le fait qu'il n'y ait pas de muse dans son sens mythologique. C'est cool, ça marque une évolution, un peu. Voilà, c'est bien écrit mais ça pourrait être une trame de qqch de plus long, peut-être. (Genre ce serait une bonne trame pour un roman court.)
oui, sauf que moi et la longueur...
sinon c'est cool si t'as bien aimé, marchi.
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Re : De peinture souillé
« Réponse #3 le: 27 Janvier 2010 à 15:53:59 »


Ben, c'est une préfecture donc c'est facile, et c'est 30000.

Ouais pour "hérissa" j'avais compris, c'est juste que pour moi ça s'appliquait plus à des poils, je vois pas trop comme des lèvres peuvent se hérisser, c'est comme si on disait "des lèvres ébouriffées"... je sais pas. Non mais pourquoi pas après tout.
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Re : De peinture souillé
« Réponse #4 le: 27 Janvier 2010 à 18:59:58 »
Recroquevillé dans le coin sombre de la pièce, un homme tremblait de rage, le corps parcouru de frissons.
(tremblait/ frisson : redondant, non ?)

Ses yeux las semblaient se noyer dans une profonde réflexion. (un peu convenu)

Partie. Elle était partie alors qu’il aurait voulu la toucher, poser sa main chaude sur son corps profané, pouvoir se persuader que son existence, il ne l’avait point rêvée.  Mais elle l’avait laissé, seul et dépouillé. Il avait pourtant été un grand artiste, à ses yeux comme aux autres [Non, là il y a une erreur, fort commune aujourd’hui, d’ailleurs : comme « à ceux des autres »]

ce sourire d’enfant aux joues rouges. (Joli !)

 Dans un coin, un serpent noir et visqueux (Ouais… serpent visqueux, orange orange…) se frayait un chemin entre les rayures du vieux parquet plein(bof) d’échardes. Son pinceau traînait en exil (Joli !) loin de la palette, vieil ami devenu épouvantail. Et lui-même gisait, vieux clochard sans dive bouteille, le teint blême. (vieil,/vieux)
 (…) Beau !
Le verre se craquela et de sinueuses traces écarlates(lourd) se frayèrent un chemin sur les éclats.

La porte s’ouvrit et une petite fille au cartable rose fit son apparition. Il y eut un murmure, un trottinement et la lumière se fit.  Le bel atelier de papa avait changé et des larmes perlaient de ses yeux. Elle prit peur, elle s’enfuit et ne revint plus. Il avait voulu la protéger de ce monde si triste où les jours de pluie sont plus nombreux que les jours de soleil. Il avait voulu l’étonner, la faire pleurer de bonheur. Mais il n’avait réussi qu’à la faire partir ; terrifiée de le voir sombrer dans le chaos de ses doutes artistiques. (Beau §, le « ; » me semble douteux)

Quelque chose de vicieux le rongeait, le forçait à rester prostré dans cette pièce, dans l’attente d’une illumination qui ne venait pas, qui n’existait peut-être pas.(Peut-être bcp de peut-être ?) Et les murs autrefois couverts de tableaux bariolés, aux couleurs chaudes et rutilantes, désormais nus, sales, parsemés ( ?) de zébrures noirâtres le cloîtraient chaque jour un peu plus dans sa langueur. Lui-même s’en voulait de laisser perdurer cette sensation absurde, de jouer ainsi à l’artiste maudit. Il aurait voulu se redresser d’un coup, bomber le torse, remettre tout en état, ouvrir les persiennes, plonger son pinceau dans l’orange et peindre un monde de couleurs. Mais il ne connaissait que trop la vanité de cette croyance. Jamais plus il ne pourrait peindre comme avant. Son talent s’était consumé comme une bougie et face à lui ce n’était ( ?)plus que le rebut d’une cire noircie et durcie.

Un soir, étouffant, il se décida pourtant à sortir. L’air froid lui fit du bien. Il erra dans les rues et arriva près des quais. Des jeunes s’y amusaient, guitare et bouteilles à la main. Il les observa un petit moment ; leurs visages étaient souriants, une fille s’était (deux « étais » de trop ?) à demi assoupie sur les genoux d’une autre et ils (ou elles ?) semblaient sinon heureux du moins sereins. Ils étaient ensemble et partageaient quelques minutes de leur vie là, assis sur les quais de Paris. La jalousie et l’envie s’éveillèrent dans son cœur. Il aurait lui aussi voulu poser sa tête fatiguée sur les genoux de quelqu’un, pouvoir tout oublier, sous ( ?) la nuit tranquille.

De retour chez lui, il se lança dans une étude minutieuse de son répertoire. Il était bien rempli, mais aucun de ses contacts ne correspondait au phare lumineux(redondant) qu’il attendait. Finalement(,) il appela une vieille amie dont il n’avait pas eu de nouvelles depuis plusieurs mois.(plat) Elle ne répondit pas. Il était deux heures du matin. Il lui laissa un message assez long, entrecoupé de silences, s’embrouillant à chaque mot, ne sachant guère comment lui avouer dans quel état il se trouvait. Et il attendit. Et il se décida à ouvrir les persiennes, à prendre une douche et à soigner sa main blessée. Elle le rappela en début de matinée, inquiète comme à son habitude. Elle lui parla sans s’arrêter, d’un seul souffle, croyant peut-être que si elle s’arrêtait,(arrêtes  x 2?) il appuierait sur la détente d’un revolver ou lui raccrocherait au nez. Elle lui proposa de passer chez lui en fin de journée. Il regarda son atelier et lui répondit qu’il n’avait pas fait le ménage. Mais elle semblait avoir déjà décidé de venir vers les huit heures avec de bonnes pizzas.

Elle frappa à la porte et entra d’elle-même, tout comme sa fille avec son cartable rose. Mais elle arborait un grand sourire et deux grosses boîtes de pizzas. Il la débarrassa de son précieux chargement en l’embrassant rapidement, soudain pressé et gêné. Il la remercia, la félicita pour sa bonne mine, s’enquit des dernières nouvelles, fuyant son regard inquiet et curieux. Ils parlèrent de manière volubile(bof), il dévora sa pizza(et de trois !) et lorsqu’ils eurent fait le tour des réjouissances, il fallut bien se lancer dans le sujet périlleux. Il lui raconta la fille qu’il avait rencontrée et plus ou moins hébergée (…) cool….

Le lendemain, il partit à la recherche de sa tendre muse des peintures ( ?). Il arpenta nombre de rues, visita nombre de cafés, mais elle était introuvable. Une connaissance lui apprit qu’elle était repartie pour le sud, la grisaille de Paris ne l’inspirant guère. Fatigué, déçu et de nouveau tenté par l’appel irrésistible de  l’accablante défaite,(que d’adj. !) il se traîna jusqu’à son ancienne demeure. Sa femme lui ouvrit nerveusement, les yeux affolés et honteux(idem). (…)


les effluves odorants( !!!) et les belles(bof) maisons blanches. Il trouva un petit hôtel dans une rue sympa, avec une jolie vue sur le marché. Il flâna dans les rues(x 2), moins inquiet et torturé que dans la capitale, enfin serein(moins inquiet donc inquiet, pas serein)
. Il la retrouverait où qu’elle fût. Il fit quelques croquis de terrasses, de rues étroites, d’étendues marécageuses avec au loin des chevaux qui n’étaient plus vraiment blancs. (Oui !)
‘…) schön…
n’était pas douée pour les adieux et qu’elle n’était qu’un sale(bof) parasite qu’il aurait mieux fait d’oublier. Elle était comme ça, ne s’attachait à rien ni à personne, préférait fuir d’un bout à l’autre(de quoi ?) pour ne plus penser, pour oublier combien elle était seule peut-être. Il ne chercha pas à lui (LA ?) faire changer d’avis. Il lui demanda toutefois de passer à son hôtel pour qu’elle lui donne son avis(X 2) sur ses croquis. Ils lui plurent, elle lui conseilla d’autres lieux, d’autres perspectives.
Le lendemain, il ne l’accompagna pas. Il resta encore quelques jours avant de rentrer à Paris. Il se réconcilia avec sa femme, alla proposer ces œuvres camarguaises à un ami exposant et il peignit de nouveau Paris.
Et ( ?) quelque part, à Prague peut-être, une jeune femme au sac indien dormait profondément sous le regard attendri d’une palette d’où coulait un filet de peinture.

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Re : De peinture souillé
« Réponse #5 le: 27 Janvier 2010 à 19:08:38 »
woh, t'as l'oeil fin ^^

dans l'ensemble, t'as raison sur pas mal de points, faudra que je change en effet pas mal de répétitions ou adjectifs qui sonnent faux, d'ailleurs c'est vraiment cool parce que franchement j'avais pas vu autant de trucs qui n'allaient pas, merci.

Par contre, j'ai pas compris quand tu mettais des points d'interrogation.

Encore merci pour ce pinaillage.

Un avis général sur le texte ?
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Re : De peinture souillé
« Réponse #6 le: 27 Janvier 2010 à 19:09:44 »
Je te prie de m'excuser, j'ai prodécé à une lecture linéaire, sans donner d'avis global.
J'ai plutôt aimé, mais j'ai cru lire une hésitation entre un style que je qualifierais de brautiganien (qui exigerait plus de §), et une écriture plus classique incluant l'imparfait du subjonctif. Cette hésitation (ou ce que je perçois comme tel), outre mes remarques ponctuelles, m'a un peu gêné.

pehache

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Re : De peinture souillé
« Réponse #7 le: 27 Janvier 2010 à 19:11:10 »
J'ai répondu en même temps que toi...
(Pinaillage ? pas très gentil... Je dirais lecture attentive...)
Les "?" expriment mes doutes sur ces passages.

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Re : De peinture souillé
« Réponse #8 le: 27 Janvier 2010 à 19:22:18 »
je conçois rien de péjoratif dans "pinaillage". Au contraire, ça me paraît important pour travailler un texte.

Tes doutes... pas convaincu par la forme, le fond ?

Je ne connais pas ce Brautigan, faudra que je comble cette lacune.
Pour l'hésitation je veux bien te croire, le début est assez... comment dire plus soigné, recherché (sans aucune prétention !), la fin, j'étais moins rigoureuse dans le choix des termes, je l'avoue. C'est peut-être pour ça, je ne me voyais pas continuer dans le même "style" que le début, c'est peut-être une mauvaise chose.

Contente que t'ai plutôt aimé ^^
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Re : Re : De peinture souillé
« Réponse #9 le: 27 Janvier 2010 à 20:29:25 »
Ah ça oui!
Lire Brautigan relève de la nécessité.
(Un privé à Babylone, par ex. et pour commencer.)

pehache

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Re : De peinture souillé
« Réponse #10 le: 27 Janvier 2010 à 20:37:33 »
je conçois rien de péjoratif dans "pinaillage". Au contraire, ça me paraît important pour travailler un texte.

(Pardon, alors.)

Tes doutes... pas convaincu par la forme, le fond ?
Faudrait répondre au cas le cas, tantôt l'un, plus rarement l'autre.

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Re : De peinture souillé
« Réponse #11 le: 27 Janvier 2010 à 20:52:02 »
ok, je verrai tout ça... demain. Allez, oui, demain.
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Re : De peinture souillé
« Réponse #12 le: 30 Janvier 2010 à 11:02:19 »
Citer
Il aurait lui aussi voulu poser sa tête fatiguée sur les genoux de quelqu’un, pouvoir tout oublier, sous la nuit tranquille.
niveau sonorité, j'aime pas trop "quelqu'un" et j'aurais préféré "tranquille nuit" pour une syllabe de plus
(j'ai essayé de savoir pourquoi je préfère "tranquille nuit" à "nuit tranquille", et je crois que c'ets parce que "pouvoir tout oublier"=6 syllabes et "sous la tranquille nuit" idem si on prononce le e)
Citer
qu’il attendait. Finalement il appela une vieille amie dont il n’avait pas eu de nouvelles depuis plusieurs mois.
j'ai trouvé le début du texte super bien écrit avec un rythme et des sonorités très agréables, mais là j'aime un peu moins. Ca fait plus... enfin... "style normal", moins recherché
Citer
et à soigner sa main blessée. Elle le rappela en début de matinée, inquiète comme à son habitude.
Bon, ok, je comprends à qui renvoie "elle". Mais telle qu'est la phrase on a l'impression que c'est sa main blessée qui le rappelle  :mrgreen:
Citer
dans une rue sympa
"sympa" pas trop ds le ton du texte
Citer
des chevaux qui n’étaient plus vraiment blancs
surtout que pour des personnes qui s'y connaissent en chevaux, les chevaux de camargue sont effectivement gris  :mrgreen:
Citer
des écoliers qui cheminaient en riant derrière leur professeur qui leur parlait du vieux Van Gogh.
deux "qui" à la suite : pas très beau
Citer
Il reconnut sans petit sac multicolore « indien ».
son sac
Citer
comme un vieux chewing-gum qu’on crache avec désinvolture.
  :D j'adore^^
Pour tout le dernier gros paragraphe ("Il partit dès le lendemain.[...]d’autres perspectives. ") je trouve qu'il y a vraiment trop de il/elle... j'ai l'impression que c'est un effet que tu as voulu donner, mais j'aime pas trop


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Ouais je sais pas si le titre est bien adapté, j'aurais peut-être préféré quelque chose de moins pessimiste.
A part ça j'ai bien aimé, surtout le fait qu'il n'y ait pas de muse dans son sens mythologique. C'est cool, ça marque une évolution, un peu. Voilà, c'est bien écrit mais ça pourrait être une trame de qqch de plus long, peut-être.
Complètement d'accord

De manière générale j'ai bien aimé, j'ai trouvé le texte très bien écrit sauf quelques phrases par ci par là que j'ai relevée (elles se remarquent car le reste est bien)
Par contre le dernier paragraphe... je sais pas. A la fin du texte je n'avais pas totalement une impression "d'aboutissement", comme si ça avait été un peu expédié. Je sais pas trop. J'ai moins aimé la fin que le début/milieu. Peut-être que les changements du personnage se passent un peu trop vite.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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Re : De peinture souillé
« Réponse #13 le: 30 Janvier 2010 à 13:19:28 »
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Il aurait lui aussi voulu poser sa tête fatiguée sur les genoux de quelqu’un, pouvoir tout oublier, sous la nuit tranquille.
niveau sonorité, j'aime pas trop "quelqu'un" et j'aurais préféré "tranquille nuit" pour une syllabe de plus
(j'ai essayé de savoir pourquoi je préfère "tranquille nuit" à "nuit tranquille", et je crois que c'ets parce que "pouvoir tout oublier"=6 syllabes et "sous la tranquille nuit" idem si on prononce le e)
oui pour le "quelqu'un" mais j'aime pas trop "tranquille nuit"

Citer
qu’il attendait. Finalement il appela une vieille amie dont il n’avait pas eu de nouvelles depuis plusieurs mois.
j'ai trouvé le début du texte super bien écrit avec un rythme et des sonorités très agréables, mais là j'aime un peu moins. Ca fait plus... enfin... "style normal", moins recherché
ouis pas faux, faudra que j'essaye de rendre le phrase moins convenue

Citer
dans une rue sympa
"sympa" pas trop ds le ton du texte
ouais, jverrai

Citer
des écoliers qui cheminaient en riant derrière leur professeur qui leur parlait du vieux Van Gogh.
deux "qui" à la suite : pas très beau
oui

Citer
Il reconnut sans petit sac multicolore « indien ».
son sac
oups!

Pour tout le dernier gros paragraphe ("Il partit dès le lendemain.[...]d’autres perspectives. ") je trouve qu'il y a vraiment trop de il/elle... j'ai l'impression que c'est un effet que tu as voulu donner, mais j'aime pas trop
oui, pas faux, je crois que je le savais en le postant en plus

Par contre le dernier paragraphe... je sais pas. A la fin du texte je n'avais pas totalement une impression "d'aboutissement", comme si ça avait été un peu expédié. Je sais pas trop. J'ai moins aimé la fin que le début/milieu. Peut-être que les changements du personnage se passent un peu trop vite.
ouais, c'est bien pour ça que j'aime pas trop-trop ce texte, mais je pouvais pas que garder le début et je pouvais pas continuer dans le ton du début
et puis aussi, je me suis dit que mélanger les hum "styles" ( ?) ça ne nuirait pas, plutôt que faire quelque chose d'un seul ton durant tout le texte. Enfin ça justifie pas le fait que la fin soit un peu rapide, pour ça, je suis d'accord avec toi. J'ai jamais aimé les histoires de couple, rentrer dans ses tentatives de pardon, ça me branchait pas, donc voilà hop ellipse. Mais peut-être que je peux trouver quelques trucs pour rendre ça moins "il rentre et tout va pour le mieux"

merci  ^^


"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : De peinture souillé
« Réponse #14 le: 30 Janvier 2010 à 14:40:22 »
Je viens de revoir Là-haut et je voyais trop ton bonhomme comme monsieur Freidericksen (me demandez pas comment ça s'écrit), avec un côté très touchant dans sa détresse. J'ai découvert Heroes jeudi et l'atelier, je le voyais comme celui dans la série. Bref, l'alliance des deux, c'était pas mal. J'ai beaucoup aimé, en particulier la simplicité apparente de la petite histoire et les personnages qui la "ponctuent", qui se suivent sans heurt. Encore une fois, je sais pas m'expliquer...
Et le titre est beaucoup trop décalé par rapport au ton général, il est pas attirant du tout xD Je sais pas, au hasard : "La palette sèche", "Son pinceau traînait en exil" (tiens !) ou qu'est-ce que je peux proposer encore... euh... Non, je sais pas, désolée  ><

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Il avait pourtant été un grand artiste, à ses yeux comme à ceux des autres ; il avait réussi à exprimer ce sourire si triste et si doux, ce sourire d’enfant aux joues rouges. Mais désormais il ne restait plus que des traces écaillées sur ses mains, une rugosité sèche et sale qui lui faisait horreur.
J'aime beaucoup.

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entre les rayures du vieux parquet plein d’échardes.
Cool !!

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Son pinceau traînait en exil loin de la palette, vieil ami devenu épouvantail.
Id.

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La porte s’ouvrit et une petite fille au cartable rose fit son apparition. Il y eut un murmure, un trottinement et la lumière se fit.  Le bel atelier de papa avait changé et des larmes perlaient de ses yeux. Elle prit peur, elle s’enfuit et ne revint plus. Il avait voulu la protéger de ce monde si triste où les jours de pluie sont plus nombreux que les jours de soleil. Il avait voulu l’étonner, la faire pleurer de bonheur. Mais il n’avait réussi qu’à la faire partir ; terrifiée de le voir sombrer dans le chaos de ses doutes artistiques.
:) seulement c'est ce qu'il y a après le point virgule qui me chiffonne, c'est un peu trop convenu. Le reste, le sujet n'est pas fondamentalement innovant mais la manière dont tu le traites le fait oublier. Ici ça donne un côté un peu artificiel. Je serais d'avis de supprimer en ajoutant "terrifier" à "faire partir". Suggestion, hein.

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Et les murs autrefois couverts de tableaux bariolés, aux couleurs chaudes et rutilantes, désormais nus, sales, parsemés de zébrures noirâtres le cloîtraient chaque jour un peu plus dans sa langueur. Lui-même
^ + ^ = ^^

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Jamais plus il ne pourrait peindre comme avant. Son talent s’était consumé comme une bougie et face à lui ce n’était plus que le rebut d’une cire noircie et durcie.
La première phrase est trop "classique" par rapport à la seconde, qui a plus de force.

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De retour chez lui, il se lança dans une étude minutieuse de son répertoire.
A la première lecture j'ai pas fait attention, mais à la deuxième j'ai associé "répertoire" à "répertoire musical" plutôt que celui à côté du téléphone  ::)

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Il lui laissa un message assez long, entrecoupé de silences, s’embrouillant à chaque mot, ne sachant guère comment lui avouer dans quel état il se trouvait.
Arf j'aime pas sur les répondeurs maintenant (enfin, ça fait un petit temps déjà) on peut réécouter son message et le modifier >< Je pensais que t'allais parler de ça, en disant qu'il avait pas envie de se réentendre etc. Mais bon, ça aurait alourdi xD

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Le lendemain, il partit à la recherche de sa tendre muse des peintures.
J'ai bugué dessus. C'est à la fois "sa" muse et celles "des" peintres en général ? Strange.

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La Camargue avait quelque chose de sauvage, quelque chose qui l’attirait. Les couleurs, les odeurs lui donnaient une furieuse envie de peindre.
Ici aussi un poil trop "convenu".

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Il trouva un petit hôtel dans une rue sympa, avec une jolie vue sur le marché.
J'aime bien le "sympa".

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Elle était comme ça, ne s’attachait à rien ni à personne, préférait fuir d’un bout à l’autre du continent pour ne plus penser, pour oublier combien elle était seule peut-être.
La partie de la phrase après la virgule fait trop classique là aussi.

Voilà voilà.

 


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