Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le noyau

Auteur Sujet: Le noyau  (Lu 7114 fois)

Hors ligne gage

  • Calame Supersonique
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Le noyau
« le: 05 Septembre 2016 à 10:39:40 »
Le noyau


L'image est mauvaise.
Un homme très âgé parle face à la caméra, dans une pièce qui est manifestement un salon. Surexposé, son visage disparaît parfois dans des éblouissements blancs qui mêlent son crâne chauve et brillant, des reflets sur ses lunettes et la chemisette claire qu'il porte, col ouvert.
La caméra a sans doute été posée sur une table basse, si bien que les traits sont un peu déformés par la contre-plongée.
Cependant, la voix est assez nette, et il n'y a aucun doute quant à l'accent allemand du personnage qui s'exprime dans un français plus que correct.
À l'écran le vieil homme tient dans ses mains tavelées des feuillets qui tremblent et auxquels il se réfère de temps à autre :


« Si quelqu'un regarde cette cassette, c'est que je suis mort, de ma belle mort, et depuis un certain temps. Mes directives sont assez précises pour que j'en sois sûr. Si les chasseurs de nazis, comme on les appelle, avaient mis la main sur moi, cet enregistrement aurait été détruit par mes proches, et ses révélations perdues à jamais. Ce serait bien dommage. Je suis extrêmement fier d'exposer ici les fruits de mes travaux des années quarante. Un seul échec, un malencontreux grain de sable a provoqué la défiance du Führer, et la fin de ces essais de haut niveau ; pourtant je sais, je suis certain que j'aurais pu réussir si l'on m'en avait laissé le temps.
Je ne suis pas amer pour autant, il me reste toute ma dignité et l'assurance d'un travail parfait et digne d'un orfèvre ! Du reste, je n'ai démérité dans aucune des missions qui m'ont été données durant toute cette période.»



Jeanne, Jeanne, ils me droguent... Mais je m'en réjouis sais-tu, parce que je les oublie et que j'oublie la guerre, et qu'il n'y a plus que toi, Jeanne, et je me souviens...
Le champ moissonné, ta robe fleurie, ton chapeau de paille et ton visage si gracieux. Jeanne, laisse ta main dans la mienne, chante-moi encore de ta voix claire, veux-tu ?




« Je commencerai par vous lire cinq procès verbaux très succincts qui, réunis, forment en fin de compte la seule preuve concrète de mon travail de l'année 1941. Rien n'a jamais pu permettre de relier ces événements divers dont la ressemblance des dates et des heures est pourtant loin d'être fortuite. Ces comptes-rendus, bien que modestes, révèlent l'apogée de mes recherches et de ma réussite.»
Le vieux passe sa langue sur sa lèvre inférieure et se penche sur les pages qui vibrent dans ses mains :



Jeanne, ils m'ont fait mal, mais ce n'était rien, tu sais, rien du tout. Jeanne, ma douce Jeanne j'avais déjà tant souffert. Mais tout est oublié quand tu m'apparais descendant les trois marches de pierre du jardin, courbant ta taille si souple pour cueillir une pivoine et la porter à tes lèvres en baissant un peu la tête. Ton visage est toujours plus frais que la plus belle des fleurs.
Ils me parlent sans fin durant ces lourds sommeils qu'ils me confectionnent, mais ma mie, il n'y a que toi, je ne les entends presque pas.




« Le 2 janvier 1941 à 20h35, au camp de Auschwitz-Birkenau, l'individu immatriculé 135208 s'en est pris soudainement à un voisin de baraquement, fracassant son crâne à maintes reprises contre les montant d'un lit. Sa détermination était telle qu'il a fallu trois personnes pour le maîtriser. Bien que faible et malade, ses camarades eurent tout le mal du monde à le contraindre. L'on ne put que constater le décès de sa victime dont le visage n'était plus qu'esquilles et débris sanglants et dont la boîte crânienne présentait nombre de fractures. Il est à noter que les deux individus, assassin et victime, étaient deux cousins très proches. Le matricule 135208 n'a pu expliquer son geste. Il semblait même l'avoir complètement oublié sitôt accompli.»



Jeanne, quand je sors de mes léthargies hallucinées pour me retrouver face à ce docteur allemand qui éructe sa rage et me gifle à tour de bras, je comprends de moins en moins ce qu'il attend de moi. À quoi servent ses drogues, que cherche-t-il en moi, je n'en sais rien. Au réveil il ne me reste que l'écho de vagues exhortations, de longues litanies invasives. Mais dans mon esprit torturé, je ne laisse de place que pour toi et nos souvenirs, je t'assure. Il m'est si facile ainsi de leur tenir tête.
Chante-moi notre chanson, je t'en prie : « Quand nous... »




« Le 2 février 1941, à 20h35, au camp de Ravensbrück, la jeune femme immatriculée 14753 a brutalement empoigné la codétenue avec laquelle elle était de corvée de soupe et immergé sa tête dans le liquide brûlant, la maintenant ainsi jusqu'à ce que l'on intervienne. Ce geste de folie est d'autant plus surprenant chez cette femme paisible quand on sait les liens d'amitié qu'elle avait noués avec sa victime. À aucun moment la meurtrière n'a semblé souffrir des graves brûlures qu'elle s'était infligées aux mains au cours de son acte dément. Elle a, du reste, été incapable de justifier son acte, conservant un état de totale stupeur jusqu'à son exécution. »



Jeanne, ma chère, si chère Jeanne. Je crois que je finirai par ne plus me réveiller, saturé par ce bavardage sans fin que l'on m'inflige et dont je ne me souviens jamais. Ils ont installé des sortes d'électrodes qui me rentrent dans le crâne et qui me brûlent. Les doses de drogue ont augmenté, je n'émerge qu'épisodiquement de ce lent coma qui nous réunit. Ton sourire charmant accompagne chacun de mes instants. Je te vois à nouveau comme l'été dernier, assise sur ce talus ensoleillé où des coquelicots froissés s'empressaient à tes côtés.
« Et les amoureux... »




« Le 2 mars 1941, aux alentours de 20h30, Frau Elga Sattler, femme de ménage à la Kommandantur de Münich a assassiné par strangulation sa propre fille de 6 ans. Frau Sattler, mariée à un employé de la Deutsche Post, n'avait jusque-là jamais montré les moindres signes d'une fragilité mentale. La malheureuse s'est défenestrée deux jours plus tard sans qu'aucun motif n'ait été trouvé à son crime. »



Jeanne, je ne sais plus depuis combien de temps on me maintient dans ce lit d'hôpital. Le point de perfusion me paraît infecté, mais personne ne semble s'en soucier. La sueur me coule dans les yeux, mon bras est enflé et plein de croûtes, et je crois que l'on ne me nourrit plus, ou bien j'ai oublié. Le docteur allemand vocifère dans sa langue et me postillonne dessus en me traitant de dégénéré : Entartet ! J'ignore la raison de cette trêve dans leurs expériences mais ils ont l'air décontenancés et furieux à la fois. J'ai hâte qu'elles reprennent pour te serrer à nouveau dans mes bras.



« Le 2 avril 1941, à 20h35 précises, l'Obersturmführer Wilhelm Opfer, commandant de la Waffen-SS de Regensburg s'est donné la mort en se tirant une balle dans la tête alors qu'il participait à un dîner mondain chez le bourgmestre de la ville. Sa voisine de droite affirme l'avoir entendu prononcer très distinctement ces mots avant son geste fatal : « Ich bin ein Gänseblümchen » (Je suis une pâquerette). »



Jeanne, te voilà ma douce, descends de cette échelle, je vais monter moi-même. Que tu es jolie avec ces cerises sur les oreilles... laisse-moi les croquer sur toi ! Le petit panier est déjà bien plein et tes mains, si fines et si blanches quand tu y puises. Prends garde que je te morde quand tu approches tes doigts de ma bouche avec leur offrande. Jeanne, ce sont tes lèvres que je veux croquer, Jeanne mon amour, tu es si jolie !



« Le 2 mai 1941, entre 20h10 et 20h45, le père Betstuhl, prêtre de la paroisse St Peter de Köln, s'est pendu dans sa sacristie avec son étole. Il venait de donner la messe ce vendredi soir. Il a été découvert par sa bonne, étonnée de ne pas le voir arriver pour le dîner. Aucun message n'a été retrouvé pour éclaircir ce geste, incompréhensible chez un homme du caractère et de la piété du père Betstuhl. »



Jeanne, tu me permets de défaire tes cheveux ? Mais laisse-moi d'abord baiser ton cou et serrer entre mes mains ta taille. J'adore tes sourcils froncés qui disent non et ta bouche qui dit oui.
« Quand nous en... »




« Quelle précision, quelle beauté ! Je suis le seul, je vous l'affirme, le seul au monde à avoir atteint un tel degré de suggestion et de conditionnement chez ses patients !
Je les ai programmés comme des automates de foire ! Préparés comme des bombes à retardement, rien ne pouvant laisser prévoir leur geste. Quelles chorégraphies subtiles ! À l'heure près, au mot près ! Je peux, en toute modestie, me vanter d'être parvenu à faire sauter leurs verrous les plus serrés ! »

À l'image, le vieillard surexcité brandit sa liasse de feuilles vers la caméra, scandant ses paroles en leur assénant une claque du dos de la main à chaque exclamation.
Puis l'excitation se dissipe et l'homme âgé s'assombrit en baissant le ton.



Jeanne, c'est amusant, l'image du grand Charles me hante en ce moment. Je me souviens son nez conséquent penché sur ta main quand nous l'avions reçu à Meaux. Je le revois à l'ombre du cerisier en fleur, alors que ce jour-là je n'avais d'yeux que pour toi dans ta robe bleue. Je me rappelle tes yeux malicieux sous le bord de ta capeline, tandis que tu sirotais ta citronnade. Jeanne, que tu étais belle, que tu es belle ma Jeanne !
« ...seront tous en fête ! »




« Il a fallu que je tombe sur un militaire hyper-entraîné, voilà. Mes cinq tests s'étaient passés à la perfection. Il m'avait suffi d'une journée de conditionnement pour les deux juifs, 48 heures pour la Sattler, quatre jours pour le pauvre Wilhelm, et pas plus pour le curé. Et avec quasiment la même dose de drogue ! Ils auraient tués père et mère quinze fois pour moi ! Pour moi !
Mais ces Français sont fourbes et préparaient forcément leurs soldats en les gavant d'hypnotiques, en leur lavant le cerveau. Ça a interféré avec ma méthode, c'est manifeste ! »



Quand nous en serons au temps…



« On m'avait fait parvenir le vice-amiral De Vitrey à la fin de 1940. Ma charge était très simple, il me fallait programmer ce proche de De Gaulle pour qu'il aille l'assassiner à Londres sans le savoir lui-même. Il était évident que ce veuf sans attaches voudrait tenter de passer la Manche.
C'était un militaire exemplaire qui avait subi la torture sans rien lâcher du peu qu'il savait sans doute. Admiré de ses hommes, fier et déterminé, j'étais pourtant certain de faire tomber ses barrières quelles qu'elles soient. Pousser Wilhelm au suicide avait été laborieux, mais j'avais réussi. Alors j'étais sûr de moi avec ce noble à particule.
Mais chez ce Français sans doute dégénéré, il y avait un nœud. Une anomalie peut-être génétique, la consanguinité de l'aristocratie n'étant plus à prouver.
Je me suis heurté, des semaines durant, à un noyau profondément incrusté dans son subconscient. »



Seront tous en fêtes...



« Plus je le droguais, plus il affichait dans sa torpeur un sourire béat en répétant des phrases incompréhensibles au sujet du « Camp Nouze » que je n'ai jamais identifié, puis de « Mézilles » qui est un village de Bourgogne sans caractère stratégique. Son sourire me donnait envie de l'étrangler, tellement j'avais le sentiment qu'il se moquait de moi ce Schwein ! »



Jeanne, réjouis-toi, ils disent qu'il faut en finir ! Je vais bientôt te retrouver. Nous pourrons nous promener au crépuscule, ma main à ton épaule, nous inclinant sous les branches basses, nos pieds foulant la pâquerette et le pissenlit. J'arrive ! Jeanne, chante pour moi, tu sais que j'en suis incapable, tu t'en es assez moquée !
« Mais il est bien court... »
Mon Dieu, comme il fut court, le temps des cerises ma noble Jeanne, mon amie ! Comme je t'ai perdue tôt et comme la douleur est longue.
Je me réjouis tellement de te retrouver sous l'arbre, ton panier à la main et le sourire aux lèvres ! Gai rossignol... merle moqueur...




« J'étais sur le point d'essayer de nouvelles drogues qui avaient fait leurs preuves lors d'expériences parallèles, envisageant même de modifier l'implantation des électrodes, quand j'ai reçu l'ordre d'abandonner. Abandonner ! J'étais si près du but, je le jure !
J'aurais fait sauter son verrou à ce Français minable ! Je l'aurais extrait, son noyau sur lequel je me cassais les dents depuis des semaines !
On ne discute pas un ordre du Führer, et l'ordre était de me débarrasser de De Vitrey.
Il m'a suffi de provoquer une surdose de l'hypnotique qu'il avait en perfusion ce jour-là. Eh bien, signe d'une déficience manifeste, jusqu'à la fin je l'ai entendu tenter de fredonner quelque chose, le sourire aux lèvres, ce sale Hund ! »









Quand nous chanterons le temps des cerises,
Et gai rossignol, et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux, du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises,
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux, cueillir en rêvant
Des pendants d’oreilles…









« Modifié: 26 Novembre 2021 à 14:13:46 par gage »
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Hors ligne Chouc

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #1 le: 05 Septembre 2016 à 14:42:15 »
Salut Mout !

Quand j'ai ouvert ton texte, ma première réflexion a été pour la longueur qui m'a rebutée. Et en fait, ça se lit tout seul !
C'est un très bon texte, tout à fait dans le thème. Je n'ai butté sur aucune phrase ni aucune formule, la forme est à la fois complexe et facile d'accès...Bref, j'adhère. Si je dois mettre un bémol, je dirais que j'attendais une fin plus "retentissante", peut-être une explication plus développée. Rien de gênant en soi, c'est pour pinailler (et pour prolonger la lecture  ;) )

Merci pour cette participation, au plaisir  ;)
Tel esprit qui croyait se pendre.

Hors ligne gage

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #2 le: 05 Septembre 2016 à 15:42:32 »
Bonjour choucroute-estivale !

c'est toujours très agréable quand le premier commentaire que l'on reçoit pour un texte est positif. Ça nous arme pour affronter les suivants qui le seront peut-être moins.
Et ça rassure énormément.

Je comprends ta réticence quant à la fin. Mais un dénouement  "retentissant" n'aurait peut-être pas collé avec l'atmosphère du texte. Ça se termine plutôt comme le pauvre De Vitrey, par un endormissement.

Merci en tout cas pour ton passage et ton commentaire plus que positif !

à plus
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Nocte

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #3 le: 06 Septembre 2016 à 01:01:02 »
J'ai beaucoup apprécié l'enchaînement des passages avec Jeanne et les procès verbaux, il y avait un joli souffle là-dedans.
Pas très fan du ton "vexé" de notre Docteur vers la fin, ce n'est qu'un avis personnel, mais j'aurai préféré que ce soit plus froid, plus docte, plus "procès verbal" en somme.

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #4 le: 06 Septembre 2016 à 07:17:15 »
Bonjour demoiselle WEG.

Merci d'abord pour les compliments.
Je comprends ce que tu reproches à la fin du texte. Cependant, ce ton vexé du docteur, c'est ce qui met en valeur cet échec, et surtout la totale incompréhension de ce type, le contraste entre son agressivité et ses expériences morbides avec ce qui sauve  De Vitrey, la pureté de ses souvenirs.
Je voulais vraiment que se heurtent une certaine violence aveugle et un amour contre lequel on ne peut rien.

Voilà, merci encore WEG
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Hors ligne Kanimp

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #5 le: 06 Septembre 2016 à 15:11:34 »
Bonjour Mout,

Pour moi il y a une erreur de localisation dans cette phrase.
Citer
Un homme très âgé parle face à la caméra, dans une pièce qui est manifestement un salon.
« Un homme très âgé parle face à la caméra » comme lecteur je suis dans la pièce.
« dans une pièce qui est manifestement un salon » comme lecteur je suis derrière la TV.

Incohérence avec les sujets précédents.
Citer
La malheureuse s'est défenestrée deux jours plus tard sans qu'aucun motif n'ait été trouvé à son crime.
Les autres sont arrêtés et ignore leur crime. Celle-ci elle est laissé libre et non interrogée. Rien n’indique une quelconque arrestation. Elle se défenestre donc elle se trouve dans un lieu sans barreaux.
C’est important car l’heure du crime indiquée laisse supposer des témoins.
Cela s’explique par la suite.



Sujet difficile et bien traité. Merci pour ce texte.

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #6 le: 06 Septembre 2016 à 17:50:35 »
Bonjour Kanimp !

Merci pour ton commentaire.

Pour la première remarque, j'étais parti du principe que quand on regarde à la télé quelqu'un qui s'est filmé lui-même, on garde présent à l'esprit qu'il est face à une caméra, même si on ne la voit pas. Mais peut-être pas, vu ta réaction. Je vais attendre d'autres avis.

Pour ta deuxième remarque, elle est tout à fait légitime ; il est vrai que si je devais entrer plus dans les détails, il me faudrait expliquer comment cette femme est parvenue à se défenestrer alors qu'elle était manifestement enfermée. J'ai préféré ne pas sortir de ce schéma de comptes-rendus hyper succincts qui ne détaillent vraiment rien, du fait de leur froideur administrative.
On pourrait me demander des détails pour chaque meurtre, mais ce n'était pas le sujet.
Mettons que cette pauvre femme, désespérée, a pu déjouer un instant la surveillance dont elle était l'objet, pour se tuer pendant un transfert entre deux cellules. Tu vois, tout peut s'expliquer, mais je ne pense pas que ça apporte quoi que ce soit à mon récit.

En tout cas merci pour ta lecture avisée, et merci pour tes observations.
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Hors ligne Kanimp

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Re : Re : [T04] Le noyau
« Réponse #7 le: 07 Septembre 2016 à 00:32:32 »
Bonsoir Mout,

Pour la première remarque, j'étais parti du principe que quand on regarde à la télé quelqu'un qui s'est filmé lui-même, on garde présent à l'esprit qu'il est face à une caméra, même si on ne la voit pas. Mais peut-être pas, vu ta réaction. Je vais attendre d'autres avis.

Je suis plus proche des arts-visuels que des arts littéraires. C'est la raison pour laquelle, je chasse ce genre d'erreur de focalisation.
Tellement elles m'ont pollué mes écrits, maintenant  je tique dessus tout de suite.

La justification que tu donnes, j'y ai pensé et est logique.
Si malgré cela, je l'ai signalé c'est que c'est la première phrase du texte.
Celle qui permet au lecteur de prendre ses marques.
Je ne pense pas que je l'aurais relever si cette phrase se trouverait plus loin dans le texte.

C'est plus la position de la phrase qui m'a dérangé que l'utilisation d'une formule parlée.

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #8 le: 07 Septembre 2016 à 06:47:41 »
Salut Kanimp, et merci de repasser faire un tour.

Je comprends tout à fait ton avis, et d'autant plus que tu m'expliques ton point de vue. Je comprends mieux aussi que cette phrase te choque. Reste à découvrir si un lecteur lambda sera aussi gêné que toi.
Merci encore pour tes précisions.
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Hors ligne Kerena

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #9 le: 07 Septembre 2016 à 10:32:19 »
Hello Mout !

Je suis conquise !
(oui, mon commentaire démarre fort)
J'ai tout aimé, vraiment : l'alternance des narrateurs, de leurs pensées et leurs époques, l'omniprésence de Jeanne, les affreuses expériences... Tout est bon.
En plus, c'est remarquablement écrit, ça se lit tout seul.

Un coup de cœur pour moi ! Merci pour ce texte :mafio:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #10 le: 07 Septembre 2016 à 13:13:51 »
Salut mout,

Je suis vraiment désolé, mais perso je n'ai pas vraiment réussi à rentrer dans le texte. Il est bien écrit, maîtrisé, et l'idée est originale, mais quelque chose, et qui doit être une simple question de goût, me bloque. Je ne saisis pas très bien pourquoi tu as passé en revue tellement de cas avant d'en venir à l'essentiel, par exemple. Les personnes sont certes différentes dans la forme mais au fond, leur histoire est la même, elles ont été manipulées de la même manière et je ne vois pas quel genre de progression ces répétitions apportent au récit. Et souvent, les passages avec Jeanne se ressemblent et font transmettre la même émotion, toujours sans faire avancer le récit. Je sais que dans un texte, l'essentiel n'est pas toujours la progression, la destination, et j'imagine que c'est justement dans ces choses que je trouve répétitives qu'il faudrait aller chercher de la beauté, mais je n'y arrive pas, et la structure redondante du texte me cause du souci.
Cela dit, il est tout à fait possible que quelque chose de fondamental m'ait échappé ^^ (par exemple, je ne comprends pas très bien ce que peuvent signifier ces dates presque exactement espacées d'un mois).

Je précise une dernière fois que ce n'est qu'un simple avis parmi d'autres, et que probablement, quelque chose bloque de mon côté. Désolé mout, et bonne continuation :)

Hors ligne gage

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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #11 le: 07 Septembre 2016 à 17:22:16 »
- Kerena : Merci beaucoup pour ton commentaire élogieux. Je suis content que ce texte ait fonctionné pour toi et que tu l'ait autant apprécié, merci encore.

- Extasy : c'est moi qui suis désolé que ce texte ne t'ait pas du tout convaincu.
Les cinq cas passés en revue sont la seule preuve du pouvoir du docteur, et mettent d'autant plus en valeur son échec. Ils font partie de l'essentiel contrairement à ce que tu as ressenti, et les dates espacées d'un mois prouvent que ces crimes sont liés et programmés précisément. Les passages avec Jeanne sont plus ou moins les mêmes, tu as raison, et c'est normal, c'est un seul et unique noyau.
J'en conviens, mon texte peut se résumer en deux lignes, mais ce ne serait pas très fun. J'espérais faire naître une émotion du contraste entre ce qui se passe dans l'esprit de De Vitrey et ce qui s'acharne en vain autour de son corps. Tu n'y a pas été sensible et c'est sans doute parce que ce n'est pas vraiment réussi.
J'en reviens à ce que tu dis : il n'y a pas de progression. C'est exact, c'est un texte entièrement statique où il ne se passe pas grand chose. C'est aussi une histoire de l'amour plus fort que l'horreur.
Une autre fois peut-être ?
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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #12 le: 07 Septembre 2016 à 17:36:25 »
Citer
c'est sans doute parce que ce n'est pas vraiment réussi.
Non non non, pas du tout, et les commentaires précédents sont là pour le prouver ; c'est moi qui n'ai pas capté, et s'il y en a un qui doit être désolé c'est moi, mais je t'assure que tu ne devrais pas remettre en cause ton travail juste parce que tu as reçu un commentaire négatif :)
Citer
c'est moi qui suis désolé que ce texte ne t'ait pas du tout convaincu.
Je ne dirais pas que ça ne m'a pas du tout convaincu ; je reconnais les marques d'une écriture maîtrisée et une idée originale, et je n'ai pas dit ça dans mon précédent commentaire pour t'adresser un compliment dans le but de compenser mon avis négatif. Je ne sais pas comment dire, mais je pense que dans une certaine mesure, je sais faire la distinction entre "je n'ai pas aimé parce que l'écriture laisse à désirer" et "je n'ai pas aimé parce que mes attentes ne sont pas comblées par l'écriture" ^^
Citer
Une autre fois peut-être ?
Sans doute !

Hors ligne gage

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Re : Re : [T04] Le noyau
« Réponse #13 le: 07 Septembre 2016 à 17:53:51 »
tu ne devrais pas remettre en cause ton travail juste parce que tu as reçu un commentaire négatif :)
Ça, ça peut dépendre de qui émane le commentaire en question...   :P
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Re : [T04] Le noyau
« Réponse #14 le: 07 Septembre 2016 à 17:56:34 »
Bof, je suis qu'un lecteur lambda, t'as rien à craindre de mon avis ^^
Si t'es quelqu'un que je connais, je suis sûr que je t'ai déjà apprécié dans d'autres textes, et si t'es un nouveau, je suis sûr que je t'apprécierai dans de prochains textes si jamais tu en postes, car comme j'ai dit, je ne renie ni la qualité de ton écriture, ni l'originalité de tes idées :)

 


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