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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le coeur lourd

Auteur Sujet: Le coeur lourd  (Lu 3356 fois)

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Le coeur lourd
« le: 30 Mars 2008 à 20:54:31 »
Le titre est provisoire, je n'ai rien trouvé de mieux pour l'instant. C'est le début de quelque chose (super précis!). En fait cela dépendra de vos avis sur ce texte, je ne sais guère ce que cela donnera. Enfin bref, voilà je voudrais juste savoir ce que vous pensez de ce début.

                                                                   *********

18 h. Il faut aller chercher la petite. Simon râle après le métro qui n’arrive pas. Mais quelle idée aussi d’aller s’enterrer en banlieue parisienne ! Enfin, il arrive chez Lucie. Elle n’est pas là, évidemment. Ah, elle peut lui reprocher son manque de sollicitude envers la petite, elle qui n’est même pas là à 18h alors qu’elle doit finir à 16h tout au plus ! La petite justement l’attend devant la télé. Ça lui rappelle sa jeunesse quand il était insouciant comme elle. La petite vient l’embrasser tendrement et enroule ses maigres bras autour de ses épaules.
-Tu m’as manqué, tu sais ? Cela va faire trois semaines que je ne t’ai pas vu.
- Je sais. Mais j’avais une enquête à mener pour mon journal. Bon, allez dépêche-toi, il y a un monde fou dans le métro et ça empire de minutes en minutes.
Il ne l’a même pas embrassé. Déçue, elle attrape son sac à dos et éteint la télé. Elle le suit comme un petit chien, se demandant une nouvelle fois pourquoi il fallait qu’elle ait la malchance de devoir vivre dans deux maisons. Durant le trajet, elle tenta de raconter à son père tout ce qui s’était passé d’intéressant ces derniers jours dans son école. Mais il ne semblait guère y prêter attention. Il restait les yeux vissés sur sa montre et soufflait à chaque fois que le train prenait plus de deux minutes d’arrêt à chaque station. Ils arrivèrent enfin dans le petit appartement qu’il avait hérité de sa tante défunte. Tandis que la petite allait mettre son sac dans sa petite chambre, lui se précipita sur son ordinateur pour consulter ses derniers mails. Rien. Pas étonnant : tout ce qu’il écrivait en ce moment était profondément niais et inintéressant. Il essaya de s’y remettre tout de même. Il recommença plusieurs fois, jurant de temps à autre, en pianotant avec nervosité sur son clavier. À 21 heures, sa fille osa une approche timide et elle n’eut pas le temps d’ouvrir la bouche que son ventre parla pour elle. Un petit gargouillis se fit entendre. Mince, j’ai oublié l’heure, se dit Simon. Il soupira et alla farfouiller dans le rayon surgelés du frigo pour voir s’il ne restait pas une pizza. La pizza mise au four, il grommela contre Lizzy qui n’avait pas pensé à mettre la table. Il faut tout faire ici, pensa-t-il. Mais il se ravisa, après tout, Lizzy n’avait que huit ans et il était normal qu’elle préfère passer sa soirée devant la télé plutôt que de penser à faire cette corvée. Surtout que lui n’avait même pas pensé qu’elle puisse avoir faim !
Le repas fut aussi morne que le trajet. Il mangea sans faim, indifférent, tandis que sa fille mordait avec avidité dans la part bien chaude. Elle piqua même un bout dans l’assiette de son père mais ce dernier ne la vit même pas. Il était en train de refaire tout son développement de roman dans sa tête. Il fallut que sa fille répète trois fois le mot « papa » pour qu’il réagisse enfin.
-Quoi ? Qu’est-ce que tu disais ?
-Rien. De toute façon tu t’en fiches, répliqua la petite, vexée.
-Mais non ! Je suis un peu fatigué, c’est tout. Je t’écoute.
Mais la petite repartit s’avachir sur le canapé pour regarder sa série préférée.
Simon soupira. Il ne savait pas s’y prendre. Non. Il n’avait jamais su s’y prendre. Lizzy était pour lui un mystère et un mystère qui ne l’intéressait même pas. Il n’avait jamais voulu de cette gamine. Il était beaucoup trop individualiste et rêveur pour pouvoir s’occuper de quelqu’un d’autre que lui même. Mais Lucie était tombée enceinte et elle tenait tellement à ce bébé… Et puis après tout ? Tout le monde a des gosses de nos jours, non ? Alors il s’est dit que cela pourrait mettre un peu de piment dans sa vie. Seulement il avait été rapidement déçu. Jouer les papas ne lui réussit pas. Il essaya pourtant : il lui changeait ses couches, la faisait manger, la conduisait à la crèche, l’aidait dans ses leçons, lui achetait des cadeaux… mais rien n’y fit.  Il n’aimait pas cette petite, pour lui elle restait l’enfant de Lucie. Cette dernière ne tarda pas à se rendre compte du peu d’attachement que son compagnon accordait à la petite et elle lui fit des reproches. Simon les laissa couler sur lui. Finalement, lassée de sentir qu’elle était devenue une simple colocataire pour lui, elle prit la poudre d’escampette avec sa fille. Simon en fut quelque peu blessé au début. Il n’avait rien vu venir. Ou plutôt il n’avait rien voulu voir venir. Il reprit l’appartement de sa tante et tenta d’oublier cette partie de sa vie qui avait été aussi réussie que les précédentes.
C’était il y a deux ans. Depuis, Lizzy venait tous les week-end chez son père. C’est elle qui le voulait. Lui, il aurait préféré la voir le moins possible, sachant pertinemment qu’il ne pourrait guère assurer le rôle de père qu’il n’avait déjà pas su assuré auparavant. Mais c’était tout de même sa fille et elle n’avait pas à payer pour ses bêtises. En plus, elle n’était pas si difficile que ça la petite. D’habitude les enfants de parents séparés leur en font voir de toutes les couleurs mais Lizzy, elle, était adorable. Elle travaillait bien à l’école, faisait un peu de sport, avait plein d’amis, était jolie, bref, elle avait tout pour plaire et être aimée. Seulement Simon ne l’aimait pas. En réalité il n’en savait rien. Évidement, il s’inquiétait lorsqu’elle était malade, lorsqu’elle n’était pas rentrée à l’heure mais il ne voyait pas en quoi le fait d’avoir une fille pouvait être une source de bonheur. Il savait que c’était une chose abominable que de penser cela mais c’était ainsi. Il avait toujours été ainsi, aussi peu attentionné avec les gens de sa famille. Il n’y avait que ses amis pour qui il éprouvait beaucoup de tendresse. Ses amis c’était LA chose dont il ne pourrait se passer et LA raison de son existence. Avec eux, il riait, s’amusait, éprouvait des sentiments et se sentait utile. Mais, dans sa famille, il avait l’impression d’être un extraterrestre parachuté dans une autre galaxie. Il ne croyait pas aux liens sacrés de la famille. Pour lui tout cela n’était que balivernes et absurdités. Ses parents n’avaient jamais compris pourquoi il avait abandonné ses études scientifiques pour se diriger vers le journalisme, pourquoi il ne s’était pas marié, pourquoi il n’avait pas su aimer Lucie et toutes celles qui l’avaient précédée et pourquoi il ne leur emmenait jamais Lizzy. Entre lui et eux c’était non pas un fossé mais une tranchée. Et cela ne faisait qu‘empirer surtout depuis que Simon s’était mis en tête de devenir auteur. Il pensait que cela leur aurait fait plaisir mais visiblement il s’était trompé. Il s’était trompé sur toute la ligne.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
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Re : Le coeur lourd
« Réponse #1 le: 31 Mars 2008 à 11:17:40 »

Bon. A cette heure bénie tôt je viens te narguer^^ Donc donc donc. Je jouerai mon pointilleux, comme d'hab.




Citer
Mais quelle idée aussi d’aller s’enterrer en banlieue parisienne !
j'aime pas trop le "aussi". Et en fait, je n'aime pas trop la phrase : elle fait un peu "je renseigne mon lecteur en douce"...

Citer
Elle n’est pas là, évidemment.
Il est bien frustré^^ je sais pas si le "évidemment" est utile. Ca renforce le style oralisé, c'est bien, mais peut-être que tu pourrais l'enlever pour que le lecteur le sous-entende... "elle n'est pas là" au milieu de toute cette frustration, sans "évidemment", je trouve que c'est encore plus fort, en fait.

Citer
elle qui n’est même pas là à 18h alors qu’elle doit finir à 16h tout au plus !
Ca fait un peu répétition avec la citation du dessus... et j'n'aime pas trop le "tout au plus" :P

Citer
Ça lui rappelle sa jeunesse quand il était insouciant comme elle.
J'mettrais une virgule avant "quand" ^^

Citer
enroule ses maigres bras autour de ses épaules.
Lol, ça donne une impression bizarre... comme si elle avait des écharpes en guise de bras :-°


Citer
Elle le suit comme un petit chien
J'trouve ça un peu violent. On est encore en focalisation interne, ce sont les pensées de Simon (même si on glisse vers celles de sa fille)... penser ça de sa fille, même si c'est une comparaison...


Citer
Ils arrivèrent enfin dans le petit appartement qu’il avait hérité de sa tante défunte.
"Défunte" fait bizarre, au milieu de l'oralité du discours...

Citer
tout ce qu’il écrivait en ce moment était profondément niais et inintéressant.
Je verrais ça plutôt en gradation, dans l'autre sens donc ; c'est inintéressant, et en plus profondément niais... non ?

Citer
quelqu’un d’autre que lui même.
lui-même

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En plus, elle n’était pas si difficile que ça la petite.
"ça, la petite."


Voilà pour le ligne à ligne. Donc, pour la vision dans son ensemble... j'aime bien le style oral (même s'il entraîne quelques problèmes de ponctuation), c'est d'autant plus fluide. Pour le fond, je n'peux pas dire grand-chose ; il faudrait que j'en lise plus pour savoir où va l'histoire.
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Re : Le coeur lourd
« Réponse #2 le: 31 Mars 2008 à 14:39:30 »
ah! Commentaire redouté de  Loredan!

. Et en fait, je n'aime pas trop la phrase : elle fait un peu "je renseigne mon lecteur en douce"...
ah bon tant que ça, je sais pas, d'un aute côté, ça fait vraiment le parisien fier de l'être

je sais pas si le "évidemment" est utile. Ca renforce le style oralisé, c'est bien, mais peut-être que tu pourrais l'enlever pour que le lecteur le sous-entende... "elle n'est pas là" au milieu de toute cette frustration, sans "évidemment", je trouve que c'est encore plus fort, en fait.
tu as raison, ça fait sans doute mieux si je l'enlève

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elle qui n?est même pas là à 18h alors qu?elle doit finir à 16h tout au plus !
Ca fait un peu répétition avec la citation du dessus... et j'n'aime pas trop le "tout au plus" :P
OK

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Ça lui rappelle sa jeunesse quand il était insouciant comme elle.
J'mettrais une virgule avant "quand" ^^
oups, oui, ça fait mieux

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enroule ses maigres bras autour de ses épaules.
Lol, ça donne une impression bizarre... comme si elle avait des écharpes en guise de bras :-°
je crois que ça se dit pourtant...

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Elle le suit comme un petit chien
J'trouve ça un peu violent. On est encore en focalisation interne, ce sont les pensées de Simon (même si on glisse vers celles de sa fille)... penser ça de sa fille, même si c'est une comparaison...
c'est le but de mon texte Loredan, Simon est loin d'être parfait et il a VRAIMENT un problème avec sa fille, alors non! ça je garde!

Citer
Ils arrivèrent enfin dans le petit appartement qu?il avait hérité de sa tante défunte.
"Défunte" fait bizarre, au milieu de l'oralité du discours...
le mélange des discours...
Et puis là c'est du sérieux: il ya quelqu'un qui est mort ( je dis ça mais bon... bref tu comprends)

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tout ce qu?il écrivait en ce moment était profondément niais et inintéressant.
Je verrais ça plutôt en gradation, dans l'autre sens donc ; c'est inintéressant, et en plus profondément niais... non ?
pas faux

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quelqu?un d?autre que lui même.
lui-même
je comprends pas ce que tu me reproches là

Citer
En plus, elle n?était pas si difficile que ça la petite.
"ça, la petite."
OK

Voilà pour le ligne à ligne. Donc, pour la vision dans son ensemble... j'aime bien le style oral (même s'il entraîne quelques problèmes de ponctuation), c'est d'autant plus fluide. Pour le fond, je n'peux pas dire grand-chose ; il faudrait que j'en lise plus pour savoir où va l'histoire.
j'espère bien que tu aimes le style oral! ça serait un comble que tu me le reproches. Je vais réfléchir à la suite. Merci pour tes commentaires ^^
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Re : Le coeur lourd
« Réponse #3 le: 31 Mars 2008 à 15:44:34 »
globalement je suis assez d'accord avec Loredan, au niveau de l'histoire il en manque encore pour juger vraiment.
Sinon, pour les bras, ça ne m'a pas choquée... enfin il existe des synonymes très proches, genre entourer.
Je suis d'accord avec ernya pour le coup du chien, je crois qu'il faut le laisser.

Et sinon : le propre de la banlieue, c'est qu'il n'y a pas de métro  :'( mais des trains tout pourris ou le RER :( apres, c'est toi qui vois...
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Re : Re : Le coeur lourd
« Réponse #4 le: 31 Mars 2008 à 19:48:21 »
Citation de: ernya
Citation de: Loredan
. Et en fait, je n'aime pas trop la phrase : elle fait un peu "je renseigne mon lecteur en douce"...
ah bon tant que ça, je sais pas, d'un aute côté, ça fait vraiment le parisien fier de l'être
C'est la tournure qui est un peu lourde, le contenu j'aime bien.


Citation de: Loredan
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quelqu'un d'autre que lui même.
lui-même
je comprends pas ce que tu me reproches là[/quote] Juste un trait d'union ^^


Y a du style oral raté et du style écrit réussi, ce n'était pas un commentaire à vau-l'eau^^
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Re : Le coeur lourd
« Réponse #5 le: 31 Mars 2008 à 20:25:11 »
Salamandre:
déjà merci d'avoir lu et ensuite si il ya des métros en banlieue, j'en suis la preuve vivante!!!
la ligne 7 va jusque dans le 94 ^^
Loredan: ok pour le trait d'union, je croyais que c'était au niveau de la syntaxe que ça n'allait pas et d'ailleurs pour le reste je suis d'accord aussi
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Re : Le coeur lourd
« Réponse #6 le: 31 Mars 2008 à 21:07:00 »
oui je vois ce que tu veux dire, la 9 va jusque dans le 93.
(Loredan, le parisien, qui pige quedalle !)

par contre, Lo', je comprends pas ta distinction de style oral raté et style écrit réussi....
Enfin bref. Affaire à suivre.
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Re : Le coeur lourd
« Réponse #7 le: 31 Mars 2008 à 21:14:54 »

Je connais le plan de métro par coeur :noange:  même que bientôt, la 13 se rallonger de deux stations à Asnières-Genevilliers... un problème ?

Ce que j'voulais dire, c'est que le style familier ne me plaît pas davantage que le style soutenu. Il faut que ce soit réussi dans son registre de langue, c'est tout.
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