Typiquement le genre de poème que je trouve très dur à commenter. Mais je me lance quand même à l'eau.
Je suis assez partagée. Une partie de moi n'accroche pas du tout, une autre partie trouve certains vers très beaux et d'autres plus médiocres, enfin un dernier tiers de moi a quand même insisté pour relire ce poème une dizaine de fois depuis hier soir. A la fois un peu de façon "expérimentale" ("Bon, cocotte, tu vas essayer de lire ce poème sans musique derrière pour voir ce que ça fait. [...] On va le lire à voix haute, ça changera peut-être un nouveau truc. [...] Allez, je le relis avec de l'électro derrière et en chuchotant.").
Parce que voilà, ton poème a ce quelque chose fascinant qu'ont les textes à clé que l'on met du temps à comprendre, ces œuvres qu'il faut parfois analyser durant des heures pour enfin sentir ce que voulait nous dire l'auteur. C'est assez mystérieux et intriguant, et c'est ce qui me pousse à vouloir relire régulièrement ce texte en espérant enfin le comprendre véritablement. En plus il a un très bon rythme je trouve qui nous plonge dans une atmosphère que je peine à décrire, mais l'atmosphère est là.
Faut être honnête, j'ai pas tout compris. Mais ça vient petit à petit je crois. Au départ, j'avais peur que ce ne soit qu'un ramassis de jeux sur les mots et les syllabes, sans sens quelconque, fait pour susciter le sourire (très bon titre, d'ailleurs), une façade creuse en somme, mais au fil des relectures, j'ai cru percevoir qu'il y a quelque chose de bien plus sérieux, de bien plus grave. Et donc vient mon interrogation existentielle : par pitié, confirme-moi qu'il ne s'agit pas d'un simple travail sur les sonorités sans rien derrière.
Ce texte m'évoque pour l'instant des images d'actes sexuels, d'un anti-héros merdique qui essaie d'oublier sa médiocrité et d'une grande tristesse qui mène à la suffocation.
Et puis pour le plaisir des yeux, une sélection de vers que j'ai trouvé cools.
L’eau qui manquait à la nuit
L'eau qui mangeait la nuit
Les histoires que raconte l’oreiller à l’oreille
La mie de pain en boulettes crasseuses
La pastille facho le caoutchouc séminal
Le prépuce blanc le reste pas très virginal
La harpe à respirer prises du ciel violons cithares