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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT revue n°2] Sans titre pour le moment

Auteur Sujet: [AT revue n°2] Sans titre pour le moment  (Lu 9960 fois)

Anlor

  • Invité
[AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« le: 22 Juillet 2013 à 19:05:31 »
Oui, euh, bon, 2000 mots, c'est trop court.  :huhu:



Elle s’appelait Heure, mais ils avaient crié pute de Pendule.

Ils l’avaient attrapée dans une rue alors qu’elle fuyait cachée dans son manteau rouge. Ils l’avaient entrainée dans une impasse sombre et ils avaient commencé à la frapper. Elle avait crié sous les coups de mains et les coups de pieds et les vêtements qu’ils lui arrachaient. Ils lui avaient attaché les mains pour qu’elle ne puisse pas se défendre. Ils avaient craché, la salope, la salope, qui craque les peintures sur le bois mort, qui creuse les visages de vieilles rides, qui crève les gens quand on les aime encore. Pute de Pendule. Elle avait pleuré, elle était nue. Ils avaient fait rentrer leurs gros pénis partout où ils pouvaient. Elle avait eu mal, ils avaient ri. Et ouais la putain, on te baise, ça t’en bouche un coin ; tu t’attendais pas à ça en descendant ici, tu t’attendais pas à c’qu’on t’fasse payer tes saloperies. Bouffe, la salope, bouffe, et regarde les humains marcher sur ton gros balancier. Des plâtrées nauséeuses de crème anti-âge jusque dans le fond de la gorge. Avale, salope. Avale tes sales années passées.

On l’avait retrouvée au matin recroquevillée sur les pavés. On, c’était Anton et Xabi.



« Elle a quoi, la dame ? »

Impressionné par ce corps tout blanc en petit tas sur le sol, Xabi regarde de loin son grand frère s’approcher. Ils étaient venus en ville pour acheter de nouvelles chaussures au petit. C’était lui qui avait remarqué le manteau rouge à l’entrée de l’impasse. Doucement, Anton se penche sur la jeune fille étendue et pose deux doigts sur son cou. Un deux, un deux, un deux. C’est faible, mais ça vit. Elle a des cheveux très blonds qu’Anton écarte gentiment de son visage. Ils l’ont frappée fort. Sous les dégoulinures de sang et les boursouflures, on distingue des traits fins presque enfantins et quelques taches de rousseurs. Au milieu de son front, deux aiguilles noires brisées.

« Xabi, apporte-moi le manteau. »



« Non, merci, je n’ai plus soif. »

Assise sur le bord d’un lit, Heure regarde Xabi repartir dans la cuisine avec sa bouteille d’eau. Il doit avoir huit ans. Ses cheveux noirs se balancent autour de son visage carré. Le même que celui de son frère, sans les yeux bleus. Heure aime bien observer le visage des gens, c’est là que le temps laisse le plus de trace, c’est là qu’elle se retrouve. Quand elle avait vu celui d’Anton dans la ruelle, elle avait crié, pensant qu’il s’agissait encore d’eux. Puis elle avait vu les yeux bleus, aussi horrifiés que devaient l’être les siens, et ça l’avait calmée. Il lui avait dit qu’il allait appeler les urgences. Elle l’avait supplié de ne rien faire. Il avait mis du temps à accepter et lui avait demandé si elle pouvait se lever. Il voulait la raccompagner chez elle. Elle n’avait plus de chez elle.

Heure regarde ses pieds blancs se balancer à quelques centimètres du carrelage. Elle passe gentiment la main sur son ventre. A travers le tissu du T-shirt trop grand qu’on lui a prêté, elle sent le balancier osciller en tremblotant doucement. Les mécanismes aussi ont souffert. Heure ne sait pas très bien s’ils se remettront avec le temps, comme de petits bouts de peau.



« Je veux venir ! »

La voix en colère de Xabi raisonne entre les murs de la petite maison, comme tous les mercredis.

« Non, pas question. Je t’ai déjà dit qu’on n’avait pas besoin de toi à la ferme. Tu as des devoirs à faire et je ne veux pas que tu traînes dans mes pattes. Point. »

Réveillée par les bruits, Heure se rapproche doucement de la porte. Les deux frères sont trop occupés à se disputer pour entendre le tictac de son balancier.

« De toute façon, l’école c’est nul. Je veux plus y aller à l’école. Je veux travailler, comme toi. »

Xabi a croisé les bras sur son ventre en signe de protestation. Il a les sourcils trop froncés et le menton enfoncé dans la poitrine. Depuis quelques semaines qu’elle vit avec eux, Heure ne peut s’empêcher de rire à chaque fois que le garçon prend son air bougon. Anton lève ses yeux bleus au son du pouffement mal dissimulé et hoche la tête en direction de la jeune fille. Voilà qui marque la fin de la discussion. Anton fait un dernier geste de la main en franchissant le pas de la porte.

« Reste sage avec Heure. A ce soir. »

La porte claque. Le petit garçon n’a pas bougé d’un centimètre, les bras toujours croisés et l’air renfrogné comme s’il comptait rester dans cette position jusqu’au retour de son frère. Les pieds nus sur le carrelage et les mains gantées, Heure le rejoint au milieu de la pièce et se met à lui caresser gentiment les cheveux. Sous ses doigts, elle sent le petit garçon qui trésaille, se détend, et se tourne brusquement vers elle pour lui entourer la taille de ses petits bras.

« C’est pas juste. Moi aussi je veux être un grand. »

Sa voix est toute pleine de larmes.



Quand le soleil éclaire le visage d’Anton, on dirait que ses yeux sont remplis de ciel. Heure trouve ça joli.

« Je ne sais plus exactement quand ça s’est passé, depuis quand ils ne sont plus là. »

Assis sur le rebord d’un pont, Heure et Anton regardent l’eau filer sur les pierres. Depuis que la santé de la jeune fille le leur permet, ils ont pris l’habitude de faire de longues promenades autour de la maison, quand Anton ne travaille pas à la ferme. La ferme, c’est ce qui lui permet de les faire vivre tous les trois, à peu près.

« Je n’aime pas compter les jours, je me fous un peu du temps qui passe. Tant que je vis tranquillement et que Xabi aussi. »

Depuis l’accident, on est impressionné par le courage des deux orphelins. Du grand, surtout. Comme il arrive à gérer son foyer seul, sans avoir l’air de se soucier de quoi que ce soit.

« Il n’y a pas beaucoup de gens qui pensent comme toi, tu sais. Les gens n’aiment pas le temps. »

Pute de Pendule. Avale, la salope. Une larme perle le long de la joue de la jeune fille et Anton lui serre la main très fort. Elle sourit. Heure n’a pas l’habitude qu’on tienne sa main gantée.

« Merci. »



« Mais pourquoi tu mets toujours des gants ? C’est pour pas te salir ? »

Couchée dans l’herbe, ses cheveux blonds se mêlant à ceux du petit garçon, Heure se redresse, cueille une pâquerette et enlève son gant droit. Curieux, Xabi s’assoit à son tour et observe les mains de la jeune fille. A peine la fleur s’est-elle retrouvée entre les doigts nus qu’elle devient sombre et se flétrit. Sa tête jaune se penche et les pétales tombent. Tout s’effrite, tout s’écroule, tout meurt. Xabi garde la bouche ouverte de surprise.

C’est des mains qui font vieillir.



« Non, pas question. Je t’ai dit que c’était pour les grands. »



Quand le soleil éclaire les cheveux d’Heure, on dirait des fils de lumière. Anton trouve ça joli.

Elle est en train d’étendre le linge. Son corps mince et blanc flotte au milieu d’une large robe. En tendant l’oreille, on entend son balancier qui oscille. Anton s’approche. Elle ne l’a pas senti venir avant que sa main ne caresse doucement sa nuque. Elle penche la tête sur le côté. Le souffle chaud du garçon dans son cou, ses mains sur sa taille, sur son ventre. Il l’embrasse.



« - C’est toi l’chat !
- Non, c’est pas juste, c’est toujours moi qui…
- Chut, on va faire une farce à ton frère. »

Cachés derrière un arbre au bord de la rivière, Heure se penche à l’oreille du petit garçon pour lui expliquer son plan. Anton se tient en embuscade derrière le pont. De là où il est, il ne peut pas les voir. Xabi secoue vivement la tête en riant et se met à courir en hurlant de toutes ses forces :

« Tu m’as pas eu ! »

Heure se dirige vers le pont ; Anton se lève brusquement, le menton en avant et les bras écartés en signe de défi. La jeune fille plie les genoux et se prépare à l’attaque. La poursuite sera terrible. Ils courent jusqu’à ce qu’Heure semble avoir épuisé ses forces. Anton ne peut réprimer un rire satisfait en s’appuyant contre un arbre, victorieux. Mais c’était sans compter qu’un terrible petit frère lui sauterait dessus et lui collerait les deux mains bien à plat sur le dos.

« Haha ! C’était pas elle le chat ! C’était moi ! »

Il n’en fallait pas plus pour mettre le grand frère en rage.

« Vite, Xabi, cours ! »

Heure prend le petit garçon par la main et l’entraine vers le bord de la rivière, aussi vite que ses petites jambes le permettent. A bout de souffle, ils retrouvent leur cachette derrière l’arbre.

« - On l’a semé tu crois ? Il est parti ?
- Non, non, je ne crois pas, dit une grosse voix. »
La vengeance du grand-frère a sonné. Alors qu’il les attrape tous les deux dans ses bras, le trio glisse en riant et se retrouve les fesses dans l’eau



Cette nuit, il y a de l’orage. Xabi a peur de l’orage. Ses petits pieds sur le carrelage froid, il essaie de trouver la poignée de la porte dans le noir. Il ne faut pas allumer la lumière du couloir, sinon Anton va savoir. La dernière porte au fond, l’ancienne chambre du grand frère. C’est là que dort Heure maintenant. Elle comprendra. Elle lui dira de venir s’allonger sous la couverture. Elle lui racontera des histoires en lui caressant les cheveux. Elle lui dira calme-toi, Xabi, je suis là, je suis tout près de toi. Et il s’endormira tout contre elle et il n’aura plus peur de l’orage.

C’est là. Xabi tourne la poignée doucement, pour faire le moins de bruit possible. Il fait trop sombre pour y voir dans la chambre, on entend les respirations et le tictac du balancier. Le petit garçon s’approche du lit à tâtons.

« Heure ? »

On bouge.

« Xabi, mais qu’est-ce que tu fais ici ? »

Ce n’est pas sa voix. Ce n’est pas la voix d’Heure. La lumière s’allume, fait mal aux yeux. Depuis le lit, Heure et Anton observent le petit garçon.



« Pourquoi toi tu peux lui faire des câlins, hein, pourquoi ? »

Ce mercredi, la dispute du matin a changé de tournure. De nouveau au centre de la pièce, les bras croisés, Xabi essaie ses nouvelles accusations. Il pleure un peu, aussi.

« Mais parce que…  parce qu’on est amoureux, Xabi, c’est tout. »

Anton aussi a perdu de sa contenance. Il n’arrive pas à retrouver la voix ferme des autres jours.

« Et pourquoi c’est toi son amoureux ? Pourquoi c’est pas moi son amoureux ? »

Heure observe la scène silencieusement depuis la porte. Elle n’ose pas s’interposer.

« Mais, parce que tu es un petit garçon, Xabi, mets-toi ça dans la tête bon sang ! »



Lorsqu’il sent les mains gantées dans ses cheveux, Xabi se retourne vivement. Rage dans les larmes, larmes plein les joues.

« Me touche pas ! J’te déteste ! J’vous déteste tous ! Tous les grands ! »

Et il court dans sa chambre, laissant Heure seule au milieu de la pièce.



Petits pieds nus sur le carrelage froid, il fait noir. Avancer jusqu’au lit, trouver les mains gantées, les découvrir et les mettre sur ses joues. Grandir, grandir. Pyjama craque sur les épaules et sur les cuisses. Encore un peu. Etre un homme, pour de vrai, un grand, pour leur montrer. Encore. Visage se creuse, mains s’assèchent, corps s’épuise.

C’est des mains qui font mourir.
« Modifié: 15 Septembre 2013 à 20:35:49 par Anlor »

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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #1 le: 24 Juillet 2013 à 22:13:39 »
Citer
Assis sur le rebord d’un pont, Heure et Anton regarde l’eau filer sur les pierres.

Un pluriel a pris la fuite

Sinon, bah je n'ai pas grand-chose à dire. Ton texte m'a touché par sa force, par sa beauté et sa violence. Je pense que je t'aurais reconnue.

J'ai beaucoup aimé.
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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #2 le: 24 Juillet 2013 à 22:40:51 »
Hey  :)

Je l'ai fini il y a trois-quatre minutes et ça fait trois-quatre minutes que je beugue devant mon clavier en me demandant ce que je pourrais bien dire mis à part "Aaaaaaaah punaise Anlor, c'est trop trop trop bien !". Donc. Aaaaaaaaah punaise Anlor c'est trop trop trop bien !

J'ai vraiment été touchée par ton texte. Le premier paragraphe m'a toute retournée. Et puis la suite est juste magnifique, je suis totalement fan  :coeur:






(Xabi  :'()
Toute ma peau est maladésir.

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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #3 le: 24 Juillet 2013 à 23:58:04 »
C'est un des textes que j'ai preféré sur le Blind Text.  :)
J'ai trouvé vraiment intéressant et inattendu en rapport avec l'image la scène de viol. Cette haine du temps qui passe. Aussi le rapport au temps qu'ont les enfants qui veulent grandir "trop vite".
La phrase :"Elle avait crié sous les coups de mains et les coups de pieds et les vêtements qu’ils lui arrachaient. " m a  gênée, j'aurais mis plutôt "coup de poings" à la place de "coups de mains", "et les vêtements qu'ils lui arrachaient"...je pense que tu pourrais le formuler autrement. Et j'aurais mis "ligoté" (quitte à dire comment avec quoi ils l'ont ligotée) plutôt que  "Ils lui avaient attaché les mains pour qu’elle ne puisse pas se défendre".
Voilà, sinon, va savoir pourquoi, le mot "pénis" m'a embêtée, j'aurais préféré quelque chose de plus imagé, en même temps si tu avais mis un autre mot le sens serait peut être moins fort?  :\?
Très beau texte en tout cas!
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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #4 le: 25 Juillet 2013 à 16:22:36 »
Hey !

J'ai bien aimé aussi, et j'm'étais doutée que c'était toi sans trop savoir pourquoi.

Je sais pas trop quoi dire, ça se lit bien et t'arrives à faire passer des trucs. La fin est bien triste (même si un peu attendue ^^)

Voilà jsais pas trop quoi dire désolée.

A pluche !
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Anlor

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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #5 le: 25 Juillet 2013 à 16:28:21 »
Ouh la vache, ben, euh, merci !  :D
(non, sans rire, comme y avait pas de réponses, je me disais "ouais, en fait c'est carrément grillé que j'avais pas assez de mots et que mon texte est tout nul ; c'est pour ça que personne ose jeter le premier commentaire." mais en fait c'est chouette. Merci les copains.)

Théré :
La phrase :"Elle avait crié sous les coups de mains et les coups de pieds et les vêtements qu’ils lui arrachaient. " m a  gênée, j'aurais mis plutôt "coup de poings" à la place de "coups de mains", "et les vêtements qu'ils lui arrachaient"...je pense que tu pourrais le formuler autrement.
hum, ouaip, je vois ce que tu veux dire mais (de l'art de se justifier  :mrgreen: ) j'aimais bien cette formule-qui-voulait-rien-dire qui me permettait d'adoucir un peu la scène. J'vais y réfléchir.

Et j'aurais mis "ligoté" (quitte à dire comment avec quoi ils l'ont ligotée) plutôt que  "Ils lui avaient attaché les mains pour qu’elle ne puisse pas se défendre".
Alors là non (de l'art de se justifier deuxième) parce que le danger d'Heure vient de ses mains et je veux qu'elles soient citées dès le départ.

Voilà, sinon, va savoir pourquoi, le mot "pénis" m'a embêtée, j'aurais préféré quelque chose de plus imagé, en même temps si tu avais mis un autre mot le sens serait peut être moins fort?  :\?
Ouais, je suis pas convaincue non plus... mais je sais pas trop quel mot choisir sans partir dans le vulgaire. Verge ? (bite et autres me paraissent vraiment en décalage avec le reste, je sais pas...) Tu aurais vu quoi, toi ?

Bibi : ben oui, une histoire de petit garçon qui meurt à la fin, franchement.  :mrgreen:
Ouais, la fin est trop attendue j'trouve. je sais pas s'il faut que je supprime quelques mentions des gants ou pas, histoire d'alléger.

Merci pour vos commentaires en tout cas !

(et si vous avez des idées de titres, en passant...)


Hors ligne Ambriel

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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #6 le: 25 Juillet 2013 à 19:53:16 »
Elle s'appelait Heure c'était pas mal comme titre en fait ^^
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
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Hors ligne Baptiste

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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #7 le: 26 Juillet 2013 à 11:01:31 »
Salut

Moi aussi, ce texte m'a beaucoup touché, et m'a rendu tout triste.
J'ai pas grand chose a en dire si ce n'est que j'ai vraiment beaucoup aimé

Et je rejoins ambriel "elle s'appelait Heure"  c'est pas mal.

Encore bravo
« Modifié: 26 Juillet 2013 à 11:09:21 par Baptiste »

Hors ligne Thérébentine

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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #8 le: 26 Juillet 2013 à 14:06:34 »
Après réflexion je te propose de transformer ton pénis en queue.  ::)
( d'autant que ça existe des horloges a queue de vache, et dans la mesure ou tu emploies le mot "pute", je pense que le mot "queue" ne dénote pas).
Pour le titre, je ne garderais pas " elle s'appelait Heure", spontanément ce qui me vient c'est " Avant l'Heure".
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Hors ligne Milora

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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #9 le: 26 Juillet 2013 à 16:22:07 »
Citer
Depuis que la santé de la jeune fille leur permet
Le leur permet

Lu ! Bon ben le texte est bien, bien écrit, comme tu fais d'habitude, le mélange de tendresse et de tristesse ; avec en plus la violence du début.
Après, je trouve que la fin est un peu trop rapide, je sais pas si tu peux pas avoir droit à une dérogation d'une centaine de mots pour finir en bonne et due forme, parce que là c'est un peu trop rapide je trouve  :-[
En fait, d'une manière générale, j'ai trouvé que le texte manquait d'un petit quelque chose. Disons qu'il tient pour le style, à mon sens, et du coup les sentiments que dégage le style. Mais j'ai trouvé que pas mal d'éléments étaient un peu expédiés : qui est Heure, qu'est-ce qu'elle fait là, est-elle la seule de son genre, pourquoi les gens l'attaquent-ils (est-ce que c'est tout le monde, ou juste la bande du début ?). Et si Xabi est bien campé, j'ai trouvé qu'on ne sentait pas beaucoup de personnalité chez Heure.
Bref, j'ai trouvé le texte bien monté et bien écrit, mais trop rapide pour que je le trouve bien complet... :-[
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #10 le: 02 Août 2013 à 14:06:44 »
Coucou,

lorsque j'ai commencé ce texte au BT, je n’avais pas accroché. "Punaise, Anlor, tu nous as pondu quoi ?" Je trouvais l'histoire chelou et j'ai laissé tomber.
Aujourd'hui, j'ai décidé de faire un peu de forcing. Et ma réaction reste la même : "Punaise, Anlor, tu nous as pondu quoi ?" C'est trop bien !

L'histoire est cool, les personnages attachants, même si j'ai dû reprendre le texte plusieurs fois pour différencier les frangins. Peut-être qu'il faudrait un peu plus les décrire ?

Bref, l'histoire est attachante, même si au bout d'un moment je me doutais de ce qu'il allait arriver  :'(
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #11 le: 05 Août 2013 à 17:48:33 »
Un des textes que j'ai préféré du BT! Comme Kerena j'étais assez sceptique au debut de ma lecture, et puis plus j'avancais dans le texte, plus l'histoire prenait de la profondeur et les personnages étaient attachants, bref un texte fort et 'mignon' au final, Merci!
(Ah oui c'est vrai aussi que la fin on peut s'y attendre, mais la facon dont c'est écrit fait que ca à meme pas d'importance)
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Anlor

  • Invité
Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #12 le: 07 Août 2013 à 00:39:22 »
Merci pour vos commentaires ! Désolée, je ne pense pas avoir le temps de retoucher mon texte ou de vous répondre sérieusement d'ici le meeting.

juste :
Après, je trouve que la fin est un peu trop rapide, je sais pas si tu peux pas avoir droit à une dérogation d'une centaine de mots pour finir en bonne et due forme, parce que là c'est un peu trop rapide je trouve  :-[
En fait, d'une manière générale, j'ai trouvé que le texte manquait d'un petit quelque chose. Disons qu'il tient pour le style, à mon sens, et du coup les sentiments que dégage le style. Mais j'ai trouvé que pas mal d'éléments étaient un peu expédiés : qui est Heure, qu'est-ce qu'elle fait là, est-elle la seule de son genre, pourquoi les gens l'attaquent-ils (est-ce que c'est tout le monde, ou juste la bande du début ?). Et si Xabi est bien campé, j'ai trouvé qu'on ne sentait pas beaucoup de personnalité chez Heure.
Bref, j'ai trouvé le texte bien monté et bien écrit, mais trop rapide pour que je le trouve bien complet... :-[
En fait je suis totalement d'accord avec toi. En vrai... je suis pas contente de ce texte ; je l'ai écrit uniquement pour le premier paragraphe et en me sentant vraiment restreinte par la limite de mots. Du coup, bon, pour moi c'est un peu une caricature de ce que je sais faire et y a pas grand chose de plus dedans. Bref. Je verrai si j'ai le temps de le retoucher plus tard.
(démontage de texte terminé)

Merci d'avoir pris le temps de le lire en tout cas !  :D

Eveil

  • Invité
Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #13 le: 10 Août 2013 à 02:19:07 »
Un de mes préférés aussi, bien que j'ai décroché rapidement :-[. Le passage loup touche touche n'apporte pas grand chose je trouve, en fait c'est un de mes préférés surtout grâce à ton premier paragraphe, fort et bien pensé, alors ça me rassure un peu que tu l'aies écrit plus pour ce début que pour l'histoire qui en découle, finalement. Peut-être qu'en étant resté sur le style violent et cru du début, avec toujours en fond l'image du temps qui passe incarné par Heure, par un être physique, ç'aurait été beaucoup plus saisissant, avec plus d'impact. Après c'est vrai que le but recherché n'est pas le même, entre raconter une histoire avec d'autres personnages, des dialogues, en voulant faire vibrer la corde sensible du lecteur avec ce côté enfantin-mignon-tristounet, c'est à l'opposé de l'ambiance du premier paragraphe, qui marque directement, d'entrée de jeu, qui ne fait pas vibrer la corde, mais la gratte, la ronge, la distend. Et c'est vrai que faire un texte du même acabit que le début, sûrement plus court alors, ça aurait envoyé, violemment.

J'embraye sur une question qui m'est venue, pas que je sois contre ou que ça me dérange, mais l'envie de marquer, de choquer doit-elle forcément passer par la vulgarité ? Encore une fois c'est une question, et je n'ai rien contre  les pute/salope dans un texte. Ou alors c'est un parti pris, j'en sais rien. ;)

Voilou, sayonara !  ::)



Anlor

  • Invité
Re : [AT revue n°2] Sans titre pour le moment
« Réponse #14 le: 11 Août 2013 à 21:29:25 »

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Peut-être qu'en étant resté sur le style violent et cru du début, avec toujours en fond l'image du temps qui passe incarné par Heure, par un être physique, ç'aurait été beaucoup plus saisissant, avec plus d'impact.

En fait, je crois que je n'aurais pas tenu la distance de toute façon. Je crois que la violence se limite au premier paragraphe tout simplement parce que je n'avais pas d'idées pour la conduire jusqu'au bout. Enfin voilà quoi, j'ai fait un texte "facile" je pense, et j'ai pas vraiment le temps/le courage d'en faire autre chose.
D'un autre côté, j'ai peur qu'en restant dans l'esprit du premier paragraphe, j'arrive à un texte monotone, et que le tout perde de sa "force". Bref, je suis d'accord et je sais pas trop quoi en faire  :mrgreen:


Citer
J'embraye sur une question qui m'est venue, pas que je sois contre ou que ça me dérange, mais l'envie de marquer, de choquer doit-elle forcément passer par la vulgarité ? Encore une fois c'est une question, et je n'ai rien contre  les pute/salope dans un texte. Ou alors c'est un parti pris, j'en sais rien. ;)
Haha ! c'est trop rigolo que tu me poses cette question, parce que c'est un truc que je reproche souvent aux gens, de vouloir passer par le vulgaire pour choquer  :mrgreen:
Du coup, ben, euh, c'était pas mon idée. Où, du moins, c'est la violence des mots prononcer par ce "ils" que je cherchais plus que simplement, euh, la crasse. (C'est pour ça aussi que j'ai du mal à remplacer le mot "penis" par autre chose, en y réfléchissant, parce que c'est pas mon narrateur qui emploie ce vocabulaire, c'est "ils" à l'indirect libre, bref). Je sais pas si je réponds vraiment là, ou je fais que me défendre ?

merci pour le commentaire !

Voilou, sayonara !  ::)
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