Oui, pareil que Bossu.
Bon, après, si on se place du côté du lecteur observateur... Déjà, il en faut beaucoup pour qu'il texte me transmette du chagrin. En général, ça tient essentiellement au fond : il faut qu'il y ait une situation triste pour un personnage auquel je me sois attachée, mais que la situation ait été introduite avec délicatesse. C'est à dire que si tout va mal depuis le début, ou si on sait depuis longtemps que ça va mal finir et que de toute façon y a rien à faire, il y a fort à parier pour que ça ne marche pas sur moi.
Après, évidemment, il faut que la forme serve ce fond, mais je pense pas qu'il y ait de recettes toute prêtes. A mon avis ça va plus jouer sur la subtilité avec laquelle les éléments de tristesse du personnage vont être amenés. Si le personnage s'écrie "aaah, que je suis malheureuuuux !", ça ne va pas toucher. Si ce n'est pas dit directement mais qu'on le comprend (ou alors si c'est dit mais en touchant du doigt toutes les rémifications que cause ce malheur pour le personnage - je pense à Proust ou à Hobb qui font un peu ça il me semble -), ça touchera davantage. Ou montrer une faiblesse d'un personnage (¨hèdre s'assied,...) Enfin je pense.
Et pour la forme stricto sensu, comme le dit Anlor : la connotation des mots joue beaucoup. (Je suis pas convaincue par les phrases courtes par contre ; je pense que ça dépend beaucoup). Mais surtout, je pense, éviter la surenchère.
Après, par rapport à ce que tu dis, je suis pas sûre qu'exprimer son propre chagrin marche. Enfin je veux dire que c'est pas parce que l'auteur est triste qu'il va arriver à le faire ressentir. Je pense même qu'il doit falloir être passé par la tristesse mais arriver à s'en détacher assez pour écrire quelque chose qui ne soit pas
trop personnel, de sorte que ça puisse toucher une tierce personne (le lecteur).
Enfin tout ça à mon avis de lectrice, parce que j'ai fait qu'une seule tentative de texte triste, et je sais même pas si ça a marché

Donc du côté de celle qui tient le clavier, je saurais pas dire
