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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Quand on m'a parlé du temps

Auteur Sujet: Quand on m'a parlé du temps  (Lu 1329 fois)

Hors ligne Ollin

  • Troubadour
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Quand on m'a parlé du temps
« le: 26 Mars 2013 à 00:13:11 »
Je sais pas trop dans quelle section le mettre celui-là, je tente ici.  :mrgreen:
Le ton est encore relativement assertif, ce n'est pas pour imposer mon point de vue, mais juste pour retranscrire la force que prennent les choses dans ma tête.
Ce n'est pas non plus génial, ni nouveau, je pense, j'emprunte ces différentes conceptions du temps à différents auteurs, ou à ce que je vois comme le bon sens.
Bref, c'est un peu comme le bilan de l'histoire de la notion de temps dans ma tête, enfin, tel que je le construis maintenant en tout cas.
Assez parlé, fustigez-moi !

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Quand on m'a parlé du temps


Quand on m'a parlé de temps, qu'on m'a introduit le cliquetis des horloges, les minutes, les secondes ; quand on m'a parlé d'un passé révolu, d'un présent ivre et d'un futur à bâtir, je n'avais dès lors compris sa forme que transversalement, qu'avec sa longueur et ses extrémités, son début, son instant, et puis cette fin majestueuse et redoutée de tous. Tous les signes qui me remplissaient convergeaient en ce sens, sur le « chemin » du temps, dans la « rivière » des choses ; sur une ligne qui progresse en s'enroulant. L'instant aurait été nourri chaque jour davantage, et le présent, en s'enlisant, aurait troqué sa liberté contre un tas de nécessités. Son terme, immobile, marquerait sa chute dans le vide, comme la fin d'un rêve.
Quand on m'a parlé de temps, une seconde fois, qu'on m'a dévoilé la supercherie de son calcul, qu'on m'a démasqué la raison de ce geste ; quand on m'a parlé du temps qu'aucune quantité ne saurait mesurer, qu'aucun appareil ou qu'aucune équation ne saurait résoudre, j'ai cru saisir le fond de sa présence coincé contre des portes closes. Sa forme devenait, d'une droite segmentée, finie, celle d'une fluidité sans pli ni faiblesse ; un flux sans intérieur ni dehors, un mouvement infini dont le rythme erratique secoue les choses ensemble, dont l'actualisation s'ajuste selon les formes d'être, selon la profondeur et la hauteur du monde. Ce temps-là était une origine, un geste primitif dénaturé par nos secondes, qui soutenait le décor des choses.
Quand on m'a parlé de temps une dernière fois, on m'a dit que c'était un monstre. Un bouillonnement brutal, un éternel retour. Je n'avais alors saisi que l'esthétique de la formule, que j'ai laissée mûrir pour qu'elle gonfle des péripéties de l'existence, qu'elle se gorge des jours et se forge un sens, en secret. Et quand elle est venue me parler, qu'il fallait l'exprimer ou exploser, elle a pris sa consistance, d'abord comme une logique nouvelle au fond des possibles, enfin comme une chimère formelle : c'est une éternité en devenir qui se cache sous les horloges, aussi sous ce flux qui se prétend premier. C'est un indivisible au service de la division, un mouvement qui se rêve immobile. Une continuité parsemée de petites morts. Ce n'est alors qu'une éternité en devenir que le temps ; une abstraction que l'on veut première quand elle est seconde, une infinie finitude, aberrante et cruelle ;  la moyenne des vitesses, la circulation des forces, et ultimement, un résultat : je ne suis pas l'éternité de mes particules, je suis celui qui va mourir.
« Modifié: 26 Mars 2013 à 03:39:51 par Ollin »
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Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
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  • Ex-dragonne
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Re : Quand on m'a parlé du temps
« Réponse #1 le: 26 Mars 2013 à 16:47:54 »
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qu'on m'a introduit le cliquetis des horloges, les minutes, les secondes
euh t'es sûr de ta formulation, là ? Parce que ça paraît assez dégueu de t'introduire le cliquetis des horloges, même au figuré  :mrgreen:

J'aime toujours autant. J'accroche à ce que tu dis mais ça sera quand même cool que t'arrives à faire une histoire à partir de ça. Que ça soit pas juste des réflexions comme ça sur des pages d'un forum quoi. J'aimerais bien que t'arrives à nous créer un petit texte pour une fois, une petite chose plus vivante, quelque chose avec des couleurs, des gens, des sentiments, du gras, allez, Ollin, lance-toi, mon grand. Il est temps.  :noange:
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Ollin

  • Troubadour
  • Messages: 377
Re : Re : Quand on m'a parlé du temps
« Réponse #2 le: 26 Mars 2013 à 23:35:33 »
Citer
qu'on m'a introduit le cliquetis des horloges, les minutes, les secondes
euh t'es sûr de ta formulation, là ? Parce que ça paraît assez dégueu de t'introduire le cliquetis des horloges, même au figuré  :mrgreen:

J'aime toujours autant. J'accroche à ce que tu dis mais ça sera quand même cool que t'arrives à faire une histoire à partir de ça. Que ça soit pas juste des réflexions comme ça sur des pages d'un forum quoi. J'aimerais bien que t'arrives à nous créer un petit texte pour une fois, une petite chose plus vivante, quelque chose avec des couleurs, des gens, des sentiments, du gras, allez, Ollin, lance-toi, mon grand. Il est temps.  :noange:

J'avoue pour le début du texte.  :mrgreen:
J'y avais pas pensé, tellement que je trouvais ça cool.  :-X
Du coup, je sais pas encore par quoi le remplacer.

Pour la mise en histoire, je comprends, la visée artistique est limitée sous cette forme. J'ai fait deux trois essais narratifs dans les textes courts, mais je suis pas dans l'index, j'oublie toujours de le remplir.
Ca va changer d'ailleurs, je commence à être un ancien, faut que je donne l'exemple aussi.  :D
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Eveil

  • Invité
Re : Quand on m'a parlé du temps
« Réponse #3 le: 27 Mars 2013 à 00:37:59 »
(ceci n'est point constructif)

Salut !

Eh bien les choses sont atrocement complexes dans ta tête :D. Je trouve ça vraiment cool d'écrire sur le temps, moi ça me fascine en tout cas. Donc oui, à partir du troisième paragraphe j'ai eu plus de mal à suivre les chemins tortueux de ton esprit. Peut-être aussi que j'essayais de rationaliser ce qui ne devait pas l'être, après tout c'est une pensée, alors je le relis en prenant de la hauteur, et ça va un peu mieux :mrgreen:. Je sais pas tellement commenter un texte comme celui-ci, mais j'ai apprécié,  "je ne suis pas l'éternité de mes particules, je suis celui qui va mourir", ça claque du tonnerre, je dis oui ! :D


pehache

  • Invité
Re : Quand on m'a parlé du temps
« Réponse #4 le: 27 Mars 2013 à 13:24:36 »
 « on m’a introduit »confusion entre s’introduire et introduire (quelque chose dans…). Bref, ça coince.

« on m'a démasqué » même souci, avec ce datif bénéfactif.

L'absence de narration ne me gêne pas, la fin est belle, mais je trouve qu'il y a trop de scories dans ce texte et des passages redondants ou sans nécessité.

 


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