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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]

Auteur Sujet: [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]  (Lu 10348 fois)

Jon Ho

  • Invité
Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #15 le: 26 Février 2013 à 15:34:50 »
Hello.

Chouette, un texte du Doc.
Même si j'ai pas beaucoup de temps en ce moment pour des commentaires constructifs, je voulais te féliciter parce que c'est vraiment bon.
Me faire sourire n'est pas cho-zézé et là j'ai franchement ri  :mafio:

Tu as une façon particulière de tourner les phrases et de plonger le lecteur dans un univers bien singulier. Ton style en fait.
Juste une question, pourquoi c'est si rare un texte de toi ?  :mrgreen:
Dixit prolific-man ( ex aequo avec ODW )  :mrgreen: :mrgreen:

Hors ligne Milora

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #16 le: 01 Mars 2013 à 10:00:30 »
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Il y a des souris dans les murs. Parfois, on les entend la nuit, elles courent et courent dans les plafonds, entre les sols, petites, agiles. Leurs yeux aveugles sont clos à la lumière, leurs corps ridicules se glissent dans les anfractuosités.


Ils sont dans la voiture depuis ce matin. Ils sont dans la voiture depuis ce matin, c'est l'été, il fait horriblement chaud, et l'embouteillage qui les empêchait d'avancer depuis près de trois heures vient enfin de les libérer.
Je sais pas pourquoi, mais j'aime bien cette entrée en matière. Ça pose un rythme, une voix, une impression que tout est raconté de loin avec un certain détachement, un peu comme si tu avais une voix off sans pitié qui commente des scènes de la vie et les montre sous un jour qu'on n'a pas l'habitude de considérer ; un peu comme si ça posait une impression de fatalité...

Citer
Gros papa dans son grand polo, tout suintant de sa sueur et de son énervement
Ah j'aime pas le début de la phrase. "Gros papa" ça sonne pas juste je trouve, par rapport au reste (et puis ça me fait penser au Gros Coco, ce qui n'est pas trop dans le ton du texte  :mrgreen: )

Citer
il empeste la voiture
c'est peut-être moi, mais t'es sûre que empester ça peut s'employer comme ça ? Je l'ai toujours vu comme "empester [une odeur]" (empester le tabac, empester la pourriture, etc.) ; alors que là tu l'emploies pour quelque chose qui transmet une odeur à la voiture. Je suis pas sûre que ce soit très correct (mais c'est peut-être juste moi qui connais pas, faudrait vérifier !)

J'aime bien le passage horreurs d'enfants/d'adultes :)

Citer
et c'est branle-bas de combat à la maison
l'expression consacrée, c'est pas "c'est le branle-bas de combat" ?

Citer
parce que des fois l'envie de quitter l'enfer du bus est plus forte, et d'autres fois c'est l'envie d'éviter l'enfer de l'école qui l'est.
joli

Citer
Les œufs qu'ils ont utilisé
utilisés

Citer
Alors sous les yeux émerveilles du plus jeune
émerveillés

Citer
et c'est fascinant pour eux de voir qu'ils ne peuvent peut être pas tout détruire.
joli aussi !
(mais c'est "peut-être")

Citer
Mais il l'est déjà, parce qu'ils sont tous les deux penchés sur la main du plus grand, à regarder la queue, ce petit bout de chair morte qui bouge encore, et c'est fascinant pour eux de voir qu'ils ne peuvent peut être pas tout détruire. Mais ça les énerve aussi, alors ils attendent impatiemment, ils veulent voir quand la queue cessera de bouger et quand ils auront gagné. Mais elle continue longtemps encore,
ça fait trois phrases qui commencent par "mais", j'ai pas eu l'impression que c'était volontaire (la répétition m'a gênée)

Citer
Mais au fond, avec les fenêtres fermées, il y a toujours cette sale odeur. Ce truc qui pue, ce truc si sale. Peut être pas le chien, finalement.
Alors il faut savoir qu'à la première lecture, à ce stade j'étais persuadée que la petite fille persécutée, après être allée se cacher dans le grenier, était morte dans le coffre de la voiture  :mrgreen:
Mais bon, on s'en fiche de mes interprétations bizarres  ><
En tous cas ce passage sur l'abandon du chien est vachement réussi :)

Citer
Elle est tellement recroquevillée qu'elle en est presque couchée sur sa chaise
Je trouve pas que l'expression soit très bien trouvée : être couché sur une chaise, c'est plutôt l'inverse d'être recroquevillé : on s'étale, on s'affale sur le dossier...

Citer
et bafouille excusez moi
excusez-moi

Citer
Laisse moi tranquille
laisse-moi

Citer
On agit souvent ainsi avec les intrus
Je trouve la tournure trop scolaire, pas très bien insérée dans ce texte dont le ton sonne par ailleurs si juste

Olive --> J'avoue que je vois pas trop comment tu as pu trouver le texte frais et léger :D

C'est le premier que j'avais lu du Blind Text, et il m'avait vachement marquée, j'avais emporté son ambiance avec moi une partie de la journée.
Je crois que je le préfère dans sa version courte du BT, parce que le passage des deux garçons qui torturent les animaux, je l'ai trouvé moins glaçant, moins original ; surtout dans sa deuxième partie parce que tu les dépeins un peu comme des fous sadiques (juste dans ta façon de les présenter), alors que partout ailleurs ce qui fait peur dans ce texte c'est que tu présentes des gens normaux, en rentrant dans leur tête et en montrant la normalité de la cruauté.
Bref, j'ai vraiment moins aimé le passage avec les deux gamins.

Pour le reste, j'ai trouvé le texte vraiment bien. Comme disait Zach, il prend aux tripes. Le ton m'a un peu fait penser à certains débuts des épisodes de la série Médium, avec une voix off qui raconte sur un ton tranquille des choses banales qui deviennent peu à peu horribles  :D Les passages dans la voiture sont super bien réussis : on sent la chaleur, le ras-le-bol, l'agressivité qui monte. On dirait, durant tout le texte, que tu es une petite caméra qui se balade à l'insu des gens dans les scènes de la vie quotidienne, qui saute d'une tête à l'autre, chope un bout de pensées ici où là, pour montrer les cruautés dans leur normalité la plus frappante. C'était une chouette idée d'intercaler avec les passages du chat, aussi. On se demande où tu veux en venir au début, et puis ça aère le texte.

Bref, c'est bien réussi, et le texte ne laisse vraiment pas indifférent ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Doctor Grimm

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #17 le: 01 Mars 2013 à 16:09:56 »
Olive et Jon :

Frais ? Léger ? Rire ?  :o
Je comprend pas trop vos réactions mais en tout ca,s merci beaucoup d'être passés et d'avoir pris le temps de commenter  ;D


Mil :

Citer
il empeste la voiture


c'est peut-être moi, mais t'es sûre que empester ça peut s'employer comme ça ? Je l'ai toujours vu comme "empester [une odeur]" (empester le tabac, empester la pourriture, etc.) ; alors que là tu l'emploies pour quelque chose qui transmet une odeur à la voiture. Je suis pas sûre que ce soit très correct (mais c'est peut-être juste moi qui connais pas, faudrait vérifier !)
Je sais pas, il me semble l'avoir déjà vu écrit comme ça, mais je me trombe peut être...

Citer
Mais il l'est déjà, parce qu'ils sont tous les deux penchés sur la main du plus grand, à regarder la queue, ce petit bout de chair morte qui bouge encore, et c'est fascinant pour eux de voir qu'ils ne peuvent peut être pas tout détruire. Mais ça les énerve aussi, alors ils attendent impatiemment, ils veulent voir quand la queue cessera de bouger et quand ils auront gagné. Mais elle continue longtemps encore,


ça fait trois phrases qui commencent par "mais", j'ai pas eu l'impression que c'était volontaire (la répétition m'a gênée)
Ah oui en effet. J'vais arranger ça !

Citer
Elle est tellement recroquevillée qu'elle en est presque couchée sur sa chaise


Je trouve pas que l'expression soit très bien trouvée : être couché sur une chaise, c'est plutôt l'inverse d'être recroquevillé : on s'étale, on s'affale sur le dossier...
Je m'ai trompé, je voulais mettre "table" T_T mais dans tout les cas ça marche pas trop non plus. Merci ^^

Je suis contente que ça t'ai plu, merci beaucoup beaucoup d'avoir commenté !  :mrgreen:
Toute ma peau est maladésir.

Hors ligne ernya

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #18 le: 21 Août 2014 à 20:03:25 »
Citer
Mais peut être pas encore assez.
peut-être



 
Citer
et c'est fascinant pour eux de voir qu'ils ne peuvent peut-être pas tout détruire.
j'aime !

Citer
Peut être pas le chien, finalement.
peut-être
tu le copieras 10 fois


 
Citer
Quand ils sortent à la récréation ce matin là

matin-là

Citer
Laisse moi tranquille,
Laisse-moi

(t'as un souci avec les tirets dis-moi !)

 
Citer
au dessus de la tête la nuit,

au-dessus

alors on ferme les yeux et on dort un peu mieux. [/i]

Citer
Aux dents pointu et aux yeux méchants.

pointues

J'ai bien aimé ton texte ! Ca se lit tout seul, j'aime bien aussi le mélange des discours. Le titre correspond bien.
Par contre, j'ai pas du tout aimé le dernier paragraphe qui vient moraliser, qui vient résumer ton texte alors que le titre fait d'emblée voir les liens, alors qu'on est grands et que tout ce que tu dis dans le dernier paragraphe, on le comprend tout seul comme des grands. Voilà, j'aime pas du tout quand un texte moralise et je suis vraiment convaincue que c'est pas la peine de mettre ce mot de fin, de jouer aux grands narrateurs qui ont le dernier mot quand on a un texte qui fonctionne bien, avec un bon style, avec un texte suffisamment explicite pour qu'on se goure pas sur l'interprétation.

Voilà j'ai vraiment juste ce dernier paragraphe qui me fait grincer les dents  :P
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #19 le: 26 Septembre 2014 à 11:17:31 »
Salut

Citer
Ils sont dans la voiture depuis ce matin. Ils sont dans la voiture depuis ce matin,
La répétition m'a un peu géné. J'aurais préférer une variation sur la deuxieme phrase je crois ( sinon comme mil' j'aime bien cette entrée en matière)
Citer
des horreurs d'adultes.
la reprise des horreur, c'est drôlement chouette (enfin, chouette non, c'est horrible, mais ça fonctionne bien quoi)

Et puis après ben... plus rien. J'ai été hachement pris par le texte, et du coup, j'ai plus rien relevé.
En impression générale, je dirais  Wooooow.
ça porte drôlement bien son titre ce texte. C'est'affreux, horrible, cruel mais vraiment très très juste. Mention spéciale pour la petite fille à l'école avec la peur de prendre le bus et surtout
Citer
« Une enfant discrète », ils disent. Discrète. Mais peut être pas encore assez.
Qui m'a drôlement secoué. J'en ai même la larmes à l'oeil disdonc

L'alternance des trois histoires m'a beaucoup plu, l'idée d'intercaler une quatrième histoire en italique aussi.
Un peu comme ernya, je regrette juste non pas le denier paragraphe mais la dernière phrase qui fait effectivement "morale à gros sabot" alors que ton texte tout en finesse et justesse pourrait vraiment s'en passer
Citer
c'est autre chose qui grandit. Une odeur, une forme de puanteur, une maladie persistante. Une forme de Peste qui empoisonne.
(d'ailleurs pourquoi une majuscule à peste?)

bref, très réussi avec plein de phrases bien choc.
(d'ailleurs je suis bien secoué, bravo tu peut être fière de toi :mrgreen:)

Bravo et merci pour ce texte

Hors ligne El_ChiCo

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Re : [Blind Text] Petites Cruautés [version longue]
« Réponse #20 le: 12 Décembre 2014 à 18:40:19 »
Salut Grimm,


Avec le recueil, je suis dans une période de renouement avec le forum haha !
En tout cas, c'est ton tour :mrgreen:



leurs corps ridicules se glissent dans les anfractuosités.
C'est joli anfractuosités, je ne connaissais pas :coeur:


Ils sont dans la voiture depuis ce matin. Ils sont dans la voiture depuis ce matin, c'est l'été, il fait horriblement chaud, et l'embouteillage qui les empêchait d'avancer depuis près de trois heures vient enfin de les libérer.
Il y a une idée, avec la répétition de la première phrase, mais je trouve dommage qu'elle n'ait pas été suivie un peu plus.
En fait, à la première lecture, je n'ai pas compris pourquoi la répétition. Après, avec une deuxième lecture moins atonale, j'ai mieux senti l'insistance, la répétition, la lenteur, etc. Mais peut-être que ça pourrait être intéressant de jouer encore plus avec ça. De construire petit à petit tout le début, que ça soit laborieux, et que tout d'un coup, quand l'embouteillage se calme que tu repartes sur un rythme plus fluide.
Par exemple, construire ta phrase par tronçon, soit en répétant systématiquement la fin de la phrase précédente, soit en rajoutant petit à petit un bout, comme les comptines pour enfants. Peut-être que ça peut rendre bien, à voir…


C'est Papa qui conduit. […] qui secoue ses os dans tous les sens.
J'aime bien le style de langage que tu utilises ici :)
Par la suite, il y a des phrases quand même un peu trop à rallonge à mon gout, mais dans l'ensemble j'aime bien.


Elle voit le paysage qui défile […] des horreurs d'adultes.
C'est cool le passage de la dispute de la banquette arrière à la banquette avant.


Alors on commence à s'énerver parce qu'elles sont chez Nous
Est-ce que la majuscule est indispensable ?


Elle n'aime pas aller à l'école. […] Discrète. Mais peut être pas encore assez.
J'ai trouvé très touchant cette saynète-là.


Mais il l'est déjà,
Il est déjà quoi ? J'ai pas bien compris à quoi se rapportait le l'


Quand ils ont vu le champ, […] pour voir qui vise le mieux.
Bien vu aussi :)


ils repartent pour un tour, aboyant encore, et le chien d'aboyer plus fort qu'eux.
Ça fait un peu bizarre cette fin de phrase…


en aboyant plus fort toujours.
Ça fait bizarre dans cet ordre : plus fort toujours


Ils ont arrêté de se disputer, […] finalement.
Je ne suis pas super convaincu par la fin de ce paragraphe. Je ne sais pas trop comment dire… Je ne sais pas trop ce qui ne me plait pas, mais c'est juste les trois dernières phrases…


ce matin là
ce matin-là


La petite blonde avec ses deux tresses […] Qu'est ce qui fait vomir les petites filles ?
Le passage avec les deux filles est un peu compliqué à suivre : parfois on ne sait plus trop qui est elle est qui est elle.
Et sinon, comme pour l'autre paragraphe, je n'accroche pas vraiment avec la dernière phrase…


Quelque chose à faire ou je disparaîs
disparais


Ils n'ont pas touché les oiseaux […]Ça commence à peine.
Là ça va, j'ai rien contre la fin.


On agit souvent ainsi avec les intrus […] Une forme de Peste qui empoisonne.
Ce paragraphe-là, j'ai trouvé que c'était trop moralisateur. C'est trop quoi… Enfin, je veux dire que le message passe bien avec les différentes saynètes que tu décris avant, il n'y a pas besoin de rajouter une couche à la fin en disant explicitement « Ouh ! c'est vilain, il faut pas faire ça ! ».
Donc c'est un peu trop à mon gout.


Sinon, sur l'ensemble du texte, j'ai bien aimé la construction, avec les trois ou quatre petites histoires qui se construisent petit à petit et qu'on retrouve dispatchées dans le texte. J'ai trouvé que ça rendait bien.


Du coup, à mon gout, il faudrait revoir deux ou trois passages pour peaufiner quelques trucs, notamment des fins de paragraphes, mais dans l'ensemble, j'ai trouvé que c'était un bon texte. Merci.


Et puis parce que j'aime bien être chiant avec ça, et surtout parce que ça ne sert à rien donc que c'est indispensable : il y a des espaces à la fin des paragraphes de temps en temps.

 


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