Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

08 novembre 2026 à 05:04:19
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Première tentative de poème en prose

Auteur Sujet: Première tentative de poème en prose  (Lu 1816 fois)

Rose XII

  • Invité
Première tentative de poème en prose
« le: 24 janvier 2013 à 13:46:32 »
Voilà. Certains d'entre vous sont venus à mon chevet dans la rubrique Atelier d'écriture, où je me morfondais lâchement, et je les en remercie de tout coeur.
Ici, ma première tentative de poème en prose. Dites-moi, s'il vous plaît, si cela semble convenable ou pas, eu égard à la définition de la chose.
************************

I

Lui, c'est le compliqué, le pas facile et le duraille, un qui agace, un qui n'a pas les mots dans le dos de son coeur et qui n'a pas les yeux gercés, un qui s'en fout du fait qu'on l'aime ou pas. Un qui y croit. Un qui sait accepter la veine et le malheur, comme un qui n'en aurait pas eu de toute sa jeunesse ou dans son âge mûr ou en blette saison. Un qui serait un con dans le beau sens du terme. Un que par un seul mot, un seul geste, un regard, il est possible d'émouvoir. Un qui énerve à n'être pas d'accord, à tenir haute sa dragée fourrée d'amande amère, un vrai, un père.

Un qui saurait pleurer sur les enfants des autres, un apôtre, un génie de son temps, un ami des puissants, un ennemi des hommes et leur plus bel enfant, devenu grand. Mais grand comme un Hugo, comme un homme debout, comme un qui noblement se passerait d'un titre et qui serait l'histoire et qui serait la gloire, un vrai, un père.

Lui, c'est le protecteur, la loi, plutôt dans ses amendements. C'est le législatif et c'est l'exécutif d'une tendresse de matraque en chocolat fondant. C'est l'homme de l'instant, celui qui sait donner, qui se ferme à reprendre et qui pire que pendre a pensé de l'amour ... qui y revient toujours. C'est un qui de sa vie n'a commis que des doutes et qui n'a rien laissé qu'un coeur à hériter, un coeur altier, un coeur tout lacéré de misère et de joie, un coeur de roi.

Hors ligne Kerena

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 659
  • Schrödinger cat
    • Dans les nuages
Re : Première tentative de poème en prose
« Réponse #1 le: 24 janvier 2013 à 14:03:00 »
Bon, beh j'y connais un peu sur la forme, mais peu sur le fond des poèmes en prose :mrgreen:

Mais je dois dire que ton "texte" est très poétique en tout cas, certaines sonorités reviennent et donne une belle mélodie.

Big up pour : c'est l'exécutif d'une tendresse de matraque en chocolat fondant


Voilou, c'est tout pour ma part :mafio:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Rose XII

  • Invité
Re : Première tentative de poème en prose
« Réponse #2 le: 24 janvier 2013 à 21:16:23 »
Merci beaucoup pour ta lecture et ton commentaire, Kerena. :)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 673
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Première tentative de poème en prose
« Réponse #3 le: 24 janvier 2013 à 21:40:40 »
Citer
Lui, c'est le compliqué, le pas facile et le duraille, un qui agace,
j'ai un peu de mal avec tous tes changements : "lui"  "le" "un", j'aurais mis "quelqu'un" à la place de "un" en fait, surtout parce qu'au niveau du rythme, la sonorité de "un" est très fermée, bref, ça s'accroche, j'trouve

Citer
un qui n'a pas les mots dans le dos de son coeur et qui n'a pas les yeux gercés,

"dans le dos de son coeur", c'est long, je trouve, enfin c'est marrant d'imaginer un dos à un coeur, hein, je vois plutôt ça comme un truc rond, moi :P
c'est juste, encore une fois une question de rythme mais c'est perso

Citer
un qui s'en fout du fait qu'on l'aime ou pas. Un qui y croit.
bof ? après tes images, je trouve la chute brutale parce qu'on est dans le médiocre là...

Citer
comme un qui n'en aurait pas eu de toute sa jeunesse ou dans son âge mûr ou en blette saison.

encore une fois j'aurais mis "quelqu'un"
"comme un qui n'en n'aurait": c'est moche, non ? niveau prononciation

Citer
Un qui serait un con dans le beau sens du terme.
c'est quoi le beau sens du terme ?

Citer
Un que par un seul mot, un seul geste, un regard, il est possible d'émouvoir.
en fait ton anaphore en "un", elle est lourdingue, c'est pas une sonorité agréable et ça te fait des phrases très lourdes

Citer
Un qui énerve à n'être pas d'accord, à tenir haute sa dragée fourrée d'amande amère, un vrai, un père.
bof bof pour la dragée tenue haut. Ou alors j'ai pas pigé la référence

Citer
un Hugo, comme un homme debout, comme un qui noblement se passerait d'un titre et qui serait l'histoire et qui serait la gloire, un vrai, un père.
mouis, mettre une fois 'un vrai, un père" ça a plus de force...

Citer
d'une tendresse de matraque en chocolat fondant.

c'est lourd, je trouve, y a trop de compléments

Pour le poème en prose, je sais pas trop. Pourquoi pas. Je trouve que ça manque peut-être un peu de force mais si t'as envie d'appeler ça "poème", c'est ton choix. Je veux dire la question du genre, on peut débattre dessus pendant des heures.
Y a de l'idée, je trouve, t'as des images qui ne demandent qu'à mûrir (et ça c'est cool), mais j'accroche pas au fond par contre. T'utilises trop les mêmes structures pour moi et puis j'aime pas les éloges.  :mrgreen:
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Rose XII

  • Invité
Re : Première tentative de poème en prose
« Réponse #4 le: 25 janvier 2013 à 07:38:12 »
Je crois qu'effectivement, il faut "le" connaître pour comprendre le rythme et les images de ce texte, mais peu importe, ce que je voulais, c'était savoir si cela pouvait passer pour du poème en prose. Selon toi, donc, difficilement. Je note.

Pour les remarques de choix stylistique, hop :

"Quelqu'un" me dérange en cela que les assonances en "qu" sont agressives et pas très musicales. Cela évoque de plus les mots enfantins et connotés comme sales :"caca, cucu, kiki, etc." Cela alourdit énormément les textes.

Je préfère de loin l'effet des vocaliques, quitte à les répéter pour obtenir un sentiment de lourdeur, si la personne dont on parle a un forme de densité dans le tempérament, qui peut en lasser certains.
Cependant, trop de "un", je note. Je vais réfléchir à cela et je partage ce point de vue moi aussi. En voulant donner une sorte de densité, j'ai cartoné l'ensemble.

Les longueurs et les restrictions sont voulues : coupées à la hache pour un homme à qui ce rythme-là est naturel. Une sorte d'effet "dents de scie" qui évoque un tempérament excessif. De même, les changements de registre lingistique : quelqu'un qui est capable de tout sait jouer sur tous les tableaux et parler tous les niveaux de langue. Il sait parfaitement maîtriser le français et, pour autant, lâchera un juron devant ce qui le choque, le blesse ou l'énerve. Mais cela peut encore changer, je lâche rarement un texte de manière définitive, sauf pour la versification classique, et encore, pas toujours.

Il reste ensuite les images qui te conviennent mal. Le dos du coeur, par exemple. Pour moi, cela fonctionne parce que le coeur, dans son milieu naturel, est suspendu dans la poitrine et qu'on peut lui imaginer une face et un dos. C'est une personnification un peu risquée, je te l'accorde, un peu crue aussi, dans un sens. Je note qu'elle déplaît.

La dragée haute peut déplaire elle aussi, je le conçois. Mais j'aime bien cet effet de dégoût ici, c'est très bien que cela irrite. L'image est encore un peu faible, du reste, mais je n'ai pas retouché encore, je vais y réfléchir. Je voudrais quelque chose de plus fort.

La matraque m'agace moi-même, alors, pour le coup, elle ne survivra pas, c'est certain. ;)

Pour le beau sens du terme "con", il y a celui que les gens trouvent con et qui ne l'est à leurs yeux que parce qu'il est différent d'eux-mêmes. On peut certainement en trouver d'autres, mais dans ce contexte, c'est celui-ci que j'ai évoqué (le sexe de la femme n'étant pas à mes yeux l'acception la plus "belle", mais pour le coup, nombre d'hommes penseraient autrement. ).

Je ne suis cependant pas certaine de conserver ce passage-là non plus. À voir.

Même si mon objectif, comme indiqué en début de conversation, était surtout de savoir si, oui ou non, j'avais saisi l'aspect technique du poème en prose, je te remercie d'avoir donné ton sentiment de correctrice sur mon écrit.

Enfin, je retiens surtout que pour le poème en prose, ce n'est pas encore cela et que, selon toi, cela n'entre pas dans les critères du genre. Mais comme tu le soulignes, la description est vague.

Cela dit, pour moi, si quelqu'un trouve que ce texte ne peut pas convenir pour cela, la question se pose à nouveau de ma compréhension de la définition.

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de lire et commenter mon premier né du genre. J'espère mieux faire la prochaine fois et, en tout cas, tu n'as pas épargné ta peine pour entrer dans les détails. C'est vraiment gentil de ta part. :)

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 673
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : Re : Première tentative de poème en prose
« Réponse #5 le: 25 janvier 2013 à 09:50:17 »
Citer
c'était savoir si cela pouvait passer pour du poème en prose. Selon toi, donc, difficilement. Je note.
non, enfin comme je l'ai dit, on peut disserter sur la forme pendant des heures. Chez Lautréamont par exemple (que te citait entre autres Lo si j'ai bonne mémoire), on pourrait très bien dire que ça tient plus à l'épique, ou au discours scientifique vulgarisé ou au roman ou à la nouvelle pourquoi pas. Le poème en prose, c'est méga galère à définir, j'ai lu des bouquins critiques dessus un jour et je peux t'assurer que ça n'a rien d'évident. Pour moi, dans ton texte, il me manque soit la petite anecdote baudelairienne avec sa chute à la fin, soit l'univers défiguré de Rimbaud, saturé d'images, soit la force épique, la violence dans les mots de Lautréamont. Je trouve que ça sonne moins aussi que du Saint-John Perse. Bon. Ca veut dire quoi ? Ca veut dire que t'es pas à leur niveau, oui bon, comme tout le monde quoi. Bref, je sais pas m'exprimer, ce que je voulais dire, c'est que, pour moi, ça manque un peu ou de densité, ou d'images, pour que ça me convainque vraiment en tant que poésie. Mais c'est pas parce que je trouve que ça manque encore de peps que c'en est pas pour autant un poème en prose.  ;)
Je suis pas la gardienne de la forme.  :mrgreen:

Citer
"Quelqu'un" me dérange en cela que les assonances en "qu" sont agressives et pas très musicales. Cela évoque de plus les mots enfantins et connotés comme sales :"caca, cucu, kiki, etc." Cela alourdit énormément les textes.
pas vraiment d'accord avec toi surtout que pour le coup les QUE et cie abondent dans ton texte :noange:
mais sinon non, quiconque, ça fait latin-ancien français, ça fait pas sale :o

Citer
Les longueurs et les restrictions sont voulues : coupées à la hache pour un homme à qui ce rythme-là est naturel. Une sorte d'effet "dents de scie" qui évoque un tempérament excessif. De même, les changements de registre lingistique : quelqu'un qui est capable de tout sait jouer sur tous les tableaux et parler tous les niveaux de langue.
j'avais bien compris l'idée, j'aurais dû préciser, c'est juste que le rendu me convainc pas. Lautré t'aidera peut-être pour ça : il mélange pas mal le grotesque et le sublime.
Je sais pas si tu parles de Hugo ou pas (je me suis demandé vu que j'ai lu que t'étais une hugolienne convaincue), bon j'ai pas fait de mémoire ou d'études particulières sur lui dont je prétendrai pas tout connaître mais niveau mélange bas/haut, il est pas non plus allé très très loin le petit Hugo, il avait trop d'estime de lui et de la litté pour ça, je crois. Mais tu parles sûrement pas de Hugo.

Citer
C'est une personnification un peu risquée, je te l'accorde, un peu crue aussi, dans un sens. Je note qu'elle déplaît.
ce qui me dé plaît dans tes images, c'est pas le fond, c'est la façon dont c'est dit, l'idée en elle-même ne me déplaît pas. Et t'en fais pas pour le cru, c'est pas du tout ce qui me dérange (et a priori ça dérange peu de monde sur ce forum :mrgreen:)

Citer
Pour le beau sens du terme "con", il y a celui que les gens trouvent con et qui ne l'est à leurs yeux que parce qu'il est différent d'eux-mêmes. On peut certainement en trouver d'autres, mais dans ce contexte, c'est celui-ci que j'ai évoqué (le sexe de la femme n'étant pas à mes yeux l'acception la plus "belle", mais pour le coup, nombre d'hommes penseraient autrement. ).
vi j'ai aussi pensé au con de la femme, pas convaincue de la beauté incroyable du truc, plaisir n'est pas beauté. Mais indépendamment de ce sens -puisque tu ne le retiens pas- pas trop convaincue par ton explication pour le coup. Tu parles du "sens" d'un mot, donc ça renvoie à sa définition et vraiment de ce dont tu parles ici. En fait, c'est cette question de "beauté" que je pige pas.
Je vois pas de beauté ici
, à la limite on pourrait dire que le sens de sexe féminin serait positif (au sens où "con" n'a rien de péjoratif)

Voilà, je pense pas que tu seras d'accord sur le détail du texte mais j'espère t'avoir rassuré sur ton inquiétude quant au poème en prose ;)
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Rose XII

  • Invité
Re : Première tentative de poème en prose
« Réponse #6 le: 25 janvier 2013 à 10:26:47 »
À partir de tes précieux conseil, j'ai porté un regard neuf sur le petit ouvrage que j'ai revisité sur un nouveau métier :

*****************

Lui, c'est le compliqué, le pas facile et le duraille, un qui agace, un qui n'a pas les mots dans le dos de son coeur et qui n'a pas les yeux gercés. Celui qui sait accepter la veine et le malheur, comme qui n'en aurait pas eu de toute sa jeunesse ou dans son âge mûr ou en blette saison. Un que par un seul mot, un seul geste, un regard, il est possible d'émouvoir. Celui qui nous énerve à n'être pas d'accord, à tenir haute sa dragée fourrée d'amande amère, un vrai, un père.

Celui qui sait pleurer sur les enfants des autres, un apôtre, un génie de son temps, un ami des puissants, un ennemi des hommes et leur plus bel enfant, devenu grand. Mais grand comme un Hugo, comme un homme debout, comme un qui noblement se passerait d'un titre et qui serait l'histoire et qui serait la gloire, un vrai, un père.

Lui, c'est le protecteur, la loi, plutôt dans ses amendements. C'est le législatif et c'est l'exécutif d'une tendresse un peu râpeuse. Il est le prêtre de l'instant, celui qui sait donner, qui se ferme à reprendre et qui pire que pendre a pensé de l'amour ... qui y revient toujours. C'est un qui de sa vie n'a commis que des doutes et qui n'a rien laissé qu'un coeur à hériter, un coeur altier, un coeur tout lacéré de misère et de joie, un coeur de roi.

*******************
 
Tes mots sur la forme du poème en prose me rassurent un peu. Je crois que j'ai à peu prés saisi, du coup.

Tu sais, c'est très subjectif, ces histoires de quelque et de quiconque, en fait, je pense que ce n'est que ma propre oreille qui n'aime pas deux "que" côte à côte. Le son unique ne me déplaît pas. Papa Freud nous dirait pourquoi je bloque! :)

Ce poème s'appuie sur une image paternelle que je connais, qui m'est proche et intime, sans désigner en particulier une personne. La référence à Hugo vient peut-être d'une sorte de comportement intérieur, pressenti chez lui comme chez les personnes qui ont fixé pour moi cette image du père.

Finalement, je me suis rangée à presque toutes tes observations et je ne le regrette pas. :) J'ai passé beaucoup de temps sans écrire et je suis venue ici pour retrouver une acuité sur mes textes et un allant que j'ai perdus depuis longtemps. Je ne sais pas si cela fonctionnera, mais tu m'as fait beaucoup de bien et je t'en remercie. Tu m'as reconnectée, sans le savoir, à... bref. Difficile à dire. Merci. :)



 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.015 secondes avec 16 requêtes.