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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]

Auteur Sujet: Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]  (Lu 4811 fois)

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Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« le: 11 Décembre 2012 à 00:32:31 »
Ce texte fait suite à celui que j’ai écrit sur une discrimination ici que je n’avais pas nommée. Cette discrimination a été interprétée par plusieurs lecteurs comme étant « l’homophobie ». Ce n’était pas le sujet de mon texte mais du coup, ça m’a donné envie d’en écrire un, très différent de l’autre. Je trouve qu’il est bienvenu en raison du débat législatif et médiatique que suscite  le projet de loi du « mariage pour tous ».

Donc si j’avais écrit sur l’homophobie, voilà ce que j’aurais dit :


Lesbophobie ordinaire


Je ne crois plus en toi. Je ne veux plus rien savoir de toi. Je veux que tu disparaisses.
Je veux te rendre les coups que tu m’as donné, te frapper au visage, te faire saigner à mort, déchirer ton sourire d’ange avec mes dents, je veux t’entendre hurler. Je veux que tu me demandes pardon, je veux tes excuses présentées sur un plateau d’argent. Je veux que tu te plies devant moi à genoux, le regard empreint d’une culpabilité qui te rongerait le sang et les entrailles, je veux te voir souffrir.

A 11 ans, j’ai embrassé un garçon. Ou plutôt non, c’est lui qui m’a embrassée, dans une boum. On était en train de danser un slow. Ce n’était ni agréable, ni désagréable. J’étais juste fière d’être dans ses bras et de me sentir enfin « grande ». Il a approché sa bouche de la mienne et il a commencé à m’embrasser. Je ne m’y attendais pas du tout. Je ne pensais vraiment pas que ça arriverait. Je l’ai laissé faire. C’était bizarre, étonnant. Il a mis sa langue dans ma bouche et elle a commencé à tourner dans tous les sens, c’était mouillé et je n’ai pas du tout aimé. Je l’ai poussé et je suis sortie de la maison. Une fois au frais dans la nuit, des copains m’ont rejoint. Ils m’ont félicitée (un premier baiser, ça se fête) et j’ai éclaté en sanglots. Je ne savais pas pourquoi je pleurais. Je savais juste que je ne voulais pas être embrassée par ce garçon. Je ne l’aimais pas d’ailleurs, aucun doute là-dessus. Je suis rentrée à toute vitesse pour m’excuser auprès de lui et je lui ai dit que c’était une erreur, qu’il valait mieux que nous soyons amis.

Tu aurais dû me dire, tu aurais dû m’expliquer. Tu aurais dû me dire que j’avais le droit. Tu aurais dû m’expliquer que pour connaître son désir il faut écouter ses sensations. Tu aurais dû me dire qu’on ne choisit pas qui on aime, qu’il faut être attentive aux murmures de son corps et suivre son instinct. Tu aurais dû me montrer à la télé, dans les livres, dans les manuels scolaires qu’il existe des femmes qui aiment les femmes et que c’est une bonne chose. Tu aurais dû m’accompagner.

A 12 ans, je suis partie en voyage scolaire à Rome et j’ai rencontré Annabelle. Elle était douce, si gentille et si belle. Je la prenais dans mes bras et je lui caressais les cheveux. Je me perdais dans ses yeux bruns profonds et elle se collait contre moi. Quel formidable voyage ! La ville était magnifique, nous étions en vacances et nous chantions tous en chœur dans les rues. Elle me tenait par la main et je lui faisais des bisous sur les joues. J’étais si heureuse auprès d’elle. Mon professeur de français a demandé à nous voir en privé  pour parler. Elle nous a dit ceci : « Ecoutez les filles, il faut que vous arrêtiez de vous tenir la main toute la journée, d’être collées en permanence. Ca dérange les garçons, ils ne trouvent pas ça « très normal ». » Je n’ai pas du tout compris de quoi elle nous parlait. Je ne comprenais pas qui cela pouvait déranger qu’on soit amies toutes les deux. Je n’ai sincèrement pas compris ce qu’elle voulait nous dire. Avant de nous laisser, elle a rajouté ceci : « Vivement le prince charmant ! ». Alors j’ai pensé que oui, bien sur, mon prince à moi arriverait un jour.
A notre retour, Annabelle et moi avons passé nos week-ends ensemble pendant plusieurs mois. Je l’aimais énormément. Un jour, ma cousine  m’a avoué que ma grand-mère disait à tout le monde que j’étais probablement lesbienne. Je ne savais pas trop ce que cela signifiait. J’avais vaguement entendu le mot « homosexuel » associé la plupart du temps à ceux de « pervers » « malades » « contre-nature ». Perturbée par cette nouvelle, je suis allée voir ma maman pour lui répéter ce que ma grand-mère disait de moi. Sa réaction a été sans appel : « N’importe quoi ! Ta grand-mère délire ! » Elle semblait très fâchée. « Tu n’es pas lesbienne, ne l’écoute pas. ».


J’aurais aimé que tu n’ais pas peur. J’aurais aimé que tu mettes des mots sur ce qui se passait dans mon cœur et dans ma tête. Tu aurais dû m’empêcher de me torturer comme je l’ai fait. Tu aurais dû me rassurer. Tu aurais dû cesser de me demander si j’avais un petit copain et quel garçon me plaisait dans ma classe. Tu aurais dû savoir écouter, comprendre, tu aurais dû te renseigner.

A 18 ans j’ai eu mon premier rapport sexuel. Je ne gardais pas mes « amoureux » bien longtemps en général. Je les trouvais toujours plus sympathiques dans mes rêves que dans la réalité. Mais j’avais 18 ans et j’étais encore vierge ! Vierge à 18 ans, ça n'est pas glorieux. C’est inquiétant, angoissant. Il faut y aller et se jeter à l’eau. C’est ce que tu m’as dit. Comme je sentais bien que j’avais un problème, je me devais de me prendre en charge, d’avancer, d’être plus adulte, plus mûre. Il était mignon et très gentil. Je lui ai dit qu’il fallait qu’on le fasse. Je crois qu’il n’avait pas plus envie que moi. Ca a été très rapide. Quelques baisers, des caresses et la pénétration. Douloureuse, très douloureuse jusqu’à crier. Le sang qui coule. Le dépucelage. J’étais une femme. J’ai pleuré. Pleuré encore et encore et encore. Il m’a pris dans ses bras, aussi décontenancé que moi.
Qu’est-ce que j’ai ? Pourquoi je pleure ? Ca me fait peur. Pourquoi je n’aime pas ça ? Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ?
Je veux  former un couple, connaître le bonheur d’être à deux. Je le veux plus que tout. J’écoute mes amies, leurs histoires de petits copains, leurs éventuels orgasmes, leurs premières pipes. On se marre, on grandit, on veut avancer, devenir adulte.
A 19 ans un autre.  Il dit qu’il m’aime alors moi je l’aime aussi. Il me déshabille, il me trouve très belle. Il me caresse mais je veux que ça aille vite. Oui, c’est cela, soyons rapide, finissons-en. Je veux être efficace et satisfaisante. On vit ensemble : levrette, fellation, missionnaire, debout, assis, dans la baignoire et j’attends. J’attends sa libération à lui. Je suis sortie de mon corps il y a bien longtemps. Je gémis, je me pâme, je joue la comédie. C’est ce qu’il faut faire. Car tout ça est de ma faute. Je m’interroge sans relâche. J’ai dû me faire violer quand j'étais enfant, c’est la seule explication. Ou alors je suis frigide ? (encore pire !) Ca existe les femmes frigides, une vraie catastrophe pour les hommes, les pauvres.
Je m’en veux. Quelques fois je les arrête en plein milieu parce que je me mets à pleurer d’un coup. Je me confonds en excuse « Pardon, c’est moi, je suis désolée, j’ai un problème avec le sexe. Excuse-moi. On pourra recommencer plus tard. Pardon. »


Et je t’en ai parlé. De toutes mes inquiétudes, mes angoisses, mes incompréhensions. Ces hommes avec qui ça ne durait pas. Et jamais, non, jamais tu ne m’as contredite. Jamais tu ne m’as interrogée sur les femmes. Jamais tu ne m’as montré les lesbiennes autrement que comme de vicieuses perverses qui se prenaient pour des hommes et singeaient les couples "normaux". Je ne les ai jamais vues, jamais lues, jamais entendues. Elles n’existaient pas.
Oh toi ma France comme je te hais quelques fois.

A 26 ans j’ai su. J’ai compris le traumatisme que j’avais fait vivre à mon corps par ignorance. Ca a été dur. Très dur à accepter.

Mais c’était la vérité, cette vérité que tu m’as cachée, par ignorance, par bêtise, par peur. Je l'ignore et je me fiche de tes raisons. Rien ne justifie de telles tortures.

Si tu savais comme j’ai aimé qu’elle me prenne. Comme j’ai joui dans ses mains, dans sa bouche. Comme j’ai retrouvé mon corps, le plaisir, les décharges d’endorphines qui rendent le monde magique. Comme j’ai aimé caresser passionnément chaque petit morceau de sa peau, lui embrasser le cou, pénétrer son sexe, le sentir se refermer sur mes doigts et la regarder jouir. Si tu savais comme ma vie s’est transformée, comme je suis devenue une femme, une véritable femme, complète, entière, aimante et fière de pouvoir goûter un amour si intense.


La lesbophobie (en France) passe rarement par la violence physique. La lesbophobie c’est l’ignorance, l’invisibilité, le silence.


***********************************************************************************************************************************************

Epilogue Petits exemples de lesbophobie ordinaire quand on est assumée :


Scène 1 - vécue à répétition des centaines de fois !

En soirée, un homme s’approche de moi et commence à me draguer très lourdement.
«  - laisse tomber mon garçon, je suis lesbienne.
Lui sidéré parce que je n’ai pas quarante percings sur la gueule et que ce soir j’ai mis des talons :
- Nonnnnn ?
- Si si si, je te jure, j’aime les femmes, seulement les femmes.
Lui, avec un air très malin (il vient d’avoir l’idée du siècle !)
- Mais ça c’est parce que tu n’as pas rencontré le bon ! Moi, je te ferais changer d’avis. De toute façon, vous les lesbiennes, vous ne baisez pas vraiment. Je veux dire ! Y a pas de pénétration quoi » (et hop, clin d’œil complice et petit coup de coude amical !)
Pour ne pas l’insulter, je prends mes talons, ma petite bouille de gentille hétérosexuelle aux cheveux longs et je me casse.
Ce que je pense: « Mon choupinou, nous les lesbiennes on baise comme des dingues, on se pénètre dans tous les sens et on peut le faire de plein de façons différentes. Quand à toi, je suis sure que tu ferais un PD génial sauf que tu n’as jamais essayé de te prendre une bite dans le cul ! J’ai des copains si tu veux, je peux te présenter ! On sous-estime trop la stimuation de la prostate!»


Scène 2  -courante mais (chut… On n’a pas le droit d’en parler)-

Au travail, on est tous réunis à la cantine :
Simone : « Avec mon mari ce week-end, on a fait du bateau sur le Lac Leman c’était merveilleux. On a passé une super soirée tous les deux, il m’a sorti le grand jeu, c’était notre anniversaire (clin d’œil et gloussement de poule). »
Moi : « Ah oui, moi ce week-end avec ma nana –parce que oui, je suis lesbienne- on est allé au ciné voir superman 18, c’était vraiment sympa. »
[Grand silence choqué.]
Martine rattrape le coup en nous énumérant la liste de toutes les maladies que ses rejetons ont attrapé depuis le début de l’hiver.
Question interieure : Euh j’ai dit un truc qu’il ne fallait pas ? Vous avez détesté Superman 1, 2...17, et du coup, il ne faut surtout pas en parler ?

Plus tard, Caroline vient me voir en me disant : « Tu sais, moi ça ne me dérange pas que tu sois « homo ». »
Intérieurement : « Ah, ben en voilà une bonne nouvelle ! Et bien écoute, moi je vais réfléchir pour savoir si ça ne me dérange pas trop non plus que tu ais les yeux marrons. Je me fais une réunion avec moi-même et puis je t’envoie un fax quand j’ai décidé ! Euhh… Tu m’aurais dit la même chose si j’étais noire ? Du genre : « pssst : Tu sais, ça ne me dérange pas que tu sois noire ! » Ouf, quel soulagement, j’avais peur de me faire lapider. »
Je lui souris aimablement (un peu de retenue tout de même, je suis civilisée) et elle enchaîne : « Enfin, tant que tu ne me dragues pas ! » lol, petit de coup de coude complice dans les côtes !
Je pense : « Ma pauvre fille, faudrait me payer très cher pour que j’ai seulement envie de te voir toute nue. Tu sais, être lesbienne ne signifie pas que je vais me jeter sur toutes les chattes que je croise. Et puis, je n’ai pas pour habitude de violer les femmes et si il y avait eu une ouverture, je l’aurais sentie, je te promets ». Bon, je ne peux pas lui dire ça, elle va le prendre mal.
- Ne t’inquiète pas, je ne drague pas les hétéros. Merci d’être venue me dire ça. » Sourire aimable.
Elle repart fière d’elle, elle a fait sa B.A.
Moi, j’ai légèrement la nausée.


Scène 3 : la lesbophobie n’existe pas :

Toujours au travail, une amie m’informe que lors d’un repas avec quelques collègues l’une d’elle a commencé à critiquer âprement mon coming-out professionnel.
« Elle est chiante ! C’est bon, on a compris qu’elle était lesbienne, ça va, elle n’est pas obligée d’en parler comme ça. C’est sa vie privée, ça ne nous regarde pas. »
Bien sur, elle n’aurait jamais osé me le dire en face !
Je pense très très fort : « C’est quand même drôle qu’elle nous parle en permanence de ses gosses, du boulot de son mec, de ses cadeaux de saint valentin, du ménage qu’il ne fait pas etc. Mais que si j’aborde moi ma vie quotidienne avec ma nana, là, c’est « quand même ma vie privée quoi, je n’ai pas à l’étaler en place publique. » Sois lesbienne mais surtout « ferme ta gueule » !



Scène 4 : Les gens qui te posent des questions :

« Alors entre toutes les deux, qui fait l’homme et qui fait la femme ? » (et re-clin d’œil complice et petit coup de coude dans les côtes… Celle-là, ils ne la loupent jamais)
Je pense très fort : « Va te faire foutre sale con ! » Parce que là tout de suite, je suis fatiguée d’argumenter.


Scène 5 : je t’accepte donc je t’ignore :

Discussion entre collègues :
Géraldine : « Moi je suis contre le mariage homo parce que le mariage est une institution traditionnelle qui représente l’union d’un homme et d’une femme. Je pense qu’un couple gay ne doit pas pouvoir adopter parce que ce serait trop déstabilisant pour les enfants. »
Elle est à la limite de se retourner vers moi pour me demander mon approbation.
Je m'interroge : « Suis-je invisible ? A-t-elle conscience qu’elle est en train de me dire que je ne mérite pas un statut d’humain « normal » ? Si j’étais musulmane aurait-elle dit : « Moi je suis contre la construction des mosquées en France et je pense que les arabes seraient quand même mieux dans leur pays ? »
Là, je ne dis rien, je vais m’enfermer dans les toilettes pour pleurer.



Autre situation en famille. (Je t’accepte donc je t’ignore acte 2!)
Cela fait plusieurs semaines que je vois à la télé, que je lis dans les journaux ou sur internet qu’en tant que lesbienne, je suis un danger pour la société.
Et… Tout le monde s’en fout ! Ils s’en battent la carotte ! Ils sont indifférents au possible et personne ne me demande comment je le vis. Je leur propose de venir manifester avec moi en faveur du « mariage pour tous ». Ils me sourient alors en penchant la tête sur le côté (= compassion)  et comme s’ils s’adressaient à une handicapée mentale, ils m’affirment que c’est bien que je me batte pour mes droits !
« Trop sympa les gars, vraiment ! Je sens que vous faîtes l’effort de comprendre ce que je vis ! Merci. Non, non, je ne me sens pas seule, quelle idée! ! »


Scène 6 : Parler de lesbophobie :

« Arrête, tu en fait tout un plat, nous on t’accepte (= te tolère). Je veux dire, c’est une caractéristique comme une autre. Je ne sais pas, c’est comme si tu adorais la soupe aux choux. »
Je pense : « Etonnant, je n’avais jamais eu l’idée de me marier avec une soupe au chou ! Je n’aurais jamais non plus l’idée de vouloir crier mon bonheur et ma joie de vivre un grand amour avec ma soupe aux choux. Je ne me suis jamais demandé comment bien faire l’amour à ma soupe au chou. Je n’ai jamais été obligée de faire croire que je préférais la soupe de carottes au risque de me faire exclure d’un groupe. Et je ne me suis jamais retrouvée terrifiée à l’idée de ne pas trouver de soupe aux choux dans ce monde adorateur de soupe de carottes »
Non, ce n’est pas la même chose.


Collègue, ami, famille, connaissance, un refrain qui revient souvent : « Je respecte ton choix de vie, ne t’en fais pas ! »
Je tape du pied dans ma tête! : L’homosexualité n’est pas un choix. Il faudrait être totalement masochiste pour préférer être exclue qu’intégrée de fait. On ne choisit pas la personne qu’on désire, ni celle qu’on aime. Ne respecte pas « mon choix » ! Je t’en supplie ne le respecte pas. Intéresse toi, lis sur ce thème, pose moi des vraies questions, parles en à tes enfants, communique sur le sujet, ouvre toi à la différence. Ne la tolère pas, pitié, je préfère encore que tu me rejettes.  Pour toi, pour tes enfants, tes neveux, tes nièces, ton voisin de palier, ta mère ou ton père peut-être, ton frère, ta cousine, ne tolère pas, essaye de comprendre!
« Modifié: 20 Décembre 2012 à 14:16:27 par Elhora »

Hors ligne Rain

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #1 le: 11 Décembre 2012 à 02:25:39 »
Bon, je te préviens, mon intervention va pas être très utile  :mrgreen:. Mais je tiens quand même à laisser un mot.

Donc. Pour le texte en lui-même... En fait, je sais pas trop par quel bout le prendre pour le commenter XD. Je veux dire, les choses que tu dis, y'a pas trente six mille manières de les dire, et je ne pense pas que ce soit un style de texte qui s'attache à corriger des petites lourdeurs et autres maladresses ou tournures un peu bizarre. D'autant plus que j'en ai pas repéré à la première lecture, et j'ai un peu la flemme de relire pour chercher la petite bête  :-¬?. La deuxième partie, l'épilogue, fait peut être plus discussion, réflexion que "vrai" texte, mais j'imagine, de toute façon, que c'est fait exprès. Ca fait bizarre au début, mais on s'habitue vite. Comme j'ai dit, on comprend dès le début que ce n'est pas le style qui est recherché, mais le message à faire passer, on veut nous raconter quelque chose, nous l'expliquer. En cela, malgré le côté un peu étrange de ton choix d'écriture, ça fonctionne. Il n'y a pas de fioriture, tu nous dis les choses franchement, frontalement, alors le message passe. Du coup, par contre, tu as tendance à perdre de la poésie qui se dégageait de ton autre texte. Il n'y a pas moins de sentiment ou d'émotion derrière, mais on les sent plus durs et plus amères. Plus cyniques, peut être, moins envoûtants en tout cas. La deuxième personne fait qu'on se prend un peu tout dans la gueule, du coup c'est moins facile d'être envoûté j'imagine. Ou bien pas dans le même genre.
(Attention, c'est pas une remise en cause de la fluidité du texte, hein, il se lit tout seul XD).

Du coup, cette lecture me fait me poser deux questions.
- Est-ce un texte à proprement parler, que je viens de lire ? Honnêtement, il m'a parfois donné l'impression de lire... ouais, un bout de discussion, quelque chose comme ça. Un genre de débat, ce que pourrait être la réponse des homosexuels face à l'homophobie - c'est ce que c'est, d'ailleurs. En même temps, il y a toute la première partie, aussi, qui est plus racontée. On a un narrateur, qui s'adresse à un autre personnage. On a des flash-backs. Une histoire, qui se dévoile au fur et à mesure, un personnage qui se découvre, se dévoile, évolue. Ce n'est pas une question évidente, finalement.

- Mais qu'est-ce qu'un texte, quand on y pense ? En quoi un argumentaire, s'il se tient d'un seul tenant, s'il est complet, s'il intègre des éléments d'histoire pour s'étoffer, serait-il différent, je sais pas moi, d'un essai philosophique ? Après tout, tous les textes ne sont pas des histoires. Celui-ci n'en est pas une, pas entièrement. J'avoue m'être demandé s'il n'avait pas plus sa place dans un topic de discussion, mais non, en fait. A la réflexion, il pourrait en découler une discussion, mais lui-même n'en ferait pas vraiment partie. Enfin, je ne sais pas comment m'expliquer.
Il est à mi-chemin, finalement. En tout cas je le vois comme ça. Je n'arrive pas à le considérer comme un texte à part entière, au sens où on l'entend d'habitude. Mais s'il a des airs de discussion, je trouve quand même qu'il y a quelque chose qui fait que non, ce n'est pas vraiment une discussion. Le produit d'une longue réflexion, certainement, peut-être l'aboutissement d'une discussion entre toi et toi.

Bref, je dois être le seul à me poser de telles questions, qui, finalement, ne sont pas si intéressantes - finalement, l'essentiel, c'est la lecture et ce qu'on en retire, pas l'étiquette qu'on pose dessus ni sa nature.

Et en cela, les trois seuls choses que je peux affirmer, c'est que :
- je crois que je comprends que je ne comprendrai jamais ce que ton personnage - qui doit être toi, j'imagine - a subi, je ne peux qu'essayer d'imaginer mais ça n'effleure sans doute même pas la réalité. J'espère sincèrement que tu as forcé le trait pour mettre tes lecteurs face à tout ça, pour qu'ils se rendent compte, mais hélas, je suis pas persuadé ><.
- ce fut une lecture instructive tout de même quoique plutôt déprimante.
- tu auras droit à ton chocolat-chaud-à-la-cannelle-qui-réchauffe-du-dedans le jour où on se croisera. Sous réserve que tu aimes le chocolat chaud, bien entendu.


C'est pas grand chose, et ces réflexions n'ont rien d'utile pour t'aider à corriger ton texte, à t'améliorer, tout ça tout ça, d'autant que je parle encore pour dire n'importe quoi XD (ça m'arrive souvent ces temps-ci ><). Ce sont des réflexions sommaires, qui mériteraient sans doute d'être approfondies (et qui n'ont plus grand chose à voir avec ton texte accessoirement ><), mais là, je m'en sens ni le courage ni les facultés XD.

Désolé pour le pavé, et merci pour la lecture !
Perdu

Jon Ho

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #2 le: 11 Décembre 2012 à 08:18:08 »
L’homosexualité n’est pas un choix. Il faudrait être totalement masochiste pour préférer être exclue qu’intégrée de fait.
Sur le plan de l'orientation sexuelle je veux bien mais sinon, je préfère un milliard de fois une bonne grosse exclusion...

Hors ligne MaryAmerica

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #3 le: 11 Décembre 2012 à 09:56:31 »
Génial!!
Enfin un texte qui fait sens sur un sujet sur lequel personne ne devrait avoir le droit de débattre...

Conquise =)
Romans 12:9

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Hors ligne Penruet

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #4 le: 11 Décembre 2012 à 22:00:44 »
Bon, vu que c'est perso, c'est pas évident de commenter, mais tout d'abord...

La première partie est bien, honnêtement, le développement de la personne dans la douleur (je ne dis pas que c'est une bonne chose hein !), mais tu le montres vraiment bien... Ca fait un peu froid dans le dos d'ailleurs.
J'ai vraiment cru jusqu'à la toute fin que c'était de le mère que tu parlais, et non pas de la France. L'image est vraiment forte du coup, la France comme une mère qui se veut éducative, protectrice, pour tous...et qui marginalise, stigmatise encore et encore.

Pour la deuxième partie, ça m'a plus fait penser à une dialogue intérieur (j'ai l'impression d'enfoncer un porte ouverte...c'est pas qu'une impression d'ailleurs), qui du coup tient plus de l'anecdote (bien que ce soit horriblement révélateur), et du hors-texte. Si le premier a une poésie certaine qui permet de donner au message une autre dimension, j'ai plutôt l'impression que tu te fais ton propre petit défouloir à toi :)

Au plaisir :)
Chuis censé signer là ? Mais j'ai même pas eu le temps de lire le contrat !

Hors ligne Vivi

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #5 le: 15 Décembre 2012 à 15:57:26 »
Extrêmement touchant :s
Je suis capable du pire comme du meilleur, mais c'est dans le pire que je suis le meilleur (^.^)v

Hors ligne Rain

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #6 le: 15 Décembre 2012 à 17:47:33 »
Bon, je suis retombé sur ton topic de l'autre jour (sur l'absence de commentaires négatifs) alors du coup j'ai quand même un p'tit peu réfléchi en discutant avec Ernya de ce qu'on pourrait dire sur la forme de ton texte, pour que tu t'améliores encore.

En fait, c'est pas évident, parce que finalement, tu oscilles. D'un côté tu veux raconter une histoire - plus ou moins autobiographique j'imagine - et faire passer ton message à travers elle. De l'autre, cela dit, c'est essentiellement un exutoire - on sent quand même pas mal d'amertume entre autres dans tes mots. Les deux ne sont pas nécessairement incompatibles, quand l'exutoire parvient à s'intégrer à l'histoire - en introduisant des scènes qui te permettent d'évacuer les émotions, comme le fait Vera dans l'Aigle de sang, par exemple.
Là ce n'est pas le cas, tu as clairement deux temps différents, et c'est ce qui rend compliqué le commentaire détaillé, en fait, parce qu'on ne sait pas lequel tu privilégie. On ne sait pas si c'est un exutoire, et si l'histoire du début est prétexte, ou bien si tu as vraiment voulu raconter quelque chose, et finalement les émotions auraient pris le dessus et noyé l'intrigue pour pouvoir s'exprimer et se crier.

Du coup, pour pouvoir commenter plus avant ton texte, il faudrait que tu nous dises ce que tu as voulu faire. Si tu as voulu raconter l'histoire d'un personnage rejeté pour son homosexualité, et partant, faire comprendre à ton lecteur les pressions qu'elle subit et a subi ; ou bien si tu as voulu libérer tes propres émotions, les laisser s'assembler sur le papier en une fresque amère, pour lui montrer les conséquences de ces pressions. Là maintenant, tu oscilles entre les deux, je pense que c'est ce qui m'a poussé à me poser toutes ces questions l'autre jour, et ce qui empêche peut-être les gens de te commenter.

Il n'y a pas de bon ou de mauvais choix dans cette question, hein. Les deux réponses sont valables, possèdent leurs avantages et leurs inconvénients. Simplement, dans le cas d'une histoire, on peut t'orienter - te dire si besoin comment mieux t'allier le lecteur, comment ne pas le laisser s'ennuyer, t'aider à doser tes émotions pour qu'il se sente en empathie avec le personnage, mais pas submergé par ses émotions, ou en tout cas, on peut essayer dans la mesure de nos moyens. Dans le cas de quelque chose qui se veut plus exutoire, en revanche, il n'y a pas grand chose à dire - c'est intéressant à lire, ça permet de te comprendre et de comprendre des choses, mais il n'y a rien, spécialement, à commenter au niveau littéraire ou construction, car tel n'est pas le but d'un exutoire.

Donc voilà, il faudrait qu'on sache ce que tu as voulu faire - et que tu le saches toi-même, en fait, parce que maintenant que j'y pense, peut-être que tu n'es pas très sûre toi-même, et que c'est la raison pour laquelle ce texte a deux temps.
Perdu

Hors ligne Elhora

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #7 le: 15 Décembre 2012 à 19:59:18 »
Coucou Tous!

Merci à tous ceux qui ont pris le temps de commenter mon texte. Je veux juste m'excuser, je ne vais pas pouvoir vous répondre tout de suite.

J'ai une urgence personnelle qui fait que je ne serais pas dispo avant mercredi prochain. Donc, je m'excuse pour ce délai d'attente, mais je vous répondrais très vite.

Merci

 :oxo:

Hors ligne Ollin

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #8 le: 15 Décembre 2012 à 20:24:45 »
Je vais paraître sans coeur, ça ne m'a pas touché.
Le texte est écrit correctement, mais ça ne m'a pas apporté grand chose de plus.
Je vais être aussi explicite que le contenu,  je trouve le fond super cliché.

"L’homosexualité n’est pas un choix. Il faudrait être totalement masochiste pour préférer être exclue qu’intégrée de fait. On ne choisit pas la personne qu’on désire, ni celle qu’on aime."

C'est complètement péremptoire et pas forcément juste. Qu'est-ce qui empêche quelqu'un de choisir ? Il a pas le droit ?
« Modifié: 15 Décembre 2012 à 20:29:22 par Ollin »
Signature

Hors ligne Elhora

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #9 le: 15 Décembre 2012 à 20:33:36 »
@Rain : oui, ce sont des très bonnes questions que tu soulèves et oui, j'aimerais qu'on m'aide à retravailler ce texte qui n'est pas (pour la première partie) un exutoire mais bien un texte.
La deuxième partie est plus informative, il est vrai. Bref, je m'excuse mais vraiment, je vais devoir attendre jusqu'à mercredi et je vous promets que je répondrais précisément à tout ça.

@Ollin : Tout le monde peut choisir ce qu'il veut mais je ne connais personne qui choisit quand il bande ou quand il désire quelqu'un. Je ne connais personne non plus qui choisit quand il tombe amoureux! Si tu connais quelqu'un qui en est capable ça m'intéresse, j'aimerais bien qu'il me parle de son expèrience. Quant au fait que mon texte ne t'ai pas touché, pas de problème.

Désolée, je ne suis pas dispo pendant quelques jours (comme je l'ai signifié plus haut)  et je risque d'être un peu "sans coeur sur ce débat"

D'ailleurs, en ce qui concerne un débat qui ne concerne pas mon texte mais une discussion sur l'homosexualité, je comprends que vous ayez envie de répondre et d'en parler, pas de soucis mais merci d'ouvrir un post dans le fil de discussion.

Bonne soirée
« Modifié: 15 Décembre 2012 à 20:38:57 par Elhora »

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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #10 le: 16 Décembre 2012 à 21:11:20 »
Hellora,

Tou comme Vivianne, ton texte m'a énormément touchée.

Là de suite, à vif, je n'arriverai pas à commenter de façon plus constructive...
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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #11 le: 20 Décembre 2012 à 13:47:03 »
Ca y est, je peux enfn vous répondre! Excusez moi pour tout ce retard mais beaucoup de choses à gérer pas super top en ce moment!
Bref, voilà, je suis à vous. Donc tout d'abord, je vous remercie pour votre lecture et vos commentaires. Et puis, ben je vais vous répondre un par un  ;D

@Rain : J'adore toutes les questions que tu te poses, tu m'as fait trop rire. (Est-ce un texte, un essai, a t-il sa place dans les textes courts? T'es chou!)

Pour moi la première partie a sa place ici, la deuxième peut-être pas. Du coup, il faut voir où je peux la mettre? (je prends toutes vos idées). Oui cette première partie, je voudrais la retravailler, vous pouvez critiquer, corriger et me donner des pistes pour la réécrire (entièrement s'il le faut!) Par contre ce texte là est effectivement tout à fait réel. Chacune des choses racontée est arrivée dans ma vie -j'assume sur ce coup là-. Donc c'est pour ça que si ça vous parait "cliché" comme me l'a dit Ollin.... Et bien je ne peux pas faire grand chose en cela que si ma vie est un défilé de clichés... Ben, je ne vais pas la changer pour avoir une vie originale! Parce qu'effectivement c'est un texte qui n'est pas une histoire inventée et fictive. Cependant, il existe des autobiographies et dans les textes courts, on trouve quelques fois des chroniques de vie... Donc, à moins d'un argument auquel je n'aurais pas pensé, la première partie a sa place dans les textes courts il me semble.

Pour la deuxième partie, je le reconnais, c'était plus un exutoire. Faut-il le mettre ailleurs? Faut-il l'enlever totalement? A débattre, je suis ouverte sur ce point.
L'idée de cette deuxième partie, c'était de donner en exemple ce que des homosexuels peuvent vivre dans la vie de tous les jours. Donc oui, c'était plus à titre informatif (pour les gens que ça intéresse) et aussi pour argumenter contre l'idée : l'homophobie n'existe pas et être homosexuel dans ce monde ce n'est pas un problème. Ce sont des choses que j'entends souvent et qui sont ma foi, totalement fausses au regard de mon expérience et de l'expérience des homos que je connais. Bref. Est-ce une point de vue politique? Je ne sais pas. Je pense que l'écriture est un bon moyen pour raconter, partager des expériences et faire connaître des choses que les gens ignorent. (Non par parce qu’ils ne le veulent pas, mais parce qu’ils n’ont jamais accès à ça). Personnellement si un mec en fauteuil roulant racontait ce qu’il vit au quotidien, ça m'intéresserait beaucoup parce que je ne connais pas, je ne sais pas ce que c’est.
Je ne voulais pas ouvrir un débat, parce qu’il n’y a rien à débattre pour moi. C’est mon expèrience et aussi l’expèrience d’autres lesbiennes que je connais. Comment peut-on débattre sur des expériences de vie ? De plus, j’ai bien peur qu’un débat sur ce thème soit absolument stéril car chacun restera ancré sur ses propres convictions. Mais après, pourquoi pas? Je ne sais pas.  Dîtes moi ce  que vous en pensez, si je dois mettre cette deuxième partie ailleurs ou la supprimer carrément.

@Rain : 
Citer
je crois que je comprends que je ne comprendrai jamais ce que ton personnage - qui doit être toi, j'imagine - a subi, je ne peux qu'essayer d'imaginer mais ça n'effleure sans doute même pas la réalité.
Je suis très touchée que tu me dises ça ! Merci

@John : C’est un bon débat que de savoir s'il faut choisir de s’exclure ou non. Certes. Mais tu ne fais aucun commentaire sur mon texte là.

@Mary América : Merci merci merci   :coeur:

@Penruet : Merci pour la première partie et oui, tu as raison pour la deuxième. Pertinent commentaire.  :oxo:

@Viviane : Merci  :oxo:

@Rain : Merci pour toutes tes questions !
Citer
Si tu as voulu raconter l'histoire d'un personnage rejeté pour son homosexualité, et partant, faire comprendre à ton lecteur les pressions qu'elle subit et a subi ; ou bien si tu as voulu libérer tes propres émotions, les laisser s'assembler sur le papier en une fresque amère, pour lui montrer les conséquences de ces pressions.

Les deux mon capitaine ! Le personnage, c’est moi, c’est vrai mais en quoi les deux sont-ils incompatibles? Le but effectivement est de faire comprendre au lecteur les pressions que « j’ai » subi mais je le mets entre guillemenets car je suis loin d’être la seule dans ce cas. C’est en fait malheureusement plutôt courant comme histoire de vie.  Alors? Des conseils des conseils !   :bonpublic:

Citer
Simplement, dans le cas d'une histoire, on peut t'orienter - te dire si besoin comment mieux t'allier le lecteur, comment ne pas le laisser s'ennuyer, t'aider à doser tes émotions pour qu'il se sente en empathie avec le personnage, mais pas submergé par ses émotions, ou en tout cas, on peut essayer dans la mesure de nos moyens.
Ok, c’est intéressant ce que tu dis. Prenons ce parti là alors. Perso, je suis investie dans l’association Sos homophobie. Si je pars de ce texte et que je veux en faire un texte plus général et attirer la sympathie du lecteur -pour éventuellement le diffuser dans l'association-  (effectivement le début  n’amène pas à ça) que faut-il faire à ton avis (et celui d’Ernya)? Je suis tout de même consciente que je ne ferais pas changer d’avis les homophobes. L’idée c’est plutôt de toucher des gens qui ne connaissent pas et qui ne se sont jamais posé ces questions.
(merci d’avance pour ton aide !)

@Ollin : Ecoute, je trouve ton commentaire sans intérêt. Je veux dire que tu n’aimes pas, pas de problème, je pense que tu n’es pas le seul. Maintenant ton seul argument c’est que c’est cliché ! Bon, euhhhh… Comme je l’ai dit plus haut, que faire ? Si je racontais l’histoire d’une famille de rebeus supers pauvres et qui galèrent dans une cité, tu me dirais que c’est cliché. Ok mais ce n’est pas parce que c’est cliché que ça n’existe pas, que ce n’est pas réel et qu’il ne faut pas en parler. Alors si tu as d’autres arguments je técoute. Sinon et bien, j’ai entendu, tu n’aimes pas mon texte. Pas de sushis !
Pour la suite :
Citer
"L’homosexualité n’est pas un choix. Il faudrait être totalement masochiste pour préférer être exclue qu’intégrée de fait. On ne choisit pas la personne qu’on désire, ni celle qu’on aime."
C'est complètement péremptoire et pas forcément juste. Qu'est-ce qui empêche quelqu'un de choisir ? Il a pas le droit ?

Là, on passe à autre chose puisque tu questionnes l’homosexualité et son origine. L’homosexualité est-elle un choix ? Pour un bisexuel alors oui, ça peut éventuellement être un choix. Pour moi, ça ne l’est pas (tu as lu mon texte ou non? C’est exactement ce que j’explique !!)
Tu dis que je suis péremptoire… Ok, ça ouvre le débat. Souhaites-tu qu’on ouvre un débat sur ce thème ? dans un autre post que celui-ci ?
Je veux bien entendre tes arguments parce que je suis curieuse de savoir si tu parles par expérience ou par ignorance. Je ne détiens pas le vérité sur les choses et je veux bien essayer de comprendre ton point de vue. Ton commentaire cependant n’est pas constructif en l'état. Mais si tu souhaites débattre des questions concernant l’homosexualité je t'invite à ouvrir un post sur ce thème ou à me contacter par MP.

@Kerena : Je suis très heureuse que mon texte t’ait touché ! Merci  :coeur:

@Ernya : Si tu veux prendre la parole en directe, je t’en prie ! Sinon, tu me MP.

Merci à tous.

 :oxo:


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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #12 le: 20 Décembre 2012 à 13:56:04 »
Bon, j'ai pas le temps de répondre maintenant, j'ai un partiel dans une demi-heure. J'ai pris note de ta réponse, j'éditerai ce message plus tard pour commenter.

EDIT : Ok, c'est parti.


Citation de: Elhora
A 11 ans, j’ai embrassé un garçon.
Hum, en toutes lettres, ça passerait mieux je pense. C'est valable pour les autres fois aussi.

Citation de: Elhora

A 12 ans, je suis partie en voyage scolaire à Rome et j’ai rencontré Annabelle. Elle était douce, si gentille et si belle. Je la prenais dans mes bras et je lui caressais les cheveux. Je me perdais dans ses yeux bruns profonds et elle se collait contre moi. Quel formidable voyage ! La ville était magnifique, nous étions en vacances et nous chantions tous en chœur dans les rues. Elle me tenait par la main et je lui faisais des bisous sur les joues. J’étais si heureuse auprès d’elle. Mon professeur de français a demandé à nous voir en privé  pour parler. Elle nous a dit ceci : « Ecoutez les filles, il faut que vous arrêtiez de vous tenir la main toute la journée, d’être collées en permanence. Ca dérange les garçons, ils ne trouvent pas ça « très normal ». » Je n’ai pas du tout compris de quoi elle nous parlait. Je ne comprenais pas qui cela pouvait déranger qu’on soit amies toutes les deux. Je n’ai sincèrement pas compris ce qu’elle voulait nous dire. Avant de nous laisser, elle a rajouté ceci : « Vivement le prince charmant ! ». Alors j’ai pensé que oui, bien sur, mon prince à moi arriverait un jour.
A notre retour, Annabelle et moi avons passé nos week-ends ensemble pendant plusieurs mois. Je l’aimais énormément. Un jour, ma cousine  m’a avoué que ma grand-mère disait à tout le monde que j’étais probablement lesbienne. Je ne savais pas trop ce que cela signifiait. J’avais vaguement entendu le mot « homosexuel » associé la plupart du temps à ceux de « pervers » « malades » « contre-nature ». Perturbée par cette nouvelle, je suis allée voir ma maman pour lui répéter ce que ma grand-mère disait de moi. Sa réaction a été sans appel : « N’importe quoi ! Ta grand-mère délire ! » Elle semblait très fâchée. « Tu n’es pas lesbienne, ne l’écoute pas. ».

En fait, y'a un truc qui me dérange dans ces paragraphes en italique sans que je puisse sortir quelque chose pour le pointer du doigt. Ca tient à ton style, je pense, il y a quelque chose qui - à mon avis - ne colle pas entre ce que tu essayes de nous montrer et ce que tu nous dis. Tu essayes de nous faire voir le monde à travers les yeux d'une enfant perdue, qui ne sait pas ce qui se passe et qui ne comprend pas les réactions des gens. Mais tu nous le dis avec ta voix d'adulte, en temps que narrateur qui, lui, sait tout, jette un regard sur le passé et quelque part, évoque froidement cette incompréhension. Je veux dire : l'histoire nous dit qu'il y a incompréhension, mais ton écriture, elle, est plus du côté du ressentiment, elle nous parle de ta colère d'aujourd'hui et non de tes sentiments d'alors.
Ca m'embête parce que je n'arrive pas à sortir un exemple précis où ce serait bien visible. Prise une à une, les phrases en elles-mêmes n'ont pas ce souffle amer qui court à travers ton texte. Je pense que si je devais en choisir une, je prendrai celle-ci :

Citer
Avant de nous laisser, elle a rajouté ceci : « Vivement le prince charmant ! ». Alors j’ai pensé que oui, bien sur, mon prince à moi arriverait un jour.
("Bien sûr", au passage.) Hum, comment m'expliquer. C'est assez délicat parce que même comme ça j'arrive pas à trouver comment l'attaquer XD. Ca tient à des choix subtils, des bouts de construction de phrase qui n'ont rien à se reprocher mais qui, mis bout à bout, donne un sens différent à ce que tu nous dis. Ta manière de construire la première phrase, par exemple, qui laisse entendre que la professeur dit ça de manière insidieuse, fourbe, mesquine, méchante ou je ne sais quoi. Ce n'est pas forcément ce que tu as voulu dire. Mais en tout cas c'est l'impression que ça donne : c'est une sale manipulatrice, qui avec ses remarques insidieuses a une mauvaise influence sur l'enfant. Et la deuxième phrase, le "bien sûr", continue dans l'idée. Peut-être que c'est ce que tu as voulu faire - mais ça nous sort totalement de l'enfant, de ce qu'elle a pu ressentir à l'idée d'être convoquée, de savoir que sa relation avec Annabelle ne plaît pas à tout le monde, de son incompréhension face à cette remarque déplacée - remarque dont elle ne peut pas saisir la portée insidieuse. Tu nous la montres comme l'adulte la verrait, mais l'enfant, elle, verrait probablement le sourire de la professeur qui se veut réconfortante, et au-delà de l'incompréhension, la fillette serait rassurée de ne pas se faire gronder. Cette insidiosité, cette manipulation, elle ne pourra s'en rendre compte que plus tard, avec tous les éléments en main, elle pourra comprendre en revenant dessus. Le lecteur, lui, pourra comprendre aussi sans que tu lui dises, et tout de suite, en prenant le parti de cette fillette qui se découvre, en sachant à l'avance ce qu'elle va bien pouvoir affronter - ce qu'elle affronte déjà.

Je ne sais pas si je suis très clair, j'vais essayer de résumer/expliciter. En gros, tu imposes ta voix et tes sentiments d'adultes à cette enfant. Ce n'est pas à travers ses yeux qu'on voit ce qui lui arrive, mais à travers les tiens - enfin, ceux du narrateur. C'est un parti pris qu'il n'y a pas à remettre en question si c'est ce que tu as voulu dire ; néanmoins, je trouve dommage que ce soit le point de vue adopté. Tu obliges le lecteur - et la petite fille - à suivre tes propres émotions, ton amertume pour ce qui se déroule dans ce texte. Tu l'empêches de développer sa propre conception de la scène. Finalement, tu lui dis texto ce qu'il pourrait comprendre tout seul, et en fait c'est ce qui m'embête un peu. Tu imposes ta vision, alors qu'il pourrait y en avoir d'autres. Par exemple, tout en déplorant la remarque de la prof, on pourrait aussi la prendre en compassion, imaginer la pression des parents derrière qui l'obligent à être comme ça. Ca peut être méchant, un parent. Ca peut considérer que c'est de la faute du professeur si l'enfant acquiert ses pensées propres, et si ça ne lui plaît pas, ça peut faire en sorte que ça aille très, très mal pour le professeur. Ce sont des êtres humains, qui ont aussi besoin de se défendre - et ça peut passer par ce genre de phrase qui, sur le coup, paraît anodine à tout le monde.
Après, je ne dis pas, peut être que la professeur est du même bord que les parents. Mais il y a tellement de cas possibles, et tu nous obliges à en voir un seul. Laisse le lecteur se faire son idée, c'est, je pense, le plus important.

Citation de: Elhora
J’aurais aimé que tu n’ais pas peur.
N'aies.

Citation de: Elhora
Vierge à 18 ans, ça n'est pas glorieux.
Boarf. (Je sais que tu dis ça ironiquement maintenant, mais que tu le pensais sans doute à l'époque. Ou qu'en tout cas, beaucoup de monde de cet âge-là le pense. Mais c'est une pensée qui m'a toujours agacé plus qu'autre chose XD)

Citation de: Elhora
A 19 ans un autre.
En fait, cette froideur passe peut être aussi par ta manière d'annoncer les âges successifs de ton personnage. On a tout de suite un regard totalement extérieur et étranger à la situation.

Citation de: Elhora
La lesbophobie (en France) passe rarement par la violence physique. La lesbophobie c’est l’ignorance, l’invisibilité, le silence.

Je ne sais pas si elle fait partie du texte, ou si elle est à part, si tu l'as rajoutée comme ça, mais cette phrase sort totalement de ton texte. C'est une phrase de tract, pas une conclusion. Enfin, c'est un peu violent dit comme ça, mais c'est l'effet que ça me fait. En fait, c'est une idée importante, mais qui devrait ressortir à la lecture, elle n'a pas à être explicitée à la fin du texte. C'est déjà un peu le cas, à vrai dire, mais ça gagnerait à être étoffé avec les parties en non-italique, qui pour le coup ne sont pas assez développées. On ne comprend pas plus le narrateur d'aujourd'hui que l'enfant des parties italiques. Il nous parle d'amour, il nous parle d'aimer une fille, mais on ne voit que sa haine du système. Cette dernière partie m'a presque plus fait l'effet d'un acte de vengeance que d'un acte amoureux. Pour comprendre ton personnage, ressentir ce qu'il ressent, s'identifier à lui, il faut pouvoir connaître autre chose de lui que sa colère. Il ne faut pas que tu imposes les sentiments de ton narrateur, il faut que tu montres ceux de tes personnages et que tu laisses le lecteur décider ce qu'il doit penser par lui-même. C'est loin d'être évident, mais ça te l'alliera bien plus sûrement que les prises de position imposées. Quelque part, c'est la même chose que de dire à quelqu'un "Regarde, ce type là-bas, c'est un salaud, il me bat tous les soirs" plutôt que de lui montrer tes bleus et qu'il voit de ses yeux comment tu les as eu. Parce qu'alors, le type sera toujours un salaud, mais ce quelqu'un saura pourquoi, et il saura aussi si le type fait ça en pleurant, sous la pression de quelqu'un, s'il fait ça imbibé d'alcool pour oublier sa vie de merde, ou s'il fait ça froidement, sobre et avec la boucle de la ceinture.

Bon, l'analogie est vraiment pas bonne, mais la différence est là XD. Donc voilà, selon moi, met toi plus à la place des personnages, montre nous ce que eux ressentent, et pas ce que toi tu ressens face à ce qu'ils subissent. On veut pouvoir se faire notre opinion.
« Modifié: 28 Décembre 2012 à 20:57:57 par Rain »
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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #13 le: 20 Décembre 2012 à 14:01:45 »
Ah, oui, c'est ça qui m'est revenu ces derniers temps. Tu as oublié un exemple. Si, si, celui, tu sais, ou quand une personne parle d'un pote et se sent obligée d'ajouter :

"Bon, en fait c'est un PD. Mais il est gentil, hein !"

T'as envie de leur répondre :

"Ah. Parce qu'en fait en général les PD c'est des gros psychopathes ??"  |-|
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Re : Lesbophobie ordinaire [contenu explicite]
« Réponse #14 le: 20 Décembre 2012 à 14:43:12 »
Je vais essayer d'être honnête mais respectueux.

Je suis contre l'homophobie comme toute autre forme de discrimination.
Je trouve que ton texte est poignant et bien écrit.
Certes, il n'évite pas certains lieux communs, mais il les fait bien passer car c'est justement le sujet.

Je n'ai pas trop aimé la répétition de "tu aurais du", ça alourdi le paragraphe car ils sont très rapprochés.

La dernière phrase est très juste : l'ignorance est la pire des humiliations que l'on peut faire subir à un être humain. Pire que la violence ou même la mort.

Je pense que les témoignages auraient plutôt leur place dans un débat, ou alors il faudrait les intégrer dans le récit.

Par contre, je trouve que tu écartes un peu trop rapidement les commentaires négatifs, alors que ce sont justement les plus constructifs pour s'améliorer. Je suis conscient que ça touche à quelque chose qui t'est très personnel, mais si tu ne veux pas être critiquée sur le sujet, personne ne t'oblige à nous le faire partager.
J'ai écrit plusieurs textes que je ne ferai jamais lire justement pour cette raison (d'ailleurs, j'ai pris un gros risque avec mon nano).

Les meilleures sources d'inspiration resteront les choses qui nous touchent le plus.
Merci.
"Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse" (Coco Chanel)

 


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