Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 Avril 2026 à 12:47:02
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Imagination et illettrisme

Auteur Sujet: Imagination et illettrisme  (Lu 6861 fois)

Hors ligne marie

  • Calligraphe
  • Messages: 106
Imagination et illettrisme
« le: 06 Décembre 2012 à 19:46:45 »


Prologue


Une chevelure blonde, laissant quelques mèches vagabonder sur un visage pâle, cachait l'émotion d'une femme. Elle releva la tête, la lumière diffuse de sa lampe se reflétait dans ses yeux humides. Le noir qui soulignait ses yeux laissait des traces sur sa peau blanche. Une goutte d'eau salée tomba sur ses lèvres à moitié ouvertes. Spontanément, elle passa sa langue pour la faire disparaître. Elle regarda autour d'elle, perdue, tournant la tête doucement. Elle n'avait pas été maître de sa vie, elle ne pouvait qu'en souffrir, continuellement. Elle savait qu'elle avait blessé à jamais ce qu'elle aimait le plus: son fils. Comment avait-elle pu? Ses yeux s'étaient fermés devant l'horreur. L'ignorance lui avait permis d'accéder à une forme de bonheur, certes, mais aux dépens de son enfant. Elle avait compris, trop tard, qu'elle avait longtemps vécu dans un idéal, ne voyant pas la peste se propager. Elle s'en voulait tellement, mais il était trop tard. Encore une fois, elle ferma les yeux et se perdit dans son imagination.

Une forêt en cendres se trouvait autour d'elle. L'écorce des arbres n'était plus, ni les fleurs jadis magnifiques, ni même ce lierre enroulé autour des troncs. Tout avait brûlé, tout était détruit à jamais. Il faisait si noir dans cette brume épaisse. Elle avança en contemplant ce paysage funeste. Des corps d'enfants  jonchaient le sol, inertes. Certains respiraient encore, mais ce n'était que le souffle d'une mort prochaine. Quelque chose l’empêchait de pouvoir les aider. Elle restait condamnée à les regarder mourir, condamnée à être un spectateur devant sa télévision, devant le monde. Tandis que tout disparaissait elle sentait qu'on la secouait.« Maman! Maman! »

« MAMAN! » Elle sortit de sa transe en sueur.
« Maman, j'ai eu si peur. Tu criais que...
- Je ne veux pas savoir, sois gentil, Axel. »

L'enfant serra de toutes ses forces sa mère dans ses bras. Elle l’obligea à reculer et le fixa les yeux grands ouverts. Les larmes de l'enfant dévalaient sur ses joues. C'était son fils qui avait vu des horreurs et pourtant l'enfant était plus fort qu'elle. Elle devait se ressaisir, être forte. « Maman, c'est à cause de moi que tu es comme ça ? » Il avait un pyjama rayé vert et jaune élimé au niveau des manches. « C'est parce que je ne sais pas lire ? » Son visage était si expressif, si vivant. Elle continuait de le regarder. Elle ne répondait pas, elle restait là, le souffle court, leurs yeux verts ne se quittaient pas. « Maman... Je ne veux pas te faire du mal ». Il ne comprenait pas encore qu'il vivait à coté d'un être perdu. Il avait neuf ans. Il avait connu des moments de joie comme tous les enfants et des moments qu'il n'aurait jamais dû vivre. Il ne savait ni lire, ni écrire. Son psychiatre affirmait que c'était la conséquence d'un traumatisme fort. Pourtant il n'avait qu'un rêve, pouvoir déverser tout les mots qu'il connaissait, pour le simple bonheur de poser son stylo sur une feuille et pouvoir former des lettres. Il ne supportait plus ses gribouillages. Sa mère s'appelait Sandrine. Elle avait trente-cinq ans. Elle était institutrice de maternelle. Au vu de son état, son psychiatre avait conseillé un arrêt de travail. Elle se sentait inutile cloîtrée chez elle.

Le lendemain, avant de réveiller son garçon elle lui prépara son petit-déjeuner. Axel mangea rapidement dans la petite cuisine. « Merci maman. » Ils échangèrent un sourire et un regard complice oubliant les chagrins de la veille. « Je me dépêche maman. » Alors qu'elle s'assoupissait sur une chaise, Axel fit sa toilette tout en pensant à sa leçon prochaine. Elle fut vite réveillée par l'enfant pressé d'aller à l'école. « Maman, il faut que tu m’emmènes maintenant. » rallait-il doucement. Il se jeta dans la voiture en riant. Sandrine veilla à ce qu'il s'attache, puis s'installa au volant et démarra. Axel observait le monde par la fenêtre. C'était un enfant particulièrement curieux d'apprendre. Il regardait la route et les quelques taches vertes perdues dans la ville. « Maman, tu sais j'aime pas le rouge. A l'école on a appris que c'était la couleur de l'amour, et que c'était comme notre papa et notre maman ils faisaient. C'est quand on tape qu'on est amoureux ? Moi, j'aime pas. J'aime pas le sang. Tu sais maman, si c'est ça j'aurais jamais d'amoureuse. Je te promets maman. » Sandrine ne répondait rien, elle écoutait. « On est arrivé, aller descends. Je te laisse aller à l'école tout seul. Tu es grand maintenant. » Axel se dirigea vers l'établissement, elle ne le lâcha des yeux que lorsqu'il franchit le portail.

Depuis ses sept ans, Axel avait été placé dans un établissement spécialisé pour illettrés situé à Melun. Sandrine avait été mutée et un déménagement avait été possible. Elle avait eu beaucoup d'espoir en cette école - espoir vain. Rien n'avait changé. Il y avait eu ce jour si symbolique où elle s'était dit: « mon fils est handicapé ». C'était quelques mois après son entrée dans l'établissement, elle avait partagé une discussion avec d'autres mères sur le devenir de leurs enfants.

Sandrine attendait seize heures trente, allongée dans son canapé, tentant de se vider l'esprit. « Il est toujours possible de surmonter un handicap, Axel est un petit garçon fort, il y arrivera c'est certain. J'ai confiance en lui ». Souvent son fils lui demandait ce qu'elle faisait quand elle était ainsi, pensante, sur le canapé. Elle répondait « J'attends ». Ce qu'elle attendait devenait plus clair, et elle le voyait arriver comme une délivrance, voyant enfin le bout du tunnel. Alors elle se leva, sortit de la maison pour voir une dernière fois ce spectacle pour lequel tant de gens éprouvent une certaine satisfaction. Elle voyait ces jeunes rires d'un vieillard marchant péniblement ses courses à la main. Elle voyait cet homme  regarder cet enfant en se léchant les lèvres. Elle voyait cette mère crier après son fils qui n’avançait pas assez vite. Elle voyait ce bitume gris, ce ciel gris, ces gens gris... Encore une fois, sûrement la dernière, ses larmes coulèrent.

Peu à peu une flaque se forma à ses pieds, elle se transforma rapidement en torrent. L'eau glissait dans la rue. Rien ne pourrait l’arrêter. Les personnes cherchaient à s'agripper où elles pouvaient mais elles n'avaient plus de force depuis longtemps. Les mains glissaient, les bouches hurlaient, et l'eau s'infiltrait dans les poumons. Les corps inertes se laissaient aller par le courant. Un deuxième déluge s’inscrivait dans l'Histoire.


J-20 : la Muse aux couleurs vertes

Les années avaient passé et Axel était devenu un homme. Son pyjama rayé avait connu le fond de la poubelle depuis longtemps. D'ailleurs, il ne portait plus de rayures et préférait les vêtements simples et unis. Il était devenu un beau jeune homme réservé et discret. Grand et mince, il était bien proportionné et même assez musclé, du moins au niveau des cuisses et des mollets, grâce à ses longues marches quotidiennes. Son visage était fin et doux, mais son regard restait incontestablement son plus grand atout. Des yeux verts pénétrants qui vous enivraient, qui vous donnaient envie de plonger, de vous perdre. Quant à ses cheveux clairs, il les portait assez courts souvent ébouriffés. Il n'avait jamais su se coiffer correctement, il s'était alors résigné à adopter ce style de coiffure qui lui allait bien. En un mot il était charmant, mais pas pour autant séducteur. Il se méfiait des femmes qui d'ailleurs l’intéressaient peu. Son coté asocial et inaccessible ne pouvait qu'augmenter le désir que les femmes éprouvaient pour lui. Il détestait la standardisation – poison à diffusion rapide disait-t-il –, elle semblait imprégner tous ces êtres qui lui portaient attention simplement pour son physique avantageux.

Pourtant, il y avait bien une femme dans sa vie. Elle s’appelait Émilie. En se souvenant de leur rencontre, Axel ne pouvait que sourire. En effet, elle était assez particulière. Afin de pouvoir écouter les lectures pour aveugles dans la bibliothèque municipale, il avait pris l'habitude de chausser des lunettes noires et de se munir d'une canne blanche. Sous ce déguisement, il faisait croire qu'il avait perdu la vue, pour que son secret ne soit pas révélé. Un jour, en sortant de la salle de lecture, une jeune étudiante le regarda. Intrigué et oubliant qu'il feignait d'être d'aveugle, il s’arrêta plusieurs secondes et la fixa également. Voyant l'air surpris de la jeune femme, il comprit que son secret était compromis et se dépêcha d'atteindre la sortie. L'étudiante n'en resta pas là, déterminée, elle le rattrapa et commença à lui demander des explications sur le phénomène étrange qui s'était produit. Elle parlait dans sa naïveté d'étudiante de « signe » de « miracle ». Alors qu'ils s'étaient éloignés, Axel retira ses lunettes pour lui montrer ses yeux verts. Elle resta muette tandis que le jeune homme, ayant soudain confiance en quelqu'un, se mit à lui expliquer comment il en était arrivé là. Il comprit que, aussi étrange que ça puisse paraître, la confiance pouvait naître dans un simple regard, aussi futile soit-il.

Malgré sa petite vingtaine, Émilie était déjà très élégante et féminine. Ses jambes élancées ne sortaient jamais sans ses talons aiguilles. Elle gagnait ainsi une petite dizaine de centimètres sur son 1,68 mètre. Son visage assez oblong lui donnait un air moins féminin, mais le maquillage et sa longue chevelure brune arrangeaient ce détail. Bien que leur relation soit restée amicale pendant l'année où ils se côtoyaient, ils avaient décidé de vivre ensemble, rompant ainsi la solitude.
   
Le réveil sonna. Une musique inspirée des classiques retentit dans la chambre. Axel sortit une jambe du lit, puis l'autre, dans un même geste. Il remit ses draps qu’une nuit agitée avait défaits. Puis, il s'assit sur son matelas se laissant porter par la musique. Il divagua ainsi une dizaine de minutes. A huit heures quarante-cinq, réglé comme une horloge, il s'habilla d'un jean et d'un sous-pull vert, qu'il sortit rapidement de son armoire. Il attendit neuf heures assis à méditer sur sa chaise du bureau.

La faim finit par le faire sortir de son refuge. Émilie venait de partir au travail, il avait reconnu le bruit caractéristique du moteur de sa voiture. Il se prépara ses tartines et son bol de lait. Quand tout se trouva prêt sur la table de cuisine il commença à manger bien installé sur son siège. A neuf heures vingt-cinq, il était bien réveillé et pouvait commencer à travailler sur ses enregistrements.

A dix heures deux, Axel était toujours assis devant son ordinateur, mais les mots ne venaient plus. Il n'était pas satisfait de son travail. Malgré le  temps pluvieux de cette matinée, il décida de se rendre en ville. Il avait déménagé dans la campagne normande un an et demi auparavant, et il est vrai que le beau temps n'était pas toujours au rendez-vous. La banlieue parisienne ne lui manquait pas. Sa région d'adoption ne l'avait pas déçu. Il restait fasciné par le bocage imaginant les arbres telles des pompes absorbant l'eau. Personne ne sortait dans les campagnes quand quelques gouttes tombaient, c'était comme ça. Il décida alors de se rendre dans la petite ville à proximité de son village.

Il utilisa sa vieille voiture, ni tout à fait rouge, ni tout à fait grise. Malgré son illettrisme il avait pu avoir son permis. Il disposait d'un GPS qui l'aidait à se diriger et lui donnait certaines informations, notamment des travaux, étant donné qu'il ne pouvait pas accéder à toutes les données. Arrivé dans la ville de Flers, il se gara dans une ruelle où le stationnement était gratuit et commença son périple de la journée. Comme il le craignait, peu de gens étaient de sortie, malgré une petite éclaircie à travers les nuages gris.

Certaines personnes l’intéressaient particulièrement, il en faisait les héros d'une histoire originale. En cette matinée ce fut une jeune femme un peu perdue dans ses pensées qui l'intrigua par leur ressemblance. Il l'observait ralentir le pas pour pouvoir observer un chien, un enfant, ou des travaux sur la chaussée. Ses cheveux clairs se prenaient dans le vent à la manière des films américains. On pouvait penser à une apparition, quelque chose de pas tout à fait réel. Il commença à parler près de son appareil enregistreur, et les mots s’enchaînèrent dans un flot plus ou moins fluide. Il ferma les yeux. Il sentait le passé du lieu, les végétaux qui jadis poussaient en liberté autour des marécages. Il sentait le passé de la ville, détruite pendant la guerre. Il sentait cette souffrance, il sentait la mélancolie de cette jeune femme. Tous ses sens étaient en alerte, sensibles à toutes ces choses qu'elles soient quasi imperceptibles, évidentes ou éphémères. Il ferma les yeux un peu plus fort.

Le vert, partout dans la ville reflétait magnifiquement une douce lumière. On pouvait imaginer qu'un accord entre la ville et la nature, ou même l'humain et la nature avaient été conclu. Le lierre, enfin libre, grimpait le long des bâtiments. Les gens passaient détendus dans ces ruelles où le gris avait disparu, comme si cette couleur n'avait jamais existé. Les individus portaient des vêtements faits de diverses plantes, et cette femme, à peine femme marchant au milieu des autres attirait particulièrement l'attention. On ne voyait qu'elle. Les feuilles posées sur son corps laissaient entrevoir la forme de ses seins. Tout d'un coup elle s’arrêta, prit son visage dans ses mains et se mit à crier...

   « Bon sang, regardez où vous marchez ! » Axel avait percuté un homme d'une cinquantaine d'années. N'y portant pas attention, il chercha du regard la jeune femme. Elle n'était plus là, envolée. Troublé, il décida de rentrer plus tôt que prévu chez lui afin de travailler ses dires sur le logiciel qu’Émilie lui avait installé.

   Malgré les quelques kilomètres, le trajet  fut très rapide. Il passa le temps à se vider la tête de son imagination débordante, se donnant ainsi un moment de répit mérité. Il repensa à son enregistrement et à certaines phrases qu'ils avaient prononcées et qu'il aimait particulièrement. Il réfléchit un instant à la formulation exacte mais déjà il arrivait devant la vieille maison de pierre. Il entra et fut accueilli par Émilie. Comme tous les vendredis après-midi la jeune femme était en week-end.
   «  Je t'ai attendu pour cuisiner. Tu as une idée ?
–   J'avais pensé à des courgettes à la carbonara, dit-il en souriant.
–   Eh bien, pourquoi pas ! »

Émilie commença à éplucher les courgettes tout en demandant conseil sur la préparation à Axel. Elle pela alors les légumes en longues tranches fines. Pendant ce temps, Axel sortit les lardons et la crème. Émilie regarda discrètement la date de péremption. Le jeune homme s'en aperçut, mais ne fit aucun commentaire. Son handicap, telle une alarme continuelle, ne cessait de le rappelait à l'ordre, il détestait ça. Il continua sa cuisine tout en papotant avec son amie. Il aimait inventer des recettes : tomates farcies au blé à la mayonnaise, blancs d’œuf mixés au chèvre... Ces recettes tirées de son imagination compensaient son impossibilité à en lire. Elles restaient relativement simples, mais appréciables. Émilie ne s'en plaignait jamais, et était toujours ravie de ses nouvelles inventions.

Après le repas, comme à son habitude, il s'installa devant son ordinateur et travailla ses dires enregistrés de la matinée. Il y passa tout son après-midi, à écouter et réécouter. C'était une passion épuisante dont il ne pouvait pas se passer. Émilie rentrait parfois dans sa chambre pour suivre son travail. Elle aimait se poser sur son épaule tout en écoutant avec attention la prose d'Axel. Il avait fini par accepter de partager son travail avec son amie. Seulement, immergé dans son récit, il lui arrivait de ne pas se rendre compte de sa présence, ce qui faisait toujours sourire la jeune femme.

Après avoir dîné, ils regardèrent un documentaire sur l'Amazonie. Ce reportage ne fut pas sans lui rappeler ce qui l'avait imaginé en voyant la  femme-enfant dans un monde d'harmonie avec la nature. Le documentaire lui fit réaliser que la nature était très dangereuse.  En repensant à l'homme qu'il avait percuté il se rendit compte que ses rêveries l'étaient également. Ils finirent leur soirée ainsi, postés devant la télévision, ne tardant pas à rejoindre leur lit respectif.


J-19 : le petit bordel aux grands éclats

Encore une fois le cycle de sa journée reprit. Se lever, attendre, déjeuner, travailler sur son logiciel, et puis prendre sa voiture. Toujours ces mêmes éléments répétés. Le rituel reprenait. Cependant, il était très perturbé par cette Muse qui l'inspirait désormais, frôlant l'obsession, ce qui cassait quelque peu son rythme de vie. D'ailleurs, il n'avait que peu dormi, ces images  d'elle lui revenaient sans cesse.

Afin de se changer les idées, il était parti avec sa voiture dans une zone encore inconnue. Il adorait observer le monde qui l'entourait durant ces balades. Il avait alors toujours la même attente, la même envie. Comme toujours, il ne réfléchissait que peu à l'endroit où il se dirigeait. Il se retrouva alors, après quelques minutes, dans une impasse dont la seule utilité apparente semblait de mener à un beau pavillon. Axel n'était pas sorti de la voiture qu'il avait déjà remarqué l'antenne perchée sur le toit qui jurait avec le reste de la maison. En effet, elle était aussi blanche que le toit était foncé. Il sortit et claqua un peu plus fort qui ne l'avait imaginé la portière. Il regarda la maison avec plus d'intérêt.

Les maisons progressivement s'imprégnaient des plantes les recouvrant. Il la vit perchée sur le toit en tuile partiellement recouvert  de lierre. La Muse était assise, les jambes pendant dans le vide: elle l'attendait. Il se retrouva en un instant à côté d'elle. Cette atmosphère naturelle allait parfaitement avec l'allure de la jeune femme. Elle était à peine habillée de quelques feuilles et tiges tressées. Elle se leva d'un bon en lui prenant la main et l’entraîna vers l'antenne. Axel, qui était si détendu, fut pris soudain d'une terrible angoisse, mais il la suivit. Après tout, elle ne pouvait pas lui faire de mal. A peine la Muse eut-elle touché le câble de l'antenne qu'ils furent tous les deux entraînés dans un tunnel surgi de nulle part. Des mots semblaient y être inscrits mais Axel ne pouvait les lire du fait de son illettrisme. La Muse, consciente de son handicap et malgré le défilement rapide, articula des mots sans que le jeune homme puisse comprendre. A peine sorti de ce tunnel vertigineux Axel suffoqua. Il ne supportait pas les images qu'il avait devant lui. Il ferma les yeux le plus fort qu'il put. La Muse répétait qu'il fallait qu'il ouvre les yeux sur le monde. Il sentit quelque chose s'approcher de lui, prêt à lui sauter dessus, lui faire du mal.

Il ouvrit les yeux, toujours posté devant sa voiture et poussa un cri sourd. Un homme était là, prêt à lui demander s'il allait bien. Axel n'osa dire un mot devant cet homme et détala vers sa voiture. Il démarra rapidement et s'éloigna du pavillon.
Il se dirigea vers une zone qu'il connaissait bien. Elle était composée de champs et d'un sentier désert. Ici, à l'écart du monde civilisé, il reprit ses esprits et s'apaisa. Il prit plaisir à observer les bovins dans les prés s'occuper de leurs petits. Les oiseaux volaient haut dans le ciel bien loin des chênes qui dominaient le lieu. Il marcha un moment dans ce paysage naturel puis rentra.

A peine s'engagea-t-il dans l'allée qui menait à la maison qu'Axel vit une voiture rouge qui lui était inconnue. Cette voiture ne lui inspirait rien qui vaille - il n'aimait pas le rouge, il n'avait jamais aimé le rouge. Il avança dans l'allée, enfonça la clé dans la porte sans émettre un bruit, puis l'ouvrit  doucement. Il déboucha sur un couloir au papier peint rayé de plusieurs teintes bleues qu'il détestait. Il remarqua un nouveau cadre où prenait place une photographie de lui déguisé en clown par les soins d'Émilie. Il se rappela ce souvenir qui datait de plusieurs mois. La jeune femme avait dû retrouver cette vieillerie et n'avait pas résisté à l'envie de l'afficher. Axel ne put s’empêcher de sourire. Il reprit rapidement son sérieux et continua à avancer, toujours avec cette même appréhension.

Il le vit rapidement comme s'il s'étendait sur tout le parquet. Il ne vit que ça, ce vêtement qui aurait pu être si innocent. Il restait tétanisé devant l'implicite que les éléments laissaient entendre. Il fixa le sous-vêtement, un soutient gorge en dentelle noire. Une certaine douceur s'en dégageait, il semblait caressait le sol à la manière d'un chiffon de dentelle. Une douceur salie. Pourtant, il l'avait sûrement déjà vu, étendu dans la salle de bain ou le salon. Il resta là, sans bouger dans le silence, dans l'immobilité du monde.  Il déglutit tout en détailant l'habit. Ses pensées fusaient dans sa tête, il ne maîtrisait plus son esprit, tout se bousculait. Ce qu'il imaginait lui donnait envie de rendre son estomac. Il éprouvait une telle répugnance à cette idée - comment pouvait-on s'adonner à cette activité bestiale, sans morale et si déshumanisante ? Il aurait aimé hurler autant qu'il souffrait de cette tyrannie mentale, imaginant des corps s'entrechoquant avec violence sous ses yeux. Il ne pouvait pas imaginer ça.

Ce couloir recouvert de boiserie aurait pu retenir l'attention. Il n'en fut rien. Tel un serpent, il rampait en silence sur le parquet abîmé, s’arrêtant au moindre bruit à la manière des prédateurs. Il bavait d'impatience, derrière une traînée de liquide visqueux qui s'étendait derrière lui. Le couloir semblait sans fin. Il entendit un cri...

… et sortit de sa torpeur. Tout d'un coup, sans bien même en connaître les raisons, il se remit à entendre le bruit de l'horloge. Ce bruit, tel un vacarme assourdissant, le torturait. Retrouvant également l'usage de ses mains, il les plaqua sur ses oreilles. Il tomba à genoux, incapable de rester debout. Il pensa alors qu'il ressemblait à sa mère dans cette faiblesse qu'il détestait. Il commença à ramper. Il déploya toutes ses forces pour atteindre la chambre d’Émilie. Il étira son bras jusqu'à la poignée. La douleur fusa subitement dans le prolongement de ses doigts. Dans un gémissement, il l'attrapa. La porte en bois s’entrouvrit dans un grincement alors qu'il  chutait sur le palier de la pièce, tombant inconscient.


J-18: réanimation hospitalière


Axel finit par se réveiller, toujours avec cette porte coincée dans la tête. Il observait son nouvel environnement, des plus statiques. Il se sentait perdu, envahi par ce blanc des murs et des draps. Un instant il se crut dans une geôle, enfermé à jamais. Seulement, une odeur typique des hôpitaux traînait là, même ses draps en étaient imprégnés. Cette odeur, bien que repoussante, finit par le rassurer.

La lumière émanant de la fenêtre située à sa droite semblait être celle de l'aube. De toute évidence, une après-midi et une nuit semblaient s'être écoulées sans lui. Axel était malade de cette perte de temps.

A sa gauche se trouvait un homme d'une trentaine d'années. Bizarrement, il fit mine d'être toujours endormi. Il tourna cependant la tête et entrouvrit les yeux pour l'observer sans que son voisin s'en aperçoive. Il remarqua tout d'abord les branchements, reliés à lui sous les draps qui le recouvraient. L'homme avait l'air paisible avec ses carnets de sudoku et de mots croisés dans les mains. Ses cheveux demeuraient particulièrement surprenants. Ils étaient étonnamment gris malgré le peu de rides qui se dessinaient sur son visage, ce qui poussa Axel à la réflexion.

Soudain, un garçon à peine âgé de 10 ans débarqua dans la chambre, enthousiaste, cassant la monotonie du lieu. « Maman m'a dit que je pouvais venir tout seul, elle va arriver, elle doit aller voir Mamie pour déposer Lili. » Cette intrusion dans le calme remit en marche le cerveau endormi d'Axel. Cet enfant lui rappelait quelqu'un. Ce sourire, cet émerveillement ne lui étaient pas étrangers. Ses souvenirs d'enfance surgirent subitement. Fatigué, il se laissa aller dans les méandres de son passé.

L'enfant de 9 ans que fut autrefois ce jeune adulte lui fit face. Un gamin en pleurs, il venait de perdre sa mère. Brusquement orphelin, il restait agenouillé sur le sol, ne sentant plus la douleur de ses genoux posés sur les gravats. Il regardait la pierre où reposait sa mère. Sa grand-mère était là, près de lui, elle le pria de se lever. Il hocha la tête et ne bougea pas. La vieille femme, alors que tout le monde était parti, attendit avec l'enfant pendant des heures. Ils pleurèrent ensemble, mêlant leurs larmes dans l'adieu final.

Axel avait grandi, les années passaient sans qu'il puisse oublier sa mère. Sa grand-mère prenait soin de lui, trop peut-être. Elle lui interdit de mettre les pieds dans son école. L'enfant se retrouva privé de lien social. Il ne pouvait toujours pas écrire, pourtant la vieille femme donna toute son énergie pour y parvenir. Un jour, une marche d’escalier glissante mit fin à cet apprentissage sans résultat. Elle décéda : nouvel abandon.

Arrivèrent alors les pires années. On le plaça dans un foyer. Ses camarades d'autrefois n'avaient rien à voir avec les monstres auxquels il devait maintenant faire face. Stigmatisation, humiliation, insultes. Ces gamins n'avaient plus rien non plus, ni respect, ni fierté, ni famille. Axel était comme eux, tout était de l’ordre du néant pour lui.

Il avait eu un camarade dans ce foyer de désarroi. Ce fut lui qui lui redonna espoir. Un cadeau : un enregistreur. « Pour que toi aussi tu puisses écrire, à ta façon ». Quelques mois plus tard, il retrouva son camarade presque mort sur son lit, bourré de médicaments. Axel avait appelé les secours, il avait prévenu les éducateurs du foyer. Il avait essayé et il avait échoué. L'abandon, tel un rituel continuant sa route, ne cesserait-il donc jamais ? L'adolescent qu'Axel était devenu voulait tout quitter, alors il trouva un travail dans un supermarché, il passa son permis malgré son illettrisme. Il se donna pour réussir, pour quitter cette vie de merde, cette ville de merde, ce foyer, ces gens, tout. Il voulait tout recommencer. Il était alors parti en Normandie pour tenter d'oublier qui il avait été.

L'enfant n'était plus là, et l'homme sur le lit était maintenant seul. Axel aussi aurait voulu une présence. La seule personne qui aurait pu lui rendre visite restait Émilie. Il ressentait une étrange sensation à l'idée de cette dernière. Il n'y avait personne d'autre dans sa vie, quelque part il le regrettait. La solitude s'imposait à lui, il se plaisait parfois en sa compagnie. Il l'admettait. Le temps était si long enfermé, seul avec cet homme léthargique à ses côtés. Il passait son temps à somnoler, et cet état maladif le fatiguait. Le personnel soignant l'examinait, tentait des expériences auxquelles Axel ne prêtait plus attention. Ils voulurent lui présenter le psychologue de l’hôpital mais il refusa avant même de leur laisser le temps de finir leur  phrase.

Ce fut cette après-midi-là qu'il la vit de nouveau dans sa chambre. Cette femme dans la rue, qui semblait tant lui ressembler. Il ne comprenait pas comment elle pouvait être là, alors qu'ils ne se connaissaient pas. L'avait-elle cherché et retrouvé ici ? Son imagination lui jouait peut-être un tour. Il éprouva une émotion insoupçonnée quand elle se rapprocha, lui prouvant la réalité du moment. Elle lui expliqua qu'elle aussi était observatrice, que les coïncidences amenaient parfois à des choses surprenantes. Son sourire le convainquit de la véracité de son propos. Aussi près de lui, il remarqua ses yeux vert-gris en amande qui brillaient. Il sentit qu'elle avait eu peur pour lui. Qui était-elle ? Elle ne resta pas longtemps, mais laissa tomber un « A la prochaine ». Il la reverrait, il le savait.


J-17: désir et répulsion


La matinée passait lentement. On lui annonça qu'il allait pouvoir quitter l'établissement. Émilie allait passer le chercher. Émilie. Les images liées à ce nom le mettaient mal à l'aise. Il tenta de se vider l'esprit tout en l'attendant.

Elle ne mit pas longtemps à arriver. De suite, elle l'informa qu'il lui avait été interdit de lui rende visite. Axel se rendit vite compte que ses yeux s'humidifiaient. Elle laissa sous-entendre qu'elle en avait souffert, bien qu'Axel l'ait clairement compris. La journée dernière avait été longue. La jeune femme tenta malgré sa gêne, de comprendre la réaction de son ami. Elle se sentait responsable de ce qui était arrivé, ne sachant pas les causes de cet incident. Malheureusement pour elle, Axel n'en savait pas davantage sur le sujet. Il finit simplement par lui dire qu'une voix neutre : « Je n'ai jamais aimé l'idée d'un rapport sexuel. » Ce fut tout ce qu'il put dire pour justifier sa réaction.  Émilie se tue face à cette révélation, elle commença à prendre les quelques affaires d'Axel et quitta l’hôpital.

Une fois dans la voiture elle lui avoua ce qu'il redoutait le plus. « Axel, ils m'ont obligé à prendre rendez-vous pour toi. Chez le psy de l’hôpital... Quinze heures vingt, demain. »

A peine arrivée, Émilie se servit un verre. Ses yeux étaient au bord des larmes. Axel s'approcha d'elle, « Je crois pas que ce sois ta faute. » Il voulait la consoler, simplement, mais ces mots ne reflétaient pas sa pensée. Il éprouvait un certain rejet de par ce qu'il avait vu, imaginé, deviné. Elle le regarda avec intensité et émotion. Le jeune homme ne put qu'en avoir le cœur serré. « Axel, ne dit pas ça. J'ai cru que j'allais te perdre, par ma faute ! Je... je tiens tellement à toi... » Elle tourna les yeux, tentant de cacher ses larmes sur ses joues. Il répondit :

« Arrête de boire. Ça ne changera rien de toute manière.
–   Je deviens comme mon père, que veux-tu c'est dans l'ordre des choses ! Quand je pense que c'est pour le comprendre que j'ai fais des études de psychologie. Quelle connerie ! Tu sais quand tu étais à l’hôpital j'étais vraiment seule. Je n'ai plus que toi, et quelques collègues sympathiques... Tu parles... »

Axel prit la jeune femme dans ses bras maladroitement. Elle ne lui avait jamais parlé de ses parents. Il n'aurait jamais imaginé ça. Il avait aimé penser que les parents d’Émilie étaient bons, qu'ils avaient tout fais pour leur fille. Il réalisait que son amie était aussi seule que lui, perdue dans cette immensité d'inconnue. « Ne pleure plus, je suis là maintenant. » Que pouvait-il dire d'autre ? Il était là mais il savait pertinemment que ce n'était pas grand-chose, que ça ne suffirait jamais à la rendre heureuse. Il ne pouvait rien lui donner davantage. La journée passa ainsi, entre silence et consolation. Les deux amis prirent du temps pour eux et quelque part cela fini par les apaiser.

Emilie, dans les bras d'Axel se sentait bien, comme protégé de ses tourments. Ils restèrent une dizaine de minutes dans cette posture. Les lèvres d’Émilie finir par s'entrouvrirent pour prononcer : « Je vais aller me coucher, je crois que j'ai besoin de repos. Je n'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière. Merci Axel. »

Par la même occasion il alla lui aussi rejoindre son lit. Il remarqua que pendant son absence elle avait changé ses draps. Il sourit. Émilie avait quelque part repris le rôle de mère qu'il n'avait jamais vraiment eu. Il espérait qu'elle, ne l’abandonnerait pas. Il se déshabilla, enfila un pantalon de pyjama et s'allongea. Le temps était lourd, il resta hors des draps et attendit le sommeil.

Une heure plus tard, pourtant somnolent, il entendit Émilie sangloter. Il se leva alors et alla taper à sa porte doucement. Elle le laissa entrer. Il remarqua de suite ses joues rouges. Elle était allongée, il s'approcha d'elle. Il aperçut ses épaules dénudées et ne put ne pas imaginer sa poitrine  sous cette toile si fine. Il s'en voulut évidemment, il ne devait pas penser à ce corps sali. Sa peau semblait si douce, sans imperfection. Il passa ses doigts doucement sur ses larmes afin de les sécher. Il ne la pensait pas aussi sensible et cela le touchait particulièrement. Il ne la trouvait que plus belle, que plus entière. Elle se releva sans tenir le drap le long de son corps. Le cœur d'Axel se serra, il aurait aimé pouvoir fermer les yeux, mais ses paupières ne répondaient plus. Au dernier moment elle rattrapa le tissu. Le désir montait alors que quelques gouttes tombaient encore des yeux de la jeune femme. Non, il n'était pas de ces hommes. Il chassa ces pensées malsaines. Émilie bailla. « Rendors toi » lui dit-il d'une voix douce. Elle s'allongea et repensa à son enfance, à sa mère qui l'avait bordé avec la même douceur. Une mère qu'elle avait perdue, leurs chemins s'étaient éloignés. Une mère qui inflige un homme alcoolique à sa fille peut-elle l'aimait réellement ? Émilie se calma et chassa ses idées noires. Axel l'embrassa sur la joue et partit se recoucher. Il eut du mal à trouver le sommeil. Avant de s'endormir il se laissa aller, laissant s'exprimer son inconscient.

Il rentra dans une pièce lumineuse. Des femmes étaient là, nues autour de lui. Elles étaient très grandes. Aguicheuses, elles se collaient contre lui, leurs seins frottant son corps. Il reconnut Émilie et la Muse. La première embrassait une autre femme plus âgée. Les femmes étaient tout près de lui maintenant, excepté la Muse. Il la regardait, il l'incita à venir. Elle répétait avec une petite voix "il ne faut pas, il ne faut pas" Elle voulut s'éloigner mais quelque chose l'en empêchait. Axel ne pouvait détacher son regard de la Muse, malgré les baisers qui l’assénaient. Elle restait interdite, ne pouvant détacher son regard de ses corps. Elle semblait si innocente, si vulnérable...



« Modifié: 21 Décembre 2012 à 11:33:13 par marie »
Si tu as le temps: http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7149.0.html :) jette un coup d'oeil!

Hors ligne Karina

  • Plumelette
  • Messages: 19
Re : La Muse aux couleurs vertes
« Réponse #1 le: 07 Décembre 2012 à 03:28:58 »
Citer
Il disposait d'un GPS qui l'aidait à se dirigeait

à se diriger*

Citer
Comme il le craignait peu de gens était de sortie, malgré une petite éclaircie à travers les nuages gris

une virgule après craignait. peu de gens, même si c'est peu, c'est tout de même plus qu'une personne. donc étaient*  :)


Citer
En cette matinée c’était une jeune femme un peu perdu dans ses pensées

perdue*.

Citer
Tous ses sens étaient en alerte, sensible à toutes ses choses qu'elles soient quasi imperceptibles, évidentes, ou éphémères

sensibles*


Citer
Les individus portaient des vêtements fait de diverses plantes, et cette femme, à peine femme marchant au milieu des autres attirait particulièrement l'attention. 

faits*. Le 'à peine femme' est maladroit.

Citer
« Bon sang regardait où vous marchez ! »

regardez*

Citer
Émilie commença à éplucher les courgettes tout en demandant conseille

conseil*


Citer
Le jeune homme s'en aperçu, mais ne fit aucun commentaire.

aperçut*

Citer
Ces recettes tirées de son imagination compensaient son impossibilité de lire des recettes de cuisine.

Si je ne me loupe pas c'est 'à lire des recettes'*

Citer
ne tardant pas à rejoindre leurs lits respectifs

leur* il s'agit d'un lit chacun.

Mon avis maintenant. ^^ Je trouve que "c'est mignonnet". Par là j'entends que ça reste une vie calme , ou tout du moins présentée comme telle, avec ses problèmes, ses évènements, ses souvenirs...mais ça reste, dans l'ensemble, très doux et chaleureux. Il y a quelques petites fautes de syntaxe, ce qui me gêne c'est l'emploi de l'imparfait et du passé simple qui n'est pas toujours bien choisi. Par exemple :

En cette matinée c’était une jeune femme un peu perdu dans ses pensées qui l'intrigua par leur ressemblance.

En cette matinée, donc tu marques un moment dans le récit. Et là, paf : c'était. Pour ensuite revenir sur 'l'intrigua.' Si tu avais mis 'ce fut', cela aurait moins cassé le rythme.  :)
J'aurais voulu en savoir plus sur la psychologie de tes protagonistes. Malgré le défaut majeur de ton bonhomme, qui est son illettrisme, on en sait très peu. Ton texte est plus basé sur les actions. Il a fait ça, puis il est allé là, ensuite il a rencontré untel, etc etc. C'est bien, ça ne manque pas de charmes mais ça donne un sentiment de 'présenter' tes personnages et non plus de les 'faire vivre' dans ton récit. Cela ne t'empêche pas de les dévoiler au fur et à mesure..l'homme est complexe, tu as assez de choses à dévoiler pour ne pas tout faire d'un coup dans un seul texte hihi  ^^
Sinon, j'aime beaucoup. Ton écriture est fluide. Ca se laisse lire avec plaisir. Pas de fioritures, de détails inutiles, d'adverbes à tout va. Non vraiment, c'est très bien. Hâte d'en savoir plus sur cette mystérieuse jeune fille/femme.  :mrgreen:
« Modifié: 07 Décembre 2012 à 03:30:41 par Karina »
«La citation. Est-ce une mode ou un concept, une envie ou une imitation?»

Hors ligne marie

  • Calligraphe
  • Messages: 106
Re : J-20: la Muse aux couleurs vertes
« Réponse #2 le: 07 Décembre 2012 à 11:54:51 »
Merci pour ta lecture et ton commentaire. As tu lus le prologue? Autrement, il est vrai que sa psychologie n'est pas très décrite ici, mais elle le sera davantage dans le chapitre 2 et encore plus dans le 3. Merci pour les fautes, certaines sont énormes je sais même pas comment j'ai pu les faire! La jeune femme restera un personnage mystérieux tu comprendras pourquoi si tu lis la suite.

L’illettrisme n'est pas un défaut, surtout pour ce personnage qui n'a pas choisi sa condition (lit le prologue), je crois que c'est important de le souligner.
Je voulais que le premier chapitre soit une journée type pour qu'on comprenne  où est arrivé le personnage (par rapport au prologue toujours)
Le chapitre 2 est riche en action :D je peux déjà te donner le titre: J-19: le petit bordel aux grands éclats
« Modifié: 07 Décembre 2012 à 11:57:24 par marie »
Si tu as le temps: http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7149.0.html :) jette un coup d'oeil!

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : J-20: la Muse aux couleurs vertes
« Réponse #3 le: 07 Décembre 2012 à 12:50:07 »
Désolée, j'ai pas le temps là tout de suite de commenter, mais je me demandais : ce serait pas mieux de mettre tous tes extraits les uns à la suite des autres ? Histoire que les gens aient lu le prologue avant par exemple.  ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne marie

  • Calligraphe
  • Messages: 106
Re : J-20: la Muse aux couleurs vertes
« Réponse #4 le: 07 Décembre 2012 à 16:52:49 »
Voila j'ai mis le prologue avant, c'est vrai que c'est mieux comme ça :) en attendant ton commentaire.
« Modifié: 07 Décembre 2012 à 19:46:07 par marie »
Si tu as le temps: http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7149.0.html :) jette un coup d'oeil!

Hors ligne Elhora

  • Prophète
  • Messages: 775
  • autiste, galère à comprendre les implicites...
Re : J-20: la Muse aux couleurs vertes
« Réponse #5 le: 08 Décembre 2012 à 20:25:24 »
Salut Marie!

Comme promis  ^^ me voilà.

Alors d'abord je vais revenir sur ton titre. je lis souvent les textes en fonction de leur titre. Le tien m'a suggéré un univers de fantasy ou le titre d'un conte, bref, quelque chose qui n'a rien à voir avec ton histoire. (je ne sais pas si je suis la seule à penser ça mais c'est dommage parce que le thème de ton texte me plait beaucoup).

Après, dans ton prologue, tu passes d'une chose à une autre trop vite et cela m'a heurté à la lecture :

Citer
Tandis que tout disparaissait elle sentait qu'on la secouait.« Maman! Maman! »

   « MAMAN! » Elle sortit de sa transe en sueur.
   « Maman, j'ai eu si peur. Tu criais que...
- Je ne veux pas savoir, sois gentil Axel.

En fait, j'ai cru au début que c'était l'enfant qui avait des visions puisqu'il dit qu'il a eu peur. Après, j'ai eu du mal à recontextualisé cette femme que j'imaginais seule (à son travail par exemple) chez elle avec son petit garçon. Donc ça m'a heurté dans ma lecture.
Après pareil, c'est étrange que la mère ne réponde pas à son enfant qui se sent coupable de ses visions. Bref, cette intro manque de fluidité je trouve. Peut-être qu'un tout petit peu de descriptions en plus serait bienvenues. On pense que la femme est le personnage principale mais en fait c'est l'enfant. Si tu disais simplement au tout début que cette femme est assoupie avec son petit garçon à côté, cela répondrait à ces questions je pense.

Citer
Il n'oubliait pas, et n’oublierait jamais cette violence qu'il avait appris à connaître. Il ne savait ni lire, ni écrire. Son psychiatre affirmait que c'était la conséquence d'un traumatisme fort.
Sur cette phrase puisque tu ne vas pas tout de suite raconter le traumatisme, j'enlèverais la partie "n'oublierait jamias cette violence qu'il avait appris à connaître". Parce que c'est un peu frustrant. De quoi s'agit-il? Pourquoi ça arrive d'un coup si ça n'est pas explicité. L'idée d'un "traumatisme fort" est parlante et on se doute que tu l'absorderas plus tard. Cela nous permet de patienter.

J'aime bien l'introduction que tu fais du handicap de son fils. C'est bien amené, c'est clair et cela pose qu'il est différent et que sa différence n'est pas définie.

Citer
Ce qu'elle attendait devenait plus clair, et elle le voyait arriver comme une lumière dans l'obscurité. Alors elle se leva, sortit de la maison pour voir une dernière fois ce spectacle pour lequel tant de gens éprouvaient une certaine satisfaction.
L'echainement de ces deux phrases me gène. Elle voit arriver un espoir, elle attend une lumière puis elle va voir une chose qu'elle n'apprécie pas et qui la fait pleurer. Cest très bizarre comme passage. C'est trop brutal pour moi.
Pour la conclusion sur ce prologue : j'aime vraiment ce que tu racontes mais ça manque de fluidité (ce qui n'est pas le cas dans la suite). J'ai l'impression que tu ouvres des portes aux lecteurs sur un mystère (dont nous aurons les clefs par la suite) mais tu le fais trop abruptement. On passe de la mère qui a des visions violentes au fils qui est handicapé et aux inquiètudes de la mère pour son fils. Quel est le lien dans tout ça? Je pense que ce sont les questions que posent ton prologue mais en tant que lectrice, j'aurais besoin que tu classes un peu tout ça. Sur quoi vas-tu te concentrer? les visions de la mère ou sa relation avec son fils ou le handicap de son fils? J'aibien compris que les trois sont liés mais j'aurais beosin de savoir par laquelle de ces problèmatiques on va attaquer.

Ton premier chapitre est beaucoup plus fluide. Il se lit sans accro. Par contre, où est donc cette maman? Pourquoi ce jeune homme (qui avait un handicap très fort étant jeune) semble mener une vie presque sans histoire? Et puis quel est son métier? Est-il écrivain? Là, je dirais qu'il manque une intimité avec ton personnage. Ses ressentis. Je rejoins Karina sur le fait que tu énumères les faits mais que nous ne sommes jamais dans la tête du jeune homme. Que ressent-il? -ce qu'il pense, on le comprend- mais pas ses émotions. Or il semble que le problème de ce garçon ne soit pas l'illétrisme mais soit autre chose, quelque chose de plus profond. J'aurais aimé que tu nous donnes plus d'indices pour essayer de le comprendre.
De la même façon, sa relation avec Emilie parait très froide. Comme une colocation pratique. Est-ce le cas? Il ne semble pas qu'elle ait une importance particulière pour lui si ce n'est qu'elle compense son illetrisme. Par contre, je ne trouve pas ton texte "mignonnet". je trouve qu'il suggère une grande violence qui va arriver et qui est déjà présente mais lattente. Et si je ne me trompe pas sur ce point, ça me plait beaucoup.

Enfin, quelques petites corrections :

Citer
Des corps d'enfants  jonchaient le sol inerte.
c'est le sol qui est inerte ou les corps? dans ce dernier cas "inertes"

Citer
condamnée à être un spectateur
une spectatrice

Citer
Ils s'échangèrent un sourire
Ils échangèrent

Citer
le portail de l'école.
répétition école : "le portail" c'est suffisant

Citer
Comme si leur état ne pourrait changer, des mères faisant face à la réalité
Cette phrase ne va pas grammaticalement. J'enlèverais le "si" et je mettrais "faisaient" plutôt que "faisant"

Citer
il était proportionné
"bien proportionné" plutôt?

[
Citer
tout ces êtres
tous

Citer
pendant l'année qu'ils se côtoyaient
où il se cotoyaient? Durant laquelle ils se cotoyaient?

Citer
devant sur ordinateur
devant son ordinateur

Citer
l'informait de certaines informations
lui donnait certaines informations

Citer
étant donné qu'il ne pouvait pas accéder à toutes les informations.
encore une répétition "information"

Citer
il en faisait le héros
certaines personnes / les héros

Citer
qui l'intrigua par leur ressemblance
"qui l'intrigua" suffirait je pense

Citer
'un accord entre la ville et la nature, ou même l'humain et la nature avaient été faits
C'est l'accord qui a été fait non? singulier "a été fait"

Citer
Les feuilles posaient
les feuilles posées

Citer
Le documentaire lui fit réalisé
lui fit réaliser

Pour conclure, j'aime beaucoup ton histoire, j'ai très envie de connaître la suite. Les thèmes me parlent beaucoup : le handicap, les visions, la nature. Ce  sont des sujets qui me touchent particulièrement.  Donc je ne regrette pas que tu m'ais incitée à aller voir.
J'espère que mes conseils t'ont un petit peu éclairée.

Au plaisir

 :mafio:








Hors ligne Noisette

  • Scribe
  • Messages: 65
Re : J-20: la Muse aux couleurs vertes
« Réponse #6 le: 08 Décembre 2012 à 21:05:58 »
Salut !
Donc alors j'ai lu que le prologue pour l'instant, je lirais la suite plus tard. Et je dois dire que j'aime ton prologue  :D
Les rêves de la mère, le fait que son enfant est un handicap qu'on ne sait pas encore en quoi il consiste vraiment. C'est bien écrit en tout cas.

Citer
On connaissait les trisomiques, les aveugles ou encore les paraplégiques, voici une autre forme de handicap. Il y avait eu ce jour si symbolique où elle c'était dit: « mon fils est handicapé ». C'était quelques mois après son entrée dans l'établissement, elle avait partagé une discussion avec d'autres mères sur le devenir de leurs enfants. Comme si leur état ne pourrait changer, des mères faisant face à la réalité...

J'ai pas trop compris ce passage, pas très claire je trouve, mais c'est subjectif.

Au plaisir

Hors ligne marie

  • Calligraphe
  • Messages: 106
Re : Imagination et illettrisme
« Réponse #7 le: 08 Décembre 2012 à 22:20:58 »
J'ai corrigé ce qui me semblait pertinent et gardé quelques trucs... Je vous remercie beaucoup pour votre lectures et vos commentaires je travaille sur la suite :)
Si tu as le temps: http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7149.0.html :) jette un coup d'oeil!

Hors ligne Gwladys

  • Tabellion
  • Messages: 27
Re : Imagination et illettrisme[ancien titre: la muse aux couleurs vertes]
« Réponse #8 le: 08 Décembre 2012 à 23:36:10 »
Je n'ai pas eu le temps de lire tous les commentaires précédents sur ton texte donc il y a des chances pour que certaines remarques se répètent, notamment pour les fautes, je m'excuse par avance.
Voilà mes remarques ;

"Il s'appelait Axel." Déjà dit avant
"Pourtant il n'avait qu'un rêve : pouvoir déverser tout les mots"
"comme tous les adultes"
"Il y avait eu ce jour si symbolique où elle s'était dit"
"elle avait alors partagé une discussion avec d'autres mères sur le devenir de leurs enfants."

"Sandrine attendait 16 :30, allongée dans son canapé, tentant de se vider l'esprit. « Il est toujours possible de surmonter un handicap, Axel est un petit garçon fort, il y arrivera c'est certain. J'ai confiance en lui ». Souvent son fils lui demandait ce qu'elle faisait sur le canapé." --> Lorsqu’elle attend 16h30 sur son canapé, c’est qu’elle est en train d’attendre la sortie de l’école de son fils, non ? Dans ce cas il peut peut pas lui demander ce qu’elle fait sur le canapé...à moins que ce soit à un autre moment de la journée où il se trouve lui aussi chez lui, mais dans ce cas je pense qu’il faut que tu mettes un élément pour le préciser.
"ce spectacle pour lequel tant de gens éprouvaient une certaine satisfaction." --> Là tu peux utiliser le présent de vérité générale, je pense que ça sera mieux
"ces jeunes rires"
"Son côté asocial"
"naïveté d'étudiante"  ??
"Malgré le  temps pluvieux de cette matinée, il décida de se rendre en ville"
"ne l'avait pas déçue", pas de “e”
"sensibles à toutes ces choses"
"Émilie rentrait parfois dans sa chambre pour écouter sa prose. Elle aimait se poser sur son épaule tout en écoutant avec attention la prose d'Axel." --> répétition
Voilà, voilà j'espère que ça pourra t'aider un peu.
Sinon je pense que ton histoire peut prendre une dimension intéressante, surtout en voyant comment son enfance a pu influencer sa vie adulte.

Hors ligne marie

  • Calligraphe
  • Messages: 106
Re : Imagination et illettrisme[ancien titre: la muse aux couleurs vertes]
« Réponse #9 le: 08 Décembre 2012 à 23:53:46 »
Qu'as tu pensé de la psychologie des personnages?
Si tu as le temps: http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7149.0.html :) jette un coup d'oeil!

Hors ligne Elhora

  • Prophète
  • Messages: 775
  • autiste, galère à comprendre les implicites...
Re : Imagination et illettrisme[ancien titre: la muse aux couleurs vertes]
« Réponse #10 le: 09 Décembre 2012 à 18:37:39 »
A qui adresses-tu ta question? A Gladys?

Hors ligne marie

  • Calligraphe
  • Messages: 106
Re : Imagination et illettrisme[ancien titre: la muse aux couleurs vertes]
« Réponse #11 le: 09 Décembre 2012 à 18:48:12 »
oui, mais tout le monde peut y répondre :)
Si tu as le temps: http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7149.0.html :) jette un coup d'oeil!

yfig

  • Invité
Re : Imagination et illettrisme[ancien titre: la muse aux couleurs vertes]
« Réponse #12 le: 09 Décembre 2012 à 20:40:35 »
Est-ce qu'il ne manque pas un point sur le 'i' ?

Oh la la ....  le coup des lettres pour la vérification, ça me gave grave !!!!! sans parler de l'autre 'bot' !

Hors ligne Gwladys

  • Tabellion
  • Messages: 27
Re : Imagination et illettrisme[ancien titre: la muse aux couleurs vertes]
« Réponse #13 le: 10 Décembre 2012 à 21:24:40 »
Alors pour répondre à ta question sur la psychologie de tes personnages :
Je pense que c'est intéressant la relation entre le fils et la mère, et tu peux jouer là-dessus pour la construction de la psychologie de ton personnage.
Dans la relation entre Axel et Emilie, tu penses mettre en évidence le fait qu'Emilie va permettre à Axel d'avoir une vie "normale" et lui apporter une certaine stabilité ?
De plus, penses-tu qu'Axel va pallier son illetrisme par une sensibilité accrue ? Cela pourrait être intéressant !
Voilà voilà, j'espère t'avoir un peu éclairée ;)

Hors ligne marie

  • Calligraphe
  • Messages: 106
Re : Imagination et illettrisme[ancien titre: la muse aux couleurs vertes]
« Réponse #14 le: 11 Décembre 2012 à 10:20:13 »
Bien sur que ça m'aide!

Voila la suite :) j-19...
Si tu as le temps: http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,7149.0.html :) jette un coup d'oeil!

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.024 secondes avec 23 requêtes.