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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [revers de la plume] Je marche sur la plage

Auteur Sujet: [revers de la plume] Je marche sur la plage  (Lu 5728 fois)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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[revers de la plume] Je marche sur la plage
« le: 04 Août 2007 à 11:23:05 »
Bon, alors voici un texte que j'ai longtemps hésité à posté, parce qu'on m'a dit plusieurs fois que la fin était à retravailler, et que j'aurais préféré vous livrer la version nickel. Mais je n'arrive pas à retravailler la fin sans avoir plus d'avis : je ne vois pas, concrètement, quoi changer, puisque j'ai eu des avis contraires : selon les uns c'est trop prévisibles, et selon les autres c'est pas assez expliqué et pas clair...
Bref, si vous pouveiz éclairer ma chandelle, je vous en remercie d'avance !

Là encore, désolée pour la longueur, mais je ne peux pas couper au milieu ! Je vais sauter des lignes entre les paragraphes, pour l'aérer.


EDIT (avril 2009) : J'aime plus du tout ce texte  :mrgreen: (je l'ai jamais beaucoup aimé, mais maintenant j'ai un peu honte de l'avoir posté  >< )
_________________________

Je marche sur la plage. Le sable est fin et chaud, il rentre dans mes chaussures en remous granuleux. J’avance. A ma gauche, j’entends le bruit des vagues, profond, régulier comme un souffle fantastique. Il fait nuit. L’odeur salée m’oppresse chaudement, je marche, je marche, je marche encore, droit devant moi. Sous la lumière de la nuit, les vagues avalent, noires, le sable de la plage. Le vent est tiède, il me caresse le visage de sa main invisible, et moi j’avance, encore. Le ciel a l’air d’une voûte liquide où on a laissé tomber une goutte de peinture, noire aussi, qui s’est diluée inégalement, en dégradé, jusqu’à l’horizon. Les étoiles scintillent, minuscules lumières froides et pures, épinglées au-dessus de moi, qui avance, encore, encore. Je marche sur la plage.

Mon esprit est englué, comme dans ces sables mouvants qui, plus vous vous débattez, plus inexorablement se referment sur vous. Comme dans un rêve. Comme dans un sortilège. Je ne sais pas ce que je fais là, je ne sais pas où est ce là, je ne sais pas. Je ne sais rien. Et toujours j’avance. Un pied devant l’autre, à nouveau, un automatisme. Je marche sur la plage.

Le ronflement assourdi de la mer est régulier, lent. Flux, reflux… Flux, reflux… Flux… Le sable est fin et chaud… reflux… j’avance sur la plage… flux… j’avance encore, encore… reflux. Je ne sais pas, je ne sais plus. Penser demande trop d’effort. Je me laisse guider par mes jambes, par le rythme, obsédant, envoûtant, des vagues. Flux, reflux… flux, reflux… Le ciel est d’un noir opaque, à présent ; les étoiles brillent moins fort, moins près, moins nombreuses. Je n’essaye plus de savoir. Un pas, un autre. Le vent est tiède, il me caresse le visage de sa main invisible. Je ne marche plus droit devant moi, plus par rapport à moi, je marche, c’est tout. Flux, reflux. Mon souffle, comme les vagues. Inspiration, expiration. L’odeur salée m’oppresse chaudement. Le ciel est totalement noir, à présent, pourtant je vois. Ou peut-être pas. Peut-être plus. Je sens. Non, je ne sens pas. Je ne fais rien. C’est le reste qui fait. Qui est. C’est. La mer de ténèbres liquides, le sable fin et chaud, je marche sur la plage.

C’est la peur qui me sauve. Une pointe, dans ma poitrine, mon cœur qui s’accélère, et mon souffle. Je ne pense plus à rien, je ne pense plus, mais maintenant, de nouveau, je sens. Un paysage, autour de moi, un moi, dans le paysage, une peur, en moi, qui m’électrise. Le ciel est impénétrable, comme une masse obscure et nébuleuse, à ma gauche, un nuage liquide, noir. Je veux m’arrêter. Ne pas poser ce pied que je m’apprête à mettre devant l’autre. Partir. Que ce ne soit plus. Les ténèbres commencent à se refermer sur moi, à nouveau ; flux, reflux. Je ne veux pas. Je veux hurler, je veux courir, m’enfuir. Un pas, encore un pas, encore un autre. Flux, reflux. C’est trop. Je ne peux plus.

Un bond, sur le côté, une impulsion de frayeur qui m’a parcouru. Je ne suis plus sur le sable, se sont des galets. La plage respire à présent dans mon dos. Je hurle, je cours. Droit devant moi. Je trébuche, me relève, cours encore. Des arbres, il y a des arbres, en face, qui m’attendent, qui m’accueillent.

La moiteur me frappe de son bloc presque palpable. L’odeur de bois humide, la vapeur condensée sur les feuilles, les lianes brûlantes qui pendent, la lumière, verte et irréelle, irradie tout. Je suffoque. Mais je pense. Mon esprit est sorti de sa torpeur, je porte mes mains à mon col pour me dégager, pour respirer. L’air est plus dense qu’une motte de sable compacté. Je remue la tête, étourdi.

Je suis dans une jungle, une jungle luxuriante et bruyante. Des cris aigus de singes invisibles, des bruissements, des craquements, une cacophonie qui s’élève de partout à la fois, fantasmagorique. Je me bouche les oreilles, fais quelques pas. Je ne veux pas retourner en arrière, la simple pensée de la plage, calme, sombre, ensorcelante, me révulse l’estomac. Je m’appuie à un tronc, l’odeur humide est encore plus puissante, ici, mais je m’appuie quand même, mon cœur bat toujours très fort, résonne contre l’écorce.

Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas ce que je fais là. La dernière chose dont je me souvienne, c’est… Je ferme mes yeux, rejette ma tête en arrière. Avant les galets, avant la plage sur laquelle mon esprit glisse avec horreur… Une bibliothèque. Et dans cette bibliothèque, une petite table, un vieux volume, en cuir, épais, odorant. Une page, un texte, des mots anciens et inconnus. Je déglutis, une goutte de sueur serpente dans mon dos.

Je ne peux pas rester ici. La plage est trop près, trop vivace. Je ne sais pas comment la jungle peut être aussi proche de cette mer, aussi différemment semblable. Tout respire, ici, je le sens. Il n’y a pas de sentier, j’enjambe des plantes tropicales, leurs feuilles grandes et larges, presque circulaires par moments, la terre noire, opaque. Tout a l’air réel. Tout est réel. Je sens la chaleur cuire ma peau, j’entends les hurlements aigus et rieurs des animaux secrets de cette selve, je sens mes pieds fouler le sol, un pas, un autre. Mais je ne sens pas ma fatigue. C’est presque comme si moi, je n’étais pas réel.

Il y a quelque chose sur mon épaule. Un poids, qui se tortille. Je me fige. Je tourne la tête. Deux yeux me fixent, des pupilles rondes, fendues au milieu, dans une tête allongés, colorée, redoutable. Le serpent est petit, pour un serpent tropical. Il remue lentement, de façon presque imperceptible, et pourtant tout son corps n’est qu’une ondulation insidieuse et effroyable, vers moi. Les yeux ne me lâchent pas, décidés, envoûtants. De nouveau, la peur m’envahit, une peur panique, une pointe plus aiguisée encore que tout à l’heure, une sueur froide qui humidifie mes cheveux déjà collants. Je ne réfléchis pas. J’attrape la tête et la jette le plus loin de moi, avec toute ma force, toute mon âme ; le fin corps ondulant suit, sans un bruit, et le serpent disparaît dans le cœur touffu du sous-bois, ne me laissant que la sensation douce et froide de son contact sur ma peau, et la calme brûlure de ses yeux sur mon âme.
Je tressaille, je m’enfuis, je cours. J’écarte les lianes à mon passage, sans penser, sans chercher à éviter quoi que ce soit, j’avance, droit devant moi, le plus vite possible.
Et je tombe. Je m’enfonce jusqu’aux genoux, jusqu’à la taille. Le sol m’avale avec des remous granuleux. Des sables mouvants. Je hurle encore. Mes épaules s’engluent à leur tour, je ne saurais dire si mon cœur est plus oppressé par le sable ou par la terreur. Une terreur sourde, grondante, insatiable. Je cherche une liane, une branche, de l’aide. Il n’y a rien, il n’y a personne. Les sables mouvants m’ingèrent lentement, régulièrement. Ils m’arrivent jusqu’au cou à présent. Les lianes, les branches se tiennent à distance, en cercle autour de moi, comme pour me regarder m’enfoncer, encore et encore. Et je m’enfonce. Il ne sert à rien de résister. Lutter est inutile. Il est trop tard, cet endroit a gagné. Je prends une dernière inspiration, et il me semble entendre, au loin, le flux, reflux… Je m’enfonce complètement.

J’ouvre les yeux lorsque je ne sens plus la substance gluante autour de moi. Je ne suis pas sous terre, je suis assis, assis sur un rocher. Ma première réaction est de sursauter. La moiteur a disparu, l’odeur de bois mouillé est remplacée par celle de poussière. Je regarde autour de moi. Une plaine s’étend à perte de vue, de tous côtés, jusqu’à heurter le cercle de l’horizon. La terre est ocre tirant vers le gris, imberbe, plate et sèche. Le ciel est gris tirant sur l’ocre, lourd, chargé de nuages si imbriqués les uns dans les autres qu’ils ne forment qu’une épaisse chape grise homogène, et l’horizon semble un trait légèrement plus sombre, qui délimite l’infini de ce paysage de vide. Je me lève. Il ne fait plus chaud, et même un peu froid, je ne suis plus couvert de sable ni de sueur. Pourtant j’étouffe ; l’étendue uniforme est plus oppressante encore que la chaleur torride de tout à l’heure, aucune fissure de sècheresse ne vient offrir de repos à l’œil perdu dans cette immensité, la terre semble collée au sol, écrasée par ce ciel pesant. Même les sons, ou plutôt leur absence, est assourdissante. Je fais quelques pas, sans soulever de poussière, sans un seul bruit. Si le serpent m’a semblé atroce, du moins c’était un être vivant, maléfique ou non, mais un être vivant, une présence. J’avance un peu, titubant. Il y a un léger vent, qui me caresse le visage de sa main invisible.

Tout cela me semble fou. Intolérablement fou. J’essaye de réfléchir, d’ordonner, d’établir des liens, de me raccrocher à cette chose si fragile qu’on appelle ordinairement logique. J’ai été happé par un livre, ensorcelé, je dois être en train de rêver, endormi à ma table dans la bibliothèque. Il faut me réveiller. Lutter, ne pas abandonner comme dans les sables mouvants. Je fixe l’horizon avec intensité, pour échapper à la vision insupportable du vide dense que m’offrent les deux étendues gris-ocre qui s’y rejoignent. Je contourne le rocher où j’étais assis, seule irrégularité de cet endroit, anomalie, comme ma présence. Je marche, droit devant moi, sans regarder.

Et je tombe. A nouveau. La fissure tant cherchée par mes yeux tout à l’heure était cachée, derrière mon rocher, et m’attendait. Je suis englouti par une obscurité totale, l’air souffle à mes oreilles et mes entrailles se tordent en moi. Je hurle. Je tombe encore, je tombe, je tombe. Je comprends que je ne toucherai jamais le fond. Il n’y a pas de fond. Je continuerai à tomber, encore et encore, jusqu’à ce que je cède, que je me rende à ce monde irrationnel, que j’accepte ses règles, ou leur absence. Comme dans les sables mouvants.

Mais non, je ne cèderai pas. Jamais. Je lutterai, cette fois-ci, jusqu’à ce que je n’aie plus aucun espoir, et même au-delà. Je m’accroche à la réalité, la seule réalité que j’aie : la réalité de ma chute. Je tente de prendre conscience de chaque parcelle de mon corps, de mon estomac qui se soulève, de mes cheveux qui remuent en désordre, de mon cœur qui bat et de mon sang qui circule furieusement. J’ai le tournis. J’ai la tête en bas depuis tout à l’heure, je ne vois que du noir, uniforme, régulier, profond. Mon souffle a tendance à reprendre son calme, inspiration, expiration… flux, reflux… Non, pas cette fois, je refuse, je ne me rendrai pas. L’adrénaline ne fait qu’un tour dans mes veines. Je ferme les yeux le plus fort possible.

Je les rouvre lorsque je ne sens plus le vent qui siffle à mes oreilles. Je ne suis pas dans un gouffre sans fin, je suis assis, assis sur une chaise. Ma première réaction est de sursauter. Je regarde autour de moi ; tout est calme et tranquille, l’odeur de papier a remplacé celle de poussière. Je suis dans ma bibliothèque.

Je me lève d’un bond, emporté par le même mouvement que mon cœur. Mon souffle est violent, je me passe la main sur le front. Oui, c’est la même bibliothèque, aux rayonnages de bois, la petite table à l’écart où je me suis installé. Il n’y a personne, pas un bruit. Mais peu importe, plus rien ne peut me faire peur, après ce que je viens de vivre. J’éclate de rire, soulagé, hystérique. Puis je m’approche du volume ancien, en cuir, que j’ai posé sur ma table pour le consulter, et le referme d’un geste brusque. Je n’arrive pas à y croire. Tout à l’air réel. Tout est réel. Je sens l’odeur des livres, j’entends les craquements du parquet sous mes pas. J’ai rêvé. Je ne vois que cela. Un rêve. Je ne me sens même pas fatigué. Comme si moi, je n’étais pas réel. Venu de je ne sais où, un léger vent me caresse le visage de sa main invisible. Je me saisis du livre ; sur la couverture, il y a un unique dessin, un huit couché, le symbole de l’infini. Peu importe ce que c’était. C’est bien terminé. Je fais quelques pas.

Je marche sur la plage. Le sable est fin et chaud, il rentre dans mes chaussures en remous granuleux. J’avance. A ma gauche, j’entends le bruit des vagues…
« Modifié: 16 Avril 2009 à 17:20:45 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Alhena

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #1 le: 05 Août 2007 à 00:46:12 »
 Je t'avoue, que je trouve ta fin un peu prévisible, notamment à cause du signe de l'infini, mais ça n'en est pas dérangeant . Au contraire. J'aime beaucoup ton style, Milora et surtout cette phrase:
Le sable (...) rentre dans mes chaussures en remous granuleux.
Ca donne un sentiment de fluidité quant au mouvement du sable... Comment dire, je le vois tout à fait en train de glisser...
Je ne sais pas si mon commentaire va t'aider, je ne suis pas très douée pour ça... certainement le temps que je méchauffe :-[. Mais en tout cas, j'aime bien. C'est comme si je m'étais retrouvée dans un de mes rêves, le truc horrible d'où je ne parviens pas à m'éveiller alors que je sais que je dors.
Je ne sais pas comment tu fais, mais c'est le deuxième texte que je lis de toi et c'est la deuxième fois que j'ai le sentiment d'être celui ou celle que tu racontes!  :)
Nos plumes sont nos voix; notre encre, notre chemin; nos mots ne sont que des mots, mais ils sont nôtres...

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #2 le: 05 Août 2007 à 14:49:33 »
Merci pour ton commentaire !

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un de mes rêves, le truc horrible d'où je ne parviens pas à m'éveiller alors que je sais que je dors.

C'est effectivement l'idée, ou plutôt la sensation, que j'essayais de donner. Celle-la, et celle d'une sorte de danger latent, illocalisable, d'un calme qui met les nerfs à vifs... Enfin, deux sensations qu'on retrouve dans les cauchemars, quoi. Sur le forum Point Final, j'ai eu plusieurs commentaires disant que le texte était bien fait, mais du coup désagréable à lire. C'était un peu une expérience, pour moi : j'ai essayé de faire du fantastique un tantinnet inquiétant, ce qui n'est pas mon genre habituellement !

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Je ne sais pas comment tu fais, mais c'est le deuxième texte que je lis de toi et c'est la deuxième fois que j'ai le sentiment d'être celui ou celle que tu racontes!
Alors ça, c'est gentil !  :) Dans ce texte-ci, j'ai essayé de travailler sur les sensations, je voulais que, comme le narrateur, le lecteur sente et non pense... J'espère avoir réussi !

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je trouve ta fin un peu prévisible, notamment à cause du signe de l'infini
C'est la deuxième fois qu'on me dit ça, pour le huit couché. Une précision, donc : est-ce que le fait que ça ne soit pas une fin surprenante est gênant ? Je veux dire que je n'avais pas envie que le lecteur se retrouve avec la dernière phrase sans savoir d'où elle venait, je me disais que ce n'était pas grave s'il voyait progressivement que ça n'allait pas être fini, et que ça risquait même d'être un poil inquiétant... Mais si c'est prévisible, ou que ça donne l'impression du genre "je le savais...", ça ne va pas du tout. Il me suffit d'enlever cette phrase, tu crois ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Alhena

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #3 le: 05 Août 2007 à 15:19:17 »
Non, ne l'enlève pas. Je t'ai dit que ce n'est pas dérangenat dans le sens où justement, ça aide à comprendre à la fin que le rêve continue. Ainsi, ton lecteur n'est pas parachuté sur ta dernière phrase sans justement savoir d'où elle vient.

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Je ne sais pas comment tu fais, mais c'est le deuxième texte que je lis de toi et c'est la deuxième fois que j'ai le sentiment d'être celui ou celle que tu racontes!
Alors ça, c'est gentil !  :) Dans ce texte-ci, j'ai essayé de travailler sur les sensations, je voulais que, comme le narrateur, le lecteur sente et non pense... J'espère avoir réussi !
De rien  ^^ Pour les autres, je ne sais pas, mais pour moi c'est réussi!
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Re : Re : Je marche sur la plage
« Réponse #4 le: 05 Août 2007 à 15:31:39 »
Non, ne l'enlève pas. Je t'ai dit que ce n'est pas dérangenat dans le sens où justement, ça aide à comprendre à la fin que le rêve continue. Ainsi, ton lecteur n'est pas parachuté sur ta dernière phrase sans justement savoir d'où elle vient.
Hé hé, mais es-tu vraiment sûre que ce n'est qu'un rêve ?  8)

D'accord, je vais attendre d'avoir d'autres réactions avant de changer cette phrase...Merci de ton aide !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Pistolero

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #5 le: 05 Août 2007 à 15:45:40 »
Bon, je te préviens, je n'ai pas eu le courage de lire jusqu'à la fin, j'ai dû lire les 5-6 premiers paragraphes. Tu risques de ne me mépriser à la fin du post.

Tout d'abord même si, comme je le suppose, il s'agit d'un rêve, il reste indéniable que ton texte manque fondamentalement de figures rhétoriques, alors que tu te cantonnes dans le mélodramatique.
On est trop souvent dans le flou qui, pour être honnête, diminue l’intérêt. Il y a bien trop de répétitions qui se veulent figures de style. Je sais que c’est voulu, leur but étant d’imprégner le lecteur dans le mélodrame, mais désolé je dois être imperméable à ça.
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je ne sais pas. Je ne sais rien.
Je ne sais pas, je ne sais plus.
Des arbres, il y a des arbres,
Je suis dans une jungle, une jungle luxuriante


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Le ciel a l’air d’une voûte liquide où on a laissé tomber une goutte de peinture, noire aussi, qui s’est diluée inégalement, en dégradé, jusqu’à l’horizon.
C'est lourd.

Citer
ces sables mouvants qui, plus vous vous débattez, plus inexorablement se referment sur vous..
Encore une lourdeur. Certaines phrases peuvent être raccourcies sans être tronquées, ce qui permet une lecture plus aisée, moins laborieuse. Comme par exemple :
Ces sables mouvants qui, lorsque vous vous débattez, se referment sur vous, inexorablement.

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Flux, reflux… Flux, reflux… Flux… Le sable est fin et chaud… reflux… j’avance sur la plage… flux… j’avance encore, encore… reflux
Flux, reflux… flux, reflux… Le ciel est d’un noir
Un raccourci un peu facile pour simuler le va et vient répétitif  des vagues. On aime ou on n’aime pas.

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les étoiles brillent moins fort, moins près, moins nombreuses.
Moins fort et moins nombreuses, d’accord, mais moins près ??

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Je ne marche plus droit devant moi, plus par rapport à moi
"plus par rapport à moi" est incorrect.

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Le ciel est totalement noir, à présent, pourtant je vois. Ou peut-être pas. Peut-être plus. Je sens. Non, je ne sens pas. Je ne fais rien. C’est le reste qui fait. Qui est.
Désolé, j'ai rien comprit.

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qu’une motte de sable compacté
compactée


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je voulais que, comme le narrateur, le lecteur sente et non pense.
Euh… ça existe, un lecteur qui ne pense pas ?
La science-fiction, c'est de la fantasy avec des boulons

Hors ligne Milora

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #6 le: 05 Août 2007 à 16:14:25 »
Je te remercie d'avoir lu, et de ta franchise ! Je vais juste répondre, parce que j'aime bien expliquer pourtquoi j'ai mis ceci ou cela...

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On est trop souvent dans le flou qui, pour être honnête, diminue l’intérêt.
Le flou, justement, est ce qui a gêné certains lecteurs - mais pas pour les mêmes raisons que toi : à ce qu'ils m'ont dit, c'était l'impression d'être "prisonniers", englués, comme le narrateur, qui les a gênés, et pas ennuyés.

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Tout d'abord même si, comme je le suppose, il s'agit d'un rêve, il reste indéniable que ton texte manque fondamentalement de figures rhétoriques, alors que tu te cantonnes dans le mélodramatique.
Par figures rhétoriques tu entends figures de style ? Non, il y en a - peut-être pas beaucoup, mais il est impossible d'écrire sans figure de style, même sans s'en apercevoir. Je ne voulais pas une écriture alambiquée, je n'aime pas toujours les textes qui regorgent de métaphores, hypallages, hyperboles et autres. (Je préfère d'ailleurs en général ceux qui sont simples et font tout à coup une pirouette de génie, mais je ne suis pas du tout en train de dire que c'est le cas ici - ce n'était même pas mon intention).
Qu'est-ce que tu entends pas mélodramatique ?
(à propos, non, il ne s'agit pas d'un rêve)

Les répétitions ne sont pas là pour produire un effet, comme tu dis, mélodramatique. C'est par rapport à la fin. Mais je ne peux pas trop développer, si tu ne l'as pas lue... :S

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Le ciel a l’air d’une voûte liquide où on a laissé tomber une goutte de peinture, noire aussi, qui s’est diluée inégalement, en dégradé, jusqu’à l’horizon.
C'est lourd.
Moi j'étais contente de mon image  :-[ C'est la longueur de la description, que je trouvais peut-être lourde, par contre. Est-ce que c'est la tournure en elle-même, ou dans le contexte, qui te gène ?

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ces sables mouvants qui, plus vous vous débattez, plus inexorablement se referment sur vous..
Encore une lourdeur. Certaines phrases peuvent être raccourcies sans être tronquées, ce qui permet une lecture plus aisée, moins laborieuse. Comme par exemple :
Ces sables mouvants qui, lorsque vous vous débattez, se referment sur vous, inexorablement.
Alors là, j'ai eu beaucoup de mal avec cette phrase. J'ai pensé à la solution que tu donnes, mais ça ne donnait pas l'idée que ça se referme de plus en plus, au fur et à mesure que l'on se débat. J'avais mis "ces sables mouvants qui, plus vous vous débattez, plus se referment sur vous, inexorablement" (ou un truc du genre), mais la phrase a gêné, sur un autre forum.

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Flux, reflux… Flux, reflux… Flux… Le sable est fin et chaud… reflux… j’avance sur la plage… flux… j’avance encore, encore… reflux
Flux, reflux… flux, reflux… Le ciel est d’un noir
Un raccourci un peu facile pour simuler le va et vient répétitif  des vagues. On aime ou on n’aime pas.
Y a de ça, mais pas uniquement. Je voulais que le rythme des phrases s'imprègne de celui des vagues, pas seulement avec le 'flux... reflux...' des phrases que tu cites, mais c'est un peu comme une mesure... Je ne suis pas très claire dans mon explication...

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les étoiles brillent moins fort, moins près, moins nombreuses.
Moins fort et moins nombreuses, d’accord, mais moins près ??
Moi, c'est sur le moins nombreuses, que j'avais un doute, mais je trouvais ça joli, lol. Enfin, question de rythme, là encore (rythme ternaire, wouahou, quelle originalité ! XD) Elles brillent et semblent moins près. Les étoiles sont plus ou moins éloignées (j'ai un de ces talents pour enfoncer les portes ouvertes, moi ! ^ ^), elles brillent pourtant toujours. Par elles brillent moins près, j'entendais : elles donnent l'impression de briller depuis plus loin.

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Je ne marche plus droit devant moi, plus par rapport à moi
"plus par rapport à moi" est incorrect.
Là, par contre, je maintiens ce que j'ai mis. "Je ne marche plus par rapport à moi" : je ne marche plus en localisant une direction par rapport à moi. Je ne pense pas que ce soit incorrect. Pas très clair, peut-être. Mais ça c'est voulu : l'esprit du narrateur est embrouillé.

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Le ciel est totalement noir, à présent, pourtant je vois. Ou peut-être pas. Peut-être plus. Je sens. Non, je ne sens pas. Je ne fais rien. C’est le reste qui fait. Qui est.
Désolé, j'ai rien comprit.
C'est un peu voulu. Mais si on cherche, ça a un sens (si si ! lol) : le narrateur a l'impression de se fondre dans le paysage, ce n'est plus le "je" qui agit, mais ce qui l'entoure, et peu à peu, même l'action n'existe plus. Il y a juste le paysage, qui est-là.

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qu’une motte de sable compacté
compactée
Non, je maintiens 'compacté' : c'est le sable qui est compacté.

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je voulais que, comme le narrateur, le lecteur sente et non pense.
Euh… ça existe, un lecteur qui ne pense pas ?
ça peut. Quand tu te laisses complètement entraîner par le texte, que tu ne cherches plus à anticiper ce qui va arriver, que tu suis juste ce qui est raconté... ça dépend si le texte a su te "prendre" ou pas. Après, je ne dis pas que j'aie réussi, loin de là, visiblement ! C'était juste une tentative.

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Bon, je te préviens, je n'ai pas eu le courage de lire jusqu'à la fin, j'ai dû lire les 5-6 premiers paragraphes. Tu risques de ne me mépriser à la fin du post.
Du tout ! Au contraire, je te suis reconnaissante de :
1) avoir lu 5-6 paragraphes même si tu détestais
2) avoir eu la gentillesse de relever en détail ce qui n'allait pas (c'est très important, ça m'aide beaucoup)
3) avoir donné ton avis alors que tu n'as pas terminé la lecture : si seuls ceux qui aiment vont au bout, et que seuls ceux qui vont au bout postent un commentaire, il n'y a pas d'avis de ceux qui n'aiment vraiment pas, aussi ton avis est-il précieux !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #7 le: 05 Août 2007 à 17:46:46 »
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Le flou, justement, est ce qui a gêné certains lecteurs - mais pas pour les mêmes raisons que toi : à ce qu'ils m'ont dit, c'était l'impression d'être "prisonniers", englués, comme le narrateur, qui les a gênés, et pas ennuyés.
Cela aurait été le cas si j’avais accroché.

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Par figures rhétoriques tu entends figures de style ?
D’une certaine façon, mais une figure de style qui piquerait au vif l’intérêt du lecteur.

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Le ciel a l’air d’une voûte liquide où on a laissé tomber une goutte de peinture, noire aussi, qui s’est diluée inégalement, en dégradé, jusqu’à l’horizon.
Voilà bien une construction alambiquée, pourtant. Donc, c’est la tournure qui rend la phrase lourde, forcément.

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Qu'est-ce que tu entends pas mélodramatique ?
Disons que la vision que j’ai eu de ton texte est la même celle que j’aurais eu d’une pièce de théâtre dans laquelle un acteur s’écrit « Ah, mon dieu ! Je meurs ! », une main sur le front, un couteau coincé sous l’aisselle. Désolé.
 
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Les répétitions ne sont pas là pour produire un effet, comme tu dis, mélodramatique. C'est par rapport à la fin. Mais je ne peux pas trop développer, si tu ne l'as pas lue...
C‘est pourtant bien ce qu’elles font.

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Le ciel est totalement noir, à présent, pourtant je vois. Ou peut-être pas. Peut-être plus. Je sens. Non, je ne sens pas. Je ne fais rien. C’est le reste qui fait. Qui est.
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Désolé, j'ai rien comprit.
C'est un peu voulu. Mais si on cherche, ça a un sens (si si ! lol) : le narrateur a l'impression de se fondre dans le paysage, ce n'est plus le "je" qui agit, mais ce qui l'entoure, et peu à peu, même l'action n'existe plus. Il y a juste le paysage, qui est-là.
Bon. Si je lis quelque chose d’incompréhensible, je ne vais pas me dire « ah oui, ok, je pige que dalle mais c’est normal parce que l’auteur l’a voulu comme ça. ». Le lecteur veut comprendre, c’est un gros fainéant, l’auteur doit l’amener à la compréhension de son récit. Le but final d’un texte se révèle dans sa lecture, pas dans son écriture, que toi tu comprennes, c’est normal mais c'est pas le but.

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je voulais que, comme le narrateur, le lecteur sente et non pense.
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Euh… ça existe, un lecteur qui ne pense pas ?
ça peut. Quand tu te laisses complètement entraîner par le texte, que tu ne cherches plus à anticiper ce qui va arriver, que tu suis juste ce qui est raconté...
Pas d’accord. Ce n’est pas parce qu’on est entraîné dans un fleuve de passion, quel qu’il soit, que l’on cesse de réfléchir. A moins d'être un légume, mais Dieu soit loué, j'ai encore quelques années devant moi, je pense.

Bon cela dit je sais, je suis un méchant garçon. :-[
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Hors ligne Milora

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #8 le: 05 Août 2007 à 18:45:13 »
Mais non, voyons ! Je serais vraiment stupide de me fâcher parce que je reçois une critique négative ! Les critiques ne serviraient à rien si elles n'étaient que positives.

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Le ciel est totalement noir, à présent, pourtant je vois. Ou peut-être pas. Peut-être plus. Je sens. Non, je ne sens pas. Je ne fais rien. C’est le reste qui fait. Qui est.
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Désolé, j'ai rien comprit.
C'est un peu voulu. Mais si on cherche, ça a un sens (si si ! lol) : le narrateur a l'impression de se fondre dans le paysage, ce n'est plus le "je" qui agit, mais ce qui l'entoure, et peu à peu, même l'action n'existe plus. Il y a juste le paysage, qui est-là.
Bon. Si je lis quelque chose d’incompréhensible, je ne vais pas me dire « ah oui, ok, je pige que dalle mais c’est normal parce que l’auteur l’a voulu comme ça. ». Le lecteur veut comprendre, c’est un gros fainéant, l’auteur doit l’amener à la compréhension de son récit. Le but final d’un texte se révèle dans sa lecture, pas dans son écriture, que toi tu comprennes, c’est normal mais c'est pas le but.

Bien sûr que non, tu ne te diras pas ça. Mais un texte, une nouvelle qui plus est, ne donne parfois son sens que dans son ensemble. Je veux dire - et c'est aussi ce que j'entendais par le point suivant que tu évoques - qu'il arrive (du moins il m'arrive), de ne pas saisir tout de suite ce que veut dire l'auteur, de me demander "mais où est-ce qu'il veut en venir ?", et une fois à la fin, de comprendre. J'adore particulièrement les textes qui semblent en apparence obscurs et où la fin les éclaire d'un jour nouveau. Parfois, certains auteurs réputés comme classiques font des textes qu'on ne comprend qu'en les analysant. Là, je n'adhère pas. Mais, tu as lu par exemple les contes fantastiques de Julio Cortazar ? Dans Axolotl, il y a un moment où tu ne comprends plus rien, si tu t'arrêtais à ce moment-là, le texte n'aurait plus de sens. Seulement arrivé à la fin, on voit petit à petit où l'auteur a voulu en venir - et je trouve ses textes géniaux.

Je ne suis pas en train de me comparer à J. Cortazar, hein ! De toute évidence, ce texte-ci ne produit pas l'effet que j'aurais voulu (enfin, ça doit dépendre des lecteurs ; conclusion : il ne va pas.) Je parle d'une manière générale, pour répondre à ce que tu dis.

C'est ce que je voulais dire par "un lecteur qui ne pense pas".
Quand tu lis un roman policier, une des façons de lire est d'essayer de trouver le coupable, en même temps que l'enquêteur. Quand tu lis un roman où le narrateur se moque gentiment de son héros, prend de la distance, le lecteur est amené à remettre en cause les agissements du personnages, voire, dans des cas extrèmes, les choses mêmes que lui raconte le narrateur. Dans tous ces cas-là, c'est vraiment un lecteur qui pense. Dans Jacques le Fataliste et son maître, Diderot appelle à avoir un lecteur particulièrement actif.

Toutefois, ce n'est pas toujorus le cas. Je ne veux pas dire que parfois, le lecteur ne réfléchit pas du tout. Mais certains textes arrivent à le "captiver" disons, à l'attraper dans leur fonctionnement et à le mener, pas vraiment par le bout du nez, mais à lui faire penser ce que l'auteur à voulu. Evidemment, le fait même de lire, c'est en quelque sorte un acte de la pensée. Mais si le lecteur est suffisemment pris par le texte, le temps de la lecture, pour ne pas penser à autre chose (ne serait-ce que je pas essayer de deviner la suite), pour ne penser que ce que le texte le conduit à penser, on peut dire que, dans un sens, il "ne pense pas" - sans que ce soit péjoratif, hein. C'est un peu le cas de tous les bons textes - même dans un roman policier où le lecteur ne découvre pas le coupable en avance, et c'est en général un bon roman policier,  l'auteur a réussi à cacher le coupable au lecteur, il l'a conduit à ne pas penser que ce serait lui, alors qu'il a laissé des indices. Enfin, je ne sais pas si je suis très claire ^ ^

Là encore, je ne parle pas du tout de mon texte, je parle d'une manière générale, pour essayer d'expliquer ce que j'ai voulu dire plus haut. D'ailleurs, c'est presque du hors sujet ; on devrait peut-être continuer cette discussion dans un fil approprié ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Alhena

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Re : Re : Re : Je marche sur la plage
« Réponse #9 le: 05 Août 2007 à 23:04:08 »
Non, ne l'enlève pas. Je t'ai dit que ce n'est pas dérangenat dans le sens où justement, ça aide à comprendre à la fin que le rêve continue. Ainsi, ton lecteur n'est pas parachuté sur ta dernière phrase sans justement savoir d'où elle vient.
Hé hé, mais es-tu vraiment sûre que ce n'est qu'un rêve ?  8)
Euh... Et bien personne, mais c'est l'interprétation que j'en fais ^^
Nos plumes sont nos voix; notre encre, notre chemin; nos mots ne sont que des mots, mais ils sont nôtres...

Hors ligne Kailiana

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #10 le: 17 Août 2007 à 22:34:52 »
Pistolero, toujours aussi sincère, pour notre plus grand plaisir  :D Il n'empêche que tes commentaires sont toujours très utiles, alors n'arrête surtout pas si on te donne quelques coups sur le moment, c'est pas grave, hein ?  si on s'excuse après, lorsqu'avec le recul on se rend compte que tu as raison :D

Mais je veux tout de même réagir à ce texte et ces commentaires ^^

Pour ce qui est du "lecteur qui ne pense pas". Pistolero, je ne me souviens plus si tu as lu - et apprécié - La Horde du Contrevent. Mais, durant le premier chapitre, on ne comprend absolument rien à ce qui se passe - il ne sert à rien de "réfléchir", pour apprécier le texte le lecteur doit se laisser porter par les mots. Ce n'est qu'après que tout s'éclaire. C'est un peu ce qui se produit dans le texte de Mil'. Le problème est que, pour que le lecteur accroche, le texte doit être quasi parfait.

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je voulais que, comme le narrateur, le lecteur sente et non pense.
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Euh… ça existe, un lecteur qui ne pense pas ?
ça peut. Quand tu te laisses complètement entraîner par le texte, que tu ne cherches plus à anticiper ce qui va arriver, que tu suis juste ce qui est raconté...
Pas d’accord. Ce n’est pas parce qu’on est entraîné dans un fleuve de passion, quel qu’il soit, que l’on cesse de réfléchir. A moins d'être un légume, mais Dieu soit loué, j'ai encore quelques années devant moi, je pense.
En fait, un lecteur "qui ne pense pas", pour moi, n'arrête pas totalement de penser, mais il arrête de penser "comme s'il était lui même". Il ne pense plus que comme s'il était le personnage. Il pense "ce que l'auteur fait penser au personnage", si on pousse loin. Mais pour parvenir à ce point ... il faut être doué. Et ça peut fonctionner avec un lecteur, mais complètement rater avec un autre.
Milora a essayé d'expliquer la chose avec les romans policier. Moi, dans la plupart des romans policiers (ou films), lorsque je découvre qui est le coupable, c'est parce que je me suis mise à la place de l'auteur. Dans ces cas là, je trouve souvent très tôt ... Si, par contre, j'étais resté "avec le personnage", je n'aurais pas trouvé - car je n'aurais pas pensé "par moi-même". J'ai l'impression que j'embrouille plutôt qu'autre chose XD


Il n'empêche qu'à la relecture de Je marche sur la plage, j'ai eu du mal à entrer dans les premiers paragraphes. C'est bizarre, je me souvenais avoir beaucoup aimé ce texte ... C'est peut-être un peu longuet, il aurait fallu quelques "accroches" supplémentaires, pour que le lecteur ait davantage envie de continuer, ou diminuer les descriptions. C'est, comme Alice, un texte où il faut se plonger, mais c'est beaucoup plus difficile. Je dirais, en fait, que c'est comme si on ressentait l'ennui du narrateur. Le problème, c'est que si le lecteur s'ennuie, il arrête la lecture  ::)
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #11 le: 17 Août 2007 à 23:52:36 »
Citation de: Kailiana
En fait, un lecteur "qui ne pense pas", pour moi, n'arrête pas totalement de penser, mais il arrête de penser "comme s'il était lui même". Il ne pense plus que comme s'il était le personnage. Il pense "ce que l'auteur fait penser au personnage", si on pousse loin. Mais pour parvenir à ce point ... il faut être doué. Et ça peut fonctionner avec un lecteur, mais complètement rater avec un autre.
Ma foi je suis d'accord. L'interprétation, notre imagination, sont déjà un début de pensée. Aussi, quand tu dis qu'il ne sert à rien de réfléchir, je te répondrais que c'est donc une réaction "instinctive".
Donc, je persiste, un lecteur ne cesse de penser mais, comme tu le dis justement, le boulot d'un auteur est de lui donner à penser certaines choses.
euh... j'ai été clair, là ? Et puis on commence à devenir HS, là, non ?

Et oui, j'ai lu la Horde du contrevent (y'a pas si longtemps que ça) mais bizarrement je ne me souviens pas avoir eu des difficultés avec le premier chapitre.
« Modifié: 17 Août 2007 à 23:54:56 par Pistolero »
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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #12 le: 28 Janvier 2009 à 11:39:42 »

Héhé, ça c'est de l'archéologie. Hoop, j'exhume :

j'ai bien aimé. Il y a un moment où j'ai décroché du contexte "rattrapage de textes, errance sur le forum" pour basculer dans le "et qu'est-ce qui lui arrive ensuite ?" (qu'est-ce qui ou qu'est-ce qu'il ?) c'est ça que tu appelles "sentir" et pas "penser", je crois.

j'aime beaucoup le "remous granuleux" ; pour "flux - reflux", je suis d'accord avec Pat, c'est un peu facile. Et il y a des lourdeurs (par contre la peinture diluée dans le ciel, j'aime bien). Et puis la chute pourrait être, pas modifiée, mais plus travaillée. Mais je me suis laissé prendre au texte en tout cas, et c'est l'essentiel ^^
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Verasoie

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #13 le: 29 Janvier 2009 à 08:36:30 »
Je l'avais déjà lu mais je le commente ici quand même ^^ Comme la première fois, la fin m'a surprise. Enfin, je la connaissais, mais je me souvenais plus de ce paragraphe juste avant où on croit qu'il s'en est sorti, et du coup... elle reste poignante même en la connaissant. C'est surtout ça que j'avais adoré dans ton texte !

C'est tout ^^ je l'ai pas lu extrêmement attentivement, c'était juste pour me le remettre en mémoire, donc j'ai pas réfléchi en même temps et j'ai rien à relever x)

Hors ligne Milora

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Re : Je marche sur la plage
« Réponse #14 le: 29 Janvier 2009 à 13:02:28 »
Humpf, le texte que j'aurais pas aimé qu'on remonte, lol. Je l'ai pris en grippe, je le déteste ^^ .

Mais merci de votre patience pour le lire ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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