A flots d'inanité.
Connaissez vous ce vide, qui se noie dans le jour et dans la nuit s'anime,
Cette flamme d'inanité, qui blême et froide engeance,
n'allume pas même le foin dans lequel on l'abîme?
L'été glacial au frêle émoi,
Qui parfois fait transir dans son lit un amant
Qui se sent étranger, déchiré à ses draps,
Qui voudrait s'écrier et faire taire à jamais,
Celle dont le souffle épuise le râle du firmament.
Connaissez vous ce fiel, ce murmure pareil aux agonies amères,
De Sisyphe et d'Ixion, lentes et désespérées, qui se meurent aux enfers
et ne plaignent plus rien tant elles sont essoufflées.
N'avez vous jamais eu dans le fond de la gorge,
Ce lest au goût de fer, cet ancre à la papille,
Qui vous coule jusqu'au coeur avant de s'y ficher.
Comme un regret sans nom vous privant de nectar,
Et de joies et d'espoirs,
Vous rendant un bâtard,
Avare de sentiments?
Connaissez-vous enfin cette humeur fragile,
Qui du bras du lépreux s'écoule tendrement,
Pareille à une larme équeutant d'un visage
Toute l'aigreur, toute la fantaisie, toute la mélodie
Tout enfin qui fait la vie.