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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'étrange affaire de la montagne envolée

Auteur Sujet: L'étrange affaire de la montagne envolée  (Lu 7992 fois)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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L'étrange affaire de la montagne envolée
« le: 06 Juillet 2007 à 19:53:56 »
Voici une nouvelle de 11 pages Word écrite il y a quelques temps... C'est un conte ; le ton "gentillet" (simplet ? Bon, si vous le dites) est relativement volontaire, lol. Bon, il faut vraiment que j'arrête de dénigrer mes textes avant de les poster, sinon personne ne va les lire ! En bref, j'ai essayé de travailler sur le ton du conte, je voulais faire un texte guilleret, mignonnet, je ne sais pas comment dire.
Quoi qu'il en soit, j'en suis moyennement contente, mais si je pouvais avoir d'autres avis, cela m'aiderait !
Voici le début :



_________________

L’étrange affaire de la montagne envolée


   Le premier jour, personne ne remarqua rien. C’était une belle journée ensoleillée de début d’été, calme et sans vent, et chacun vaquait à ses occupations quotidiennes dans le petit village : qui à surveiller la croissance des pousses de salade dans son jardin, qui à soigner la vieille chienne qui s’était écorché le museau en essayant d’attraper les poules du voisin, qui à raccommoder les vieux bas de laine de ses fils pour qu’ils soient prêts à supporter les rudes nuits à surveiller les vaches... Le ciel était d’un joyeux bleu clair, et seul un petit anneau de brouillard s’était noué en haut de la montagne, semblant emmitoufler le sommet comme une écharpe de coton. Le lendemain, le brouillard avait même complètement disparu. Personne ne s’aperçut de ce qui avait changé ; on était trop occupé à préparer les provisions pour le départ de la transhumance, ou alors à décorer la mairie où se célèbrerait bientôt la fête du village. Tout allait pour le mieux ; ou du moins, tout semblait aller pour le mieux. Car le surlendemain, quand le brouillard revint, et surtout le jour suivant encore, quelques uns commencèrent à s’apercevoir de ce qui n’allait pas. Ils levaient les yeux vers le ciel toujours bleu, fronçaient un peu les sourcils, puis haussaient les épaules et repartaient en poussant leur brouette chargée de foin. Ce n’était pas grave. Ils avaient dû rêver, ou bien ce n’étaient pas des affaires de pauvres mortels. Et une journée de plus s’écoula, paisible, dans le petit village. Le ciel était toujours bleu, le brouillard toujours là un matin sur deux. La fois suivante, de plus en plus de villageois se rendirent compte du phénomène. Ceux qui l’avaient remarqué les premiers ne haussaient plus les épaules, et les regards qu’ils portaient à leur montagne se faisaient presque craintifs. Le ciel leur parut soudain plus lourd. Et le sixième jour, lorsque, encore une fois, le brouillard s’effaça, une vague d’appréhension s’étendit dans toutes les chaumières comme un vent insidieux, se communicant d’une famille à l’autre plus rapidement qu’un incendie. Car on ne pouvait plus le nier, cette fois : la montagne était bel et bien en train de disparaître.
   Chaque matin, le brouillard entourait le sommet, et au jour suivant, il s’était mystérieusement dissipé, laissant la crête cruellement amputée. Le même processus étrange et inquiétant s’était répété pendant toute la semaine, avec une régularité déstabilisante, laissant chaque fois au ciel bleu gris un peu plus de terrain par rapport au mont. Le neuvième jour, lorsqu’on s’aperçut encore qu’un anneau de forêt ne répondait pas à l’appel, il devint évident que l’inquiétant prodige n’allait pas cesser comme il avait commencé, et, pire, que ce brouillard opaque, s’il continuait à dévorer la montagne de la sorte, allait bientôt rattraper les habitations. Dès le milieu de la matinée, le maire fit convoquer expressément tous ses concitoyens dans la cour de la mairie, où on avait à la hâte dressé tables et chaises. Vu l’importance de l’affaire, on n’hésita pas à abandonner son travail, quitte à prendre du retard, d’autant plus qu’avec ce paysage qui rapetissait de jour en jour, on n’arrivait plus trop à se concentrer sur ce qu’on avait à faire. A onze heures tapantes, la totalité du petit village s’était réunie, vieillards et enfants compris, pour tenter de trouver une solution.
-      Mes amis, ça ne peut plus durer, déclara sombrement le maire, hissé sur la table centrale, de sous ses épaisses moustaches rousses. J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne comprends pas ce qui se passe.
   Cette annonce fit grand effet dans la foule, car le maire était l’un des plus érudits du village, et si lui n’avait jamais eu affaire à une telle manifestation, c’est que ce devait être quelque chose de vraiment grave. On se tourna instinctivement vers les plus âgés, se raccrochant à la sagesse populaire dans l’espoir d’une quelconque éclaircie, dans tous les sens du terme.
-       Moi non plus, j’ai jamais vu une chose parrreille, fit le père Riboux, le doyen, en secouant son visage creux et en roulant les r plus que jamais.
   Un soupir d’anxiété parcourut les villageois. On leva les yeux vers le ciel, discrètement, pour jauger la couleur gris perle qu’il prenait ces derniers temps. Est-ce que ce climat soudain automnal avait un rapport avec le brouillard avaleur de montagne ? Quelques uns se signèrent, à l’imitation du curé, et les mères attirèrent leurs enfants contre leur flanc, comme pour les protéger d’une menace invisible.
-        On ne peut pas rester là sans rien faire, décréta enfin le Jules, l’un des gaillards les plus vigoureux. Il faut trouver une solution !
   Murmures d’assentiment. Le maire enroula sa moustache droite autour de son doigt, les sourcils froncés sous la préoccupation.
-       C’est vrai, dit-il au bout d’un moment. Et puisqu’on ne sait pas ce qui se passe, il faut d’abord chercher des informations. Comment le brouillard peut-il emporter un bout de montagne pendant la nuit, d’abord !
   Sa grosse voix avait roulé au-dessus des têtes avec emportement.
-        Moi j’y ai regardé, la nuit, répondit la mère Riboux. Mais j’y ai rien vu ! Y a pas une étoile, pas un morceau de lune, ces jours-ci. On n’y voit rien, on s’y est pris trop tard.
   Quelques femmes frissonnèrent dans l’assemblée, et ce n’était pas à cause du léger vent frais qui remuait les robes de laines, ressorties à l’occasion de cet été trop froid. La situation devenait vraiment inextricable.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Marygold

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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #1 le: 06 Juillet 2007 à 23:52:31 »
:) c'est mignonnet ! Je comprends ce que tu veux dire, et laisse-moi t'affirmer que ça rend très bien ! Tu as vraiment un don pour planter un décor, créer des personnages qui, même s'ils sont légèrement carricaturaux(à dessein, je crois ?), ne détonnent pas du tout.
Alors, cette montagne ? Que diantre lui arrive-t-il ?!

Bon, une petite critique parce que ça m'a un peu gênée : j'ai trouvé que le début était un peu long, lorsque les villageois s'aperçoivent du mystère au fur et à mesure. Quand on est arrivé au sixième jour j'avais l'impression que des semaines s'étaient écoulées. Peut-être que tu devrais retravailler ce passage-là, élager certaines répétitions (au niveau de l'explication du phénomène : un jour sur deux, etc.) Mais franchement, c'est peut-être aussi que j'ai lu assez rapidement. ;)
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #2 le: 28 Juillet 2007 à 12:08:53 »
Qu'ils soient caricaturaux est en effet voulu, mais j'espère que ça ne tombe pas dans le déjà-vu pour autant...
Retravailler le début ? On me l'a dit, mais pour une autre raison, peut-être pourras-tu éclairer ma lanterne : la structure en "qui à faire ceci, qui à faire cela" etc. est-elle correcte ? Je suis quasiment sûre de l'avoir déjà rencontrée, mais je ne me souviens plus où...

Le début un peu long ?
Citer
Quand on est arrivé au sixième jour j'avais l'impression que des semaines s'étaient écoulées.
Ben je voulais que ça fasse ça : les vollageois ne prêtent pas attention à ce qui arrive, ça s'intègre eu à peu au train-train quotidien... Maintenant, si le lecteur s'ennuie, ça, c'st une tout autre histoire !

A propos d'histoire, je mets la suite ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne martlet

  • Aède
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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #3 le: 29 Juillet 2007 à 15:18:36 »
Je n'ai pas de remarques supplémentaires à faire pour le moment, mais je veux bien la suite. En ce moment la plupart des membres sont absents alors ce n'est pas facile d'avoir des réponses, mais je pense que tu en auras plus quand ils seront de retour.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #4 le: 01 Août 2007 à 17:57:45 »
Bon, eh bien je mets une petite suite...
________________



- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? s’écria le maire en venant à leur rencontre, ses moustaches tressautant au rythme de sa course.
   Il fut impossible de tirer un seul mot des deux gaillards, si bien qu’il fallut les emmener dans la chaumière la plus proche pour leur faire boire du lait de chèvre bien chaud, et même un petit coup d’eau-de-vie pour les ramener à la réalité. Ils grelottaient dans les couvertures dont on les avait entourés.
-  Mais Jean, qu’est-ce qui s’est passé ? répétait continuellement la femme du premier, la voix frêle et la mine apeurée.
-   Le Brouillard, souffla-t-il enfin, les joues brillantes sous l’effet de l’eau-de-vie, en serrant violemment les poings. Il a avalé les autres…
-   Nous on n’a pu que partir en courant, comprenez, compléta son compagnon en enfouissant son visage dans ses mains
   S’en suivit un long silence très lourd, où même les plus petiots s’arrêtèrent de respirer, comprenant que quelque chose de grave venait d’être dit. Le maire se frotta les yeux avec lassitude, alla se servir un grand verre d’eau-de-vie qu’il vida d’un trait, et se mit à secouer la tête avec accablement. Petit à petit, des sanglots se firent entendre, et il fallut raccompagner les femmes – les veuves ? – des huit disparus, à leurs demeures. On passa une nuit agitée sans parvenir à trouver le sommeil, et le lendemain, quand on aperçut la portion de montagne qui s’était encore évaporée dans la nature, emportant peut-être avec elle ces huit enfants du village, tout le monde se rassembla spontanément dans la cour de la mairie.
- Il faut vraiment faire quelque chose, cette fois-ci ! s’écria avec emportement la Marie, dont le Jules avait disparu lors de l’expédition.
-       Oui, mais quoi ? gémit le maire, visiblement débordé par les évènements.
- Si la montagne disparaît de ce côté-ci, ça doit être pareil sur l’autre versant, s’exclama soudain le maréchal-ferrant. Il faut aller parler avec les autres villages de la vallée, demander de l’aide.
   Mais c’était trop tard. Tout le monde savait bien qu’il fallait quatre jours de charrette pour rallier le village le plus proche, et quatre autres pour revenir. On ne disposait pas d’autant de temps : le Brouillard était presque aux portes du villages.
-        Alors il faut aller voir la Sorcière, proposa une voix fluette.
   Surpris, on se tourna avec curiosité vers celle qui venait de parler. C’était la petite Aubépine, menue et discrète, celle qui habitait avec sa vieille grand-mère depuis la mort de ses parents, et que tout le monde appréciait beaucoup. Elle n’était pas particulièrement jolie, avec ses mèches noires qui lui tombaient perpétuellement sur le visage, mais elle avait la fraîcheur de ses dix ans, un regard vif et pétillant, et une bonne humeur inébranlable qui mettait toujours du baume au cœur. Cependant, cette fois-là, ses propos déclenchèrent une petite lueur d’appréhension dans le regard de chacun.
-  La Sorcière habite trop haut dans la montagne, répondit précipitamment quelqu’un. Le Brouillard va bientôt la rattraper. Et puis…
   Oui, il y avait ce « et puis ». Et puis c’était une Sorcière, et puis elle effrayait tout le monde, et puis on racontait toutes sortes de choses sur elle, et puis…
-       Tout le monde dit qu’elle est plus vieille que notre père Riboux lui-même, insista la petite Aubépine sans se démonter. Elle doit savoir énormément de choses. Surtout sur ce qui est… bizarre. Je crois qu’il faut aller lui demander conseil.
-   Pour perdre encore nos maris et nos fils ! s’écria une des femmes, s’attirant des hochements de têtes du même avis.
-      Non. J’irai, moi, si vous voulez.
   Le silence se reforma sur l’assemblée, presque aussi épais que le couvercle brumeux qui recouvrait à présent le ciel.
-    Tu es trop jeune, mon ange, chevrota la grand-mère en l’entourant tendrement de ses bras.
-        C’est pour ça que je n’ai pas peur, déclara Aubépine, pleine d’enthousiasme. Oh, je t’en prie, Mamie, laisse-moi y aller. Je suis sûre que j’ai raison, mais si je me trompe, il ne faut pas que quelqu’un d’autre en paye le prix.
   On fut tous très ému de la sagesse et de la détermination de la petite fille, et un peu rassuré, quelque part, que quelqu’un accepte de se sacrifier. Mais on ne pouvait pas accepter, non. Pas une petite d’à peine dix printemps. Le maire essaya plus ou moins maladroitement d’exprimer ce que chacun ressentait.
-   Qui vous parle de sacrifice ? repartit la petite Aubépine, se frayant un passage parmi la foule pour arriver au pied de la table où le maire avait grimpé afin de se faire entendre. Je vous assure que je reviendrai saine et sauve, je n’ai pas l’intention de finir avalée par quelque chose dont je ne sait même pas le nom !
   Elle eut un grand sourire joyeux et posa les mains sur la table de bois, essayant de s’y hisser. Le maire l’attrapa sous les bras pour l’y aider, et elle fit un gros effort pour ne pas rire à la vue des épaisses moustaches rousses qui semblaient deux pinceaux broussailleux partant de sous son nez.
-        Je vous en prie, laissez-moi deux jours. Vous n’avez rien à perdre ! implora-t-elle, avec son joli regard brillant d’espoir et de confiance.
   Tellement brillant qu’on ne put rien lui refuser, et que l’après-midi même, on lui avait préparé un sac de provisions, de bonnes affaires de marche, et même un petit collier en bois de hêtre pour lui porter chance.
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Hors ligne Milora

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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #5 le: 04 Août 2007 à 12:16:26 »
Heu, désolée d'insister, mais je me demandais juste si quelqu'un voulait la suite, ou si je laissais tomber...
(aurais-je dû le poster dans les romans feuilletons ? Ce n'était pas assez long pour ça...)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Leia Tortoise

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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #6 le: 08 Septembre 2007 à 12:28:58 »
Ah oui, oui, la suite!!
Je suis toute contente d'être tombée là-dessus, tu maîtrise très bien le genre du conte, ça fait très "jeunesse", mais de la plus haute qualité!!
J'ai hâte de savoir ce qui va se passer...
« Modifié: 16 Avril 2008 à 17:44:22 par Leia Tortoise »
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
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Hors ligne Milora

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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #7 le: 08 Septembre 2007 à 19:17:12 »
Tiens, je ne pensais pas que quelqu'un lirait, à présent ! C'est gentil. Merci pour ton commentaire ! Je te mets la suite, donc ! N'hésite pas à relever tout ce qui ne va pas ! :)

_________________________

-     Reviens-moi vite, mon ange, lui dit sa grand-mère en enfouissant son visage sillonné de rides dans le petit cou d’Aubépine.
   La fillette la rassura d’un clin d’œil affectueux, adressa à la foule un geste de la main, et s’en alla d’un bon pas vers la montagne, sautillant par moment sur le chemin de graviers.
   Bien que la journée fût peu entamée, le dôme de nuages épais donnait l’impression qu’elle touchait à sa fin, et pesait à chaque seconde un peu plus sur les épaules des villageois ; très peu osaient désormais porter ne serait-ce qu’un rapide coup d’œil à leur montagne, et l’on préférait regarder obstinément devant soi ou par terre, s’atteler avec fièvre à sa tâche quotidienne, essayer de faire comme si de rien était. Mais la petite Aubépine, comme elle l’avait dit, n’avait pas peur. Le vaillant brin de jeune fille marchait gaiement vers la forêt, ses mèches brunes dansant sur son dos, et un sourire ravi aux lèvres. C’est que ce n’était pas tous les jours qu’elle avait une mission aussi importante à mener à terme ! Et puis ce mystère avait tout l’air d’être passionnant, pour peu qu’on en trouve la clef. Il ne lui était même pas venu à l’esprit qu’elle courait un danger. Elle leva les yeux vers la couronne de Brouillard – qui semblait plus une ceinture maintenant, par rapport à l’ancien emplacement de la montagne – et elle sentit un petit tressaillement d’excitation la parcourir de haut en bas. Elle pressa le pas, s’engouffrant sous les arbres en suivant le petit sentier terreux que l’on empruntait souvent pour aller aux champignons. Elle le connaissait bien, elle se sentait confiante.
   Au bout d’un long moment, ses jambes commencèrent à l’élancer. Elle vérifia d’un regard vers le ciel que le soir était en train de tomber, et elle s’assit au bord du chemin sur une grosse pierre toute grise. La cabane de la Sorcière n’était plus qu’à quelques heures de marche, mais ce n’était pas le moment de cheminer de nuit, avec toutes les choses étranges qui arrivaient. En temps normal, on se méfiait de la forêt, on n’aurait pas laissé une petite fille seule si loin des habitations, mais depuis l’arrivée du Brouillard, tout le monde sentait bien que les autres dangers étaient éloignés. D’ailleurs, même les ours avaient du être avalés ; sauf s’ils s’étaient montrés plus futés que les humains et avaient maintenu une distance respectueuse par rapport Brouillard. Aubépine sortit un grand morceau de fromage de sa besace, une miche de pain noir, ôta ses sabots et s’installa confortablement pour la nuit. Les arbres lui cachaient l’avancée du Brouillard, mais on était au douzième jour, et le lendemain le Brouillard ne serait plus là.
   Le treizième jour, notre petite Aubépine ouvrit des yeux parfaitement réveillés, avala le reste de sa miche de pain, et se remit en route. Le pépiement des oiseaux autour d’elle acheva de la rassurer, et la sente qu’elle suivait ne lui semblait plus aussi longue que la veille. Lorsque la tache pâle du soleil fut à peu près au zénith – si tant est qu’on puisse l’apercevoir, avec ces moutons de nuages opaques – le chemin se sépara en deux, ou plutôt une nouvelle voie, minuscule et mal débroussaillée, s’écarta de la principale. C’était le chemin de la tanière de la Sorcière. Il ne manquait plus qu’une heure ou deux pour arriver à destination.
   Oui mais le problème, c’est que la destination de la petite fille n’était pas le bout du chemin. Car la cabane était vide. On voyait bien ses planches noirâtres, sa petite cheminée tordue et même, à travers les carreaux poussiéreux, quelques volailles abattues, suspendues par les pattes ; seulement tout était verrouillé, et il n’y avait aucune trace de la maîtresse des lieux. Aubépine fit le tour de la maisonnette, appela, frappa plusieurs fois à la porte, mais il fallait se rendre à l’évidence : la Sorcière était partie, emmenant chat noir et poulailler, vers de plus vastes horizons. Déçue et agacée, Aubépine s’assit sur le pas de la porte pour réfléchir en déjeunant.
-       Elle a dû partir à cause du Brouillard, déduisit-elle à haute voix en mordant dans une tranche de viande séchée. Je ne peux pas rentrer au village comme ça, sans apporter de solution… Et puis ça m’énerve vraiment, de ne pas savoir le fin mot de l’histoire !
   Elle se remit donc en route, suivant les traces que les sabots de la Sorcière avaient laissées sur son passage, et qui conduisaient à travers bois, vers le bas de la montagne. Elle avait de l’avance, mais Aubépine était jeune et vigoureuse, et elle avançait d’un bon pas. Elle marcha longtemps, l’après-midi entière s’était presque écoulée lorsqu’elle aperçut la silhouette voûtée de la vieille femme, devant elle. Elle pressa le pas.
-  Hé, la mère ! héla-t-elle en la rattrapant. Où allez-vous, comme ça ?
-    Le plus loin possible, répliqua la vieille femme en lui jetant un regard oblique, sans s’arrêter de marcher.
   Elle était comme on l’avait dit : toute fripée, voûtée, avec de petits yeux impénétrables perdus au creux d’un nid de rides épais, et toute de noir vêtue. Elle avait hissé un balluchon sur son épaule et son sac en bandoulière remuait et miaulait avec fureur.
-     Attendez, j’ai besoin de vous ! insista Aubépine, en reprenant son souffle. Pourquoi partez-vous donc ?
-  A cause du brouillard, pardi. Je ne suis pas si folle qu’on le dit.
-      Mais alors… vous ne savez pas non plus ce que c’est ? s’exclama Aubépine, surprise.
-      Oh si, je le sais, et c’est bien pour ça que je pars. Laisse-moi, maintenant, il me reste une bonne trotte avant de rejoindre la vallée.
   Et de hâter le pas à son tour, sans prêter attention aux petites griffes que le chat plantait dans le sac pour essayer de s’en extirper. « Je ne vais pas me rendre comme ça », décréta Aubépine en lui emboîtant le pas.
-  Mais si vous savez ce que c’est, vous devriez pouvoir l’arrêter ! Vous ne devriez pas fuir !
-     Tu sais ce que c’est qu’un ours affamé, petite ?
- Oui…
-     Et tu peux l’arrêter s’il se lance à ta poursuite ?
-      Non…
-     Tu vas rester là à le laisser te rattraper, plutôt que de prendre tes jambes à ton cou ?
- Non, reconnut une nouvelle fois la fillette, mais quand on connaît, on a moins peur, et quand on a moins peur, on peut se défendre.
   Bizarrement, la vieille femme s’arrêta net, et se tourna pour une fois complètement vers Aubépine, la considérant avec attention, ses yeux étranges plissés avec une expression toute différente. Même le chat avait cessé de feuler.
-  Ce que tu dis est très juste, petite, articula-t-elle finalement. Mais dans le cas présent, on ne peut rien faire.
   Aubépine ouvrit la bouche pour protester qu’on pouvait toujours faire quelque chose, toutefois la vieille femme l’arrêta d’un geste de la main.
-  On ne peut rien faire pour ne pas avoir peur, petite, parce que ce brouillard, c’est la peur elle-même.

« Modifié: 08 Septembre 2007 à 19:41:03 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #8 le: 02 Avril 2008 à 22:46:33 »

Mdr, dans le dernier extrait, j'trouve que la Sorcière a une argumentation à la Socrate :D et aussi un côté Dumbledore, "c'est la peur elle-même"...

Non, bon, Milora, je te hais, mais ça, ce n'est pas nouveau. C'est génial, j'adore ce style, il est parfait, c'est pile le style d'un beau conte, à la fois léger et précis, les détails font mouche (les volailles suspendues par les pattes). Tu joues avec la syntaxe, comme d'hab ; et, comme d'hab, tu l'fais super bien...
oui donc non, pour tout ça, j't'aime p'u :P

Bref, c'est pour quand la suite ?

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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #9 le: 02 Avril 2008 à 22:57:07 »
ben comme toujours c'est super ce que tu as écrit! Sérieux, comment fais-tu pour écrire toujours aussi bien? On a envie de te lire, et quand je dis ça, cela veut dire que je te compare à Sartre, auteur qui, étrangement, me donne une atroce envie de lire et d'écrire...
je ne veux pas décrocher de ton texte... à quand la publication?
continue pour notre plus grand plaisir! ^^
 je t'en prie!!!!!!
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Milora

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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #10 le: 04 Avril 2008 à 18:40:45 »
Sérieux ?  :o Contrairement aux autres textes, quand j'ai vu que celui-ci avait été remonté, je me suis dit "oh non... je vais me faire démollir, j'aurais pas dû le poster !" Là bonne surprise est d'autant plus grande... ^ ^
Citation de: Le Grand Lo
le style d'un beau conte, à la fois léger et précis
C'est sur ça que je travaillais, je voulais rendre un style hjoyeux, léger, qui mette de bonne humeur, et que ça fasse vraiment conte. Je suis contente que ce soit ce qui en ressort ! J'avais peur d'être tombée dans le... comment dire... ? Pas mièvre, mais gentillet au sens négatif...
Enfin bref ! Pour Dumbledore, étant donné que j'adore ce personnage, il est possible qu'il en ressorte des éléments ici ou là ! XD
Ernya --> Wouahou, ce que tu dis me touche vraiment, tu sais !  :o La comparaison est exagérée, lol, mais le
Citer
On a envie de te lire
est le plus beau compliment qu'on puisse me faire, ça me touche vraiment vraiment beaucoup beaucoup !
Bon, ben puisque le sujet est remonté... je mets la suite ! J'espère qu'elle ne va pas vous décevoir, du coup...
_______________________________


   Aubépine eut la sensation qu’elle venait d’avaler ce lourd marteau dont elle avait vu si souvent le maréchal-ferrant se servir. La peur elle-même ? Elle fronça les sourcils.
-   Moi je n’ai pas peur, dit-elle un ton plus bas.
-  Parce que tu es jeune. Les enfants acceptent les choses sans essayer de les faire entrer dans leur moule de logique. Ils ont moins peur de l’inconnu.
-    Et… c’est mieux ? demanda Aubépine, curieuse.
-    Qui peut le dire ?
   La vieille femme eut un énigmatique sourire édenté puis pivota de nouveau sur elle-même et reprit sa route. La petite fille hésita un instant avant de la rattraper encore une fois.
-     Attendez ! répéta-t-elle. Vous ne savez pas comment arrêter le Brouillard ?
-      Personne ne le sait, répondit la Sorcière sans s’arrêter. Mais bonne chance.
   Aubépine la laissa s’éloigner, réfléchissant activement à tout ce qu’elle venait d’entendre. Le Brouillard, c’était la peur ? Qu’est-ce qui avait bien pu le faire arriver jusque là ? Un trop plein de peur, justement… Et comment le chasser ? On chasse la peur par la joie, le rire, les fêtes, mais le Brouillard faisait peur, et empêchait tout cela ! C’était un véritable cercle vicieux. Elle commença à revenir sur ses pas, méditant les paroles de la Sorcière. De toute évidence, elle ne pouvait pas rentrer au village ainsi. Ce n’est pas en ordonnant aux gens de ne pas avoir peur qu’on les empêche de trembler. Et puis elle n’avait plus le temps… Elle passa la nuit sur le porche de la Sorcière, économisant ses provisions. Au matin, la seule chose sensée à faire lui parut évidente : aller voir le Brouillard de plus près. C’était la seule façon d’en savoir plus… Elle se remit en marche.
   Il lui sembla que plus elle avançait, plus la forêt était silencieuse. Tous ses habitants, quelle que fût leur taille, devaient avoir déserté les lieux à l’approche du phénomène. Le jour était presque aussi sombre que la nuit, et les silhouettes des arbres prenaient de plus en plus des allures inquiétantes, comme si des bras noueux s’étaient arrachés de leurs troncs pour se crisper vers le ciel dans une pose suppliante. Aubépine frissonna et rentra la tête dans ses épaules.
-       Tu ne vas pas commencer à t’inquiéter de la forme des arbres !
   Entendre sa propre voix la rassura quelque peu, mais tout de même, elle ne pouvait s’empêcher de se demander si c’était son imagination qui lui jouait des tours, ou si c’étaient bien les bois qui avaient pris des allures macabres.
-       Bah, reprit-elle pour elle-même. Ne fais pas attention. Pense à cette histoire, par exemple, où le héros traverse un désert enchanté pour retrouver sa bien-aimée…
   Et de se raconter le conte qu’elle avait si souvent entendu de la bouche de sa grand-mère, avant de s’endormir. Le jeune Malik, navigateur intrépide, était un jour arraché à son navire par une tempête mystérieuse et se réveillait en plein milieu d’un désert aride, où toutes sortes d’incroyables événements survenaient, le conduisant d’oasis en oasis, de ville en ville, à la recherche de sa douce Yamina. Aubépine connaissait le récit mot pour mot, et adressait parfois quelques phrases aux arbres décharnés qui s’avançaient sur son chemin :
-   Et quand la terrible pieuvre géante sortit de l’oasis avec un tonnerre d’écume, sais-tu ce que fit Malik, hein, vieille branche ? Il attrapa une poignée de sable bien chaud et le jeta dans les yeux du monstre ! Pas mauvaise idée, n’est-ce pas, mon beau pin ?
   Et ainsi de suite. Lorsqu’elle arriva à la fin de son histoire, elle en commença une autre, celle de la princesse espiègle qui triomphait de l’ogre qui l’avait enlevée, puis celle du paysan qui trouvait un trésor, et encore après celle du monstre de la plaine, aux tentacules plus nombreux que les feuilles d’un grand chêne. Elle finit par parler sans discontinuer, les yeux brillants, mimant parfois à l’attention d’un gros rocher ou d’un arbre sombre le combat avec la méchante créature, les passages haletants de chaque histoire. Elle s’aperçut qu’elle n’avait plus peur du tout, et même qu’elle trouvait ses auditeurs muets de plus en plus accueillants, et son chemin moins difficile à remonter. Au bout d’un moment, à force de parler sans cesse, elle commença tout de même à avoir soif, mais elle se força à économiser ses réserves : il fallait penser au chemin du retour…
   Ce fut donc vers la fin du quatorzième jour, aux trois-quarts de l’histoire du gourmand chevalier de Male-Mangeade, que notre petite Aubépine se trouva d’un seul coup devant un mur de brume. Elle s’arrêta net, dans son histoire et dans sa marche. « Déjà ! » se dit-elle en regardant en arrière le long chemin qu’elle venait de parcourir en parlant. Puis elle se tourna vers le Brouillard et força sur ses yeux pour essayer d’apercevoir quelque chose au travers. Tout était gris, absolument gris comme un monticule de poussière géant, et aussi impénétrable qu’un mur bien solide. Aubépine ne put empêcher un léger haut-le-cœur de la secouer, et une pointe invisible sembla déchirer quelque chose au creux de son estomac, faisant faire à son cœur un bond violent, et résonner un martèlement endiablé contre sa poitrine.
-    Allons, Aubépine ! s’exclama-t-elle en respirant bien fort, après un petit mouvement de recul incontrôlé. Après tout ce que tu as décidé, et le chemin que tu as parcouru, tu ne vas pas commencer maintenant à avoir… peur !
   Elle eut un pauvre rire un tantinet nerveux puis déglutit avec peine en considérant le Brouillard. Ce n’était pas une peur ordinaire. C’était une panique irrationnelle, pas normale, pas naturelle. Elle mit ses mains sur ses hanches, la mise résolue.
-      Aubépine, si tu ne te calmes pas tout de suite, tu n’as aucune chance de finir un jour ton histoire !
   Elle hocha la tête avec résolution dans la direction d’un arbre recroquevillé sur lui-même comme un supplicié, qui gisait, quelques pas sur sa droite. Aucun héros de ses histoires ne se comporterait aussi sottement. C’était ridicule. Et comme, après tout, nous sommes tous les héros de notre propre vie, il n’y avait aucune raison pour qu’elle n’arrivât pas à se comporter comme ceux de ses contes, elle aussi ! Non mais. Elle fit un pas décidé vers le Brouillard.
-      Et puis si cette chose est la peur, il me suffit d’avoir confiance pour qu’il ne me fasse rien. Et comme je sais ça, je n’ai pas à avoir peur. N’est-ce pas, grosse pierre ?
   Et sans se laisser le temps de penser à autre chose, elle pénétra dans le Brouillard.
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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #11 le: 04 Avril 2008 à 18:55:06 »
Contrairement aux autres textes, quand j'ai vu que celui-ci avait été remonté, je me suis dit "oh non... je vais me faire démollir, j'aurais pas dû le poster !"

jamais ! ce serait un crime que de te démolir car même si (et là je fais un effort pour imaginer une telle possibilité) il t'arrivait d'avoir un texte pas terrible, vu tout ce que tu as écrit de très bien, je ne vois guère comment on pourrait t'en vouloir d'avoir eu une petite "panne" ^^
et pour être originale, je dirais que c'est...toujours très bien!
Lol, en plus tu fait une sorte de mise en abîme avec les contes qu'elle se raconte et d'ailleurs cela me fait penser à Shérazade ( ça la sauvait elle aussi de raconter des histoires)
donc que du bon
et je réclame la suite!!!!!
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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #12 le: 04 Avril 2008 à 19:10:33 »
Ah oui, tiens, je n'avais pas fait le lien ! Mais je n'ai jamais lu les 1001 Nuits, je pense pas que ça m'ait trop influencée... Par contre, je sais qu'il y a un truc qui m'avait fortement influencée pour cette histoire de contes, mais j'arrive pas à me rappeler quoi ! Peut-être le cours de français, avec La Fontaine, en hypo, sans doute (il me semble que j'avais écrit le début de cette histoire dans l'été entre la terminale et l'hypokhâgne, et la deuxième moitié au milieu de l'année d'hypo... mais je suis pas sûre, et en même temps, tout le monde s'en fiche, lol)

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ce serait un crime que de te démolir car même si (et là je fais un effort pour imaginer une telle possibilité) il t'arrivait d'avoir un texte pas terrible, vu tout ce que tu as écrit de très bien, je ne vois guère comment on pourrait t'en vouloir d'avoir eu une petite "panne"

Là par contre je m'élève ! C'est très gentil (surtout la parenthèse, mais je t'assure qu'il y en a beaucoup des très moyens ou des ratés !), mais j'espère bien qu'on me dira que ça va pas, dans ces cas-là, et que, sans forcément être sadiquement méchant (oui, j'invente des adverbes ^^), qu'on sera assez sévères et précis pour que j'aie une chance de m'améliorer la fois suivante !  :-[
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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #13 le: 04 Avril 2008 à 19:25:44 »
Là par contre je m'élève ! C'est très gentil (surtout la parenthèse, mais je t'assure qu'il y en a beaucoup des très moyens ou des ratés !), mais j'espère bien qu'on me dira que ça va pas, dans ces cas-là, et que, sans forcément être sadiquement méchant (oui, j'invente des adverbes ^^), qu'on sera assez sévères et précis pour que j'aie une chance de m'améliorer la fois suivante !  :-

bien sûr, c'est important de faire quand même quelques critiques ( même si avec toi, c'est tout de même difficile d'en trouver ^^), c'est juste ton verbe, "démolir", que je trouvais un peu excessif ^^


* en prenant l'image au pied de la lettre, ça fait frémir*
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Re : L'étrange affaire de la montagne envolée
« Réponse #14 le: 04 Avril 2008 à 20:40:36 »

J'aimerais bien que tu nous racontes un jour l'histoire de cet infortuné prince Malik :P mais peut-être qu'on pourra l'incorporer à ce projet de CrossOver Bartiméus-Pirates qui traîne^^

Bref, j'aime toujours, la légèreté n'a pas déserté, et le Brouillard... alors, alors, what happened ?
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