Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

13 Juin 2026 à 15:57:56
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Recueil Ier] La déesse louve ...

Auteur Sujet: [Recueil Ier] La déesse louve ...  (Lu 6983 fois)

Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 801
  • Lial' | Calamar placide
[Recueil Ier] La déesse louve ...
« le: 09 Juin 2007 à 16:27:22 »
Voila mon dernier texte, écrit pour l'atelier des Rivages ^^ Il a quelques rapports avec mes autres textes, vous verrez en lisant, mais j'ai essayé de me débrouiller pour qu'il puisse être lu séparément. J'aimerais bien avoir des avis de personnes différentes ...
************
edit : une nouvelle version du texte est disponible plus bas

La déesse louve …

La louve blanche posa délicatement une patte sur le sol et de minuscules fleurs apparurent sous ses coussinets. Alors que la déesse avançait d’avantage, une traînée de végétaux apparut derrière elle – pour disparaître aussitôt. Le vent agitait son fin pelage blanc cassé, et la déesse louve, échine courbée, s’éloignait peu à peu de la forêt aux arbres décharnés. Le quartier de Dame Lune, haut perché dans le ciel, n’éclairait que sommairement le plancher du monde ; mais il était suffisant pour faire luire les yeux d’encre de la louve blanche. D’encre également était la forêt qu’elle venait de quitter – les plantes n’étaient plus que les ombres de ce qu’elles avaient été jadis, pastiches désincarnés que la déesse ne parvenait plus à faire vivre.
Ses coussinets usés se posèrent sur une surface plus dure ; la louve frémit en quittant la terre battue. Les pierres du chemin se transformèrent en dalles lisses puis en béton aride ; et, toujours, la déesse semait derrière elle de jeunes plantes qui subsistaient un instant. Elle abandonna définitivement la forêt lorsqu’elle pénétra dans la grande ville des humains – lorsqu’elle perçut l’immensité de ce qu’ils avaient créé. Les lumières aveuglantes perchées non haut lui rappelaient le soleil qu’elle chérissait tant ; les immeubles gigantesques étaient des arbres millénaires, petits mondes à eux seuls ; la ville entière était un organisme tentaculaire doté d’une volonté propre.
La déesse aurait voulu comprendre, apprendre à connaître ce qui avait mis fin au règne de la nature, mais elle savait qu’elle arrivait au terme de sa vie. Elle s’enfonça dans la ville, longeant les murs de manière instinctive – la louve savait pourtant qu’il y avait peu de chances qu’on la remarque, y aurait-elle mis toute sa volonté. Elle clopinait, mettait ici et là un peu de verdure, pointait un museau amusé en direction d’objets étranges qu’elle n’avait jamais vus. Mais elle se sentait faiblir alors qu’elle aurait voulu continuer son exploration – c’est lorsque le temps nous échappe que nous voudrions tout faire. La déesse songeait à ce qui aurait pu arriver ; alliance improbable, peut-être ? ou simple distillat ; il lui démangeait maintenant de se dégourdir les pattes, de sauter d’un édifice à l’autre, de créer des ponts végétaux entre les bâtiments. Mais les humains s’étaient engoncés dans une autre voie – les temps changeaient, la louve blanche n’avait plus sa place dans cette époque.
Elle trébucha, le sol dur écorchait ses tendres coussinets. L’air sec asséchait ses yeux et sa gorge. Dame Lune était invisible, cachée derrière les hauts immeubles.
La louve se choisit un coin entre deux murs, s’y pelotonna en boule. La queue sur le museau, plus rien n’apparaissait d’autre que sa fourrure neigeuse. Elle ferma les yeux, prête à voguer vers l’ultime sommeil. La déesse se laissait déjà aller, quand elle entendit un raclement tout près d’elle – insistant ; elle ne parvint à le mettre de côté et fut forcée de soulever à nouveau les paupières.
Devant elle se tenait un collectionisateur qui, il fallait l’admettre, paraissait parfaitement conscient de la présence de la déesse.


… qui fut collectionisée …

Le collectionisateur, pensif, observa la louve recroquevillée. Il voyageait dans la ville des hommes depuis bien longtemps, agrandissait la gigantesque collection qu’il entreposait dans son château-cerveau et redistribuait quelques petites choses de ci, de là ; mais il n’avait jamais vu d’animal pareil ! Oh, il avait bien vu des loups, il lui en restait quelques uns dans sa collection, il les avait collectionisés quand il le pouvait encore, mais jamais, au grand jamais, il n’était tombé sur une louve aussi belle !
Il était vrai qu’elle avait l’air mal en point, ses oreilles étaient un peu déchirées, ses poils auraient pu être davantage lustrés et ses yeux plus vifs – mais il émanait d’elle une aura majestueuse, telle que le collectionisateur se sentit soudain tout petit. Il se dandina, ses huit yeux clignèrent, il était indécis, mais la louve embellirait grandement sa collection.
Il se décida. Un filament s’extirpa du corps bancal du monstre collectionneur et tâtonna prudemment la louve, qui se laissa faire. D’autres filaments plus épais suivirent, recouvrirent le corps avachi de la louve blanche, et … voilà, ce fut fait : elle était collectionisée. Le collectionisateur étouffa un rot – c’était un gros morceau, cette louve ! Il aménagea spécialement pour elle une grande pièce dans son château-cerveau, réorganisa les salles, il prit quelques plantes qu’il avait entreposées auparavant, d’autres animaux, et les logea en compagnie de la louve. Il l’aimait bien, il n’avait pas envie qu’elle dépérisse, bien au contraire. Il lui semblait que c’était ce qu’il fallait faire : cet animal n’était vraiment pas banal, il se sentait tout chose depuis qu’il l’avait avalé.
Le collectionisateur repartit, traînassant son corps dans les ruelles, continua sa quête de nouveautés. Il aimait bien la ville, il y trouvait plein de trucs marrants en fouillant bien, il suffisait d’avoir les yeux en face des trous – et lui en avait huit, imaginez un peu ! Les habitants n’avaient pas beaucoup à faire, les machines se chargeaient de tout, alors ils passaient leur temps à fabricouiller des objets sans utilité que le collectionisateur, parfois, récupérait. Lui-même donnait des coups de pouces de temps en temps, en distribuant une pièce de sa collection à qui en avait besoin – jamais au chômage, pollinisateur tout autant que collectionneur, le monstre ne s’ennuyait pas.
De temps à autres, bien sûr, il se prenait à espérer que les choses fussent allées autrement ; il regrettait la diversité passée du règne animal, les humains étaient variés mais il en remarquait rarement un qui ne ressemblât pas à ceux qu’il avait déjà collectionisés. Mais, bon, c’était la vie ; dans ces cas là, il se réfugiait dans une des salles de son château intérieur et prenait plaisir à admirer les éléments de sa collection.
Pendant qu’il circulait dans un bâtiment humain, le collectionisateur, curieux, rendit visite à la louve qu’il venait de collectioniser. Lorsqu’il pénétra dans la pièce qu’il lui avait allouée, il se rendit compte avec stupéfaction que la verdure avait déjà envahi la pièce ! Tout un bosquet de végétaux luxuriants formait un nid autour de l’animal endormi ; les fleurs qui parsemaient le tapis herbeux étaient les plus belles qu’il ait jamais vues. Vraiment, cette louve blanche était une acquisition rare qu’il devait honorer. Il remarqua pourtant que la louve était toujours affaiblie – elle devait être sur le point de mourir quand il l’avait récupérée, elle ne survivrait que quelques instants lorsqu’il la libérerait.
Le collectionisateur buta contre une porte – dans la réalité, pas dans son château-cerveau. Il l’ouvrit grâce à une clé maligne qu’il possédait dans sa collection ; il ne l’aurait plus dans son inventaire, mais tant pis, ses objets n’étaient pas fait pour rester indéfiniment dans sa collection. La pièce qui s’ouvrit était bien éclairée et dans un bazar pas possible, mais un bazar organisé, où chaque chose était à sa place. C’était l’antre d’un peintre connu, qui passait son temps enfermé en compagnie de ses créations. Les artistes pullulaient dans la ville des humains, des œuvres abstraites fleurissaient un peu partout à la grande joie du collectionisateur, mais celui-ci était différent. Il peignait ce qu’il avait sous les yeux, voulait retranscrire le réel par ses peintures plutôt qu’interpréter ses toiles grâce à la réalité.
Là, le peintre était devant une grande toile vierge, ses peintures étalées non loin de lui. Il cherchait ce qu’il pourrait reproduire, n’avait pas envie de se presser.
Le collectionisateur s’approcha de lui, invisible. Il avait déjà fourni à cet humain plusieurs de ses objets, il l’aimait bien, le merle qu’il avait libéré pour lui avait été immortalisé avec soin, et la toile qui représentait l’oiseau aujourd’hui disparu trônait dans une galerie souvent visitée.
Oui, c’était ce qu’il devait faire.
Il s’approcha encore du peintre ; lorsqu’il en fut presque à le toucher, il prit son souffle et libéra brusquement la louve blanche devant lui. Elle s’éleva telle une déesse et, majestueuse, retrouva un instant la puissance qu’elle possédait autrefois. Sa fourrure neige rayonnait d’éclats de Soleil, ses yeux étaient deux obsidiennes étincelantes, les fleurs s’épanouissaient sous ses pas et sa queue touffue était à l’image du gros pinceau du peintre. Et puis, rattrapée par le Temps, elle s’en fut ; après un dernier hurlement joyeux en direction de Dame Lune, la déesse louve s’esquiva et embarqua sur le navire mortuaire qui la conduirait vers sa retraite ; sans doute y retrouverait-elle tous les anciens dieux oubliés.
Le peintre resta immobile un instant, happé par le charme de la déesse ; puis il saisit ses pinceaux et se mit au travail, absorbé par sa tâche, il voulait que cette peinture fut parfaite, l’œuvre de sa vie.
Le collectionisateur, content de lui, laissa l’humain à son travail. Il ne pouvait qu’espérer que sa pollinisation serait suffisante, que les graines qu’il avait semées seraient suffisamment vigoureuses pour germer. Ce n’était pas comme s’il n’avait que ça à faire.


… et inspira ainsi une autre Entité.

Le courant courait dans les fils, circulait à travers la ville entière ; il galopait d’un lieu à l’autre, passait par un lampadaire ici, un réchaud là-bas, une caméra cachée, allez hop, il réchauffait un peu d’eau – et l’Ordinateur, sur son piédestal, contrôlait tout, vérifiait que rien n’allait de travers, il avait été, après tout, construit dans ce but. En fait, il était la ville : sans lui, les humains ne seraient plus que des gamins abandonnés largués dans l’inconnu. L’Ordinateur était au courant de tout ce qui arrivait dans sa ville, corrigeait les ratés qui pouvaient se produire ; grâce à lui, les humains pouvaient vivre tranquilles, ils n’avaient pas à s’en faire.
Il avait sous ses ordres toute une ribambelle de machines plus ou moins sophistiquées, qui lui permettaient d’agir dans toute la cité et qui le servaient fidèlement. Lui, il était la tête : il mettait en ordre, prenait les choix qui s’imposaient, inventait aussi. Les êtres humains avaient réussi à lui transmettre leur passion pour l’innovation et la progression infinie – peut-être en perdant eux-mêmes leur intérêt pour la science, mais qui était l’Ordinateur pour les juger ? Il faisait ce qu’il avait à faire, point barre.
Cependant, l’expansion de la ville avait ralenti depuis quelques temps. Il semblait à l’Ordinateur qu’il lui manquait un élément fondamental, qu’il ne parvenait malheureusement pas à retrouver dans sa base de donnée. Il ne pouvait demander de l’aide aux humains, ses anciens créateurs – ils l’avaient presque oublié. Les machines à ses ordres n’étaient pas dotées de la pensée, et ne pouvaient donc lui être d’aucune utilité. Alors il cherchait, mais il était limité à la ville, n’avait pas accès à l’extérieur – il avait néanmoins le temps.
Et puis, un jour, l’une de ses caméras lui envoya une image qui le plongea dans la perplexité. Ce n’était qu’un tableau, il en avait déjà vu, les humains semblaient leurs trouver quelques attraits ; mais celui-ci était … davantage que ce qu’il paraissait. Il représentait ce que l’Ordinateur identifia comme étant un loup, sa base possédait encore quelques données sur les animaux disparus. Mais les images qu’il possédait de cet animal ne ressemblaient nullement à ce portrait. D’abord, le loup de la peinture était d’un blanc pur, le même blanc que le fromage qu’il fabriquait pour les humains. Le plus étrange, cependant, était l’impression globale qui se dégageait de l’œuvre ; le loup était entouré de couleurs vives – de la végétation, des plantes, reconnu l’Ordinateur après un moment – et paraissait tout prêt à s’échapper de l’œuvre et à sauter hors de son cadre pour égayer un peu la pièce où était exposée la peinture. La végétation qui l’entourait était également pleine de vie : elle semblait n’être au premier abord qu’un entrelacs de branches et de fleurs, mais lorsque l’Ordinateur observait la peinture d’une certaine façon, il s’apercevait soudain que quantité de petits êtres se cachaient parmi les plantes. Tel bouton était en réalité un œil, tel amalgame de bois une jambe recourbée …
L’Ordinateur, il fallait l’avouer, était bien étonné. Le fait qu’une peinture représentant juste un loup blanc et des végétaux – car c’était le cas, n’est-ce pas ? – cache bien davantage le rendait perplexe. Plus il regardait l’œuvre, moins il comprenait comment une telle bizarrerie était possible. Les petits êtres cachés dans les arbres n’étaient jamais les mêmes, ils semblaient changer continuellement de place et l’Ordinateur ne parvenait pas à s’y retrouver ; pourquoi donc le corps qu’il avait reconnu là, plus tôt, était redevenu une simple feuille ? Et il croyait le revoir ici, alors que ce n’était précédemment qu’un morceau de bois !
Et le loup blanc, au milieu de tout ça, rayonnait d’une beauté sans égale.
Pensif, l’Ordinateur passa de nombreux jours à analyser la peinture ainsi que ses propres impressions. Il n’avait pas l’habitude de laisser les choses au hasard, ne pouvait se le permettre ; toute une cité comptait sur lui et il ne pouvait faire d’erreur. Pourtant …
Après de nombreuses expérimentations, il réussit à recréer quelques plantes, qu’il dissémina dans des bacs de terre à travers la ville. Elles ne ressemblaient pas trop à ce qu’il voulait vraiment, mais il n’avait pas réussi à faire mieux. Le temps passant, il testait de nouvelles combinaisons, mais ne parvenait pas à recréer la beauté mystérieuse qui émanait de la peinture.
Ce fut finalement le hasard qui lui apporta la solution – le hasard, oui, qu’il avait toujours fui comme la peste. Les végétaux se mêlèrent d’eux-mêmes, échappèrent à leurs rigides bacs, formèrent de nouvelles pousses. L’Ordinateur s’aperçut qu’il n’était pas obligé de les contrôler en détail, que les fleurs évoluaient sans qu’il soit forcé d’y participer. Il les aida cependant, contribua à leur expansion dans la cité. Rapidement, les plantes prirent possession des lieux qui leur étaient accessibles et s’étendirent même sur les murs des immeubles, formèrent de grandes arches entre les toits. L’Ordinateur fut forcé d’envoyer quelques machines pour les contenir, il créa de nouveaux automates conçus spécialement pour s’occuper des plantes, mais leur laissa tout de même une certaine liberté. Il avait compris qu’il ne devait pas chercher à les contrôler parfaitement.
Il réalisa également que les êtres humains étaient semblables aux végétaux – qu’il les surprotégeait, ne leur permettait pas de se développer pleinement. Il prit la résolution de leur laisser davantage de liberté ; il ne pouvait les laisser à eux-mêmes, mais il décida de briser la monotonie et la perfection de leurs vies en y introduisant de petites touches de hasard.
Si l’Ordinateur parvenait à rendre leurs croyances aux humains, peut-être retrouveraient-ils conscience ; peut-être se rappelleraient-ils de l’ordinateur qu’ils avaient créé il y avait bien longtemps en lui confiant leurs vies ; et peut-être, peut-être, décideraient-ils de reprendre en leurs mains leurs avenirs. Telle était la tâche que l’Ordinateur se confia, construisant pour se faire une ville-arbre aux recoins multiples, où un humain un tant soit peu curieux pouvait découvrir des merveilles si le hasard était de la partie.

Loin, très loin de la ville, sur son navire mortuaire, la déesse louve à la parure immaculée lança un dernier adieu en direction de la Terre, encourageant l’Ordinateur qui lui succédait. Grâce à lui, elle quittait maintenant le monde avec sérénité.
« Modifié: 13 Mai 2011 à 18:28:37 par Loredan »
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Plume d'argent

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 157
Re : La déesse louve ...
« Réponse #1 le: 12 Juin 2007 à 21:46:46 »
C'est un peu long mais j'ai beaucoup aimé, j'étais accrochée à chaque phrase de ton texte qui a un certain charme indéfinissable.
Et cette phrase je l'ai pas comprise:
Citation de: kaikiana
Le fait qu’une peinture représentant juste un loup blanc et des végétaux – car c’était le cas, n’est-ce pas ? – cache bien davantage le rendait perplexe.
« Modifié: 12 Juin 2007 à 21:50:03 par plume D'argent »

Hors ligne Dragon-rouge

  • Scribe
  • Messages: 75
    • Ortie's art(
mon boulot artistique)
Re : La déesse louve ...
« Réponse #2 le: 23 Juin 2007 à 17:12:48 »
Très beau texte! Bravo!
"L'art de peindre n'est que l'art d'exprimer l'invisible par le visible".
Eugène FROMENTIN

Hors ligne louve

  • Tabellion
  • Messages: 46
Re : La déesse louve ...
« Réponse #3 le: 28 Juin 2007 à 13:25:29 »
Je ne savais pas que j'étais une déesse  :P

en tout cas ce texte est très beau et le style est très agréable  ;)
74464][/URL]

Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 801
  • Lial' | Calamar placide
Re : La déesse louve ...
« Réponse #4 le: 27 Août 2007 à 17:31:23 »
Et cette phrase je l'ai pas comprise:
Citation de: kaikiana
Le fait qu’une peinture représentant juste un loup blanc et des végétaux – car c’était le cas, n’est-ce pas ? – cache bien davantage le rendait perplexe.
Quand l'ordinateur regarde la peinture, il pense ne voir d'abord que la louve et les végétaux qui l'entourent ; mais il se rend ensuite compte que des petits êtres se "cachent" dans les végétaux. Et on peut aussi comprendre cette phrase comme ça : la peinture cache également des sentiments, qu'elle fait éprouver à celui qui la regarde ... C'est pas du tout clair, ou c'est juste moyen ? Que je sache si il faut que je trouve autre chose ^^



Suite à quelques remarques, j'ai fait une deuxième version du texte, c'est surtout le passage avec la louve qui a subit des modifications, et quelques trucs avec le collectionisateur. Il reste encore des trucs qui me conviennent moyennement, mais ... je n'y arrive plus >.< P't'être  que je suis trop perfectionniste, mais si certain pouvaient me donner leur avis en étant les plus durs possibles ...  :-[
*********


La déesse louve …

La louve posa délicatement une patte sur le sol et de minuscules pousses germèrent entre ses coussinets. A mesure qu’elle avançait, les végétaux apparaissaient sous ses pas et s’évanouissaient ensuite ; toute une traînée de plantes éphémères suivait sans cesse la déesse, un tapis herbeux qu’elle amenait partout derrière elle. Le vent agitait son fin pelage blanc ivoire, et la déesse louve, échine courbée, s’éloignait peu à peu de la forêt aux arbres décharnés. Le quartier de Dame Lune, haut perché dans le ciel, n’éclairait que sommairement le plancher du monde ; mais il était suffisant pour faire luire les yeux d’encre de la louve blanche. D’encre également était la forêt qu’elle laissait derrière elle – les plantes n’étaient plus que les ombres de ce qu’elles avaient été jadis, pastiches désincarnés que la déesse ne parvenait plus à faire vivre.
Ses coussinets usés se posèrent sur une surface plus dure ; la louve frémit en quittant la terre battue. Les pierres du chemin se transformèrent en dalles lisses puis en béton aride ; et, toujours, la déesse semait derrière elle de jeunes plantes qui subsistaient un instant. Elle ressentait toujours la présence de la forêt derrière elle, elle espéra un instant retourner en ce lieu qu’elle aimait tant et qui dépérirait irrémédiablement sans sa présence, mais ses efforts avaient tous été vains pour permettre aux végétaux de survivre. Ce ne fut cependant que lorsqu’elle pénétra dans la ville des humains qu’elle abandonna toute volonté de retour – quand elle perçut l’immensité de ce qu’ils avaient créé. Les immeubles gigantesques la surplombaient davantage qu’aucun arbre n’aurait pu le faire et grouillaient de vie, les lumières aveuglantes perchées au-dessus d’elle étaient plus éblouissantes que le soleil, jusqu’au sol qui paraissait s’ordonner de la façon la plus propice aux déplacements humains. La ville toute entière semblait être un organisme tentaculaire doté d’une volonté indépendante.
Alors que la louve parcourait la cité, elle ne put s’empêcher de l’admirer avec une ferveur semblable à son amour pour la forêt. Devant la magnificence de ce qui l’entourait, la peine de la déesse à l’idée que la forêt se mourrait était moins douloureuse. La louve aurait voulu comprendre davantage la ville, la connaître à la manière dont elle avait connu sa forêt, mais elle savait qu’elle arrivait au terme de sa vie. Elle s’enfonça dans la ville, longea les murs clairs des maisons afin que nul ne la remarque – la déesse savait pourtant qu’elle possédait trop peu de forces pour qu’un humain puisse encore la voir. Elle clopinait, s’efforçait de mettre ici et là un peu de verdure, pointait un museau amusé en direction d’objets étranges qu’elle n’avait jamais vus. Un étrange petit être aux couleurs métalliques recouvrait certaines surfaces d’un enduit coloré, à la manière d’une abeille façonnant sa ruche. Mais la louve se sentait faiblir alors qu’elle aurait voulu continuer son exploration – c’est lorsque le temps nous échappe que nous voudrions tout faire. La déesse songeait à ce qui aurait pu arriver ; alliance improbable, peut-être ? ou simple distillat ; il lui démangeait maintenant de se dégourdir les pattes, de sauter d’un édifice à l’autre, de créer des ponts végétaux entre les bâtiments. Mais les humains s’étaient engoncés dans une autre voie – les temps changeaient, la louve blanche n’avait plus sa place dans cette époque.
Elle trébucha, le sol dur écorchait ses tendres coussinets. L’air sec asséchait ses yeux et sa gorge. Dame Lune était invisible, cachée derrière les hauts immeubles.
La louve se choisit un coin entre deux murs, s’y pelotonna. La queue sur le museau, plus rien n’apparaissait d’autre que sa fourrure neigeuse. Elle ferma les yeux, prête à voguer vers l’ultime sommeil. La déesse se laissait déjà aller, quand elle entendit un raclement tout près d’elle – insistant ; elle ne parvint à le mettre de côté et fut forcée de soulever à nouveau les paupières.
Devant elle se tenait un collectionisateur qui, il fallait l’admettre, paraissait parfaitement conscient de la présence de la déesse.


… qui fut collectionisée …

Le collectionisateur, pensif, observa la louve recroquevillée. Il cheminait dans la ville des hommes depuis bien longtemps, agrandissait la gigantesque collection qu’il entreposetait dans son château-cerveau et pollinistribuait quelques petites choses de ci, de là ; mais il n’avait jamais vu d’animal pareil ! Oh, il avait bien vu des loups, il lui en restait quelques uns dans sa collection, il les avait collectionisés quand il le pouvait encore, mais jamais, au grand jamais, il n’était tombé sur une louve aussi belle !
Il était vrai qu’elle avait l’air mal en point, ses oreilles étaient un peu déchirées, ses poils auraient pu être davantage lustrés et ses yeux plus vifs – mais il émanait d’elle une aura majestueuse, telle que le collectionisateur se sentit soudain tout petit. Il se dandina, ses huit yeux clignèrent, il était indécis, mais la louve embellirait grandement sa collection.
Il se décida. Un filament s’extirpa du corps bancal du monstre collectionneur et tâtonna prudemment la louve, qui se laissa faire. D’autres filaments plus épais suivirent, recouvrirent le corps avachi de la louve blanche, et … voilà, ce fut fait : elle était collectionisée. Le collectionisateur étouffa un rot – c’était un gros morceau, cette louve ! Il aménagea spécialement pour elle une grande pièce dans son château-cerveau, réorganisa les salles, il prit quelques plantes qu’il avait entreposetées auparavant, d’autres animaux, et les logea en compagnie de la louve. Il l’aimait bien, il n’avait pas envie qu’elle dépérisse, bien au contraire. Il lui semblait que c’était ce qu’il fallait faire : cet animal n’était vraiment pas banal, il se sentait tout chose depuis qu’il l’avait avalé.
Le collectionisateur repartit, traînassant son corps dans les ruelles, continua sa quête de nouveautés. Il aimait bien la ville, il y trouvait plein de trucs marrants en fouillant bien, il suffisait d’avoir les yeux en face des trous – et lui en avait huit ! Les habitants n’avaient pas beaucoup de choses à faire, les machines se chargeaient de tout, alors ils passaient leur temps à fabricouiller des objets sans utilité que le collectionisateur, parfois, récupérait. Lui-même donnait des coups de pouces de temps en temps, en pollinistribuant une pièce de sa collection à qui en avait besoin – jamais au chômage, pollinisateur tout autant que collectionneur, le monstre ne s’ennuyait pas.
De temps à autres, bien sûr, il se prenait à espérer que les choses soient allées autrement ; il regrettait la diversité passée du règne animal, les humains étaient variés mais pas tant que ça – il en avait déjà collectionisés beaucoup. Mais, bon, c’était la vie ; dans ces cas-là, il se réfugiait dans une des salles de son château intérieur et prenait plaisir à contempladmirer les éléments de sa collection.
Pendant qu’il circulait dans un bâtiment humain, le collectionisateur, curieux, rendit visite à la louve qu’il venait de collectioniser. Lorsqu’il pénétra dans la pièce qu’il lui avait allouée, il se rendit compte avec stupéfaction que la verdure l’avait complètement envahie ! Tout un bosquet de végétaux luxuriants formait un nid autour de l’animal endormi ; les fleurs qui parsemaient le tapis herbeux étaient les plus belles qu’il ait jamais vues. Vraiment, cette louve blanche était une acquisition rare qu’il devait honorer. Il remarqua pourtant que la louve était toujours affaiblie – elle devait être sur le point de mourir quand il l’avait récupérée, elle ne survivrait que quelques instants lorsqu’il la libérerait.
Le collectionisateur buta contre une porte – dans la réalité, pas dans son château-cerveau. Il l’ouvrit grâce à une clé maligne de sa collection ; il ne l’aurait plus dans son inventaire, mais tant pis, ses objets n’étaient pas faits pour y rester indéfiniment. La pièce qui s’ouvrit était bien éclairée et dans un bric-à-brac pas possible, mais un bric-à-brac organisé, où chaque chose était à sa place. C’était l’antre d’un peintre connu, qui passait son temps enfermé en compagnie de ses créations. Les artistes pullulaient dans la ville des humains, des œuvres abstraites fleurissaient un peu partout à la grande joie du collectionisateur, mais ce peintre-ci était différent. Il peignait ce qu’il avait sous les yeux, voulait retranscrire le réel par ses peintures plutôt qu’interpréter ses toiles grâce à la réalité.
Là, le peintre était devant une grande toile vierge, ses peintures étalées non loin de lui. Il cherchait ce qu’il pourrait reproduire, n’avait pas envie de se presser.
Le collectionisateur s’approcha de lui, invisible. Il avait déjà fourni à cet humain plusieurs de ses objets, il l’aimait bien, le merle qu’il avait libéré pour lui avait été immortalisé avec soin, et la toile qui représentait l’oiseau aujourd’hui disparu trônait dans une galerie souvent visitée.
Oui, c’était ce qu’il devait faire.
Il s’approcha encore du peintre ; lorsqu’il en fut presque à le toucher, il prit son souffle et libéra brusquement la louve blanche devant lui. Elle s’éleva telle une déesse et, majestueuse, retrouva un instant la puissance qu’elle possédait autrefois. Sa fourrure neige rayonnait d’éclats de Soleil, ses yeux étaient deux obsidiennes étincelantes, les fleurs s’épanouissaient sous ses pas et sa queue touffue était à l’image du gros pinceau du peintre. Et puis, rattrapée par le Temps, elle s’en fut ; après un dernier hurlement joyeux en direction de Dame Lune, la déesse louve s’esquiva et embarqua sur le navire mortuaire qui la conduirait vers sa retraite ; sans doute y retrouverait-elle tous les anciens dieux oubliés.
Le peintre resta immobile un instant, happé par le charme de la déesse ; puis il saisit ses pinceaux et se mit au travail – absorbé par sa tâche, il voulait que cette peinture soit parfaite, l’œuvre de sa vie.
Le collectionisateur, confiertent de lui, laissa l’humain à son travail. Il ne pouvait qu’espérer que sa pollinisation serait suffisante, que les graines qu’il avait ensemencées seraient suffisamment vigoureuses pour germer. Il avait d’autres choses à faire, mais cette louve avait tout de même une place spéciale dans son cœur.


… et inspira ainsi une autre Entité.

Le courant courait sur les fils, circulait à travers la ville entière ; il galopait d’un lieu à l’autre, passait par un lampadaire ici, un réchaud là-bas, une caméra cachée, allez hop, il réchauffait un peu d’eau – et l’Ordinateur, sur son piédestal, contrôlait tout, vérifiait que rien n’allait de travers, il avait été, après tout, construit dans ce but. En fait, il était la ville : sans lui, les humains ne seraient plus que des gamins abandonnés largués dans l’inconnu. L’Ordinateur était au courant de tout ce qui arrivait dans sa ville, corrigeait les ratés qui pouvaient se produire ; grâce à lui, les humains pouvaient vivre tranquilles, ils n’avaient pas à s’en faire.
Il avait sous ses ordres toute une ribambelle de machines plus ou moins sophistiquées, qui lui permettaient d’agir dans toute la cité et qui le servaient fidèlement. Lui, il était la tête : il mettait en ordre, prenait les décisions qui s’imposaient, inventait aussi. Les êtres humains avaient réussi à lui transmettre leur passion pour l’innovation et la progression infinie – peut-être en perdant eux-mêmes leur intérêt pour la science, mais l’Ordinateur n’était pas à même de les juger. Il faisait ce qu’il avait à faire, point barre.
Cependant, l’expansion de la ville avait ralenti depuis quelque temps. Il semblait à l’Ordinateur qu’il lui manquait un élément fondamental, qu’il ne parvenait malheureusement pas à retrouver dans sa base de données. Il ne pouvait demander de l’aide aux humains, ses anciens créateurs – ils l’avaient presque oublié. Les machines sous ses ordres n’étaient pas dotées de la pensée, et ne pouvaient donc lui être d’aucune utilité. Alors il cherchait, mais il était limité à la ville, n’avait pas accès à l’extérieur – il avait néanmoins le temps.
Et puis, un jour, l’une de ses caméras lui envoya une image qui le plongea dans la perplexité. Ce n’était qu’un tableau, il en avait déjà vu, les humains semblaient leur trouver quelques attraits ; mais celui-ci était … davantage que ce qu’il paraissait. Il représentait ce que l’Ordinateur identifia comme étant un loup, sa base possédait encore quelques données sur les animaux disparus. Mais les images qu’il possédait de cet animal ne ressemblaient nullement à ce portrait. D’abord, le loup de la peinture était d’un blanc pur, le même blanc que le lait qu’il fabriquait pour les humains. Le plus étrange, cependant, était l’impression globale qui se dégageait de l’œuvre ; le loup était entouré de couleurs vives – de la végétation, des plantes, reconnut l’Ordinateur après un moment – et paraissait tout prêt à s’échapper de l’œuvre et à sauter hors de son cadre pour égayer un peu la pièce où était exposée la peinture. La végétation qui l’entourait était également pleine de vie : elle semblait n’être au premier abord qu’un entrelacs de branches et de fleurs, mais lorsque l’Ordinateur observait la peinture d’une certaine façon, il s’apercevait soudain que quantité de petits êtres se cachaient parmi les plantes. Tel bouton était en réalité un œil, tel amalgame de bois une jambe recourbée …
L’Ordinateur, il fallait l’avouer, était bien étonné. Le fait qu’une peinture représentant juste un loup blanc et des végétaux – car c’était le cas, n’est-ce pas ? – cache bien davantage le rendait perplexe. Plus il regardait l’œuvre, moins il comprenait comment une telle bizarrerie était possible. Les petits êtres cachés dans les arbres n’étaient jamais les mêmes, ils semblaient changer continuellement de place et l’Ordinateur ne parvenait pas à s’y retrouver ; comment ce faisait-il que le corps qu’il avait reconnu là, plus tôt, était redevenu une simple feuille ? Et il croyait le revoir ici, alors que ce n’était précédemment qu’un morceau de bois !
Et le loup blanc, au milieu de tout ça, rayonnait d’une beauté sans égale.
Pensif, l’Ordinateur passa de nombreux jours à analyser la peinture ainsi que ses propres impressions. Il n’avait pas l’habitude de laisser les choses au hasard, ne pouvait se le permettre ; toute une cité comptait sur lui et il ne pouvait faire d’erreur. Pourtant …
Après de nombreuses expérimentations, il réussit à recréer quelques plantes, qu’il dissémina dans des bacs de terre à travers la ville. Elles ne ressemblaient pas trop à ce qu’il voulait vraiment, mais il n’avait pas réussi à faire mieux. Le temps passant, il testait de nouvelles combinaisons, mais il ne parvenait pas à recréer la beauté mystérieuse qui émanait de la peinture.
Ce fut finalement le hasard qui lui apporta la solution – le hasard, oui, qu’il avait toujours fui comme la peste. Les végétaux se mêlèrent les uns aux autres, échappèrent à leurs rigides bacs, formèrent de nouvelles pousses. L’Ordinateur s’aperçut qu’il n’était pas obligé de les contrôler en détail, que les fleurs évoluaient sans qu’il soit forcé d’y participer. Il les aida cependant, contribua à leur expansion dans la cité. Rapidement, les plantes prirent possession des lieux qui leur étaient accessibles et s’étendirent même sur les murs des immeubles, formèrent de grandes arches entre les toits. L’Ordinateur fut forcé d’envoyer quelques machines pour les contenir, il créa de nouveaux automates conçus spécialement pour s’occuper des plantes, mais leur laissa tout de même une certaine liberté. Il avait compris qu’il ne devait pas chercher à les contrôler parfaitement.
Il réalisa également que les êtres humains étaient semblables aux végétaux – qu’il les surprotégeait, ne leur permettait pas de se développer pleinement. Il prit la résolution de leur laisser davantage de liberté ; il ne pouvait les laisser à eux-mêmes, mais il décida de briser la monotonie et la perfection de leurs vies en y introduisant de petites touches de hasard.
Si l’Ordinateur parvenait à rendre leurs croyances aux humains, peut-être retrouveraient-ils conscience ; peut-être se rappelleraient-ils de l’ordinateur qu’ils avaient créé il y avait bien longtemps en lui confiant leurs vies ; et peut-être, peut-être, décideraient-ils de reprendre en mains leurs avenirs. Telle était la tâche que l’Ordinateur se confia, construisant pour se faire une ville-arbre aux recoins multiples, où un humain un tant soit peu curieux pouvait découvrir des merveilles si le hasard était de la partie.

Loin, très loin de la ville, sur son navire mortuaire, la déesse louve à la parure immaculée lança un dernier adieu en direction de la Terre, encourageant l’Ordinateur qui lui succédait. Grâce à lui, elle quittait maintenant le monde avec sérénité.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Rain

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 637
  • Perdu
    • Page Deviant Art
Re : La déesse louve ...
« Réponse #5 le: 02 Août 2008 à 20:03:15 »
Ta déesse louve me fait penser à Amaterasu, du jeu vidéo Ôkami...

Bon, c'était juste pour dire ça, et j'aime beaucoup. J'ai lu que la deuxième version, par contre. Et j'ai repéré quelques fautes de frappes, mais j'ai oublié de les noter.

Voilà ^^
Perdu

Hors ligne ernya

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 683
  • Ex-dragonne
    • Page perso
Re : La déesse louve ...
« Réponse #6 le: 03 Août 2008 à 00:06:04 »
j'ai également seulement lu la seconde version
j'aime bien :)
nan... j'aime beaucoup!
j'adore ce personnage de la louve et c'est bien ecrit
tu pourrais peut-etre revoir certaines formulations pour alléger un peu, mais c'est pour chipoter :mrgreen:
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Leia Tortoise

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 455
    • Mon blog
Re : La déesse louve ...
« Réponse #7 le: 05 Août 2008 à 10:08:27 »
J'ai seulement lu la deuxième version et... j'adore, je vénère, je m'incline  ^^

Il y a un rythme très fluide marqué par une progression à étapes qui me fait beaucoup penser à un conte, tout comme le message qui passe à travers le récit... J'adore les personnages, je suis contente de retrouver le collectionnisateur  :)  et ses néologismes que j'apprécie énormément (comme ces temps-ci je lis du Queneau à mes heures perdues, j'aime d'autant plus) : entreposetait, pollinistribuait, contempladmirer, confiertent de lui...  :P

Par contre, à la fin il me semble avoir repéré deux fautes:

Citer
reprendre en mains

je crois qu'il ne faut pas de s à main

Citer
construisant pour se faire

je crois que c'est plutôt "pour ce faire"

Vouala! En tout cas, chapeau!
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
- Dumbledore -
*
Books ! Best weapons in the world.
- Doctor Who -

Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 801
  • Lial' | Calamar placide
Re : La déesse louve ...
« Réponse #8 le: 14 Août 2008 à 13:10:38 »
Merci  :-[

Citer
Ta déesse louve me fait penser à Amaterasu, du jeu vidéo Ôkami...
Oui, j'avoue  :-° Je me suis inspirée, en vrac : de Princesse Mononoke (la première partie du texte fut écrite en écoutant le thème de Mononoke, la chanson sublimissime), Okami (pour la louve blanche qui laisse une trainée de végétaux), Shadow of the Colossus (pour pas grand chose d'apparent, mais je suis folle de l'ambiance de ce jeu  :mrgreen:) et le livre Niourk pour la deuxième version de la ville (c'est ma mère qui m'a rappelée, après avoir lu la 1ère version, que dans Niourk y'avait un passage où on découvre une ville "moderne" sans savoir ce que c'est). Et le collectionisateur vient de mon autre texte  :mrgreen:

Citer
tu pourrais peut-etre revoir certaines formulations pour alléger un peu, mais c'est pour chipoter
Ouip, je suis d'accord avec toi, mais là ça fait un moment que le texte est terminé et j'ai plus trop envie de le modifier. Par contre je vais (peut-être) m'en inspirer pour l'AT "virus" de griffe d'encre. Enfin c'est encore à l'état de projet, même si depuis hier soir l'idée se précise légèrement  :mrgreen:

Citer
. j'adore, je vénère, je m'incline   ^^
Euh oui ... pas trop bas, hein  :-[

Citer
ses néologismes que j'apprécie énormément (comme ces temps-ci je lis du Queneau à mes heures perdues, j'aime d'autant plus) : entreposetait, pollinistribuait, contempladmirer, confiertent de lui...
C'est marrant, car selon les personnes les réactions sont très différentes. Une majorité les apprécie, et pis d'autres n'aiment pas du tout >< mais je m'en fiche, moi j'aime bien  :noange:

Citer
je crois qu'il ne faut pas de s à main
Jcrois que naturellement, je n'aurais pas mis de "s" non plus, mais quelqu'un m'a corrigée ... je ne sais plus. Je vais tenter de vérifier ça.

Citer
je crois que c'est plutôt "pour ce faire"
Idem, je n'en ai aucune idée. Jvais vérifier. après manger  :-°

Merci à vous !
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Soww'el

  • Aède
  • Messages: 208
  • open your eyes
    • Livres à Croquer
Re : La déesse louve ...
« Réponse #9 le: 14 Août 2008 à 13:24:31 »
J'ai lu la deuxième version.... et c'est vraiment magnifique, j'ai adoré !

Le rythme est très bien, les personnages sont touchants, tu as su faire passer un très beau message à travers de ce texte !  ^^
Y a pas d’amour
Sans se voiler la face
Sans répondre au chant des sirènes

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : La déesse louve ...
« Réponse #10 le: 13 Décembre 2008 à 19:54:23 »
Tu m'avais fait lire ce texte il y a longtemps, et il m'avait marquée. Là, j'ai lu la deuxième version (relu ? je ne sais pas laquelle tu m'avais montrée) et... j'adore toujours autant. En un mot, je trouve ce texte magnifique.


Trois p'tites choses ont attiré mon attention, cela dit :

Citer
comment ce faisait-il

se faisait-il.

Citer
reprendre en mains leurs avenirs
en main ?

Citer
Il ne pouvait qu’espérer que sa pollinisation serait suffisante, que les graines qu’il avait ensemencées seraient suffisamment vigoureuses pour germer
Petite répétition. (pourquoi pas "assez" ? Sauf si c'était voulu)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 271
    • Page perso
Re : La déesse louve ...
« Réponse #11 le: 15 Décembre 2008 à 16:44:38 »
J'aime beaucoup ^^

Très belle fable écologique ^^

J'ai eu du mal à m'enlever l'image de Princesse Mononoke de la tête pendant la première partie, cela dit.   ;D
Mais l'arrivée du collectionisateur est pour le moins... surprenante !  ;D

Par contre si je puis me permette d'être maniaque, mais en tout petit hein, parce que c'est vraiment du pinaillage xD
Je trouve dommage qu'il soit question deux fois de "tapis herbeux" pour décrire la végétation apparaissant sous les pattes de la louves, et qu'il soit question trois fois dans la même partie de "coussinets" pour ses pauvres petites pattes fatiguées...
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Kailiana

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 801
  • Lial' | Calamar placide
Re : La déesse louve ...
« Réponse #12 le: 16 Décembre 2008 à 18:19:16 »
Merci  :-[

Citer
Par contre si je puis me permette d'être maniaque, mais en tout petit hein, parce que c'est vraiment du pinaillage xD
Je trouve dommage qu'il soit question deux fois de "tapis herbeux" pour décrire la végétation apparaissant sous les pattes de la louves, et qu'il soit question trois fois dans la même partie de "coussinets" pour ses pauvres petites pattes fatiguées...
Tu peux l'écrire en taille normale, tu sais  :P
Et tu as sans doute raison - je revois ça... euh... je ne sais pas quand à partir d'après demain, parce que là j'ai aps le temps  :'( Mais merci beaucoup !

et merci aussi Mil', vu qu'apparemment je n'avais pas répondu ^^ -> ah oui en fait c'est un remontage, j'ai compris xD Ben merci, je corrige ça^^
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

Hors ligne Seymour

  • Calligraphe
  • Messages: 119
  • La persévérance est mère de tous les rêves...
    • Seymour
Re : La déesse louve ...
« Réponse #13 le: 17 Décembre 2008 à 01:42:48 »
Citer
la forêt derrière elle, elle espéra un instant
cette fois ci un petit participe présent c'est peut etre pas mal, espérant

Citer
dont elle avait connu sa forêt, mais elle savait qu’elle arrivait au terme de sa vie. Elle s’enfonça dans la ville
hum... ça fait un peu beaucoup...

Citer
et … voilà, ce fut fait : elle était collectionisée.
j'aime pas ce petit passage, la formulation, ça m'a fait très bizarre  :o

Citer
les humains étaient variés mais pas tant que ça
ça aussi j'aime pas trop...

Sinon globalement, j'aime bien, c'est original (comme souvent dans tes textes), bien écrit (même si quelques passages mériteraient un meilleur sort  ;) il y a surtout ce changement de style entre la première partie et la seconde, enfin la forme c'est normal mais l'ecriture change aussi et ça fait un peu bizarre, enfin personnellement)
je n'ai pas non plus pu m'enlever mononoké de la tête  :mrgreen:
et j'aime beaucoup ce mélange d'univers, comment tu assembles un mythe japonais avec de la SF, ça se relie bien.
j'aime beaucoup aussi la partie avec le peintre, comment l'art permet d'inspirer l'ordinateur, comme un cycle,
Nature->Homme->Machine->Nature (grâce aux arts des hommes...)

bref un bon texte encore une fois! (mais si je devais chipoter, reviens y quand meme dans quelques années pour améliorer l'écriture..  ;)

Hors ligne Marygold

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 235
  • marmotte aphilosophique
Re : La déesse louve ...
« Réponse #14 le: 11 Septembre 2009 à 16:36:59 »
Je triche encore, j'ai lu ton texte il y a quelques jours pour la correction du recueil.

Je n'avais jamais lu encore - honte sur moi ! - de textes sur le Collectionisateur, et du coup j'en ai lu deux coup sur coup pour les corriger (P'tites Histoire et ce texte-ci) : et j'ai tout bonnement adoré !

L'atmosphère, les personnages, l'univers sous-jacent qui est réaliste mais aussi poétique et... différent sous tes doigts. J'ai vraiment été conquise par ces deux textes (et je regrette de ne pas les avoir découverts plus tôt)

Merci beaucoup pour ce bon moment de lecture :)
Oh yeah ! 8)

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.015 secondes avec 16 requêtes.