Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Clepsydre

Auteur Sujet: Clepsydre  (Lu 2220 fois)

Hors ligne Empyrée

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Clepsydre
« le: 11 janvier 2012 à 21:11:55 »
Clepsydre


Chaque jour qui s’éternise dans mes prunelles
Suffoque et se noie dans les profondeurs de mon être.
Assise sur le seuil d’un esprit à la démarche amputée,
J’attends, lassée, la révélation de l’embrun noir.

Cet infirme, c’est l’épanchement de soufre blanc et gris,
Qui traine sa patte dans les méandres du doute,
Qui traine son crâne dans les cendres des imagos déchus,
Qui suppure son âme rouillée à travers les fêlures de sa voûte,
Et qui chie le sacre de l’existence par le grand orifice.

Les affects sont les tératomes fiévreux de sa conscience,
Ils rampent comme des vers sous sa croûte en de saillantes bosses,
Comme de grands yeux mouvants, cherchant leurs paupières.

Dans l’illusion de l’être, ce sont d’odorantes humeurs amniotiques
Qui s’écoulent de nos clepsydres, dans un clapotis sourd et inerte.

Je pose mes mains sur les rebords de son gros ventre ouvert,
Et, flegmatique, je regarde l’onde impassible fuir,
Et mon reflet tressaillir en se vidant dans le tourbillon.

L’infirme ne sait pas flotter.



En gros ça parle du doute de son propre esprit et de sa capacité à savoir s'il existe ou pas. La clepsydre c'est l'épreuve auquel il est soumis.

Je vous remercie par avance de votre attention et de vos commentaires. N'hésitez pas à signaler les fautes.

« Modifié: 14 janvier 2012 à 15:09:19 par Empyrée »

Hors ligne Empyrée

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Re : Clepsydre
« Réponse #1 le: 11 janvier 2012 à 22:56:40 »
Donc ça n'inspire personne.

Hors ligne ernya

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Re : Clepsydre
« Réponse #2 le: 11 janvier 2012 à 23:06:04 »
Tu viens de poster, un peu de patience !
C'est la période des partiels, c'est la soirée, beaucoup ont à faire et peut-être pas le courage de s'attaquer à de la poésie à cette heure.
Et toi, tu as tout juste trois messages, pourquoi ne pas aller flâner à droite et à gauche ? Après tout, toi aussi, tu pourrais nous lire. :huhu:
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Empyrée

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Re : Clepsydre
« Réponse #3 le: 11 janvier 2012 à 23:09:54 »
J'ai déjà lu deux ou trois choses par-ci, par-là.
« Modifié: 12 janvier 2012 à 12:12:22 par Empyrée »

Hors ligne Marygold

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Re : Clepsydre
« Réponse #4 le: 11 janvier 2012 à 23:18:03 »
Alors, je l'ai lu... Personnellement, je le trouve très hermétique, et à ma première lecture, je n'arrivais absolument pas à comprendre ce qui se passait ! Pourtant, il y a de la poésie que je trouve hermétique et que j'adore, mais j'arrive toujours à trouver un fil auquel me raccrocher et grâce auquel je peux imaginer ce qui se passe. Là, heureusement que tu as expliqué le poème à la fin, mais même avec cela, j'ai eu du mal à saisir le sens des phrases. Avec des efforts, je finis par comprendre des idées, mais ce n'est pas ce que j'attends de la poésie en règle générale.

Pour être plus précise et donner un exemple, à partir de "cette infirme", j'ai des problèmes de compréhension. A quoi se rapporte "cette infirme" ? Son esprit ? Mais alors pourquoi du féminin ?
Ensuite, je commence à comprendre à peu près ce que tu veux dire, mais je dois avoir dépassé la dixième lecture pour certains passages... Désolée mais je considère que la poésie - celle que j'apprécie en tout cas - doit être plus compréhensible.

Ceci dit, je ne veux pas dire que des choses négatives, donc je dois aussi te dire que je trouve que tu écris bien, et que certaines images sont très belles, et certaines très bien rendues, comme les grands yeux mouvants, ou l'image du narrateur au bord de son esprit (mais il faut aussi avoir un certain vocabulaire pour te lire, donc ton texte ne s'adresse pas à tout le monde). La deuxième strophe (à part le problème de savoir à quoi elle renvoie) est belle et bien écrite, quoique je n'adhère pas au dernier vers à cause de son registre.

P.S. - Pour ce qui est des fautes, je n'en ai vu que deux : "âme rouillée" et "croute" qui prend un accent circonflexe.
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Menthe

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Re : Clepsydre
« Réponse #5 le: 11 janvier 2012 à 23:27:59 »
Moi j'ai pas aimé. J'ai trouvé la formulation dix fois trop épuisante, c'est bourré d'un tas de mots lourds, de phrases à rallonge, on se demande quand c'est qu'on va respirer. Et puis ça a commencé dès le titre (mais c'est très subjectif hein, c'est juste que quand je l'ai lu, je me suis dit : tiens, ça va être fat).
Du coup franchement j'ai même pas envie de vraiment m'arrêter sur le fond, tellement j'ai été larguée.
Des fois y'a des trucs jolis, mais trop embourbés et empêtrés dans le reste. Je pense que tu voulais être évasive (t'es une fille hein ?), poétique, noble et en même temps bien là, bien présente (le coup du "chie" en plein milieu du reste, non, vraiment, franchement, j'adhère pas, pas dans ce cadre-là), mais j'ai pas du tout été convaincue. J'ai plutôt eu le sentiment d'assister à une tentative d'éblouissement à grand renfort de grands mots et de phrases lourdes qui finalement m'a totalement laissée de marbre...
Enfin, mets ça sur ma sensibilité si tu veux, mais ça ne m'a ni impressionnée ni touchée ni rien du tout.
A vrai dire, je pense qu'il y a des trucs bien, à la base. Mais juste trop étouffés, asphyxiés.
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Empyrée

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Re : Clepsydre
« Réponse #6 le: 12 janvier 2012 à 00:04:59 »
Merci pour les fautes.
Le féminin c'est parce que c'est "moi" qui parle et qui décrit mon esprit ; nous somme dissociés. Je reste à son seuil et que je le contemple se noyer à la fin. Mon point de vue est externe à mon esprit. Ce qui est un peu paradoxal parce que c'est par l'esprit que l'on pense et que l'on juge. 

La démarche était de me détacher de mon esprit pour le voir et le juger sans qu'il interfère dans le jugement. C'est très bizarre et dure à imaginer. Je voulait l'oter pour voir si en dessous de lui il y a quelque chose d'encore plus essentiel à la pensée et à ce qui fait l'existence d'après certains philosophes.

Dans la première et la dernière strophe je suis présente, et dans les trois centrales je "disparait" dans une description de l'esprit. En fait je pars de moi même, je contemple mon esprit et je le regarde pérrir lentement, ce qui veut dire qu'il n'est pas essentiel à l'existence ou alors que je n'ai jamais existé. Ca pose aussi la question de l'identité, est ce que nous sommes vraiment notre esprit. Est ce que c'est juste un outil de pensée? Est ce que l'identité et l'esprit sont séparables? Est ce que c'est l'esprit qui fait l'identité ou l'identité qui fait l'esprit? Ca pose la question de l'âme aussi...

Enfin bon c'est assez compliqué, je vous l'accorde. Il faut vraimer se perdre dans les couloirs de ma psyché malade pour trouver ça clair. Et c'est plutôt un signe de bonne santé metale pour vous si vous ne saisissez pas tout dès le début. :D

Et pour le vocabulaire:

Clepsydre : c'est une sorte de sablié grec qui fonctionne avec de l'eau. C'était pour mesurer le temps de parole dans les débat politique dans l'antiquité.

Teratome : "Téra" ça veut dire monstrueux. C'est sorte de tumeur qui se développe a partir de cellule germinale ( sperme, ovule). Elle peut être cancéreuse ou non. Se sont des tumeurs assez étranges. Par exemple elles peuvent faire pousser des dents ou des poils dans les ovaires. C'est monstrueux, potentiellement dangereux et mal placé.

Ce sont ceux qui me paraissent les moins courants. S'il y en a d'autre n'hésitez pas.


Après, ce poème c'est un gros clin d'oeil à Artaud ( d'où le verbe "chier" ) et Descartes.


P.S: Les fautes sont corrigées. :) Merci, j'en oublie toujours... Une fois que c'est écrit je n'arrive plus à les voir, c'est un fléau.

Hors ligne Elhora

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Re : Clepsydre
« Réponse #7 le: 13 janvier 2012 à 00:41:36 »
Bon bon bon... Ecoute, je suis assez d'accord avec les commentaires précédents. Tes explications sont intéressantes mais effectivement je trouve que ce texte s'adresse à toi et pour toi même. C'est bien dommage... Pourrais-tu essayer de le reprendre? Est-ce que cet exercice t'intéresserait? C'est un texte élitiste, certes, qui demande (pour être compris d'avoir certaines connaissances) amis je ne crois pas que ce soit vraiment le problème. C'est étrange car je trouve ta réponse intéressante et accessible (quand ton texte ne l'est pas). Les questionnements que tu as voulu mettre dans ce texte sont intéressants mais ils ne sont pas accessible par le texte lui-même. Je me permets de te poser cette question : est-ce que tu voulais nous parler à nous ou est-ce un défi que tu t'es lancé à toi même?
Si le jeu t'intéresse, je te proposerais de le retravailler en pensant à ton lecteur. Tu dis : "La démarche était de me détacher de mon esprit pour le voir et le juger sans qu'il interfère dans le jugement" (alors déjà philosophiquement ou psychologiquement, je me demande bien si c'est une chose possible ou même pertinente  ;) ) Mais surtout :  comment peut-on savoir cela en lisant ton texte? un texte est fait pour vivre seul il me semble. "Dans la première et la dernière strophe je suis présente, et dans les trois centrales je "disparais" dans une description de l'esprit. En fait je pars de moi même, je contemple mon esprit et je le regarde périr lentement, ce qui veut dire qu'il n'est pas essentiel à l'existence ou alors que je n'ai jamais existé. Ca pose aussi la question de l'identité, est ce que nous sommes vraiment notre esprit. Est ce que c'est juste un outil de pensée? Est ce que l'identité et l'esprit sont séparables? Est ce que c'est l'esprit qui fait l'identité ou l'identité qui fait l'esprit? Ca pose la question de l'âme aussi..." Toutes ces questions sont intéressantes (je me répète, je me répète!!)... mais où apparaissent-elles pour nous lecteurs lambdas qui ne te connaissons pas??
Pourrais-tu retravailler ce texte? Tu as des qualités littéraires certaines...
J'espère pouvoir te relire.
Bonne soirée à toi.

Hors ligne Empyrée

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Re : Clepsydre
« Réponse #8 le: 13 janvier 2012 à 12:11:52 »
Bonjour,

Je tiens déjà à vous remercier pour vos commentaires.

Je ne pense pas qu'un texte créatif se doit d'être clair d'emblée. C'est pour cela que, pour moi, ils nécessitent tous d'être commentés. Et l'erreur serait de donner le commentaire avant de l'avoir lu, car le sens de l'auteur est loin d'être le bon ; c'est un sens parmi tant d'autre. Et je ne tiens absolument pas à vous infantiliser en vous mâchant un travail de réflexion qui peut-être productif et enrichissant pour vous-même, ou à vous influencer sur ma voie qui n'est pas la Voie.

On est pas obligé de tout comprendre pour imaginer. Du moment que ça génère des images ou des fragments d'images, même très floues, c'est réussi. Le poème comme l'esprit et l'âme a plusieurs niveaux de conscience. Celui-là vient du fond, essayez de le voir avec ceux qui sont les plus enfuis, les plus cachés et étouffés sous toute cette neige de racines nerveuses empêtrées de règles physiques. La physique, la logique, le réel et le concret, franchement, ce n'est pas ce que j'ai voulu faire ressortir dans mont texte. Il y en a un peu mais pas trop.

Je connais comme vous les lois de la poésie, elles sont très utiles à l'analyse. Ce sont d'excellents repères et qui donnent du sens à la forme, au rythme, aux champs lexicaux et sémantiques, etc. Et c'est aussi très pratique pour commenter "objectivement/poliment" un poème qui ne nous plait pas vraiment au niveau subjectif. Cela apporte des éléments pertinents, mais neutres.  Sauf que je ne me contente jamais d'un "bilan médical poétique", de l'objectif du sens et de la forme ; il me faut aussi le subjectif, le ressenti. Le sens et la forme ça aide à véhiculer le ressenti, mais la sensibilité des gens est variable à ce sens et cette forme. J'ai remarqué que quand c'était logique et bien construit les gens admiraient plus facilement le poème. Et des fois je constate qu'ils préfèrent la forme intelligente au contenu "émotionnogène". Le "bien fait" suffit. Et ce que j'aime dans les créations contemporaines, c'est que la création s'est émancipée de l'horrible corset des règles littéraires, et de leurs contraintes qui amputer parfois beaucoup de sens car elles étaient presque imposées, externes, et donc sans le moindre sens pour le créateur.

Enfin bref, je suis en train de tartiner un gros pâté hors-sujet.

Pour moi, bien évidemment, mon poème est clair, il ne me parle pas mais il me répond. (Et ce qui est paradoxal c'est que je ne l'ai écrit ni pour moi, ni pour personne, mais pour lui et ce qu'il est. Ca aussi c'est un peu dure à expliquer). C'est le rendu d'un vagabondage, c'est ce que j'ai senti, un témoignage d'un pays mental. Et ce que j'ai vu m'a fait douter. C'est normal, et même légitime et voulu qu'il vous soit étranger et un peu difficile d'accès. C'est un lieu infréquentable pour l'extérieur. Vous ne connaissez pas mes codes, mes connotations, vous ne me connaissaient pas du tout. Et donc les éclaircissements aussi sont légitimes et ce serait con de ma part de vous laisser sur le seuil. Aucun intérêt à poser sinon. Je ne vais pas directement dans mon texte vous apporter sur un plateau d'argent tous les clefs qui permettent de le comprendre. Je n'y tiens pas. je veux qu'il garde du mystère, qu'il soit étranger. Je préfère que vous fabriquiez vos propres clefs avant de vous donner les originales.

 
Je dirais que le questionnement principale c'est de savoir s'il en dessous de toutes ses strates de la "cervelle" il n'y aurait pas quelque chose d'encore plus animal, plus primitif et plus essentiel qui nous ferait exister, mais peut-être pas vivre. Un peu comme les amibes. Et là, dans ce poème on voit bien que je doute que l'esprit, le " je pense donc je suis" nous fasse réellement exister, qu'il soit l'essence même de l'existence. Mais comme je suis dans la pensée sans l'esprit, je ne dis jamais le mot "pensée" puisque je suis dedans, et je pèse avec le doute. (Là aussi c'est tout une logique surréaliste de malade mental, une logique de fragmentation).

Je ne trouve pas que la difficulté d'accès soit élitiste dans le sens ou aucune "élite" ne pourrait le comprendre comme ça de toute façon. C'est moi qui détiens les clefs. Ensuite ce n'est pas dépourvu de sens. Il faut chercher un peu, prendre des pistes inhabituelles, gratter les mots pour voir leur étymologique, leur sens philosophique, psychologique, scientifique, regarder le rythme, la lenteur du texte qui donne aussi du sens et des impressions, les rimes internes, les consonances. Il y a de nombreux lien a faire. Mais faire trop lien, tue le sens. (Anacoluthe! je l'ai appris hier soir dans les chiffres et les lettres). Mais la nous sommes dans le "bilan médical," et comme je l'ai dit plus haut, il est loin de suffire d'après moi. Le subjectif que Diable!

 "Est-ce que tu voulais nous parler à nous ou est-ce un défi que tu t'es lancé à toi même?" Ni l'un, ni l'autre, et quand bien même, qu'est-ce que cela change?

"Si le jeu t'intéresse, je te proposerais de le retravailler en pensant à ton lecteur." Vous comprendrez que non merci. Je n'écris pas pour faire plaisir et abonder dans le sens de tout le monde. Si encore c'était une histoire de mauvaise écrire, de véritable laideur alors la oui. Mais pour moi l'incompréhension n'est pas un défaut, puisque c'est compréhensible quand on a les clefs. Après oui, ça peut prendre la tête, mais certaines personnes aiment les énigmes et les casses têtes. C'est bien plus gratifiant à la fin de plusieurs lectures de se dire :" ouah je n’avais pas vu ça comme ça, c'est ça en fait." Même si ce n'est pas exactement ce que j'ai voulu dire mais que ça colle. Oui voilà, ce qu'il faut c'est que ça colle. Percer un mystère c'est un plaisir. Comprendre sans avoir à chercher c'est un peu fade. Mais bon, j'admets que là le mystère c'est du lourd, ça touche à "l'unique", à la subjectivité inaccessible d'une seule personne, une personne que vous ne connaissez pas en plus.


"Tu dis : "La démarche était de me détacher de mon esprit pour le voir et le juger sans qu'il interfère dans le jugement" (alors déjà philosophiquement ou psychologiquement, je me demande bien si c'est une chose possible ou même pertinente)"
Alors oui c'est possible philosophiquement si tu joues sur les définitions des mots esprit et jugement. Et psychologiquement ça s'appelle, en gros, la schizophrénie. (Qui n'est pas un dédoublement de personnalité, mais une dissociation de toute l'unité psychique. Le schizophrène n'est pas deux, il n'est même pas un ; c'est plein de petit bout de un. D'ailleurs connaitre un peu cette maladie pourrait vous aider à comprendre le texte).
Quant à la pertinence c'est subjectif et donc relatif. Moi je trouve que ça l'est, parce que ça m'intéresse et que je me pose personnellement la question. Libre à vous de vous en foutre ou d'y adhérer. Vous avez parfaitement le droit, et ce qui fait la liberté et donc la pertinence de vôtre jugement.

"Un texte est fait pour vivre seul il me semble." Alors ça c'est très pertinent, et je voudrais en savoir plus si cela ne vous dérange pas.

Par rapport aux questions que je pose : "mais où apparaissent-elles pour nous lecteurs lambdas qui ne te connaissons pas??" Elles n'apparaissent pas explicitement dans le texte car c'est n'est pas leurs places. Elles doivent apparaitre (ou pas) dans la pensée du lecteur. Elle est là la place de la question, et elle ne sont pas obligatoires. C'est de la création on y voit ce qu'on a envie d'y voir, ou ce que l'on sent y voir. Bon il faut quand même établir une sorte de cadre, ça doit tourner autour d'une sphère. On ne peut pas y voir tout et n'importe quoi non plus. Mais si le lecteur ne voit pas ses questions, (qui sont quand même assez métaphysiques et inhabituelles. Je crois qu'il n'y a que moi qui me demande le matin quand je vais a la fac si je suis vraiment là, ou si en fait je suis ailleurs, ou alors un écho temporel de moi-même venu d'un autre espace/temps.) Enfin bref, le lecteur n'y verra rien, ou une vague impression, une image ou une autre question. C'est un poème, la création d'une personne, d'une subjectivité unique, et pas le diktat de ma pensée unique. C'est malléable et miroitant comme du sodium pur. (ça je vais le réutiliser dans un de mes poèmes).

C'est comme tout il y a plusieurs niveaux, et plusieurs voies de compréhension. Et je ne vous en impose aucune. C'est comme les chaussures. Prenez les vôtres au lieu de vouloir prendre les miennes pour faire tout le chemin. Je veux bien vous les prêter cinq minutes pour certaines choses dont le sens est moins universel. Et ce sera plus confortable pour vous. Mais ne soyez pas a côté de vos pompes non plus.

Sur cette belle métaphore des codes de compréhension et de la godasse, bonne journée. :) Et n'hésitez pas à poser des questions de sens précises.

P.S: Désolée (encore une fois) pour les fautes probables. Ma volonté refuse de m'aider à relire. Et désolée pour le pâté aussi...

Hors ligne Elhora

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Re : Clepsydre
« Réponse #9 le: 21 janvier 2012 à 16:25:33 »
Salut Empyrée!!

D'abord je suis désolée de ne pas avoir répondu avant, je n'avais pas le temps!!!!!  :'( -saloperie de temps qui manque-

Alors, je reprends certains de tes commentaires : ""Est-ce que tu voulais nous parler à nous ou est-ce un défi que tu t'es lancé à toi même?" Ni l'un, ni l'autre, et quand bien même, qu'est-ce que cela change?" Pour moi (et j'entends bien pour MOI, c'est très subjectif et cela n'engage aucune vérité) c'est important. Parce que ton positionnement, ton état d'esprit lors de l'écriture me permet de comprendre pourquoi ton texte m'a laissé de marbre. Ce que tu expliques par la suite confirme cela. "Si encore c'était une histoire de mauvaise écrire, de véritable laideur alors la oui. Mais pour moi l'incompréhension n'est pas un défaut, puisque c'est compréhensible quand on a les clefs. Après oui, ça peut prendre la tête, mais certaines personnes aiment les énigmes et les casses têtes. C'est bien plus gratifiant à la fin de plusieurs lectures de se dire :" ouah je n’avais pas vu ça comme ça, c'est ça en fait." Même si ce n'est pas exactement ce que j'ai voulu dire mais que ça colle. Oui voilà, ce qu'il faut c'est que ça colle. Percer un mystère c'est un plaisir. Comprendre sans avoir à chercher c'est un peu fade." C'est ton point de vue (que je respecte tout à fait) mais qui n'est pas le mien. Quand je lis un texte (poème ou texte court) j'aime que des tas d'images me sautent à la figure et j'aime me laisser porter par les sensations qu'ils m'inspirent. Je déteste les énigmes et les casse-tête en général. Il en est donc de même dans mon rapport à la lecture.  Ce que tu décris de ton positionnement d'auteur me prouve notre incompatibilité auteur/lecteur. Je ne regrette donc pas ma question et je comprends ta réponse  ;D.

"Si le jeu t'intéresse, je te proposerais de le retravailler en pensant à ton lecteur." Vous comprendrez que non merci. Je comprends.

Et psychologiquement ça s'appelle, en gros, la schizophrénie. Oui je connais la schizophrénie et effectivement cette "dissociation de toute l'unité psychique " n'est pas un sujet qui me parle. Donc sans vouloir aucunement t'offenser, je serais probablement hermétique à ce que tu écris.

Ce n'est en aucun cas un jugement de valeur mais plutôt une différence fondamentale dans notre rapport à la lecture et à l'esprit humain. Cependant, je te remercie d'avoir développé ton point de vue et je comprends mieux ton texte maintenant.

Mais j'essayerai de relire d'autres textes de toi qui, peut être, me toucheront plus.

Très bonne journée à toi.

 


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