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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Recueil Ier] P'tites histoires

Auteur Sujet: [Recueil Ier] P'tites histoires  (Lu 9210 fois)

Hors ligne Kailiana

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[Recueil Ier] P'tites histoires
« le: 16 Mai 2007 à 22:50:25 »
Alors, que je vous explique un peu ... le Fou ne m'a pas laissée tranquille, donc j'ai décidé d'écrire plusieurs textes de ce style, un peu dans le désordre, mais qui pourraient également se suivre. Ce sont pour l'instant uniquement des textes courts (jamais plus de deux pages word) mais qui, mis bout à bout, peuvent être plus longs ^^ J'avoue beaucoup m'amuser durant leur écriture, mais ce sont aussi des textes auxquels je tiens et qui sont pas mal travaillés, avec pas mal de retouches, donc j'aimerais avoir les critiques les plus sévères possibles, ne serait-ce qu'un seul mot qui sonne mal, c'est important ^^ Surtout que je m'amuse à tester quelques trucs, et j'aimerais savoir comment le lecteur réagit  ::)

Voici pour commencer deux textes, qui se suivent directement, mais jvoulais le couper en deux. Vous n'êtes pas obligés de les lire à la suite (tte façon, je vais pas obliger les lecteurs à quoi que ce soit  :P) mais j'apprécierais vraiment une critique sévère  ::)

*****************

Le collectionisateur …

Le collectionisateur cheminait son chemin, lorgnant d’un œil avide ce qui l’entourait. Ses membres patauds raclaient le sol caillouteux, et son corps disgracieux se traînait avec difficulté. Mais peu importait. Tout ce qui l’intéressait était que rien n’échappât à ses huit yeux globuleux ; qu’il puisse tout cataloguer dans le château empli de tortueux méandres qu’était son cerveau.
Un papillon lumineux voletait tout contre lui, butinait quelques fleurs de ci, de là, et semblait plein de joie. Le collectionisateur l’observa un moment : en avait-il déjà capturé un de cette espèce ? Sa collection comportait-elle pareil spécimen, ou bien fallait-il qu’il l’y ajoute ?
Non, il ne le possédait pas encore. Ce reflet soyeux, là, sur ses ailes, était vraiment unique. Pauvre papillon, qui ne se doutait de rien ! Mais le collectionisateur, impitoyable, ne le laisserait pas s’échapper.
Un long filament s’échappa du corps du monstre collectionneur et absorba délicatement le papillon. Voilà, c’était fait. Un exemple de plus, dans une toute nouvelle pièce de son château-cerveau.
Le collectionisateur reprit son chemin, collectionisant quelques petites choses sur le passage – une poussière avec une forme étrange, un arbre ridé comme une sorcière, le magnifique sourire d’une enfant chaperonnée de rouge – jusqu’à ce qu’il arrive devant une maison toute triste qui donnait envie de pleurer. Tellement triste et chagrine qu’il se serait bien enfui les jambes au derrière, mais ce n’est pas ce que doit faire un collectionisateur. Non, un collectionisateur doit toujours aller de l’avant – et c’est ce qu’il fit. Nonobstant, avant de se recroqueviller pour passer la petite porte de la maisonnée, il s’arrangea pour laisser derrière lui un peu de ce qu’il avait recueilli : une goutte d’eau pour hydrater quelques herbes, une abeille maçonière qui pourrait réparer les brèches, et puis le papillon lumineux, histoire d’égayer un peu la maison. Ce n’était pas grand chose, maigres consolations, mais il ne pouvait pas trop donner. Un monstre pollinisateur, ça pollinise, les changements se font plus tard – ou ne se font pas.
Il entra finalement dans la maison. Un vieillard et une vieillarde se tenaient recroquevillés devant une grande et vide cheminée, plusieurs couvertures sur les épaules ; mais ils sourirent amicalement au collectionisateur, comme s’il était un ami intime et longtemps désiré. Eh bien, les expressions aussi belles se faisaient rares ces derniers temps ! Généralement, les humains lui montraient de gros yeux horrifiés – ou, pire, ne le remarquait pas. Et constater que ceux-là, malgré leur aimable accueil, étaient totalement démunis, lui faisait mal au coeur. Il en avait des tressaillements dans tout le corps. Il voulu les aider un peu, chercha dans son château, il devait bien pouvoir améliorer leurs conditions, pourtant … non, il ne trouvait rien qui convienne ! Alors qu’en toute situation, il dénichait toujours un petit quelque chose, cette fois-là … cette fois-là ! Non, il y avait forcément …
« Allons, allons, ne fais pas cette tête ! Qu’as-tu ? Nous sommes heureux ainsi, nous ne te demandons rien ; installe-toi ; n’ais pas peur ! »
Ces vieillards étaient vraiment aimables. Voyons, n’y aurait-il pas quelque chose qui … N’auraient-ils pas une idée de … S’il y avait quelque chose qu’ils désiraient, il pourrait peut-être aller … non ?
« Allons ! Ne t’en fais pas, vas. Nous ne voulons rien. Le temps fait son œuvre, nous sommes vieux, et nos besoins sont réduits. Nous ne voulons pas nous fatiguer alors que notre fin approche, et les nouvelles choses n’apportent que des tracas. Toi, voudrais-tu quelque chose ? Boirais-tu du thé ? »
On lui … demandait s’il … voulait quelque chose ? On lui … posait une … question ? Allons ! Un collectionisateur, c’est pas fait pour parloter … peut-être apprécieraient-ils un simple feu dans la cheminée vide ?
« Mais, non, te disons-nous. Allons, installe-toi. »
Il ne possédait aucun vieillard aussi aimable dans sa collection, mais il n’avait pas trop envie de les collectioniser. Par contre, il s’interrogeait ; pourquoi tous les humains n’étaient-ils pas aussi gentils qu’eux ?
« Oh, le temps, tu sais, ça a ses défauts mais aussi ses qualités. On apprend, si on veut bien, si on en a l’occasion. Alors, tu t’installes ? »
Le … temps ? Qu’était-ce donc ? Il ne croyait pas avoir déjà rencontré cette chose étrange ! Pourrait-il la capturer ?
« Capturer le temps ? » Rires. « Non, nous ne pensons pas que cela soit possible. Bon, tu veux vraiment rester planté là ? Les piquets sont faits pour clôturer les champs, tu es maladroit à les imiter ainsi ! »
Il le voulait – piquets ? – le voulait le voulait le voulait ! Il voulait voir un temps, et le mettre dans une de ses pièces, et voir, et voir … voir – comprendre – pourquoi ces vieillards étaient si gentils !
« Allons, que fais-tu ? Ca ne va pas ? »
Le collectionisateur collectionisa les deux vieillards, il n’en laissa pas une miette ; zut, zut, zut. Il voulait le temps ! Quelque chose dont il ne connaissait même pas l’existence, quelque chose de nouveau, de … oh ? Les vieillards auraient peut-être pu lui donner d’avantage d’informations, mais il était pressé, pressé, pressé … et il ne voulait pas trop les libérer – la collectionisation ne fonctionne qu’une fois sur un même objet, faut pas trop abuser. Zut, zut, zut ! Il voulait un temps !

*******************

… qui collectionisa le Temps

Il avait cherché, cherché, cherché. Partout. Enfin, presque partout – en de nombreux endroits, très, très, très nombreux. Il avait cherché, près des vieillards d’abord, puis d’autres humains, quelques animaux, il avait essayé d’interroger une pierre, un fou qui prétendait savoir ce qu’était le temps, un poisson clown, un poisson-chat – un chat -, il avait fouillé des ravins, des montagnes, un peu tout et n’importe quoi – un tas de chaussettes, le nid d’une échasse blanche, un bloc de glace immaculée, un bol de lait, l’obole d’un mendiant dans une petite coupelle, une ritournelle chantée par un roitelet qui aurait pu être savant ; il avait écouté le vent, mais il ne l’avait pas trop compris ; il avait encore cheminé les chemins, ça il savait bien faire, mais il les connaissait déjà tous ou presque ; il avait cherché, cherché, cherché, à la recherche du Temps, d’un temps ou au moins de quelqu’un ou quelque chose qui aurait une petite piste, infime même, mais non, néant, il cherchait mais ne trouvait rien, il s’obstinait, un collectionisateur c’est pas forcément très intelligent mais au moins ça renonce pas, et il cherchait, toujours, il parcourait le monde, il s’enhardit à questionner des inconnus qu’il n’aurait jamais osé aborder auparavant, il cherchait, cherchait, cherchait encore, ça finirait bien par payer, mais il avait l’impression d’avoir fouillé le monde entier, d’avoir regardé sous chaque grain de pierre existant, et il ne trouvait pas, ne trouvait pas …
Et puis – devinez quoi ? – il vit quelque chose. Il entendit, plutôt. Ça ne se remarquait pas beaucoup, vraiment pas, il n’y faisait plus attention, le genre de bruit qu’on oublie, qu’on met de côté car on y est habitué, mais qui reste agréable à l’oreille : tic … tac … tic … tac …
Oui, c’était le tic-tac de ce que les hommes appelaient montre ! Une montre qui égrenait les secondes, qui se blottissait dans du sable chaud, abandonnée, toute seule, seulette, mais qui continuait son immuable travail. Pourquoi n’y avait-il pas pensé plus tôt ? Les montres étaient pourtant bien en évidence, aux poignets de tous les êtres affairés qui prenaient rendez-vous dans des petits carnets, des grands cadrans étaient même exposés sur les murs, mais on oublie ce qu’on voit tous les jours, c’est dommage, c’est comme ça, mais il avait trouvé ! Trouvé, trouvé-trouvé-trouvé ! Mais … avait-il vraiment trouvé le Temps ? Cet accessoire dévoilait à tous l’existence du temps, ça oui, elle permettait aux pauvres êtres qui ne le comprenaient pas de l’appréhender un minimum, mais … pourrait-il grâce à elle collectioniser le Temps ? Car c’était bien ce qu’il voulait faire ! Sinon, quel intérêt ?
Il fit sortir le filament le plus doué de son corps et effleura timidement la montre ronde. Peut-être y parviendrait-il, s’il faisait attention. Doucement, tout doucement, il commença son travail. Oui, il sentait quelque chose, par delà les rouages de la montre ! Furtif, presque indécelable, qui permettait que rien ne soit jamais pareil et qui pourtant parfois se répétait, il était là ! Un temps !
Le collectionisateur se concentra, il ne devait faire aucune erreur. Il parvint à attirer le Temps tout entier grâce au temps piégé dans la montre ; le Monsieur Temps n’était pas très prudent, ou bien il était fatigué et le collectionisateur était rendu adroit par son impatience, ça arrive. Il l’attira, attira le Temps dans la montre pour le capturer ensuite, oui, il était là, tout près, c’était presque bon, presque …
Non !
Une pie avait volé la montre !
Méchante, méchante pie ! Elle l’avait empêché de collectioniser le Temps, alors qu’il l’avait presque ! Il était là, dans la montre, piégé, et puis … non ! Impossible ! C’était injuste, trop injuste, vraiment !
Et la pie s’envolait, loin maintenant, et puis, fatiguée, elle laissait tomber la montre, ça n’était pas un si beau trésor que cela finalement, mais le collectionisateur ne la voyait plus, il était resté au même endroit, tout triste, à se désespérer, et à se lamenter, et à se dire qu’il fallait à nouveau qu’il parte à la recherche du Temps, ou de la montre … et la montre, elle, comprenait juste qu’elle était plus secouée qu’à la normale ; et elle continuait son interminable musique : tic … tac … tic … tac … Et le Temps, silencieux, l’écoutait, et se demandait où il avait bien pu se retrouver.
« Modifié: 13 Mai 2011 à 18:34:04 par Loredan »
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

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Re : P'tites histoires
« Réponse #1 le: 18 Mai 2007 à 20:14:11 »
Une petite curiosité, fort sympathique à lire, qui vous laisse un sentiment joyeux et perplexe arrivé à la dernière ligne ! je trouve ça réussi. J'aime. Tu veux les critiques les plus sévères possibles ? Ok !

Je n'ai eu le temps de lire qu'un seul texte, dommage ; je reviendrai lire la suite dès que possible !

"une goutte d’eau pour hydrater quelques herbes"
--> hydrater fait un peu technique, je n'aime pas beaucoup, mais c'est vraiment du chipotage, là (tu as dit de tout relever ; je relève tout !)

"grande et vide cheminée"
--> Je pense que c'est voulu, mais "une vide cheminée" ça me fait un peu bizarre, ça fait un peu Marquise d'amour vont beaux yeux souffrir me font ^^

"Généralement, les humains lui montraient de gros yeux horrifiés – ou, pire, ne le remarquait pas."
--> ne le remarquaient

"n’ais pas peur !"
--> n'aie, non ?

"« Mais, non, te disons-nous. Allons, installe-toi. »"
--> *Mode chipotage on* je n'aime pas trop le "te disons-nous", ça ne fait pas très naturel... *mode chipotage off*

"Les piquets sont faits pour clôturer les champs, tu es maladroit à les imiter ainsi !"
--> Minou comme tout !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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Re : P'tites histoires
« Réponse #2 le: 20 Mai 2007 à 17:38:53 »
Merci beaucoup pour cette correction détaillée  :-*

"une goutte d’eau pour hydrater quelques herbes"
-> maintenant que tu le pointes, effectivement il y a une nuance un peu dure que je ne voulais pas ... Mais j'ai beau chercher, je n'arrive pas à trouver autre chose  :'( Je trouverais peut-être dans quelques jours.

"grande et vide cheminée"
-> je remplace par "une grand cheminée sans feu"

"« Mais, non, te disons-nous. Allons, installe-toi. »"
-> Je ne voulais justement pas que le dialogue fasse trop naturel, mais il ne faut pas non plus que ça dérange le lecteur :s si ça gène, je vais essayuer de trouver autre chose.

Merci encore !

Les autres, si vous n'avez pas laissé de commentaires, c'est parce que vous n'avez pas accroché/pas aimé, par manque de temps, ou ...  ? :-[
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Re : P'tites histoires
« Réponse #3 le: 20 Mai 2007 à 18:00:33 »
Je n'avais pas fais attention à ton histoire mais je viens de le lire et elle est très bien. J'aime bien ce monstre étrange et solitaire, incompris et rejeté par l'humanité - a juste titre. En plus je me sent moins seul à faire des textes bizarres sur le Temps.  :noange:

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Re : P'tites histoires
« Réponse #4 le: 20 Mai 2007 à 19:50:57 »
'A y est ! Ai lu la deuxième ! Je crois que je préfère à la première. J'adore, même, ma deuxième.

"il avait fouillé des ravins, des montagnes, un peu tout et n’importe quoi – un tas de chaussettes, le nid d’une échasse blanche, un bloc de glace immaculée, un bol de lait, l’obole d’un mendiant dans une petite coupelle, une ritournelle chantée par un roitelet qui aurait pu être savant "
--> J'adore ce passage, je ne sais pas pourquoi. Peut-être à cause du contraste entre les ravins, les montagnes, et le tas de chaussettes XD

"il avait écouté le vent, mais il ne l’avait pas trop compris"
--> là aussi j'aime beaucoup

"Il parvint à attirer le Temps tout entier grâce au temps piégé dans la montre "
--> Et là aussi !

"Et le Temps, silencieux, l’écoutait, et se demandait où il avait bien pu se retrouver."
--> Idem

Bravo. Une suite ? Mais... si le colectionisateur arrive à colectioniser le Temps, que va-t-il se passer  ??? ??
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Re : P'tites histoires
« Réponse #5 le: 20 Mai 2007 à 21:48:00 »
Moi aussi, je préfère le second texte, avec ce problème du Temps... Et puis j'aime bien le personnage que tu crée. Ces deux p'tites histoires, c'est un peu une petite bulle de rêve et de bizarrerie. Je ne sais pas quoi dire d'autre, en fait, à part que j'aime bien. ^^
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

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Re : P'tites histoires
« Réponse #6 le: 30 Mai 2007 à 22:43:34 »
Merci ^_^ Lorsque vous dites que vous préférez le deuxième texte ... je l'avoue : moi aussi. Il m'est venu très naturellement, a coulé tout seul, ce qui n'a pas été le cas du premier  :-[ Et je suis contente de voir que le collectionisateur est compris à peu près comme je voulais (en fait j'ai eu l'idée de ce personnage sous la douche, bref XD je l'aime beaucoup ^^)

"il avait fouillé des ravins, des montagnes, un peu tout et n’importe quoi – un tas de chaussettes, le nid d’une échasse blanche, un bloc de glace immaculée, un bol de lait, l’obole d’un mendiant dans une petite coupelle, une ritournelle chantée par un roitelet qui aurait pu être savant "
--> J'adore ce passage, je ne sais pas pourquoi. Peut-être à cause du contraste entre les ravins, les montagnes, et le tas de chaussettes XD

"il avait écouté le vent, mais il ne l’avait pas trop compris"
--> là aussi j'aime beaucoup
En fait, je me suis amusée avec les sonorités, c'est grâce à ça que ça coule : chaussette -> échasse ; blanche -> bloc de glace ; bloc/glace -> bol/lait ; bol -> obole ; coupelle -> ritournelle -> roitelet ; savant -> vent
Parfois je pars dans des trucs quand j'écris ... ma tête est bizarre XD

Voila un texte qui suit, je ne sais pas trop si je dois le mettre à la suite ou dans un nouveau sujet, comme il peut tout de même être lu séparément ... Mais je le mets ici, ça se suit quand même ^^

*************************

La montre et Monsieur Temps

Fontaine intarissable, la montre égrenait les secondes ; ses longues aiguilles d’argent cliquetaient inlassablement pour comprendre le temps : tic … tac … tic … tac … Et lui, le Monsieur Temps, était bien obligé de se plier à leurs contraintes. Etre de nature infini, il devait diviser son immense corps en secondes, en minutes, en heures et plus encore – il était coupé, classé, archivé sauvagement, par un ustensile qui ne faisait qu’effectuer ce pour quoi il avait été éduqué.
Roule la ronde des aiguilles, renouvelée sans cesse et inlassablement ! Elles sont idiotes, ces aiguilles, et sont pourtant les gardiennes de la plus insaisissable des créatures, j’ai nommé : le Temps !
Passé, présent, futur ? Seraient-ils vraiment si différents, par delà leur dénomination ? Ils sont tous les facettes d’un même Monsieur, prisonniers de ce que l’on pense d’eux – les pauvres ! La montre, insatiable gardienne, n’est pourtant pas réellement mauvaise. Comment pourrait-elle savoir, elle, qu’agiter ses aiguilles est plus qu’un simple passe-temps ?
Et ces aiguilles, toujours, tournaient sans jamais s’arrêter – à en avoir le tournis, un manège infernal. Alors que Monsieur Temps désespérait d’enrayer la machine, la montre sentit soudain une main aimante la ramasser. Sa ronde coque se blottit chaudement dans la paume toute douce, et elle fut soulevé par elle ne savait qui – mais cet inconnu était bien attirant, et intriguant. Un instant, la montre oublia même d’égrener les secondes, mais elle se reprit vite.
Il s’agissait du Fou, du cher Fou aux cheveux bouclés, tout roux tout doux. Il avait vu la montre, abandonnée par terre, et ça lui avait fait mal au cœur. Alors il l’avait ramassée et recueillie. Puis il s’était aperçu, étonné, que cette montre coquette hébergeait un hôte dont elle n’avait pas idée. Le Fou ne comprenait pas trop comment un être aussi illustre que Monsieur Temps avait pu se laisser enfermer ainsi, mais il prit la résolution d’aider, et le Temps, et la montre. Il ne voulait pas faire de jaloux.
Le bouffon au cœur tendre accrocha donc la montre à son poignet, en l’attente du jour où il pourrait résoudre le problème. Et depuis cette rencontre, la Montre et le Temps, inséparables compagnons, accompagnent le Fou dans ses pérégrinations.
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Re : P'tites histoires
« Réponse #7 le: 06 Juin 2008 à 17:01:44 »
Dommage que le troisième texte ait ce goût de fin, j'aimais beaucoup le flou que laissait le deuxième texte, ça formait un ensemble parfait... La syntaxe est très réussie, ça rend très bien la personnalité du collectionisateur...

J'aime particulierement les "ça arrive, ça arrive" qui émaillent ses réflexions ^^

Bon, sinon, dans le dernier texte, j'aime bien quand même Monsieur Temps et ce qui tourne autour:
Citer
Passé, présent, futur ? Seraient-ils vraiment si différents, par delà leur dénomination ? Ils sont tous les facettes d’un même Monsieur, prisonniers de ce que l’on pense d’eux – les pauvres ! La montre, insatiable gardienne, n’est pourtant pas réellement mauvaise. Comment pourrait-elle savoir, elle, qu’agiter ses aiguilles est plus qu’un simple passe-temps ?
:)

Y aura-t-il encore une suite, en suivant les pérégrinations (j'ai toujours adoré ce mot) du Fou?
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Re : P'tites histoires
« Réponse #8 le: 06 Juin 2008 à 18:19:25 »
En fait, je viens de remarquer qu'il y a effectivement un autre texte. Mais j'avoue ne pas trop l'aimer. Normalement, j'avais prévu d'en écrire d'autres entre La montre et Monsieur Temps et celui que j'ai ... mais je ne l'ai finalement pas fait. Jpeux le poster, mais bon.  Je l'ai écrit il y a un an et ... il est loin de faire parti de mes préférés. Vous pouvez dire ce que vous en pensez  :)

*******************

Et le tonnerre grondait

Les éclairs, traînées de lumière, perçaient le ciel. Leurs corps acérés démantelaient la voûte céleste et formaient des chemins éphémères, s’accrochant un instant au plancher des mortels pour disparaître aussitôt. Nul ne les empruntait ; mais si jamais quelqu’un avait tenté l’escalade – dans un effort insensé pour atteindre les cieux ? – il aurait été poursuivi et démembré par le tonnerre grondant, gardien éternel des éclairs d’argent.
La plaine, déserte, ondulait sous le souffle du vent ; ce même vent qui chassait les nuages vers quelque lieu inconnu. Et des nuages, il y en avait ! Le ciel en était plein, des gros nuages grondants, qu’on apercevait à peine dans le noir de la nuit, et qui interdisaient aux gardiennes étoilées de surveiller la Terre. Mais par moment, les éclairs illuminaient les moutons du ciel. Ils prenaient vie alors, on les imaginait même jouer entre eux, se chamailler, faire des clins d’œil aux astres.
Et puis la plaine ne fut plus seule. Un promeneur était venu lui tenir compagnie ; était-il inconscient, ou peut-être téméraire ? Cependant l’inquiétude n’assombrissait nullement son fin visage. Son costume était détrempé par la pluie, décoloré – les couleurs avaient coulées, sous la pluie tous les bouffons sont gris. Il n’en paraissait pas malheureux pour autant. Son costume l’avait abandonné ? Eh bien ! Il se suffirait à lui-même. Ne lui resterait-il que la couleur rousse de ses cheveux, il s’en contenterait.
Un éclair, énervé par cet intrus, tenta de le faire fuir – ou, pis encore, pourquoi ne le transformerait-il pas en cendres ? La flèche d’argent tomba, tomba donc, tout droit sur le petit impertinent. Mais le Fou, amusé, esquiva d’un pas danseur. Il ne se laissait plus faire. Et il était là dans un but bien précis. Alors que l’éclair coléreux se dissipait en maugréant, le Fou retira de son poignet une belle montre dont les aiguilles d’argent tournaient inlassablement. Elles étaient faites comme les éclairs, ces aiguilles, à la différence qu’elles ne menaient nul part – n’était que boucle infernale. Quelques nuages curieux s’attroupèrent au-dessus du Fou pour observer ce qu’il faisait. Ce dernier, pour la première fois hésitant, regarda la montre. Mais il avait promis.
Alors il tendit le bras, la montre au bout des doigts, et implora le ciel de lui accorder un vœu. Ce n’était pas grand chose, et même pas pour lui ! Ne pouvait-il avoir cette faveur ?
Les cieux tinrent conciliabules. Ils n’étaient pas tous d’accord, cependant …
Quelques éclairs se décidèrent. Ils s’amalgamèrent en un gigantesque arc étincelant et visèrent avec précision. Ils n’auraient qu’un seul essai.
La grande flèche lumineuse se lança, écarta les nuages sur son chemin, et percuta la montre dans un grand éclat aveuglant. Le Fou, ébloui, ferma les yeux. Lorsqu’il les rouvrit enfin, le Temps était parti.
Le chemin des éclairs lui avait permis de s’échapper de la montre. Il l’avait quittée, avec regret presque, car il avait appris à l’apprécier, mais il n’aimait pas vivre enfermé. Plus rapide que le tonnerre, le Temps avait volé, volé tout là-haut, surpassant les nuages et s’étirant partout, libre enfin !
L’orage se calma, il était fatigué.
Le Fou, tout à la fois heureux d’avoir rendu le monde à son ami et triste d’avoir perdu un compagnon, remit la montre à son poignet. Finalement, les éclairs n’avaient pas exaucés tous ses souhaits …
Puis il regarda plus attentivement la montre coquette.
Oui, c’était là ! Il n’avait pas fait attention jusqu’alors, tout chagriné qu’il était, mais … il restait un Petit Monsieur Temps ! La Montre n’était pas seule, mais le Temps avait tout de même été libéré. Tout allait bien ! Ensemble, ils pourraient continuer à chasser l’aventure.
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Re : P'tites histoires
« Réponse #9 le: 28 Juin 2008 à 21:19:57 »


J'adore les deux premières, et j'aime pas mal les deux suivantes ^^

Y a une faute que j'arrive plus à retrouver, "les couleurs avaient coulé" au lieu de "coulées".

Sinon, j'aime beaucoup ce ton enfantin, les répétitions "il le voulait voulait voulait", les énumérations de tout ce qu'il collectionnise... j'le préfère même au personnage du Fou ;) peut-être un peu trop inspiré ?

En fait, c'est le style que j'adore. C'aurait pu être plat, mais non. Bien joué ! avec tous les petits détails et le ton étrange sur lequel les histoires sont racontées, on a tes textes bien en mémoire et... enfin bref, j'ai beaucoup aimééé :P
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Re : P'tites histoires
« Réponse #10 le: 29 Juin 2008 à 01:37:17 »
j'ai bien aimé :)
c'est un thème sympa que tu développes très bien et j'aime bien les titres aussi

il y a une suite ? ^^

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Re : P'tites histoires
« Réponse #11 le: 29 Juin 2008 à 01:42:50 »
Euh ... pas de suite pour l'instant  :-° Mais je verrais, peut-être ... Vu que ces personnages ont l'air de plaire  ^^ Merci !
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Re : P'tites histoires
« Réponse #12 le: 14 Juillet 2008 à 14:33:20 »
Depusi le temps que je veux poster un commentaire ici, je m'y mets !

La montre et monsieur temps --> J'ai moins aimé que les autres, je l'ai trouvée un peu moins mignonne... Mais j'aime bien quand même ! C'est juste à titre de comparaison.

Et le tonnerre grondait -->
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Leurs corps acérés démantelaient la voûte céleste

J'aime beaucoup 'démanteler' ici, je sais pas pourquoi ! J'aime aussi beaucoup les "moutons du ciel", et... non, en fait j'aime beaucoup ce premier paragraphe !
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Et puis la plaine ne fut plus seule.
Oh, c'est joli, ça ! En fait, je vais arrêter de relever ce que j'aime, sinon j'arriverai jamais à la fin du texte XD

J'aime beaucoup cette dernière histoire ! C'est mignon, et joli, et plein d'invention, et original, et j'adore !

Une autre, une autre, une autre !


Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Milora

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Re : P'tites histoires
« Réponse #13 le: 05 Mars 2009 à 15:53:55 »
"nul part" --> "nulle part" (4è histoire)

A part ça, j'ai relu les 4 d'affilée cette fois, et... rha, j'aime toujours autant ! C'est un peu bête de les distinguer, mais si je devais les classer par ordre de préférence, ce serait : 2, 4, 1, 3 ^^ Je crois que je préfère le collectionisateur au Fou, en fait, mais j'aime bien les deux, et le ton, et l'originalité de l'histoire, et... heu. Tout, lol
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Lilou

  • Invité
Re : P'tites histoires
« Réponse #14 le: 08 Mars 2009 à 14:13:00 »
En début de lecture on se demande où elle va nous mener, puis on s'attache à elle, on est pris dans le mouvement du récit très bien écrit, qui plus est original et très visuel.

Sans doute y a-t-il quelques petites erreurs (encore que!) mais j'avoue que j'ai lu d'un trait chacune de ces petites histoires sans me poser de questions. J'ai accroché et c'est cela le plus important. :)
Mes préférées par ordre : 1 - 4 - 2 - 3

Lilou

 


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