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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'homme qui n'allait nulle part

Auteur Sujet: L'homme qui n'allait nulle part  (Lu 2394 fois)

Hors ligne Extrudation

  • Plumelette
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L'homme qui n'allait nulle part
« le: 27 Décembre 2011 à 01:33:02 »
Voilà un petit texte sans prétention dans un style assez dépouillé et très métaphorique (peut être trop). Je l'ai écris sur un coup de tête et certaines formules ne sont pas très heureuse (répétition de "peut être" sur l'avant dernière phrase par exemple) mais je rechigne à le corriger par peur de lui enlever un peu de sa spontanéité (il n'a pas vocation à être un grand texte de toute manière).




Il existait un homme qui marchait sans but. Silhouette énigmatique que l'on pouvait apercevoir à l'occasion au détour d'un chemin. Malgré cette aura de mystère qui accompagnait chacun de ses pas il répondait bien volontiers aux questions tant que cela ne l'entravait pas dans sa marche. Mais au lieu d'éclairer les intentions de cet étrange marcheur ses réponses ne faisaient que renforcer le trouble qu'avait les gens. Lorsqu'on lui demandait où il allait il répondait qu'il n'allait nulle part en particulier. Et quand l'on s'étonnait d'une telle chose et qu'on l'interrogeait sur les raisons qui pouvaient bien le pousser à faire cela il se contentait de dire qu'il allait nulle part pour marcher. Il laissait derrière lui des quidams perplexes et désorientés par son discours en apparence contradictoire et absurde.

Un jour tandis qu'il errait aux environs d'un monastère un prêtre vint à sa rencontre. D'abord surpris par la destination de cet homme le prêtre passa facilement de la métaphore de l'ouaille perdue à la recherche de son berger à la situation concrète du marcheur. Non sans quelques velléités commerciales le prêtre proposa à l'homme les lumières de la foi pour éclairer son chemin et lui apporter la Destination qu'il avait toujours cherché : l'amour de Dieu. Mais le marcheur lui répondit simplement qu'il connaissait déjà sa destination. Mais aller nulle part n'est pas une destination s'écria alors le prêtre. Le marcheur détacha alors son regard du lointain pour regarder le prêtre et lui dire en souriant : le meilleur moyen d'atteindre une cible qui n'existe pas est de viser à côté. Le prêtre ne se laissa pas démonter et rétorqua alors qu'il ne toucherait jamais son but et que finalement son voyage n'avait aucune finalité réelle quoiqu'il puisse dire. Le marcheur murmura la chose suivante :  regardez l'horizon, il fixe le regard, l’accapare. Il est le toujours visible que l'on ne peut jamais atteindre. Mais si jamais vous choisissez de rejoindre cet au-delà que cache l'horizon que vous ne pouvez voir et qui peut être n'existe pas peut être aurez-vous plus de chance d'arriver à cette destination inconnue que le pauvre fou qui veut rattraper l'horizon. Mon voyage n'est pas sans finalité, il est juste sans fin...
Par moi l’on va dans la cité des pleurs ; par moi l’on va dans l’éternelle douleur ; par moi l’on va chez la race perdue. La Justice mut mon souverain Auteur : la divine Puissance, la suprême Sagesse et le premier Amour me firent.

Hors ligne Ulrik Krizt

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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #1 le: 28 Décembre 2011 à 20:14:03 »
J'ai bien aimé; c'est court, mais ça fait réfléchir. La première phrase du texte m'a bien fait sourire ! :)
J'ajouterais quelques virgules, ici et là, pour aider la lecture.

Citer
Il existait un homme qui marchait sans but. Silhouette énigmatique que l'on pouvait apercevoir à l'occasion au détour d'un chemin. Malgré cette aura de mystère qui accompagnait chacun de ses pas, il répondait bien volontiers aux questions tant que cela ne l'entravait pas dans sa marche. Mais au lieu d'éclairer les intentions de cet étrange marcheur, ses réponses ne faisaient que renforcer le trouble qu'avait les gens. Lorsqu'on lui demandait où il allait, il répondait qu'il n'allait nulle part en particulier. Et quand l'on s'étonnait d'une telle chose et qu'on l'interrogeait sur les raisons qui pouvaient bien le pousser à faire cela, il se contentait de dire qu'il allait nulle part pour marcher. Il laissait derrière lui des quidams perplexes et désorientés par son discours en apparence contradictoire et absurde.

Un jour tandis qu'il errait aux environs d'un monastère un prêtre vint à sa rencontre. D'abord surpris par la destination de cet homme le prêtre passa facilement de la métaphore de l'ouaille perdue à la recherche de son berger à la situation concrète du marcheur. Non sans quelques velléités commerciales le prêtre proposa à l'homme les lumières de la foi pour éclairer son chemin et lui apporter la Destination qu'il avait toujours cherchée [?] : l'amour de Dieu. Mais le marcheur lui répondit simplement qu'il connaissait déjà sa destination. Mais aller nulle part n'est pas une destination s'écria alors le prêtre. Le marcheur détacha alors son regard du lointain pour regarder le prêtre et lui dire en souriant : le meilleur moyen d'atteindre une cible qui n'existe pas est de viser à côté. Le prêtre ne se laissa pas démonter et rétorqua alors qu'il ne toucherait jamais son but et que finalement son voyage n'avait aucune finalité réelle quoiqu'il puisse dire. Le marcheur murmura la chose suivante :  regardez l'horizon, il fixe le regard, l’accapare. Il est le toujours visible que l'on ne peut jamais atteindre. Mais si jamais vous choisissez de rejoindre cet au-delà que cache l'horizon que vous ne pouvez voir et qui peut être n'existe pas peut être aurez-vous plus de chance d'arriver à cette destination inconnue que le pauvre fou qui veut rattraper l'horizon. Mon voyage n'est pas sans finalité, il est juste sans fin...
« Modifié: 28 Décembre 2011 à 20:20:13 par Ulrik Krizt »
J’aime passionnément le mystère, parce que j’ai toujours l’espoir de le débrouiller. - Charles Baudelaire

LadyPlume

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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #2 le: 28 Décembre 2011 à 22:26:25 »
J'aime bien l'ambiance conte philosophique. C'est court, mais ça n'en demande pas plus, et la dernière phrase est bien trouvée.

Un bémol cependant (totalement subjectif mais bon) :

Citer
Non sans quelques velléités commerciales

Je trouve que ce passage déteint par rapport au reste, enfin je saurai pas l'expliquer, mais je crois que c'est le mot "commerciales" qui me parait trop terre-à-terre pour le choix de narration que t'as fait.

Hors ligne ernya

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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #3 le: 29 Décembre 2011 à 11:36:42 »

Citer
Malgré cette aura de mystère qui accompagnait chacun de ses pas il répondait bien volontiers aux questions tant que cela ne l'entravait pas dans sa marche.
je trouve le "malgré" maladroit, disons que je ne vois pas bien en quoi il y a contradiction

Citer
Mais au lieu d'éclairer les intentions de cet étrange marcheur ses réponses ne faisaient que renforcer le trouble qu'avait les gens. Lorsqu'on lui demandait où il allait il répondait qu'il n'allait nulle part en particulier.
quelques virgules ne seraient pas de refus

Citer
Il laissait derrière lui des quidams perplexes et désorientés par son discours en apparence contradictoire et absurde.
présenté ainsi je vois pas du tout en quoi c'est contradictoire, ni absurde. Ca s'appelle errer tout simplement. C'est pas si incompréhensible que ça.

Citer
Un jour tandis qu'il errait aux environs d'un monastère un prêtre vint à sa rencontre.
virgules !

Citer
Non sans quelques velléités commerciales le prêtre proposa à l'homme les lumières de la foi pour éclairer son chemin et lui apporter la Destination qu'il avait toujours cherché : l'amour de Dieu.
pourquoi commerciales ?

Citer
Mon voyage n'est pas sans finalité, il est juste sans fin...
c'est personnel mais j'aime pas du tout les points de suspension

J'aime bien cette image de quelqu'un qui suit l'horizon, maintenant j'aurais aimé que t'ailles un peu plus loin peut-être. Enfin tel quel la longueur n'est pas gênante mais disons que c'est pas si extraordinaire que ça ce qu'il fait, du coup, j'aurais attendu un petit quelque chose en plus. Mais c'était une lecture fort agréable. ^^
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
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Hors ligne Zacharielle

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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #4 le: 29 Décembre 2011 à 13:23:11 »
Citer
Mais au lieu d'éclairer les intentions de cet étrange marcheur ses réponses ne faisaient que renforcer le trouble qu'avait les gens.
je trouve l'expression "le trouble qu'avait les gens" maladroite. Tu pourrais t'arrêter après "trouble", je pense.

Citer
Il laissait derrière lui des quidams perplexes et désorientés par son discours en apparence contradictoire et absurde.
ça fait beaucoup, tu pourrais alléger, peut-être arrêter à "perplexe". Absurde, ok, ça n'a pas beaucoup de sens mais je ne vois pas en quoi son discours est contradictoire par contre.

Citer
D'abord surpris par la destination de cet homme
il la connaît ? il la devine plutôt, non ?

Citer
à la situation concrète du marcheur.
la formulation est un peu creuse, non ? C'est quoi la situation concrète d'un marcheur :?

Citer
Mais aller nulle part n'est pas une destination s'écria alors le prêtre.
hihi j'aime bien cette réaction

Citer
Il est le toujours visible que l'on ne peut jamais atteindre.
cool

Citer
Mais si jamais vous choisissez de rejoindre cet au-delà que cache l'horizon que vous ne pouvez voir et qui peut être n'existe pas peut être aurez-vous plus de chance d'arriver à cette destination inconnue que le pauvre fou qui veut rattraper l'horizon.
la phrase est lourde (tu l'as vu, à cause des "peut-être" et de sa structure), comme elle est importante, je pense que tu devrais la retravailler ; un texte spontané c'est bien, un texte plus fluide, c'est mieux  :mrgreen:

Citer
Mon voyage n'est pas sans finalité, il est juste sans fin...
j'aurais mis un point : le marcheur est sûr de lui et n'a pas l'air du caractère de laisser les choses en suspension.


J'ai bien aimé tel quel, c'était simple et agréable ; j'aime bien cette idée du sans fin plutôt que sans finalité. A mon sens tu pourrais déborder et faire quelque chose de plus consistant, peut-être de plus incarné, moins métaphorique. L'idée est bonne, je ne sais pas trop quelle forme ça peut prendre mais tu peux t'en saisir pour un texte plus narratif, je pense que ce serait pas mal ! Enfin, c'est toi qui vois, bien sûr ! En attendant, pour ce texte-ci, tu peux peut-être alléger par quelques petites suppressions / structurer avec quelques virgules, ce sera encore plus fluide pour le lecteur. A bientôt !

Hors ligne Milora

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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #5 le: 29 Décembre 2011 à 16:28:57 »
J'ai trouvé l'idée du texte sympa mais le traitement un peu maladroit. Tes phrases sont très longues et il y a beaucoup (je dirais trop) de "que" et assimilés. Du coup on se noie un peu dedans, au lieu de se laisser porter par le ton léger du texte. Je pense que tu pourrais en effet étoffer le texte - pas forcément le rendre plus long, mais le rendre plus fluide, afin que la simplicité assez jolie de la chute produise un effet sur le lecteur. Je ne sais pas si je suis très claire...


Citer
Mais au lieu d'éclairer les intentions de cet étrange marcheur ses réponses ne faisaient que renforcer le trouble qu'avait les gens.
Virgule après marcheur + qu'avaient + ça fait deux fois "que", c'est beaucoup pour une seule phrase. Le trouve des gens, ça en élimine un, par exemple.

Citer
Et quand l'on s'étonnait d'une telle chose
Je trouve ça lourd. "Et quand on s'en étonnait" ?

Citer
D'abord surpris par la destination de cet homme
Justement, c'est plutôt une absence de destination, non ? Du coup la phrase, formulée telle quelle, m'a semblé contradictoire avec ce que tu venais de dire.

Citer
Non sans quelques velléités commerciales le prêtre proposa à l'homme les lumières de la foi pour éclairer son chemin
Lol, j'aime bien les velléités commerciales  :D

Citer
Mais le marcheur lui répondit simplement qu'il connaissait déjà sa destination. Mais aller nulle part n'est pas une destination s'écria alors le prêtre. Le marcheur détacha alors son regard du lointain pour regarder le prêtre et lui dire en souriant
ça fait deux phrases qui commencent coup sur coup par "Mais" + regard/regarder + 2 fois marcheur et deux fois prêtre. Je pense qu'il y a moyen de tourner ce passage de façon plus fluide.

Citer
Mais si jamais vous choisissez de rejoindre cet au-delà que cache l'horizon que vous ne pouvez voir et qui peut être n'existe pas peut être aurez-vous plus de chance d'arriver à cette destination inconnue que le pauvre fou qui veut rattraper l'horizon. Mon voyage n'est pas sans finalité, il est juste sans fin...
Cette phrase est super longue et bourrée de subordonnées ; il faudrait la découper, au moins par des virgules, parce qu'en plus comme c'est la dernière, elle a tendance à égarer le lecteur au lieu de porter la touche finale qu'il va emporter avec lui après la lecture du texte.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Extrudation

  • Plumelette
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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #6 le: 29 Décembre 2011 à 20:43:29 »
Je vous remercie tous pour avoir pris le temps de me lire ainsi que pour vos remarques.

Pour ce qui est le la ponctuation et des virgules, je sais que j'ai un problème avec ça, je n'en mets pas assez, voire pas du tout. J'écris en suivant ma pensée mais je pense sans virgule ^^. J'ai des efforts à faire à ce niveau la.

Pour répondre à LadyPlume à propos des velléités commerciales : cette expression contraste avec le reste mais c'est voulu de ma part. Je voulais illustrer, sur le monde humoristique, ce petit aspect "merchandising" de l'homme qui veut vendre sa foi (ce qui est compréhensible car à croire que l'on connait la vérité on voudrait en faire profiter tout le monde je pense).

Pour répondre à ernya en ce qui concerne l'aspect contradictoire et absurde du marcheur. Tout d'abord il est important de noter qu'il s'agit du jugement des "gens" et non pas du marcheur (il ne se trouve pas contradictoire quand même !(absurde je dis pas)). En quoi cela est contradictoire : à la première question qu'on lui pose il répond qu'il ne va pas nulle part. Puis à la seconde question concernant le pourquoi, il répond qu'il ne va nulle part pour marcher. Ses réponses sont circulaires : je fais A parce que B, pourquoi B ? parce que A. Donc dans la tête d'un croquant standard (j'ai précisé plus haut qu'il s'agissait du jugement des "gens") son discours n'a ni queue ni tête, les termes contradictoire et absurde sont à prendre dans un sens vulgaire et non pas dans leur acception logique et formelle. Une étrangeté (son voyage) sans finalité avouée (son discours circulaire) devient encore plus étrange (absurde et contradictoire pour les pécores).

Pour répondre à Zacharielle : en ce qui concerne la destination du marcheur le prêtre ne la devine pas. Il y a une petite ellipse, puisque j'ai expliqué dans le paragraphe d'avant le but du voyage, le pourquoi, etc, j'ai fait l'économie de reproduire explicitement cette phase, elle demeure tacite.
Pour ce qui est de la situation concrète : j'ai fait un parallèle dans cette phrase entre la situation métaphorique (et générique du reste) décrite, à savoir l'ouaille perdue à la recherche d'un guide, et la situation concrète (qui s'oppose donc au métaphorique) du marcheur qui, en apparence, est à la recherche d'un guide.

Enfin pour répondre à Milora sur la contradiction de la destination : en réalité il s'agit d'une contradiction sémantique mais pas formelle. La question de base concerne la destination de l'homme, on lui demande où il va, il répond qu'il ne va nulle part, il s'agit donc de sa "destination". Cela sera peut être plus clair si je parle en terme de variable, à la variable destination on associe la valeur nulle part, il y a contradiction sémantique car nulle part n'est pas une destination, mais si l'on veut parler de la valeur de notre variable destination on peut utiliser le nom de la variable (destination donc). C'est pourquoi je parle de destination et non pas d'absence de destination. Il n'y a pas de contradiction formelle mais sémantique mais cette dernière est corolaire de la réponse.

En ce qui concerne les remarques sur la forme je n'ai rien à répondre puisque j'admets que tout est justifié. Le problème c'est que si je réfléchis trop mes textes, le style universitaire me rattrape très vite. Étant à la base diplômé en philosophie (aujourd'hui j'suis dans un cursus d'informatique) j'ai tendance à devenir assez vite conceptuel et carré (j'ai fait un mémoire de philosophie analytique aussi ^^) ce qui pour le coup est pas ultra sexy. J’oscille entre deux extrêmes, une écriture très spontané pour rester dans un flux de pensée le plus neutre possible et un style pompeux, alambiqué et abstrus (de la philo quoi). Mais je me soigne !

Encore une fois merci de m'avoir lu !
Par moi l’on va dans la cité des pleurs ; par moi l’on va dans l’éternelle douleur ; par moi l’on va chez la race perdue. La Justice mut mon souverain Auteur : la divine Puissance, la suprême Sagesse et le premier Amour me firent.

Hors ligne Milora

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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #7 le: 29 Décembre 2011 à 20:52:31 »
Citer
Enfin pour répondre à Milora sur la contradiction de la destination : en réalité il s'agit d'une contradiction sémantique mais pas formelle. La question de base concerne la destination de l'homme, on lui demande où il va, il répond qu'il ne va nulle part, il s'agit donc de sa "destination". Cela sera peut être plus clair si je parle en terme de variable, à la variable destination on associe la valeur nulle part, il y a contradiction sémantique car nulle part n'est pas une destination, mais si l'on veut parler de la valeur de notre variable destination on peut utiliser le nom de la variable (destination donc). C'est pourquoi je parle de destination et non pas d'absence de destination. Il n'y a pas de contradiction formelle mais sémantique mais cette dernière est corolaire de la réponse.
C'est pas forcément plus clair, lol, mais je comprends.
Mais, comme je te le disais : on le comprend quand on lit. C'est juste que ça sonne mal, parce que justement, tu viens d'attirer l'attention du lecteur sur le fait que le personnage n'a pas de destination. C'est un peu, d'ailleurs, le seul élément qui le caractérise (ça, et le fait qu'il marche). Alors repartir sur la tournure un peu bateau "D'abord surpris par la destination de cet homme", ça contredit l'effet créé chez le lecteur par la mise en avant du fait que (oui, cette phrase est bientôt fini) ce qui est surprenant chez l'homme c'est de ne pas avoir de destination.
Pour le coup, je ne sais pas si je suis très claire, de mon côté  :D

Citer
En ce qui concerne les remarques sur la forme je n'ai rien à répondre puisque j'admets que tout est justifié. Le problème c'est que si je réfléchis trop mes textes, le style universitaire me rattrape très vite. Étant à la base diplômé en philosophie (aujourd'hui j'suis dans un cursus d'informatique) j'ai tendance à devenir assez vite conceptuel et carré (j'ai fait un mémoire de philosophie analytique aussi ^^) ce qui pour le coup est pas ultra sexy. J’oscille entre deux extrêmes, une écriture très spontané pour rester dans un flux de pensée le plus neutre possible et un style pompeux, alambiqué et abstrus (de la philo quoi). Mais je me soigne !
Si ça peut te rassurer, je ne trouve pas que ce texte fasse carré ni universitaire. Juste un peu lourd par endroits avec la profusion de "qui/que".
Pour le fait de trop réfléchir, dans ce cas, peut-être que tu pourrais laisser de côté le texte un moment ? Un long moment, le temps de l'oublier partiellement ; et quand tu le reprendras, avec des yeux plus neufs, tu arriveras à l'alléger ?
Et pour le style universitaire... Tu m'apprends ?  :noange: A moi on m'a dit "On ne veut pas écrire des phrases comme ça quand on fait une thèse"  :'( :'(
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

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  • Plumelette
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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #8 le: 29 Décembre 2011 à 22:45:50 »
Citer
Si ça peut te rassurer, je ne trouve pas que ce texte fasse carré ni universitaire. Juste un peu lourd par endroits avec la profusion de "qui/que".
Pour le fait de trop réfléchir, dans ce cas, peut-être que tu pourrais laisser de côté le texte un moment ? Un long moment, le temps de l'oublier partiellement ; et quand tu le reprendras, avec des yeux plus neufs, tu arriveras à l'alléger ?
Et pour le style universitaire... Tu m'apprends ?  :noange: A moi on m'a dit "On ne veut pas écrire des phrases comme ça quand on fait une thèse"  :'( :'(

Pour le coup ce texte n'a effectivement rien d'universitaire puisque je l'ai écrit comme il me venait (et ça se voit). Sinon ce que j'appelle style universitaire, dans mon cas, est plus une méthodologie spécifique (avec le vocabulaire associé évidement) qu'à proprement parlé un style. Après mon "style" universitaire je peux te l'apprendre, tu vas voir ton directeur de recherche et tu lui dis "peut être que vous êtes reconnu internationalement et que vous bossez sur le sujet depuis 20 ans mais moi j'suis pas d'accord avec vous :)". Effet garanti ! (enfin avec mon directeur de recherche qui aimait se faire mousser et vendre ses bouquins ça a bien marché)
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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #9 le: 29 Décembre 2011 à 23:08:18 »
Citer
Malgré cette aura de mystère qui accompagnait chacun de ses pas il répondait bien volontiers aux questions
En général j'aime pas qu'on me dise qu'une aura de mystère enveloppe quelqu'un.
Je préfère le ressentir moi-même.
Autrement dit, faudrait l'envelopper un peu mieux dans son habit d'énigme, ton bonhomme, pour que cette expression se justifie tout à fait.
Citer
qu'avait les gens.
les gens y sont pas tous seuls. Bref, "qu'avaient"
Citer
qu'il n'allait nulle part en particulier.
Je trouve que "en particulier" est en trop.
Citer
qu'il allait nulle part pour marcher.
Le français et sa charmante double négation : qu'il n'avait nulle part
Citer
des quidams perplexes
J'aime pas quidam. Je trouve que ça fait trop oral.
Citer
par la destination de cet homme
j'aurais plutôt mis par "l'absence de destination". Parce que nulle part c'est pas ce qu'on peut qualifier de destination. Non ? (en lisant la suite, bon, ça colle avec ton idée, mais franchement je pense qu'il faudrait présenter ça autrement pour que ça colle mieux et que ça gêne moins)
Citer
Citer
le prêtre passa facilement de la métaphore de l'ouaille perdue à la recherche de son berger à la situation concrète du marcheur.
J'ai pas suivi ton idée.
Citer
la Destination qu'il avait toujours cherché
la destination c'est une fille, alors cherchée (le cod est avant le verbe donc on accorde dans ce cas là avec l'auxiliaire avoir)
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Destination qu'il avait toujours cherché : l'amour de Dieu. Mais le marcheur lui répondit simplement qu'il connaissait déjà sa destination. Mais aller nulle part n'est pas une destination
répétition destination/destination/destination, c'est lourd.
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qui peut être n'existe pas peut être aurez-vous plus
double peut-être, aller, hop !
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Mon voyage n'est pas sans finalité, il est juste sans fin...
Mouais, pour une morale philosophique, ça fait doucement rigoler quand même. 

En fait, je sais pas trop quoi dire. J'ai pas vraiment pigé où tu voulais nous amener, est-ce que tu as un message à faire passer, ou est-ce que c'est juste que tu as trouvé une idée originale que tu as voulu développer ? J'ai pas du tout aimé la façon dont tu as employé le style indirect quand tu rapportes les dires des personnages. Je trouve aussi que c'est bof, la façon dont tu rends l'étrangeté du personnage, ça fait un peu cliché. Enfin, je suis assez perplexe, et même pour ma critique je n'arrive pas vraiment à construire quelque chose. J'ai plus un sentiment de magma, d'un brouillon, d'un bouillon même où tu as tout bazardé, et aller hop, à nous de lire. Y'en a qu'ont bien aimé, moi j'ai trouvé ça trop flou et imprécis pour apprécier.
Moi je pense qu'il faudrait clarifier et retravailler le tout. Désolée.
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Extrudation

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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #10 le: 29 Décembre 2011 à 23:45:52 »
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Mouais, pour une morale philosophique, ça fait doucement rigoler quand même. 

Je n'ai jamais dit que ce texte avait une morale, encore moins philosophique (d'ailleurs le terme "morale philosophique" est extrêmement étrange je trouve). Comme je le précise au début c'est un texte métaphorique, de plus ce n'est pas parce que j'suis diplômé en philosophie que tous ce que je fais est philosophique. Après j'avoue que ce n'est pas un texte ultra clair mais il n'avait pas vocation à l'être.
Sinon pour tes autres remarques : la double négation en français je connais mais c'est juste que l'oublie du "n" se justifie au niveau du sens global de la phrase (après c'est peut être un peu tordu de ma part). Quant à certaines remarques j'y ai déjà répondu dans mon post précédent.

Je voudrais savoir pourquoi tu dis "désolée" à la fin de ton message ? Si on commence à s'excuser parce qu'on n'aime pas quelque chose on n'a pas fini ^^.
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Re : Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #11 le: 29 Décembre 2011 à 23:59:05 »

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Pour répondre à ernya en ce qui concerne l'aspect contradictoire et absurde du marcheur. Tout d'abord il est important de noter qu'il s'agit du jugement des "gens" et non pas du marcheur (il ne se trouve pas contradictoire quand même !(absurde je dis pas)). En quoi cela est contradictoire : à la première question qu'on lui pose il répond qu'il ne va pas nulle part. Puis à la seconde question concernant le pourquoi, il répond qu'il ne va nulle part pour marcher. Ses réponses sont circulaires : je fais A parce que B, pourquoi B ? parce que A. Donc dans la tête d'un croquant standard (j'ai précisé plus haut qu'il s'agissait du jugement des "gens") son discours n'a ni queue ni tête, les termes contradictoire et absurde sont à prendre dans un sens vulgaire et non pas dans leur acception logique et formelle. Une étrangeté (son voyage) sans finalité avouée (son discours circulaire) devient encore plus étrange (absurde et contradictoire pour les pécores).
ouais, je suis pas vraiment convaincue. Je trouve toujours pas ça contradictoire. Absurde, oui, comme la volonté d'atteindre un nulle part l'est. Mais pas contradictoire. Aller nulle part pour marcher, je vois pas en quoi c'est contradictoire. Bref. Ce qui me gêne aussi c'est cette volonté de présenter les autres, les "gens" comme tu dis comme un groupe bête comme ses pieds. Je trouve ça un peu facile de présenter ton marcheur comme une sorte de gars qui voit plus loin que tous les autres.
Mais bon je vais pas épiloguer dessus pendant 20 ans^^

Juste une dernière chose qui me laisse perplexe. Tu dis que ton texte est métaphorique. Moi j'ai pas vu de métaphore.  ???
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
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  • Prophète
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Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #12 le: 30 Décembre 2011 à 22:12:29 »
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Si on commence à s'excuser parce qu'on n'aime pas quelque chose on n'a pas fini
Des fois on me reproche mes critiques alors je préfère m'excuser d'avance  :mrgreen:
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

jake07

  • Invité
Re : L'homme qui n'allait nulle part
« Réponse #13 le: 31 Décembre 2011 à 19:15:16 »
Mon avis est partagé. J'ai relativement bien aimé parce que ça se lit plutôt agréablement mais le côté "parabole biblique" inversée m'a moyennement convaincu.

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Non sans quelques velléités commerciales le prêtre proposa à l'homme les lumières de la foi

Le mot "commerciales" n'est peut-être pas le plus approprié. J'ai bien saisi que c'était fait exprès, mais ça ne passe pas tellement. Un autre mot, peut-être un peu plus malicieux et tout aussi décalé aurait bien pu faire l'affaire, mais c'est que mon avis ^^

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Le prêtre ne se laissa pas démonter et rétorqua alors qu'il ne toucherait jamais son but et que finalement son voyage n'avait aucune finalité réelle

Pourquoi pas, mais le prêtre est trop tiré du côté "buté". Au final, il n'est pas tellement crédible, je trouve. On est face à un prêtre un peu étrange qui semble ne pas comprendre l'intérêt d'un voyage, ce qui pourrait se comprendre, mais il parait trop pragmatique. C'était peut-être l'effet voulu tu me diras, mais du coup on pense plus à un prêtre un peu décadent qu'à un prêtre "lambda". Du coup, l'homme "prêtre" est critiqué mais c'est écrit comme si c'était sa foi.

 


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