Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

13 Mai 2026 à 00:55:11
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Michka

Auteur Sujet: Michka  (Lu 3131 fois)

Hors ligne Suzychou

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Michka
« le: 19 Décembre 2011 à 02:07:43 »
Alors voilà, je poste mon premier texte, écrit très vite il y a 3 jours, sur une idée qui m'était venue la veille. C'est une petite nouvelle sans prétention, mais comme c'est le premier texte que je termine, j'en suis presque fière.  :-[ Mon école organise un petit concours de nouvelles pour le mois de février, et je me suis dit que je l'enverrais, s'il est assez bon d'ici là.

Deux petites choses:
- Le titre est temporaire et il manque complétement d'originalité. Appel à vos idées!
- En ce qui concerne la chute, j'ai deux versions différentes (même principe mais de deux points de vue différents). Je vais poster les deux, celle que je mets en premier est celle qui me semble la plus soudaine, et donc la meilleure. Dites moi laquelle vous préférez.

C'est la toute première fois que je fais lire quelque chose que j'ai écrit donc n'hésitez pas à me dire si c'est vraiment mauvais (mais si vous aimez dites le aussi hein!  :P)

Allez c'est parti (fiou j'ai le trac!)

Edit: Une version 2 est dispo dans la suite du sujet



     La fenêtre était ouverte, comme elle s’y attendait. Elle jeta un regard rapide autour d’elle, constata que la rue
était déserte, à peine éclairée par le vieux lampadaire faiblissant et la lumière diffuse des étoiles. Sans perdre de
temps, elle se hissa à l’intérieur et retomba souplement sur la moquette. Elle prêta l’oreille. Le calme était total
dans la maison. Seul le ronronnement du climatiseur lui parvenait, un peu plus loin sur sa gauche. La température,
bien que caniculaire depuis près de trois semaines, avait un peu baissé à la tombée de la nuit, et la climatisation
conférait à la maison du 28 une atmosphère supportable. Tant mieux ! Manquerait plus qu’il crève tranquillement
de chaud, ce salopard !
Elle reprit sa progression vers le hall d’entrée où se trouvait l’escalier menant à l’étage. Alors
qu’elle parvenait à la première marche, un reflet hésitant la fit se retourner. Posée contre le mur, près de la porte,
elle vit la pelle dont il s’était servi, encore maculée de terre humide. Elle dut fermer les yeux pour accueillir la
bouffée de haine et de chagrin mêlés qui l’envahit instantanément.


     Elle revit le corps de Mikhaïl, Michka comme tout le monde préférait l’appeler, étendu sur la route, du sang
coulant lentement de son crâne broyé, formant de petites rivières sombres sur la chaussée. Elle revit le vieux salopard,
descendant de sa voiture, contemplant d’un air effaré le cadavre qui gisait près de la portière. Il était resté ainsi
un moment, sans bouger, puis son air incrédule avait cédé la place à la panique. Il avait tourné un moment sur
lui-même, comme devenu fou, était remonté dans la voiture pour en descendre aussitôt, puis s’était arrêté net. Il
avait pris une décision. Dans un effort immense, il avait tiré plus que porté le corps sans vie de Michka — Michka,
son seul et unique amour
— dans le coffre de sa vieille Renault 20, presque aussi rouillée que lui, avant de refermer le hayon.
A la fin de l’opération, il avait dû s’immobiliser un instant, pour reprendre son souffle, et son horrible respiration
sifflante, due à son emphysème, était parvenu jusqu’à elle, tandis qu’elle regardait par la fenêtre du numéro 22,
complétement pétrifiée et sans forces, se refusant à croire ce qu’elle voyait.
     C’est seulement lorsqu’il était remonté en voiture qu’elle avait fini par sortir de l’état presque léthargique dans
lequel elle était tombée, en contemplant le meurtre de celui qui avait toujours été une ancre pour elle, solide et
inébranlable jusqu’à ce qu’un vieux gâteux myope mette un terme à son règne, le renversant juste devant ses yeux.
Elle s’était alors précipitée dehors et s’était mise à courir derrière la voiture, sans penser à rien d’autre qu’à rattraper
le chauffard, et à le punir, à le faire souffrir, dusse-t-elle pour cela lui arracher le coeur de ses dents. La voiture était
arrêtée au niveau de chez le vieux, au numéro 28, et il venait de jeter un objet long et sombre, une pelle pensa-t-elle
avec effroi, sur le siège arrière. Il ne l’avait pas vue et était reparti au moment où elle passait en trombe devant le
petit jardin du 26. Elle avait tenté de toutes ses forces de le rattraper, courant jusqu’à sentir sa poitrine brûler à
chaque enjambée, mais n’avait eu que le temps de le voir tourner vers le petit chemin de terre qui montait vers le
bois.
     Elle avait erré pendant un quart d’heure, cherchant désespérément le moindre signe de la voiture, puis, alors
qu’elle s’approchait d’un croisement, elle l’avait vue passer à quelques mètres d’elle, débouchant d’un étroit sentier.
Elle avait hésité quelques secondes à la suivre mais s’était finalement dirigée vers le sentier, sa marche rendue
difficile par l’appréhension qui grandissait en elle. Et puis elle avait vu le carré de terre fraîchement remuée, à un ou
deux mètres des marques laissées par les pneus de la Renault, et la vérité s’était imposée à elle, froide et tranchante
comme la lame d’un couteau. Avec un long gémissement, elle s’était laissée choir sur la tombe, hurlant son désespoir,
mordant la terre humide, se sentant devenir de plus en plus vide, comme si un énorme trou noir quelque part dans
sa poitrine aspirait sa vie petit à petit. Et brutalement, ce vide s’était rempli. Elle avait senti une énergie sombre
l’envahir toute entière, secouant son corps engourdi, pulsant dans sa tête, dans chacun de ses membres. Il devait
payer.
Ce monstre, ce porc, devait payer pour sa douleur. Donnant une dernière caresse à la terre froide qui abritait
désormais son coeur, elle s’était levée et avait repris le chemin de sa rue.


     Michka, mon amour. . . Elle repensa à leurs jeux d’enfants, lorsqu’ils étaient encore tout jeunes, à leurs caresses,
à ces moments si précieux et si doux, le soir, lorsqu’ils se recroquevillaient l’un contre l’autre pour s’endormir
ensemble. Elle vacilla, prise dans un étau de tristesse froide puis elle secoua la tête, s’ébrouant presque comme
un chien, pour chasser ces pensées. Il fallait qu’elle se concentre et qu’elle finisse ce qu’elle était venue faire. Elle
gravit les marches, se dirigea droit vers la première porte de gauche, et l’entrouvrit doucement. Il était tout proche.
Elle entendait sa respiration sifflante. Elle voyait la peau jaunâtre et parcheminée de sa main, qui pendait hors
du lit. Elle sentait même son odeur écoeurante, l’odeur de la vieillesse, mélange de pourriture, de médicaments et
d’urine. A nouveau, une bouffée de haine la submergea, et elle faillit se jeter sur lui. Elle se maîtrisa cependant.
S’il se réveillait, elle n’aurait aucune chance d’arriver à ses fins. Si elle continuait selon son plan, personne ne la
soupçonnerait jamais. Pour tous ceux qu’elle connaissait, elle était l’innocence incarnée, douce et inoffensive. Cela
tenait peut-être à sa manière de marcher, à l’ondulation lente et paresseuse de ses hanches, ou bien à ses immenses
yeux en amande. D’un vert intense et apaisant, ils semblaient parfois briller d’une lueur hypnotisante. Il était rare
que les gens qu’elle croisait ne s’arrêtent pas pour la contempler, s’extasiant devant sa grâce et sa beauté. Maman
elle-même, qui la connaissait si bien, ne se lassait pas de lui répéter comme elle était jolie.
     Maman. . . Lucie, de son nom de baptême, 56 ans et toujours radieuse. Comment réagirait-elle quand elle apprendrait
ce qui était arrivé à son bébé ? Elle s’était occupée d’eux, Michka et elle, depuis leur plus jeune âge,
lorsqu’elle les avait recueillis dans le terrain vague où ils passaient la nuit, transis de froid malgré le vieux carton
qui leur servait de lit. Depuis, ils vivaient avec elle et ne la connaissaient plus que sous le nom de Maman. Et dire
que l’affreux porc qui dormait tout près essayait sans relâche de la séduire depuis qu’ils avaient emménagés tous
les trois au numéro 22. Comment comptait-il expliquer à Maman ce qu’il avait fait, maintenant que celle-ci avait
accepté de déjeuner avec lui, le samedi suivant ? Question idiote. Il n’allait rien expliquer du tout. Peut-être même
pensait-il profiter de sa détresse, ce sale assassin. Lui raconter une fable dans laquelle Michka était tout simplement
parti vivre une vie plus stimulante ailleurs, les laissant là, elle et Maman, pour découvrir d’autres horizons. Il aurait
peut-être invoqué la fougue de la jeunesse, le besoin d’indépendance. . . Et le monstre en aurait profité pour réconforter
Maman, s’insinuant dans ses bonnes grâces par ses mensonges hypocrites, s’installant dans leur vie à toutes
les deux. Elle sentit la nausée la prendre à cette idée. Mais cela n’arriverait pas. Elle allait achever sa vengeance,
puis elle retrouverait Maman, et elles pourraient alors toutes les deux se laisser aller à leur chagrin, ensemble.
     Elle se rapprocha du lit. Elle savait comment s’y prendre. Les soirées du vendredi qu’elle passait à regarder
NCIS, assise sur le canapé, Maman au milieu, elle d’un côté et Michka de l’autre, lui avait enseigné toutes sortes
de techniques utiles. Elle prit son élan et d’un bond se retrouva sur la poitrine du monstre. Elle pesa de tout son
poids tandis que celui-ci, réveillé en sursaut se débattait pour la repousser, sans comprendre ce qui venait de lui
tomber dessus. Et elle s’agrippa de toutes ses forces, griffant au passage le cou du vieil homme, faisant perler une
unique goutte de sang qui s’écoula lentement vers sa chemise de nuit. Elle pesait de plus en plus fort sur la poitrine
fatiguée du monstre, qui s’essoufflait. Il sifflait de plus en plus, luttant pour reprendre sa respiration, la poitrine
comprimée. Puis, peu à peu, il s’affaiblit, et doucement, à bout de forces, il lâcha prise. Et alors qu’il rendait son
dernier soupir, un filet de bave dégoulinant sur le menton, elle se prit presque à ronronner.


    Lucie se réveilla en entendant le petit claquement sec de la chatière. Elle alluma la lampe de chevet et se leva
précautionneusement, dans l’intention de descendre à la cuisine pour se servir un verre de lait. En passant dans le
couloir, elle s’attarda un instant devant le grand miroir, et le reflet qu’il lui renvoyait. Ses pattes d’oies s’étaient
encore creusées, et ses joues lui semblaient de plus en plus tombantes. Elle tenta de sourire, mais son double dans
le miroir parut se moquer d’elle. Regarde toi ma pauvre ! Comme tu as vieilli ! Tu n’es plus digne d’interêt que pour
les vieux croûtons, comme celui du 28.
« Oh tais-toi imbécile ! Et puis il est pas si affreux. Il a même un certain
charme ! » Elle s’interrompit, confuse, en réalisant qu’elle venait de parler à voix haute à son propre reflet — et de
lui mentir en plus. Elle soupira, puis descendit le grand escalier de hêtre, dont les marches semblaient grincer chaque
jour un peu plus, comme pour lui rappeler qu’elle avait perdu depuis longtemps la silhouette de sa jeunesse. Arrivée
à la cuisine, elle croisa Tina, sa petite chatte noire et blanche qu’elle adorait. Celle-ci se frotta à ses jambes, et
Lucie remarqua malgré son état cotonneux que son poil habituellement brillant était sale et tout ébouriffé. « D’où
tu sors comme ça, toi ? », demanda-t-elle. Tina ignora royalement la question, de cet air snob si propre aux chats,
se contentant de rejoindre son coussin, près de la télé — sans oublier au passage de se faire les griffes sur le beau
tapis blanc tout neuf — puis se roula en boule et s’endormit. Lucie haussa les épaules, but son verre de lait et reprit
le chemin de sa chambre. Ce n’est que le lendemain, en se baissant pour voir si Michka n’était pas caché sous le
canapé, qu’elle remarqua la petite goutte de sang rouge vif, laissée sur le tapis par la griffe de Tina.




Suite version 2.0 (à remplacer dans le texte à la place du dernier paragraphe (Lucie se réveilla...)):

     Parvenue chez elle, elle se dirigea droit vers la cuisine. Maman dormait encore. Elle attendrait le lendemain pour
lui apprendre la terrible nouvelle. Pour l’instant elle était affamée, et exténuée. Elle étira vers l’avant ses pattes
endolories, jouant un instant à sortir et rentrer ses griffes, appréciant comme toujours le léger bruit — chtak chtak
qu’elles produisaient. Elle s’approcha de son bol plein d’un délicieux lait frais, non sans jeter un regard malheureux
à celui de Michka, et lapa le liquide rafraîchissant jusqu’à en avoir les moustaches dégoulinantes. Rassasiée, elle
monta jusqu’à la chambre de Lucie, bondit au bout du lit, le pétrit un instant de ses pattes, puis se roula en boule
et s’endormit, triste mais vengée.



Petites précisions:
- Le texte est volontairement très court (la consigne du concours était de 2 pages max sous Word), ce qui m'a empêché de développer certains passages comme je l'aurais voulu.
- La scène du meurtre manque d'après moi de détails. Je sortais d'une cure de Stephen King et je me suis un peu bridée par peur d'aller trop loin dans la frénésie destructrice...

Merci à tous ceux qui prendront le temps de me lire  :coeur:
« Modifié: 28 Décembre 2011 à 18:16:24 par Suzychou »
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Re : Michka
« Réponse #1 le: 19 Décembre 2011 à 12:29:11 »
J'ai vraiment beaucoup aimé! Ca se lit facilement et l'histoire m'a plu. Pour la fin je préfère la première. Je trouve que le changement de point de vue ajoute encore plus à l'effet de la chute.

Manquerait plus qu’il crève tranquillement de chaud, ce salopard !
Au début ça m'a paru contradictoire, il a fallu que je relise plusieurs fois pour comprendre (je suis peut-être un peu lente à capter aussi  ><).

un reflet hésitant
J'ai trouvé ça bizarre un reflet qui hésite.

Enfin, voilà, ça m'a beaucoup plu  ;D

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Re : Michka
« Réponse #2 le: 19 Décembre 2011 à 12:38:28 »
Citer
Elle dut fermer les yeux pour accueillir la
bouffée de haine et de chagrin mêlés qui l’envahit instantanément.
je trouve cette phrase très maladroite, surtout le fait qu'elle doive fermer les yeux. Je sais pas pourquoi plein de gens veulent absolument que leurs personnages ferment les yeux pour ressentir quelque chose. D'autant plus si après c'est une vision. Au cinéma, c'est presque indispensable, dans un texte, ça passe moins, je trouve. Ou alors faudrait varier l'éternel "elle ferma les yeux / elle revit blablabla"

     
Citer
Maman. . . Lucie, de son nom de baptême, 56 ans et toujours radieuse.
euh c'est pas bizarre comme pensée ? Je veux dire, si je devais tuer quelqu'un, je vois pas pourquoi je penserais à ma mère en me disant ça. Je veux dire pourquoi tu penserais à son prénom et son âge à ce moment-là ???

 
Citer
Depuis, ils vivaient avec elle et ne la connaissaient plus que sous le nom de Maman.
ok je pige mieux, je pense que tu pourrais mieux l'introduire. Ou dire direct que c'est une mère adoptive.

Citer
Elle pesait de plus en plus fort sur la poitrine
fatiguée du monstre, qui s’essoufflait. Il sifflait de plus en plus, luttant pour reprendre sa respiration, la poitrine
comprimée. Puis, peu à peu, il s’affaiblit, et doucement, à bout de forces, il lâcha prise.
MDR, c'est comme ça les meurtres dans NCIS ? Et ben je perds vraiment rien alors, XD.
Sérieusement elle le tue en s'appuyant sur lui, c'est tout ?
(edit: c'est encore plus incongru avec la chute !)

Citer
Ce n’est que le lendemain, en se baissant pour voir si Michka n’était pas caché sous le
canapé, qu’elle remarqua la petite goutte de sang rouge vif, laissée sur le tapis par la griffe de Tina.
je pense pas que ce serait resté :mrgreen:


 SPOILERS DANS LE COMMENTAIRE

Haha, je m'attendais pas du tout à la chute ! Mais je pense que c'est normal parce qu'à part la mention de griffes à la fin, tu humanises tellement le personnage que la fin semble quelque peu aberrante. Je veux dire, l'effet de chute est bien réussi, mais la chute doit quand même plus ou moins se deviner avant ! Et comme de bout en bout tu humanises Tina (je veux bien attribuer plein de sentiments aux animaux mais faut pas non plus exagérer, surtout si c'est un chat :mrgreen:), du coup je pense que ça fonctionne pas trop-trop. Parce qu'un chat n'aura jamais de telles pensées. :-[
Pour le retravailler, je pense qu'il faudrait que tu déshumanises vraiment Tina et que tu donnes plus de petits indices sur sa nature. Et au début l'effort n'est pas "immense" du coup. :mrgreen:
Continue en tout cas !
« Modifié: 19 Décembre 2011 à 12:42:55 par ernya »
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : Michka
« Réponse #3 le: 19 Décembre 2011 à 19:07:28 »
D'abord merci à toutes les deux pour vos commentaires!  ;D

@Jase

Merci beaucoup! Je suis contente que ça t'ait plu. Pour la chute je suis d'accord, j'avais mis l'autre aussi histoire de mais j'avais déjà plus ou moins choisi la première.

Citer
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Manquerait plus qu’il crève tranquillement de chaud, ce salopard !

Au début ça m'a paru contradictoire, il a fallu que je relise plusieurs fois pour comprendre (je suis peut-être un peu lente à capter aussi  ><).
Contradictoire qu'elle veuille pas qu'il meure?

Citer
Citer
un reflet hésitant


J'ai trouvé ça bizarre un reflet qui hésite.
Je trouvais ça normal en l'écrivant mais maintenant que tu le dis....

@ernya

Citer
Citer
Elle dut fermer les yeux pour accueillir la
    bouffée de haine et de chagrin mêlés qui l’envahit instantanément.

je trouve cette phrase très maladroite, surtout le fait qu'elle doive fermer les yeux. Je sais pas pourquoi plein de gens veulent absolument que leurs personnages ferment les yeux pour ressentir quelque chose. D'autant plus si après c'est une vision. Au cinéma, c'est presque indispensable, dans un texte, ça passe moins, je trouve. Ou alors faudrait varier l'éternel "elle ferma les yeux / elle revit blablabla"
Lol c'est vrai que c'est un cliché super répandu quand on y pense, et que je me rappelle pas avoir fermé les yeux parce que j'étais en colère.  :P Je vais revoir ça.

Citer
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Maman. . . Lucie, de son nom de baptême, 56 ans et toujours radieuse.


euh c'est pas bizarre comme pensée ? Je veux dire, si je devais tuer quelqu'un, je vois pas pourquoi je penserais à ma mère en me disant ça. Je veux dire pourquoi tu penserais à son prénom et son âge à ce moment-là ???
En fait je voulais introduire le personnage et je voyais pas trop comment faire. C'est vrai que c'est assez maladroit. Je pense que je vais virer cette phrase.

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Depuis, ils vivaient avec elle et ne la connaissaient plus que sous le nom de Maman.

ok je pige mieux, je pense que tu pourrais mieux l'introduire. Ou dire direct que c'est une mère adoptive.
Ok je vais changer cette partie.

Citer
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Elle pesait de plus en plus fort sur la poitrine
    fatiguée du monstre, qui s’essoufflait. Il sifflait de plus en plus, luttant pour reprendre sa respiration, la poitrine
    comprimée. Puis, peu à peu, il s’affaiblit, et doucement, à bout de forces, il lâcha prise.


MDR, c'est comme ça les meurtres dans NCIS ? Et ben je perds vraiment rien alors, XD.
Sérieusement elle le tue en s'appuyant sur lui, c'est tout ?
(edit: c'est encore plus incongru avec la chute !)
Oui l'allusion à NCIS est vraiment inutile, au début je voulais développer mais je vais plutôt la virer.
Pour la manière dont elle le tue, en fait le truc c'est qu'avec l'emphysème t'as les voies pulmonaires réduites et qu'un appui prolongé même léger peut obstruer complètement les voies respiratoires et causer la mort par étouffement (ce que tout chat digne de ce nom doit savoir, hm hm) , enfin c'est ce que j'ai pu trouver avec des recherches sur Internet (je demanderais quand même à mon médecin la prochaine fois que j'irais). En fait maintenant je me dis que je vais peut-être plus insister sur la maladie du vieux, et remplacer NCIS par une émission médicale, histoire que ça soit plus clair.

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Ce n’est que le lendemain, en se baissant pour voir si Michka n’était pas caché sous le
    canapé, qu’elle remarqua la petite goutte de sang rouge vif, laissée sur le tapis par la griffe de Tina.

je pense pas que ce serait resté :mrgreen:
Ça à la limite c'est pas grave, on va dire que c'est une tache très tenace lol. Je vois pas comment amener la chute sinon.

Citer
SPOILERS DANS LE COMMENTAIRE

Haha, je m'attendais pas du tout à la chute ! Mais je pense que c'est normal parce qu'à part la mention de griffes à la fin, tu humanises tellement le personnage que la fin semble quelque peu aberrante. Je veux dire, l'effet de chute est bien réussi, mais la chute doit quand même plus ou moins se deviner avant ! Et comme de bout en bout tu humanises Tina (je veux bien attribuer plein de sentiments aux animaux mais faut pas non plus exagérer, surtout si c'est un chat :mrgreen:), du coup je pense que ça fonctionne pas trop-trop. Parce qu'un chat n'aura jamais de telles pensées. :-[
Pour le retravailler, je pense qu'il faudrait que tu déshumanises vraiment Tina et que tu donnes plus de petits indices sur sa nature. Et au début l'effort n'est pas "immense" du coup. :mrgreen:
Continue en tout cas !
C'est drôle que tu dises ça, la plupart des gens à qui je l'ai fait lire (c'est-à-dire mes parents mon frère et mon chéri) ont tous deviné la chute avant la fin lol. D'après eux c'était à cause des trucs comme "elle secoua la tête, s’ébrouant presque comme un chien,", "Et alors qu’il rendait son
dernier soupir, (...)elle se prit presque à ronronner.". Et aussi à cause de la petite description de Tina (les yeux verts hypnotisants et les hanches qui ondulent). Du coup je pensais même retirer certaines choses pour que la chute soit moins évidente.
Après pour les sentiments de Tina c'est vrai qu'elle a une réflexion assez humaine mais c'est voulu. J'ai un chat qui se comporte des fois de manière bizarre (<= euphémisme) et j'aime bien m'imaginer qu'il a des sentiments proches des nôtres. C'est peut-être aussi ma manière de me rapprocher un peu du fantastique.
Et l'effort immense c'est encore à cause de l'emphysème (oui il conduit et il arrive à jeter une pelle dans la voiture, mais il a du mal à porter un chat...). C'est vrai que "immense" est un peu exagéré.

Merci beaucoup pour tes conseils, je pensais avoir des critiques constructives et intéressantes en m'inscrivant ici, et je suis pas déçue  ;D
« Modifié: 19 Décembre 2011 à 19:17:30 par Suzychou »
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Re : Re : Michka
« Réponse #4 le: 19 Décembre 2011 à 19:26:11 »
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Pour la manière dont elle le tue, en fait le truc c'est qu'avec l'emphysème t'as les voies pulmonaires réduites et qu'un appui prolongé même léger peut obstruer complètement les voies respiratoires et causer la mort par étouffement (ce que tout chat digne de ce nom doit savoir, hm hm) ,

j'y connais rien donc c'est peut-être possible mais bon, un chat, a priori, c'est pas très lourd. Et il me semble que Tina ne nous est pas présentée comme pensant dix kilos, du coup, j'ai du mal à y croire. Si le mec était bourré, assommé de médocs, peut-être que ça serait plus crédible. Mais qu'un chat arrive à nous clouer sur un lit, j'y crois pas. Ca demande pas un effort surhumain de pousser un chat par terre quand même.

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Ce n’est que le lendemain, en se baissant pour voir si Michka n’était pas caché sous le
    canapé, qu’elle remarqua la petite goutte de sang rouge vif, laissée sur le tapis par la griffe de Tina.

je pense pas que ce serait resté :mrgreen:
Ça à la limite c'est pas grave, on va dire que c'est une tache très tenace lol. Je vois pas comment amener la chute sinon.[/quote]
ben tu l'as déjà amenée, non ? je veux dire à ce moment-là du texte, on a très bien compris, pas besoin de la goutte de sang sur la griffe, mdr. Surtout que si ça avait dû s'égoutter, je pense que ça l'aurait fait avant ;)

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C'est drôle que tu dises ça, la plupart des gens à qui je l'ai fait lire (c'est-à-dire mes parents mon frère et mon chéri) ont tous deviné la chute avant la fin lol. D'après eux c'était à cause des trucs comme "elle secoua la tête, s’ébrouant presque comme
un chien," et "Et alors qu’il rendait son
dernier soupir, (...)elle se prit presque à ronronner.".
je cherche jamais de chute dans un texte, huhu. Enfin à la mention de griffes donc avant "ronronner", j'ai commence à tiquer sérieusement !

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Après pour les sentiments de Tina c'est vrai qu'elle a une réflexion assez humaine mais c'est voulu. J'ai un chat qui se comporte des fois de manière bizarre (<= euphémisme) et j'aime bien m'imaginer qu'il a des sentiments proches des nôtres.
oui mais là c'est trop. Mon chat ne sait pas mon âge, je veux bien te passer l'idée qu'il te considère comme sa "maman" mais sinon je pense vraiment pas qu'un chat irait tuer quelqu'un, mdr. C'est vachement humain comme type de réflexion, cette idée de "venger" quelqu'un. Trop humain. Enfin, vois avec ce que te diront les autres, c'est peut-être moi qui fais une fixette dessus parce que je me suis fait avoir  :P

"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : Michka
« Réponse #5 le: 19 Décembre 2011 à 19:47:07 »
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Manquerait plus qu’il crève tranquillement de chaud, ce salopard !

Au début ça m'a paru contradictoire, il a fallu que je relise plusieurs fois pour comprendre (je suis peut-être un peu lente à capter aussi  ><).
Contradictoire qu'elle veuille pas qu'il meure?

Oui, mais après j'ai compris qu'en fait, mourir à cause de la chaleur lui semble être une mort trop douce et qu'elle veut le tuer elle-même.

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Re : Michka
« Réponse #6 le: 19 Décembre 2011 à 20:15:42 »
@Jase
Oui c'était l'idée. Je vais peut-être insister un tout petit peu plus alors.



Version modifiée d'après vos conseils  :) Ca me plaît mieux perso.

     La fenêtre était ouverte, comme elle s'y attendait. Elle jeta un regard rapide autour d'elle, constata que la rue était déserte, à peine éclairée par le vieux lampadaire faiblissant et la lumière diffuse des étoiles. Sans perdre de temps, elle se hissa à l'intérieur et retomba souplement sur la moquette. Elle prêta l'oreille. Le calme était total dans la maison. Seul le ronronnement du climatiseur lui parvenait, un peu plus loin sur sa gauche. La température, bien que caniculaire depuis près de trois semaines, avait un peu baissé à la tombée de la nuit, et la climatisation conférait à la maison du 28 une atmosphère supportable. Tant mieux ! Manquerait plus qu'il crève tranquillement de chaud, ce salopard !  Elle reprit sa progression vers le hall d'entrée où se trouvait l'escalier menant à l'étage. Alors qu'elle parvenait à la première marche, un reflet timide la fit se retourner. Posée contre le mur, près de la porte, elle vit la pelle dont il s'était servi, encore maculée de terre humide. Une bouffée de haine et de chagrin mêlés l'envahit instantanément.

   Elle revit le corps de Michka, étendu sur la route, du sang coulant lentement de son crâne broyé, formant de petites rivières sombres sur la chaussée. Elle revit le vieux salopard, descendant de sa voiture, contemplant d'un air effaré le cadavre qui gisait près de la portière. Il était resté ainsi un moment, sans bouger, puis son air incrédule avait cédé la place à la panique. Il avait tourné un moment sur lui-même, comme devenu fou, était remonté dans la voiture pour en descendre aussitôt, puis s'était arrêté net. Il avait pris une décision. Avec effort, il avait tiré plus que porté le corps sans vie de Michka --- Michka, son seul et unique amour --- dans le coffre de sa vieille Renault 20, presque aussi rouillée que lui, avant de refermer le hayon. A la fin de l'opération, il avait dû s'immobiliser un instant, pour reprendre son souffle, et son horrible respiration sifflante, due à la maladie qui le rongeait, était parvenue jusqu'à elle, tandis qu'elle regardait par la fenêtre du numéro 22, complétement pétrifiée et sans forces, se refusant à croire ce qu'elle voyait.
   
   C'est seulement lorsqu'il était remonté en voiture qu'elle avait fini par sortir de l'état presque léthargique dans lequel elle était tombée, en contemplant le meurtre de celui qui avait toujours été une ancre pour elle, solide et inébranlable jusqu'à ce qu'un vieux gâteux myope mette un terme à son règne, le renversant juste devant ses yeux. Elle s'était alors précipitée dehors et s'était mise à courir derrière la voiture, sans penser à rien d'autre qu'à rattraper le chauffard, et à le punir, à le faire souffrir, dusse-t-elle pour cela lui arracher le cœur de ses dents. La voiture était arrêtée au niveau de chez le vieux, au numéro 28, et il venait de jeter un objet long et sombre, une pelle pensa-t-elle avec effroi, sur le siège arrière. Il ne l'avait pas vue et était reparti au moment où elle passait en trombe devant le petit jardin du 26. Elle avait tenté de toutes ses forces de le rattraper, courant jusqu'à sentir sa poitrine brûler à chaque enjambée, mais n'avait eu que le temps de le voir tourner vers le petit chemin de terre qui montait vers le bois.

   Elle avait erré pendant un quart d'heure, cherchant désespérément le moindre signe de la voiture, puis, alors qu'elle s'approchait d'un croisement, elle l'avait vue passer à quelques mètres d'elle, débouchant d'un étroit sentier. Elle avait hésité quelques secondes à la suivre mais s'était finalement dirigée vers le sentier, sa marche rendue difficile par l'appréhension qui grandissait en elle. Et puis elle avait vu le carré de terre fraîchement remuée, à un ou deux mètres des marques laissées par les pneus de la Renault, et la vérité s'était imposée à elle, froide et tranchante comme la lame d'un couteau. Avec un long gémissement, elle s'était laissée choir sur la tombe, hurlant son désespoir, mordant la terre humide, se sentant devenir de plus en plus vide, comme si un énorme trou noir quelque part dans sa poitrine aspirait sa vie petit à petit. Et brutalement, ce vide s'était rempli. Elle avait senti une énergie sombre l'envahir toute entière, secouant son corps engourdi, pulsant dans sa tête, dans chacun de ses membres. Il devait payer. Ce monstre, ce porc, devait payer pour sa douleur. Donnant une dernière caresse à la terre froide qui abritait désormais son c\oe{}ur, elle s'était levée et avait repris le chemin de sa rue.

   Michka, mon amour... Elle repensa à leurs jeux d'enfants, lorsqu'ils se battaient à n'en plus finir, roulant l'un sur l'autre en donnant des coups de dents dans le vide. Elle repensa à leurs caresses, à ces moments si précieux et si doux, le soir, lorsqu'ils se recroquevillaient l'un contre l'autre pour s'endormir ensemble. Elle vacilla, prise dans un étau de tristesse froide puis elle secoua la tête, s'ébrouant presque comme un chien, pour chasser ces pensées. Il fallait qu'elle se concentre et qu'elle finisse ce qu'elle était venue faire. Elle gravit les marches, se dirigea droit vers la première porte de gauche, et l'entrouvrit doucement. Il était tout proche. Elle entendait sa respiration sifflante. Elle voyait la peau jaunâtre et parcheminée de sa main, qui pendait hors du lit. Elle sentait même son odeur écœurante, l'odeur de la vieillesse, mélange de pourriture, de médicaments, et d'urine, agrémentée de tabac froid. A nouveau, une bouffée de haine la submergea, et elle faillit se jeter sur lui. Elle se maîtrisa cependant. S'il se réveillait, elle n'aurait aucune chance d'arriver à ses fins. Si elle continuait selon son plan, personne ne la soupçonnerait jamais. Pour tous ceux qu'elle connaissait, elle était l'innocence incarnée, douce et inoffensive. Cela tenait peut-être à sa manière de marcher, à l'ondulation lente et paresseuse de ses hanches, ou bien à ses immenses yeux en amande. D'un vert intense et apaisant, ils semblaient parfois briller d'une lueur hypnotisante. Il était rare que les gens qu'elle croisait ne s'arrêtent pas pour la contempler, s'extasiant devant sa grâce et sa beauté. Maman elle-même ne se lassait pas de lui répéter comme elle était jolie.
   
   Maman... Comment réagirait-elle quand elle apprendrait ce qui était arrivé à Michka ? Elle s'était occupée d'eux, depuis leur plus jeune âge, lorsqu'elle les avait recueillis dans le terrain vague où ils passaient la nuit, transis de froid malgré le vieux carton qui leur servait de lit. Depuis, ils vivaient avec elle et elle était pour eux ce qui se rapprochait le plus d'une mère. Et dire que l'affreux porc qui dormait tout près essayait sans relâche de la séduire depuis qu'ils avaient emménagés tous les trois au numéro 22. Comment comptait-il expliquer à Maman ce qu'il avait fait, maintenant que celle-ci avait accepté de déjeuner avec lui, le samedi suivant ? Question idiote. Il n'allait rien expliquer du tout. Peut-être même pensait-il profiter de sa détresse, ce sale assassin. Lui raconter une fable dans laquelle Michka était tout simplement parti vivre une vie plus stimulante ailleurs, les laissant là, elle et Maman, pour découvrir d'autres horizons. Il aurait peut-être invoqué la fougue de la jeunesse, le besoin d'indépendance... Et le monstre en aurait profité pour réconforter Maman, s'insinuant dans ses bonnes grâces par ses mensonges hypocrites, s'installant dans leur vie à toutes les deux. Elle sentit la nausée la prendre à cette idée. Mais cela n'arriverait pas. Elle allait achever sa vengeance, puis elle retrouverait Maman, et elles pourraient alors toutes les deux se laisser aller à leur chagrin, ensemble.

   Elle se rapprocha du lit. Elle savait comment s'y prendre. Les soirées qu'elle avait passé à regarder la télé, assise sur le canapé, Maman au milieu, elle d'un côté et Michka de l'autre, lui avait enseigné toutes sortes de choses utiles. En particulier, elle avait tout appris sur l'emphysème pulmonaire, maladie qui touchait le vieux voisin, en regardant une émission médicale il y avait de cela quelques semaines. Elle prit son élan et d'un bond se retrouva sur la poitrine du monstre. Elle pesa de tout son poids tandis que celui-ci, réveillé en sursaut se débattait pour la repousser, rendu maladroit par l'effet de surprise. Elle s'agrippa de toutes ses forces, griffant sauvagement au passage le cou du vieil homme, déchirant les chairs molles. Un sang chaud et sombre se mit à couler tandis qu'elle pesait de plus en plus fort sur la poitrine fatiguée du monstre. Il s'essoufflait. Comme elle s'y attendait, ses voies respiratoires, déjà gravement réduites par la maladie, étaient presque bloquées par l'appui prolongé qu'elle exerçait. Le vieux sifflait de plus en plus, luttant pour reprendre sa respiration, battant des pieds et des mains comme un pantin désarticulé. Puis, peu à peu, il s'affaiblit, les poumons privés d'oxygène, le sang coulant toujours de la plaie maintenant béante, et doucement, à bout de forces, il lâcha prise. Et alors qu'il rendait son dernier soupir, un filet de bave dégoulinant sur le menton, elle se prit presque à ronronner.

   Lucie se réveilla en entendant le petit claquement sec de la chatière. Elle alluma la lampe de chevet et se leva précautionneusement, dans l'intention de descendre à la cuisine pour se servir un verre de lait. En passant dans le couloir, elle s'attarda un instant devant le grand miroir, et le reflet qu'il lui renvoyait. Ses pattes d'oies s'étaient encore creusées, et ses joues lui semblaient de plus en plus tombantes. Elle tenta de sourire, mais son double dans le miroir parut se moquer d'elle. Regarde toi ma pauvre! Comme tu as vieilli! Tu n'es plus digne d'interêt que pour les vieux croûtons, comme celui du 28. "Oh tais-toi imbécile! Et puis il est pas si affreux. Il a même un certain charme!" Elle s'interrompit, confuse, en réalisant qu'elle venait de parler à voix haute à son propre reflet --- et de lui mentir en plus. Elle soupira, puis descendit le grand escalier de hêtre, dont les marches semblaient grincer chaque jour un peu plus, comme pour lui rappeler qu'elle avait perdu depuis longtemps la silhouette de sa jeunesse. Arrivée à la cuisine, elle croisa Tina, sa petite chatte noire et blanche qu'elle adorait. Celle-ci se frotta à ses jambes, et Lucie remarqua malgré son état cotonneux que son poil habituellement brillant était sale et tout ébouriffé. "D'où tu sors comme ça, toi?", demanda-t-elle. Tina ignora royalement la question, de cet air snob si propre aux chats, et se contenta de rejoindre son coussin près de la télé, pour se rouler en boule et s'endormir aussitôt. Lucie haussa les épaules, but son verre de lait et reprit le chemin de sa chambre. Ce n'est que le lendemain, en cherchant Michka, qu'elle remarqua les empreintes de pattes rouge vif, laissées par Tina sur le sol de la cuisine.




@ernya

J'ai modifié la scène du meurtre, comme ça même si ses poumons résistent, il y aura toujours l'exsanguination! C'est peut-être plus crédible comme ça.
Du coup j'ai aussi un peu modifié la chute, et là la tache est vraiment tenace  :P

Pour les sentiments de Tina, j'ai du mal à me résoudre à simplifier sa personnalité. Pour moi c'est un peu l'idée principale de la nouvelle, une manière de dire qu'on pense que les chats sont pas très futés, mais qu'ils peuvent devenir carrément maléfiques si on les cherche.  >:D

J'ai aussi rajouté une pauvre phrase pour amener un peu l'idée que c'est un chat, mais j'en suis pas très contente. En fait tous les trucs auxquels je pense me semblent trop évident. Faut que je réfléchisse plus à comment prendre ça en compte.

Encore merci pour vos conseils!
Suzychou

Hors ligne Ambriel

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 497
Re : Michka
« Réponse #7 le: 19 Décembre 2011 à 21:38:23 »
Salut !
J'ai lu la première version et parcouru la deuxième.
Alors je dois avouer que moi non plus j'avais pas du tout saisi la chute, et il m'a fallu lire la deuxième (chute) pour comprendre, en fait XD. Du coup, moi j'ai une idée toute simple qui ôterait tout soupçon quand à la chute mais qui ne laisserait à priori rien présager avant : tu introduis dans ton texte qu'elle s'appelle Tina. Parce que, sauf erreur de ma part, j'ai pas vu mention de ça avant la fin ^^.
 Voilou, et donc sinon, tout le long du texte j'étais un peu sceptique, mais comme la chute est inattendue je trouve ça marrant :D. Je partage tout de même l'avis d'ernya selon lequel Tina est un chouia trop... sentimentale  :-¬? mais en même temps je trouve qu'on est assez détachés d'elle, enfin peut-être pas, c'est juste une impression  ^^.
Sur ce du coup, je te salue  :mafio:
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Suzychou

  • Plumelette
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Re : Michka
« Réponse #8 le: 20 Décembre 2011 à 00:24:20 »
@ ambriel

Merci à toi pour tes conseils.  Je pensais au départ garder la chute pour la toute dernière phrase, raison pour laquelle je n'ai pas mentionné son nom avant, mais du coup c'est vrai que ça nuit un peu à la compréhension. Je vais appliquer ton idée du coup. :)

Mes salutations à toi aussi!  ;) (D'où qu'il sort le smiley avec son chapeau? Je l'ai pas dans l'éditeur. Edit: Ah si d'accord! Il était planqué dans le [plus] )
Suzychou

Hors ligne Plume d'argent

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Michka
« Réponse #9 le: 21 Décembre 2011 à 22:14:58 »
Kikou !

J'ai lu le premier texte et j'ai été agréablement surprise par sa chute d'abord, la façon de l'amener. Le début m'a paru commun mais après la première pensée de la protagoniste "Tant mieux ! Manquerait plus qu’il crève tranquillement
de chaud, ce salopard !" m'a poussé à lire plus. J'ai plus apprécié la fin comme je n'ai pas vraiment tiqué en lisant. Il est vrai qu'on se demande comme un chat parvient à clouer  un homme au lit et à le tuer ainsi, enfin même avec la maladie qu'il a. Et puis dans le seconde texte j'aime vraiment pas l'explication "En particulier, elle avait tout appris sur l'emphysème pulmonaire, maladie qui touchait le vieux voisin, en regardant une émission médicale il y avait de cela quelques semaines. " ce qui me dérange c'est que ta protagoniste  ait pu connaître la nature de la maladie et puis ait pu comprendre une émission médicale. De mon point de vue, il serait plus "raisonnable" puisque tu traites de son point de vue, de ne pas mentionner cela, car c'est gros comme explication ça lol enfin peut-être faire qu'elle se jette sur son visage et l'asphyxie, avec tout plein de griffes et de morsures  :noange:

Bah voilà ! Au plaisir de te relire^^

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Michka
« Réponse #10 le: 26 Décembre 2011 à 11:22:19 »
Salut !

Tu peux éditer ton premier message pour indiquer qu'il y a une version 2 plus bas ? J'ai failli lire la mauvaise, et apparemment, c'est ce qui est arrivé à Ambriel et à Plume.

Citer
contemplant d'un air effaré le cadavre qui gisait près de la portière.
Si Michka a été renversé, c'est étrange qu'il soit près de la portière (donc sur le côté de la voiture)...

Citer
C'est seulement lorsqu'il était remonté en voiture qu'elle avait fini par sortir de l'état presque léthargique dans lequel elle était tombée, en contemplant le meurtre de celui qui avait toujours été une ancre pour elle, solide et inébranlable jusqu'à ce qu'un vieux gâteux myope mette un terme à son règne, le renversant juste devant ses yeux.
La phrase est un peu longue, il y a beaucoup de "que", je pense que ça gagnerait en fluidité si tu la scindais.

Citer
Elle avait tenté de toutes ses forces de le rattraper, courant jusqu'à sentir sa poitrine brûler à chaque enjambée, mais n'avait eu que le temps de le voir tourner vers le petit chemin de terre qui montait vers le bois.
Pareil : jusqu'à/que/qui, ça fait beaucoup pour une seule phrase...

Citer
se sentant devenir de plus en plus vide
c'est un peu lourd comme tournure

Citer
l'envahir toute entière
Il me semble que c'est "tout entière"

Citer
Ce monstre, ce porc, devait payer pour sa douleur.
Pour moi, "monstre" c'est plus fort que "porc", du coup mettre "porc" après, ça fait un peu retomber le soufflé, alors que sa colère est, au contraire, en train de grandir...

Citer
depuis qu'ils avaient emménagés
emménagé

Citer
Comment comptait-il expliquer à Maman ce qu'il avait fait, maintenant que celle-ci avait accepté de déjeuner avec lui, le samedi suivant ?
La phrase est lourde et un peu confuse...

Citer
Les soirées qu'elle avait passé
passées

Citer
lui avait enseigné
avaient

Citer
Elle s'interrompit, confuse, en réalisant qu'elle venait de parler à voix haute à son propre reflet --- et de lui mentir en plus.
lol

SPOILERS DANS MON COMMENTAIRE A MOI AUSSI
J'ai lu la version 2, du coup, et... trop d'indices ! Y a trop d'indices ! On devine après un tiers du texte (au premier paragraphe on se demande où est la feinte, aux deux suivants on comprend que soit Michka soit Tina sont un animal, et à celui qui commence par "Michka mon amour" on comprend tout. Surtout "presque comme un chien", où on se dit : ok, c'est un chat alors.
Bref, l'idée est bonne, mais il faudrait, pour le coup, enlever des indices, parce que là la chute ne révèle rien, et du coup on se lasse un peu en lisant le texte, parce qu'on a déjà compris.
J'ai survolé les commentaires sur la version 1... Apparemment, il faudrait que tu arrives à tenir un équilibre entre les deux. C'est pas évident, c'est sûr ! Mais c'est faisable ; une version 3 pour bientôt ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Suzychou

  • Plumelette
  • Messages: 14
Re : Michka
« Réponse #11 le: 28 Décembre 2011 à 18:39:53 »
@Plume d'argent

Salut!
Je trouve ça lourd aussi le truc de l'émission médicale. Le problème c'est que je me suis focalisée sur le fait qu'elle le tue grâce à sa maladie, mais du coup ça m'oblige à expliquer beaucoup, et niveau fluidité (et crédibilité), c'est vrai que ça rend pas terrible. Je vais peut-être changer carrément la manière dont elle le tue finalement.

Citer
peut-être faire qu'elle se jette sur son visage et l'asphyxie, avec tout plein de griffes et de morsures
J'aime beaucoup c'est beaucoup plus crédible venant d'un chat que l'histoire de l'emphysème qui me plait de moins en moins. Maintenant comment faire ça sans qu'on voit que c'est un chat, c'est tout de suite beaucoup plus compliqué.... Je vais m'y atteler la semaine prochaine.

Merci beaucoup à toi  ;)

@Milora

Citer
Tu peux éditer ton premier message pour indiquer qu'il y a une version 2 plus bas ?
Fait!

Citer
Citer
contemplant d'un air effaré le cadavre qui gisait près de la portière.

Si Michka a été renversé, c'est étrange qu'il soit près de la portière (donc sur le côté de la voiture)...
Effectivement...

Les corrections (orthographes et lourdeurs de phrases) sont notées. Ça sera modifié dans la version 3 si vous avez toujours le courage de me lire  :P

Pour ce qui est des indices, je commence à croire que ça dépend vraiment des gens. En fait dans le version 2 la seule chose que j'ai rajoutée c'est la phrase ils se battaient blablabla. Sinon ya que la chute qui change. Du coup je sais plus si je dois rajouter des indices ou en enlever.  ???

Merci pour tes conseils en tout cas.
Suzychou

 


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