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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Lys de la vallée

Auteur Sujet: Lys de la vallée  (Lu 9027 fois)

Hors ligne Rain

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Lys de la vallée
« le: 27 Novembre 2011 à 23:20:58 »
Sortez le champagne, je poste un nouveau texte  :aah:

Celui-ci revient de loin - j'ai grosso modo l'idée depuis avril-mai dernier. Enfin, les deux idées. Car ce texte est une fusion de deux idées - mais bon, j'en dis pas plus.
A la base, donc, j'avais en tête la seconde partie (qui n'avait pas de fin), et je comptais écrire la première en suédois pour le défi de mai. Finalement j'ai fusionné les deux. Pour info, la seconde partie me vient de cette chanson - version Omnia, j'aime moins celle de Leonard Cohen.
Il revient de loin, parce que j'ai commencé à l'écrire trois fois, et à chaque fois je bloquais à peu près au même niveau. Cette fois est la bonne.

Donc, je le trouve pas extraordinaire et plein de défaut, mais je vous laisse juger. La fin est écrite vite fait parce que "Aaaaah, déjà Bordeaux et il me reste que trois phrases, vite vite !". Voilà. J'aime pas écrire dans le train, du coup, j'trouve ça stressant  :mrgreen:

Bref, le texte. Bonne lecture, j'espère. C'est un peu long, du coup.


Lys de la vallée


   Il était une fois une femme qu'on appelait Lys. Elle était grande et belle, avec sa peau blanche et ses cheveux pâles, et vivait seule dans une vallée dominée par un petit village à flanc de montagne. C'était un lieu paisible, bien loin des malheurs du monde – même si les vieilles commères adoraient ressasser les ragots que ramenait le colporteur. Un jour d'ailleurs, celui-ci revint avec des nouvelles de peste. Loin de s'alarmer, les villageois se rirent de la maladie et de ses victimes, bien conscients qu'elle n'atteindrait jamais un endroit si reculé. Et puis, dût-elle les trouver, Lys les en soignerait.
   A l'instant où ce nom effleurait les esprits, les rires se taisaient dans le village. Non pas que les habitants craignaient subitement que la peste arrive ; simplement, la guérisseuse mettait tout le monde mal à l'aise. Jamais pourtant Lys n'avait fait quoi que ce soit pour s'attirer les foudres des villageois. Elle ne sortait de sa cabane que pour se rendre au marché, une fois par semaine. Là, elle vendait simples et plantes toute la matinée, puis quand midi sonnait, elle partait faire le tour des maisons. Elle guérissait les maux des enfants, soulageait les vieillards, soignait les souffrants et repartait, le soir venu, au fond de sa vallée. Mais toutes ces guérisons avaient pour les villageois un aspect miraculeux et, ma foi, il n'y avait qu'un pas de « miracle » à « sorcellerie ». Aussi décida-t-on de ne plus parler ni d'elle ni de la peste lointaine pour ne pas s'attirer de malheurs.
   Le temps passa et la peste était depuis longtemps oubliée lorsque le premier mouton tomba malade. Il appartenait au forgeron du village et à sa femme bergère, et présentait des symptômes inconnus de tous. Il perdait sa laine par pleines poignées, ne parvenait plus à suivre le troupeau jusqu'au sommet du mont, et après quelques jours, il mourut dans les bras de la pauvre bergère.
   Ce soir-là le forgeron, qui s'était comme chaque soir rendu à l'auberge pour se désaltérer, se soûla un peu trop. Il accusa les dieux et les démons, il accusa son voisin au regard torve et suspicieux – et puis il accusa Lys.
   « Cette sorcière, disait-il en agitant sa pinte, c'est à cause d'elle en fait. C'est elle qui nous rend malade en nous j'tant des sorts. Ben oui, hé ! Elle f'rait quoi si personne était jamais malade ? Elle p'rrait pas soigner, elle p'rrait pas troquer ses racines cont' not' bonne viande de mouton et not' bon lait de chèvre. Elle servirait à rien et elle crèverait de faim ! On d'vrait, on d'vrait la fout' dehors, qu'elle aille se trouver une aut' vallée. Lys. Ha ! Lys de la vallée, ça ouais, ça ouais... »
   Comme il s'écroulait sur sa table, les autres clients de l'auberge le ramenèrent chez lui sans rien dire.
   Le lendemain, trois moutons perdirent leur laine. C'était jour de marché, et le forgeron qui avait tout oublié de ses propos de la veille vint trouver Lys à son étal pour lui demander de faire quelque chose. Après qu'elle lui eut donné de quoi soulager sa gueule de bois, elle se rendit auprès du troupeau. Elle examina les moutons, leur fit mâcher quelques herbes et déclara qu'elle reviendrait les voir au matin.
   L'aube pointa, découvrant trois nouveaux cadavres et le reste du troupeau malade. On se mit à repenser aux paroles du forgeron et à murmurer sur le passage de la guérisseuse. Si celle-ci en était consciente, elle n'en montrait rien et s'occupait calmement des moutons. Malheureusement, ses efforts restèrent vains, car au matin suivant tous les moutons avaient péri. Lys ne sortit pas de chez elle ce jour-là.
   Quelques temps passèrent. Les autres éleveurs avaient peur pour leurs animaux, mais l'épidémie ne semblait pas les gagner, et les rumeurs se firent de moins en moins entendre. Jusqu'au jour où la femme et le fils du forgeron disparurent, ne laissant derrière eux qu'une touffe de cheveux sur le pas de la porte. L'homme entra dans une rage folle et décida, tout sobrement cette fois, de chasser la sorcière. Il enflamma le c?ur de ses voisins et de ses amis, puis torche au poing, ils se dirigèrent vers la petite cabane de Lys.
   Nul ne s'en était jamais approché, et c'était avec une appréhension croissante qu'ils le faisaient à présent. Ils s'arrêtèrent à l'orée de la vallée, devant une petite stèle qui se dressait au bord du chemin. Sur la pierre étaient gravés quelques mots.
   

   Toi qui cherche à pénétrer dans la vallée,
   assure-toi de n'avoir pas perdu
   ton cœur d'enfant.

   
   « Allons, venez, dit le forgeron, vous n'avez pas peur de quelques mots tout de même ! »
   Mais il avait beau les exhorter, ses compagnons refusèrent de bouger.
   « Aucun de nous n'est plus un enfant, répondit l'un d'entre eux, un ami proche. Si Lys est bien une sorcière, on finira changés en crapauds, ou pire. Et si on ne l'est pas, c'est que ce n'est pas une sorcière et qu'on a rien à faire là-bas. Dans tous les cas, moi, je fais pas un pas de plus. »
   Il fit demi-tour, et tous les autres lui emboîtèrent le pas. Le forgeron maudit leur couardise et les supplia de revenir, puis il pleura sa femme et son fils perdus. Il décelait le bien-fondé des propos de son ami mais refusait pourtant d'abandonner là.
   Il relut une dernière fois les mots de la stèle, et quelque chose le frappa. « Ton cœur d'enfant, » disait-elle. Bien longtemps auparavant, alors qu'il n'était qu'un apprenti forgeron, son maître lui avait raconté une petite histoire, une légende que l'on transmettait de forgeron à forgeron.
   « Tout à l'ouest, avait-il commencé, tout au bout de la terre se dresse au milieu des tempêtes un phare, et dans ce phare vit le plus exceptionnel des forgerons. Les outils, les armes, les épées même, tout ça n'a plus aucun secret pour lui. Il a forgé des clous qui s'enfoncent tout seuls et ne tombent jamais, des pointes de flèches qui ne se perdent jamais, des fers de lance qui ne rouillent pas, même au contact du sang. Lorsqu'il a forgé la plus belle et la plus équilibrée des épées, il s'est mis à voyager par tout le monde à la recherche d'un nouveau métal à travailler, et l'a trouvé dans une étoile tombée du ciel pas plus grosse qu'un caillou – un cadeau des dieux. Alors, il a mélangé l'étoile à du fer et de l'acier, il en a fait le cœur d'une nouvelle enclume. Et sur cette enclume, il s'est mis à forger de nouvelles choses. Des sentiments. De petits, d'abord, qui s'effacent vite avec le temps. La surprise, la bonne et la mauvaise humeur, le plaisir, des choses comme ça. Et puis il en a fait de plus en plus grands, de plus en plus durables. L'angoisse, le bonheur, la peur. L'amitié. La confiance. Et même l'amour, l'épée des sentiments. Tout le monde pensait qu'il avait maîtrisé son nouvel art – tout le monde se trompait. Longtemps, il a cherché à forger un cœur tout entier. Il a, dit-on, réparé bien des cœurs brisés, mais n'a jamais su en fabriquer un. »
   A l'époque, en tant qu'apprenti, il n'avait pas prêté beaucoup d'attention à ce conte farfelu ; mais à présent, il y croyait de tout son être. C'était, semblait-il, le seul moyen d'aller sauver sa femme et son fils sans subir le courroux du Lys de la vallée : il irait au bout du monde demander à l'homme du phare de lui fabriquer un cœur d'enfant.
   Le forgeron se fit voyageur et quitta sa montagne pour partir vers l'ouest. Il voyagea de jour, il voyagea de nuit, s'arrêta dans des petits villages et dans des grandes villes. Il vit de près ce qu'on appelait la peste et se rappela ses moutons. Il subit la pluie et la neige et la grêle et le vent, sillonnant les contrées de l'ouest à la poursuite d'une histoire, et ne se découragea jamais.
   Il se retrouva une nuit pris dans une tempête si noire et si violente qu'il ne parvenait plus à voir quoique ce soit devant lui, sinon... un feu, là-bas, au loin et en hauteur ! Un éclair zébra le ciel, déchirant la nuit et le rideau de la pluie, révélant ce phare qu'il avait tant cherché. Il le rejoignit, tant bien que mal, et lorsqu'il cogna à la lourde porte d'ébène et de fer, un vieil homme vint lui ouvrir.
   Sûrement, se dit-il, me suis-je trompé de phare et de tempête. Un vieillard ne saurait être le plus grand forgeron de tous les temps ! Ou bien, peut-être, s'agissait-il de son fils. Après tout, ce n'était pas rare que les enfants vigoureux s'occupent de leurs vieux pères en cette époque. Il accepta donc le pain et le vin que lui offrait l'ancêtre, et quand il fut sustenté et reposé, il demanda :
   « Vieil homme, sais-tu où je pourrai trouver le meilleur forgeron de tous les temps, capable de réparer les cœurs ?
   - Il se tient devant toi », répondit le vieil homme
   Le voyageur regarda autour de lui, mais personne d'autre qu'eux ne se trouvait dans la pièce. Il considéra son hôte un moment.
   « Assurément, ce ne peut être toi. Tu possèdes dans le bras moins de force que mon jeune fils, qui parvient à peine à soulever mon marteau !
   - Tu es bien sûr de toi, et bien prompt à juger les autres. Un jour, cela te jouera des tours. Mais viens, suis-moi. Puisque tu ne me crois pas, je vais te montrer mon enclume faite d'étoile. »
   Le voyageur suivit le vieux forgeron jusqu'en haut du phare. Tout autour d'eux, la tempête faisait rage. Le phare, à cet étage, ne possédait plus ni mur ni fenêtres, rien que quelques piliers pour soutenir le toit. Là, au milieu de la pièce, au pied du feu, se tenait l'atelier du vieillard – et surtout, son enclume. Elle semblait irisée par le mouvement des flammes, et résonnait du chant de la pluie et du vent. Un vieillard, pensait encore le voyageur, ne saurait être capable de travailler sans abîmer une telle œuvre d'art.
   Mais le vieux forgeron n'avait pas dit son dernier mot. Il reprit son ouvrage, qu'il avait abandonné pour aller ouvrir au voyageur, et celui-ci fut bien obligé d'admettre son erreur. Le vieil  homme travaillait un c?ur brisé avec adresse et précision. Sans jamais perdre son rythme, il martelait le cœur, deux coups d'un côté, deux coups de l'autre, sans forcer, sans se presser, comme un véritable maître. Le voyageur sentait de la passion et, oui, de la tendresse, et de la douceur aussi, dans chacun de ses coups. Puis le forgeron prit le cœur entre ses pinces et le trempa délicatement dans l'eau, puis dans le feu et à nouveau dans l'eau. Lorsqu'il eut bien refroidi, il le saisit avec ses mains et l'apporta derrière lui à un corps étendu que le voyageur n'avait pas remarqué. C'était une jeune femme endormie, au sommeil paisible et profond. Le forgeron déposa le cœur sur sa poitrine, et celui-ci disparut. Bientôt, la fille ouvrit les yeux et fit un large sourire. Elle sauta sur ses pieds, embrassa le vieil homme sur les deux joues et s'en alla dans l'escalier à toute vitesse.
   Alors le voyageur s'inclina devant le maître-forgeron, et déclara :
   « Maître, forgez-moi un cœur d'enfant ! »
   Le vieil homme le considéra un instant, puis refusa.
   « Je ne peux te fabriquer de cœur, car je ne sais comment faire. Je ne peux pas non plus réparer ton cœur, qui n'est même pas brisé. Il brûle d'une flamme trop ardente pour que je puisse même l'approcher. Passe ton chemin. »
   Et le voyageur éconduit repartit, à la recherche d'un moyen de briser son cœur. Il trouva une ville remplie de mendiants et de gens si maigres qu'on leur voyait les os, mais la misère ne l'émut pas. Il assista à une exécution publique sanglante et douloureuse, mais jeta des fruits pourris avec la foule. Puis, désespéré, il rencontra une femme et chercha l'oubli dans ses bras. Toutefois, quand il s'aperçut qu'il l'aimait, que son ventre s'arrondissait, il l'abandonna seule avec son enfant. La rupture lui était très douloureuse, mais il se força néanmoins. C'est pour le bien de ma bergère et de notre fils. Car il les aimait encore bien plus passionnément que tout le reste au monde.
   Il revint au phare et à sa tempête, rempli de cette douleur, convaincu qu'à présent le forgeron allait l'aider.
   « Ton cœur est toujours entier, et plein d'amour et de détermination. Je ne peux pas le toucher. »
   Telle fut la réponse qu'il reçut. Il reprit la route, le coeur cette fois alourdi par la peine et par la rage. Il rechercha la vengeance, contre ce forgeron qui se moquait de lui, contre Lys de la vallée qui lui avait tout pris, contre lui-même qui ne pouvait rien faire. Il laissa libre court à sa colère, tua des innocents, tua de ses propres mains, et il y prit plaisir. Il sema derrière lui corps et ruines de fermes fumantes, et trouva l'oubli dans la mort et la destruction. Une fois encore pourtant, le passé se rappela à lui alors qu'il saisissait une femme par les cheveux pour lui trancher la gorge, et que ceux-ci lui restèrent entre les doigts. Lys payera, pour mes moutons, pour ma femme et pour mon fils. Il n'y avait plus que le désir de meurtre dans son cœur asséché.
   Pour la troisième fois il rencontra la tempête sur sa route, et s'arrêta à la porte du phare, certain que le forgeron l'aiderait enfin.
   « Ton cœur s'est noirci, s'est empli de cruauté et de colère, mais il n'est pas brisé. La vengeance attise sa flamme. Je ne peux rien pour toi. »
   Alors, le voyageur comprit qu'il n'aurait pas de cœur d'enfant. Sans cœur d'enfant, il ne pouvait prendre le risque de passer la stèle de Lys. Sans cœur d'enfant, il ne pouvait même pas se venger d'elle. Et surtout, sans cœur d'enfant, il ne reverrait jamais sa bergère et leur fils. Les larmes vinrent à ses yeux, caressèrent doucement ses joues comme pour le rassurer, mais sans y parvenir. Il murmura le nom de son aimée, il appela le nom de son fils, il cria leurs deux noms ensemble. Ils se mêlèrent au vent et à la pluie, ils se perdirent dans la tempête, ils lui échappèrent. Le voyageur avait tout perdu. Il n'était plus un voyageur, il n'était plus un forgeron. Il n'était plus qu'un homme, vidé de son but et de ses espoirs. Lentement, son cœur se fissura, et crac ! il se brisa en mille morceaux.
   Le vieux forgeron, ému et attristé pour cet homme brisé, le coucha dans son lit et le veilla toute la nuit. Il en profita pour réfléchir. Il pouvait à présent réparer son cœur, bien entendu, mais il n'était pas sûr que ce soit bien la chose à faire. C'était utile pour soigner les petits chagrins d'amour, mais un cœur rafistolé ne survivrait jamais à une tristesse et une culpabilité de cette ampleur. Non, décidément, c'était le bon moment pour se mettre à forger des cœurs neufs.
   Cela faisait très, très longtemps qu'il avait compris comment faire, mais il n'avait jamais osé s'atteler à la tâche. Cette fois pourtant, lorsqu'il se leva du chevet de l'homme brisé, il jeta les restes de son cœur à la poubelle. Puis il ouvrit la porte d'une vieille armoire pour en sortir une enclume toute aussi vieille. Sa première enclume, celle qu'il avait forgée pour devenir un forgeron accompli. Elle était toute petite et cabossée et ne pesait pas lourd, si bien qu'il put la porter tout en haut du phare sans que ses vieux os le fassent trop souffrir.
   Arrivé devant son atelier, il regarda un moment sa belle enclume en fer d'étoile. Elle lui avait demandé bien des efforts, bien des jours de travail, et il en était fier. Il hésita un peu, et puis il la poussa dans le feu.
   Pendant un jour et une nuit, il s'occupa de dégager l'étoile du reste du métal.
   Puis, pendant le second jour et la seconde nuit, il la façonna en forme de cœur. Mais il lui restait encore beaucoup de travail, car ce cœur était vide. Il se sentit un peu désespéré devant l'ampleur de la tâche, se demanda s'il avait bien fait de sacrifier son enclume. Mais il ne renonça pas.
   Alors, au troisième jour il se mit à forger les sentiments. Quels sont les sentiments d'un enfant ? se demandait-il. Tandis qu'il travaillait, il explorait son propre cœur, à la recherche de son âme d'enfant. Et le forgeron forgea, forgea en redécouvrant sa propre enfance.
   A la fin de la troisième nuit, il comprit qu'il avait eu raison et qu'il tenait entre ses mains sa plus belle œuvre. Il redescendit les escaliers avec prudence, pour ne pas que le cœur s'échappe et se brise. Puis il le posa sur la poitrine de l'homme brisé, et attendit.
   Celui-ci s'éveilla tout doucement et regarda autour de lui. Il connaissait ce phare, il y était déjà venu, mais tout semblait différent. Toutes ces pierres, qui constituaient les murs, qu'est ce qu'elles devaient être vieilles, d'où venaient-elles ? Et cette armoire, là, quel genre d'arbre avait-elle pu être ? Le vieux forgeron, il faudrait lui demander de me raconter toutes les histoires qu'il connaît !
   Les souvenirs l'assaillaient, eux aussi, de tout ce qu'il avait dit ou fait, mais la rage avait disparue. Il était très triste et désolé pour ces gens morts par sa faute, cette femme qu'il avait abandonné, ces mendiants dont il s'était moqué, et il pleura fort. Mais les larmes se tarirent rapidement, les sanglots le quittèrent quand il remarqua que le vieil homme le regardait avec bienveillance. Il n'a pas l'air de m'en vouloir.
   « Je ne recommencerai pas, affirma-t-il à voix haute, comme pour prendre le forgeron à témoin.
   - Je n'en doute pas », lui répondit celui-ci avec un sourire.
   Il passa encore une journée dans le phare en compagnie du vieil homme. Quand vint le temps de repartir, son hôte l'accompagna sur un bout de chemin, un sac sur l'épaule.
   « Je ne peux plus forger les cœurs et les sentiments, et je n'ai plus la force de marteler le fer, expliqua le vieil homme. Alors je vais accomplir mes rêves d'enfants. Rencontrer un roi, trouver un trésor de pirates, toutes ces choses que je me suis promis de faire et que je n'ai jamais faites. »
   Puis au premier carrefour, ils se firent leurs adieux, se serrèrent dans les bras l'un de l'autre et prirent chacun un sentier différent.
   L'homme-enfant voyagea longtemps, mais il finit par retrouver sa montagne et son village. Il le trouva désert, complètement abandonné. Tout le monde était parti, terrassé par la peur de la magie. Il erra un instant dans les rues, cherchant à se rappeler de leur chant, leurs murmures de foules, leurs cris d'enfants, leurs bruits d'artisans. Il se sentait un peu seul, mais il était content, finalement, de ne pas avoir quitté son foyer pour de bon à cause de simples rumeurs.
   Enfin, il arriva devant le sentier qui menait à la vallée de Lys. Il le parcourut sans crainte, dénué de préjugés et poussé par la curiosité. Il passa sans s'arrêter devant la petite stèle, continua jusqu'à la cabane. Nulle malédiction ne le frappa. Il toqua à la porte, attendit un moment, mais personne ne vint lui ouvrir.
   C'est lorsqu'il fit le tour de la cabane qu'il les découvrit. Il vit d'abord le garçon plein de vie, qui courait vers le champ un peu plus loin. Celui-ci glissa soudain en arrière et tomba violemment. L'homme-enfant eut peur pour lui, mais le garçon se redressa bien vite. Il éclata de rire avant de repartir, prudemment cette fois, en se frottant l'arrière du crâne.
   Quelqu'un d'autre riait avec lui. L'homme-enfant aperçut alors la femme qui suivait le petit, sa bergère qui n'avait plus de moutons à garder. Elle marchait lentement derrière son fils, pâle et trébuchante, les traits tirés par la fatigue, mais sa joie ne laissait aucun doute – elle était heureuse de la vie qu'elle menait. L'homme-enfant n'osait pas l'approcher, pas tout de suite. Il avait fait des bêtises depuis qu'il était parti et ne voulait pas se faire gronder.
   Enfin, il vit Lys, assise contre le mur de sa cabane. Elle dormait à poings fermés, de grands cernes sous les yeux. A la voir si paisible et si fragile, à voir ce décor idyllique, l'homme-enfant se rappela ce qu'il avait pensé de Lys autrefois, comme il l'avait traité de sorcière dans son autre vie. Il se demanda ce qui avait pu lui passer par la tête – une mauvaise histoire, sans doute, de celles que les adultes se racontent entre eux et ne finissent jamais bien. Il n'y avait pas de sorcière ici, rien qu'une guérisseuse qui avait bravé la peste pour sauver une femme et un fils, et protéger tout un village en enrayant l'épidémie. Les villageois avaient fui pour rien. Ils avaient tourné le dos à leur gardienne et devait aujourd'hui s'en mordre les doigts, où qu'ils soient.
   Solennellement, il prit la décision de s'excuser dès que Lys se réveillerait. Il s'assit près d'elle et regarda un moment sa femme et son fils travailler et jouer dans le champ. Puis la fatigue se fit sentir, accumulée comme autant de grains de poussière et de terre sur la route, et il s'endormit lui-aussi.
   Il serait bien assez temps à son réveil pour les excuses et les réconciliations. Après tout, il était rentré.




NB : En anglais, lily of the valley désigne le muguet, une plante toxique. Il me semble que le nom "lys de la vallée" existe aussi en français, mais je suis plus très sûr. Si quelqu'un peut confirmer ou infirmer...  :-¬?
« Modifié: 29 Août 2012 à 14:21:05 par Rain »
Perdu

Hors ligne Ambriel

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #1 le: 27 Novembre 2011 à 23:56:00 »
Plop, lu !

Ah, tu m'en avais parlé, mais il était différent à l'époque... bref !

Alors, j'aime bien l'idée du vieux forgeron qui forge les sentiments et les coeurs (OH mais ça me fait penser au magicien d'Oz tiens du coup !), de l'homme-enfant etc... je pense que tu pourrais clarifier un peu la fin parce que j'étais pas très sûre d'avoir compris (mais je suis pas non plus réputée pour ma perspicacité, hein :mrgreen:...).
Sinon, je trouve que le passage avec le forgeron qui se rappelle de la légende et prend sa décision est un peu rapide... je pense que tu pourrais développer un chouia plus pour clarifier un peu. Mais je chipote, aussi.

Bon, j't'ai relevé deux ou trois fautes sur msn donc je les remets pas ici !

Voilà, donc j'ai bien aimé même si j'ai eu un peu de mal à bien comprendre la fin XD.

(comment ça un comm rapide ? C'est faux, je proteste)

 :mafio:
« Modifié: 27 Novembre 2011 à 23:57:44 par ambriel »
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Charlyne

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #2 le: 28 Novembre 2011 à 01:15:25 »
Le genre de nouvelles qui me fait rêver et sortir de l'ordinaire  ::)
Merci pour cette "ballade" je me suis sentie vraiment transportée.

L'histoire a le don d'être originale, le forgeron des coeurs, c'est tellement mignon et naif ! Tout ce que j'aime  :D
Mais malheureusement je repère dans le textes quelques petits trucs assez gênants : la première personne et la troisième personne se mélange. Et je trouve que ce n'est pas assez clair pour désigner chacun des personnages (enfin ça je suis pas sûre, il est 1h15 du matin en même temps ...).

 :-*

Hors ligne Rain

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #3 le: 28 Novembre 2011 à 01:22:29 »
Aaaaah, mes italiques >< J'ai oublié de les remettre en postant, mea culpa.

Sinon, merci à vous deux pour les commentaires.

Bibi -> Ouais, y'a quelques points à éclaircir, faut dire que mon but pour ce soir était surtout de finir le texte  :mrgreen: Je le retravaillerai plus tard.
Pour la fin, pareil, elle est un peu bâclée, je la reprendrai.

Content que ça vous ait plu, en tout cas !
Perdu

Hors ligne Meilhac

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #4 le: 28 Novembre 2011 à 08:21:06 »
c'est chouette
j'aime bien la fin, un peu abrupte, minimaliste, mystérieuse

Hors ligne ernya

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #5 le: 28 Novembre 2011 à 13:27:27 »
Citer
   
   Toi qui cherche à pénétrer dans la vallée,
   assure-toi de n'avoir pas perdu
   ton cœur d'enfant.
cherches

Citer
Lorsqu'il a eu forgé la plus belle et la plus équilibrée des épées,
outch

   
Citer
Sûrement, se dit-il, me suis-je trompé de phare et de tempête. Un vieillard ne saurait être le plus grand forgeron de tous les temps !
c'est une peu bizarre de penser ça alors qu'il sait que c'est une conte et que donc ça date  :mrgreen:

   
Citer
La rupture lui était très douloureuse, mais il se força néanmoins. C'est pour le bien de ma bergère et de notre fils.
nan mais MDR

L'idée est toute mignonne ! Par contre, je trouve que la fin est assez décevante, et puis, c'est dommage de ne pas avoir accordé plus d'importance à ce que ça fait de vivre avec un coeur d'enfant quand on est adulte. Ce que ça pourrait faire aussi dans sa future relation avec la bergère. :mrgreen:
Oui donc la fin, ça va très vite et du coup ça rend un peu vain tout le long chemin parcouru juste avant. Du coup, je pense que si y a un truc que tu devrais revoir en premier c'est la fin.

Ah et sinon c'est quand que tu nous fais un texte qui soit pas un conte ? :noange:
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Tezcatlipoca

  • Tabellion
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Re : Lys de la vallée
« Réponse #6 le: 28 Novembre 2011 à 17:05:23 »
Il me semble que tu aies raison Rain: ce texte n'a rien d'extraordinaire, c'est un bon petit conte, avec les qualités que l'on peut attendre d'un conte, sans prétentions et sans grands effets de style. Et personnellement j'adhère. Lorsque tu le retravailleras plus tard tu trouveras sans doute quelques détails à améliorer, mais l'ensemble se tient, tu as trouvé le ton juste et la structure qui convient.

Parmi ces détails que tu pourrais améliorer, j'ai relevé ceux-ci, en vrac:

"rapportés par le colporteur" > l'expression me semble maladroite, sans doute à cause de la proximité étymologique des deux mots.

"avec des nouvelles de peste" > ici j'aurais volontiers vu une description plus précise de ces "nouvelles de peste": les effets du fléau sur les habitants, sur les villages qui en sont frappés, etc. En bref, un joli petit tableau de destruction (sans non plus tomber dans le glauque) qui susciterait davantage de tension.

"Elle guérissait les bobos" > le terme trop enfantin me semble inadéquat, pas dans le ton.

"des symptômes" > là encore, un terme pas dans le ton, trop médical, on est dans un conte et non dans un épisode de Docteur House.

"pour lui demander de faire quelque chose" > globalement, il y a dans ce texte trop d’occurrences du mot "chose", mis à toutes les sauces alors que c'est un mot à éviter autant que possible.

"tous les moutons avaient péri" > ici je préconiserai "toutes les bêtes" afin d'éviter la répétition de moutons.

"quelques temps passèrent" > "Quelque temps" doit toujours être utilisé au singulier, c'est une manière de dire "un certain temps".

"sur le pas de la porte. Celui-ci entra dans une rage folle" > Vu comment la phrase est tournée, on a l'impression que c'est le pas de la porte qui entre dans une rage folle.

"Dans tous les cas, moi, je fais pas un pas de plus" > "pas un pas", c'est maladroit. Suggestion: "Hors de question que je fasse un pas de plus". Attention à la répétition du mot "pas" juste après.

"Par tout le monde" > "Par le monde" me semble plus juste.

"exécution publique sanglante et douloureuse" > "Sanglante et douloureuse", est-ce une précision utile ? J’ai du mal à imaginer une exécution publique tendre et plaisante.

"puis" > Il y a définitivement trop d'occurrences de ce mot dans le texte. "Mais" ne doit pas être loin dans le classement, cependant cela choque moins.

Pour la fin, je suis d'accord avec Ernya: elle mériterait d'être un peu allongée, afin d'éviter l'impression de "tout ça pour ça". Tu pourrais par exemple décrire davantage le spectacle de félicité que le forgeron découvre chez Lys, les émotions qu'il ressent (plus que "son cœur bondit dans sa poitrine" qui ne peut suffire à rendre son état à cet instant).

Anlor

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #7 le: 28 Novembre 2011 à 22:18:37 »
Alors, j'ai décidé de proposer un commentaire constructif : pour moi c'est tout comme Ernya et Tezcatlipoca  :D

Sérieusement, j'ai bien aimé ton texte, surtout l'idée du forgeron capable de réparer les cœurs. Par contre, j'aurais trouvé mieux que tu préserves une aura un peu mystérieuse autour de ce personnage. Qu'on ne voit pas les cœurs disparaître sur la poitrine de gens allongés par exemple. ça ne dérange peut-être que moi, mais il me semble que ça casse le côté poétique de la forge à sentiments. De même, je trouve ça dommage que tout d'un coup tu nous dises "ah bah maintenant il sait fabriquer les cœurs tout entiers". Je n'ai pas de solution à proposer, évidemment, sinon ça serait pas drôle  :mrgreen:

Enfin, dans l'ensemble j'ai passé un bon moment! (surtout qu'il y a un petit côté enfantin et tout et tout alors moi j'aime bien c'est normal  ::) )

Hors ligne Zacharielle

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #8 le: 29 Novembre 2011 à 00:38:10 »
Alors Rain, on veut faire de l'ombre à Balzac ?  :mrgreen: Avant toute chose, bravo pour avoir réussi à finir un texte. Je n'écoute pas la musique pendant la lecture, pour ne pas être influencée.

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C'était un lieu paisible, bien loin des malheurs du monde – quoique les vieilles commères adoraient ressasser les ragots rapportés par le colporteur.
il y a un truc qui me gêne avec cette phrase, je crois que c'est le rythme induit par ta parenthèse. J'aurais peut-être préféré quelque chose d'un peu plus souple du style "du monde. Mais, comme dans tous les villages, les vieilles commères ressassaient.." Tu vois ? En plus comme ça tu introduirais l'élément perturbateur. Enfin, c'est juste une remarque comme ça. (Et : "un colporteur ! cool !")

Citer
Loin de s'alarmer, les villageois se rirent de la maladie et de ses victimes
quelle bande de beaux salauds

Citer
A l'instant où ce nom effleura les esprits, les rires se turent dans le village.
pour moi "se rire du danger" ne prenait pas un sens littéral, du coup ici ça fait un peu too much, un peu "j'étire l'idée" même si au fond on ne voit pas trop ce que ça donne, comme action. Ou alors il manque un "cependant" ?

Citer
Non pas que les habitants craignaient subitement que la peste arrive ; simplement, la guérisseuse mettait tout le monde mal à l'aise.
virgule plutôt que point-virgule ?

Citer
Elle ne sortait de sa cabane que pour se rendre au marché, une fois par semaine.
une cabane ? Elle a pas de bol lol Ah zut, je croyais qu'elle y allait pour faire les courses mais en lisant la suite... Ah aussi, je croyais que le marché avait lieu dans le village. Je comprends tout de travers  :mrgreen:

Citer
Malheureusement, ses efforts restèrent vains, car au matin suivant tous les moutons avaient péri.
ah bah ça va vite. Pa
s de symptômes chez les humains ?

 
Citer
Quelques temps passèrent. Les autres éleveurs avaient peur pour leurs animaux, mais l'épidémie ne semblait pas les gagner, et les rumeurs se firent de moins en moins entendre. Jusqu'au jour où
je trouve qu'il manque une transition. Non ?


Citer
Et sur cette enclume, il s'est mis à forger de nouvelles choses. Des sentiments. De petits, d'abord, qui s'effacent vite avec le temps.
trop chou ! Pas mal le conte du forgeron.

Citer
Il subit la pluie et la neige et la grêle et le vent, sillonnant les contrées de l'ouest à la poursuite d'une histoire, et ne se découragea jamais.
ça me semble bizarre qu'il se pose pas de questions, après tout il s'appuie juste sur un conte :m:

Citer
Sûrement, se dit-il, me suis-je trompé de phare et de tempête.
j'aime beaucoup :)

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Et le voyageur éconduit repartit, à la recherche d'un moyen de briser son cœur.
là aussi, le passage est brutal. Il n'est même pas déçu d'avoir fait tant de chemin pour devoir encore rallonger son épreuve ?

J'aime bien la réponse avec laquelle le vieux forgeron l'accueille.

Citer
Lentement, son cœur se fissura, et crac ! il se brisa en mille morceaux.
ça aussi j'aime bien (la façon dont c'est dit ^^)

Je trouve la partie "homme-enfant" bien rendue.


Ah mais je suis déçue, la fin est trop rapide, il n'y a rien d'expliqué, pourquoi ils avaient disparu, qu'est-ce qu'il ressent quand il les revoie avec son cœur tout neuf mais plus tout à fait le même, où est Lys et à quoi sert-elle, quel est son pouvoir. J'adore l'histoire du vieux forgeron dans son phare qui répare les cœurs (quoi qu'il y ait meilleur endroit où s'installer pour la profession) en tout cas mais je trouve que ton texte manque encore d'un peu de délicatesse aux entournures (il me semble que tu devrais développer certains passages, surtout la fin, et travailler les transitions :)) mais qu'il part sur une bonne base.

Mais en lisant le "Il était une fois" j'ai eu envie de dire "Ah ma parole ce garçon n'arrêtera pas de conter storette de sitôt !"

@ la prochaine Rain


Hors ligne Frédéric M

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #9 le: 29 Novembre 2011 à 12:16:19 »
Je vais être très original : comme la majorité, la fin m'a laissé sur ma faim.
Je trouve que c'est joliment écrit. Moi qui ne suis pas amateur de contes, j'ai tout lu !
Aut Stephen King, aut nihil.

Hors ligne Rain

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #10 le: 30 Novembre 2011 à 16:48:57 »
Merci à tous pour vos commentaires ! Je suis content que ça vous ait plu  ^^

Je suis entièrement d'accord pour la plupart de vos remarques, surtout concernant, mais je vais me laisser quelques temps avant de retravailler ce texte. Pour le laisser refroidir et parce que je suis en période d'examens  :mrgreen:

Je mettrai un message pour vous dire quand je me serai repenché dessus. Merci à tous d'avoir pris le temps de commenter, en tout cas !


PS : Zach, le titre à rien à voir avec Balzac. Avant que Myrt m'en parle, en fait, je connaissais même pas l'existence de ce roman  :-¬?
« Modifié: 01 Décembre 2011 à 20:48:05 par Rain »
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Hors ligne Fluffy

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #11 le: 01 Décembre 2011 à 21:49:01 »
Cela va faire quinze minutes que je rumine mon commentaire. Entre temps je me suis endormie sur mon canapé et je n'ai pas écrit une seule ligne. Bon, je vais essayer de me rattraper. Par contre, excuse moi pour ma flemmardise plus que flagrante mais je te passerais tout les détails du point de vue orthographique. Je vais donc analyser le fond et non la forme. Tout d'abord, un détail qui m'a tout de suite sauté au visage. Le conte s'appelle « Lys de la vallée » mais à ce stade et en comptant les passages où elle apparaît, ce serait pas mieux d'appeler le conte « Le forgeron de cœur » ? Personnellement, je trouve qu'il manque cruellement de détails sur notre chère Lys. D'où vient-elle, pourquoi fait-elle ça, qui est-elle vraiment... Surtout vers la fin ! Je ne vais pas faire dans l'original pour te dire que je l'ai trouvé un peu brusque ou alors totalement surréaliste. On a l'impression que tout ce qu'il a fait n'était qu'un rêve et que « paf pouf tagada » tout est réparé sans qu'on ne sache réellement pourquoi si ce n'est « Ok j'ai merdé mais maintenant que je parle comme un gamin de six ans et raisonne comme tel, la vie est belle parce que la guérisseuse a eu pitié de moi après m'avoir subi une torture psychologique qui m'a fait tué des centaines de personne sans que je ne sois poursuivit par la justice ». 

J’arrête les points négatifs car je sais qu'à la longue c'est désagréable et que je ne peux pas me permettre de juger tes écrits alors que les miens ne sont sûrement pas à la hauteur. Allons donc pour les points positifs qui m'ont marqué !

La transition entre « cœur adulte » et « cœur enfant » a vraiment été bien faite je trouve. Cette curiosité espiègle lui donnait un coté attachant et un peu plus humain que le début où je lui aurait juste bien donné des gifles. Aussi quelque chose que j'ai beaucoup aimé : Les étapes de sa conquête pour se briser le cœur. Chaque idée était bien trouvée (bien que le passage avec la femme en cloque qu'il laisse derrière lui m'a fait plus rigoler qu'autre chose) tout comme les phrases du vieux forgeron.

Citer
« Ton cœur s'est noirci, s'est empli de cruauté et de colère, mais il n'est pas brisé. Il brûle toujours de vengeance. Je ne peux rien pour toi. »

Ouai je trouve que ça a la classe u__u
Enfin bon, je pense que tout a été plus ou moins dit. J'aurais aimé me pencher encore un peu plus sur la question mais je suis en train de me rendormir sur mon clavier.

Juste une question... Tu mesures environ 1m90, tu es brun et tu marches pieds nus ?

Hors ligne Rain

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #12 le: 01 Décembre 2011 à 22:31:17 »
Raté, je suis petit et vaguement blond, et si je marche pieds nus, c'est juste parce que j'ai la flemme d'enfiler des chaussettes  :mrgreen:

Merci d'avoir passé du temps là-dessus, en tout cas. C'est vrai que la partie sur Lys est bien moins présente que celle du forgeron, mais bon, j'ai toujours du mal à trouver des titres, alors quand j'en ai un en tête je le lâche pas  :mrgreen: Et celui-ci m'est venu bien avant que je décide de lier ces deux histoires.

Bon, en tout cas, il faut définitivement que je revois cette fin  :mrgreen: Mais pas tout de suite. De toute façon, j'ai d'autres textes à retravailler avant  :-¬? (oui, un jour, je finirai la nouvelle version de Valkyrjan, promis).

Bref, content tu aies apprécié !
Perdu

Hors ligne Fluffy

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #13 le: 01 Décembre 2011 à 22:48:30 »
Ha bah pardon, je t'ai confondu avec quelqu'un d'autre (un compatriote conteur avec qui j'ai partagé le pain durant une réunion de ménestrel à Brocéliande... Le pire c'est que c'est la vérité xD)

Hors ligne Ambrena

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Re : Lys de la vallée
« Réponse #14 le: 03 Décembre 2011 à 11:10:02 »
Sortez le champagne, je commente un texte !  :aah:

Citer
Lys de la vallée
A la première lecture, quand j'ai vu que le personnage s'appelait Lys, je me suis tout de suite méfiée, à cause du sens anglais de cette expression.
Et du coup, la chute m'a bien mindfuckée:mrgreen: Mais je ne la comprends pas bien, par contre. Comment a-t-elle sauvé les moutons et les enfants ? Pourquoi ont-ils disparu ?

Citer
vivait seule dans une vallée dominée par un petit village à flanc de montagne.
Virgule après "vallée" ?

Citer
quoique les vieilles commères adoraient

Problème de grammaire. Normalement, c'est du subjonctif. Ceci dit, comme le subjonctif imparfait "adorassent" passerait mal étant donné le ton du texte, je propose du subjonctif présent : "adorent".

Citer
les villageois se rirent
Peu heureux. Je propose "se gaussèrent".

Citer
Non pas que les habitants craignaient
Idem que pour "adorent": je propose "craignent".

Citer
les bobos
Familier. Je trouve que la rupture de registre ne fonctionne pas très bien.

Citer
le plus grand forgeron de tous les temps
Je n'ai pas l'impression que cette idée soit très "contes de fées", puisque ces derniers sont par définitions atemporels. ;)

Citer
heureux comme tout.
Peut-être un peu trop familier, même si l'expression rend bien, ici.

Enfin voilà. Globalement, c'est bien narré, malgré quelques décrochages de langage et de rares fautes de grammaires, et j'ai bien accroché au récit. Beaucoup de tournures sont très jolies, par exemple, et même l'idée générale.  ::) Mais je ne comprends pas du tout la chute, et elle me laisse un peu sur ma faim.

Bonne continuation !
« Modifié: 03 Décembre 2011 à 11:14:17 par Ambrena »
"J’ai soudain la sensation limpide d’avoir gaspillé ma jeunesse… L’avoir vue s’échapper de mes mains comme l’anguille effrayée et m’appeler à présent sur le lierre du tombeau, où patiente depuis toujours le chant des enfants, les raisins volés…"

Roi Loth, Kaamelott, Livre V

 


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