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31 Août 2026 à 02:20:27
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Les tables du café sont en métal

Auteur Sujet: Les tables du café sont en métal  (Lu 164 fois)

Hors ligne Aléa

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Les tables du café sont en métal
« le: 27 Août 2026 à 04:51:50 »
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Je suis dans un café
J’ai raté ou j’attends un rendez-vous
Mais j’attends

Dans ce café il n’y a que des femmes
Pas un homme
Que des femmes.

La vie m’apparaît plus vrai

Dans ce café, je lis - deux autres lisent
Deux travaillent, ordinateurs
Les serveuses servent, au comptoir
D’autres discutent sorties
Une d’entre nous - parce que
Tout cela devient un nous
On ne se parle pas, on ne le voit pas, on n’y pense pas
Mais il y a un nous
Je m’importe peu, oui, il y a un nous -
Une d’entre nous pleure en écrivant
Elle cherche dans son portable et
Pleure sur son carnet

Sinon c’est le silence
Les commandes - bossa nova - pas trop fortes
Un gâteau au chocolat fond
Brûlant sur ma langue
Les reniflements contenus
Le goût du frappé trop amer


Un homme passe devant le café, il parle si fort brise notre silence intime, ralenti un poil en fait il ausculte notre salle remplie de femmes
En fait il sonde l’intérieur pour savoir laquelle d’entre nous il aimerait la plus baiser.
Disparaît.

Je ne voudrais pas sortir.
Fenêtres grandes ouvertes sur la rue sur la terrasse les chaises en métal chaud
Une écume d’or du soir dégouline sur les tables jardin
Annonce l’heure
L’éclat dans la vitre m’éblouit
Me ferme les yeux
J’aimerais rester dans ce café pour toujours
Rester ici en tombe ou me téléporter dans mon sofa, au choix du miracle

Les bancs sans regards : bannis
Salie, souillée
Attendre un transport : paroles et paroles intruses
Infraction sans cesse paro intolérable ; bannie

J’ouvre les yeux
Elle renifle une dernière fois avant de payer
Les ordinateurs ont disparu
Un couple est rentré et il est franchement moche
Les lampadaires de la rue s’allument pour achever d’éteindre le ciel
Je n’aime plus la nuit
Le café ferme dans trente minutes
Je viendrai jeudi

Et puis je danse à faire craquer les lattes de mon parquet

Et puis je sais qu’il y avait un nous
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

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Re : Les tables du café sont en métal
« Réponse #1 le: 27 Août 2026 à 14:53:45 »

Bonjour Aléa,
Votre poème est ancré dans l'instant présent, il montre les petites scènes de la vie, parfaitement ordinaires.
Simplement regarder les gens et regarder la vie passer, c’est cette sensation de présence au monde qui m’a touchée.
Merci pour ce partage
— Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le. L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie.
Johann Wolfgang von Goethe

— Tu peux tout.
April

Hors ligne Aléa

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Re : Re : Les tables du café sont en métal
« Réponse #2 le: 27 Août 2026 à 17:40:59 »

Bonjour Aléa,
Votre poème est ancré dans l'instant présent, il montre les petites scènes de la vie, parfaitement ordinaires.
Simplement regarder les gens et regarder la vie passer, c’est cette sensation de présence au monde qui m’a touchée.
Merci pour ce partage

merci beaucoup pour le commentaire

Tu aurais un retour un peu plus pertinent, je veux dire sur l'écriture, des remarques pour améliorer, ce qui fonctionne moins bien, par exemple ?
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

Hors ligne Claudius

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Re : Les tables du café sont en métal
« Réponse #3 le: 27 Août 2026 à 18:26:16 »
Bonsoir Alea, un plaisir de te revoir et plaisir multiplié de te lire.

Je t'imagine, souvenir, dans ce bar... une revue bien connue dans ta besace.

Sinon, j'ai lu ce texte en première lecture dans le mail de notification. Ce style m'a surprise... qui donc ?

Seconde lecture ici. Style haché, comme un regard qui balaye rapidement la pièce. Des bribes, des ressentis fugaces. "qui travaillent, ordinateurs".

Citer
La vie m’apparaît plus vrai
vraie peut-être

Citer
Dans ce café, je lis - deux autres lisent
Deux travaillent, ordinateurs
Les serveuses servent, au comptoir
D’autres discutent sorties
Une d’entre nous - parce que
Tout cela devient un nous
On ne se parle pas, on ne le voit pas, on n’y pense pas
Mais il y a un nous
Je m’importe peu, oui, il y a un nous -
Une d’entre nous pleure en écrivant
Elle cherche dans son portable et
Pleure sur son carnet
On suit ton idée, ou du moins ton regard, et "une d'entre nous - semble bien seul sans raison d'être.
Puis tu passes du nous au on.
Et revoilà le "Une d'entre nous" avec sa raison d'être

J'ai un peu coincé dans ce passage...

Citer
Sinon c’est le silence
Les commandes - bossa nova - pas trop fortes
Un gâteau au chocolat fond
Brûlant sur ma langue
Les reniflements contenus
Le goût du frappé trop amer
Ce sont les commandes pas trop fortes ou la bossa nova ?


Citer
Un homme passe devant le café, il parle si fort brise notre silence intime, ralenti un poil en fait il ausculte notre salle remplie de femmes
En fait il sonde l’intérieur pour savoir laquelle d’entre nous il aimerait la plus baiser.
Disparaît.
ralentit un poil - et la répétition de en fait me chagrine
Citer
Je ne voudrais pas sortir.
Fenêtres grandes ouvertes sur la rue sur la terrasse les chaises en métal chaud
Une écume d’or du soir dégouline sur les tables jardin
Annonce l’heure
L’éclat dans la vitre m’éblouit
Me ferme les yeux
J’aimerais rester dans ce café pour toujours
Rester ici en tombe ou me téléporter dans mon sofa, au choix du miracle

 :coeur: :coeur: :coeur: surtout l'écume d'or

Citer
Les bancs sans regards : bannis
Salie, souillée
Attendre un transport : paroles et paroles intruses
Infraction sans cesse paro intolérable ; bannie
Salie, souillée puis bannie ? Il s'agit de la narratrice ?

Citer
J’ouvre les yeux
Elle renifle une dernière fois avant de payer
Les ordinateurs ont disparu
Un couple est rentré et il est franchement moche
Les lampadaires de la rue s’allument pour achever d’éteindre le ciel
Je n’aime plus la nuit
Le café ferme dans trente minutes
Je viendrai jeudi
Pensées fugaces - Elle c'est encore la narratrice ?

Citer
Et puis je danse à faire craquer les lattes de mon parquet

Et puis je sais qu’il y avait un nous

J'ai vécu l'instant avec toi, je ne sais pourquoi, même si certaines formulations m'ont éloignée de l'ambiance, je ressens ce nous qui fait tant de bien lorsqu'on se sent rejetée qui que l'on soit.

 :calin: :oxo:



Usage de la fenêtre : inviter la beauté à entrer et laisser l'inspiration sortir. Sylvain Tesson

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Hors ligne April

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Re : Les tables du café sont en métal
« Réponse #4 le: 27 Août 2026 à 19:16:24 »
Re-bonjour Aléa,
Votre poème est en vers libres, ce qui vous laisse une grande liberté de construction. Le texte semble chercher une poésie de l’instant, presque brute, qui refuse de trop “faire joli”. Vous racontez une histoire, et je trouve que c’est une force du poème : on entre progressivement dans cette scène à travers le regard de la narratrice.
Vous créez également un rythme interne avec l’alternance de vers longs et de vers plus courts. J’ai remarqué que les vers 26, 27, 30 et 36 sont sensiblement plus longs que les autres. Cela produit un effet visuel et ralentit peut-être légèrement la lecture. Je me suis demandée s’il y avait une intention particulière derrière le choix de les laisser ainsi, plutôt que de les couper.
Quelques formulations paraissent provisoires : “ralenti un poil”, “au choix du miracle”, “infraction sans cesse paro intolérable” ; peut-être c’est volontaire.
L’émotion ressentie par le lecteur, c’est l’essentiel, je pense que c’est acquis
« Modifié: 27 Août 2026 à 19:19:29 par April »
— Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le. L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie.
Johann Wolfgang von Goethe

— Tu peux tout.
April

Hors ligne Marie Laure

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Re : Les tables du café sont en métal
« Réponse #5 le: 28 Août 2026 à 12:18:58 »
La peur de l'Homme...le Mâle.
"Voir le monde comme je suis et non comme il est". Paul Eluard.

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Les tables du café sont en métal
« Réponse #6 le: 28 Août 2026 à 18:43:47 »
Bonsoir,

Je vois... je vois... une femme saisie par un moment de conscience élargie... Le lieu : un café qui devient son refuge ; la scène s'intériorise, la femme "gobe"la presque micro‑communauté comme on gobe un œuf d'intemporalité.

Ce "nous" que tu fais émerger est très beau, très subtil, et la manière dont il se défait ensuite est tout aussi bien rendue.

La lecture approfondie du texte témoigne d'une hypersensibilité au monde, à la présence des autres, à l’intrusion qui vient du dehors.

C’est un texte qui témoigne d’un état, plus que d’un événement, et c’est ce qui, du moins à mes yeux le rend précieux.
PLUMA IN ASCESI ATTOLLITUR, UBI SCRIPTURA SINE ANIMA CONTRAHITUR.

La plume en ascèse s’élève là où l’absence d’âme rétrécit l’écriture.

 


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