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Je suis dans un café
J’ai raté ou j’attends un rendez-vous
Mais j’attends
Dans ce café il n’y a que des femmes
Pas un homme
Que des femmes.
La vie m’apparaît plus vrai
Dans ce café, je lis - deux autres lisent
Deux travaillent, ordinateurs
Les serveuses servent, au comptoir
D’autres discutent sorties
Une d’entre nous - parce que
Tout cela devient un nous
On ne se parle pas, on ne le voit pas, on n’y pense pas
Mais il y a un nous
Je m’importe peu, oui, il y a un nous -
Une d’entre nous pleure en écrivant
Elle cherche dans son portable et
Pleure sur son carnet
Sinon c’est le silence
Les commandes - bossa nova - pas trop fortes
Un gâteau au chocolat fond
Brûlant sur ma langue
Les reniflements contenus
Le goût du frappé trop amer
Un homme passe devant le café, il parle si fort brise notre silence intime, ralenti un poil en fait il ausculte notre salle remplie de femmes
En fait il sonde l’intérieur pour savoir laquelle d’entre nous il aimerait la plus baiser.
Disparaît.
Je ne voudrais pas sortir.
Fenêtres grandes ouvertes sur la rue sur la terrasse les chaises en métal chaud
Une écume d’or du soir dégouline sur les tables jardin
Annonce l’heure
L’éclat dans la vitre m’éblouit
Me ferme les yeux
J’aimerais rester dans ce café pour toujours
Rester ici en tombe ou me téléporter dans mon sofa, au choix du miracle
Les bancs sans regards : bannis
Salie, souillée
Attendre un transport : paroles et paroles intruses
Infraction sans cesse paro intolérable ; bannie
J’ouvre les yeux
Elle renifle une dernière fois avant de payer
Les ordinateurs ont disparu
Un couple est rentré et il est franchement moche
Les lampadaires de la rue s’allument pour achever d’éteindre le ciel
Je n’aime plus la nuit
Le café ferme dans trente minutes
Je viendrai jeudi
Et puis je danse à faire craquer les lattes de mon parquet
Et puis je sais qu’il y avait un nous