Petite explication, puisque ce poème est inspiré d'une expérience récente.
Je ne me suis pas fait mal depuis un certain temps,
et il y a environ deux jours, je me suis coupé plutôt violemment au pouce.
C'était une expérience étrange, la douleur était à la fois plaisir et lucidité d'esprit.
J'rajoute que je suis pas spécialement masochiste, d'où un étonnement accru.
Ensuite, j'ai regardé les gouttes sur le carrelage blanc, et ça m'a fait penser à
Un roi sans divertissement de Giono,
car la couleur m'a fasciné. J'avais du mal à décrocher le regard du sang, et je me suis dit que j'aimerais bien voir du sang plus souvent.
Enfin, je me suis dit que ça pouvait être une motivation parmi d'autres pour être un sérial killer, mais surtout, ce qui m'a fasciné,
c'est la capacité qu'a la douleur à vous sortir hors du temps, et aussi cette couleur très pure, un peu comme l'équivalent rouge du bleu de Klein.
Bref, du coup, je me suis dit que j'aimerais bien écrire là-dessus et essayer d'explorer cette voie.
J'ai fait ce poème vite fait en étant plutôt fatigué et sans trop d'inspiration, voyez ça comme un premier jet sur le sujet.
Je me demande juste comment je vais pouvoir affiner ma vision de la chose sans avoir à me mutiler, parce que j'ai pas trop trop envie de me mutiler.

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Les dents de la lame, une à une -
Éclair aigu, jouissance lucide -
Murmurent à mes sens acides
Et broient mes angoisses nocturnes.
Cet instant infini et placide
Que même un Dieu ne saurait déranger,
L'intensité électrique et aride
D'une cérémonie aux hurlements muets,
Invocateur de la clarté et du vertige,
Cri dépourvu de bouche,
Puis vint le pourpre et la fascination douce :
Il est si facile de sonner le glas d'un corps,
Quand la couleur de sa vie peint la beauté de sa mort,
Quand la cruauté chante l’œuvre d'art vivante,
Des gouttes de sang, et des entrailles béantes.