Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

29 Janvier 2026 à 00:34:10
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Auteur Sujet: Lion des mers ( conte animalier)  (Lu 163 fois)

Hors ligne EmyMarty

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Lion des mers ( conte animalier)
« le: 21 Janvier 2026 à 14:05:06 »
Voici un conte animalier destiné aux 10-12 ans et à tous ceux qui ont gardé leur âme d'enfant. ;)

Pensez-vous qu'il est adapté à cette tranche d'âge ?
Selon vous, quel est le message de ce conte ?
Tout commentaire est bon à prendre alors n'hésitez pas ;D


Il était une fois un bateau de pêche qui voguait près des côtes africaines.
Et dans sa cale, une cage.
Et dans la cage, un lionceau.

Le lionceau était triste, seul dans sa trop petite cage. Il rêvait de s’échapper sur le pont. Un matin, le capitaine, qui le nourrissait chaque jour mais ne le laissait jamais sortir, oublia de refermer le verrou de la cage.

Le lionceau hésita un instant. Il faisait si noir dans la cale.

Après avoir pris une grande inspiration, il se faufila lentement hors de sa cage. Puis il grimpa, sans faire de bruit, les escaliers qui menaient au pont.

Au début, le petit animal n’y vit rien à cause de la grande luminosité. Puis, quand ses yeux s’habituèrent à la lumière, il fut subjugué. Le ciel était infini et le pont si grand qu’il pouvait y courir d’un côté à l’autre. Pour la première fois, il sentit le vent sur son museau et le soleil sur ses poils. Quelque chose s’illumina tout au fond de lui, et il se mit à craindre plus que tout de retourner dans sa cage.

Alors, il fit tout pour se rendre utile. Il tirait sur les cordes des filets de pêche avec les matelots. Il nettoyait de sa langue toute tache qui apparaissait sur le pont et allait rechercher dans la mer les marins emportés par une houle trop forte.

Au début, les marins avaient un peu peur de lui. Mais, petit à petit, il gagna leur confiance et leur amitié. Il se rendit si indispensable et si aimable avec tous qu’il ne retourna plus jamais dans la cale. Son capitaine lui fit même construire un abri sur le pont afin que, même par mauvais temps, il soit protégé.

Plus le temps passait, plus il devenait un membre à part entière de l’équipage. Mais il grandissait un peu trop vite. Chaque jour, il devenait plus fort et plus imposant.

Certains marins, qui le connaissaient pourtant depuis toujours, se mirent à le craindre.

Il y eut aussi quelques incidents où, sans le faire exprès, Lion avait griffé l’un de ses amis. Ils en avertirent le maître mais, chaque fois qu’ils lui en parlaient, il secouait la tête. Il l’aimait trop pour s’en séparer.

les discordes entre les marins devenaient de plus en plus fréquentes. Certains matelots évitaient Lion. Le jeune fauve ne comprenait pas ce qui se passait. Il ressentait que quelque chose n’allait pas, que ce n’était plus comme avant, mais il était loin d’imaginer qu’il en était la cause.

Le capitaine, de son côté, devenait de plus en plus silencieux. Il observait Lion.

Il se rendit compte qu’il ne pouvait plus entrer que la moitié de son corps dans son abri ; que ses foulées étaient si larges qu’il ne pouvait plus courir sur le pont ; et que son appétit était devenu si vorace qu’il mangeait chaque jour une plus grande partie de leur pêche.

Un jour, avec beaucoup de tristesse, il dit à Lion :
— Lion, tu es un excellent matelot, mais nous ne pouvons plus te garder. Tu es devenu trop grand pour notre petit bateau de pêche. Demain, nous te déposerons sur le continent, où tu pourras vivre une vraie vie de lion.

Ce soir-là, Lion ne put trouver le sommeil. La tête en dehors de son abri, il regardait les étoiles en réfléchissant aux paroles de son capitaine. Il avait beau retourner ses mots dans tous les sens, il ne comprenait pas ce qu’il avait voulu dire par « vivre sa vie de lion ». Il vivait parfaitement bien sur le pont, et personne d’autre, à part lui, ne s’appelait Lion. De plus, il n’avait aucune envie d’abandonner son navire, son maître et ses amis. Il était impossible qu’il y ait quelque chose de mieux ailleurs.

Un matelot qui avait trop bu chancela et tomba dans la mer agitée. Personne ne le vit à part Lion. Il sauta par-dessus bord. C’était justement un des marins qui s’était plaint de lui au capitaine. Il était lourd et Lion avait beaucoup de mal à nager avec lui sur son dos. Pourtant, il n’abandonna pas. À bout de force, il parvint à agripper une grosse corde qui pendait dans l’eau et à y grimper. Le bruit avait alerté l’équipage, qui vint les aider à se hisser sur le pont.

Quand Lion, trempé jusqu’aux os, vit le capitaine, il put lire facilement la fierté qui brillait dans ses yeux. Mais il y avait autre chose. Autre chose qu’il ne pouvait pas identifier.
Le marin que Lion avait sauvé le caressa longuement pour le remercier, comme il le faisait quand il était petit. Et pas un seul membre de l’équipage n’oublia de le féliciter. Certains avec un large sourire aux lèvres, d’autres en gardant leurs distances.

Malgré tout, le capitaine ne changea pas la décision qu’il avait prise.

Le lendemain, quand son maître le déposa sur la plage, Lion se sentit tanguer. C’était la première fois qu’il posait la patte sur le sol ferme. À bord de ce qui avait été jusqu’alors son chez-lui, les autres matelots et son maître lui faisaient signe et lui souhaitaient le meilleur, de loin. De plus en plus loin, jusqu’à ce que l’horizon les avale.

De l’eau salée coula sur le museau du jeune fauve. Un moment, il resta là à pleurer en regardant l’horizon, dans l’espoir qu’ils changeraient d’avis et reviendraient le chercher. Puis, épuisé, il s’endormit. 

La faim finit par le tenailler. Il observa avec attention une colonie de phoques bien gras, mais il n’avait jamais chassé et ne savait pas comment faire. Alors, il décida d’aller pêcher. Rapidement, il plongea et attrapa cinq gros poissons, qu’il dévora d’un coup.

Après avoir bien mangé, il se sentit plus fort et quitta la plage.

Au-delà des dunes s’étendaient, à perte de vue, des prairies où broutaient tranquillement des animaux qu’il n’avait encore jamais vus. Certains avaient des taches et un cou immensément long ; d’autres semblaient ne pas avoir de pelage, mais seulement une peau grise et quelque chose de dur et de pointu entre les yeux ; d’autres encore étaient immenses, avec un nez aussi long et épais qu’une grosse corde de marin.

Ces animaux avaient l’air heureux. Leurs petits couraient partout. Alors quelque chose commença à lui chatouiller les jambes et, sans même le décider, il se mit à courir comme il n’avait jamais couru auparavant. La crinière sous le vent, il sautait par-dessus les rivières et les rochers, et les animaux s’écartaient sur son passage.

Le même sentiment lumineux qui était né en lui quand il avait découvert le pont refit surface. Mais, cette fois-ci, bien plus fort. Plus jamais il ne voulait être cantonné sur un pont. Il voulait passer le reste de sa vie à découvrir cette terre qui paraissait aussi infinie que le ciel lui-même.

Un matin, alors qu’il longeait la rivière, il vit la créature la plus belle qu’il n’avait jamais vue.

Un pelage couleur de la savane, des yeux dorés et des formes musclées. Lion, malgré sa timidité, ne put s’empêcher de s’en approcher. Mais dès qu’il fit quelques pas dans sa direction, l’animal huma l’air et courut vers lui.

— Comment t’appelles-tu ? lui demanda la créature, en le regardant de ses yeux perçants.
— Je suis Lion, enchanté, répondit-il poliment.

La créature se mit à rire si fort qu’elle se roula dans les herbes.

— Lion, c’est ce que tu es, ce n’est pas un nom !

Lion ne savait pas quoi répondre et avait l’air visiblement surpris.

— Moi aussi, je suis un lion. Ou plutôt une lionne. Mais j’ai aussi un nom. Je m’appelle Gamma. Et toi, tu es un lion, mais quel est ton nom ?

Lion se gratta la tête. On ne l’avait jamais appelé autrement que Lion. Il regarda tout autour de lui et dit :

— Toi, tu as toujours vécu ici, n’est-ce pas ? Moi, j’ai grandi dans un bateau. Je crois que tu peux m’appeler Lion des mers, sauf si tu trouves un nom plus joli.

Gamma lui sourit et hocha la tête.

— Veux-tu que nous chassions ensemble ? Ça fait plusieurs jours que je n’ai pas mangé. Essayons d’attraper cette autruche là-bas !

Lion des mers hocha la tête, mais, comme il était bruyant et maladroit, il la fit fuir. Malgré tous leurs efforts, ils ne purent pas la rattraper. Gamma montra les crocs et fit voler la poussière sous ses pattes.

Lion des mers baissa la tête en silence. Puis il eut une idée :

— Suis-moi à la rivière ! dit-il en se mettant à courir.

— Non ! Je ne veux pas boire ni jouer dans l’eau ! Je veux manger !

— Justement, alors suis-moi.

Gamma le regarda en plissant les sourcils, mais elle courut derrière lui.

Une fois arrivé à la rivière, Lion des mers se positionna en son centre. Il se concentra sur l’eau, puis, après une attente très longue pour Gamma, il lui lança un premier poisson, puis un deuxième, puis un troisième.

Gamma n’osait pas les manger. Elle ne savait pas quel goût ils avaient.

— Mange ! s’exclama Lion des mers. Tu verras, c’est bon et ça te redonnera des forces.

Gamma goûta le premier du bout des crocs, puis dévora goulûment le deuxième et le troisième.

Avec enthousiasme elle lui demanda :

— Tu accepterais de montrer ta technique aux autres membres de mon clan ?
— Bien sûr, répondit Lion des mers, agréablement étonné qu’il puisse exister encore plus de lions.

Les pattes de Lion des mers tremblaient un peu. Lui qui pensait être le seul de son espèce allait maintenant rencontrer toute une troupe de ses semblables. Il se demandait s’ils allaient l’accepter, lui qui était si différent.

Tout le long du chemin, ils parlèrent de chasses dans le désert et de pêche en haute mer. Gamma regardait Lion des mers comme personne ne l’avait jamais regardé. Il se sentait bien avec elle.

Quand ils arrivèrent au clan, le soleil rouge descendait dans la savane. Dès que les mâles virent que Gamma revenait avec un inconnu, ils se postèrent entre eux et les femelles et leurs petits. Ils étaient maigres et affaiblis par une faim prolongée.

Gamma leur cria :

— C’est un allié, il veut juste nous aider à trouver à manger.

Le mâle dominant, Oméga, prit la parole :

— Comment ? Il n’y a presque plus de gibier par ici. Serait-il meilleur chasseur que nous ?

Les mâles regardaient Lion des mers du coin de l’œil. Il était imposant et son pelage luisait de santé.

— Pas du tout, dit Gamma. C’est le pire chasseur que je connaisse. Mais il sait pêcher et il pourrait nous fournir du poisson pour nous nourrir.

En entendant qu’il ne savait pas chasser, Oméga eut un sourire satisfait.

— Du poisson ! s’exclama Oméga. Même en pêchant tous les poissons du fleuve, ce ne serait pas assez pour nous nourrir tous !

— Allons-y tout de même, les petits meurent de faim ! cria Delta, la lionne la plus âgée et la mère de Gamma.

Toutes les lionnes et leurs petits se mirent en marche vers la rivière. Les lions les suivirent de mauvaise grâce. Gamma et Lion des mers guidaient la petite troupe. Par moments, le mâle le plus jeune et quelques lionnes et lionceaux venaient poser des questions à Lion des mers, qui y répondait avec plaisir.

Il faisait nuit noire quand ils arrivèrent, mais les lions voient très bien la nuit. Lion des mers mit ses pattes dans l’eau et la fixa.

De longues minutes s’écoulèrent, durant lesquelles Oméga et ses acolytes se moquèrent de Lion des mers :

— Alors, c’est ça ta solution ? Nous faire déplacer pour te regarder fixer l’eau ? Nous avons perdu notre temps et notre énergie en te suivant. Rentrons au camp !

Lion des mers ne releva même pas la tête.

Les mâles se remirent en marche, suivis de quelques femelles et de leurs petits. Mais Gamma, sa mère et ses petits, ainsi que le plus jeune des mâles, attendirent encore un peu.

Soudain, Lion des mers agita sa patte, et un gros poisson atterrit dans l’herbe. Puis un deuxième. Puis un troisième.

Les cris de joie de ceux qui étaient restés auprès de lui firent revenir toutes les lionnes.

Patiemment, pendant toute la nuit, Lion des mers pêcha pour tout le clan. Même les mâles affamés finirent par manger à contrecœur. Pourtant, malgré tous ses efforts, les estomacs n’étaient pas assez remplis. Oméga avait raison : tous les poissons de la rivière ne suffiraient pas à les nourrir. Il leur fallait des proies plus grosses.

— Rentrons au camp. Tout ceci n’était qu’un apéritif. Aujourd’hui, les vrais lions vont vous apporter de quoi vous nourrir.

La troupe obéit à son chef.

Lion des mers, épuisé, se coucha dans les herbes. Gamma s’allongea à côté de lui.

— Reviens avec nous, lui ordonna Oméga.

Gamma refusa de la tête. Oméga montra les crocs, mais la jeune lionne ne bougea pas d’un pouce.

Oméga fit un pas pour la mordre. Mais Lion des mers bondit sur ses pattes et rugit avec une puissance qui l’étonna lui-même.

Oméga hésita un moment à se jeter sur lui. Puis, après avoir évalué de nouveau la stature de Lion des mers, il leur vociféra :

— Gamma, tu es exclue à jamais du camp. Si toi ou ton lion stupide vous approchez de l’un d’entre nous, nous vous tuerons.

Tremblant de rage, il se retourna et courut pour reprendre la tête du clan.

La mère de Gamma la regarda longtemps avant de baisser la tête et de rejoindre les autres.

Les jours qui suivirent, Gamma n’avait pas le moral. Elle mangeait à peine et dormait beaucoup. Lion des mers faisait tout son possible pour qu’elle se sente mieux. Il l’emmenait se balader au clair de lune, la faisait rire en faisant des grimaces et la léchait doucement. Petit à petit, ils tombèrent amoureux, et Gamma regretta moins sa famille.

Quand la belle lionne expliqua à Lion des mers qu’ils allaient bientôt avoir des petits lionceaux, il crut que son cœur allait sortir de sa poitrine. Il se roula dans les herbes et rugit aux quatre vents.

— Il faut que je le dise à ma mère, lui dit Gamma.

— Oui, je comprends. Je vais venir avec toi et je te protégerai.

Quand ils arrivèrent au clan, ils furent consternés de voir qu’il était devenu maigre à faire peur. Certains lionceaux n’étaient plus là. Les mâles étaient partis chasser.

Gamma alla droit vers sa mère, qui léchait le corps squelettique de ses petits.

— Gamma, dit-elle quand elle la vit, comme tu es belle et grosse.

Elle la lécha et la sentit. Gamma n’eut même pas à lui dire qu’elle était enceinte : elle le savait déjà.

Lion des mers, en les voyant, fut profondément peiné. Mais comment nourrir tant de gueules ? Une idée fulgurante lui vint à l’esprit.

Il s’avança entre les femelles et leur dit de sa voix grave et imposante :

— Je connais un endroit où les proies sont abondantes et faciles à attraper. Suivez-moi, et vous mangerez tous à votre faim. Je vous le promets.

Les yeux de Gamma brillaient de fierté.

Les lionnes le regardaient, indécises. Puis elles virent les poils brillants de Gamma, son visage rayonnant et la graisse si belle qui recouvrait ses os. La mère de Gamma se mit en marche, bientôt suivie par la plupart des lionnes. La sagesse de la vieille lionne était connue de tous.

Mais Oméga et les autres mâles revinrent de la chasse. Dans leurs gueules, une petite gazelle rachitique et sans doute malade, mais c’était de la viande. Les lionnes en salivaient d’avance. Oméga lâcha sa prise, mais la laissa à ses pieds pour que personne ne puisse y croquer.

— Ne partez pas avec ce fou. Les belles promesses qu’il vous a faites ne sont que du vent.

Lion des mers lui expliqua, en le regardant droit dans les yeux :

— Près de la mer, j’ai vu une colonie d’animaux énormes et gras. Le trajet est long, mais nous longerons la rivière pour avoir toujours de quoi manger. Allons-y tous ensemble.

Oméga trembla pour ses lionnes et ses petits. En se tournant vers elles, il hurla :

— Il ne sait même pas chasser ! Vous allez toutes mourir en chemin. Et la mer, ce n’est pas un lieu pour un lion. Notre place est ici, dans la savane.

De nouveau, l’idée de se battre avec Lion des mers lui passa par l’esprit. Mais il n’avait pas mangé depuis des jours et avait dépensé toute son énergie à atteindre cette gazelle.

Oméga jeta la proie au milieu des lionnes.

— Celles qui veulent partir, partez ! Mais alors, vous n’aurez pas un seul morceau de viande. Et vous serez à jamais bannies du clan.

Delta prit la parole :

— Si nous restons ici, nous mourrons tous de faim. Pensez à vos petits !

Oméga se mit à rugir et à montrer les crocs. Le regard des lionnes passait de la gazelle à Lion des mers. Puis une première lionne se mit en mouvement, bientôt suivie par toutes les autres.

La moitié des femelles rebroussa chemin et croqua la viande. Les autres s’agglutinèrent derrière leur nouveau protecteur.

La vieille lionne, la tête haute, dit à ces dernières :

— En avant, mes sœurs, mes filles et mes amies.

Lion des mers les conduisit d’un pas lent pour les ménager. Chaque jour, Gamma, qui avait appris la technique, et lui nourrissait la troupe. Juste assez que pour pouvoir continuer à marcher.

La jeune lionne semblait chaque jour plus fatiguée et Lion des mers s’inquiétait : Et si la colonie n’était plus sur la plage, comment allait-il nourrir tant de monde ?

A la lueur de l’aube, il vit les dunes au loin. Des sentiments contraires se bousculaient en lui. Il était très impatient, mais il avait la boule au ventre. N’y tenant plus, il se mit à courir à toute vitesse. Il touchait à peine le sol.

Ses pattes s’enfoncèrent dans le sable, ce qui ralentit à peine sa course. Du sommet des dunes, un spectacle magnifique s’offrit à lui : une eau d’huile à perte de vue et, sur la plage, des milliers de phoques à fourrure.

De nouveau, Lion des mers sentit de l’eau salée s’écouler sur son museau, mais elle n’avait plus la même saveur.

Quand Gamma le rejoignit enfin, il souriait tant que tout son visage rayonnait.

— Je crois qu’il est temps pour toi de changer de nom, dit-elle. À partir d’aujourd’hui, tu seras Alpha.

Alpha et son clan devinrent vite gras et beaux. Plus tard, le plus jeune des mâles et quelques femelles squelettiques les rejoignirent.

Si vous avez un jour la chance de voguer sur les eaux chaudes d’Afrique, vous verrez peut-être la troupe d’Alpha courir sur les plages de Namibie.
Vous la reconnaîtrez sans difficultés, un énorme mâle trône au sommet des dunes les yeux rivés sur l’horizon.
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« Modifié: Hier à 12:47:42 par EmyMarty »

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Lion des mers ( conte animalier)
« Réponse #1 le: 25 Janvier 2026 à 12:34:47 »
Bonjour EmyMarty

Déjà, ayant moi-même réglé mon écran sur un grossissement de 133% je dirai que le fait de grossir ton propre script ne m'a pas aidé, car à cause des marges conséquentes du forum qui réduisent d'autant la largeur des textes, j'ai dû copier/coller le tout dans mon "bloc-notes" pour le lire de façon plus confortable.

Sinon, pour répondre à la question "Pensez-vous qu'il est adapté à cette tranche d'âge ?" il me semble que le seul fait de commencer par "Il était une fois" le destine à des enfants de 7 ans, alors que le style invite aussi ceux de  77 ans (et + si affinité !). Ce qui revient à devoir mettre cette formule entre guillemets + italiques.

Quoi qu'il en soit, je trouve que le dit style à besoin d'être sérieusement affiné selon que tu le destine ou non à tous les âges.

Exemple : "Et dans sa cale, une cage. Et dans la cage, un lionceau."
demande à être dans le premier cas simplifié tel que [Dans sa cale, il y avait une cage et dans la cage, un lionceau.]

Donc, côté style, je crains qu'il ne faille tout revoir pour l'adapter aussi côté constructions :

Autre exemple : "Le lionceau était triste, seul dans sa trop petite cage. Il rêvait de s’échapper sur le pont. Un matin, le capitaine qui le nourrissait chaque jour, mais ne le laissait jamais sortir, oublia de refermer le verrou de la cage. "

Pourrait devenir : [Le lionceau était triste. Il rêvait de s’échapper, monter sur le pont. Or un matin, le capitaine qui le nourrissait chaque jour sans jamais le laisser sortir, oublia de refermer l'écoutille ainsi que le verrou de la cage.]

"Le lionceau hésita un instant. Il faisait si noir dans la cale."

Idem : [Mais il faisait si noir dans cette cale !]

Ainsi je peux aller plus loin dans mes suggestions (qui risquent d'être nombreuses !) alors dis moi ce que tu en pense. (ce peut-être la raison de l'absence de commentaires ?)
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Re : Lion des mers ( conte animalier)
« Réponse #2 le: 26 Janvier 2026 à 13:44:50 »
Bonjour Robert,

Merci pour ton retour détaillé et pour le temps que tu as consacré à cette lecture.

Je comprends la logique qui consiste à vouloir simplifier certaines phrases ou à lisser la construction pour cibler un âge précis. De mon côté, j’ai fait le choix assumé d’écrire un conte illustré, et non un texte narratif scolaire ou un roman jeunesse calibré.

Dans ce cadre, certains procédés que tu pointes (répétitions, phrases brèves, ruptures de rythme) ne relèvent pas, selon moi, d’un manque de clarté, mais d’un travail sur l’oralité, le rythme et la musicalité, pensé pour la lecture à voix haute et pour laisser de l’espace à l’illustration. Simplifier ou reconstruire systématiquement les phrases irait à l’encontre de cette intention.

Par ailleurs, je fais le choix de faire confiance aux lecteurs de 10–12 ans, qui sont capables de comprendre un vocabulaire légèrement soutenu dès lors qu’il est contextualisé, et d’apprécier une narration qui suggère plutôt qu’elle n’explique tout.

C’est pour ces raisons que je ne suivrai pas ces recommandations telles quelles : non parce qu’elles seraient infondées, mais parce qu’elles correspondent à une autre approche du texte que celle que j’ai choisie. Cela dit, elles m’aident à clarifier et à affirmer mon intention d’écriture, et je t’en remercie.



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Re : Lion des mers ( conte animalier)
« Réponse #3 le: 26 Janvier 2026 à 16:26:55 »
Salut EmyMarty  :)

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


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Pensez-vous qu'il est adapté à cette tranche d'âge ?
Je n'en sais rien mais ton texte n'est pas homogène. J'ai l'impression qu'il commence comme un conte pour enfant et que tu perds ensuite cet objectif de vue à mesure que tu t'immerges dans ton histoire. Et honnêtement j'ai préféré la fin au début, que j'ai trouvé un peu bancal, maladroit. La deuxième moitié du texte me parait trop longue pour des enfants, mais c'est  à mon avis la meilleure. Je sens que tu n'essayes plus de coller à un style que tu maîtrises mal et que c'est davantage ton écriture, plus axée sur les ressentis des personnages.

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Selon vous, quel est le message de ce conte ?
J'avoue que je ne sais pas trop. Be yourself ? Le lion ne peut pas être marin mais il n'est pas adapté pour être lion et au final il utilise ses compétences, trouve sa propre voie. Je dirais que c'est une histoire d'identité.
Tu traites un peu le masculinisme qui est ici également l'antagonisme et la résistance au changement.

Le personnage de Gamma mériterait d'être approfondi. Elle est l'adjuvante principale et la girlfriend du protagoniste, mais à part ça, que sait-on vraiment de sa personnalité ?

A mon avis le texte a encore besoin d'être retravaillé.
Sur la forme pour corriger des maladresses mais surtout l'adapter à ton lectorat (format + court, phrases + simples)
Sur le fond pour mieux l'organiser, maîtriser le rythme, la tension narrative, l'enchaînement des scènes. Tu as une scène forte au début (Lion marin, intrigant) et une à la fin (confrontation, exil vers l'océan) mais le reste est plus faible je trouve.

Voilà pour mes réflexions  :)
bon courage, à bientôt
 :mafio:
« Modifié: 26 Janvier 2026 à 22:35:41 par Auteur »
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Re : Re : Lion des mers ( conte animalier)
« Réponse #4 le: 26 Janvier 2026 à 23:13:29 »

 j’ai fait le choix assumé d’écrire un conte illustré, et non un texte narratif scolaire ou un roman jeunesse calibré.



Hum, moi je veux bien le qualifier ainsi pour l'esprit qui s'en dégage, mais j'ai un peu de mal à l'admettre côté format.

Déjà, à présent que je l'ai relu plus en détail, je reconnais que c’est bien un conte — mais un conte long ! car proche du roman jeunesse, type initiatique "illustré" (dans le sens métaphorique) tel que destiné à cibler les 7/9 ans. Il peut se prêter certes à l'illustration, mais, au sens strict, ça n'est pas à proprement parler un  “conte illustré” (généralement constitué de moins de mille-cinq-cent mots et destiné aux 3-7 ans).

Le style est aisément accessible mais la narration comporte quelques inexactitudes. Ainsi, il conviendra à un  lectorat de 8–10 ans, à la condition de ne pas viser au dessus de l'âge de 11 ans.

Le texte se lit facilement. Le vocabulaire est riche sans être hermétique : c’est un bon équilibre entre simplicité et ambition.
À surveiller toutefois : quelques phrases qui sont un peu longues (pour les plus jeunes).

Sinon, le récit me semblait se diriger vers une révélation identitaire où Lion des mers découvrirait qu’il appartient à deux mondes. Donc, bien qu'elle s'y insinue fortement, l'analogie symbolique entre le lion terrestre et le “lion de mer” (otarie) s'en tient à l'utilisation du terme “Lion des mers” comme surnom poétique, mais pas comme symbole biologique ou mythologique. Le lion ne se transforme pas en créature hybride ou métaphorique… comme dans les contes modernes, car le récit reste dans une logique réaliste. Ainsi, il aurait pu n'être pas seulement un lion terrestre, mais aussi un " vrai lion marin". Voire appartenir à deux mondes, comme les otaries. Porter en lui la double nature : la force de la savane et la fluidité de la mer. Devenir une sorte de "pont" entre deux espèces, deux écosystèmes. Posséder deux identités. C'eut été une métaphore magnifique de l’identité mixte. De la transformation intérieure, la réconciliation de deux mondes. Mais ton choix est autre… quand bien la symbolique marine n'est pas écartée :   "Lion" grandit sur le bateau puis change de nom, il devient "Lion des mers" puis découvre les phoques et finit Alpha sur la plage. La mer reste donc son royaume intérieur, même s’il n’est pas un mammifère marin.
« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

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Re : Lion des mers ( conte animalier)
« Réponse #5 le: 27 Janvier 2026 à 17:51:17 »
Bonjour à tous,

Merci de votre intérêt pour ce petit conte qui doit être loin de ce que vous lisez d'habitude.

Je vais vous donner quelques infos de contexte. Il y a bien des lions mangeurs de phoques sur les plages de Namibie et ils s'appellent vraiment alpha.... Je trouve cette adaptation à la sécheresse causée par le réchauffement climatique extraordinaire. Et j'ai eu envie de leur dédier une histoire mettant en avant les capacités d'adaptation et traitant des thèmes comme la liberté ou le fait de trouver sa place.
Le changement d'écriture vers une écriture plus mature était voulu car Lion aussi grandit.
Mais si c'est maladroit, alors je vais essayer de faire mieux.

Pour ce qui est de la longueur du texte et le terme de conte, j'ai trouvé que dans le cas de contes illustrés pour les plus grands 8-11 ans par exemple la longueur pouvait être entre 2500 mots et 5000.
https://www.gallimard-jeunesse.fr/conseils-de-lecture/des-contes-pour-les-enfants-a-partir-de-6-ans.html
Ici vous trouverez d'autres exemples de contes destinés à des enfants de plus de 8 ans.

Le conte de Noël "quelqu un m'attend derrière la neige", comporte des phrases xxl. ( Si vous voulez lire le début, on peut le feuilleter)

Auteur :merci pour les précisions. Je vais corriger dès que possible. Et c'est vrai que j ai pris quelques libertés avec le comportement des lions par ce que ça collait mieux au message que je voulais faire passer.

Robert : Je vais essayer d'améliorer le style. La révélation identitaire a bien lieu. A la fin Lion trouve sa place malgré sa différence.Il est vrai que j ai joué avec les mots lions de mer ( phoque) puis que je ne l'ai pas utilisé dans le conte. Au final c est plutôt un clin d oeil pour les adultes. Mais peut être devrais-je en faire quelque chose...

Ce texte est loin d'en être à sa dernière version...

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Re : Re : Lion des mers ( conte animalier)
« Réponse #6 le: 27 Janvier 2026 à 22:28:39 »
Bonsoir EmyMarty

Citer
Le changement d'écriture vers une écriture plus mature était voulu car Lion aussi grandit.
purée je n'y avais pas pensé, c'est hyper malin !

Citer
Pour ce qui est de la longueur du texte et le terme de conte, j'ai trouvé que dans le cas de contes illustrés pour les plus grands 8-11 ans par exemple la longueur pouvait être entre 2500 mots et 5000.
bon à savoir ;)

Citer
Ce texte est loin d'en être à sa dernière version...
bon courage  :)

 :mafio:
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Re : Re : Lion des mers ( conte animalier)
« Réponse #7 le: Hier à 18:44:44 »

Je vais vous donner quelques infos de contexte. Il y a bien des lions mangeurs de phoques sur les plages de Namibie et ils s'appellent vraiment alpha....


Précisons tout de même que si en Namibie, certains lions côtiers chassent les otaries sur les plages, c'est seulement en raison du fait qu'ils sont suivis par des équipes de conservation que certains individus sont désignés par un terme éthologique type “Alpha”, “Bravo”, “Charlie” etc… lesquels termes sont autant de codes d’identification utiles à les différencier l'un l'autre.

Donc : il s’agirait moins effectivement d'attribuer là, un rang social au lion de cette fable,  que l’affubler d'un "code de repèrage" ?
« Les heures glissent comme des plumes légères, caressant mes souvenirs, là où chaque souffle devient un murmure d’éternité. »

 


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