Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

08 novembre 2026 à 01:18:00
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Toussaint.

Auteur Sujet: Toussaint.  (Lu 2564 fois)

Hors ligne Ucero

  • Tabellion
  • Messages: 21
Toussaint.
« le: 04 octobre 2011 à 01:17:43 »
Un texte écrit ce soir, en un seul jet, pour participer,  dans une sorte de cadeau présentation maladroite  bien modeste,  pour les présents de celles et ceux qui écrivent de si belles choses par ici. Merci de donner un avis.

-Maman ! Maman ! Tu rates !

Elle entendait les enfants l’appeler, Thomas était le plus insistant, comme d’habitude, il cherchait toujours ses bras. Ils riaient à gorge déployée, rien de tel qu’un clown à l’ancienne, pour les ramener au pays sans souci. Elle répondit par un bref :
-   J’arrive, mon chou, j’arrive.
-   Je monte le son, maman, comme ça, tu suis.

La télé d’un autre âge, en noir et blanc, grésilla, et elle entendit les cris des spectateurs qui rythmaient un tambourin, et une trompette, que l’on aurait cru entendre se disputer.

Le froid tombait avec la nuit, et elle tenait en main la vieille hachette dont le tranchant soigneusement affûté brillait sous la lune.  Elle se sentit prise d’un vertige, revoyant Mathieu qui repoussait avec attention la lime en triangle sur le fer, en vérifiant de temps en temps que le fil de l’outil restait parfaitement droit... Mathieu était si précis, si… Elle poussa un long soupir. Cela avait été la dernière fois qu’ils étaient venus ici tous ensemble.

Elle se redressa, ses morceaux de cagette éclatés à la main, et regarda d’un œil tranquille les maisons désertes alentours. Le village était vide pratiquement, seuls restaient la vieille Anna et son fils dans le haut des ruelles, elle ne voulait pas l’enlever à l’endroit où il avait vécu toute sa vie, et la ville est rude pour les simplets.

Elle retourna devant la porte, et posa contre le montant le manche de bois, et prit dans le même mouvement une bûche de chêne, lourde, malgré qu’elle soit sèche. La cheminée tirait bien, Mathieu avait veillé à la ramoner le dernier jour de leur séjour l’année dernière. Elle ferma les yeux, et vit son mari le visage maculé de suie, ses yeux brillants de satisfaction, et sa bouche élargie du sourire qui lui manquait tant.

Elle poussa la porte au battant épais. Il n’avait pas voulu la changer.
-   Tu te rends compte, elle vient des dernières bergeries, quand il y avait encore des pins et pas de pâturages. Elle a au moins trois cent ans ! avait-il dit.
Elle n’avait rien répondu, sur le sujet de la vieille bâtisse familiale, il était puéril. Il exagérait bien de cent cinquante ans, mais la porte taillée en bois massif, même si elle laissait passer les courants d’air, était un véritable objet d’art, et lui plaisait presque autant qu’à lui. Mais ils s’étaient attrapés ailleurs, sur la table et les sièges de formica rouge, de couleur passée  depuis les années soixante.

-   Tu comprends, ma belle, avait-il insisté pour l'amadouer, pour eux c’était le luxe, la réussite, et si pratique à nettoyer.
-   Non, mais tu plaisantes, ces meubles sont horribles, je veux du bois, avait-elle tempêté, mais sans succès.
-   Mais enfin, Claire, mon amour, juste quelques mois, le temps qu’on les oublie un peu, tu sais…
Ses parents étaient partis l’un après l’autre, lui d’abord, et elle ensuite, après même pas deux mois. Et le jardin était retourné aux herbes folles, le poulailler s’était vidé, et ils étaient revenus dans la maison d’un village abandonné, pour retrouver les parfums de son enfance à lui, qu’il voulait faire goûter à leurs petits, dans un rite observé année après année, le jour de la Toussaint.

Sa gorge se serra à la pensée des trois tombes côte à côte, qu’elle était seule désormais à visiter,  et à fleurir avec ses fils et sa fille, la vue de ces croix de granit lui sciait encore le cœur en mille… Mais l’air était si bon pour les enfants, et Mathieu encore si présent partout ici, comment faire autrement, comment échapper à ce rendez-vous si tuant, mais qu’elle ne pourrait s’empêcher de respecter.

Elle laissa quelques bouts de bois sur la table, près des premières pommes de l’automne que lui avait offertes Éric. Le fils d’Anna était venu de la part de sa mère, leur donner comme tous les ans une soupière pleine à ras bord, de ce régal de légumes verts, de pommes de terre, de lard et de fèves grasses, avec ce fumet unique qui faisait vibrer de joie Mathieu quand venait l’heure du repas du soir.

Elles s’accroupit devant l’âtre, les enfants silencieux retenaient leur souffle, un bref coup d’œil lui montra l’impressionnant spectacle d’un trapéziste athlétique qui semblait voler, suivi d’un tonnerre d’applaudissements. Elle arrangea le bûcher, puis l’alluma, en tirant sur son pantalon de grosse toile qui la serrait aux hanches.  Elle se savait toujours aussi mince malgré les maternités, la position tirait simplement le pantalon de travail mal coupé et raide sur ses genoux pliés.

Un craquement formidable suivi d’un éclair bleu éclata soudain, la terrifiant. La pièce fut plongée au même instant dans un noir d’encre, et la télé se tut aussitôt, seul l’écran gris brilla encore, avant de devenir  terne en quelques dizaines de seconde.
Les premières flammes lui donnèrent assez de lumière pour trouver facilement les lampes à pétrole.

-   Chic ! dit-elle aux gosses stupéfaits, Thomas, le plus jeune, contrarié, n’en menait pas large. Nous allons souper aux chandelles ! Lucie, Thomas, mettez la table… Jérémie, toi, tu surveilles le feu.
Ce bruit n’était pas normal, on aurait dit que la foudre était tombée près du village. Et comment un tel éclair avait-il pu franchir la porte ? Claire travaillait rapidement, elle versa le contenu de la soupière dans la marmite, et mit à feu doux.
-   Jérémie, mon fils, dit-elle, coupe le pain, s’il te plaît.

Elle s’essuya vivement les mains au torchon près de la cuisinière, et  marcha vers la porte en fouillant sa poche revolver à la recherche de son portable. Inutile d’espérer dans le téléphone fixe, déjà, en temps normal, il fonctionnait un jour sur trois. La nuit était claire, les étoiles dessinaient leurs figures secrètes, elle sortit sur la petite place devant la maison, et regarda en contrebas dans la vallée, s’attendant à voir un incendie. Seul un avion écrasé au sol avait pu produire une telle déflagration.

Leur maison regardait en contrebas, perchée sur la pente abrupte  qui se découpait en planches autrefois cultivées.  Mathieu était fier de la vue qu’on découvrait de la maison familiale.
Claire chercha tout autour des lumières, mais rien n’apparut au-delà des façades de pierres des maisons vénérables. Pas plus que l’on ne pouvait distinguer quoi que ce soit derrière les arbres qui envahissaient un peu plus, chaque printemps, les anciennes terres cultivées. La nuit était à peine fraîche à cette altitude pour la saison, et malgré l’inattendu de la situation, Claire n’arrivait pas à s’inquiéter. Ce pays lui avait toujours inspiré la sécurité.

Elle retourna à l’intérieur, et comme il fallait s’y attendre, le portable ne passait plus. Elle servit la soupe fumante aux enfants affamés par tant d’émotions, et vit la place de Thomas vide. Où était le petit ?  Jérémie qui avait déjà commencé à manger avec appétit, la regarda et lui fit :
-   Il est allé dehors, pour pisser comme d’habitude.
-   Oh, non ! cria Claire, je le lui ai interdit cent fois. Il le sait !

Elle sortit aussitôt comme une folle, le gamin debout sur la murette devant la place, observait le jet dont il arrosait le jardin, juste en dessous, au risque de se casser le cou. Les chiens d’ Éric, des molosses couverts de poils longs, qu’elle craignait autant que les enfants les adoraient, aboyèrent furieusement dans la nuit. Elle se calma aussi vite qu’elle s’était tendue, et l’approcha doucement.
-   Mon petit bout, qu’est-ce que tu fais ?
-   J’ai vu un lion, maman, dit l’enfant.
Elle ne l’écouta pas, concentrée sur ses épaules qu’elle saisit d’une main ferme.
-   Thomas, descends de là, allez, ouste, va manger ! lui dit-elle soulagée aussitôt qu’il fut près d’elle.

-   Mais maman, je te jure, j’ai pissé sur le lion en dessous, c’est vrai, reprit l’enfant, sincère.
Claire saisit la hachette et s’approcha du bord, et vit un mouvement. Pourtant elle entendait les chiens qui hurlaient toujours, plus haut, chez Anna.
-   Rentre, Thomas, vite, mon garçon, elle jeta à nouveau un regard sur la parcelle en friche, et crut s’évanouir de bonheur.
 
Mathieu la regardait, avec son sourire si franc, et ses cheveux lui tombaient à la diable sur le front, il était fou de joie lui aussi, elle allait vite lui mettre un couvert pour son plat préféré. Mathieu déploya son grand corps si fort et fut devant elle sans un bruit. Chavirée d’émotion, éperdue de gratitude, enfin, il revenait, il lui tendit la main et elle la saisit, sentant les longs doigts si souples, familiers, qui lui étreignaient le poignet.

-   Maman ! Le cri strident de Lucie debout, pétrifiée sur le pas de la porte, l’électrisa, et la ramena à elle-même, une ombre étrange, forme noire, massive et comme fumeuse, lui tenait le bras par ce qui semblait une gueule large, et aplatie. Elle avait perdu toute sensation de sa main,  son avant-bras disparaissait doucement à son tour, et des fourmis lui montaient à l’épaule.

Elle abattit la hachette par réflexe sur le museau qui la mordait, et son coup frappa du plat, la bête effarouchée se rejeta en arrière avec un chuintement de colère,  elle vit deux autres bêtes semblables, que l’on n’arrivait pas à bien distinguer malgré la lumière de la lune, un peu plus bas, qui avançèrent avec des bonds de chat.

Elle hurla dans la nuit :
-   Jérémie, Jérémie ! Ferme la porte !
Le gamin qui avait bondi au premier cri, près de Lucie, l’entraîna à l’intérieur et hésita à repousser le battant.
-   Viens !  Maman, viens !
-   Jérémie, pour l’amour du ciel, fais ce que je te dis!
Elle tenait en respect la première créature qui secouait la tête après le coup reçu, les autres la regardaient avec des yeux brillants, d'une teinte indéfinissable, au cœur d’une nuée opaque.

Claire, le bras gauche comme mort contre son flanc, leva la hachette dans un geste de menace qui lui sembla dérisoire, quand de sourds grondements sauvages se firent entendre dans son dos, ils lui hérissèrent les poils de la nuque, et du bras droit bien vivant.

Une silhouette jaillit en grognant devant elle, et les étranges et terrifiantes créatures détalèrent, un second chien bondit à la poursuite des fugitives, puis un troisième, enfin elle entendit le bruit des chaussures ferrées d’ Éric, qui dévalait la ruelle juste à côté.
Le grand et gros jeune homme s’arrêta en soufflant près d’elle.
-   J’ai lâché les chiens... Claire, j’ai lâché les chiens... dit-il entre deux respirations saccadées, en s’appuyant à un fort bâton de marche ferré autant que ses souliers de montagne, comme aux temps d'avant.

-   Oui, heureusement, fit-elle. Vite, dit-elle, en le prenant par le coude, pour l’entraîner vers l’abri de la maison.
 Il l’accompagna mais refusa de la suivre à l'intérieur.
-   Je ne peux pas rester avec vous, ce sont des loups, il y en a plein le village, et  mère est seule.
-   D’accord, va la chercher, je vous attends, dit Claire.
-   Non. Elle ne viendra pas chez vous, monte, toi, avec Jérémie, Lucie et Thomas.

Éric siffla longuement dans la nuit, et les aboiements se turent.  Claire sentait son bras qui la brûlait, douloureux mais la souffrance se supportait.  C'était tout ce qu'on voudrait mais sûrement pas des loups, ni des lions, pensa-t-elle. Laissant Éric attendre seul ses chiens, elle se précipita dans la salle à manger,  les larmes lui trempaient les joues, elle pleurait Mathieu et son culte du passé des ses ancêtres ànouveau, en cherchant le fusil du grand-père, dans le double-fond de la vieille armoire.

 Jérémie droit comme un i, face au feu qui dansait dans la cheminée, son petit visage de pierre, entourait son frère et sa sœur de ses bras, le couteau à pain dans le poing, maintenant, il le savait, à lui de les défendre, et maman aussi, papa l’avait dit...


« Modifié: 04 octobre 2011 à 09:06:07 par Ucero »

Nekane

  • Invité
Re : Toussaint.
« Réponse #1 le: 04 octobre 2011 à 02:29:37 »
Je suis également loin de manier l'écriture avec brio, néanmoins j'ai apprécié ton texte dans sa globalité.
Je vais tenter de souligner quelques détails qui, à mon sens, devraient être retravailler.

Citer
La télé d’un autre âge en noir et blanc grésilla, et elle entendit les cris des spectateurs qui rythmaient un tambourin, et une trompette que l’on aurait cru entendre parler entre eux.
=> La télé d’un autre âge en noir et blanc grésilla, et elle entendit les cris des spectateurs qui rythmaient un tambourin, et une trompette que l’on aurait cru entendre parler entre eux. (la virgule suivit d'un et me semble de trop)

Citer
Le froid tombait avec la nuit, et elle tenait en main la vieille hachette dont le tranchant soigneusement affûté brillait sous la lune.

=> Le froid tombait avec la nuit, et elle tenait en main la vieille hachette dont le tranchant soigneusement affûté brillait sous la lune.
( même remarque que la phrase précédente )

Citer
Elle se redressa, ses morceaux de cagette éclatés à la main, et regarda d’un œil tranquille les maisons désertes alentours
=> Elle se redressa, ses morceaux de cagette éclatées à la main, et regarda d’un œil tranquille les maisons désertes aux alentours (idem + quelques fautes il me semble )

Citer
Elle retourna devant la porte, et posa contre le montant le manche de bois, et prit dans le même mouvement une bûche de chêne, lourde malgré qu’elle soit sèche

=> Elle retourna devant la porte, et posa contre le montant le manche de bois, et prit dans le même mouvement une bûche de chêne, lourde malgré qu’elle soit sèche (idem )

Citer
Elle ferma les yeux, et vit son mari le visage maculé de suie, ses yeux brillants de satisfaction, et sa bouche élargie du sourire qui lui manquait tant.

=> Elle ferma les yeuxet,vit son mari le visage maculé de suie . Ses yeux brillants de satisfaction, et sa bouche élargie du sourire qui lui manquait tant.

Citer
Elle se sentit prise d’un vertige, revoyant Mathieu qui repoussait avec attention la lime en triangle sur le fer, en vérifiant de temps en temps que le fil de l’outil restait parfaitement droit

=> Elle se sentit prise d’un vertige, revoyant Mathieu qui repoussait avec attention la lime en triangle sur le fer, en vérifiant de temps en temps que le fil de l’outil restait parfaitement droit

( en vérifiant me semble "lourd" dans la phrase )

Citer
Le village était vide pratiquement, seuls restaient la vieille Anna et son fils dans le haut des ruelles, elle ne voulait pas l’enlever à l’endroit où il avait vécu toute sa vie, et la ville est rude pour les simplets.

=> Le village était vide pratiquement, seuls restaient la vieille Anna et son fils dans le haut des ruelles. Elle ne voulait pas l’enlever à l’endroit où il avait vécu toute sa vie, et la ville est rude pour les simplets. ( La phrase me semblait lourde à lire )

Citer
Et le jardin était retourné aux herbes folles, le poulailler s’était vidé, et ils venaient dans la maison d’un village abandonné

=> Le jardin était retourné aux herbes folles, le poulailler s’était vidé, et ils venaient dans la maison d’un village abandonné

Citer
Un craquement formidable suivi d’un éclair bleu éclata soudain, la terrifiant

=> Un craquement formidable suivi d’un éclair bleu éclata soudain, la terrifia

Citer
La pièce fut plongée au même instant dans un noir d’encre, et la télé se tut aussitôt, seul l’écran gris brilla, encore avant de devenir  terne en quelques dizaines de seconde.

=> La pièce fut plongée au même instant dans un noir d’encre. La télé se tut aussitôt, seul l’écran gris brilla, encore avant de devenir  terne en quelques dizaines de seconde. ( Je trouvais la phrase encore un peu lourde à lire ;) )

Citer
-   Chic ! dit-elle aux gosses stupéfaits, Thomas, le plus jeune, contrarié, n’en menait pas large.

=> -   Chic ! dit-elle aux gosses stupéfaits.Thomas, le plus jeune, contrarié, n’en menait pas large.

Citer
Elle se calma aussi vite qu’elle s’était tendue, et l’approcha doucement.

=> Elle se calma aussi vite qu’elle s’était tendue, et l’approcha doucement.

Citer
Et comment un tel éclair avait-il pu franchir la porte ?

=> Et Comment un tel éclair avait-il pu franchir la porte ?

Citer
, et  marcha vers la porte en fouillant sa poche revolver à la recherche de son portable.

=> , et  marcha vers la porte en fouillant sa poche revolver à la recherche de son portable.

Citer
Claire saisit la hachette et s’approcha du bord, et vit une forme longue.

=> Claire saisit la hachette et , s’approcha du bord, et vit une forme longue.

Citer
Elle servit la soupe fumante aux enfants affamés par tant d’émotions, et vit la place de Thomas vide.

=> Elle servit la soupe fumante aux enfants affamés par tant d’émotions, et Elle aperçut la place de Thomas vide.

Citer
Le cri strident de Lucie debout, pétrifiée sur le pas de la porte, l’électrisa, et la ramena à elle-même, une ombre étrange, noire, massive et comme fumeuse, lui tenait le bras par ce qui semblait une gueule large, et aplatie. Elle avait perdu toute sensation de sa main,  son avant-bras disparaissait, et des fourmis lui montaient à l’épaule.

=> Le cri strident de Lucie debout, pétrifiée sur le pas de la porte, l’électrisa, et la ramena à elle-même. Une ombre étrange, noire, massive et comme, fumeuse, lui tenait le bras par ce qui semblait une gueule large, et aplatie. Elle avait perdu toute sensation de sa main,  son avant-bras disparaissait, et des fourmis lui montaient à l’épaule.


Citer
Elle abattit la hachette par réflexe sur le museau qui la mordait, et son coup frappa du plat, la bête effarouchée se rejeta en arrière avec un chuintement de colère,  elle vit deux autres bêtes semblables, que l’on n’arrivait pas à bien distinguer malgré la lumière de la lune, un peu plus bas, qui avançaient avec des bonds de chat.

=> Elle abattit la hachette par réflexe sur le museau qui la mordait, et . Son coup frappa du plat ; la bête effarouchée se rejeta en arrière avec un chuintement de colère,  elle vit deux autres bêtes semblables, que l’on n’arrivait pas à bien distinguer malgré la lumière de la lune, un peu plus bas, qui avançaient avec des bonds de chat.



Voilà mes petites suggestions : certaines phrases sont trop longues, trop lourdes à lire et s'embrouillent. Les ponctuer de temps à autre permettraient à ton texte de lui donner plus d'action, et laisser le lecteur reprendre son souffle quand il le lit.

Autre point, la virgule suivit du "et", c'est un peu lourd à lire également.

Sinon, ton texte est bien construit, se déroule bien ... rien à redire, juste quelques petites retouches.


Hors ligne Ucero

  • Tabellion
  • Messages: 21
Re : Toussaint.
« Réponse #2 le: 04 octobre 2011 à 08:57:00 »
@ Nekane,

Trop.

C'est trop bien, ta lecture.

Je n'ai jamais fait vraiment lire mes textes, et* bien c'est parfait.

Oups, tu as relevé de vraies fautes, et* surtout cet usage du ", et", qui perce le texte partout comme un gruyère. Merci beaucoup, idem tes autres remarques. Si tu en as d'autres, n'hésite pas. Je vais revenir quelques fois sur ton analyse.

Je m'en vais trucider ton texte pour me venger...  >:D

( *non mais tu as vu ça? je viens de les noter à l'instant,  c'est inconscient, j'en mets partout...  Heu-reux, le vieux.)

ciao, à +

Hors ligne ernya

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Re : Toussaint.
« Réponse #3 le: 04 octobre 2011 à 12:55:17 »
Citer
et elle entendit les cris des spectateurs qui rythmaient un tambourin, et une trompette, que l’on aurait cru entendre se disputer.
niveau syntaxe, ta fin de phrase est un peu laborieuse, qui se dispute avec qui ?

Citer
Le froid tombait avec la nuit, et elle tenait en main la vieille hachette dont le tranchant soigneusement affûté brillait sous la lune.

le "et" est vachement lourd ici
et qui tient la vieille hachette ? la mère ? elle se trouve dehors pour que ça brille sois la lune ?
au début je croyais que la hachette était une métaphore de la lune, je trouvais ça cool :huhu:

Citer
Elle se sentit prise d’un vertige, revoyant Mathieu qui repoussait avec attention la lime en triangle sur le fer, en vérifiant de temps en temps que le fil de l’outil restait parfaitement droit... Mathieu était si précis, si… Elle poussa un long soupir. Cela avait été la dernière fois qu’ils étaient venus ici tous ensemble.
je trouve que ce paragraphe n'est pas très clair. Tu nous donnes un souvenir en  substance, guère précis et inquiétant. Et bim juste après, elle soupire comme si c'était juste un bref regret. Je comprends pas...

Citer
Le village était vide pratiquement, seuls restaient la vieille Anna et son fils dans le haut des ruelles, elle ne voulait pas l’enlever à l’endroit où il avait vécu toute sa vie, et la ville est rude pour les simplets.
couper après "ruelles" serait judicieux !

Citer
Elle retourna devant la porte, et posa contre le montant le manche de bois, et prit dans le même mouvement une bûche de chêne,
deux fois "et" c'est lourd...

Citer
malgré qu’elle soit sèche.
bien qu'elle

Citer
Elle ferma les yeux, et vit son mari le visage maculé de suie, ses yeux brillants de satisfaction, et sa bouche élargie du sourire qui lui manquait tant
je trouve ça un peu simple de dire "elle ferme les yeux et hop elle voit son mari". Le terme "revoir" serait plus juste. Peut-être que tu pourrais présenter ce souvenir un peu autrement ? Pour varier un peu tes structures ?

Citer
Ses parents étaient partis l’un après l’autre, lui d’abord, et elle ensuite, après même pas deux mois.
partis d'où ?

 
Citer
Le fils d’Anna était venu de la part de sa mère, leur donner comme tous les ans une soupière pleine à ras bord, de ce régal de légumes verts, de pommes de terre, de lard et de fèves grasses, avec ce fumet unique qui faisait vibrer de joie Mathieu quand venait l’heure du repas du soir.
Le fils d'Anna était venu de la part de sa mère leur donner comme tous les ans une soupire pleine à ras bord de ce régal...
la virgule c'est avant tout syntaxique

Citer
-   Chic ! dit-elle aux gosses stupéfaits, Thomas, le plus jeune, contrarié, n’en menait pas large
.
Faut un point après "stupéfaits"

Citer
Et comment un tel éclair avait-il pu franchir la porte ?

je comprends pas pourquoi tu mets un "et" et pourquoi tu parles de la porte.

Citer
qui avançèrent avec des bonds de chat.
avancèrent


Citer
-   Je ne peux pas rester avec vous, ce sont des loups, il y en a plein le village, et  mère est seule.
je croyais que c'était des lions....

Citer
Claire sentait son bras qui la brûlait, douloureux mais la souffrance se supportait.

ça tient pas au niveau de la syntaxe. Il faut que tu rattaches "douloureux" à "son bras"

Citer
C'était tout ce qu'on voudrait mais sûrement pas des loups, ni des lions, pensa-t-elle.
je comprends pas ce que tu veux dire par cette phrase. Qu'est-ce qu'on voudrait ?

Citer
elle pleurait Mathieu et son culte du passé des ses ancêtres ànouveau, en cherchant le fusil du grand-père, dans le double-fond de la vieille armoire.
à nouveau


Citer
Jérémie droit comme un i, face au feu qui dansait dans la cheminée, son petit visage de pierre, entourait son frère et sa sœur de ses bras, le couteau à pain dans le poing, maintenant, il le savait, à lui de les défendre, et maman aussi, papa l’avait dit...
autre problème de syntaxe avec "son visage de pierre"


C'est dommage que tu ne fasses pas de fin plus marquée parce que tel quel on dirait que c'est inachevé. Sinon je suis d'accord avec Nekane, tu as vraiment un problème avec les ",et", faut que tu les enlèves. Niveau syntaxe, ça cloche un peu aussi mais c'est facilement modifiable. Au niveau du fond par contre, je suis assez perdue. Je vois pas trop où tu veux en venir, ce qui se passe à la fin (on a une déflagration puis des lions puis des loups ???) ni l'importance des souvenirs de Claire. Enfin j'ai vraiment du mal à voir une cohésion d'ensemble, ça doit tenir au fait que c'est un premier jet et que donc il faudrait que tu reprennes plus longuement ce texte pour le peaufiner !
« Modifié: 04 octobre 2011 à 13:07:31 par ernya »
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Ucero

  • Tabellion
  • Messages: 21
Re : Toussaint.
« Réponse #4 le: 04 octobre 2011 à 13:16:17 »
Bien vu, Ernya,  merci pour la correction, j'ai un énorme paquet de questions à régler, après ta critique circonstanciée.

Il me faudra pas mal te temps, donc voici mes salutations et remerciements à ras du sol, je vais me faire un cal au front, à force de prosternations, ici aussi, tellement c'est important sur l'ensemble de l'approche complètement évaporée que j'avais de mon texte.

Très, très bien, oups, oups et re-oups.

Mince, il y a du boulot.

Mais on le savait.

A+

Hors ligne Ucero

  • Tabellion
  • Messages: 21
Re : Toussaint.
« Réponse #5 le: 05 octobre 2011 à 22:03:53 »
Bon, je viens de finir la correction du coup le titre a changé.

D'ailleurs, le titre, et la plupart du reste, en fait, c'est pas mal différent, grâce aux conseils reçus

 Mais c'est onze pages, et une nouvelle complète.

Je suis peut être un peu trop neuf pour la déposer déjà ici. On verra plus tard.

En tous cas, encore merci.

Ciao!

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 786
    • au bord du littéral
Re : Toussaint.
« Réponse #6 le: 05 octobre 2011 à 23:54:27 »
Oh, j'attendais justement que tu aies fini ces corrections pour commenter ton texte. Tu veux bien poster la nouvelle version ? (ou éditer ton premier message) ?

 


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