Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

06 Mai 2026 à 06:22:49
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Papillons Prose

Auteur Sujet: Papillons Prose  (Lu 3598 fois)

Hors ligne Robert-Henri D

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  • Pelleteur de Nuages
Papillons Prose
« le: 01 Septembre 2025 à 18:52:46 »

Dans le stupre d'une symphonie mordorée.
masquant l’indifférence
sous un manteau glacé
Je m'enivrai sucré
de prémices sublimés
quand par l’esprit voletèrent mes papillons prose.

Mystérieux Elfes dépenaillés
comme évincés d'une pensée par trop morose
que mes désirs de providence s’échinait à lutiner.

Ô idées débridées que l’on chevauche comme vent,
que n'êtes-vous gaies de ces voluptés qui se caressent en rêvant !

Quand de telles synergies me viennent droit des nuages
j'invite l'azur pour partenaire au voyage.

Ainsi vivent les amants, qui font des vœux rendant amoureux !

Comme s’aiment homme et femme au désespoir d’hier,
tout en se perpétrant, ils survivront millénaires
d’un temps Futur qui les voudra croire à jamais heureux.

À moins que demain sur la mappemonde de leurs amours tendres,
corps et âme ravis, ils ne brûlent leurs propres cendres !

« Modifié: 04 Septembre 2025 à 12:20:50 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Maxence

  • Aède
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Re : Papillons Prose
« Réponse #1 le: 02 Septembre 2025 à 09:08:16 »
entre la passion, l'imagination et la fragilité de nos amours éternels face à un futur abscons... qui sommes nous réellement

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 465
Re : Papillons Prose
« Réponse #2 le: 02 Septembre 2025 à 11:37:33 »
Des vers libres, longs et rimés. Pourquoi pas ?
Les deux derniers, notamment, sont beaux.
J'ai le sentiment que trop de mots "savants"(synergie...) ou d'expressions un peu emphatiques(symphonie mordorée.) lèsent le texte.

PARDON pour cette inqualifiable agression.
« Modifié: 05 Septembre 2025 à 08:13:54 par pehache »

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 402
  • Pelleteur de Nuages
Re : Papillons Prose
« Réponse #3 le: 02 Septembre 2025 à 16:39:18 »
Hello Maxence & pehache, mille mercis pour vos appréciations éclairées ! elles corroborent avec et renforcent mes idées, et c'est déjà bien du plaisir !

Il est vrai qu'avec la formule du haïku, j'ai (il y a peu) proposé de dévoiler notre pensée en usant de 17 syllabes : pas une de plus, ni de moins et qu'à présent, me voici plongé dans la catégorie  "vers libres". De toute évidence, je pourrais  être enclin à dévoiler par le détail, la totalité de ce que mon texte entend exprimer, mais là n'est le rôle d'un auteur. En revanche il m'est permis de vous dresser sa toile de fond par le biais d'un seul vers : en l'occurrence, le premier !

Hormis le ou les concepts afférents qui sont destinés à poser et même superposer plusieurs couches de sens pour créer une atmosphère riche et complexe, celui de l'image est d'importance :

Déjà, la "symphonie mordorée" évoque la richesse chromatique de l'automne. C'est le cœur de l'image. On imagine une explosion de teintes dorées, cuivrées, rouges et orangées qui ne sont pas statiques, mais en mouvement constant, comme un morceau de musique. Le mot "mordorée" apporte une dimension de brillance et de profondeur, suggérant l'éclat métallique et chaleureux des cuivres. Le mot "stupre" je l'ai choisi pour introduire l'idée de tension fascinante. Il peut être interprété de plusieurs manières, toutes ajoutant diverses dimensions théâtrales à la dite image automnale. Et puis j'ai voulu pointer du doigt la décadence d'une nature qui se démêne dans un excès de couleurs avant de s'endormir pour l'hiver (vers 3).

Dans ce tableau vivant, les feuilles ne tombent pas paisiblement, elles tourbillonnent frénétiquement. Il y a une sorte d'ivresse visuelle qui se suppose, une beauté presque excessive, alors que dans ce type de violence cachée règne le désordre organisé. Lequel renvoie au chaos à peine masqué du corps de texte.

Ce qui n'empêche de voir s'immiscer une atmosphère sensuelle et enivrante.

En combinant ces éléments, cette première phrase ne décrit pas simplement un paysage d'automne, mais invite à découvrir une scène chargée d'émotions et de dynamisme où le couple homme/femme à des droits à l'image qui dépasse, et de loin, le simple concept de carte postale. Ceci laissant cogiter à la fois sur la splendeur flamboyante, le chaos, et la décadence qui est mise à l'affiche de notre monde.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 465
Re : Papillons Prose
« Réponse #4 le: 02 Septembre 2025 à 16:57:17 »
Se pose ici davantage la question de la réception que celle de l'intention, savante, de l'auteur.
Ou, comme dit un célèbre: "ce que j'ai voulu dire, je l'ai dit."
Me trompe-je?

PARDON pour cette inqualifiable agression.
« Modifié: 05 Septembre 2025 à 08:14:15 par pehache »

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
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  • Pelleteur de Nuages
Re : Re : Papillons Prose
« Réponse #5 le: 02 Septembre 2025 à 18:52:12 »
Se pose ici davantage la question de la réception que celle de l'intention, savante, de l'auteur.
Ou, comme dit un célèbre: "ce que j'ai voulu dire, je l'ai dit."
Me trompe-je?

Peut-être... ou peut-être pas ! Car si l'on peut, chacune et chacun, "décortiquer" un texte pour en obtenir le fruit, on peut très bien admettre de l'auteur qu'il l'a écrit "comme ça vient".  Ce qui est le propre de la poésie libre contemporaine, mais n'exclue pas un minimum de maîtrise dans le genre. Le lecteur et la lectrice l'interprétant chacun et chacune à sa manière, en fonction de sa sensibilité, tant émotionnelle que visionnaire.

Quant à la maxime, qui je crois fut  prononcée par un certain J. Chirac et peut-être aussi par F. Dubosc (LOL) je lui substituerais volontiers  l'aveu qu'en répondant à deux messages à la fois, j'en révèle certes moins que je ne voudrais dire ! Ceci notamment pour ne pas tout dévoiler des sens qu'il se peut de vouloir ou non cacher derrière des mots poétiquement agencés... car souvent, et cela se sait, en poésie comme en vérité, le message n'est que rarement direct : dans la plupart des cas, il faut en chercher la véritable signification.


Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Papillons Prose
« Réponse #6 le: 04 Septembre 2025 à 08:59:29 »
"Et maintenant va mon livre où le hasard te mène".
Ce que je voulais dire, mais que vous ne semblez pas entendre, c'est que le poème se suffit à lui-même, il n'a pas besoin de son père auprès de lui pour le défendre, voire: lui donner un sens qu'il aurait bien de la peine à contenir.
Les intentions de l'auteur sont siennes, non partagées. C'est le texte, seul, qui crée du nôtre.
Bonne journée.

[On l'attribue aussi à Mallarmé, qui m'est plus proche que vos auteurs...]



PARDON pour cette inqualifiable agression.
« Modifié: 05 Septembre 2025 à 08:14:30 par pehache »

Hors ligne Murex

  • Prophète
  • Messages: 913
Re : Papillons Prose
« Réponse #7 le: 04 Septembre 2025 à 10:26:29 »

  Bonjour Robert-Henri D, j'avoue ne pas avoir compris grand-chose à ce poème, je me permets d'intervenir  afin de relever quelques fautes (c'est du moins ce que je pense) :
  "Voeux" à la place de "veux".
   Dans la même phrase, ce n'est pas une faute, mais il me semble que "qui les rendent amoureux" est préférable à  "les rendant amoureux".
   Je pense que tu voulais écrire "perpétuant" du verbe "perpétuer"  (faire durer) ce qui est le sens de la phrase et non "perpétrant" du serbe "perpétrer" (commettre un acte répréhensif).
    Moins important mais curieux, on comprend mal pourquoi "elfes" et "futur" sont écrits avec une majuscule... mais bon il n'est pas interdit aux auteurs de faire preuve de fantaisie.
    Bien à toi en espérant t'avoir été utile.
   

Hors ligne HELLIAN

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 238
Re : Papillons Prose
« Réponse #8 le: 04 Septembre 2025 à 11:10:05 »

Voilà ce que j'appellerai une pâtisserie poétique :

Trop d’emphase : on a l’impression que l’auteur surcharge chaque vers d'une crème pâtissière de grands mots (« stupre », « synergies », « providence », « mappemonde »…) qui finissent par affaiblir la force poétique. Le lyrisme tourne parfois à l’enflure verbale.

Et tout cela manque de cohérence, un peu comme une pièce montée composite : les images s’enchaînent mais semblent parfois juxtaposées plutôt que reliées. On peine à suivre un fil conducteur clair entre la symphonie, les elfes, les amants millénaires, et la mappemonde.

Quant au rythme, trop de grumeaux dans la pâte à crêpe : certains vers coulent bien (« j’invite l’azur pour partenaire au voyage »), d’autres semblent forcés, avec une syntaxe lourde (« que mes désirs de providence s’échinait à lutiner » ou « tout en se perpétrant, ils survivront millénaires »).

Enfin, cerise sur le gâteau, une tendance au cliché lyrique : l’évocation des amants éternels, des cendres brûlées, des idées chevauchées — ce sont des thèmes déjà beaucoup exploités en poésie, qui manquent ici d’un souffle personnel.

Oui, je sais que je vais encourir le grief du manque de bienveillance. Mais je crois que la vraie bienveillance se moque de la complaisance.
cent fois sur le métier...

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 402
  • Pelleteur de Nuages
Re : Papillons Prose
« Réponse #9 le: 04 Septembre 2025 à 12:19:09 »
Hello Murex,

Merci de m'avoir signalé cette faute de frappe qui entraine une confusion entre verbe et mot (j'ai donc corrigé)

Et puis, je pense que côté compréhension, le post que j'ai adressé à Maxence & pehache pourrait peut-être t'aider (je l'ai en fait rédigé dans ce sens). D'autre part, à bien y réfléchir sur tes suggestions, je garderai ce vers intact "Ainsi vivent les amants qui font des veux les rendant amoureux !" car en le modifiant comme ceci [Ainsi vivent les amants qui font des veux qui les rendent amoureux !] je l'ai ajusté mais à ma manière, car si je te suis, je commettrai plusieurs erreurs dont une image redondante de "qui, qui"   et la perte de résurgence sonore entre "amants" & "rendant" tout en proposant un truc littérairement médiocre. je garde aussi "perpétrant" qui au même titre, renforce la seconde partie du vers.

En poésie comme en prose, il convient tu le sais de ne pas se cantonner au premier sens qui vient à l'esprit. Ainsi, le verbe perpétrer ne s'utilise pas uniquement pour "informer"

Comme s’aiment homme et femme au désespoir d’hier,
tout en se perpétrant, ils survivront millénaires
d’un temps Futur qui les voudra croire à jamais heureux.

{A cela je peux ajouter un exemple par citation : "Elle s'adresse à une génération plus jeune qui aura le souci de travailler en perpétrant les traditions mais aussi de les faire évoluer dans le respect de l'art." (Question(s) de management, 2014, Anne Parizot (Cairn.info)

Idem côté majuscules "Elfe" s'entend ici être un nom propre, de même que "Futur" Il s'agit donc là de nuance, non de fantaisie.
« Modifié: 04 Septembre 2025 à 12:24:12 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne PatKadéka

  • Calliopéen
  • Messages: 583
  • Un ciel étoilé
Re : Papillons Prose
« Réponse #10 le: 04 Septembre 2025 à 13:16:39 »
Bonjour Robert,

Tu tisses une symphonie mordorée où la langue, sensuelle et musicale, transforme désirs et images en un rêve presque hallucinatoire.
Tes métaphores : « papillons prose », « Elfes dépenaillés » — sont inventives et donnent au texte une étrange beauté.

J'ai retenu un passage éloquent qui matche bien avec ton poème
Citer
  Quand de telles synergies me viennent droit des nuages
j'invite l'azur pour partenaire au voyage.

Ainsi vivent les amants, qui font des vœux rendant amoureux !
 

Puis la chute, « brûler leurs propres cendres », instille une menace poignante qui trouble l’idylle.

Bravo pour ce mélange d’extase et d’ombre fonctionne très bien et laisse le lecteur suspendu.

Pat ;D

 :noange: :potichat: :mafio:
"Tout comme la poésie, la sculpture ou la peinture,
la vie a ses chefs-d’œuvre précieux.
Faites de votre vie un beau poème

Oscar Wilde

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Papillons Prose
« Réponse #11 le: 04 Septembre 2025 à 18:16:35 »
PARDON pour cette inqualifiable agression.
« Modifié: 05 Septembre 2025 à 08:14:55 par pehache »

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
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  • Pelleteur de Nuages
Re : Papillons Prose
« Réponse #12 le: 04 Septembre 2025 à 18:47:49 »
Bonsoir, Pat

Et surtout merci pour ce commentaire encourageant ! L'analyse que tu produis me permet d'y voir plus clair. 

Avant ton commentaire je me posais des tas de questions à propos de la subjectivité contenue dans ce texte qui finalement  renvoie le lecteur à des prémisses plus ou moins basées sur la psychologie humaine, voire l'introspection. Ainsi, il ne serait pas si nébuleux qu'il peut s'en dire...

Excellente soirée.
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Rémi

  • ex RémiDeLille
  • Modo
  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 890
Re : Papillons Prose
« Réponse #13 le: 04 Septembre 2025 à 21:53:08 »
Modération

@RHD & pehache
On est pas loin du dérapage... merci d'éviter d'aller plus loin, sur ce fil ou sur d'autres.
C'est pas agréable de recevoir des avis négatifs, c'est pas cool de ne pas recevoir de réponses à ses commentaires, OK, on est d'accord là-dessus.
Maintenant si vous pouviez en rester là et ne pas surenchérir...

Merci d'avance ! ;)

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Papillons Prose
« Réponse #14 le: 04 Septembre 2025 à 23:00:47 »
Au modérateur,
Il me semble avoir été poli, avoir reformulé plusieurs fois mes questions... vainement. D'autres furent plus sévères que moi dans la critique, je crois, mais je ne suis pas pâtissier.
Mais pas de souci.
Vous pouvez effacer ce que bon vous semble et je m'abstiendrai de commenter si c'est la règle du forum.

Bonne soirée à tous.

PARDON pour cette inqualifiable agression.
« Modifié: 05 Septembre 2025 à 08:15:17 par pehache »

 


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