Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

03 Juin 2026 à 11:14:47
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La Conclusion de la Machine

Auteur Sujet: La Conclusion de la Machine  (Lu 1230 fois)

Hors ligne Ashley

  • Plumelette
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La Conclusion de la Machine
« le: 29 Août 2024 à 15:06:28 »
La température était insupportable. Au milieu d’une cacophonie de divers bruits mécaniques, dans une salle baignée d’un coucher de soleil orange, un homme aux cheveux noirs et portant une blouse blanche semblait attendre quelque chose. Une canette de soda à moitié vide à la main, Vincent fixait l’écran en face de lui. Celui-ci s’obstinait à répéter toujours la même ligne : « Fonction 7 en cours, veuillez patienter. »

On avait décidé que lui expliquer le sens de ce message ne serait qu’une perte de temps, et il n’était pas suffisamment payé pour se poser la question. Il détacha son regard du moniteur et le tourna vers l’horloge en haut d’un mur : cela faisait maintenant 28 minutes qu’il aurait dû quitter le laboratoire brûlant. Et pourtant, il cuisait encore dans cette salle, à espérer bêtement qu’une machine termine sa tâche et qu’il puisse partir.

Ses supérieurs avaient été clairs : tout le laboratoire devait s’adapter au rythme de la machine. On attendait qu’elle ait fini son travail. Puis on appliquait à la lettre la longue et pénible procédure pour la stopper. On ne pouvait quitter la salle qu’une fois la machine bien éteinte. Ensuite, la personne qui arrivait en premier le lendemain répétait la séquence à l’envers afin de redémarrer la machine. Puis quelqu’un d’autre s’occupait de fournir les données, et enfin lancer les calculs.

Parfois, la machine crachait sa réponse en quelques heures. Ces jours-là, on rentrait chez soi plus tôt, parfois même en début d’après-midi. Mais pour tous les bons jours, il y avait les jours où la machine était capricieuse, où elle mettait plus de temps à démarrer, ou elle refusait tout simplement de faire son travail. On lançait alors les calculs plus tard, et toute l’équipe devait rester pour attendre le résultat de la machine et ensuite l’éteindre. C’était ce qui était en train de se passer, sauf qu’aujourd’hui, Vincent était seul au laboratoire.

Ce qu’on appelait « La machine » était une série de cinq boites en métal sombre d’une hauteur de deux mètres reliés les unes aux autres par de gros câbles de différentes couleurs qui serpentait au sol. Il ne se passait pas une journée sans que quelqu’un ne manque de tomber après avoir trébuché sur eux. Certaines des boites étaient couvertes de panneaux remplis de divers boutons et de voyants associés à des séries de 3 ou 4 lettres qui devaient sûrement avoir une signification. L’une des boites supportait un simple écran LCD et un vieux clavier poussiéreux sur l’un de ses côtés. C’était devant cet écran et ce clavier que Vincent était assis.

Vincent utilisa un chiffon pour essuyer son front recouvert de sueur et regarda l’ancienne imprimante à aiguilles placée à sa droite. C’est de là que la réponse allait sortir. Et quand elle sortirait, la feuille ressemblerait en tout point à toutes les autres : une simple ligne de texte : « Pas de solution trouvée. » Ensuite, il poserait cette feuille sur le bureau du responsable, éteindrait la machine en répétant les manœuvres qu’il connaissait par cœur, puis il pourrait enfin rentrer chez lui.

Il vida le reste de sa canette d’une gorgée. Le soda était devenu tiède, et les bulles avaient disparues, donnant au tout un goût peu agréable. Puis, il jeta la canette comme un joueur de basket-ball, mais rata la corbeille à déchets d’un bon mètre. Il regarda de nouveau l’horloge, mais il aurait juré qu’elle n’avait pas bougé depuis tout à l’heure. Il lui manquait une trotteuse, difficile donc de savoir si elle s’était arrêtée ou si la chaleur infernale du laboratoire dilatait le temps.

Soudain, le bruit de fond changea. Vincent avait l’impression que la machine émettait un son différent, plus aigu. Quelques secondes plus tard, le son monta à nouveau d’un demi-ton. Vincent resta figé devant l’écran en espérant une explication ou même une confirmation que oui, quelque chose avait changé. L’écran s’effaça et afficha : « Calcul terminé, impression des résultats. »

Ce fut au tour de l’imprimante de s’animer dans un bruit strident. Une première feuille fut aspirée. Jusqu’ici, tout restait à peu près normal, mais cela ne dura pas longtemps : très vite, une deuxième, puis tout de suite une troisième feuille furent aspirées à leur tour. La machine imprimait bien plus qu’une simple ligne de texte. Quand Vincent le réalisa, sa mâchoire se décolla du reste de son crâne et il resta béat, en regardant les feuilles entrer dans l’imprimante l’une après l’autre.

La machine imprima huit pages pleines. Il s’approcha doucement, comme s’il avait peur que les feuilles l’attaquent. Il jeta un œil à quelques pages, mais elles semblaient remplies de matrices incompréhensibles et de larges nombres qui s’étendaient sur plusieurs lignes. Il n’avait pas les connaissances nécessaires pour comprendre ces documents.

Hébété, il resta un moment devant la pile de feuilles. Il devait poser les résultats sur le bureau de son supérieur, puis éteindre la machine avant de partir. Seulement, pendant les 6 mois où il avait travaillé comme assistant ici, jamais la machine n’avait imprimé plus d’une page. Est-ce que cela signifiait quelque chose ? Devait-il dévier de la procédure ?

Il ne pouvait pas choisir, il décida donc de faire la seule chose qui lui parut logique : il s’éloigna de la machine et saisit un combiné qui était fixé au mur. Juste à côté était scotchée une feuille avec les numéros des différents professeurs et scientifiques qui travaillaient ici. Son numéro aussi y était, même s’il était inutile de le contacter en cas de problème. Il chercha un nom, et quand il le trouva, il le composa. Après 3 sonneries, il entendit un clic.

« Allô ?

— Professeur Desaulniers ? C’est Vincent, je vous appelle depuis le labo…

— Vous y êtes encore ? s’exclama le professeur.

— La machine finissait ses calculs. »

Un silence tomba pendant un court instant. Vincent ne savait pas comment expliquer ce qui venait d’arriver. Le professeur s’impatienta.

« Eh bien ? A-t-elle terminé ?

— Oui professeur, mais… avant qu’il ne complète sa phrase, le professeur le coupa.

— Éteignez cette fichue machine et rentrez chez vous.

— Mais… C’est-à-dire… Quelque chose de bizarre s’est produit…

— Quoi donc ? »

Vincent prit une grande inspiration et, sans s’arrêter, dit :

« La machine a fait un bruit bizarre, comme si elle fonctionnait mal, puis au lieu d’une simple feuille de papier, elle a imprimé huit pages de chiffres et de matrices ! »

Encore un silence. Le professeur reprit à nouveau la parole.

« C’est une plaisanterie ?

— Non, professeur », répondit Vincent immédiatement.

Il espérait que le ton de sa voix lèverait le doute, mais il sentait bien que le professeur avait du mal à le croire. Finalement, celui-ci poussa un soupir et lança dans le combiné :

« Bon, je sors de mon bureau, je descends vous rejoindre dans 5 minutes. Attendez-moi et ne touchez à rien ! »

Puis le professeur raccrocha immédiatement, sans attendre une quelconque validation de Vincent.

(suite)
« Modifié: 02 Septembre 2024 à 16:48:38 par Ashley »

Hors ligne Choumi

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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #1 le: 29 Août 2024 à 16:01:20 »
Bonjour
J’ai été bluffé par la fin. Bien vu
A moins que je me sois foutu le doigt dans l’œil
Ceci dit je suis passé à différents stades y en lisant ton texte, agréable à parcourir
Je me disais: si l’IA peut remplacer l’humain, avant on disait : si la machine …pourquoi pas ne pas en profiter pour travailler moins et ne pas mettre l’âge de la retraite à 65-66-67 et pourquoi pas 70 ans
C’est quand même la question du moment
Bon tu ne partageras peut être pas mon point de vue
Texte sympa où l’on ne sait pas si l’on doit en rire ou en avoir une certaine crainte .
Amicalement
Michel


Hors ligne Ashley

  • Plumelette
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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #2 le: 29 Août 2024 à 16:21:12 »
Je pense que tu as vu dans la fin quelque chose que je n'ai pas mis consciemment, mais si ça t'a plu dans la théorie de la mort de l'auteur tu as raison  ;D Merci énormément pour ton retour :calin:
J'aurai du le préciser mais maladresse du premier poste oblige j'ai oublié, il s'agit d'une première partie de 3 ou 4 scènes. D'ailleurs j'ai bien peur que la deuxième partie, qui
sera au moins aussi longue que la première, fasse passer ce petit exercice de rédaction du texte court au mi-long. Que se passe-t-il dans ce cas là, on déplace le sujet ? Ou faut il créer
un nouveau sujet ? Ou éditer le poste directement ? Tant de questions.
Je suis en train de travailler sur mon serveur perso ou je mettrai bientôt un rendu pdf de mes textes, ça aidera a s'y retrouver

Hors ligne Choumi

  • Prophète
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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #3 le: 29 Août 2024 à 16:28:43 »
Ah!!!
J’ai pensé que notre homme était en faite un  humanoïde
Autant pour moi
Amicalement
Michel
« Modifié: 29 Août 2024 à 21:04:50 par Choumi »

Hors ligne Basic

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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #4 le: 29 Août 2024 à 17:41:21 »
On peut déplacer ton sujet dans les mi longs sans trop de souci.
Par contre, si tu as un serveur perso, c'est bien mais pas très utile pour nous. Ici tu postes tes textes que tu souhaites faire lire et retravailler, tu peux bien sûr y laisser un lien vers autre chose, mais le forum est un lieu d'échange en premier lieu.
Dis nous si tu veux déplacer ton texte.
Basic pour la modération
Tout a déjà été raconté, alors recommençons.

Page perso ( sommaire des textes sur le forum) : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=42205.0

Hors ligne Delnatja

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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #5 le: 30 Août 2024 à 09:38:54 »
Bonjour Ashley.
Je trouve ce texte intéressent et l'ambiance du lieu est bien retranscrite. L'anachronisme de l'IA et de l'imprimante à aiguilles m'a fait sourire et vient renforcer le côté bizarre du récit.
Pour info, une demi note, c'est un demi-ton.
J'attends la suite pour me faire une meilleure idée.
Belle journée.
Michèle

Hors ligne Cendres

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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #6 le: 31 Août 2024 à 21:00:04 »
Merci pour ton texte

Alors que la machine doit aider l'homme, l'homme en est esclave. Il doit attendre qu'elle ait fini de travailler pour rentrer chez lui.
Cette machine semble imposante et envahissante en plus.

La fin finie rapidement et je trouve qu'il manque une conclusion. On apprend juste que les deux hommes travaillent sur des étages différents, et que tous les deux sont encore à leur travail.
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne Ashley

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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #7 le: 02 Septembre 2024 à 16:47:57 »
Le professeur était entré en trombe il y a dix minutes, avait à peine salué Vincent d’un hochement de tête, puis s’était précipité sur la machine. Le vieil homme n’avait pas levé le nez une seule fois pendant ces dix minutes. Il scrutait au travers de ses grosses lunettes les différentes informations affichées sur l’écran. Vincent s’était assis sans un bruit dans un coin de la pièce et observait discrètement le scientifique au travail. Il n’avait jamais vu quelqu’un utiliser directement la machine. La plupart de ses collègues s’en tenaient à rentrer les données, et attendre la fin des calculs.

Mais le professeur pianotait sur le clavier, et quelques instants plus tard, la machine lui répondait par de longues lignes de données sur l’écran. Son visage ne laissa jamais transparaître si la réponse était une bonne nouvelle ou non. Des chiffres défilaient et il les comparait aux feuilles imprimées. Ses sourcils broussailleux étaient bloqués dans une expression de surprise mélangée à une intense réflexion.

Sans prévenir, il se leva d’un bond. Vincent le suivit du regard jusqu’au téléphone. Après l’avoir décroché, il composa en hâte un numéro qu’il semblait connaître. Vincent ne put bien sûr entendre qu’une moitié de la conversation.

« C’est Desaulniers, viens au labo…

— …

— Oui, c’est urgent, et non, demain il sera trop tard, je t’attends. »

À peine avait-il fini sa phrase que le professeur raccrocha. Il resta immobile devant le téléphone un moment, comme s’il prenait encore conscience de la situation. Il se retourna et sursauta presque quand il vit Vincent assis dans un coin, tentant de se faire le plus petit possible.

« Racontez-moi… finis par souffler le professeur.

— Raconter ? Quoi donc ?

— Et bien ce qu’il s’est passé naturellement ! » s’exclama le professeur comme si c’était l’évidence même.

Vincent ne s’attendait pas à la question, il pensait déjà avoir tout dit au scientifique, mais il décida de raconter toute sa journée de travail depuis le matin.

« Nous avons démarré la machine le plus tôt possible pour éviter le pic de chaleur prévu à midi. On a lancé les calculs vers 9 h 15. À midi, la machine surchauffait déjà, donc on a dû la ralentir. Elle a tourné en puissance réduite toute l’après-midi. Tout le monde est parti vers 17 h, sauf moi qui étais de corvée d’extinction. Il ne s’est plus rien passé jusqu’à ce que la machine imprime les huit feuilles et que je vous appelle. »

Pendant que Vincent résumait la journée, le professeur s’était assis dans une chaise à l’un des bureaux. Il avait écouté attentivement, mais il semblait encore plus confus à la fin de l’histoire.

« Vous me promettez que ni vous, ni qui que ce soit n’a changé les paramètres après le lancement ?

— Comment ? De ce que je sais, une fois la machine lancée, on ne peut plus modifier les données…

— C’est presque vrai, murmura le scientifique, mais de toute façon vous n’auriez pas pu, il vous manque les compétences… ». Puis il retourna s’installer devant le clavier.

Vincent se sentit insulté, jusqu’à ce qu’il se souvienne comment le professeur avait pianoté sur le clavier, affichant des centaines et des centaines d’informations sans aucun contexte. Et c’est à ce moment que Vincent se rendit compte de quelque chose :

Il n’avait pas la moindre idée de ce que la machine calculait.

Il n’avait pas d’autre choix que de faire un stage dans un laboratoire s’il voulait continuer ses études. Il avait trouvé ce stage au dernier moment et par miracle.
On lui avait dit qu’il devrait seulement surveiller une expérience, et on lui avait présenté la fameuse machine comme « une grosse calculatrice capricieuse ». Il n’avait pas cherché plus loin. Un stage calme pour valider son année, c’était exactement ce qu’il vouait.

Mais que calculait donc ce mastodonte tous les jours pendant des heures ? On ne lui avait pas dit, et lui-même ne se serait jamais posé la question si la machine n’avait pas décidé qu’aujourd’hui, elle présenterait ses résultats sur huit pages pour la première fois. Mais puisqu’un expert de la machine était assis en face de lui, pourquoi ne pas lui poser la question ?

« Professeur ?

— Vous allez me demander ce que signifient ces résultats ? dit le professeur sans même quitter l’écran du regard.

— Et bien… Oui.

— Hors de question. »

La décision avait l’air d’être finale. Vincent ne s’attendait pas à un refus aussi catégorique, aussi il ne trouva même pas le courage d’insister. Le professeur jugea tout de même qu’il méritait une réponse plus étoffée.

« Ce sur quoi travaille cette machine et son but, seuls quelques individus le savent. Et il est vital que cela reste ainsi. Ne le prenez pas personnellement… »

Vincent avait pourtant trouvé la remarque sur son « manque de compétences » très personnelle.

« Ce que je peux vous dire, en revanche, est que la machine ne devait pas trouver de résultat… Et que ce n’est pas vraiment une bonne nouvelle. »

Il ne donna pas plus de détails et recommença à lire attentivement les feuilles que la machine avait sorties. Au bout de quelques minutes, il releva la tête en direction de Vincent.

« Savez-vous où est stocké le papier pour l’imprimante ?

— Oui, dans la réserve. Répondit Vincent.

— Ramenez-en deux boites. »

Les yeux de Vincent s’agrandirent immédiatement. Depuis son arrivée, il n’avait pas dû changer le papier une seule fois. L’imprimante n’utilisait qu’une feuille par jour. Le professeur avait comme projet d’agrandir la pile qu’il lisait.

Vincent se leva et se dirigea vers le fond de la pièce. Il ouvrit d’un geste une porte qui donnait sur une salle attenante. C’était un grand placard, on y trouvait le disjoncteur du laboratoire, des étagères remplies de classeurs contenant les archives, et diverses caisses et boites de stockage. Mais la salle servait en fait principalement de salle de repos, car fermer la porte permettait d’échapper au bruit étouffant de la machine. Installées là, une table de jardin en plastique et quelques chaises servaient de salle à manger pour la pause du midi. Vincent trouva facilement en bas des étagères de grandes boites en carton de papier neuf pour l’imprimante.

Vincent retourna dans la salle principale, deux boites dans les bras. Il les posa près de l’imprimante. Le professeur s’était déjà installé devant la machine. Il appuya sur une combinaison de trois touches. Immédiatement, l’imprimante émit un léger sifflement, et commença à aspirer une par une les pages dans son bac d’alimentation. Vincent comprit que sa tache était devenue de vérifier l’alimentation en papier.

Le professeur prenait déjà des pages imprimées et, utilisant un feutre rouge qu’il semblait avoir ramené, commença à entourer, raturer, et commenter diverses feuilles. L’imprimante commençait à sentir le brûlé, elle n’avait pas l’habitude d’un tel travail. Vincent avait déjà déconnecté son cerveau et remplissait machinalement le bac de l’imprimante dès qu’il n’était plus rempli. Ils continuèrent ainsi de longues minutes, sans un mot.

Hors ligne ZagZag

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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #8 le: 04 Septembre 2024 à 22:05:47 »
Salut Ashley !

Quelques commentaires au fil du texte, d'abord.

La température était insupportable. Au milieu d’une cacophonie de divers bruits mécaniques, dans une salle baignée d’un coucher de soleil orange, un homme aux cheveux noirs et portant une blouse blanche semblait attendre quelque chose. Une canette de soda à moitié vide à la main, Vincent fixait l’écran en face de lui. Celui-ci s’obstinait à répéter toujours la même ligne : « Fonction 7 en cours, veuillez patienter. »
l'intro est bien ! j'aime bien le orange, noir, blanc

On avait décidé que lui expliquer le sens de ce message ne serait qu’une perte de temps, et il n’était pas suffisamment payé pour se poser la question.
d'un côté le "on" impersonnel est fort à propos ici, d'un autre on se demande pendant quelques mots en tant que lecteur de qui on parle

Et pourtant, il cuisait encore dans cette salle, à espérer bêtement qu’une machine termine sa tâche et qu’il puisse partir.
la fin sonne un peu maladroite, "et l'autorise à partir" ?

Ses supérieurs avaient été clairs : tout le laboratoire devait s’adapter au rythme de la machine. On attendait qu’elle ait fini son travail. Puis on appliquait à la lettre la longue et pénible procédure pour la stopper. On ne pouvait quitter la salle qu’une fois la machine bien éteinte. Ensuite, la personne qui arrivait en premier le lendemain répétait la séquence à l’envers afin de redémarrer la machine. Puis quelqu’un d’autre s’occupait de fournir les données, et enfin lancer les calculs.
limite j'aurais mis encore plus de fois le mot machine dans le paragraphe pour qu'on voit à quel point elle rythme le travail

Ce qu’on appelait « La machine » était une série de cinq boites en métal sombre d’une hauteur de deux mètres reliés les unes aux autres par de gros câbles de différentes couleurs qui serpentait au sol.
reliées + "de différentes couleurs " me paraît alourdir la phrase pour rien, je virerais

Il ne se passait pas une journée sans que quelqu’un ne manque de tomber après avoir trébuché sur eux.
beaucoup de négations dans la phrase, ça gêne un poil la lecture

Le soda était devenu tiède, et les bulles avaient disparues, donnant au tout un goût peu agréable.
j'aurais terminé par "ne laissant qu'un goût peu agréable", mais ce n'est qu'une suggestion ;)

très vite, une deuxième, puis tout de suite une troisième feuille furent aspirées à leur tour.
là aussi la fin me paraît alourdir pour rien

Vincent prit une grande inspiration et, sans s’arrêter, dit :

« La machine a fait un bruit bizarre, comme si elle fonctionnait mal, puis au lieu d’une simple feuille de papier, elle a imprimé huit pages de chiffres et de matrices ! »
j'aime bien l'idée qu'il dise tout d'un seul souffle, mais je trouve que la phrase qu'il prononce ne colle pas trop à cette idée, j'ai du mal à l'imaginer scandée comme ça

Voilà ! Ça se lit bien, on sent bien l'ambiance du labo (limite j'aurais encore plus insisté sur la chaleur). Y a de la tension, on a envie de connaître la suite pendant la lecture, c'est chouette :) je passerai bientôt lire la deuxième partie pour avoir le fin mot et je ferai un commentaire général plus détaillé !
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne Béatrice M

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Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #9 le: 05 Septembre 2024 à 08:50:25 »
Coucou Ashley
Voila un texte qui se lit avec attention, un chute magistral bien vu, aussi un brin d'humour qui est bien venu.
Original à suivre
belle journée

Hors ligne Lune

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    • Conquête de l'espace
Re : La Conclusion de la Machine
« Réponse #10 le: 05 Septembre 2024 à 17:07:33 »
Bonjour,

Quelle histoire passionnante ! Merci, et vivement la suite  ;)
Ecoute le vent, il chante
Ecoute le silence, il parle
Ecoute ton coeur, il sait
Proverbe Amérindien

 


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