Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

18 Mai 2026 à 09:31:55
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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Défi micro textes

Auteur Sujet: Défi micro textes  (Lu 44661 fois)

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Défi micro textes
« Réponse #255 le: 16 Mai 2026 à 14:31:36 »
 ;)  Monsieur De La Palisse est mort comme il a vécu : en soldat, l’épée à la main, à Pavie. De fait, je ne saurais prétendre que sa pipe fumait encore alors que son pouls ralentissait. Or, n'a-t-on idée, par ailleurs, de batailler autrement qu'à risquer de la casser ! Une telle volute verbale monterait-elle autrement qu'âme fragile, comme si elle hésitait à nous quitter ? Certes, ainsi élargie, l'antanaclase du dernier souffle serait, assimilable à la fumée de la dite "bouffarde" tant elle paraîtrait indiscernable !

Nouveau thème : "Les doigts dans l' nez !"
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

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Re : Défi micro textes
« Réponse #256 le: 16 Mai 2026 à 18:16:07 »
Citer
C'est de la faute de @Luna, encore. C'est un peu plus long que d'habitude, je m'en excuse.

En vrai, c'est top de retrouver des personnages d'un texte à l'autre, d'étendre un peu leur aventure, d'imaginer plus grand, et puis, je l'aime bien ton Rhein, il me fait penser à une averse toute douce mais qui peut virer en tempête :-[
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les doigts dans l'nez
« Réponse #257 le: 16 Mai 2026 à 18:41:42 »
les doigts dans l'nez, merci

j'ai rien pigé à la définition du dico… el doc m'avait fait une prescription, mais comme l'acronyme semblait incompréhensible, j'ai demandé le truc par curiosité à missiah qui m'a renvoyé à de la donnée numérique partagée… oto-rhino-laryngologie, putain, l'incompréhensible le devenait encore plus, et quand j'ai lu la définition, j'me suis juste dit "merde", et je m'imaginai alors des planches anatomiques mentales forcément incomplètes, afin de tenter de piger un peu où j'allais aller me faire ausculter pour un problème de dysphagie ; c'est là que mon cerveau a disjoncté, et j'ai décidé alors que mon désintérêt intellectuel pour la chose serait à la fois forcé et accepté, quoi que soit la cohérence de l'unicité conceptuelle du diplôme dont souffrait ce mystérieux spécialiste médical… hélas, son boulot se limita à me révéler après moults manipulations hautement technologiques, que j'étais inopérable ; il s'enquit finalement en me serrant la main :
- et vous respirez comment ?

>> un quatre deux huit cinq sept
.

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Re : Défi micro textes
« Réponse #258 le: 16 Mai 2026 à 19:28:47 »
c'était pas prévu, mais ça fait du bien, merci Dot :calin:



un
toi. dans ce monde sans ciel, ce ciel sans terre, un monde à l'envers.

quatre
eux. ils avancent dans le sable, enfoncent leur empreinte dans la tienne, incertains même de ton passage.

deux
nous. toi aussi, tu me suis. tu me cherches, tu me poursuis, ton esprit toujours vif, tes mots, une mélodie à ma recherche... nous, cela sonne si étrange, si réel finalement... nous, nous. nous...

toi et moi. nous.

huit
les jours. un grain de sable, deux grains, cinq, six, huit, un désert à te chercher. te retrouverai-je un jour. je ne veux pas connaître ce futur au goût de passé, ma quête de toi trop vivante pour aboutir.

cinq
mes doigts se resserrent entre tes phalanges et je compte, tes doigts soudés aux miens, nos mains emmêlées, nos jours lointains.

retrouve-toi.

sept
je ne sais plus. j'ai cessé de compter. sept ? sept quoi ? sept lune sans toi ? sept rêves dans ce monde où elle flotte en-dessous de l'eau ? sept mondes. un monde.

moi. sans toi.
oublie-moi.


n...

no...



nous.



prochain thème : une goutte dans le désert, un grain de sable dans l’océan
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une goutte dans le désert, un grain de sable dans l'océan
« Réponse #259 le: 16 Mai 2026 à 22:06:29 »
:0 j'avoue, même pour moi : c'était pas prévu, mais ça fait du bien
merci Luna ^.^

j'ai éprouvé de la tendresse à lire vos textes et la vie de ce fil durant un mien silence, merci




une goutte dans le désert, un grain de sable dans l'océan

1/7(milliards) : minime numérateur dénominateur maxime ! en une fraction de calcul phrasé, toute la signifiance m'apparait depuis l'infiniment dilué… un si presque-rien dans un si grand tout, que l'intensité chiffrée de sa préciosité est celle, presque inimaginable, du dessous de la barre… quant au dessus ? et tous ces uns à la plage, et toute cette pluie sur les dunes ?

des éléments déséquilibrent le décor, spiralent en une danse statique mais mouvante, et lui apportent l'harmonie de l'imperfection

c'est l'inverse et non le négatif, taux d'hygrométrie entre nul et total, et moi qui laisse des empreintes de chemin, invisibles depuis la lune, d'une immensité territoriale, et que le vent aura tôt-fait d'ensevelir sous les flots…

si peu de chose, ce n'est pas du tout rien du tout !



>> au micro : "[texte]"
.

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Re : Défi micro textes
« Réponse #260 le: Hier à 00:15:01 »
 :s    Devant lui la chose roide lui sembla soudain froide. Mais il la savait douée d'une résonance pseudo intelligente, presque mentale. Une sorte de contre‑chant intérieur se mit à vibrer dans son crâne : c'était comme si une voix intérieure y lisait des mots incongrus. L'esprit parfois contemple sa propre petitesse. Alors s'immisce la première impression : la densité du presque‑rien le frappe d’emblée ! Or, c’est cette manière de magnifier l’infime qui rend l'être minuscule, le fait basculer dans une sorte de vertige métaphysique.
Ce n’est pas de l’humilité, c’est une dilatation du néant : le presque‑rien devient un prisme, un foyer d’intensité… Car le trac, c'est un peu comme la poésie du presque devant la page blanche... mais très vite, l'amour-propre se rebiffe, le chanteur refuse ce vide, il saisit le micro qu'il arrache littéralement de son pied ! Alors le bassiste improvise une pickup line et tout redevient facile !

Nouveau thème : l’immensité peut dissoudre un regard.
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Re : Défi micro textes
« Réponse #261 le: Hier à 09:57:57 »
Salut,

l’immensité peut dissoudre un regard

Guidée par l'oiseau, je grimpe la falaise escarpée. La mer s'y heurte plus bas. Un océan de douleur pour atteindre un sommet en paix. Mon pied nu, humble, se blesse sur l'unique chemin, presque une dernière peine pour celui qui veut savoir. Je veux savoir. Savoir te brisera. L'oiseau se pose sur les branches basses d'un arbre millénaire, écrasé par le poids d'un monde, d'une vérité qu'il peine à soutenir. Je m'en approche, frémis à son contact. Sa sagesse me répond en silence. Le silence restera donc ma réponse. Un souffle, de l'autre côté de son écorce :
— Da'len.
Enfant.
Ce que nous redevenons tous ici. Des enfants, à la recherche d'une réponse. Le vieil elfe apparaît. Assis contre l'arbre, son regard voilé par les âges, porté vers l'immensité. Je m'agenouille près de lui et attends. Les enfants ne doivent pas parler. Ils ne doivent pas rappeler à leur aînés que le temps ne les attend pas. Les enfants doivent apprendre, attendre pour apprendre, apprendre à attendre. Auprès de cet aîné, j'attends. J'attends et j'écoute le monde qui continue sa course. Si les lunes se suivent, aucune ne se ressemble, chacune un peu plus, peut-être un peu moins. L'oiseau fond sur l'océan, devient trois, oisillons fragiles.
— Da'len, garas quenathra ?
— Fen'Harel.

Le vieil elfe sourit, de ces sourires perdus, qu'il offre à l'immensité qu'il ne voit plus. Son regard semble la chercher dessous le voile. Après encore une éternité de soleils et de lunes, il secoue son visage aussi dur que l'écorce. Je comprends les mots qu'il ne prononce pas, comprends que cette quête, je devrai l'accomplir seule. Je le salue. L'oiseau me rejoint sur le chemin et nous retournons ensemble au monde éphémère où les jours revêtent une importance. Le vent me porte ses derniers mots, une bénédiction :
— Fen'Harel ma ghilana.

Nouveau thème : c'était un lapin blanc

Une bonne journée,
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Re : Défi micro textes
« Réponse #262 le: Hier à 14:07:18 »
Hello Luna, j'ai apprécié l'évocation de cet arbre Faye (ou Fé) et sa réponse muette qui en dit long... Aussi, je vais la reprendre : 



Ariane suivait le fil de sa pensée, quand, tout à coup elle eut le sentiment de voir surgir une entité… mais c'était un lapin blanc ! Du moins, ce fut l'image que son cerveau lui renvoya en premier...

Pourtant, elle évoluait au sein d'un monde étrange, toujours prêt à se dissoudre quand l’imagination complice fait défaut. Elle n'ignorait en rien, que dans la noble forêt l'on peut voir de grands Arbres Faye, tous descendants de leurs lointains ancêtres émergés il y a plus de quatre-cent-vingt millions d’années ! En tant que premiers enracinés capables de belle noblesse, ceux-là s’offre en gîte pour les nymphes d’arbres Frères. Et si ce que nous transmettent nos yeux d'êtres humains, n’est rien de mieux que la projection d'une certaine image promise à l’attention d’un cerveau généralement cartésien, c'est peut-être que ce dernier installe trop facilement des barrages. Mais ce sont autant d'idées obnubilées qui, sournoisement, nous sont inculquées dans durant l'enfance et qui, peu à peu, s'imposent jusqu'à tarir le flux merveilleux de notre surconscience…

nouveau thème : le monde invisible

Amicalement.
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Re : Défi micro textes
« Réponse #263 le: Hier à 15:45:33 »
bon... je retrouve la sensation de certains tic-tac, ça pue pour moi pour la suite, mais au moins, ça me dit quel jeu jouer, dans quel univers me perdre, ces prochaines semaines...

le monde invisible

Du bout du doigt, je n'ose qu'à peine frôler le miroir. À sa surface, l'écho d'une vie. Une vie de combats, de luttes, de victoires, de défaites. Ma longue tresse tranchée par mes dieux. Mon œil fendu par mes pères. Mon corps entier brisé par mon histoire. Toujours, je me relève, je cherche ce chemin, celui qui m'appartiendra, qui sera un peu de mon passé, un peu de mon avenir, creusé par mes choix, tracé par mes actes. Le miroir frémit, son reflet ondule, me montre la réponse. À sa surface, je peux te revoir. Ma vue se brouille. Où que je regarde, où que je cherche des réponses, tu sembles apparaître. Tu marches dans un monde en ruines, monde de brume, monde de rêves. Seul. Je m'affaisse sur cette vérité, le mur entre nous plus fin qu'un voile. Tu te tournes vers moi, me souris, te refuse à me laisser approcher. Sage, millénaire, malicieux, je revis une aventure dans ton regard. Le voile entre nous s'épaissit, m'éloigne de toi. Je m'entends hurler ton nom, lutter contre ce monde qui s'étend malgré moi entre nous, qui t'oblige à la solitude, m'incite à te retrouver, à ne jamais cesser cette quête-là, à t'atteindre, atteindre ton esprit et ton cœur scellés par la folie. Le miroir se brise, la pression entre les mondes trop forte. On ne doit jamais vouloir mêler les mondes. Le voile doit rester. Tu me l'as appris. Alors, pourquoi ? Les éclats de verre me brisent un peu plus et je m'effondre, hurlant ton nom. Ma litanie. Mon chemin creusé. Un sentier, une volonté, une porte ouverte entre les mondes.

prochain thème : une forêt de pins sous la neige, c'est la plus belle couleur
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Re : Défi micro textes
« Réponse #264 le: Hier à 19:20:40 »
Coucou, vous avancez vite, et vos textes sont d'une belle qualité !
Un petit dernier pour la route :

une forêt de pins sous la neige, c'est la plus belle couleur

Les mois avaient passé et, peu à peu, la petite forêt à l’orée de la ville avait changé de visage. Les conifères semblaient ignorer l’automne, mais la neige, elle, finissait toujours par triompher.
Rhein avançait entre les troncs, le souffle pâle dans l’air glacé, les pas étouffés sous l’épaisseur blanche. Ici, le monde paraissait différent de celui des ruines : plus propre, presque honnête.

Le premier piège était vide. Le deuxième aussi.
Dans le troisième, un lapin.
Maigre. À peine vivant, encore secoué de faibles spasmes sous le fil tendu. Rhein s’agenouilla, posa une main sur sa nuque et lui asséna un coup bref derrière la tête. Sans hésitation, sans cruauté non plus. Le petit corps se relâcha aussitôt.

Il le récupéra sans un mot et le glissa dans son sac. Le nounours pendu à la toile se balançait au rythme de sa marche, indifférent au froid comme au reste.
Rhein s’arrêta un instant, une main posée contre un tronc, puis leva les yeux.

La forêt se tenait là, blanche et verte, silencieuse, immobile. La neige avait enseveli les branches couche après couche, avec une patience presque méticuleuse, transformant chaque pin en quelque chose qui ressemblait à de la beauté, une beauté simple, sans effort ni intention, qui n’avait besoin de personne pour exister.

Il pensa à Mila.
Elle aurait aimé voir ça.

Il demeura là une seconde de trop, le temps d’une longue inspiration, puis reprit la route du refuge.
Derrière lui, la forêt continua d’être belle, tranquillement, sans lui.

Prochain thème : "Un soleil rouge se lève"

Bisou,
A.
« Modifié: Hier à 19:28:14 par alkatom »

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Défi micro textes
« Réponse #265 le: Hier à 22:24:09 »
Un soleil rouge se lève... lourd comme un présage, le vrombissement se rapproche. Tout comme l'étoile d'or, il déchire la brume qui rougit les collines. Mais déjà les ombres reculent, surprises d’être encore là. Un souffle d'air caresse la terre immobile. Le jour hésite encore, il vacille, se cherche un nom. Le son diabolique va grandissant, l'apocalypse se précise et puis tout se déchaîne : les SBD Dauntless fondent sur leurs proies et dans ce rouge naissant, l'enfer se déchaîne.

Nouveau thème : Je pose la fourchette à gauche ou à droite de l'assiette ?
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

 


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