Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

30 Avril 2026 à 11:08:48
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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Défi micro textes

Auteur Sujet: Défi micro textes  (Lu 42151 fois)

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Re : Défi micro textes
« Réponse #210 le: 25 Avril 2026 à 11:29:42 »
@Luna
Cela me rassure de ne pas être le seul à me faire avoir.
Ton texte était très beau et très différent de ton thème habituel d'alien. Bravo (et surtout, y'a pas eu de Jiren !)
Tu remarqueras de tes deux textes se passent un dimanche. Tu rajoute un petit ruisseau et les deux textes cochent le thème ! :p

Un chaton a volé la clé des champs

Il s'appelait Pixel. Cinq cents grammes de fourrure grise avec une ambition démesurée.
Ce matin-là, la porte du jardin avait été laissée entrouverte, une seconde, cela suffisait pour prendre la clé des champs. Une seconde, c'est une éternité pour un chaton qui attendait sa chance depuis trois semaines.
Dehors, le monde lui tendait les bras, enfin.
Les herbes étaient hautes, les odeurs infinies, et Pixel posa la patte sur cet univers comme un explorateur pose le pied sur un continent vierge, la queue dressée, les moustaches frémissantes, et absolument aucun plan.
De l'autre côté de la porte, Jess' cherchait ses clés depuis vingt minutes.
— Il était là ce matin, ce petit monstre, grommela-t-elle en soulevant les coussins du canapé. Et mes clés aussi d'ailleurs.
Pixel, lui, venait de découvrir un papillon. C'était, à n'en pas douter, la chose la plus importante qui lui soit jamais arrivée. Il bondit. Il manqua. Il fit semblant que c'était voulu.
Jess' finit par sortir dans le jardin, les mains sur les hanches.
— PIXEL.
Le chaton leva les yeux vers elle. Considéra la situation. Considéra le papillon. Considéra son humaine.
Puis il fit demi-tour et rentra, la queue haute, comme si c'était lui qui avait décidé que l'aventure était terminée. Les clés tintèrent sur le pas de la porte, elles avaient glissé sur sa fourrure sans qu'il s'en aperçoive, amortissant la chute.
Jess' les ramassa, soupira, et lui servit ses croquettes.
Victoire, pensa le chaton.
Jess' le regarda ronronner, et en constatant la peur qu'elle avait eue, elle sut qu'elle aimait vraiment ce petit être velu.

Prochain thème : "Limites réelles"
« Modifié: 25 Avril 2026 à 11:36:48 par alkatom »

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Re : Défi micro textes
« Réponse #211 le: 25 Avril 2026 à 12:10:03 »
Merci :-[
Je dirais même qu'ils se suivent, vu que les deux enfants, les deux derniers garants des secrets, doivent être morts ;)
Ton texte tout mignon m'a redonné le sourire après mes jumeaux, merci :-[

Aller ! Un alien, mais une autre configuration ! (oui, cette fois, c'est bien Jiren, même si j'ai préféré ne pas le nommer pour que chacun y voit qui il veut et rendre le tout plus universel !)

Limites réelles

Elle passa un doigt sur la figurine qui l'hypnotisait. Elle l'aimait, c'était sûr. Jamais il ne le saurait, jamais il ne pourrait répondre à ses sentiments, mais elle l'aimait. Sa posture fière, son caractère taciturne. Elle aimait les êtres taciturnes. Ils lui donnaient l'impression de garder tant de secrets qu'elle pourrait découvrir, à force de patience, de minutie dans ses observations, dans ses sentiments. Les grands yeux noirs, figés, lui répondirent, elle voulut le croire. Un rayon de soleil s'y refléta et elle soupira, les bras croisés sur son bureau. C'était le plus beau cadeau d'anniversaire qu'elle pouvait espérer. Mais bientôt, son téléphone sonnerait, une alarme pour lui rappeler qu'elle devait partir au lycée, étudier ; vivre. Le téléphone sonna. Elle attrapa son sac et se retourna une dernière fois vers la figurine, posée sur son bureau. La magie rompue, elle baissa les yeux, consciente de la vitrine entre eux, une vitrine impossible à briser. Il était un personnage et elle... trop réelle pour lui.

Prochain thème : mélodie au piano
« Modifié: 25 Avril 2026 à 12:59:18 par Luna Psylle »
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Re : Défi micro textes
« Réponse #212 le: 25 Avril 2026 à 15:04:36 »
Mélodie au piano

Il l'avait trouvé, enfin.
Des mois de traque, des cicatrices plein le corps et une dette de sang impossible à rembourser. Et là, au bout du couloir obscur, le tyran était assis devant son piano, de profil, comme si rien ni personne ne méritait son attention.
Ses doigts couraient sur les touches avec une grâce obscène. Une mélodie dramatique, lente, qui semblait écrire elle-même la fin de l'histoire.
Dehors, la tempête faisait rage. Le ciel lui-même était témoin de ce futur carnage.
Le héros serra les poings. Chaque note était une provocation. Chaque silence, un défi. Il n'attendrait pas la fin du morceau.
Les dernières notes s'estompèrent dans l'air chargé d'électricité. Le tyran se leva, lentement, et se retourna. Un éclair zébra le ciel, il souriait dans l'ombre.
Ils se chargèrent l'un vers l'autre.
Un éclair.
*Boum*
Un autre éclair.
*Boum*
La professeur claqua la craie contre le bureau.
Le lycéen se redressa brusquement, la joue humide, son carnet de notes imprimé sur la tempe.
— Tu peux nous rejouer le début du morceau, s'il te plaît ? dit la prof de musique. Puisque tu sembles si... passionné.
Le lycéen rougit, il était victime, une fois de plus, de sa trop grande imagination musicale.

Prochain thème : "Le bien contre soi même"
« Modifié: 25 Avril 2026 à 15:07:18 par alkatom »

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Re : Défi micro textes
« Réponse #213 le: 27 Avril 2026 à 11:24:38 »
Salut,

Le bien contre soi même

— Mais voyons ma chérie, je te dis ça pour ton bien, tu le sais n'est-ce pas ?
Non... non, je ne sais pas. Je ne sais plus. Je n'arrive plus à savoir. Le bien. Le mal. Le correct. L'intolérable. Où me trouvé-je sur ce fil tendu ? Sois mais ne sois pas, pas trop, montre ta différence, elle affirme qui tu es, mais sois comme les autres, ressemble-leur, deviens un rouage d'un tout. Le gouffre sous mes pieds, béant. Être ou ne pas être : il ne croyait pas si bien dire. Être et ne pas être. Être tout en n'étant pas. Je n'en peux plus ! Mon hurlement les fait tous sursauter. J'attrape mon manteau et disparais de leur fête où je ne me sens pas bien. Ma poitrine me tiraille, mon cœur trop rapide, de cette rébellion. On ne part pas, pas comme ça, pas sans dire au revoir, pas sans avoir souri, pas sans avoir mangé, sans avoir bu, au moins une coupe, pas sans avoir... PUTAIN ! Je monte dans le bus, à défaut d'avoir mon permis, comme tous ces autres à qui je dois ressembler sans leur ressembler, et m'enferme chez moi, baisse les stores, sors un paquet de chips et allume l'écran pour me perdre dans un univers où, au moins, on ne me dira (peut-être) pas ce que je dois être sans l'être.

Prochain thème : C'est un Jedi et un Sith qui sont assis dans un vaisseau-bar interstellaire... et le vaisseau-bar interstellaire ne finit pas détruit !
pour les non-Star Wars, l'idée du thème c'est : le début d'une blague foireuse qui part en cachuète...

Une bonne journée,
« Modifié: 27 Avril 2026 à 11:55:50 par Luna Psylle »
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Re : Défi micro textes
« Réponse #214 le: 27 Avril 2026 à 16:28:31 »
C'est un Jedi et un Sith qui sont assis dans un vaisseau-bar interstellaire... et le vaisseau-bar interstellaire ne finit pas détruit !

Le Jedi s'installa au bar d'un Vaisseau-Bar Interstellaire. Un Sith était déjà là.
Aucun des deux ne dit rien pendant un long moment. Le barman, une créature à six bras et zéro curiosité, posa deux verres sans qu'on lui demande.
— Tu as l'intention de dégainer ? finit par demander le Sith.
— J'allais te poser la même question.
Ils regardèrent leurs sabres-laser. Puis le bar. Puis leurs verres. Leurs mains se crispèrent. La tension monta, lente, inévitable. Ce genre de silence qui précède les catastrophes.
Puis leurs regards se levèrent, au même moment, vers quelque chose au-dessus du comptoir.
Une pause.
Ils reprirent leurs verres.
— La prochaine fois, dit le Sith.
— La prochaine fois, confirma le Jedi.
Le barman reprit les verres. Le Sith laissa un pourboire. Le Jedi, voyant ce geste, en fit de même.
Le règlement de ce Vaisseau-Bar Interstellaire Chez Mogg était affiché en quarante-sept langues au-dessus du comptoir. La ligne la plus importante, en rouge et en gras :
Tout duel entraîne une note doublée. Toute explosion entraîne une note triplée. Règle cumulative.

Chez Mogg flottait toujours dans l'espace, intact.

Prochain thème : "Hé, mais il fait chaud ici ou c'est moi ?"
« Modifié: 27 Avril 2026 à 16:40:17 par alkatom »

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Re : Défi micro textes
« Réponse #215 le: 28 Avril 2026 à 07:46:09 »
Salut,

Hé, mais il fait chaud ici ou c'est moi ?

Les deux enfants quittent la forêt, soulagés de trouver une cabane. Peut-être quelqu'un pourra leur indiquer la route vers la ville, ou bien pourra-t-il appeler leurs parents. Marion l'espère, fatiguée de cette marche et des pleurs incessants de son petit frère. Louis chouine sans cesse qu'il sont comme les enfants des contes et qu'ils vont rencontrer une sorcière. Marion soupire, toque à la porte qui s'ouvre. Après quelques politesses, elle oblige Louis à rentrer et demande à pouvoir utiliser un téléphone. Elle s'avance, mais Louis continue de se plaindre :
— Il fait chaud !
— Peut-être que la personne qui vit ici est frileuse : arrête de pleurnicher ! s'agace Marion.
Mais quelque chose ne va pas : les murs n'ont pas de fenêtre, forment comme une bulle de métal rouillé. Marion déglutit : elle aussi commence à avoir chaud. Le toit émet un horrible grincement et une tête géante, immonde, leur sourit.
— Un met de choix ! ricane la sorcière, fière de l'efficacité de son piège.

Nouveau thème : JE VEUX DU ROOOOOOOOOOOOSE !!!!!!!!!!!!!

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Re : Défi micro textes
« Réponse #216 le: 28 Avril 2026 à 18:32:54 »
JE VEUX DU ROOOOOOOOOOOOSE !!!!!!!!!!!!!
Que ça éclabousse le ciel et repeigne les choses, que ça morde la grisaille et qu’un soleil explose, que mes murs, mes mots, mes nuits virent à la chlorose, que tout devienne fête, insolence et overdose. Faut que ça claque comme un néon dans la nuit, que ça déborde, que ça hurle, que ça s’ennuie jamais, que ça repeigne mes doutes en barbe à papa, que ça pulse, ça danse, ça sature et que tout mon horizon devienne un cri de joie. Je veux un rose qui respire, un rose qui apaise, un qui glisse sur les murs à mes heures, un rose qui murmure au creux des tempêtes, qui éclaire même les ombres têtues et me rappelle que la tendresse insiste. Pas un rose qui cogne, qui s’la raconte, qui fout la honte au gris du quartier ou qui débarque en mode “j’prends ta place”, sans demander pardon ! Je veux du rose qui dit : “vas-y, frère, on vit qu'une fois !” Trop souvent, le noir me colle aux semelles lorsque la nuit s’invite… j’ai besoin d’un éclat de rire qui déchire, pas d'un monde qui me fatigue quand je vacille !



Prochain thème : Juste une obsession

Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

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Re : Défi micro textes
« Réponse #217 le: Hier à 10:18:47 »
Salut,

Juste une obsession

Tu me manques.
Certains ici le savent. Ils l'ont lu, ils l'ont ressenti. Un vide, une absence ; encore et toujours cette absence...
Certains matins, quand l'air frais me pique le visage, quand l'éveil peine à prendre sa place, je peux voir ton ombre. J'y résiste. Je ne sais comment, j'y résiste. Si j'y cède... si j'y cède, je pleurerai ; n'est-ce... non, il n'y a pas d'autres réponses : si j'y cède, je pleurerai.
Et pourtant, pourtant...
Je veux sentir tes doigts emmêlés aux miens, ta sagesse seule capable d'abattre mes certitudes, ton sourire pour guider mes pas dans ce monde en ruines que j'ai si souvent arpenté mais qui continue de m'émerveiller et me surprendre. Je ne dois pas céder... d'autres Univers, d'autres Ils m'attendent encore. D'autres aventures, d'autres épopées...
Non, non, je ne dois pas... mais... je veux sentir tes doigts emmêlés aux miens et me perdre dans tes ténèbres. Je veux oublier tes trahisons. Je veux retrouver l'innocence de cette rencontre, encore une fois, je veux me laisser bercer par tes mots, par tes illusions... non, non. NON ! Je ne dois pas, mais...
s'il-te-plait...
trouve le moyen...
de me ramener...
à toi...
Ar lath ma, venhan...

Prochain thème : une elfe et un loup, à l'orée d'une forêt

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Re : Défi micro textes
« Réponse #218 le: Hier à 11:22:32 »
Une elfe et un loup, à l'orée d'une forêt

Mes parents avaient raison. Je n'aurais pas dû partir aussi loin de la maison, surtout aussi proche de l'orée de la forêt.
Me voilà acculé devant cette menace qui me regarde avec ses yeux brillants. J'essaye de me montrer menaçant, mais la bête me regarde sans animosité. Alors que je pensais ma dernière heure arrivée, mon ventre gargouilla. Le monstre s'éloigna, et alors que je pensais le danger fini, il revint et déposa devant moi un morceau de viande.

Je mangeai. Je n'étais plus en état de refuser.

Puis la créature émit une série de grognements aigus, incompréhensibles, en pointant quelque chose dans les arbres. Elle recommença. Plus lentement, cette fois, comme si j'étais stupide. Elle se baissa, rampa sur le sol, fit mine de bondir.
Elle voulait m'apprendre quelque chose.
Je l'imitai, de mon mieux. Elle émit un son strident,peut-être de satisfaction, impossible à dire. Puis elle repartit vers les arbres, s'arrêta, me regarda. M'invitant à la suivre.
Nous passâmes ainsi une bonne partie de l'après-midi. Elle grognait. Je ne comprenais rien. Elle grognait à nouveau, plus fort. Je faisais semblant de comprendre.
Au crépuscule, épuisé, elle me laissa rentrer chez moi.

J'ai compris la leçon. Ces elfes me font peur. Plus jamais je ne m'éloignerai de ma tanière.

Prochain thème : "La plume, plus forte que l'épée ? Mon oeil !"

Bisou,
A.
« Modifié: Hier à 11:27:03 par alkatom »

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Re : Défi micro textes
« Réponse #219 le: Hier à 12:47:51 »
La plume, plus forte que l'épée ? Mon oeil !

Une poche de glace sur ma paupière, je joue avec ma dague sur la table d'appoint, agacée. Assis en face de moi, le magicien cache son rire dessous son poing serré. Il se mord aussi la lèvre.Il n'a même pas pris la peine d'user d'un sort pour me soigner. L'hématome, je vais le sentir pendant plusieurs jours. Je me rappelle les mots de notre diplomate, devenue une furie en l'espace d'une discussion, et souris bien malgré moi. Le magicien doit deviner mes pensées : ses prunelles s'éclairent et il hausse un sourcil, attend ma réaction.
— D'accord, reconnais-je. Elle a peut-être raison. Je dis bien peut-être.
— Je ne me permettrai pas de vous contredire. Je vous rappellerai juste que nous avons évité plus d'une bataille grâce à ses bons mots.
Je renâcle et baisse les yeux. Quand elle a frappé, je n'ai pas vu le coup venir : une plume, encore tâchée d'encre, en plein sur mon arcade. En tout cas, la plume blesse aussi bien qu'une dague ! a-t-elle fanfaronné. Je vais en garder une petite cicatrice, c'est sûr...

Prochain thème : la lune et le mamba
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Re : Défi micro textes
« Réponse #220 le: Hier à 14:20:45 »
Comme extirpé de la pâleur laiteuse qui nappait la savane, le mamba noir, perché sur un arbre, regardait la lune, quand soudain il se prit à rêver. Il imagina de sa rondeur qu'elle pouvait être l'œil d’ancêtre prestigieux. Le vent, se faisant caressant, murmurait des secrets de dunes et de marées, puis il lui confia l'histoire d'un Ouroboros devenu constellation. Notre reptile la peupla de ces voyageurs perdus qui parfois suivent la lumière sélénienne pour retrouver leur chemin.

Sans faire le moindre bruit, le mamba se déroula un peu, comme pour saluer cette reine mieux que lui suspendue. Ce fut à ce moment qu'une ombre complice, glissa sur l’écorce en mimant la lenteur souveraine d’un mythe en train de naître.

Nouveau thème : Un train-train quotidien
« Modifié: Hier à 14:22:59 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

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Re : Défi micro textes
« Réponse #221 le: Aujourd'hui à 10:40:45 »
Salut,

Ce texte-là aura été bigrement poussif à faire, mais je crois que je l'aime vraiment, il dégage ce petit truc particulier que j'aime retrouver dans mes textes.

Un train-train quotidien

Tous les matins, j'attends mon train. Tous les matins, il est assis là, sur le même banc. Tous les matins. Il peut pleuvoir, il peut geler, il est là, et moi aussi. Ce matin encore, il lève les yeux vers moi et m'adresse un signe de tête, un salut discret que je lui rends. Qui il est, pourquoi il attend tous les matins, qu'est-ce qu'il attend, je l'ignore. Il reste assis là, à regarder, à écouter. Il ne monte jamais. Tous les matins... je m'arrête devant un poteau, à un mètre du banc, pose mon sac entre mes jambes, et sors un carnet. C'est un vieux carnet. Usé, il cache mes rêves et mes folies. Ce matin, j'y continue une petite histoire, imaginée comme ça, comme un matin à attendre un train pour aller au lycée dans la ville voisine, comme toutes mes petites histoires. J'écris, un mot, dix mots, trois lignes, sept lignes, un paragraphe, et je range mon carnet. Comme tous les matins, le train arrive, couvre le chant des oiseaux de sa propre mélodie, une percussion essoufflée, rouillée. Je replace mon sac sur mon épaule, regarde une dernière fois cet inconnu que je crois apprendre à connaître, par petites touches, comme autant de signes de tête. Je lui en adresse un, un à demain silencieux, un accord entre nous.

Prochain thème : Une écaille blanche comme la neige et des yeux aussi rouge que le sang

Une bonne journée,
« Modifié: Aujourd'hui à 10:46:27 par Luna Psylle »
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Re : Défi micro textes
« Réponse #222 le: Aujourd'hui à 10:52:40 »
@Luna
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Une écaille blanche comme la neige et des yeux aussi rouges que le sang

Je l'avais vue une première fois au détour d'une ruelle. Une jeune femme, seule, immobile dans le flux de la foule comme un rocher dans un courant. Ses cheveux pâles, presque blancs, cascadaient sur ses épaules. Et ses yeux… Ses yeux étaient rouges, d'un rouge profond, impossible, qui n'appartenait pas à ce monde.
Je n'avais pas osé l'aborder. On n'aborde pas ce genre de beauté. On la regarde, et on s'en souvient longtemps.

Deux jours plus tard, je trouvai une petite bête au pied de mon immeuble. Recroquevillée dans une flaque, tremblante, à peine plus grande que ma main. Je ne sus pas identifier l'espèce. Je la rentrai, la réchauffai, la lavai délicatement. C'est en séchant sa fourrure que je la vis. Une écaille, unique, blanche comme la neige, nichée derrière son oreille gauche. Je n'avais jamais rien vu de tel. Presque sans y penser, je la touchai du bout du doigt.

La pièce sembla retenir son souffle.

La petite bête grandit. Lentement d'abord, puis d'un seul coup, comme une vague. L'air craqua autour d'elle. Et quand tout fut silencieux à nouveau, deux yeux rouges me regardaient depuis l'obscurité.
Des yeux que j'avais déjà vus, au détour d'une ruelle.

Mais qu'ai-je donc sauvé ?

Nouveau thème : "Que vois je dans ce reflet ?"

Bisou,
A.
« Modifié: Aujourd'hui à 10:58:08 par alkatom »

 


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