Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

20 Juin 2026 à 00:48:11
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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Défi micro textes

Auteur Sujet: Défi micro textes  (Lu 51301 fois)

Hors ligne Robert-Henri D

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Re : Défi micro textes
« Réponse #195 le: 18 Avril 2026 à 19:38:18 »
        L’amour du ciel, révèle ce que nous voudrions voir... Or si l'on pense qu'il brille dans les étoiles, c'est peut-être qu'il s'entend ou suppose qu'à pouvoir s'y mirer depuis l'eau-delà, hé bien c'est qu'il nous est renvoyé par icelles... pour divines paraboles ?...

Mais qu'en est-il réellement ?

Ce que nous entendons par "briller" n’est peut-être qu’un effet de conscience, un point de rencontre entre un monde de matière présumé indifférent et un être désireux d'émettre l'idée  qu'il se peut s'agir d'autre chose...

Ainsi pensé, si la lumière céleste n’est pas un message envoyé vers nous, mais un miroir où nous projetons la possibilité d’un lien : alors... c'est déjà ça ! Et rien n'empêche que le "ça" devienne le "Ça". Alors, plus qu'une interprétation cosmologique : la tentative humaine de lire dans l’immensité une structure qui nous inclut, sinon qu'une orientation ? Voire une promesse Freudienne, qui serait représentative de l'instance primitive qu'est notre personnalité émotive. Laquelle est guidée par les pulsions et les désirs instinctifs qui sont nôtres.

Et puis, peut-être que les étoiles ne disent rien... mais pas les pulsars !

Et nous, en les regardant, d'inventer des réponses qui nous dépassent !
Or c'est dans cette perspective qu'à mon tour je vous le dis :

— L’amour qui brille dans les étoiles est digne de leur grandeur !
non pas dans ce qu’il reçoit du ciel,
mais dans ce qu’il ose y inscrire.



Prochain thème : "Je t'attendrai, à la porte du garage"

« Modifié: 18 Avril 2026 à 19:50:00 par Robert-Henri D »
Lorsqu'un texte respire comme une prose d'antan, avec ce grain de subtilité stylistique quelque peut archaïque qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

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Re : Défi micro textes
« Réponse #196 le: 21 Avril 2026 à 11:05:53 »
Salut,



Je t'attendrai, à la porte du garage

Hangar D, plateforme 64.
Elle y était.
Tout le long de l'allée en métal, plusieurs passerelles conduisaient aux différents vaisseaux amarrés. Une créature, immense, les écailles sur son corps émoussées, pleines de bosses et de creux, la bouscula. Le traducteur grésilla :
— Dégage de là, l'humaine !
Elle s'écarta en vitesse, évita les regards mauvais. Très peu d'humains osaient s'aventurer dans cette partie du port stellaire. Encore moins arrivaient aux hangars avancés sans s'égarer ou se faire égorger. Elle inspira et se faufila entre des créatures plus diverses que ses pires cauchemars. Après une vingtaine de minutes à survivre dans cette foule hostile, elle vit enfin la frégate, un vaisseau conçu pour des mouvements agiles, avec ses moteurs distillés sur toute sa surface. Elle enjamba des tentacules lumineuses qu'elle savait un piège venimeux à l'intention de quiconque s'y frotterait. Essoufflée, elle se présenta à l'agent de bord qui tendit vers elle une patte. Elle y déposa la recommandation quand, enfin, son ami apparut derrière elle :
— Elle est avec moi.
— Une humaine ?
— Elle. Est. Avec. Moi.
Le grondement sourd qui suivit finit de convaincre l'agent de bord qui les laissa entrer. Son ami, qui l'avait motivée à accepter ce poste de mécanicienne, tendit une griffe vers elle et lui présenta la frégate.



Prochain thème : trois chatons et un doudou

Une bonne journée,

« Modifié: 21 Avril 2026 à 11:11:17 par Luna Psylle »
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Re : Défi micro textes
« Réponse #197 le: 22 Avril 2026 à 11:14:05 »
 :)   — Ça devrait lui plaire, pensa Robert…
Il regardait la bague dans la vitrine : trois chatons dont un à six griffes, toutes prêtes à enserrer la pièce d'or qu'il détenait de puis sa naissance. Une interrogation tournoyait cependant dans sa tête. Minuscule acrobate, sertie d’étincelles, miaulant comme si exigeant qu'il la porte au doigt du destin. Alors, d'un pas hésitant il s'en était retourné dans sa garçonnière. Comme de coutume, son doudou de gourou paradait là, sur son oreiller : semblant méditer, assis en tailleur. C'était une peluche à l'effigie d'un félin muni d’yeux mi-clos et toujours garant de sagesse approximative. Un objet de désir enfantin, persuadé, peut-être ? d’avoir participé à l’illumination de son propriétaire bien plus que ne le pourrait obtenir une compagnie humaine.

Quand se fut installée la nuit, Robert s'allongea dans son lit et s'endormit...

Le doudou hocha sa tête de velours : « La voie est dans la chute, petit bijou. De grâce aide moi : renverse l'idée ! »

Alors l'un des chatons en s'extirpant fit tomber la bague, et tous deux roulèrent dans un chaos sacré où la spiritualité sentait le lait tiède et la poussière de velours.

On dit que la nuit porte conseil… Celle là entraina Robert sur la Voie Rêvée du Ronron Cosmique. Laquelle, s'offre à quiconque accepte de méditer sur le bienfondé d'une union tant matérielle que spirituelle.

Nouveau thème : " t'es qui toi ? "
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Re : Défi micro textes
« Réponse #198 le: 22 Avril 2026 à 12:23:06 »
Salut,

T'es qui toi ?

Alya mâchonnait sa barre de vitamine sans y penser. Les mains dans les poches, le regard perdu dans le vague, elle avançait sur l'allée de métal rouillé qui serpentait entre les habitations de la zone allouée aux humains dans la Cité Intergalactique. Autour d'elle, une foule habituelle, des visages inconnus qui avançaient, comme elle, sans y penser. Un mouvement fluide ; sans accroc. Soudain, un éclat attira l'attention de la mécanicienne. Alya s'arrêta et rejeta sa tête en arrière pour vérifier. Dans une ruelle, quelque chose brillait. Un passant bouscula Alya qui s'excusa avant de se diriger vers la ruelle. Derrière une benne, elle repéra un soldat de l'Ordre Intergalactique, son uniforme déchiré en plusieurs endroits. Les yeux fermés, l'alien avait une respiration erratique. Alya s'agenouilla et tapota contre la chaussure de l'étranger qui ouvrit un œil pour elle :
— T'es qui, toi ? mâchonna Alya. Ordre Intergalactique ?
L'alien acquiesça avant de s'affaisser. Plus loin, Alya entendit du grabuge. Des gens le cherchaient et, à leurs injures, ils ne paraissaient particulièrement sympathiques. Malheureusement pour eux, Alya connaissait cette partie de la ville comme sa poche. Elle passa un des quatre bras de l'alien autour de ses épaules et le héla :
— Si tu ne veux pas finir en miettes, accroche-toi à moi. On va devoir passer par les égouts.

Prochain thème : Et le rideau sur l'écran est tombé

Une bonne journée,
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Re : Défi micro textes
« Réponse #199 le: 22 Avril 2026 à 19:33:29 »
:oxo:


     Il n'était en rien symbolique, non : c'était un vrai ! Fait de velours rouge, avec des franges dorées, un peu comme ceux d'antan qui parfois laissaient planer une odeur de grenier.

Ma mère, d’abord perplexe, a cru à une mise en scène. Puis à une panne de lumière. Voire, un complot ourdi par un python mal chevillé ?...

Mon père nous assurait qu'il n'y était pour rien :
« Je vous jure, j’ai juste éternué. »
Et tout le monde l’a cru, parce que son éternuement avait effectivement la puissance d’un mistral de catégorie trois, mais de là à provoquer un tsunami !.

On a tenté de relever la chose pantelante, mais rien n'y fit : ce bougre de textile, refusait obstinément de coopérer !
Un cordon s’est même enroulé autour du mollet de mon frère, tel un matou en quête d’affection.

     Finalement, on a déclaré la séance close. J'ai éteint la télé et le film n’a pas été projeté, mais on a eu droit à un spectacle improvisé : comme pour s'associer à l'idée d'un dernier caprice, le second python à lâchement cédé et, accompagné de sa tringle, le rideau sur l'écran est tombé !

Nouveau thème : "Mort sur le Nil"

Des becs ! (comme on dit au Québec)
Lorsqu'un texte respire comme une prose d'antan, avec ce grain de subtilité stylistique quelque peut archaïque qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

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Re : Défi micro textes
« Réponse #200 le: 22 Avril 2026 à 19:41:52 »
La roue à aubes brassait l'eau sombre dans un souffle régulier, presque solennel. Thomas Carver s'accouda au bastingage, une cigarette éteinte entre les lèvres, et regarda le fleuve s'étirer devant lui comme une veine d'argent fondu sous le soleil de quatre heures.

Il avait vingt-deux ans la première fois qu'il avait posé le pied sur cette terre. Vingt-deux ans, un fusil Lee-Enfield et l'absolue conviction que rien, ici, ne méritait qu'on y laisse sa peau.
Du sable, des pierres, une chaleur d'enfer pour des frontières que personne ne saurait même nommer dans dix ans.
Ses camarades étaient morts, mais pour quelle raison ? Il n'avait jamais su leur pardonner de l'avoir laissé seul avec cette question.

Mais ce soir-là, quelque chose avait changé. Peut-être la lumière rasante qui incendiait les rives de palmes et d'ocre. Peut-être les silhouettes de fellahs immobiles au bord de l'eau, vieux comme le monde. Le Nil coulait lentement, indifférent, comme il avait toujours coulé, avant lui, avant les empires, avant les guerres qu'on lui avait ordonnées de faire.

Et Carver comprit, enfin, que le fleuve ne leur appartenait pas. Que tout ce sang versé dans le sable n'avait fait qu'engraisser cette terre antique qui se souviendrait de tout, et n'oublierait rien.
Il ralluma sa cigarette. L'eau murmurait sous la coque. Quelque part en amont, les morts sur le Nil, dormaient encore.


-----


Prochain thème : "Vol de coucou"

Bisou,

A.
« Modifié: 22 Avril 2026 à 23:22:25 par alkatom »

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Re : Défi micro textes
« Réponse #201 le: 23 Avril 2026 à 08:25:03 »
Salut,

Je me suis peut-être un peu lâchée... un jour, faudra que j'arrive à faire quelque chose de ces textes sur le même thème...

Vol de coucou

— Merde, râla Elkor.
Luna opina. La Race était finie plus tôt que prévu. Les soldats de la Sécurité encerclaient la foule, saisissaient les véhicules et vérifiaient l'identité de chacun, coureur ou spectateur. Elkor remonta la capuche de Luna sur sa tête. Si, en plus, ils s'apercevaient qu'une humaine traînait dans les parages. Le parjure de l'humanité l'avait condamnée à l'exil et elle serait enfermée, peut-être même exécutée.
— Je prends le volant, dit-elle à Elkor qui accepta.
Il n'y avait pas de meilleur pilote qu'elle et elle pourrait semer n'importe quel assaillant. Elkor s'accrocha à elle. Leur bécane, optimisée pour la course en toute situation, fila à une vitesse telle que seuls leurs boucliers les protégeaient de ses effets sur les corps. Leurs poursuivants abandonnèrent vite ; sauf lui. On le connaissait comme le meilleur parmi les meilleurs, un chef de guerre à la technique imparable. Les deux engins filèrent telles deux étoiles filantes dans le ciel. Ils dépassèrent bientôt les limites de la cité. Bientôt, l'humaine serait en sécurité. Bientôt... elle le vit arriver : trop tard. D'un coup que même elle n'aurait pas osé, le chef de guerre les harponna et obligea les deux véhicules à s'écraser sur une terre moussue. Aussitôt, Elkor se releva pour barrer la route au chef de guerre qui l'écarta d'un geste et saisit la gamine pour découvrir son visage.
— Une humaine, dans la Cité Interstellaire. Je devrais t'exécuter.
Luna se débattit et Elkor tenta de l'arracher au chef, sans succès. Ce dernier les regarda tour à tour et sourit :
— Il paraît que vous êtes doués, les meilleurs pilotes de ces courses clandestines. J'aime ta technique, gamine, même si elle mériterait un peu plus de discipline.
Sur ces mots, il les emmena tous les deux vers leur avenir.

Prochain thème : un petit café ?

Une bonne journée,



Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
« Modifié: 24 Avril 2026 à 10:39:10 par Luna Psylle »
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Re : Défi micro textes
« Réponse #202 le: 23 Avril 2026 à 12:38:01 »
Un petit café

Dilan Gala ne savait pas si c'était sa tasse qui le regardait, ou juste son reflet dans cette mare sombre.

Cela faisait la troisième journée d'affilée loin de chez lui. C'était un rythme banal pour les employés de ce clapier. Des dates de livraison à tenir, des lignes de code à finir, et quelque part au bout du fil, sa fille qui attendait un père qui ne rentrait pas. Elle lui manquait, comme une fleur manque de soleil au plus profond de la nuit.

— Arrête de rêvasser, Dilan. Au boulot ! lança une voix de l'autre côté du couloir.

George, petit être qui se voyait grand, mais n'était ni doux ni frais, et ne rendait la vie de personne pratique.
Dilan soupira, vida le magma sombre de sa tasse en carton, et la journée reprit au rythme effréné de clics de souris, écran blanc, code gris.

Mais il y avait un répit dans cette journée sans fin. Toujours le même, quand au bout de quelques heures, son voisin se levait, le regardait dans les yeux, et disait simplement :
— Un petit café ?

Prochain thème : "Vous êtes nouveau ici ?"

Bisou,

A.

PS: Est ce trop court ?
« Modifié: 23 Avril 2026 à 13:50:03 par alkatom »

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Re : Défi micro textes
« Réponse #203 le: 24 Avril 2026 à 11:13:30 »
Salut,

Vous êtes nouveau ici ?

Les recrues observèrent la petite humaine avec un dédain flagrant. Celle-ci s'en moquait. Elle ne comprenait toujours pas la raison de son arrivée dans l'Académie. Pilote, elle l'était déjà et son statut de clandestine ne la promettait pas à un grand avenir, comme ces créatures qui l'entouraient. Tout ce qu'elle voulait, c'était sa bécane, trouver des idées pour ne plus se laisser surprendre par Kal, même si elle avait apprécié leur course poursuite. Trois grands balèzes lui bloquèrent le chemin vers sa destination, une chaise à l'écart. Elkor se détacha de son amie, trop conscient de la suite et fila, ventre à terre, vers la dite chaise. Le mot trancha le silence :
— Dégage, l'humaine.
Prise d'une folie furieuse, Luna sortit sa clé anglaise fétiche et martyrisa le trio qui encaissa sans comprendre toute la rage que Luna gardait en elle. Les humains lui avaient enlevé la possibilité d'être qui elle voulait, toujours obligée de se défendre contre ce qu'elle représentait, un peuple en décrépitude, renfermé sur sa propre hypocrisie. Elle haïssait ceux qui l'avaient conduite à cette vie en demi-teinte et haïssait encore plus ceux qui lui rappelaient sans cesse ce qu'elle n'était plus dans son cœur. Alors qu'elle allait leur donner le coup de grâce, satisfaite de leurs regards hésitants, presque tétanisés, un autre élève la saisit par la veste et la souleva du sol, avec la même aisance que Kal, son nouveau mentor. Il lui sourit :
— Alors c'est toi, la nouvelle protégée de mon père ? Bienvenue.
— Merci, lui rendit Luna.
Méfiante, elle accepta néanmoins cette main tendue, comme elle avait accepté celle d'Elkor, quelques années plus tôt.



Pour info, j'ai repris ma dernière proposition juste au-dessus, pour quelque chose de plus complet, en attendant de lui trouver une place, quelque part sur le forum.

Dites, depuis que j'ai changé d'écran, je me rends compte que dix lignes, c'est flou. Ce qui faisait env. dix lignes sur mon ancien peut n'en faire que cinq six sur mon nouveau. De la même manière, avoir mon zoom d'écran à 90% au lieu de 100% fausse la donne. Est-ce que mes micros textes sont toujours aussi micros qu'avant ? Est-ce qu'on ne devrait pas adapter la règle à un décompte plus universel (nombre de mots, par exemple).
Typiquement, cette dernière proposition fait dix lignes sur ma prévisualisation.

Prochain thème : rendez-vous de minuit
(Moonlight Rendezvous pour les curieux)

Une bonne journée,
« Modifié: 24 Avril 2026 à 11:23:02 par Luna Psylle »
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Re : Défi micro textes
« Réponse #204 le: 24 Avril 2026 à 11:57:24 »
Moonlight rendez-vous qu’elle a dit. Rendez-vous de minuit…
Ma part misogyne s’est dit Ouais encore un truc de gonzesse, et ma part lubrique s’est dit rendez-vous de minuit, bain de minuit, tous à poil dans la piscine… Mon cerveau n’avait pas fait le lien.
Faut dire aussi que dans mon Spotify y’a à peu près tous les albums de Métal disponible. Même ceux que j’ai pas encore je considère que je les ai. Le Métal, c’est un peu orgueilleux parfois (Si vous aimez le Black Métal, allez découvrir Les bâtards du Roi, tout de suite, et mettez vous en boucle "un jour je quitterai cette terre")
Si vous n'avez pas pleuré quand Ozzy est mort, vous n'en êtes pas.
Mon pote l’Albin (ou Albare, ou Albare le Barbin, pour le verlan d’Albin le Barbare, ce qui n’a que très peu de sens, je m’en rends compte aujourd’hui), disait que les femmes dans le Métal, c’était la chienlit. Pis Othep est apparu, God’s a Fraud, tout ça. Il trouvait que Tarja Turunen chantait comme une savate. Pour un mec toujours en rangers, tout un monde, les voix de sandale. Je trouve ce calembour hyper drôle, alors je conclurai là-dessus. Sinon, je pourrai digresser sur Arch Ennemy, Therion, Sirenia, et les dix lignes à rédiger ce (j’assume la faute d’orthographe) changeraient vite en vingt lignes de poudre miraculeuse de Colombie (ceux qui ont lu American Psycho, vous l’avez vu le clin d’œil à mon roman préféré ?).

Des bisoux,
Aïnoia.

Prochain sujet : Cèpes ou Bollets dans une omelette ?
- Mais c'est parce que les poules elles pondent des œufs normaux et aussi des œufs durs. G
- Gémeret venir car lunion fet la force et gémeré aprendre de la culture. L

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Re : Défi micro textes
« Réponse #205 le: 24 Avril 2026 à 12:09:50 »
Triste.
Bon , je le mets quand même :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Cèpes ou Bollets dans une omelette

Papi était chasseur. Mami était cueilleuse. Et moi, j'étais quelque part entre les deux , mais pas là où papi l'espérait.
Il me montrait les traces dans la boue, les touffes de poil accrochées aux ronces, les signes invisibles que la forêt laisse à ceux qui savent lire. Moi, je regardais ailleurs. Les zones d'ombre, le pied des vieux chênes, les coins humides et moussu où la terre sent fort.
Au grand dam de papi, la traque ne m'intéressait pas. Ou du moins, je ne traquais que ce qui ne bougeait pas.
Ce qui m'intéressait, c'était trouver, tapi sous un bel arbre, ce que j'allais déguster.
On rentrait parfois sans victoire sur la faune.
Lui, les mains vides et l'œil un peu triste. Moi, les mains pleines de flore et le cœur en fête.
Mami se retourna, vit mon regard plein d'étoiles, et sourit de ce sourire qu'elle réservait aux évidences.
Avec sa voix douce marqué par le temps, elle me posa ma question préférée :
— Cèpes ou bollets dans ton omelette ?

Prochain thème :
"La tôle marqué par le temps"
« Modifié: 24 Avril 2026 à 12:57:18 par alkatom »

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Re : Défi micro textes
« Réponse #206 le: 24 Avril 2026 à 13:41:51 »
La tôle marqué par le temps

Une porte s'ouvrit. Luna quitta le couloir où des voix haineuses la poursuivaient. L'oreille posée, à l'écoute, elle devina les trois gorilles dépasser sa cachette de fortune et filer vers le mess où ils mettraient un temps à la chercher avant d'envisager un demi-tour. Elle soupira et desserra le col de son uniforme avant de s'intéresser à la pièce. Elle ressemblait à un hangar. Luna ignorait que l'Académie possédait ses propres garages, avec des pistes d'atterrissage, et pourtant, elle le voyait bien. Un seul vaisseau y stationnait, un engin fin, agile, son métal lustré et entretenu. Par bien des égards, il lui rappelait un peu sa bécane à elle. Sa bécane lui manquait... soudain, une forme dans l'obscurité attira son attention : sa bécane se trouvait là aussi, posée sur un support pour permettre une réparation. Et quelle réparation ! Le mécanicien avait vraiment pris soin de son bébé, avait réussi à le réparer sans briser l'équilibre qu'elle avait construit, son château de cartes personnel. Luna ne résista pas : elle saisit sa clef fétiche et reprit en main les réparations, trop heureuse de rafistoler son bébé, de cacher ses petits bobos par de nouveaux morceaux de tôles trouvés au hasard dans des caisses à côté. Sa bécane se para d'autant de nouvelles couleurs et même de quelques motifs tordus et élimés. Luna continua jusqu'à la nuit tombée, quand Jor, le fils de Kal - et accessoirement son nouvel ami -, accompagné d'Elkor, la retrouva enfin.

Nouveau thème : dans les profondeurs
« Modifié: 24 Avril 2026 à 13:48:23 par Luna Psylle »
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Hors ligne April

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Re : Défi micro textes
« Réponse #207 le: 24 Avril 2026 à 23:03:11 »
C'est mon premier essai dans ce jeu

Dans les profondeurs

Je t’ai choisi parmi tous les autres. Quand je t’ai vu, j’ai tout de suite compris que tu étais le seul, l’unique, fait pour moi. Tu es discret, sobre, et en même temps tu peux accueillir tout ce que je te confie. Ensuite, tout reste en toi. Tu ne me trahis pas, et c’est important pour moi.
J’ai compris que tu as cette grande ouverture que d’autres n’ont pas, et là j’ai craqué, pour de bon.

Je n’ai pas peur de te perdre, tu me parais solide. Après, je ne sais pas, tout peut arriver.
Tu risques d’être irremplaçable si je te perds un jour, parce que j’ai vraiment tout mis en toi.

Tu es profond, tellement profond qu'un jour j'ai écrit un poème en vers libres, en pensant à toi.

Comme tu n’es pas bavard, j’ai imaginé ce que tu pourrais me dire :

J'accepte tes joies et mélodrames
Et tout ce que tu ne dis pas
Tu es a l'intérieur de moi
Je suis ton complice dans l'âme

Je tiens de toi — plus que tu ne le crois
Présent toutes les heures
Tu te perds dans mes profondeurs
Je suis ton sac à main à toi

Voilà, mon joli sac à main, je suis prête, on y va, la nouvelle journée commence.

 ::)


Nouveau thème : “Un dimanche au bord de l’eau”


« Modifié: 25 Avril 2026 à 08:28:54 par April »
Quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le. L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie. Johann Wolfgang von Goethe

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Re : Défi micro textes
« Réponse #208 le: 25 Avril 2026 à 09:43:18 »
Un dimanche au bord de l'eau

Le lac n'avait pas de nom sur les cartes que personne n'emportait jusqu'ici.
L'eau était froide, même en été, même sous ce soleil de dimanche qui jouait à repeindre les cimes en or pâle. Elle ne bougeait presque pas, juste ce frisson de surface, de temps en temps, comme si quelque chose respirait dessous.
Les pins sentaient la résine et le silence. Les pierres du bord étaient plates, grises, lisses comme des paupières fermées. Rien ne pressait.
Un oiseau, quelque part, dit quelque chose. L'écho lui répondit. Le vent fit bouger les branches. Puis plus rien.
Le ciel se regardait dans l'eau et semblait satisfait de ce qu'il voyait. Les montagnes, elles, ne se regardaient pas, elles n'en avaient pas besoin.
C'était un dimanche comme les dimanches devraient toujours être. Sans début, sans fin, sans autre promesse que celle-ci : être là, juste là, au bord de quelque chose de plus grand que soi.
L'eau ne bougeait toujours pas. Ou peut-être que c'était le reste du monde qui, enfin, s'était arrêté.

Nouveau thème : "La neige n'était plus blanche "

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Re : Défi micro textes
« Réponse #209 le: 25 Avril 2026 à 10:14:18 »
Salut,

Je me motive : pas d'aliens !
(par contre, faites gaffe, c'est un morceau de cœur)

Un dimanche au bord de l’eau

Le saule pleurait. Tordu sur ses racines, il dissimulait les secrets d'une famille. Un homme avait planté la graine. Dessous : un premier secret. Son fils avait arrosé la pousse. À son côté : un second secret. Les secrets, le saule les connaîssait tous, ses racines tordues autour, son écorce grattée. Aujourd'hui, son ombre en dissimulait un dernier. Le tout dernier, les deux enfants se l'étaient promis, des années plus tôt, assis sur ses racines, leurs pieds flottant dans la rivière qui s'écoulait autour. Le garçon, devenu homme, observait la fille, devenue femme, avec une dévotion sans limite. Pour elle, il ruinerait le monde. Pour son sourire, il tuerait, éradiquerait ce qui la torturait. C'était là, noué dans leurs corps, dans leurs cœurs, dans leur histoire. Elle ne lui demanda rien. Ce jour-là, un dimanche, le seul jour où le Seigneur ne les verrait pas, son regard clos, son repos bien mérité, elle observait le ciel une dernière fois. La lame dans sa main, ce secret, un petit coffret caché entre les racines du saule, enfin déterré, elle se perdit dans cette immensité azurée, teintée de rose et d'or. L'homme se hissa jusqu'à elle, passa un bras autour de sa taille, huma le parfum de son cou. Il se moquait du ciel, du soleil qui y disparaissait, englouti par l'horizon. Il imprima le souvenir de sa petite sœur, son trésor le plus cher. Née quelques minutes après lui pour lui offrir une existence, une raison d'avancer. Elle se retourna dans ses bras, posa la tête sur son épaule :
— C'est l'heure, murmura-t-elle.
Ils saisirent la lame tour à tour et s'endormirent sous ce saule dont les racines engloutirent ces deux ultimes cadavres et leur offrit une sépulture.



Merde... :D alkatom m'a devancée !

La neige n'était plus blanche

Les villageois levèrent les yeux, étonnés d'un décor insolite. Le fermier en lâcha sa fourche. Le facteur freina son vélo. Les enfants sortirent de la classe, suivis par leur professeur. Celui-ci remis ses lunettes sur son nez, comme pour se convaincre. Quand sa fille arriva, les bras chargés de sacs de courses, et lui expliqua, le vieil homme ricana et lui expliqua :
— La montagne pleure.
— Mais enfin Papa, c'est ridicule ! Les montagnes ne pleurent pas.
Le vieil homme attrapa sa canne et, tremblant, se leva de son fauteuil pour rejoindre sa fille. La montagne pleurait, sa neige teintée de rouge. Il se retourna vers les sacs de courses posés, se dit que le monde ne tournait plus rond. On était dimanche et les hommes travaillaient. La liberté, la liberté, ils n'avaient que ce mot-là aux lèvres. La liberté de s'enchaîner.
— Les deux enfants doivent être morts, énonça-t-il.
— Les deux enfants ?
Les deux derniers héritiers du manoir. Les deux derniers garants d'un secret, d'une multitude de secrets, sur lesquels s'était forgé leur dynastie. Eux morts, le manoir ouvrait ses portes et déversait les secrets que le saule n'avait plus le cœur à contenir. Et le sang s'écoulait sur la montagne, teintait sa neige si pure d'une couleur carmin.



Prochain thème : un chaton a volé la clé des champs
« Modifié: 25 Avril 2026 à 11:50:00 par Luna Psylle »
If the day comes that we are reborn once again,
It'd be nice to play with you, so I'll wait for you 'til then.

 


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