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30 Avril 2026 à 06:45:53
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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).

Auteur Sujet: Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).  (Lu 43572 fois)

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 372
  • Pelleteur de Nuages
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #60 le: 24 Mars 2026 à 11:06:41 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

Hors ligne Fred Pollux

  • Aède
  • Messages: 157
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #61 le: 24 Mars 2026 à 12:02:51 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !
Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive.

Hors ligne Robert-Henri D

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 372
  • Pelleteur de Nuages
Re : Histoire sans queue ni tête (jeu littéraire).
« Réponse #62 le: 25 Mars 2026 à 09:32:50 »
C'est une histoire qui se passe en un lieu mystérieux. Un hurlement énigmatique survient  de manière non subreptice, provenant de derrière l'unique guichet ouvert et pourtant vide. «Bizarre, me dis-je, la visite des Souterrains du Diable est permise, mais il n'y a personne à la billetterie !» J’envisage de faire le tour du guichet pour inspecter comme il se doit, quand une géante blonde style succube me demande d’une voix grave ce que je désire.
«Tudieu ! » répondis-je, «vous me semblez comme surgie du néant !»
« JE N'AI POINT D'ÉRYTHÈME À MON FESSIER !» rugit la démoniaque créature, qui, dure de la feuille, avait probablement entendu "...comme rougie du séant" (et qui craignait que ne s'ébruitent les honteuses conséquences d'un curry trop épicé)  et découvert à l'occasion que son estomac savait jouer du trombone sans partition.
La mélodie cuivrée s'échappant de la diabolique panse me fit lever le sourcil gauche, mes pieds se lancèrent irrésistiblement dans un petit pas de salsa ; pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, je formulai haut et clair : " Après vous avoir acheté un ticket pour le souterrain, puis-je vous offrir ce délicieux donut, douce et gracieuse guichetière ?"
«Ah mais, certainement» soupira la démone dont le sourire sucré en disait long sur son appétit...
Je m'empressai de payer, d'empocher le ticket, de céder mon goûter et de prendre la direction des Souterrains, ignorant de mon mieux les œillades appuyées, les claquements de langue, les ronronnements léonins et les ricanements graveleux de la créature.

 Pendant que, d’un pas alerte, je descendais les escaliers, une pensée m’obséda : qu’allais‑je trouver dans ces fameux souterrains ? La réponse ne se fit point attendre, pour ma plus grande frayeur, lorsque je dus traverser une succession interminable de mises en scène, toutes plus terrifiantes les unes que les autres, que le Diable lui-même, avait dû concevoir : exterminations, torture, fauteuil de dentiste, guichet du Trésor Public, priorité à droite...et, ultime supplice : un bureau vide où reposait, poussiéreux, un dossier à mon nom, tamponné "Top Secret", et m’enjoignant de fournir la preuve formelle que j’existe ! Je fut pris d'un rire irrépressible alors que je chantais "Résiste, prouve que tu existes, cherche ton bonheur partout" , même dans un souterrain improbable. Improbable, mais bon dieu... Quelle acoustique ! J'envoyais le deuxième refrain lorsqu' un nabot lippu, culotte de cuir et chapeau tyrolien, apparut à mon côté et pris la quinte en dessous, d'une magnifique voix grave veloutée... et d'entonner : "Moi, j'aim' bien mieux mon p'tit chapeau tyrolien et faire moi itou, hi lala itou" !

Aussitôt apparurent six autres nains, itou chapeautés, culottés et lippus, accompagnant leur frère de "ïooïoïoooïïïlaïo iiitoouu", alors que la grande blonde à peau blanche du guichet arrivait des escaliers toute en déhanchements d'une amplitude franchement excessive :
«M'enfin ! l'a koi la caissière à rouler tant d' la caisse !? » j' t'en fiche mon billet qu'elle croa qui suffit d' laisser l'effet s' faire pour que son corps beau du popotin se la pète sans papotin !
Lorsqu'un texte respire comme une lettre d’écrivain, avec ce grain de subtilité stylistique qui le différencie, c'est peut-être que son auteur se refuse à suivre la cadence uniforme du présent ?

 


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