Il y a quelque chose de surprenant avec la vie ; elle nous est offerte puis reprise sans notre consentement, sans un cri, sans une larme et pourtant son empreinte nous paralyse à chaque difficulté rencontrée.
Une ronde infernale ne viendrait pas recréer l'éternel mouvement car la linéarité de sa chronologie semble fixer à jamais le point de non retour. Indomptable et pourtant précieuse. Fidèle et indésirable elle sublime notre empreinte. Tout à la fois, elle singularise notre pouvoir sur le monde. Elle nous murmure des mots doux, des mots féroces sans ménagement, elle nous inflige sa personne. Et nous succombons à chacun de ses caprices.
Qu'a-t-elle de bien particulier pour nous imposer sa force, sa faiblesse ?
Quand notre arbitre nous somme de détourner son empire pour revenir à un essentiel! Alors sans modestie elle nous rappelle que l'important c'est d'aimer. Ne plus se soucier d'un superflu matériel, faire voeux d'un regard monastique sur soi pour préserver une nature en perdition.
Alors nous appelons au hasard pour agrémenter le plaisir de croire. Nous jouissons de son rythme pour alterner les moments d'angoisse avec les moments de rire. En lui attribuant une suprématie, on se désengage de la capacité à réagir aux aléas.
Pour survivre, on consulte les astres et invoque les forces naturelles pour faire corps avec le cosmos. Par un jeu de croyances, la vie devient providence.