AsphalteTu sais, mon cœur est comme l'asphalte,
Rugueux, usé par le temps qui passe,
Traversé de cicatrices qu'exaltent
La douleur passée qui ne s'efface.
Aux confins de ma cité dortoir,
On y voit les gens dans leur voiture,
Filant en vitesse, sans regard,
Nous ignorant, nous simples ratures.
L'asphalte fondu sur mes talons,
Où résonne l'écho des moteurs,
Je m'imprègne des huiles, du goudron,
Des bouffées de fumée qui m'effleurent.
Quelque chose qui plane dans l'air,
Un effet de serre qui m'agrippe,
Où le béton est le seul qui prospère,
Et les vautours y guettent mes tripes.
Je me souviens comme on était beaux,
Gamins, à courir sans nos démons,
Sur les sables de nos idéaux,
Nos rêves dépassant l'horizon.
Mais aujourd'hui, tout semble figé,
J'en viens même à rouler sur mes larmes.
Oui... nos rêves se sont lentement effrités,
Les jours se sont succédé sans charme.
Au carrefour des désillusions,
L'ascenseur social en maintenance,
Je prends la route sans illusion,
Et de ma barre, demain je m'élance !
1Demain, on réparera les trottoirs,
Je marcherai sur la dalle oubliée,
Plongé sous le bitume dans le noir,
Dans l'allée des chrysanthèmes, enfin libérée.
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