Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La délicate résolution du soufflé

Auteur Sujet: La délicate résolution du soufflé  (Lu 2061 fois)

Hors ligne E112 / Trompette sournoise

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La délicate résolution du soufflé
« le: 18 Mai 2011 à 11:56:03 »


Je dédicaçais mon nouveau recueil de modes d’emploi, assis sur une chaise pliante, coincé entre une montagne de perceuses numériques et un mur à la gloire de l’écrou. On ne se bousculait pas devant mon stand. Les petites enceintes disposées stratégiquement dans le faux-plafond du Castorama diffusaient un morceau de scie musicale, une reprise de Calogero.
Une femme approchait. Elle poussait un charriot débordant de lourds pots de peinture. Je reconnus ma mère, à la rigueur, bien qu’elle porta un manteau de fou-rires que je ne lui connaissais pas. Euphorique, seule, imposant à son chargement un itinéraire touristique, maman avançait vers moi en titubant, secouée par de fréquents sanglots. On ne pouvait pas juger de son humeur avec certitude. Avant que j’ai pu me camoufler parmi les écrous, elle se planta devant ma table et tendit un exemplaire de mon livre : « L’étagère sans douleur, et autres textes pratiques ». Je fis semblant de ne pas la reconnaitre ; elle n’eut pas à se forcer, de son coté.

-   Merci de me lire, heu… Madame. C’est très encourageant pour un auteur de rencontrer son public. Bien, bien, bien. Et… C’est donc pour… ?
-   Bernadette. B-E-R-N-A-Déhette. Comme dans la chanson : « Bernadette, elle est très chouette ! ». AH AH AH. (ma mère s’esclaffait grossièrement, j’avais honte) (de plus, elle chantait faux). C’est vraiment un prénom comique, vous ne trouvez pas ? Notez que je l’ai pas choisi, encore heureux. Vous imaginez, si tous les gamins pouvaient se trouver un prénom, disons, à l’âge de huit ans ? Tout le monde s’appellerait Thierry la Fronde, ou Pikatchu. Hou, Hou, hou ! Ou alors, imaginez : « Goldorak, à table ! Et ramène la petite Dora avec toi ».
-   Oui… ok. Bernadette, alors… Ecoute, maman. Je sais pas quoi dire… Ne t’énerve pas. Il faut que tu saches que je voulais sincèrement écrire de la poésie, à la base. Les modes d’emploi, c’est juste pour bouffer. Tu comprends ?
-   Allons, allons. Vous confondez. Mon fils est une loque humaine. AH AH ! Incapable de mettre un pied devant l’autre. HOU, HOU, HOU ! Non. Moi, j’adore ce que vous faites. Votre notice sur la cafetière Senséo, je n’ai jamais rien lu d’aussi vrai. J’ai aussi passé des heures devant vos schémas de montage pour armoires Hensvik. Tellement poignant.

Le morceau de scie musicale s’est brusquement interrompu, remplacé un instant par un grésillement aussi désagréable qu’assourdissant, avant d’enchainer sur l’album Brainfreeze de DJ Shadow, volume au taquet, complètement improbable dans ce contexte (s’il est possible de parler de contexte jusqu’ici). La moitié des enceintes avait explosé dès l’entrée fracassante de la batterie. Maman s’est alors enfuie en courant, abandonnant son exemplaire, sur lequel j’avais écrit en première page : « Pour Bernadette (très chouette). Je t’assure que c’est juste pour bouffer ».  L’instant d’après, alors que j’apercevais maman foncer droit sur une exposition de parpaings, Bill Murray est apparu devant ma table, un tournevis fiché dans le crâne.

-   J’ai rien compris à votre bouquin, m’annonça-t-il. Vous devriez être plus explicite. Est-ce que vous entendez ce vacarme ?

Il faisait allusion à la sono du Castorama, derrière laquelle un djihadiste sourd avait certainement pris les commandes. Les écrous vibraient autour de moi, à l’unisson.

-   Il faut absolument leur dire de faire moins de bruit. J’arrive pas à dormir. SIMON ? Tu m’entends ? Je suis Bill Murray. Tu m’as adoré dans Broken Flowers, alors fais-ça pour moi. Va voir les voisins et élimine les un par un !

Je me suis réveillé en sursaut, au moment où Bill se dévissait la boite crânienne, tout en continuant à se plaindre du tapage. En fait, il s’agissait d’un Légo géant ayant pris la forme de mon acteur préféré.

-   Simon ? T’entends ce bordel ? Tu dors ? C’est quoi ces conneries ?

 Je bavais abondamment, un oreiller entre les jambes, une fille penchée sur mon épaule, relativement familière, ma femme. Ok. Le Castorama, le Légo-Bill-Murray et ma mère avaient heureusement disparus, mais DJ Shadow était toujours là, sa musique en tout cas, provenant de l’étage du dessous à un volume exaspérant. Je m’essuyai la bouche et produisis une subtile toux matinale, me rappelant que j’allais mourir sous peu.
Je me levai en prononçant les obscénités d’usage et enfilai le string de Marion, dans la précipitation et la douleur. Elle était assise au milieu du lit, enroulée dans la couette, avec les yeux en trous de pine, comme on dit, même s’il s’agit d’une expression un peu cavalière pour désigner le regard troublant de l’être aimé. Légèrement froissée donc, ma partenaire sexuelle oscillait d’avant en arrière, une momie délirante qui répétait en boucle : « Punaise mais il est six heures du matin. Six heures. Du matin ! Sérieusement, il est six heures du matin, là. Je veux dire… Six heures du… ». On aurait dit un radioréveil apocalyptique. Elle est charmante au demeurant, plus tard dans la journée.
Je déambulais à travers notre couloir, sans oublier de percuter les meubles au passage. J’étais résolu à faire les cent pas, avant toute chose. Il devait m’en rester une vingtaine, j’avais du mal à tenir une comptabilité précise. De temps à autres, je croisais mon reflet dans le miroir et sursautais. De si bonne heure (« six du mat, bordel, tu réalises… »), je n’avais pas besoin de passer ma tête cinq minutes dans le micro onde, fonction décongélation, pour ressembler à un sociopathe. Un bon point pour ce que je prévoyais d’entreprendre. Sous mes pieds, le parquet vibrait au rythme d’un riff de basse funky, pas dégueulasse. Indiscutablement, le voisin du dessous écoutait du bon son. Il n’y avait rien à dire. Dans quinze pas, néanmoins, j’allais lui rendre visite et planter mes dents dans son cou.

J’attendais d’être chaud. Certains individus sont capables d’une colère spontanée. Lorsque ces brutes sont réveillées par  un tremblement de terre (funky, pas dégueulasse), elles sortent illico en string pour réclamer le silence, un fusil dans chaque main, évoquant le sommeil des enfants, les droits de l’homme, la charte de copropriété de l’immeuble et l’éventualité effrayante d’un appel gratuit aux forces de police. Je n’appartiens pas à cette clique dépourvue de style (lingerie mise à part). J’ai besoin d’intellectualiser mon courroux, de le vivre intérieurement, de tourner  mes répliques, de laisser monter patiemment en moi l’envie de tuer. En cas d’urgence, je ne suis d’aucun secours. Inutile de briser la glace. Quand je suis pris de court – mettons qu’un inconnu me pisse soudainement sur les chaussures, au coin de la rue – mon corps et mon esprits ne disposent pas du délai nécessaire pour infliger des dommages corporels irréversibles. Je me retrouve alors à articuler quelque chose d’assez fade :  « Oui mais non, que…  au juste … attendez mais où… avez-vous… s’il vous plait… uriné à l’instant sur mes… Monsieur ?... veuillez agréer ? » . Je n’y arrive pas. Si toutefois l’incontinent me laisse une demi-heure, en attendant par exemple à la terrasse d’un café avec un demi-litre de bière (récidiviste !), tandis que je me repasse la bande et que  mon pantalon absorbe complètement l’origine du conflit, alors, et seulement sous ces conditions préliminaires, la folie s’empare de moi  et je saccage en général toute la ville, jusqu’à ce qu’il ne reste que cendres incandescentes et tripes froides.
Dix pas.
Je me balançais de grands coups de poing dans le nez. J’y étais presque mais mon désarroi me semblait encore fragile. Au quatre-vingt-dix-huitième pas, mon plus petit orteil, un membre particulièrement démuni, vint percuter une saloperie de merde de fils de putain d’enculé de sa race de chiotte de tabouret. Je n’en demandais pas tant. Je venais de me péter l’os, j’en étais certain, un os minuscule et démuni de surcroit. Plié en deux sur le parquet, je pris un instant pour écouter la rythmique afro-jazz de bon ton qui résonnait à travers le stratifié. Ce mec écoute VRAIMENT  de la chouette musique. Je décidai qu’il était temps d’aller déchiqueter du mélomane.
Je boitais vers le porte, en m’échauffant les poignets, afin qu’ils ne se brisent point à la première mandale que j’allais distribuer. Un vieux truc de légionnaire.
Mais d’abord, mes clefs. En aucun cas, je ne devais les oublier et rester enfermé dehors.

°°°°°
LES FAMEUSES CLEFS, flashback contextuel (ne pas sauter)

Deux semaines plus tôt, Marion et moi étions revenus de soirée dans un état très proche de l’Ohio, vraiment, si vous continuez tout droit sur deux kilomètres, puis au feu à gauche, vous y êtes, vous ne pouvez pas vous tromper. Autrement dit, nous étions saouls comme des cochons et n’aspirions, au pied de notre immeuble, qu’à rejoindre notre couche et tenter de faire l’amour, si nos corps nauséeux le permettaient encore. Après avoir fouillé mes poches, son sac, jeté un œil sous mon chapeau, dans sa culotte et sous le paillasson, nous constations cependant avec effroi qu’il nous était impossible de mettre la main sur nos clefs respectives. Désemparés, transis, il ne nous restait plus qu’à baiser sous un porche, dans une tentative désespérée de sauver nos vies, mais nos corps nauséeux nous interdirent toute forme de sport au grand air. Nous appuyâmes alors nos mains déjà engourdies sur l’interphone général, à l’aveuglette. Personne ne prit la peine de lever ses fesses molles du plumard pour déverrouiller la porte d’entrée du bâtiment. Nous nous étreignîmes donc, assis sur quelques marches, piégés, sans la moindre cigarette sous la main. Je m’étais personnellement résolu à crever sur place, après une tentative courageuse d’alpinisme urbain, soldée par une ascension de cinquante centimètres de gouttière et un genou à vif. D’habitude, je suis un véritable chat mais les trois grammes que je trimballais dans chaque bras pesaient décidément trop lourd dans la balance.
Deux heures plus tard, nous échangions nos dernières volontés et autres dispositions testamentaires, quand le voisin du dessous, un hippie providentiel travaillant de nuit, gara sa bicyclette contre un arbuste et s’approcha de nos dépouilles. Il prit immédiatement la mesure de notre situation et nous sourit sans un mot en tournant sa clef dans la lourde porte (que j’avais également tenté d’enfoncer, comme dans les films, mais une épaule en moins). Alors que notre trio improvisé montait les escaliers, je demandai à notre bienfaiteur un dernier service, car il nous fallait encore parvenir à pénétrer dans notre appartement, à une époque où les serrures sont légion.

-   Sans vouloir abuser, fis-je, aurais-tu une radio ? A tout hasard ?
-   Vous pensez vraiment ouvrir votre porte grâce aux infos du matin ? s’enquit le rootsman tutélaire.
-   Certes non, gentil couillon. Je ne m’exprime pas convenablement. Je pensais à une radiographie, vois tu. Un truc fin et solide que l’on puisse glisser dans la fente et -clac – nous serions chez nous.
-   …
-   J’ai vu ça dans un film coréen.

Le voisin se frappa le haut du crane de la paume de la main, entra chez lui et en ressortit l’instant suivant en me tendant un cliché de son genou gauche, que j’inspectai rapidement à la lumière du jour nouveau.

-   Entorse des ligaments croisés, tentais-je.
-   Triple fracture de la rotule, corrigea-t-il. Un accident de djembé.
-   C’est bien ce que pensais…
-   Je veux rentrer chez moi, les gars, il est six heures du matin ! Six heures ! Du matin.

C’était l’horloge parlante qui perdait patience. Elle m’arracha la radio des mains et grimpa à l’étage pour cambrioler notre logement, à la coréenne. Avant de nous quitter, le voisin me tendit une crotte de nez, en gage d’amitié. Qui étais-je pour porter le moindre jugement sur les mœurs rastafaris ?

-   Tiens. Ca ne vous aidera pas à ouvrir votre porte mais ça vous fera sans doute oublier cette petite galère.
-   Merci pour ta générosité, salutaire jamaïcain. Je te rendrai la radio dès que possible, accompagnée de mon diagnostic complet.
-   Stir it up, me salua-t-il avant de disparaitre dans son terrier.

Plus tard, après que Marion eût habilement crocheté notre serrure, je compris que cette crotte de nez était en réalité un morceau de shit, de l’afghan de première qualité. Je m’administrais sagement la drogue, en laissant fondre sous la langue (nous n’avions toujours pas de cigarettes). Nous nous endormîmes comme des masses, sans procréer.

°°°°

Tout ce que j’essaie de dire, c’est que le voisin du dessous est un type épatant, quand vous avez paumé vos clefs. Alors que je m’apprêtais à lui fracasser le crane avec les moyens du bord, sanctionnant  le tapage même plus nocturne qu’il nous infligeait avec sa playlist super pointue, je repensais à cet heureux épisode et toute la colère que je m’étais fabriquée en cent pas et des poussières retomba comme un soufflé.
Mon orteil était en miettes, tout n’était pas perdu. J’essayais de me focaliser sur la douleur, le passé est le passé, Marion se transformait en légume, elle devait travailler dans une heure ou deux, je portais l’honneur de notre famille.
Je ne me lève jamais avant treize heures, pétantes. Aussi, les voisins pouvaient bien former un groupe de percussions hawaïennes, je m’en lavais les mains. Alors que six marches me séparaient encore du pallier inférieur, je me souvenais de toutes ces soirées débridées auxquelles j’avais participé depuis ma naissance. Nous ne respections rien ni personne, et surtout pas le sommeil des riverains. Quand les plus téméraires sonnaient à notre porte, nous leur scandions au visage : « Les voisins, avec nous ! Les voisins, avec nous ! ». Je ne pourrais dire combien de fois je me suis retrouvé devant un vieil homme en robe de chambre, les yeux en trous de pine (l’expression passe mieux avec les inconnus), occupé à lui servir un bouchon de Zubrowka, en lui soufflant mon haleine de bouc au visage (« On fait pas TROP de bruit, on est JUSTE jeunes. Maintenant, cul sec ! »).
Il me souvient également avoir ouvert à la police municipale, travesti en danseuse classique. Ou quelque chose y ressemblant. Une sorte de ballerine douchée au rhum, passée sous un train, enfermée dans un cachot pendant cinq ans avec six co-détenus incontinents fans de Calogéro. Les soirées déguisées, ça pardonne rarement.

-   Bonsoir Monsieur l’agent. Je sais. Ne dites rien. Le volume sonore produit par notre chaine stéréo et nos discussions stériles indispose les enfants en bas âge. Il faut que cela cesse, immédiatement. Non, je ne me souviens pas avoir proposé de l’alcool à notre voisin lorsqu’il est venu se plaindre pour la quatrième fois. Voici ma carte d’identité. Attendez, l’autre morceau est ici. Voilà. Désolé je voyage beaucoup. Non, je m’habille normalement d’habitude. Oui, c’est une cigarette. Simplement un peu de tabac. Je fous ma santé en l’air, c’est certain. Merci de votre prévenance, nous cessons immédiatement nos conneries. C’est parfait… Voilà. Un petit bouchon pour la route ?

J’étais rodé. On y allait franchement, à l’époque.
La semaine dernière, par exemple, nous avons pris un léger apéritif chez un collègue de badminton qui possède un piano, ce sale bourgeois.  Une fois le tonneau de vin allégé, nous avons joué un six mains relativement expérimental : coups de poings sur clavier, en do dièse. Nous chantions des paroles improvisées par-dessus la mélodie, sur le thème du cul de la mère de notre hôte, qui s’est révélé très compréhensif d’ailleurs. Notre hôte (en ce qui concerne le cul de sa mère, je ne peux rien dire).
Mais je dis « Grèce » à nouveau et il ne me restait plus qu’une marche pour retrouver la pèche et l’instinct du trouble-fête, que nous possédons tous en série, plus ou moins enfoui. Certains le transpirent littéralement mais ne comptez pas sur moi pour vous parler de Rome encore une fois : je m’en tiendrai désormais aux faits.

La porte du voisin se trouvait devant moi, prête à se fracasser sous mes coups de butoir. Quand je décide de jouer les durs, je ne tire pas la chevillette, ni ne laisse la bobinette choir.  La musique était meilleure que jamais. Ils passaient Curtis Mayfield, Superfly. Je ne pouvais pas interrompre ce truc. Je me suis assis cinq minutes sur le pallier afin d’apprécier ce morceau anthologique, que je n’avais pas écouté correctement depuis des années. Old school.
Je n’ai pas eu à défoncer la porte, quelqu’un est sorti en trombes de l’appartement. Il paraissait vouloir vomir, ce type m’a immédiatement été sympathique. Je l’aurais accompagné avec plaisir mais j’étais à jeun, dommage, nous aurions pu faire de belles choses ensemble. Il a dégringolé les escaliers en essayant de se rattraper aux branches mais comme nous manquons d’arbres dans cet immeuble, je dois dire que le pauvre homme est descendu bien vite. La porte allait se refermer mais j’ai passé in-extremis mon pied juste en travers. Un vieux truc de vendeur de bible. J’étais en tongs. Je me suis re-bousillé l’orteil. Ca tombait à pic car je m’apprêtais à féliciter mon voisin pour sa discothèque. L’intense douleur perça mon crane plus surement qu’un tournevis fiché dans l’œil de Bill Murray, je me mis à hurler :

-   Sous prétexte que ta triple-fracture du genou nous  a sauvé la mise une fois (j’ai oublié la radio, je te la ramène dès que possible), il ne faut pas croire que tu peux nous polluer le sommeil, avec ton son éclectique, dès six heures du matin ! Je répète : six heures du matin ! Ma copine a les yeux en trous de… Enfin elle est pas fraiche du tout, elle ressemble plus à rien, au moment où je te parle, alors merci pour la crotte de nez, et tout, mais si tu baisses pas le volume, je fous le feu à toute la ville, exactement comme Néron enflamma Rome, sans digressions aucunes, je dois être debout à treize heures pétantes, je te signale. Et arrête de me regarder avec tes dreadlocks, ça ne changera rien, est-ce que tu crois que je pourrais t’emprunter deux ou trois  disques à l’occasion et te demander où t’as été passé cette radio, je crois que mon petit orteil est foutu, cela dit : MOINS FORT LES BASSES, on a des enfants qui dorment, des droits de l’homme, de la copropriété, mais ne compte pas sur moi pour appeler les flics, ils m’ont déjà pris en flagrant délit de danseuse, ma crédibilité est foutue !

Je n’avais pas du faire preuve de clarté car il m’a simplement demandé :

-   Une bière ?
-   Ouais, pourquoi pas…

Sans transition, je m’étais retrouvé confortablement installé dans un canapé multicolore, à fumer des Mickeys gros comme ça, une bouteille dans chaque main, une poche de glace sur le pied et Janis Joplin sur les genoux, la copine du voisin, qui me racontait quelque chose à propos d’un bouquin de Carlos Castaneda,  L’Herbe du Diable et la petite fumée.
J’étais rentré chez moi pour treize heures, parfaitement éveillé. Marion était partie travailler depuis longtemps mais elle avait laissé un mot sur la table de la cuisine :

J’espère que tu t’es bien amusé, traitre. Ta voix résonne plus fort que toutes les autres et je sais que tu es responsable de la vague punk industriel seventies qui a sévi juste après ton départ,  pourtant censé nous apporter le calme. Bonne journée, sale con.
Je t’aime follement.




Hors ligne Kathya

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Re : La délicate résolution du soufflé
« Réponse #1 le: 18 Mai 2011 à 12:50:10 »
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vers le porte

J'en profite pour te souhaiter bienvenue.  :mrgreen:
*assume d'être une flemmarde et de ne pas fréquenter les topics de présentation*

J'ai bien aimé ton style, je me suis pas ennuyée, les personnages sont bien posés et cohérents. ^^

Juste un détail, vu que l'anecdote des clefs ne dit pas qu'il les a retrouvé je m'attendais à ce qu'il parte avec la radio (après, s'il a une porte qui se ferme automatiquement il peut très bien avoir laissé ses clefs chez lui. x'D)

Au plaisir de te lire. ^^
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne ernya

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Re : La délicate résolution du soufflé
« Réponse #2 le: 18 Mai 2011 à 18:54:04 »
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Je reconnus ma mère, à la rigueur, bien qu’elle porta un manteau de fou-rires que je ne lui connaissais pas.

Un manteau de fous-rires ?

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». Je fis semblant de ne pas la reconnaitre ; elle n’eut pas à se forcer, de son coté.
côté

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Le Castorama, le Légo-Bill-Murray et ma mère avaient heureusement disparus,
disparu

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On aurait dit un radioréveil apocalyptique. Elle est charmante au demeurant, plus tard dans la journée.
Je kiffe.


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Je pensais à une radiographie, vois tu. Un truc fin et solide que l’on puisse glisser dans la fente et -clac – nous serions chez nous.
Vois-tu

Citer
Plus tard, après que Marion eût habilement crocheté notre serrure,
Eut (après que + indicatif)

Citer
Le volume sonore produit par notre chaine stéréo et nos discussions stériles indispose les enfants en bas âge.
Indisposent

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Je n’avais pas du faire preuve de clarté car il m’a simplement demandé :


XD. J’ai bien aimé la façon dont c’est raconté, l’humour qu’il y a dedans. J’ai pas forcément tout apprécié du début jusqu’à la fin, mais dans l’ensemble, ça fonctionne plutôt bien !
Par contre, je suis un peu déçue par la fin, qui n’en est pas spécialement une, je trouve. Le récit aurait bien pu continuer, je trouve que la lettre le relance plus qu’elle ne lui fait une fin.
Voilà, j’ai bien aimé !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Menthe

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Re : La délicate résolution du soufflé
« Réponse #3 le: 18 Mai 2011 à 19:57:56 »
 :mrgreen: Moi j'aurais vraiment pas aimé avoir un voisin comme ça (LOL moi qui me plaignais du mien, on dirait qu'y'a pire... )
Sinon, c'était cool, le rythme est bien, les passages bien épicés, j'ai passé un bon moment  ^^
C'est pas que je suis loin du but, c'est que je suis à côté de la plaque !

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : La délicate résolution du soufflé
« Réponse #4 le: 18 Mai 2011 à 20:37:53 »
Et encore un commentaire plutôt positif.

Donc j'ai bien aimé. C'est vachement marrant, et puis il y a plein de petites piques qui m'ont bien fait rire (notamment tout le début !). C'est assez fluides, et l'histoire est pas mal. ça fait remonter des souvenirs tiens !  (enfin, surtout les tentatives désespérés pour éviter de faire du bruit... Ou la géniale rue Mouffetard...)
Contrairement à ernya, j'aime bien la lettre à la fin. Je trouve qu'elle clôture bien l'ensemble...
Non, franchement, c'est un bon texte !
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

Hors ligne illigh

  • Plumelette
  • Messages: 18
Re : La délicate résolution du soufflé
« Réponse #5 le: 03 Juin 2011 à 17:09:02 »
Wouah ! Sérieux, c'est super ! On est embarqués, c'est drôle, léger, agréable à lire.. Vraiment, chapeau ! Tu as un style super sympa à lire (
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On aurait dit un radioréveil apocalyptique. Elle est charmante au demeurant, plus tard dans la journée.
Je kiffe.
je plussoie), vraiment, ton texte est très sympa ! Par contre, je rejoins l'avis que la fin relance plus qu'elle ne clôture... Peut-être une suite ?  :mrgreen:
Liame

Hors ligne Sebastien K

  • Tabellion
  • Messages: 45
Re : La délicate résolution du soufflé
« Réponse #6 le: 04 Juin 2011 à 13:46:50 »
Bravo ! J'ai adoré ! J'étais mort de rire tout le long de ma lecture. Je trouve cela très bien écrit et intelligent : Ta façon de détourner les lieux communs et le  rythme soutenu du texte.  De plus la bande son est effectivement sympathique ^^

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : La délicate résolution du soufflé
« Réponse #7 le: 05 Juin 2011 à 00:58:40 »
Excellent ! Y'a comme un petit vent de trompette* qui souffle dans ton texte. A relire, pour sûr :D
Bravo, c'est très drôle et bien mené, on ne s'ennuie pas une seconde.

(edit : voici la première pierre du troisième recueil, qu'en pensez-vous ?  :mrgreen:)




*un autre membre du forum^^
« Modifié: 05 Juin 2011 à 01:03:16 par Zacharielle »

 


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