Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » MacLaren Park

Auteur Sujet: MacLaren Park  (Lu 2424 fois)

Hors ligne jlm

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MacLaren Park
« le: 11 Février 2011 à 13:10:46 »
Salut !

Cette histoire me vient d'un instant particulier dans un parc, comme le choc inéluctable de deux atomes. Je revois parfaitement la scène ! je ne connaissais aucun des deux protagonistes de l'histoire alors j'ai essayé d'imaginer leurs vies, comme une illustration de la théorie du chaos. Je me demandais quels évênements avaient bien pu rentrter en interaction pour que ces deux personnes rentrent en collision un jour, là, devant moi...

MacLaren Park

C’était une matinée tranquille, le ciel encore un peu gris des derniers lambeaux de fog qui se retiraient vers les collines. Le bleu se dévoilait, petit à petit et la ville apparaissait comme par enchantement, quartier par quartier, jusqu’à découvrir la baie, plus bas. Il y avait des odeurs dans l’air, des odeurs d’herbes coupées, de résine, mais aussi des fragrances moins agréables des docks de South Basin. J’avais décidé de prendre quelques clichés de l’amphithéâtre Jerry Garcia où répétait un groupe de Blues à l’occasion d’une balance pour le concert du soir. Je voulais prendre une autre série à partir de l’air de jeu, un peu plus loin, deux équipes des quartiers alentours sur le terrain de Baseball, une simple matinée, avec un sac à dos et un thermos de café…
Je l’ai repéré de loin, son allure a capté mon regard, improbable clochard. Je me suis dit que peut-être je pouvais le shooter à la volée, j’avais dans un coin de mon ordi toute une série d’instantanés, comme ça, que je prenais au hasard avec l’idée pas encore très claire de monter une galerie de paumés. En cherchant un angle de prise de vue j’ai capté sa trajectoire et je l’ai vu elle aussi, sur son escalier. Ils allaient se croiser, c’était inévitable.
En un instant j’ai deviné ce qui allait se passer et je crois bien que j’en étais le seul. Ce fut bref, violent et vite oublié, juste le temps de prendre un cliché.
Je l’ai visionné des tas de fois par la suite, en taille réduite, en taille maxi, m’attardant sur des détails, visages, plis des vêtements, jusqu’au moindre pixel, il me manquait simplement l’histoire, que j’ai écrite bien plus tard…


*

Caleb, n’est pas propre dans son vieux treillis troué. Un vieil uniforme de combat, une panoplie de petit soldat, rapiécée, tachée sur la quasi-totalité de sa surface par ses déboires d’alcoolique et la saleté des nuits passées sur le bitume ou dans les parcs de la ville, c’est sa seule tenue. Ses chaussures, maladroitement lacées à coups de ficelles râpées laissent pendre leurs languettes défraîchies et trouées. Et puis il y a l’odeur. Il est déjà vieux quand il ne le faudrait pas, il n’a pas vingt-six ans. Bouffi, il a une vie de merde et il le sait.

Caleb est un vétéran.

 Il avance difficilement, traînant la jambe droite. Son pied, écrasé par un bus deux mois en arrière, après une nuit à siffler du mauvais whisky, lui fait encore un mal de chien. Sa manche gauche est vide, l’avant bras est parti depuis quatre ans déjà, emporté par un gros calibre, du trente millimètres lui avait-on dit. Il le sent encore parfois, comme un membre fantôme, quand lui prend l’envie de se gratter. Caleb est un pantin disloqué. Plus d’espoir, impossible de revenir en arrière. Il a tout gâché. Il le sait bien qu’à son retour il n’aurait jamais dû commencer à picoler avec les copains, parce qu’un jour, les copains sont partis, mais la picole lui a tenu la jambe et comment ! Salement même. Pourtant, au début ça l'aidait à tenir le coup. Il picolait pour oublier, pour que l’ivresse le transporte dans des mondes plus colorés.
Il avait été un jeune gars sans histoire qui voulait faire des études supérieures. Le sergent-major du bureau de recrutement qui l’avait baratiné dans la cour du lycée lui avait assuré qu’à son retour, l’armée prendrait en charge sa scolarité. Donnant – donnant. Caleb pensait que le marché était honnête et puis que devait-il redouter ? Il ferait partie de l’armée la plus puissante du monde, blindés, avions, hélicos de combat, satellites espions, une logistique à toute épreuve…
A son retour d’Irak, après avoir galéré quelques mois à l’hôpital militaire, entre les opérations interminables et les essais de prothèses, ses vieux copains l’avaient retrouvés, entourés. Mais il avait ramené avec lui des crises d’angoisse, des terreurs et des instants de démence, des scandales en ville, dans les bars à filles où les copains s’excusaient pour lui et réglaient les pots cassés.
Ils avaient fini par partir, par se détourner de lui, fatigués de ses conneries.
Qu’importe, il en avait trouvé d’autres, des camarades de comptoir, qui payaient pour qu’il raconte, pour qu’il se saoule, pitoyable. Ceux-là étaient partis aussi, rassasiés.
Tout le monde s’est détourné de lui, même ses parents. Et pourtant ils y avaient mis du leur pour essayer de le réinsérer. Ils l’avaient encouragé, poussé en avant, mais il s’était détourné, avait emprunté le mauvais chemin à trop s’apitoyer sur son sort.
« C’est de leurs fautes à ces putain d’Arabes…Au gouvernement aussi, pas ma faute à moi ». Toujours se trouver une excuse, un autre coupable, refuser de faire face. Il ne savait même pas où ça se trouvait l’Irak, avant d’y aller.  Il avait cru en la toute puissance de la plus formidable armée du monde avec ses montagnes de blindage et sa technologie de pointe. Il avait débarqué dans la poussière et le sable, une zone semblable à la Death Valley, il avait vu le mensonge, il s’était rendu compte sur le terrain qu’il n’y avait pas d’arme de destruction massive, rien qu’une armée mal commandée, en déroute, qui leur avait donné la clé du pays sans trop faire d’histoire, rien que des types équipés de bric et de broc, des gars malins capables de fabriquer des mines à partir de pas grand-chose, des types qui connaissaient le terrain, motivés. Personne n’avait rien trouvé. Pas d’armes chimiques, pas d’armes nucléaires, rien qu’un pauvre pays sous embargo qui ne se relevait pas encore de la première guerre.
La résistance est venue après, sournoisement. Elle est arrivée la nuit, par les souterrains, par des tirs de mortiers terriblement brefs et ravageurs, des mines et des bombes trafiquées sous le bitume des routes empruntées par les convois, des embuscades meurtrières, des civils qu’on croit innocents, mais sur qui on finit par tirer, parce que même une bonne femme entièrement voilée peut foutre la trouille, parce qu’un gosse de douze ans est capable de jeter une grenade dégoupillée comme un simple caillou.  Il y avait les voitures qui collaient un peu trop aux convois et qu’ils finissaient par rafaler, un type au loin, qu’on ajustait posément et qu’on abattait, juste pour le score, un trait de baïonnette sur un manche à balai. Deux années passées chez les Screaming Eagles, les parachutistes d’élite. Deux années près de Tikrit, la ville de Saladin et de Saddam Hussein, principal foyer de résistance, à éviter les balles et les pièges.  Deux années à voir des copains appeler leurs mères et mourir, des flaques de sang dans les rues, des morceaux de chair qui traînent, des cris et des larmes, des pneus brûlés, avant de tomber lui aussi dans un piège meurtrier. Il se souvient du bruit infernal, des lueurs des flammes sortant des canons des fusils d’assaut. Il entend encore les cris, les ordres hurlés et la confusion. Il se revoit dans le Hummer, au poste de tir de son calibre 50, les étuis brûlants des balles tombants à ses pieds, l’odeur de la poudre et de l’huile chaude, tirant n’importe où, dans le tas, les yeux piqués par le sable et la fumée. Il repense à ce moment de transe nerveuse. Il revit encore très bien le choc violent qui l’a projeté en arrière, l’étourdissement qui a suivi. Des silhouettes derrière des murs, menaçantes, hostiles, ils en voulaient à sa peau. Maintenant ils sont partout. Combien dans ce parc? « Peut pas compter ». Il les voit toujours autour de lui, ils sont là, derrière les murs, derrière les buissons et les arbres, ils sont dans le métro. Ils se cachent, mais il sait qu’ils sont là.

La folie a eu raison de lui.
                           
Yasmine est là, tous les jours que dieu fait, quel que soit le temps, assise dans cet escalier du Mclaren Park. Elle a honte. Honte de tendre sa main pour quelques pièces ou des regards méprisants, honte d’elle et de son impuissance. Elle se souvient de son enfance, là-bas, un petit village près de Sfax en Tunisie. Du soleil, de la mer, de ses courses effrénées avec ses frères, libre comme une fille peut l’être quand elle court les cheveux au vent, en toute insouciance. Tout ça pour se retrouver là, en Amérique, avec un mari plus vieux qu’elle, qui la bat pour qu’elle se résigne, obéissante, soumise, qu'elle se taise et qui l’oblige à porter le voile. Deux enfants pleurnichards qu’elle ne voulait pas, qu’elle n’arrive pas à aimer et la police, des bouledogues prêts à mordre, ou à jouer du bâton, ça dépend des jours, il vaut mieux les éviter… Tout le temps.
Il n’était pas question d’amour, il n’en avait même jamais été question du tout. C’était un contrat entre deux familles, elle n’avait pas eu son mot à dire. Pourtant, Yasmine voulait faire des études, quitter le carcan familial et la tradition. Elle aurait voulu faire une école de journalisme et voyager, avoir un appartement à Tunis, comme sa cousine Mina ou quitter le pays. Elle avait protesté en vain. Elle avait cherché à fuir,  à quitter son petit village, mais on ne s’échappe pas aussi facilement. L’ambassade de France avait refusé son visa, elle ne pouvait pas rejoindre son frère à Paris.
L’homme avait débarqué un beau matin, ils avaient échangé quelques mots, très peu. Il l’avait regardé comme on regarde une chèvre avant de l’acheter, il voulait s’assurer qu’elle était en bonne santé, qu’elle était encore vierge, humiliation. La cérémonie avait eu lieu parmi une centaine de convives, dans le respect de la tradition, le hammam avec ses amies, elle pleurait, le tatouage au henné pendant la nuit de repos. Les formalités réglées, ils s’étaient envolés pour San Francisco où il tenait un petit restaurant. Elle a bien fini par voyager, mais pour atterrir en pays inconnu, une langue qu’elle ne maîtrisait pas tout à fait, rendant tout espoir d’intégration impossible.  L’affaire de son mari avait fait faillite peu de temps après, une histoire d’hygiène alimentaire, une plainte, le tribunal, une fermeture définitive.
Elle n’avait pas eu le temps de souffler, elle s’était retrouvée enceinte très vite. Deux enfants qui avaient les traits de leur père et qu’elle ne voulait pas, qu’elle n’arrive pas à aimer. Elle ne se souvient plus très bien dans quelles circonstances elle avait commencé à faire la manche, mais un jour elle s’y était résigné, il n’y avait plus d’argent. Elle ne voulait pas se retrouver sur les larges avenues où patrouillaient les voitures de la police ou dans les petites rues moins sûres avec les autres. Elle avait choisi elle-même ce petit parc pour sa tranquillité, sa vue et son passage. Elle avait appris à se méfier de tout le monde, des sans abri, des bandes du sud de la ville et de la police.

Caleb descend l'allée en râlant, il ne peut pas les supporter ceux qui vont bosser, qui sont pressés, qui se détournent de lui, qui reniflent son odeur de rance et de vieille pisse. Au fond, tant mieux, personne ne s’assoit près de lui, peinard.  Parfois, il crie après eux, les insultes. Des mots qui n’ont plus aucun sens, qui ne ressemblent à rien dans l’indifférence la plus totale. Il n'a pas beaucoup d'autres buts que d'aller chez le Chinois, plus loin, prendre un six pack ou une Jack Daniel’s. Boire pour oublier ou Liquider sa maigre pension d’ancien combattant pour une dose de Crystal.
Caleb est tombé sur le Methamphétamine en traînant avec d’autres vétérans comme lui. Au début ça lui faisait un bien fou, le crystal lui redonnait un coup de fouet. Après chaque prise, il ne sentait plus ses multiples points de douleur, il se sentait plus fort, plus résistant, joyeux même. Mais petit à petit le Meth à commencé à le ronger, à lui pourrir le cerveau et les dents. Il est devenu parano, agressif.

Yasmine tend le bras, une vague humaine s’approche de l’escalier où elle se tient. Des gens qui descendent d’un bus et qui coupent par le parc, place stratégique, plaque tournante. Le travail reprend. Inutile de sourire, tous ces gens s’en foutent bien. La vague la submerge, la bouscule un peu, mais c’est tout le temps comme ça, les gens font, malgré tout, attention à elle. Une pièce, parfois, un quarter, rarement plus, mais le plus souvent du mépris, ici on n’encourage pas la mendicité, on donne peut, c’est la règle.

Caleb l’a vu « la salope, la putain arabe. Qu’est-ce qu’elle fout là ? La manche ? C’est pour ça qu’elle est là ? C’est pour ça qu’il s’est battu là-bas ? Pour les retrouver ici à faire la manche ?»
Son visage se déforme de colère, il trépigne. Caleb grimpe les marches en soufflant, serre la rambarde comme il le peut, résolu. Il aimerait la tuer de ses mains, il n’en a plus qu’une. Alors, il se déplace à gauche et au passage lui donne un coup de pied dans les côtes. Ça fait du bien, presque jouissif. Il ne peut pas faire plus, déjà son cerveau oublie, il y règne une telle confusion.

Yasmine n’a pas vu le coup venir, à trop garder les yeux dans le vague. C’est curieux, mais elle n’a même pas eu mal. Ça fait des mois que ce côté est endolori de toute façon, son mari est gaucher, c’est tout le temps le côté droit qui prend. Elle n’a pas entendu non plus ce que lui disait son agresseur avec sa voix cassée, sa voix d’ivrogne. Autour d’elle personne n’a remarqué le geste ou peut-être n’ont-ils rien voulu voir ? Les gens sont trop pressés, n’ont pas envie de perdre leur temps si précieux et puis déjà, il n’y a plus personne. Ils sont tous partis. Le parc est vide. Yasmine relève la tête et regarde autour d’elle. C’est la pause. Dans cinq minutes ça reprendra. Un autre bus s’arrêtera, un nouveau groupe en descendra.
Retendre le bras.

« Modifié: 25 Février 2011 à 08:50:39 par jlm »
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Hors ligne Le Fanu

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Re : MacLaren Park
« Réponse #1 le: 14 Février 2011 à 10:17:22 »
Bon, je continue sur ta lancée...

Je commence par le négatif, comme ça, ce sera fait.
Il y a toujours beaucoup de fautes d'orthographe et de mots en trop. Si tu ne l'as pas lu, je te conseille "Ecriture, histoire d'un métier" de Stephen King. C'est très sympa à lire et plein de conseils pour les gens qui aiment écrire. En particulier (si je me souviens bien), éviter l'abus des adverbes. Sans les supprimer complètement, il y a moyen de se débarrasser de beaucoup d'entre-eux.
Puis Il y avait une formule aussi dans ce bouquin qui ressemble à ça : Version finale = version de base - 10%. Il y a moyen d'alléger.
Enfin, le sujet m'intéressait un peu moins. Je ne parle pas de l'altercation en elle-même mais du passé des personnages. Mais ça, c'est un avis tout à fait personnel, je n'ai pas envie de plaindre les deux héros contrairement à tes premiers textes dans lesquels je comprenais mieux leur douleur.

Le positif maintenant.
Je ne sais pas si tu as écrit ce texte d'une traite, mais c'est l'impression que ça m'a donné. Le début est un peu pénible, mais quand tu rentres dans l'histoire, le rythme devient bien meilleur. Bref, une fois que tu es dans le texte et que tu as atteint ta vitesse de croisière, tu sembles avoir l'écriture facile, ce qui est une grande qualité.
J'aime aussi les moments que tu choisis de raconter. Tu vois un truc dans la rue et tu imagines les circonstances alors que la plupart des gens ne font sans doute pas attention.

Vraiment, avec moins de fautes et en élaguant le texte, tu gagnerais beaucoup en qualité de narration.
Tu aimes Despentes, son style est très direct avec des phrases très courtes, comme des coups de poing. Pour écrire des paumés et la violence de la rue, ça me parait plus indiqué.

à la prochaine!
La culture est comme de l'or, en cas de coup dur, on la brade.

Hors ligne jlm

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Re : MacLaren Park
« Réponse #2 le: 15 Février 2011 à 13:31:49 »
Salut !

Je confirme, avec l'orthographe j'ai pris l'habitude de trop faire confiance au correcteur de Word. Même avec les versions 2000 et 2003 il se trouve toujours quelques fautes pour passer au travers, et c'est bien dommage ! Il n'y a vraiment que quand on me les met sous le nez que je me rends compte qu'en effet c'est parfois lourdingue ! En ce moment j'expérimente celui de Reverso...
Pour en revenir à tes remarques sur le texte, je l'avais effectivement écrit d'une traite, il y a quelques années. Mais avec le temps j'y ai apporté plusieurs changements, des détails entre autres. J'aime beaucoup Despentes, bien sûr, mais son style ne correspond pas au rendu que je souhaitais pour ce texte, ce n'est pas un récit à la sauce punk. Enfin, merci de l'avoir commenté !
« Modifié: 15 Février 2011 à 17:08:21 par jlm »
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Hors ligne Milora

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Re : MacLaren Park
« Réponse #3 le: 15 Février 2011 à 17:21:52 »
A la différence de Le Fanu, je ne trouve pas qu'il faille élaguer le texte, et je n'ai pas trouvé le début laborieux. J'ai trouvé le tout assez fluide à lire (malgré quelques détails que j'ai essayé de relever au fil de ma lecture). Après, j'ai trouvé le contenu un peu convenu. Non seulement les deux portraits, mais les éléments que tu choisis pour les caractériser : forcément, il faut que ce soit une femme d'une famille traditionnaliste, battue par son mari, qui n'aime pas ses enfants, et tombée dans la déchéance. Forcément, il faut que ce soit un ancien soldat alcoolique et tombé dans la drogue... Je veux dire que c'est un peu classique, ces deux personnages. J'aurais préféré que tu leur donnes une personnalité et/ou une histoire un peu plus originale (au sens de plus personnalisée).
Cela dit, ça se lit bien, on ne décroche pas, et il y a une ambiance qui se dégage de ton texte - ce qui est vraiment un bon point.

Dans le détail :

Citer
Caleb, n’est pas propre
Tu peux pas séparer le sujet du verbe par une virgule...

Citer
du trente millimètre lui avait-on dit
Tu écris au présent, donc quand tu vas dans le passé, tu dois utiliser le passé-composé, pas le plus que parfait (lui a-t-on dit)

Citer
les copains sont parti
partis

Citer
ses vieux copains l’avaient retrouvés, entourés
retrouvé, entouré

Citer
C’est de leurs fautes
leur faute

Citer
une zone semblable à la death Valley, Il avait vu le mensonge
Soit il manque un point, soit y a une majuscule en trop !

Citer
qui leur avait donnée la clé du pays
donné (le COD est après le verbe)

Citer
les étuis brulant des balles tombants à ses pieds
J'ai dû relire plusieurs fois le bout de phrase pour comprendre... Je crois que c'est juste parce que c'est "brûlants", non ?

Citer
Ils se cachent mais il sait qu’ils sont là.

La folie a eue raison de lui.
                           
Yasmine est là,
Je sais pas si c'est fait exprès, la répétition de être là ?

Citer
Il l’avait regardé
regardée

Citer
La cérémonie avait eu lieue
lieu

Citer
mais pour atterrir en pays inconnu, une langue qu’elle ne maîtrisait pas tout à fait
Y a un problème dans l'enchaînement de tes deux bouts de phrase ; je sais pas comment ça s'appelle grammaticalement parlant, lol, mais y a un truc qui cloche ^ ^

Citer
peut de temps après
peu

Citer
Elle ne se souvient plus très bien dans quelles circonstances elle avait commencé à faire la manche, mais un jour elle s’y était résigné, il n’y avait plus d’argent.
Je crois pas que ce soit très correct, ce mélange de présent et de plus que parfait. En tous cas, ça fait bizarre.

Citer
personne ne s’assoit près de lui, peinard.
J'ai pas relevé les autres fois, mais en te lisant, on "bugue" parfois sur un bout de phrase, dont on ne sait pas trop comment il se raccroche au reste. Comme ce "peinard" : ça se rapporte à "personne", normalement, mais au point de vue du sens, c'est pas le cas. Du coup, ça gène à la lecture...

Citer
ou Liquider sa maigre pension
Majuscule en trop.

Citer
Methamphétamine
c'est sûr qu'il y a un h après le t ?

Citer
une vague humaine s’approche de l’escalier ou elle se tient


Citer
on donne peut
peu

Citer
Caleb l’a vu
vue

Citer
qu’il s’est battu là bas
là-bas

Citer
elle n’a même pas eue mal
eu

Voilà pour mon avis ! :)
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Meuble

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Re : MacLaren Park
« Réponse #4 le: 15 Février 2011 à 21:10:17 »
Hello !

Bon, je préviens, je réfléchis en écrivant, j'espère que ce sera quand même clair ^^ !

Pour ma part, j'ai mis un peu de temps à rentrer dans le texte. Parce qu'on attend quelque chose de ton personnage Caleb, mais on ne sait pas quoi. Du coup, le flash back, l'explication de qui il est, ben sur le coup, ça m'intéresse pas tellement : ça apparaît comme une explication de ce qu'il va faire, mais ne sachant pas ce qu'il va faire, je ne comprends pas pourquoi, à ce moment-là, on parle de ça. Ou alors, c'est pour faire son portrait ? Mais on le regarde, sans voir sa personnalité se construire (narrateur externe, on ne voit pas ses pensées personnelles), donc sans éveiller de sentiment particulier à son égard. Voilà, en fait il me manque des détails qui me feraient m'attacher à lui. Je pense que ça rejoint le côté "cliché" évoqué par Milora.

Yasmine, par contre, je m'attache davantage à elle. Du "classique" là aussi dans son histoire, mais on ressent son malaise, ses douleurs, sa révulsion, ne serait-ce que par des phrases du genre "enfants pleurnichards qu’elle ne voulait pas, qu’elle n’arrive pas à aimer". Mieux, donc, que pour Caleb : davantage dans le ressenti !

Au final, une fin prévisible je trouve (j'aime bien les rebondissements de dernière minute pour ma part :P), mais une histoire qui se lit bien (malgré les fautes qu'a relevées Milora ;)) et qui, je pense, ne laisse pas indifférent, ce qui, pour moi, correspond à un but atteint pour ce genre de textes !
"Chaque minute qui passe est une occasion de changer le cours de sa vie."

Hors ligne arwen

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Re : MacLaren Park
« Réponse #5 le: 24 Février 2011 à 14:05:15 »
J'vais pas revenir sur les problèmes de forme évoqués.
D'abord, un correcteur correct, c'est antidote, mais ça fait pas tout le boulot. seule solution : lire et voir se remettre dans ses cours de collège ( pour les accords de participe passés par exemple...).
Tu as un style particulier, très oral. C'est pas désagréable, mais attention à le maitriser. parfois tu oublies toute règle de ponctuation, de construction de phrases... et ça rend difficile la lecture.
sur le fond, j'ai accroché, pas de souci ! Plus que ta précédente nouvelle ! Même si j'en trouve le fond trop sombre, à mon gout. mais ce n'est que mon gout...
Si j'ai un reproche à faire, c'est le portrait du vétéran, tu restes trop dans des généralités ( très bien évoquées par ailleurs), tu n'arrives pas à faire comme avec Yasmine donner des bribes de vie,d es exemples précis qui la rendent palpable,a ttachante...

Hors ligne Zacharielle

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Re : MacLaren Park
« Réponse #6 le: 24 Février 2011 à 17:24:48 »
Citer
Caleb, n’est pas propre dans son vieux treillis troué.
dommage que l’allitération finale vienne ralentir la première phrase, parce qu’elle est chouette

Citer
Ses chaussures, maladroitement lacées à coups de ficelles râpées laissent pendre leurs languettes défraîchies et trouées.
ça fait beaucoup d’infos, tu peux t’en contenter de moins ;)

Citer
Personne n’avait rien trouvé. Pas d’armes chimiques, pas d’armes nucléaires, rien qu’un pauvre pays sous embargo qui ne se relevait pas encore de la première guerre.
on ne le sent pas très concerné, cette info pourrait être donnée par n’importe qui, vétéran ou non (pas d’aigreur ?)
                     
Tu pourrais corriger les fautes s’il te plaît ? ^^
Sinon, en règle générale, je trouve que l’histoire (ou plutôt, les personnages) manquent de profondeur. On est pas loin des généralités un peu en 2D (+ pour Yasmine que pour Caleb). Au début je n’avais pas compris que c’était l’histoire de deux personnages… le flashback en Irak me semblait assez artificiel donc je n’y ai pas prêté plus attention que ça et en fait, tu y es resté un peu pour présenter l’autre personnage du coup j’étais pas tellement dans le bain. Peut-être que j’ai loupé des trucs mais la « banalité » de la situation me semblait un peu trop vue de l’extérieur, un peu de loin. A mon sens tu pourrais "descendre" au point de vue des persos plutôt que de rester en hauteur (je sais pas si je me fais bien comprendre :}). Ceci étant dit, j’ai bien aimé la fraîcheur du style, et les ruptures/le rythme (genre « L’affaire de son mari avait fait faillite peu de temps après, une histoire d’hygiène alimentaire, une plainte, le tribunal, une fermeture définitive. »), y'a du style ! Voilà voilà. 


Hors ligne jlm

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Re : MacLaren Park
« Réponse #7 le: 25 Février 2011 à 08:59:03 »
Salut !

merci pour les commentaires encore une fois.
Bon j'ai édité le texte, et finalement j'ai rajouté une intro, pour expliquer ma position, me situer par rapport aux personnages.
Pour l'orthographe, ça devrait coller.... Normalement !

...Et puis... Enfin,  je ne sais pas trop, mais peut-être que je développerais un peu plus le personnage de Caleb,  le coté dérisoir de la guerre, le choc de la désillusion, la réalité brulante, écrasante du terrain, la folie de groupe, les écarts et les actes dans lesquels peuvent tomber des gamins de vingt ans surarmés et mal commandés, une partie sur l'évacuation, la douleur, l'amputation.... Il faut que j'y réfléchisse...
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Re : MacLaren Park
« Réponse #8 le: 04 Mai 2011 à 18:20:31 »
J'ai trouvé l'introduction presque de trop, et presque déplacée. Je veux dire, le narrateur est presque fier d'avoir su capter l'instant alors que vu la scène, j'y vois rien qui mérite l'immortalisation. Dommage, j'ai aussi trouvé les personnages trop convenus. Yasmine reste plus attachante car elle a le rôle de la pauvre victime alors que Caleb c'est le type qui s'est pas secoué pour se prendre en main, mais c'est tout.

Ca se lit bien, mais ça reste assez fade.
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

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Re : MacLaren Park
« Réponse #9 le: 01 Octobre 2011 à 18:01:32 »

Citer
Elle n’avait pas eu le temps de souffler, elle s’était retrouvée enceinte très vite. Deux enfants qui avaient les traits de leur père et qu’elle ne voulait pas, qu’elle n’arrive pas à aimer.
tu l'as déjà dit avant. Pourquoi répéter ?

Citer
ou dans les petites rues moinsûres avec les autres.
bug

Citer
.
on donne peut, c’est la règle.
peu

Je trouve que t'aurais pu faire une fin un peu plus marquée pour que ce soit un peu plus rythmé. Sinon, j'ai trop été convaincu par l'intro (l'idée de raconter l'histoire des deux personnages). Quand à Caleb et Yasmine, ils ont des penchants attachants mais tout est noirci, du coup je trouve ça dommage de pas nuancer un peu plus, qu'il y ait pas quelques rayons de soleil quand même.  Un peu plus nuancé et avec une fin plus marquée, ça serait mieux !
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

 


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