Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 Juin 2026 à 15:45:01
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Carmen

Auteur Sujet: Carmen  (Lu 4536 fois)

Hors ligne ernya

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Carmen
« le: 10 Janvier 2011 à 11:47:02 »
Alors, heum. Ce texte, je l'ai envoyé à Vera dans le cadre de Joyeux Noël alors qu'il ne fait absolument pas du tout référence à Noël. Il y a certes le clin d'oeil (vachement subtil, vous verrez :mrgreen:), mais en fait, après le nano, j'étais pas inspirée pour faire un truc mignon sur Noël et tout ça. Alors j'ai écrit ce texte.
Y'a rien de vachement nouveau, en fait,  il n'y a pas vraiment de raisons pour que je le poste (et de toute façon, il restera quand même dédicacé à ma pourriture), mais voilà, je voudrais savoir ce que vous en pensez.
:-[



Carmen






Je n'ai jamais compris tout ce que tu cachais sous ta robe de lin.
Elle traînait toujours par terre cette robe, élimée et sale au bout, mais tu t'obstinais à la laisser ainsi. Tes mains savaient déchirer pourtant, faire mal. A toi, aux autres aussi, parce qu'il n'y a pas de raison.

Tu restais souvent seule. Au jardin ou dans la chambre. Personne ne t'y forçait pourtant.

Je n'aimais pas te regarder. Tu étais jolie, oui, mais triste. Affreusement triste. Te voir me faisait mal, là. Et pourtant, oui, et pourtant, je continuais à te suivre, à t'observer de loin.
Elles étaient toujours près de toi, la tristesse et la solitude, elles te tenaient toujours la main, où que tu ailles. Et j'étais jaloux d'elles, mais toi, tu ne le voyais pas.

Tu ne parlais presque jamais. Le son qui sortait de tes lèvres était toujours affreusement rauque. Tes yeux auraient pu parler, si seulement tu avais daigné les tourner ne serait-ce qu'une seule fois vers moi. Mais ils préféraient regarder l'horizon.

Il ne faisait pas chaud. C'était le soir et il avait plu, un peu. On avait semé çà et là quelques flaques. Ta robe, toujours trop longue, avait dû y boire. Et tu étais là, debout, une main posée sur le rebord de pierre et tu regardais droit devant toi.
Moi, je frissonnais. Et ce n'était pas qu'à cause du froid.
Tu t'es retournée, enfin. Tu avais les yeux verts comme les tessons de bouteille que je laissais sur la margelle des fontaines.
Tu étais là depuis longtemps, tes cheveux dégouttaient.
 Et j'ai posé mes lèvres sur les tiennes. Elles étaient salées.

Au début, je croyais que tu attendais quelqu'un. Comme toutes les figures de reine. Et que cette robe que tu lavais chaque nuit pour mieux la revêtir chaque matin, c'était lui qui te l'avait offerte.

On m'a beaucoup parlé de toi. Tout autour, dans ce château si grand et si vide, comme ton sale coeur, on ne parlait que de toi. De la jeune mutique, cette sale engeance. Ils disaient des choses méchantes, qui me faisaient rougir. Je ne voulais pas les croire.

On disait que tu avais été cruelle avec de nombreux hommes, que tu les avais rendus fous. Pas fous d'amour, non. Ce n'était pas ton genre, petite sournoise. Non, tu les avais rendus fous de l'horizon et ils étaient tous partis.

Moi, je ne partirai pas. Tu l'as tout de suite compris, parce que même si ça me faisait mal, là, de te regarder, j'avais trop besoin de te voir. Simplement de te voir. Je ne voulais pas de ton sale horizon, il n'avait rien à m'apprendre et c'était le tien.

C'est au bout d'un mois, je crois, que j'ai enfin compris. Tu n'attendais personne. Tu voulais partir. Mais tu n'en avais pas la force, ça te faisait peur cette grande ligne au loin. Tu n'es jamais sortie de ce château. Et l'horizon, c'était le vide, le vide qui attire et qui fait peur.

Tu aurais pu partir. Tu aurais dû partir. Rien ne te retenait et tous te détestaient dans ce château. Mais non, tu t'obstinais chaque jour à sortir de ta chambre, avec juste ta robe salie au bout, et chaque jour tu regardais l'horizon.

Peut-être attendais-tu tout simplement que quelqu'un vienne prendre ta main froide et t'y emmène. Parfois, j'osais penser que ce pourrait être moi, ce petit lutin qui te prendrait par ta petite main froide et qui t'entraînerait. Parfois.


Il y avait du vent. Ta robe voletait un peu, elle était plus courte sur le devant, on voyait toujours tes chevilles. Il y avait du vent et ta robe s'est soulevée, un peu. J'ai vu le bas de ta cuisse. Et une griffure. Elle était laide la griffure, comme si quelqu'un s'était amusé à te meurtrir avec un bout de verre. Je n'aurais pas dû les poser n'importe où ces tessons.

Je me suis longuement demandé d'où te venait cette marque. Cela avait dû te faire mal.

Et puis, un soir, tard, très tard, il devait être une heure, tu t'es levée. Je t'ai vue passer, moi, j'étais dans la cuisine, cela faisait longtemps que je ne dormais presque plus, alors j'allais boire du lait.
Tu es passée et ce n'était pas l'heure habituelle de tes promenades nocturnes. Alors je me suis levé pour te suivre. Dehors, c'était tout blanc. Et il y avait des bouts de lait dans le ciel.

Tu t'es mise à descendre les marches, on voyait ton petit pied dans la neige. Tu descendais les marches, tu partais. La bouteille de lait s'est brisée par terre.

J'ai couru derrière toi, j'ai glissé sur la neige et je suis tombé. C'était si froid, comment pouvais-tu marcher pieds nus ?
Tu regardais les flocons, je crois même que j'ai entendu ton rire à un moment.
Etait-ce la neige que tu avais donc tant attendue ? Ce baiser glacé venu de tout là-bas ?

Je frissonnais, mes dents s'entrechoquaient ; je te suivais. Nous étions loin du château désormais. Tu grelottais de froid, je le voyais bien, mais tu marchais trop vite, je n'arrivai pas à te rattraper. Tu courais presque en réalité, comme si, comme si tu avais peur. Peur que quelque chose se passe.


J'ai perdu ta trace.
Je t'ai vue filer vers l'horizon. Petit flocon qui  se dissipe tout doucement.
J'avais mal dans la poitrine et trop froid pour pleurer.

Je suis revenu au château. On ne parlait même pas de toi.
Les margelles étaient vides, je n'avais plus personne à qui offrir mes tessons de bouteille.


Et puis on a de nouveau vu l'herbe. Toute la neige avait fondu. J'ai beaucoup pleuré, tu sais, ça roulait en petites cascades tièdes sur mes joues et j'avais mal, là. Tu m'as fait beaucoup de peine.

Mais tu es revenue, ma tendre et belle. Tu es revenue alors que la lune était pleine. Et tu souriais, les bras chargés de poèmes.

« Modifié: 17 Janvier 2011 à 18:27:44 par ernya »
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Verasoie

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Re : Carmen
« Réponse #1 le: 11 Janvier 2011 à 00:02:12 »
Mon commentaire va trop servir à rien mai : j'ai vraiment adoré ce texte  :mrgreen: et il y a une part d'objectivité dedans, si, si (même si c'est très difficile parce que c'est trop COOL d'avoir l'original et puis avec le clin d'oeil voilà ça faisait trop plaisir :3)

Citer
comme ton sale coeur,

 :coeur:

Citer
Je n'aurais pas dû les poser n'importe où ces tessons.

"J'aurais dû ramasser ce papier..."

Et j'aime bien le passage avec du lait.

En plus je m'attendais vraiment pas à ce que ça finisse bien, enfin je trouve la fin inattendue et vraiment jolie. Voilà c'est tout ce que j'avais à dire ^ ^ je l'avais prévenu que ce serait pas objectif mais voilà je veux juste dire merci, parce que j'aime beaucoup ce texte :3

Hors ligne Zacharielle

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Re : Carmen
« Réponse #2 le: 11 Janvier 2011 à 07:47:30 »
Ce que j'apprécie dans ton écriture c'est qu'en peu de phrases la petite musique est posée (les paragraphes courts, tout ça) et après, on fait plus qu'écouter en se disant "sniff, c'est triste, sniff, c'est beau" (enfin, pour ce texte-ci en particulier). En ce qui concerne le titre, je suis peut-être passée à côté de la signification  :-[

Citer
On avait semé çà et là quelques flaques. Ta robe, toujours trop longue, avait dû y boire.
miam

 
Citer
Je pensais qu'après ce baiser tout changerait. Que nous serions heureux. Mais tes yeux étaient comme une porte close.
je trouve ce paragraphe un peu moins puissant que les autres. Peut-être à cause de l'intervention de "comme" ?

Citer
Tout autour, dans ce château si grand et si vide, comme ton sale coeur,
:coeur: (tu peux lier le o et le e)

Citer
Je ne voulais pas de ton sale horizon, il n'avait rien à m'apprendre et c'était le tien.
j'aime bien aussi

Citer
Et l'horizon, c'était le vide, le vide qui attire et qui fait peur.
^^

Citer
Dehors, c'était tout blanc. Et il y avait des bouts de lait dans le ciel.
love it too


Pff, je sais pas quoi dire. C'était tout mélancolique, avec les petites répétitions ça et là qui font un fil rouge discret... c'était tout triste et tout joli... Bref, je vais pas m'éterniser en répétitions inutiles, en somme, c'était une belle lecture, et merci de nous l'avoir partagée^^

Hors ligne Nienna

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Re : Carmen
« Réponse #3 le: 11 Janvier 2011 à 21:29:49 »
Lu.

Je fais un commentaire d'ensemble.

Comme les autres : c'est un bon texte. L'écriture est belle, fluide. Et j'aime beaucoup ce style aux phrases courtes, simples, sans fioritures inutiles.
L'idée du texte est jolie aussi, et bien imagée je trouve. J'aime le personnage de la femme. Et j'aurais aimé en savoir plus sur elle, ses pratiques, ses "folies", on a envie de plus (même si le texte se suffit à lui-même).

Bref. C'est un texte plein d'une jolie humilité.  ^^

Et ça m'a fait pensé (surtout le début) au roman :  "Une femme" de Anne Delbée ( c'est la biographie romancée de la sculpteur Camille Claudel...et c'est un très bon livre soit dit en passant).  

PS : pour le titre est-ce qu'il y a un rapport volontaire avec la Carmen de Bizet ?
"Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges."

Rimbaud - Alchimie du verbe

nasnas29

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Re : Carmen
« Réponse #4 le: 12 Janvier 2011 à 13:06:36 »
Moi je suis mon enthousiaste sur ce texte. Il m'a pas ému et cette fille qui se traîne dans ce petit univers sur un bout d'horizon m'exaspère un peu.
certaines images sont mal venues, je trouve:
Citer
Tes mains savaient déchirer
pas très joli le verbe savoir ici...
Citer
des bouts de lait dans le ciel
encore des taches de lait passe peut-être mais des bouts de liquide ça le fait pas.
L'héroine semble perdue. On ne sait pas trop pourquoi et pour ma part, son sale coeur et son sale univers... grand bien lui fasse si elle veut pas se retourner et ouvrir les yeux autour d'elle.
Il y a un ton trop pleurnichard qui fait la part belle à une... sale solitude que je réprouve surtout chez une chatelaine!
 je préférais de très loin le texte avec " elsève power " :)
« Modifié: 12 Janvier 2011 à 16:36:59 par nasnas29 »

Hors ligne ernya

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Re : Carmen
« Réponse #5 le: 12 Janvier 2011 à 17:11:41 »
Vera:


Citer
Je n'aurais pas dû les poser n'importe où ces tessons.

"J'aurais dû ramasser ce papier..."
lol, je n'y avais pas pensé, mais oui.


Citer
En plus je m'attendais vraiment pas à ce que ça finisse bien, enfin je trouve la fin inattendue et vraiment jolie.
à vrai dire, moi non plus je m'y attendais pas, XD

Citer
parce que j'aime beaucoup ce texte
cool ! c'est mieux qu'il te plaise, huhu.

Zach:


Citer
Je pensais qu'après ce baiser tout changerait. Que nous serions heureux. Mais tes yeux étaient comme une porte close.
je trouve ce paragraphe un peu moins puissant que les autres. Peut-être à cause de l'intervention de "comme" ?
ouaip, je pourrais le supprimer en fait, il est peut-être un peu plus cliché/attendu que les autres.

(j'admire la richesse de ta façon de dire "j'aime")

merci beaucoup, ça me fait plaisir tes remarques sur la petite musique, toussa

Nienna:
Citer
Et j'aurais aimé en savoir plus sur elle, ses pratiques, ses "folies", on a envie de plus (même si le texte se suffit à lui-même).
moi aussi j'aurais voulu. Contrairement à beaucoup, je ne sais jamais (ou presque) ce que je vais pondre. Ca vient ou ça vient pas, mais il n'y a jamais de réflexion avant. Du coup, je construis jamais mes personnages, ils viennent se poser comme sur un tableau ou comme dans un rêve. Ils apparaissent quoi. Pouf, comme ça, et moi, vite vite je tente de croquer rapidement ce que je vois/ ce à quoi ils me font penser. Mais en fait j'en sais jamais plus que vous.

Citer
Et ça m'a fait pensé (surtout le début) au roman :  "Une femme" de Anne Delbée ( c'est la biographie romancée de la sculpteur Camille Claudel...et c'est un très bon livre soit dit en passant). 
je connais pas du tout, j'essayerai d'y jeter un coup d'oeil à l'occasion

Citer
PS : pour le titre est-ce qu'il y a un rapport volontaire avec la Carmen de Bizet ?
à vrai dire, je n'avais aucune idée de titre. Et comme j'ai fini le texte sur le mot "poème" (carmen en latin), je me suis dit qu'après tout, pourquoi pas, c'était bien un prénom féminin et je le trouve assez évocateur.
Donc oui, évidemment, le nom rappelle Carmen de Bizet, mais ça s'arrête là parce que je connais pas du tout l'opéra de Bizet.


Nasnas :


Citer
Tes mains savaient déchirer
pas très joli le verbe savoir ici..
en quoi ?


Citer
Citation
des bouts de lait dans le ciel
encore des taches de lait passe peut-être mais des bouts de liquide ça le fait pas.
ben si, huhu. Le lait quand il accroche, ça fait une vilaine pellicule toute moche.
et "tache" au niveau sonorité est moche dans ce contexte trouvè-je

Citer
L'héroine semble perdue.
un peu peut-être, mais en quoi est-ce un défaut ?


Citer
Il y a un ton trop pleurnichard qui fait la part belle à une... sale solitude que je réprouve surtout chez une chatelaine!
elle n'est pas châtelaine, enfin dans ma tête, elle ne l'est pas. En outre, le ton pleurnichard n'est pas le fait de la fille, mais du narrateur. (je rectifie selon mon idée, cela n'empêche pas que tu aies parfaitement le droit de ne pas la blairer :P)

Citer
je préférais de très loin le texte avec " elsève power "
soit mais ce n'est pas du tout la même optique ::)

merci beaucoup à tous les quatre d'avoir commenté !
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Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

nasnas29

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Re : Carmen
« Réponse #6 le: 12 Janvier 2011 à 18:15:06 »
oui,c'est ce que je dis. Tes bouts de lait ils accrochent sur le fond !!!
Tes mains savaient déchirer, faire mal. Je trouve l'expression approximative et, à l'oreille, ça accroche comme les bouts de lait.
bon, moi ça m'emballe pas quoi! surtout l'histoire... désolé !

Hors ligne Gros Lo

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Re : Carmen
« Réponse #7 le: 17 Janvier 2011 à 16:41:10 »
Citer
ce que tu cachais sous ta robe de lin.
Elle traînait toujours par terre cette robe
je trouve pas la répétition (ça doit avoir un autre nom) très naturelle ni très utile

Citer
A toi, aux autres aussi, parce qu'il n'y a pas de raison.
pour la fin je suis partagé parce que c’est pas très utile, ça a un côté un peu délayage du dialogue tout en voulant se faire « j’en dis peu mais je mets une expression en apparence fade QUE DU COUP JE TRANSCENDE »… Pour autant à partir de ce moment du texte (enfin je dis ça mais je commente au fur et à mesure) j’ai trouvé que ça imposait un rythme (enfin comme dans Beckett où quand il parle normalement ça force quand même à le dire avec un ton particulier/à le lire en respectant une certaine diction)

Citer
Tu restais souvent seule. Au jardin ou dans la chambre. Personne ne t'y forçait pourtant.
pour moi, ça aurait + de force sans le pourtant

Citer
Tu étais jolie, oui, mais triste. Affreusement triste.
ces répétitions sont (c’est quoi déjà cette figure de style) un peu trop systématiques je trouve. oui, mais triste, affreusement ferait moins buter

Citer
On avait semé çà et là quelques flaques. Ta robe, toujours trop longue, avait dû y boire.
C’était l’heure tranquille où les robes vont boire (Hugo)

Citer
Tu t'es retournée, enfin. Tu avais les yeux verts comme les tessons de bouteille que je laissais sur la margelle des fontaines.
voilà qui est d’ores et déjà fait

Citer
Mais tes yeux étaient comme une porte close.
brr j’ai l’impression que son cerveau c’est le Mordor

Citer
que tu les avais rendus fous. Pas fous d'amour, non. Ce n'était pas ton genre, petite sournoise. Non, tu les avais rendus fous de l'horizon
tjs pareil niveau répétitions (et ce serait trop facile de dire que c’est pour le rythme)

Citer
Et l'horizon, c'était le vide, le vide qui attire et qui fait peur.

Tu aurais pu partir. Tu aurais dû partir.
tout ça. Effets de manche pour créer un rythme qui devrait exister d’une manière plus authentique/subtile

Citer
Il y avait du vent. (…) Il y avait du vent et ta robe s'est soulevée, un peu. (…) Et une griffure. Elle était laide la griffure.
etc.

Citer
cela faisait longtemps que je ne dormais presque plus, alors j'allais boire du lait.
Sid tell mey, why d’yo-uu ôwayss drenk melk ?!

Citer
La bouteille de lait s'est brisée par terre.
Sid you wanker

Citer
j'ai glissé sur la neige et je suis tombé
SID YOU’RE A FOCKIN LOOSSER

Citer
Tu courais presque en réalité, comme si, comme si tu avais peur. Peur que quelque chose se passe
tout ça tout ça


D’une manière générale j’ai bof aimé, en même temps je sais pas si c’est intelligent de commenter un texte de Joyeux-Noël, j’ai trouvé ça moins travaillé que d’autres choses, dont le texte +récent que je m’apprête à lire. Problèmes de rythme et une certaine tendance au piétinement des mêmes thèmes (mais nous en sommes tous là). Enfin c’est pas un moment de lecture difficile à vivre non plus
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne ernya

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Re : Carmen
« Réponse #8 le: 17 Janvier 2011 à 18:27:24 »
Citer
ce que tu cachais sous ta robe de lin.
Elle traînait toujours par terre cette robe
je trouve pas la répétition (ça doit avoir un autre nom) très naturelle ni très utile
mouis, je sais pas comment justifier qu'ici ça me semble plus approprié qu'à d'autres endroits
peut-être à cause du côté "démonstratif", le fait qu'elle porte toujours la même
je crois que j'oralise trop mes textes en fait...



Citer
Tu restais souvent seule. Au jardin ou dans la chambre. Personne ne t'y forçait pourtant.
pour moi, ça aurait + de force sans le pourtant
possible. A vrai dire, j'ai du mal à me détacher de cette "petite musique" alors enlever le "pourtant" c'est comme s'il manquait une note, mais d'un autre côté, oui, enfin, ça ferait pas pareil.

Citer
Citation
On avait semé çà et là quelques flaques. Ta robe, toujours trop longue, avait dû y boire.
C’était l’heure tranquille où les robes vont boire (Hugo)
huhu

Citer
Citation
Mais tes yeux étaient comme une porte close.
brr j’ai l’impression que son cerveau c’est le Mordor
ouais,  je vais virer ce paragraphe-là


Citer
j’ai trouvé ça moins travaillé que d’autres choses, dont le texte +récent que je m’apprête à lire.
cette phrase-là est magnifique XD. Enfin, c'est gentil, tu prévois que ce sera mieux. :mrgreen:


Pour les répétitions, j'ai voulu trouver des excuses/justifications, mais finalement non, je suis d'acc en fait. Faut que j'arrête avec ça. Bon, je prends note.

Merci !
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Re : Carmen
« Réponse #9 le: 18 Janvier 2011 à 13:45:59 »
Ben moi j'ai bien aimé !
En peu de phrases tu poses une sacré ambiance, je trouve, que j'ai beaucoup appréciée, et qui me donne envie d'en savoir plus sur ces personnages. Pour la fin, par contre, elle est poétique/belle mais elle m'a laissé un petit arrière goût d'inachevé, dommage.
Pas grand chose de plus à dire, pour un petit texte comme ça j'ai trouvé qu'il y avait de magnifiques images, et l'ensemble fait très musical.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
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Re : Carmen
« Réponse #10 le: 22 Janvier 2011 à 08:40:41 »
Très joli texte. Un plaisir à lire. Vraiment
Une petit remarque deux ou trois fois, tu utilises des expressions avec le verbe faire, genre "faire mal". Ca enlaidit un peu ton texte, je trouve. Comme deux petites verrues.

Mais sinon, je n'ai rien à redire !

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Re : Carmen
« Réponse #11 le: 22 Janvier 2011 à 12:26:10 »

@Kail:


Citer
Pour la fin, par contre, elle est poétique/belle mais elle m'a laissé un petit arrière goût d'inachevé, dommage.
le grand défi que je dois relever c'est faire une fin digne de ce nom parce que depuis le début, c'est quand même mon point faible.

Citer
Pas grand chose de plus à dire, pour un petit texte comme ça j'ai trouvé qu'il y avait de magnifiques images, et l'ensemble fait très musical.
oh ben merci beaucoup ! comme je l'ai déjà dit, ça m'étonne qu'il te plaise autant/ que tu y voies autant de qualités, donc merci.

@arwen:

Citer
Une petit remarque deux ou trois fois, tu utilises des expressions avec le verbe faire, genre "faire mal". Ca enlaidit un peu ton texte, je trouve. Comme deux petites verrues.
pour celle-ci :
Citer
Tes mains savaient déchirer pourtant, faire mal.
j'aurais pu mettre "blesser" oui, mais question de rythme, une syllabe en moins.

 ici
Citer
Te voir me faisait mal, là.
par contre, je trouve que "faire mal" sonne plus juste, dans le sens où c'est oralisé et que c'est présenté comme une blessure/ une douleur physique

pour celui-là 
Citer
Cela avait dû te faire mal.
j'avoue avoir un peu de mal à trouver un synonyme parce que "blesser" n'irait pas

ceci dit, c'est vrai que la forme "faire mal" revient assez souvent donc faudrait que je réfléchisse à en virer quelques-unes (enfin ça rejoint les reproches de Lo' en fait)

contente que ça t'ait plu !

merci à toutes les deux^^
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Re : Carmen
« Réponse #12 le: 23 Février 2011 à 20:46:21 »

Citer
Tes mains savaient déchirer pourtant, faire mal.
Le rythme baisse, c'est assez bizarre que tu es coupée ainsi "savaient déchirer pourtant / faire mal", non ?
Le sujet est trop loin du verbe, "Tes mains savaient... faire mal".

Citer
Te voir me faisait mal, là. Et pourtant, oui, et pourtant, je continuais à te suivre, à t'observer de loin.
Le rythme est parfait ! On accroche.

Citer
Tes yeux auraient pu parler,
Lol.

Citer
Il ne faisait pas chaud / Et ce n'était pas qu'à cause du froid.
La précision qui tue.  :mrgreen:

Citer
Tu avais les yeux verts comme les tessons de bouteille que je laissais sur la margelle des fontaines.
J'aime.

Citer
J'ai beaucoup pleuré, tu sais, ça roulait en petites cascades tièdes sur mes joues et j'avais mal, là.
J'ai remarqué que tu aimais bien placer les "là" en fin de phrase.

Citer
Mais tu es revenue, ma tendre et belle. Tu es revenue alors que la lune était pleine. Et tu souriais, les bras chargés de poèmes.
Une belle fin !

-------------

Je dois avouer que ce texte accroche, il est simple et efficace. Il y a un côté poétique mais de toi j'ai vu mieux, cela dit je pense que pour ce texte ça colle parfaitement, c'est léger et l'atmosphère le rend bien. Par contre au début, je pense sérieusement que la tournure est à revoir, ce n'est pas très naturel "faire mal"... et j'insiste dessus !!!
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

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Re : Carmen
« Réponse #13 le: 24 Février 2011 à 01:20:06 »
Citer
Tes mains savaient déchirer pourtant, faire mal.
Le rythme baisse, c'est assez bizarre que tu es coupée ainsi "savaient déchirer pourtant / faire mal", non ?
Le sujet est trop loin du verbe, "Tes mains savaient... faire mal".
tu trouves ça loin du verbe toi ? tu n’as jamais fait de latin alors :mrgreen:   
Donc non je ne crois pas qu’il y ait de règle formelle qui empêche ce genre de procédé de mise en facteur de deux verbes, enfin, vraiment, je t’assure, Matt, on peut faire ça.
Après tu peux trouver que « faire mal » n’est pas joli.

Citer
Tu avais les yeux verts comme les tessons de bouteille que je laissais sur la margelle des fontaines.
J'aime.
C’est gentil. Mais ce n’est pas de moi. C’est Vera qui est à l’origine de cette phrase dans ce texte-ci.

Citer
J'ai beaucoup pleuré, tu sais, ça roulait en petites cascades tièdes sur mes joues et j'avais mal, là.
J'ai remarqué que tu aimais bien placer les "là" en fin de phrase.
Oui, c’était mon grand kiff dans ce texte. Je les aime bien.

Citer
Par contre au début, je pense sérieusement que la tournure est à revoir, ce n'est pas très naturel "faire mal"... et j'insiste dessus !!!
Huhu, moi aussi, j’insiste, c’est naturel.
 :huhu:

Contente qu’il t’ait plu^^




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Re : Re : Carmen
« Réponse #14 le: 24 Février 2011 à 20:07:43 »
Citation de: Ernya
On avait semé çà et là quelques flaques. Ta robe, toujours trop longue, avait dû y boire.

Salut Ernya. C'est le premier texte que je lis de toi et j'ai commencé par les commentaires. Parce que Nightwish, ça m'inspire pas  ;D Ben oui, sur un site comme celui-ci l'avatar fait un peu office de couverture...

C'est la phrase que je cite ci-dessus que j'ai vue dans les commentaires qui m'a donné envie de lire le texte. Elle est géniale. C'est un truc que j'aurais bien aimé écrire à ta place... tu la vends combien??  :-¬?

Je ne vais pas parler du fond parce que c'est un sujet un peu trop onirique pour moi et que je ne vois pas très bien où tu veux en venir. Mais tu l'assumes complètement, ça, alors je n'en parle plus!

Sur la forme, donc...
Il y a des trouvailles excellentes : (en vitesse parce que j'ai lu le texte ce matin) "tes mains savaient déchirer", "On avait semé çà et là quelques flaques. Ta robe, toujours trop longue, avait dû y boire.", le passage sur l'horizon et celui sur les tessons près de la fontaine... (par contre, j'ai pas du tout aimé l'histoire du lait qui me semblait facile sans être judicieuse)

C'est assez poétique même si je regrette un peu le ton lancinant parce que j'ai aussi tendance à écrire de cette manière et j'essaie de m'en débarrasser (à moins que ça ne vienne pas de toi mais de ma façon de lire...).

Bref, je n'avais pas grand chose à dire mais je l'ai dit quand même.
La culture est comme de l'or, en cas de coup dur, on la brade.

 


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