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27 janvier 2021 à 13:49:09
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Auteur Sujet: Un vampire à Tienzen [explicite] [AT érotique] [playa ?] (complet)  (Lu 286 fois)

En ligne Loïc

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Et bien me revoilà !
(Oui, je compte spammer les textes mi-longs x))

Je vous présente une nouvelle de 7500 mots environ, que je découpe en deux parties d'environ 4000 et 3500 mots respectivement (j'ai galéré à trouver où couper). Comme d'hab, je prends tous les commentaires, n'hésitez pas à être sévères et pointilleux, j'aime ça  :vaurien:

Comme toutes mes dernières production, ce texte fait passer de l'univers des Mondes Faés, mais normalement il n'y a pas besoin de connaitre pour comprendre le texte. Si vous avez l'impression de ne pas comprendre quelque chose, n'hésitez pas à me le dire.

Et euh. Du coup ce texte contient du contenu sexuel explicite (léger) et du contenu violent explicite (un peu moins léger)

Bonne lecture !

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.




La musique monta d’un cran dans le bar et je vidai mon verre d’un trait. Le vin était râpeux sur ma langue, une mauvaise bouteille d’Elvire payée trop cher, incapable de seulement me mener à la douce félicité que les humains ressentaient en buvant ; mais c’était tout ce que j’avais et je faisais passer le verre d’une main à l’autre en regardant mes compagnons danser sur la piste, manquant parfois de renverser la boisson d’un autre client de retour du comptoir. Les corps se rapprochaient, se collaient les uns aux autres, exhalaient le désir et la sueur. Je me léchai les babines et observai avec plus d’attention la foule en mouvement, au-delà d’Ehriope et d’Esteban. Je m’ennuyais autant que j’étais fascinée, mais n’osai pas le dire à mes amis, préférant les laisser s’amuser. Du coin de l’œil, je repérai une forme s’extraire du groupe informe et tituber vers la sortie : je me levai pour la suivre poussée par la faim qui commençait à mordre mes entrailles.
L’air était frais à l’extérieur, ou peut-être était-ce la moiteur du bar qui me donnait cette impression. De l’autre côté de la route bien vide, la plage de galets et la mer s’étendaient paresseusement ; je les devinais plus que je ne les voyais tant les candélabres n’illuminaient que partiellement la scène. L’homme que j’avais suivi se tenait à un arceau pour vélo, penché en deux, offert. Je m’approchai doucement, dans l’ombre des bâtiments qui bordaient la rue, les pas étouffés par la musique qui émanait du bar et les crocs sortis ; je laissai libre cours au désir qui montait, au plaisir de gouter sa gorge et de sentir son sang couler dans ma bouche. J’étais derrière lui. Je m’arrêtai.
« Ça va aller, mec, je peux t’aider ? »
Il se retourna vivement, trébucha sur l’arceau ; je le rattrapai de justesse, le remis debout.
« Désolée, j’voulais pas te faire peur. »
Il ne répondit rien, s’appuya un peu plus sur moi ou sur l’arceau. L’homme était dans un sale état – presque aussi blanc que moi, il tremblait, était en sueur.
« Essaie p’tet de vomir ? » je proposai, incertaine.
Était-ce un état normal pour un humain ? J’en doutais un peu. L’homme hocha la tête, se pencha sur une poubelle voisine et y largua le contenu de ses entrailles, étouffant tout reste de désir que j’avais encore en moi. Pour le meilleur : je préférais ne pas penser à ce qu’il se serait passé si je m’étais laissé aller. Quand il eut fini, je l’assis sur le trottoir, l’empêchant comme je le pouvais de tomber en arrière. Il n’avait toujours pas prononcé un seul mot, et ça commençait à m’inquiéter tant les humains étaient bavards, d’habitude. J’hésitai. Devais-je retourner à l’intérieur chercher de l’aide en le laissant seul ?
« M… merci de votre aide. Je… je vais rentrer chez… chez moi.
– T’veux que j’appelle un taxi ? »
Il sembla hésiter un moment, puis hocha la tête. Je m’assis à ses côtés et sortit mon téléphone, envoyai un texto rapide à Ehriope pour lui dire où j’étais et, enfin, appelai.
« T’as de quoi payer, hein ? » je lui demandai juste après avoir raccroché. Il tapota sa poche droite, puis la gauche, et hocha la tête de nouveau, apparemment incapable de parler normalement. Nous restâmes ainsi un moment, silencieux, les yeux dans le vague et la nuit, et le taxi déboula, freinant brusquement devant nous.
« M’dame S’elman ?
– C’est moi, je dis en me levant. C’est pour lui. »
Le conducteur regarda l’homme qui n’avait pas bougé. Malgré l’obscurité, je perçus une lueur de mépris dans ses yeux. Je m’en désintéressai pour aider mon protégé à se lever, puis à monter péniblement à l’arrière de la voiture. Je refermai la portière avec un sourire un peu triste, me demandant ce qui avait pu le pousser à se mettre dans un tel état.
« C’est pour où ? demanda le taxi.
– Il devrait pouvoir vous le dire. S’il vous plait ! »
Je l’interrompis juste avant qu’il ne prenne place à l’avant, fis le tour de la voiture et, face à lui, plantai mes yeux dans les siens.
« Tu l’amèneras sain et sauf à destination et l’aideras à rentrer chez lui. Tu ne feras pas de détour, mais prendras le chemin le plus court et le plus rapide. »
Du coin de l’œil, je vis le taxi déglutir. Il hocha doucement la tête, le regard dans le vague. Je me détournai et il revint à lui.
« Bon, bah, bonne soirée. »
Sa voix n’était plus aussi assurée. Je regardai la voiture partir sans rien répondre.

Sortant de ma transe, je sentis mon téléphone vibrer contre ma jambe.
T’as besoin d’aide ? me demandait Ehriope.
Non, ça va. Je vais rentrer. Bonne nuit.
OK ! Bonne nuit, envoie un message quand t’es rentrée.

Je souris en lisant la réponse de mon amie. Comme si j’étais celle qui risquait quelque chose dans les nuits tienzéennes. Dans n’importe quelle nuit, d’ailleurs. Je fourrai le téléphone dans ma poche et descendis sur la plage. Les galets crissèrent doucement et je manquai de tomber sur le sol inégal. Mes yeux s’habituèrent peu à peu à l’obscurité quasi complète ; les pierres, la digue, puis la mer d’Estourd apparurent ; puis les oiseaux qui dormaient ça-et-là, les crustacés qui s’aventuraient hors de l’eau et tous les petits détails que les humains ne voyaient jamais. Le vent était doux, l’air pur, le presque silence rassurant. J’eus envie de m’assoir, attendis de m’être suffisamment éloignée de la rumeur de la ville, de deviner les collines toutes vertes, à l’ouest, là où terre et mer se rejoignaient loin de l’influence de la civilisation, fut-elle humaine ou faée. Satisfaite de la distance parcourue, je m’assis sur un gros rocher, retirai mes chaussures et trempai mes pieds dans l’eau fraiche. Je laissai le plaisir du moment m’envahir ; le silence, l’air, l’eau, la nuit, l’alcool, peut-être, qui prenait enfin place dans mes veines vides. Des picotements étrangement familiers vinrent parcourir ma peau, je les suivis du doigt, sur mes bras et sur mes jambes, à travers le collant. J’eus envie d’être nue ; je résistai vaguement à l’idée, puis m’y abandonnai. Pull, t-shirt, short et le reste vinrent rejoindre mes chaussures et je descendis lentement dans l’eau, laissant le temps à mon corps d’en accepter la fraicheur. Je fus bientôt recouverte jusqu’aux épaules. Les picotements continuaient, et je m’abandonnai à la sensation, faisant courir mes mains sur mon corps pour les accompagner. Des vaguelettes me frôlaient régulièrement, renforçant l’effet de mes doigts, qui trouvèrent mon entrejambe.
Je m’arrêtai là, envahie d’une chaleur honteuse, certaine que j’aurais rougi si ça avait été possible. J’étais invisible de la berge tant il faisait noir ; et l’eau me couvrait entièrement, que risquais-je ? Raison et peur luttaient ensemble dans ma tête ; j’avais envie, j’étais bien, pourquoi m’arrêter ? La raison l’emporta. Je me calai contre un rocher et laissai libre cours à mes doigts. Le plaisir monta graduellement, à mesure que j’explorais mon corps et me libérai de la peur qui m’avait frôlée. Je sentais tout en même temps le contact de ma peau contre ma peau, l’air estival et la mer qui montait et descendait. Je ne sais pas combien de temps cela dura tant je m’abandonnai au moment. Quand ce fut fini, haletante, je revins doucement sur la berge et me rhabillai sans prendre le temps de me sécher. Un coup d’œil à mon téléphone confirma que l’aube ne tarderait plus trop, et je ne comptais pas l’attendre à l’extérieur.
Surtout, j’avais faim.

Je me posai dans la cour de la prison sous forme de chauve-souris, puis reprit mon apparence derrière un tonneau où m’attendaient des habits laissés là pour l’occasion ; une simple robe de bure, déjà tachée de mes précédents passages. Je la revêtis de justesse : un garde était déjà là, arme au poing et regard inquisiteur.
« Ah, c’est vous. »
Ni ses yeux ni son ton ne s’adoucirent quand il me reconnut. Je ne m’en formalisai pas, lui fit mon plus beau sourire, laissant briller les canines à la lumière vacillante, et pris le chemin du donjon. Le grincement de la porte résonna lugubrement dans le silence qui était retombé sur la prison.
« Je connais le chemin », je dis sans me retourner. Inutile que ces pauvres hommes s’infligent un spectacle qu’ils ne voulaient de toute évidence pas imaginer. Je descendis les marches lentement, laissant appétit et désir finir de s’aiguiser en moi.
En bas, le couloir était à peine éclairé par un néon tremblottant en son milieu. Les quatre cellules aux lourds barreaux de fer étaient plongées dans la pénombre, leurs occupants endormis ou terrés dans un coin s’ils avaient deviné mon arrivée. Je passai entre les portes, jetant à peine un regard à l’intérieur, cherchant celui qui éveillerait mon intérêt. La pêche n’était pas bonne, cette nuit ; ou bien était-ce ma baignade qui m’avait coupé toute envie ? Pourtant, mon ventre grognait, et il y avait de nouveau cette sensation dans ma poitrine. J’ouvris finalement une cellule : toutes les nuits ne pouvaient être un festin.
L’homme à l’intérieur se réveilla quand je fermai la porte derrière moi. Debout sur la pierre froide, j’attendis qu’il me remarque, me délectant par avance de sa peur, en imaginant les manifestations dans le corps du condamné. Le résultat fut à la hauteur : un cri bloqué dans sa gorge, il tenta de reculer, ne trouva que le mur ; j’imaginai, peut-être, un gémissement de douleur. Je m’approchai lentement, laissant la terreur s’insinuer en lui à mesure qu’il comprenait qui j’étais.
« N… non, s’il vous plait, tout, mais pas ça. »
Je m’accroupis, me mis à sa hauteur.
« Je crains qu’il ne soit trop tard pour ça. »
Je cherchai quelque chose à ajouter, ne trouvai rien.
« J’pourrais te dire que je suis désolée, mais… »
Sourire.
« C’est pas vrai. »
J’attaquai.
Était-ce un réflexe ou un sentiment de révolte ? Un coup de pied fusa vers mon visage. J’attrapai le membre fatigué et le tordis, provoquant un vrai hurlement cette fois. J’arrachai ses haillons, le mordis, et le rouge s’empara de moi.
Nouveau cri. Le sang qui coulait de la jambe nue, passait dans mes canines, l’extase de la nourriture, enfin, du plaisir qui montait. Je sentais vaguement les mouvements de l’homme qui se débattait, aggravant ses blessures, en ouvrant de nouvelles. Je lâchai la jambe, m’attaquai au cou, arrachai la peau, fis couler plus de sang encore ; et ses cris, ses cris qui résonnaient dans la cellule et tout le donjon. Je percevais, j’imaginais les autres prisonniers, les mains sur les oreilles, tentant d’oublier ce qu’ils entendaient, priant pour que le soleil se lève et que la guillotine vienne mettre fin à leur longue nuit. Leur terreur me nourrissait autant que le sang qui me barbouillait le visage, dans lequel trempaient mes genoux à mesure que j’ouvrais de nouvelles plaies sur le corps de ma victime. Et le rouge, le rouge devant mes yeux.
Il était plus que temps de partir lorsque je quittai le donjon. Déjà, à l’est, le ciel rosissait et j’étais épuisée. Je traversai la cour de la prison sous les regards réprobateurs des gardes qui prenaient la relève – je n’avais même pas l’énergie de leur sourire – me saisis de la bourse sur le tonneau, me dévêtis et repartis sous forme de chauve-souris. Le soleil était presque levé quand je fermais mes volets.

La fumée des cigarettes et des joints avait envahi l’appartement, s’échappait par les fenêtres grandes ouvertes sur le petit balcon. Esteban et Ehriope discutaient intensément, d’un sujet quelconque auquel je ne parvenais pas à m’intéresser. Je me rendais compte de temps en temps que j’avais les yeux dans le vague, perdus, sans penser à rien, et sirotai alors une gorgée de thé brulant et feignait de m’intéresser à la conversation, ce qui ne durait qu’un instant. Je revins à la réalité en entendant mon nom.
« Mais de toute façon, Alaysse elle a pas de problème, elle.
– Hein ? »
Je regardai Esteban avec des yeux ronds, j’essayais de remonter le fil des discussions, de comprendre de quoi il en retournait. On ne me laissa pas longtemps dans le brouillard :
« Pour pécho. T’as pas de problème. Un coup de ton regard de la mort qui tue, et…
– Non.
– Comment ça, non ? »
Je sentis le rouge monter dans mon regard et tentai de le maitriser. Esteban était un abruti, mais il ne méritait pas tant de violence.
« Non, parce que ça serait un viol. Ceux qui font ça ne méritent pas leur pouvoir. »
Je m’étais maitrisée, mais le ton était ferme et cassant, et Esteban rougit. Estimant la leçon apprise, je me radoucis.
« J’en conclus que ta rencontre d’hier n’a pas eu un franc succès ?
– Pfff, non… »
Je le laissai raconter sa mésaventure, ponctuée des gloussements moqueurs d’Ehriope.
Mes amis partirent peu avant minuit, profitant du dernier métro pour ne pas subir un laborieux trajet à pied jusqu’à la colocation qu’ils occupaient au sud de la ville. Alors qu’ils allaient se coucher, ma nuit commençait seulement. Il faisait encore bon, à l’extérieur, l’air marin apportait ce qu’il fallait de fraicheur pour que Tienzen ne soit pas étouffante, comme pouvaient parfois l’être les autres métropoles du pays. Je retournai à la plage. La Promenade Pedro Sliman m’accueillait comme toujours avec son calme imperturbable passé minuit ; les quelques bars qui la longeaient étant loin d’être les plus courus de la ville. Plus à l’ouest, les plages plus touristiques étaient pleines quelle que soit l’heure, on n’y dormait jamais et la fête ne s’arrêtait pas plus. Faés et Humains s’y mêlaient joyeusement, à l’écart des tensions qui éclataient régulièrement ailleurs en Elmitis. Je ne m’y plaisais pas. La tension sexuelle et tous les corps serrés, trop serrés, rendaient l’endroit presque invivable pour moi, et les rares fois où je m’y étais laissé trainer, je n’avais dû qu’à un immense effort de maitrise de moi-même de ne pas tuer des innocents.
Présumés innocents, je corrigeai moi-même. Après tout, les prisonniers dont je délestais la prison centrale n’étaient peut-être, au final, pas plus coupables que la plupart des citoyens d’Elmitis. Le concours de circonstances qui les avait amenés à m’attendre dans leur cellule froide aurait pu toucher n’importe qui d’autre.
« De bien sombres pensées pour une si belle nuit. »
Je parlais à la lune et à la mer, certaine de pouvoirs leur déverser mes états d’âmes et mes ressentiments sans les mettre en danger ni me mettre en danger. J’avais trouvé des amis fidèles à Tienzen, et la ville était plus tolérante que bien d’autres en Elmitis, mais les vampires restaient mal vus, y compris dans les communautés faées. Deuxième avantage, la lune et la mer ne répondaient pas ; d’où ma surprise quand une voix retentit derrière moi.
« Me laisseriez-vous les illuminer, alors ? »
Je sursautai et me retournai d’un mouvement. L’homme qui avait parlé pensait sans doute être nimbé du mystère de la nuit ; je le voyais comme en plein jour. Il devait avoir une trentaine d’années humaines, avait les cheveux clairs et les yeux sombres. Jean moulant, mains dans les poches, et une carrure plus frêle que la mienne. Assurément pas un danger ; je laissai trainer un sourire, pas certaine qu’il puisse le voir.
« Si vous voulez vous y essayer, ma foi, accompagnez-moi. »
Je le laissai me rejoindre et repris ma marche. Il calqua son pas sur le mien, et nous avancèrent en silence pendant un temps. Ce fut lui qui brisa de nouveau le silence.
« Je m’appelle Joan… »
Je ne répondis pas tout de suite. Je voyais bien qu’il voulait dire quelque-chose, qu’il attendait quelque-chose, qu’il n’osait pas et cherchait ses mots. Je le laissai mariner un peu.
« Et vous ?
– Alaysse.
– C’est un beau nom.
– Oui. »
Je souriais un peu bêtement ; me demandai si Joan s’en était rendu compte et ce qu’il s’imaginait. Je repensai à la remarque d’Esteban plus tôt dans la nuit, à combien il me serait facile de me servir sur le jeune homme et au dégout que cette idée m’inspirait. Je n’avais pas envie de jouer.
« Vous abordez souvent les femmes dans la nuit, Joan ? »
Il pouffa.
« Désolé, c’était un peu cavalier, ça n’est pas dans mes habitudes, non. Il faut dire que je rencontre rarement qui que ce soit ici, à cette heure. C’est même pour ça que je viens, d’ailleurs.
– Vous venez souvent ? C’est aussi un de mes endroits préférés. »
La plage était étendue et la nuit était profonde, en marée basse on pouvait facilement se croiser sans se voir, mais je peinais à croire que nous ne nous étions jamais vus. Il y avait quelques réguliers, que je reconnaissais et que j’avais fini par affubler de petits noms ; certains avec lesquels j’avais parfois échangé quelques mots, comme cet homme qui venait écluser les bouteilles qu’il ne voulait pas boire seul chez lui. Il s’asseyait dos à la digue et les vidait en insultant la mer et le destin. Une nuit, je m’étais assise à côté de lui et j’avais écouté ses imprécations, essayant d’absorber un peu de sa tristesse. Je ne pouvais pas faire ça. J’avais failli lui proposer la morsure, m’étais ravisée : l’alcool produisait de drôles d’effets sur les humains et ce n’était pas une décision qu’on prenait en n’étant pas soi-même. Je l’avais abandonné une fois sa bouteille terminée.
« De temps en temps, le weekend, ou quand j’ai besoin d’être seul. Et qu’il fait beau. »
Il me fallut un peu de temps pour reconnecter à la conversation, tant que je m’étais perdue dans mes souvenirs. Cette fois, ce fut à moi de pouffer.
« Pas amateur de pluie, hein ? »
Il haussa les épaules, fataliste.
« Ça tue tout le romantisme de la plage. Vous ne croyez pas ?
– Huum. »
Nous étions presque arrivés au bout de la Promenade. Après, c’était le centre-ville, puis les fêtes infinies. Moi, j’avais faim.
« Il va être l’heure de nous séparer. Merci d’avoir illuminé cette nuit. »
J’aurais juré l’avoir vu rougir.
« Est-ce que je pourrais vous revoir ?
– Qui sait ? À bientôt. »
J’essayai d’être chaleureuse quand je lui souris avant de me détourner. Je sentis son regard dans mon dos jusqu’à ce que, tournant à l’ombre d’une rue, je puisse me transformer. On m’attendait à la prison.

Il se passa plusieurs jours sans que je ne croise Joan. Si je le remarquai au début, fouillant les ombres du regard afin de le repérer, j’oubliai bientôt cette rencontre, me laissant entrainer dans le train de la vie. Il rejoignit les dizaines d’autres êtres que je croisais chaque nuit, avec qui j’échangeai parfois un sourire ou quelques mots, sans qu’ils n’impriment la moindre marque en moi. Mes nuits ne changeaient guère ; je m’adaptais au rythme des humains qui les parcouraient, ce qui me laissait de plus en plus de temps pour moi à mesure que les jours raccourcissaient. Heureusement, il ne faisait jamais vraiment froid au bord de la mer d’Estourd.
Ma rencontre avec Joan m’était presque sortie de la tête quand, enfin, je le revis. Je sortais d’une nouvelle soirée avec d’autres humains dans un appartement miteux, occupé par une colocation d’étudiants ayant à cœur de prouver qu’ils étaient assez ouverts d’esprit pour fréquenter des Faés, et avais décliné l’invitation à finir la nuit dans une boite à la mode. Une fois encore, la mer et la solitude me permettaient de calmer ma faim et mon excitation, m’évitaient de sauter sur le premier malheureux à croiser ma route. Je me demandais ce qui me poussait à m’infliger de telles tentations,   en complet porte-à-faux avec la plupart des conseils donnés aux vampires qui fréquentaient les sociétés humaines. Je n’avais pas la réponse, ni la volonté de creuser la question.
« Je me demandais si je vous reverrais un jour. »
J’avais engagé le dialogue, cette fois-ci. Joan se trouvait face à la mer quand je le repérai ; il remballait ce que j’identifiai comme du matériel de pêche et n’avait même pas sursauté.
« Désolé, j’étais occupé.
– Ne vous excusez pas. La pêche a été bonne ? »
Il sembla ne pas comprendre, je désignai du menton son matériel, il rougit derechef.
« Oh. Oui. Je ne pêche pas vraiment. C’était plutôt… une excuse.
– Une excuse ?
– Oui. Pour… trainer ici. Pour vous revoir. »
La rougeur s’étendit à l’ensemble de son visage. Joan ne tenait plus vraiment en place : par rapport à l’insouciance dont il avait preuve quelques jours auparavant, il paraissait complètement emprunté, gauche. Ça m’étonnait. J’avais plutôt confiance en ma capacité à mettre à l’aise les gens ; la plupart du temps, on n’avait peur de moi que si je le voulais vraiment. Même ceux que j’avais fréquentés avant, dans ce qui semblait être dans une autre vie, n’avaient pas réagi ainsi. Je me retrouvais gênée moi aussi, hésitai sur la marche à suivre, sur ce dont j’avais envie.
« Ça fait combien de temps que vous attendez là ? »
Le jeune homme m’amusait, je me rendis compte. Sa hardiesse passée et sa timidité présente formaient un curieux mélange, dont j’avais envie de découvrir les contours.
« Oh. Quelques heures. J’avais de quoi passer la nuit. »
Je ris doucement.
« Ça vous dit de venir boire un verre ? Ça sera plus chaud. »
Il parut ne pas me croire, ne sut pas tout de suite comment réagir ; je restai patiente face à son hésitation. Voyant que j’étais sérieuse, s’accrochant, peut-être, au fait que je ne semblais pas être en train de me foutre de lui, il accepta enfin.
« Volontiers ! Merci de l’invitation. »
Il resta un moment immobile, de nouveau tout gauche.
« Un instant, il faut juste que je… »
Et il commença à s’activer pour ramasser son barda, prit des trucs à droite et à gauche, en laissa tomber, trébucha dans le sable. Je ris de nouveau.
« Du calme, nous avons toute la nuit. Attendez, je vais vous aider. Tenez ça… »
Je pris la direction des opérations et, en une dizaine de minutes, tout fut rangé. Son lourd sac sur le dos, Joan se balançait encore d’un pied sur l’autre, hésitait sur la marche à suivre.
« C’est par là. »
J’indiquai l’escalier qui permettait d’accéder à la digue et, plus généralement, au quartier de l’Alrèdre.
« Ça va aller ?
– Oui oui. Je l’ai porté jusque ici, je peux faire le trajet dans l’autre sens.
– Allons-y, alors, ça n’est pas très loin. »
Les rues serrées du quartier étaient éclairées par une lumière jaunâtre qui donnait une couleur étrange à notre marche silencieuse. Quand nous atteignîmes mon appartement, nous n’avions pas prononcé un seul mot depuis la plage. Joan m’avait suivie docilement et je n’avais pas eu le cœur de faire la conversation.
« Voilà, c’est ici », je dis un peu maladroitement en faisant tourner la clef pour ouvrir la porte d’entrée. Il me sourit, puis nous gravîmes les escaliers, dont le grincement renforça le poids du silence. Je fus soulagée quand nous fûmes enfin chez moi.
« Le salon est par là. »
Je désignai la pièce, lui montrai les toilettes et où poser son sac.
« Qu’est-ce qui te ferait plaisir ?
– Peu importe… la même chose que toi. »
Nous étions naturellement passés au tutoiement, je remarquai en fouillant dans le frigo à la recherche de quelque-chose de convainquant. Quand je revins au salon avec deux bières fraiches, je trouvai Joan occupé à regarder ma bibliothèque.
« Tu lis ? je demandai en posant les bouteilles sur la table basse.
– Un peu, il répondit, presque absent, tellement absorbé que je doutai de la sincérité de sa réponse.
– Convaincu par ce que tu trouves ?
– Je connais pas tout, mais ça a l’air chouette, oui.
– Sers-toi, si tu trouves quelque-chose qui t’intéresse.
– Vraiment ? »
Il se retourna vers moi et vint s’installer sur le canapé, pas trop loin.
« Vraiment, si je te le dis. Santé ! »
Nous entrechoquâmes nos verres et bûmes de concert, continuâmes à échanger quelques mots sur la littérature, embrayâmes sur la musique et d’autres sujets. Au bout d’un moment, plutôt que de laisser le silence se réinstaller, je l’embrassai.
« Modifié: 21 janvier 2021 à 22:27:01 par Loïc »
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Elk

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

En ligne Loïc

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Un vampire à Tienzen [explicite] [AT érotique] [playa ?] (2/2)
« Réponse #1 le: 11 janvier 2021 à 21:58:15 »
Je maitrisai ma faim alors que ses bras attrapaient mes épaules, me serraient un peu, et que nos lèvres puis nos langues se rencontraient. Je ressentais fort nos points de contacts, la chaleur qui émanait de Joan, me demandais ce qu’il percevait de moi, s’il avait des doutes, s’ils se trouvaient confirmés. Quand ses mains tombèrent sur mes hanches, je repoussai au loin toutes mes questions sans importance. J’attrapai son t-shirt, commençai doucement à la soulever, l’interrogeai du regard, formulai silencieusement la question.
« Vas-y », il souffla, et je m’exécutai. Je parcourus son dos puis sa poitrine des doigts, jouai moi aussi sur ses hanches.
« Qu’est-ce que tu attends ? »
Il rosit un peu, je le poussai sur le canapé, l’embrassai dans le cou, sur les épaules, la poitrine, le laissai enlever mon haut et me plaquai contre lui. Hanches, dos, fesses, nuque, torse. Nos corps se touchaient et se séparaient, nos bouches suivaient et moi je réfrénais le rouge dans mes yeux et la faim dans mon ventre, ne gardant que l’envie. Il était trop tôt, bien trop tôt.
Joan commença à faire glisser ma jupe.
« Je peux ?
– Oui ! »
J’expirai ma réponse, entrepris de déboutonner son jean en même temps. En slip, nous hésitâmes un instant.
« On ne va quand même pas en rester là.
– Non… »
Les derniers bouts de tissus rejoignirent les autres vêtements, déjà éparpillés sur la table basse et dans la pièce, et nous contemplâmes nos corps un moment.
« Viens ! »
Je revins à sa hauteur, caressant son sexe eu passage, l’embrassai sur la bouche, le cou, le torse, descendis peu à peu, évaluant ma capacité à me contrôler et à ne pas mordre au pire moment. Rassurée, je le pris dans ma bouche. Il grogna.
« Même les Faés carnivores ne sont pas si bruyants. »
Je me moquais un peu, et pour le rassurer, je repris mon office. Ses mains, enfoncées dans mes cheveux, caressaient ma tête et ma nuque, puis il m’attira à lui, me mit sur le dos, passa au-dessus de moi. Je me laissai faire, gémit sous ses caresses et ses baisers. Au bout d’un moment, Joan s’assit sur ses genoux. Je me redressai sur mes coudes, presque déjà essoufflée et l’observai. Il paraissait si jeune.
« Un problème ?
– Non. Pas du tout. Je me demandais si… si tu voulais… »
Je retins un rire à grand peine : il semblait si peu sûr de lui qu’il était inutile d’en rajouter.
« Je prends la pilule », il crut bon de préciser, ce qui balaya toute crainte que je pouvais avoir sur ses doutes. Je l’embrassai, je l’attirai en moi et nos gémissements se mêlèrent. Nos corps bougeaient à l’unisson ; j’avais de plus en plus de mal à contrôler le voile rouge qui s’épaississait dans mon regard.
Alors qu’il approchait de l’orgasme, je mordis.
Il grogna quand le sang commença à couler dans ma bouche. Sur lui, je bougeai mon bassin pour l’inciter à continuer. Une fois la surprise passée, il s’exécuta. Joan jouit avec mes canines plantées dans son cou. Nourrie, je me retirai.
« C’était…
– Effrayant ?
– Surprenant. Tu as… »
Je haussai les épaules.
« Attends. »
Il repoussa la table basse et s’accroupit au bord du canapé. Son sang coulait sur le tapis, je notai, sans que ça me préoccupe plus que ça : déjà son regard m’attirait, alors qu’il approchait la bouche de mon entrejambe. La faim refluait complètement, supplantée par le plaisir. Je m’abandonnai.

« Tu aurais pu me dire que tu es une vampire. »
Je ne répondis rien. Joan se rhabillait ; il n’y avait pas de reproche dans sa voix, ni dans son regard. C’était un simple constat, et je n’avais aucune justification ni excuse à apporter.
« J’emprunte ça. »
Il me montra un livre. L’orage des cimes.
« Bon choix. »
Et juste comme ça, il partit, emportant mon roman et son barda. Nous n’avions pas échangé nos numéros de téléphone, ni promesse de nous revoir. Rassasiée et satisfaite, j’allai me réfugier dans mon lit avec un livre et un thé.

« Et alors, c’était comment ? »
C’était Andorma soir. Ehriope et moi nous promenions dans les rues du centre-ville, non loin du vieux port. Je venais de lui raconter ma rencontre, puis ma nuit avec Joan ; presque sans le vouloir, au détour d’une autre conversation.
« Pas mal. Il était… attentionné.
– Chouette. Tu vas le revoir ? »
Je haussai les épaules, lui expliquai que nous n’en avions pas parlé, que je ne me posais pas vraiment la question.
« Ça dépendra de lui, j’imagine.
– Mais toi, de quoi tu as envie ?
– De mordre des humaines trop curieuses. »
J’assortis ma réponse d’un clin d’œil et nous rîmes de concert.
« Ça pourrait presque me tenter » répondit mon amie, soudain songeuse. Je m’arrêtai de marcher et la fixai, tentant de savoir à quel point elle était sérieuse.
« Ne fais pas cette tête ! Je rigole !
– J’espère bien. »
Je fis taire mes grommèlements et mes craintes et nous allâmes prendre place à la terrasse d’un bar à la mode. En parcourant la carte, je me demandai s’il serait un jour envisageable d’y trouver du sang humain. Probablement pas. J’imaginais déjà tous les débats éthiques et les cris d’horreur qu’une telle proposition engendrerait, alors même qu’une quantité phénoménale de sang était gâchée chez les mourants, condamnés à mort et cadavres tous chauds.
« À quoi tu penses ? »
Ehriope me regardait en souriant, sans doute consciente que je venais de passer les dernières secondes dans la lune et n’avais pas écouté le moindre mot qu’elle avait prononcé. Je me demandai si je pouvais aller jusqu’à lui dire le fond de ma pensée.
« À combien toutes les cartes se ressemblent, ces jours-ci », je dis finalement en soupirant.
« Tu veux aller ailleurs ?
– Non non, on est là, autant rester, t’inquiète. Je ne voudrais pas te priver de la rencontre parfaite. »
Elle pouffa, et le serveur apparut à ce moment.
« Vous avez fait votre choix ? »
Je me replongeai dans la carte alors qu’Ehriope mettait en scène son hésitation habituelle.
« J’hésite entre le Bloody Mary et le mousseux de Sanrad ? Il est comment ?
– Assez sec, mais pas trop.
– Bon. Mettez un mojito finalement.
– Très bien. Madame ?
– Deux.
– Deux mojitos, c’est parti. »
Il récupéra les cartes et nous laissa seules. Ehriope le suivit des yeux jusqu’à ce qu’il disparaisse dans la salle, puis poussa un profond soupir.
« Lui ? Je peinai à ne pas me montrer dégoutée. Il n’est même pas beau.
– Oui, bah on n’a pas toutes les mêmes facilités que toi. Puis il peut être super mignon, tu sais. »
Je ne répondis pas. Après tout, Ehriope était assez grande pour savoir ce qu’elle voulait, et je n’avais pas à juger ses envies ; d’autant plus que les miennes étaient loin d’être conventionnelles. J’empruntai un autre chemin :
« Tu ne m’avais pas dit que c’était le serveur !
– C’est pour faire mariner les vampires trop curieuses !
– Touché », je répondis, et nous rîmes de bon cœur.
Le jeune homme semblait lui aussi avoir remarqué mon amie, puisqu’en même temps que nos boissons, il déposa un bol de framboises sur la table.
« Du jardin, il précisa. Bonne dégustation ! »
Ehriope me fit un nouveau clin d’œil et, radieuse, attrapa un fruit et le croqua sans quitter des yeux son prince charmant. Je me servis de bon gré et nous trinquâmes à sa bonne fortune.
« Tu as un plan d’action ? Parce que du coup, tu vas devoir attendre la fin du service…
– À quoi bon avoir une copine vampire si c’est pas pour qu’elle me tienne compagnie toute la soirée ?
– Je savais bien qu’il y avait un piège.
– Et qui sait, toi aussi tu trouveras peut-être chaussure à ton pied ?
– Je ne veux pas… oh, laisse tomber. »
Le cocktail n’était pas bon. Il y avait trop de rhum, et les ingrédients étaient de mauvaise qualité. Je me retins de le signaler à Ehriope. Quand mon amie était dans cet état-là, mieux valait ne pas lui parler des défauts potentiels de sa cible. Et puis, ce n’étaient pas les cocktails qui l’attiraient.
De l’intérieur du bar, la musique s’échappait à peine assourdie. Je distinguai dans la pénombre une foule compacte, qui dansait et chantait des tubes d’autres décennies. Je compris qu’on y venait plus pour l’ambiance que pour des boissons trop chères et de qualité moyenne. Quelques siècles auparavant, c’étaient les tripots de jeux qui tenaient ce rôle, et les troquets minables où les classes populaires venaient engloutir leurs maigres économies. De classes populaires, il n’y avait plus guère à Tienzen. Vingt ans de fête les avaient repoussées à l’intérieur des terres, où l’industrie forestière embauchait à tour de bras. Je ne savais même pas ce que faisait Joan.
« Vampire Airlines, ici le port Ehriope, vous m’entendez ? »
Retour brutal à la réalité. Ehriope me regardait, à moitié en train de rigoler. Elle m’indiqua son verre vide.
« Je vais chercher la petite sœur. Tu veux quelque chose ?
– Euh… ouais. » Je réfléchis à toute vitesse. « On teste le mousseux ?
– Allez. » Elle s’arrêta un instant. « T’es sûre que c’était qu’un coup d’un soir, ce mec ?
– Je vois pas ce qui te fait dire ça.
– Mais bien sûr. »
Elle me lâcha là pour s’enfoncer dans la foule, m’abandonnant à mes réflexions. Je passai le temps en sirotant ce qu’il restait de mon verre et à observer les étrangers passer dans la rue, contourner la terrasse ou se frayer un chemin au milieu des fumeurs qui parlaient fort sur le trottoir. De temps en temps, un joli visage faisait grogner mon estomac ou papillonner mon ventre ; je réprimai les deux sensations : ça n’était pas encore l’heure de la chasse. J’étais là pour soutenir Ehriope, pour peu qu’elle en eût besoin ; il me resterait bien assez de temps pour assouvir mes envies.
« Et un crémant pour la duchesse de l’Alrèdre. »
Ehriope était de retour. Elle posa la bouteille et deux verres sur la table et se laissa lourdement tomber sur sa chaise.
« Déjà de retour ?
– Ouais. Il était occupé et c’est une sorte de pimbêche blonde qui m’a servie. Désagréable comme tout. »
Ehriope m’amusait. Si elle n’était jamais calme et réservée, l’alcool et l’excitation réveillaient chez elle toutes sortes de rancœurs par ailleurs insoupçonnable.
« La nuit est encore longue, je suis sûre que tu trouveras une raison de l’accoster et de lui montrer l’étendue de ton charme.
– Te moque pas !
– Je ne me moque pas », je répondis en débouchant la bouteille. Le pop caractéristique fit sursauter quelques personnes autour de nous. Le liquide doré coula dans les verres et je regardai un moment les bulles : elles me fascinaient depuis toute petite.
« Alaysse, pourquoi tu veux pas être en couple ? »
La question semblait venue de nulle part et je faillis faire tomber mon verre tant elle me surprit. Pour ne pas le lâcher, je serrai le pied au risque de le briser, puis me détendis peu à peu.
« Ça va faire un peu cliché. »
Je m’en amusais moi-même d’avance, certaine qu’Ehriope ne se satisferait pas de cette réponse.
« Raconte. »
J’inspirai profondément et me résignai.
« Je t’ai déjà dit que j’ai été mariée, je crois. »
Elle fit mine de compter sur ses doigts.
« À Henry-Pacôme au 23e siècle, et à Jérôme au 24e. Et t’es sortie avec Simon, Louis…
– Ok, c’est bon, c’est bon, tu peux t’arrêter là.
– Alors ? »
Je vidai mon verre, dans ce geste que j’avais si souvent vu faire les humains quand ils devaient dire quelque chose qui les gênait. Je toussotai à cause des bulles, maudis ma bêtise en silence, puis répondis enfin.
« J’ai… j’ai plus envie de revivre ça. Voir quelqu’un vieillir, et finalement mourir alors que moi je bouge pas.
– Je savais pas que ça te rendait triste… »
Ehriope avait était devenue beaucoup plus calme et sérieuse.
« Ça ne me rend plus triste, plus maintenant, c’est juste que… »
Je haussai les épaules.
« J’ai plus envie de revivre ça.
– Oui, je comprends. »
Le silence s’installa entre nous. Ehriope ne semblait plus avoir le cœur à la fête, et ça me gênait. Je tentai de la remobiliser :
« Mais assez parlé de moi ! Tu m’as toujours pas dit ton plan pour ton serveur.
– Oh ! Oui ! »
Ehriope n’était pas femme à se laisser abattre. Elle raconta.

J’avais regardé, au fur et à mesure de la soirée, Ehriope se rapprocher du serveur et, au final partir avec lui vers deux heures du matin. Je les avais observé s’embrasser depuis l’ombre de la rue, après avoir attendu avec mon amie la fin du service. J’avais décidé de rentrer chez moi à pied, pour profiter de la vie nocturne de la ville, cette vie que j’esquivais la plupart du temps. À chaque coin de rue, un bar, une boite ou une piste de danse à ciel ouvert inondait la nuit de musique et de discussions trop fortes sous l’effet de l’alcool, de la drogue et de l’excitation qui circulaient à foison. Je sentis les regards passer sur moi quand je passais à côté des fêtards, Humains ou Faés, et décourageai les plus hardis d’entre eux en montrant mes canines. On me laissait alors tranquille et j’entendais les murmures s’intensifier. Les insultes ne me faisaient rien : leur peur n’en était que plus évidente et je me réjouissais de la sentir. Je m’en nourrissais.
Rassasiée, j’arrivai enfin dans les quartiers les plus calmes de la ville, proche de ma plage et de chez moi. La rumeur de la fête s’éteignait peu à peu, puis seul les bruits de pas pressés, les miens ou ceux de rares passants, résonnaient encore dans la nuit. Alors que j’allais entrer dans l’immeuble où j’habitais, une odeur inhabituelle retint mon attention.
Du sang avait coulé. Je me transformai et m’envolai.

L’odeur fut éloquente bien avant que ne visse le cadavre, et quand j’atterris, je n’avais déjà aucun doute. Un autre vampire était passé par là, et il n’avait pas pris les mêmes précautions que moi. Le corps était encore frais ; je le retournai.
« Oh, non non non. »
C’était Joan. Il était exsangue, complètement vidé de son sang, mais aisément reconnaissable. Je pris son pouls, pour être sûre, mais il n’y avait rien. Il était mort. Tué par un des miens.
« Du calme, Alaysse. Réfléchis. »
Seule devant le cadavre, je faisais la coupable parfaite. Le plus sage aurait été de m’enfuir tout de suite et de partir à la recherche du responsable avant qu’il pose plus de problèmes, mais je rechignais à laisser Joan dans cet état, pour n’être découvert qu’au petit matin, peut-être déjà dévoré par des rats ou des goélands. Je cherchai quelqu’un à appeler. Ehriope était sans doute trop occupée et Esteban travaillait ; or ils étaient les deux seules personnes à qui je faisais assez confiance pour un problème de ce genre.
« Et merde. »
Je fouillai le cadavre, tombai sur le téléphone de Joan, composai un numéro d’urgence.
« Allô quelle est votre urgence ? »
J’essayai d’imiter au mieux la passante éplorée.
« Je… au secours, il y a un cadavre rue du Monastère !
– Calmez-vous Madame, expliquez-nous. »
J’essayai d’abréger la discussion le plus vite possible : pas question d’être encore sur place quand la brigade arriverait.
« Restez sur place et joignable à ce numéro.
– Oui, bien sûr », je dis quand on eut raccroché à l’autre bout du fil. Je m’envolai tout de suite après en laissant le téléphone à côté du cadavre de Joan. J’avais un vampire à trouver, et il allait me faire l’honneur de m’expliquer pourquoi il avait attaqué un humain sur mon terrain de chasse. Il avait intérêt à avoir une bonne excuse.

Je volai non loin des toits, tous mes sens en alerte. Je connaissais assez mes semblables pour savoir qu’il était très dur de trouver un vampire qui ne voulait pas être repéré ; mais je connaissais la ville comme ma poche et je n’étais pas contente.
« Où est-ce que tu te caches mon salaud ? Viens voir maman… »
Alors que je faisais chou blanc depuis une demi-heure – j’avais croisé les sirènes des secours qui se rendaient sur les lieux du crime – je perçus enfin ce que je cherchais : la peur, le sang, la désorientation. Je refoulai le rideau rouge qui m’embrumait le regard et regagnai le sol.
J’atterris dans une ruelle des quartiers sud ; une impasse à l’écart des plus grands axes. Le vampire avait volé vite et loin. Je m’avançai, sur mes gardes. S’il se sentait acculé, j’étais incapable de prévoir comment réagirait l’inconnu.
« Tu peux sortir. J’en suis aussi. »
Rien ne bougea au début, au point que je me demandais si je ne m’étais pas trompée, puis une voix résonna dans la rue.
« Comme si c’était une preuve de sécurité. Pourquoi est-ce que tu m’as suivi ? »
La voix était rêche, l’accent des Marches bien prononcé.
« Ça veut dire qu’on peut discuter, déjà. Et que je ne vais pas te planter un pieu dans le cœur. »
Pas tout de suite, en tout cas, je pensais, sans l’exprimer. J’hésitai à lui dire la vérité, pas certaine que ça me permettrait d’obtenir sa confiance. Je la choisis néanmoins.
« Parce que j’ai vu le cadavre que tu as laissé. Je me suis dit que tu avais peut-être besoin d’aide. Et je connaissais cet humain.
– Tu les fréquentes, hein. »
Il sortit de la pénombre où il s’était caché. Comme je l’avais pressenti, il était dans un sale état : ses vêtements n’étaient plus que des loques et il était très maigre ; pâle, même pour un vampire. Il était jeune quand il avait été transformé, ce qui ne devait pas dater de plus de quelques mois.
« Ça m’a plus réussi qu’à toi, il semblerait. »
Il cracha au sol.
« Tu peux garder tes moqueries pour toi. »
Je lui montrai les dents.
« N’oublie pas que tu es sur mon territoire, jeune vampire. Je pourrais te tuer, pour ce que tu as fait. »
Il parut rapetisser, tenter de se fondre dans le mur derrière lui. Je ne le quittai pas du regard.
« Je… Je pensais que c’était un bon endroit pour être un vampire.
– Tu t’es enfui. »
Il grinça et montra les dents, je regrettai un peu le ton de ma réplique. Ça n’était pas facile, d’être un vampire nouveau-né, surtout s’il avait été livré à lui-même.
« Écoute. Cet homme tu… le connaissais bien ? »
Je m’étonnai du changement de ton soudain. Il avait l’air embêté, humble. Je réfléchis un instant, haussai les épaules.
« Pas tant que ça, au final. Un peu. C’est juste que… On ne tue pas les humains ici. Pas comme ça.
– J’avais trop faim.
– Je sais.
– Je… je vais partir. Tu n’entendras plus parler de moi. »
Il enclencha sa transformation.
« Attends ! »
Il s’arrêta instantanément, reprit forme humaine.
« Tu vas pas partir comme ça. Tu tiendras pas un an. Reste un peu avec moi, je vais t’expliquer. Tienzen est assez grande pour nous deux.
– Je… je sais pas si je peux accepter, après… »
Cette fois, ce fut à mon tour de montrer les dents et de grincer.
« Commence pas. Je t’ai dit que tu peux rester. Juste une chose.
– Oui ?
– J’espère que tu voles vite, j’ai pas de temps pour les trainards. »
Je me transformai et m’envolai, sans attendre de savoir s’il me suivait. Je n’allais pas le materner.
Nous arrivâmes à la prison presque en même temps.
« Modifié: 21 janvier 2021 à 22:27:53 par Loïc »
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Re : Un vampire à Tienzen [explicite] [AT érotique] [playa ?] (complet)
« Réponse #2 le: 11 janvier 2021 à 22:11:43 »
Salut, et merci pour cette tranche de vie de Tienzennaise(oise?) sur les plages, qui vit la nuit et suce le sang.

Je crois comprendre que c’en est que le premier envoi, mais je crois que les pièces sont déjà posées sur le grand échiquier de l’histoire.
Les personnages sont okay, peut-être un peu légers comparés à la vampire principale  — ce sentiment qu’ils sont dans l’arrière-plan seulement d’une vie mentale foisonnante. Qui, malgré son omniprésence, garde un côté curieux — j’y reviendrai
Le scénario est déjà identifiable. Une rencontre inattendue, un certain "Juan" (tu en as oublié un ! D’ailleurs Joan est un nom féminin, non ?) magnétique et secret, grrr!

On to the specifics, shall we ?

Je n’arrivai pas à en vouloir à mes amis : je savais où je mettais les pieds, et ils n’avaient pas à subir ma mauvaise humeur permanente. J’avais choisi de passer mon temps avec des humains, et c’était à moi d’assumer à présent.
Si je comprends aussi bien que tout autre le malaise d’être dans une fête dont on avait mal calculé l’amusement qu’elle procurerait, je trouve ce passage assez mal défini. Entre "je n’arrivai pas à" (i.e. elle devrait ?) et "à moi d’assumer à présent" (i.e. à son tour ?) je n’arrive pas à déceler un cheminement correct (d’autant qu’il n’est pas vraiment précédé de signes qu’elle ne s’amuse pas). Le soucis est peut-être résolu dans une autre partie, un autre passage qui traite de vampires ou d’elle...
Je penserais plutôt à quelque chose du genre "je ne m’amusais pas mais je renonçai à le faire savoir à mes amis" ou bien "je n’avais pas l’esprit à la fête et je cherchai un prétexte pour filer". Toute la tournure "oui mais vivre avec des humains c’est dur pour une faée" n’a pas, je crois, encore sa place ici (mais peut l’avoir plus tard)

je laissai libre cours au désir qui montait, au plaisir de gouter sa gorge et de sentir son sang couler dans ma bouche. J’étais derrière lui. Je m’arrêtai.
J’imagine à ce stade que le peau-contre-peau de la boîte de nuit, toutes les artères à nues, réveillent chez le vampire la faim impérieuse et un genre de désir plutôt vore (qui risque de compliquer les choses après). Intéressant, pas mon meilleur angle.

C’est là qu’elle le laisse partir et s’enquiert de son bien-être — mais elle était partie pour le manger, c’est ça ?

étouffant tout reste de désir que j’avais encore en moi. Pour le meilleur : je préférais ne pas penser à ce qu’il se serait passé si je m’étais laissé aller.


Alors le lien ici qui est plus une justification qu’une explication ne nous permet pas de savoir pourquoi elle s’est arrêtée — étrange puisqu’on est... dans sa tête. idéalement, elle a choisi de s’arrêter. Si elle n’a pas choisi, pourquoi ne se demande-t-elle pas pourquoi elle s’est arrêtée ?
Aussi : qu’est-ce qui se serait passé si elle l’avait attaqué ? Est-ce que c’est lié à son état d’ébriété ? ou l’indélicatesse de sucer qqn à mort ?

« Tu l’amèneras sain et sauf à destination et l’aideras à rentrer chez lui. Tu ne feras pas de détour, mais prendras le chemin le plus court et le plus rapide. »
Du coin de l’œil, je vis le taxi déglutir. Il hocha doucement la tête, le regard dans le vague. Je me détournai et il revint à lui.
1/ pourquoi ? Pour montrer son pouvoir de suggestion ? Parce qu’elle a vu que le taxi était peut-être une menace pour son "protégé" ? peut-être un autre faé ?
2/ Elle le regarde fixement dans les yeux puis voit qqc du coin de l’œil? pour moi du coin de l’œeil c’est bouger tout le globe vers le côté pour voir presque derrière nous. surtout que sa gorge est, a priori, juste en dessous de ses yeux. Peut-être qu’elle baisse les yeux ? Qu’elle ne bouge pas les yeux mais qu’elle devine qu’il déglutit, ou qu’elle le voit à la périphérie de sa vision ?

Sortant de ma transe, je sentis mon téléphone vibrer contre ma jambe.
T’as besoin d’aide ? me demandait Ehriope.
Non, ça va. Je vais rentrer. Bonne nuit.
OK ! Bonne nuit, envoie un message quand t’es rentrée.
Je souris en lisant la réponse de mon amie.
Ce sont des SMS ? 

Je laissai le plaisir du moment m’envahir ; le silence, l’air, l’eau, la nuit, l’alcool, peut-être, qui prenait enfin place dans mes veines vides. Des picotements étrangement familiers vinrent parcourir ma peau,

le plaisir de quoi ? tu peux parler de quiétude, de délassement, de délice, de contentement... plaisir me semble fort. Du reste, ces picotements "étrangement familiers", tu penses à quoi ? de l’excitation physique ?
J’ai envie de demander "pourquoi ?" : on a vu (et on verra) que la foule et la promiscuité l’excitent (à la fois croquement parlant mais aussi sexuellement parlant) mais qu’est-ce qui l’exciterait dans des crabes et des galets ? Elle pense à celui qu’elle vient de sauver, de ce qu’elle aurait pu lui faire ?


Après son petit bain de minuit, on retrouve notre héroïne (qui s’appelle toujours Selman pour moi, le taxi l’a dit), qui a faim (wink wink), va dans une prison (elle y est enfermée ?), accueillie par un garde ni étonné ni contenté (donc on l’attendait plus ou moins) pour aller au donjon (ooh, manger?)

laissant appétit et désir finir de s’aiguiser en moi.
[...] le rouge s’empara de moi.[...] l’extase de la nourriture, enfin, du plaisir qui montait.
La scène de nourriture est, pour le coup, moins sensuelle ou sexuelle (trois extraits trouvés) que ne laisse présager l’association qui est faite. Ne pourrait-elle pas confondre victime et amant? Manducation et acte sexuel ? D’ailleurs elle le choisit malgré sa faible attirance, donc y a un certain jeu à jouer ici.

Soit. Fin de la scène de la prison, on me parle de guillotine pour mettre fin à la longue nuit — tous les quatre étaient destinés à l’exécution mais on en... offre un à la vampire ? C’est ça l’arrangement ? Tous les jours, les semaines, les mois ? Comment c’est contrôlé, combien de vampire il y a dans cette ville ?

me saisis de la bourse sur le tonneau, me dévêtis et repartis sous forme de chauve-souris.
questions inutiles : 1/ elle la met où la bourse pendant qu’elle est chauve-souris 2/ pourquoi on la paye pour manger alors qu’elle transforme une cellule parfaitement correcte en bain de sang en laissant un corps écartelé ?

La prochaine scène a lieu, j’imagine, le soir suivant — elle dort la journée, c’est ça ? On y apprend notamment que ses amis sont au courant de ce qu’elle est, de son pouvoir (démontré plus haut). C’est ici qu’on apprend qu’elle s’appelle Alaysse (un peu tard?).

J’avais trouvé des amis fidèles à Tienzen, et la ville était plus tolérante que bien d’autres en Elmitis, mais les vampires restaient mal vus, y compris dans les communautés faées.
à juste titre : elle est toujours à deux doigts d’assassiner sauvagement qqn... elle en est consciente j’espère ?

Il se passa plusieurs jours sans que je ne croise Joan. Si je le remarquai au début, fouillant les ombres du regard afin de le repérer, j’oubliai bientôt cette rencontre,
Donc, elle le voit, elle le voit et ne fait rien ? genre, ne va pas à sa rencontre ?

Je me demandais ce qui me poussait à m’infliger de telles tentations,   en complet porte-à-faux avec la plupart des conseils donnés aux vampires qui fréquentaient les sociétés humaines. Je n’avais pas la réponse, ni la volonté de creuser la question.
j’ai une petite idée : le drama  :mrgreen:

Bon, peut-être que le reste doit être considéré avec le deuxième envoi, en ce qu’il concerne la nouvelle relation qui se déploie avec Joan.
Sinon : est-ce que c’est playa ?
je suis en conflit intérieur. je dirais que pas. Mais voyons-voir ta suite.


EDIT : l’envoi 2 a été posté pendant que je faisais mon commentaire, alors je suis parti pour continuer dans la foulée.
Retour à la fin du premier, où on observe la démythification de Joan, qui se fait soudain gauche (en "emprunté"?) et vulnérable, ce que j’apprécie beaucoup.
Juste, quand il découvre la bibliothèque, peut-être y glisser une certaine typologie : genres, catégories, structuration. Une idée de ce qu’il y a.

Alors oui, la question de césure entre les envois se posent. Pour moi, quitte à faire des parties plus inégales, je prendrais le moment où elle l’invite chez elle, et reprendre l’envoi 2 par son incrédulité. La partie 2 est, du reste, moins riche de toute façon.
Remarque générale de l’envoi2 : on a parfois du mal à élucider qui dit quoi. Plus de marqueurs pour ça.

Alors la partie avec Ehriope est intéressante mais pourrait être encore mieux. Se croisent les faisceaux des deux questions relationnelles, et je pense que comme Alyassa enrichit Ehriope, il devrait pouvoir y avoir un genre de retour. Des conseils, quelque chose qui lui fait changer d’avis, tenter quelque chose — il n’y a pas "un soir" et "une vie", il y a tout un panorama de possibilités que je pense qu’Ehriope devrait pointer et encourager Alyassa à voir.

Je dois dire que Joan est vraiment le type le plus malheureux du monde s’il sort avec un vampire une nuit et se fait totalement drainer la suivante — vampire-sexuellement aussi ? Je l’imagine couvert de sp—
Notre nouveau vampvamp — vaste question. je le verrai plus présenté, déjà. introduit, dès l’envoi1, peut-être par une certaine anxiété, un sentiment d’être observée, un genre de malaise inexplicable qui trouverait sa concrétisation dans la mort de son humain. Ensuite, pourquoi ne pas faire en sorte que le vampire soit jaloux de Joan, veuille "prendre sa place" aux côté de sa Vampiresse ? On pourrait résoudre des problèmes — c’est peut-être l’objet d’un envoi 3 ? :mrgreen:
Le comportement du nouveau-né ne me convainc pas. Je vois que tu cherches un peu le comportement de la bête blessée, faible mais cherche à attaquer, tandis que de l’autre côté il y a renssentiment et un genre de pitié, peut-être d’empathie. Mais l’équilibre n’est pas encore là. Tu peux faire des permutations pour voir si l’une ou l’autre est plus fluide comme revirements. genre (par hasard) :
"elle : tu as tué un humain chez moi petit con
lui : et alors ? tu aimes les humains ?
elle : j’aime quand les petits cons respectent mon territoire
lui : ce territoire aurait pu être le nôtre mais tu préfères les humains
elle fait mine de l’attaquer, ou l’attaque, et voit qu’il est faible et affamé
elle : t’es un petit con, mais je te garde."

Voilà pour les remarques générales. Now, to the sex

Je maîtrisai la faim en moi alors que ses bras attrapaient mes épaules, me serraient un peu, et que nos lèvres puis nos langues se rencontraient. Je ressentais fort nos points de contacts, la chaleur qui émanait de Joan, me demandais ce qu’il percevait de moi, s’il avait des doutes, s’ils se trouvaient confirmés.
"percevait de moi" : les canines gigantesques pour boire des gens ? 

Je parcourus son dos puis sa poitrine des doigts
peu harmonieux.

Hanches, dos, fesses, nuque, torse.
1/ Oui, ce sont des parties du corps
2/ Elles... ne semblent pas dans l’ordre ?

Nos corps se touchaient et se séparaient, nos bouches suivaient et moi je réfrénais le rouge dans mes yeux et la faim dans mon ventre, ne gardant que l’envie. Il était trop tôt, bien trop tôt.
Je me demandais quand ça arriverait – je l’attendais plus tôt, et plus sur la durée : là ça réapparaîtra juste une fois avant la fin. Peutêtre plus de références à l’nstinct groupé, jumeau.

En slip, nous hésitâmes un instant.
Si vous voulais casser l’ambiance il n’y avait besoin que de "slip" et d’un passé simple :mrgreen:
En vrai tu pourrais mettre tu peux mettre "il se figea au moment de faire glisser ma culotte" ou quelque chose — et pas réellement le bout de dialogue là — puisqu’il n’hésite pas.

éparpillés sur la table basse et dans la pièce,


« Même les Faés carnivores ne sont pas si bruyants. »
Je me moquais un peu, et pour le rassurer, je repris mon office.
Non, non! On ne rassure pas quelqu’un avant de mettre son pénis entre les dents en faisant référence à un humanoïde carnivore !

« Je prends la pilule », il crut bon de préciser, ce qui balaya toute crainte que je pouvais avoir sur ses doutes.
crainte sur ses doutes ? elle avait des craintes sur ses doutes ?

Je l’embrassai, je l’attirai en moi et nos gémissements se mêlèrent. Nos corps bougeaient à l’unisson ; j’avais de plus en plus de mal à contrôler le voile rouge qui s’épaississait dans mon regard.
Alors qu’il approchait de l’orgasme, je mordis.
Hm, belle entrée en matière, mais pourquoi c’est avant son orgasme qu’elle mort? Elle ne pouvait pas le faire après son orgasme ? genre, je sais pas, son odeur change et elle sent son sperme en elle et elle peut plus supporter et elle mort. Ou bien à son orgasme à elle (même si, bon, voilà, ça continue après). bon, tu ne peux pas sortir le très-fameux "Joan jouit avec mes canines plantées dans son cou." — encore que, si elle est habile, elle peut mordre pendant et garder un peu de jouissance post-morsure.

« Tu aurais pu me dire que tu es une vampire. »
Oui. il ne s’en doutait pas, du coup?

Rassasiée et satisfaite, j’allai me réfugier dans mon lit avec un livre et un thé.
bon, je fantasme là mais... on pourrait quand même la laisser béate sur le lit à comater après ça, non? 

C’était Andorma soir.
Un jour de la semaine? le nom d’un Bar ?

– De mordre des humaines trop curieuses. »
J’assortis ma réponse d’un clin d’œil et nous rîmes de concert.
« Ça pourrait presque me tenter » répondit mon amie, soudain songeuse. Je m’arrêtai de marcher et la fixai, tentant de savoir à quel point elle était sérieuse.
c’est sexuel ? est-ce qu’elle est secrètement attirée, ou bien la morsure ici est juste ici un punissement ?

J’imaginais déjà tous les débats éthiques et les cris d’horreur qu’une telle proposition engendrerait, alors même qu’une quantité phénoménale de sang était gâchée chez les mourants, condamnés à mort et cadavres tous chauds.
j’espère que tu approfondiras cette question, quelque part d’autre.

« Lui ? Je peinai à ne pas me montrer dégoutée. Il n’est même pas beau.
narration dans sa réplique ?

d’autant plus que les miennes étaient loin d’être conventionnelles.
Parce que même pour une faé elle est bizarre ?

Je me retins de le signaler à Ehriope. Quand mon ami était dans cet état-là, mieux valait ne pas lui parler des défauts potentiels de sa cible.
amie, right ?

Quelques siècles auparavant, c’était les tripots de jeux qui tenaient ce rôle, et les troquets minables où les classes populaires venaient engloutir leurs maigres économies.
Pécho des gens avec des coktails ? What’s your point here ? De quoi on fait la comparaison ?


De temps en temps, un joli visage faisait grogner mon estomac ou papillonner mon ventre ; je réprimai les deux sensations : ça n’était pas encore l’heure de la chasse. J’étais là pour soutenir Ehriope, pour peu qu’elle en eût besoin ; il me resterait bien assez de temps pour assouvir mes envies.
bien, plus de ça. plus souvent.

« À Henry-Pacôme au 23e siècle, et à Jérôme au 24e. Et t’es sortie avec Simon, Louis…
alors là je dois dire que les siècles me sont un peu tombés sur le coin de la figure. Entre le "airlines" et le "donjon" j’ai pas pensé à chiffrer leur calendrier. Je pense que c’est une mauvaise idée si c’est un texte isolé.

Les insultes ne me faisaient rien : leur peur n’en était que plus évidente et je me réjouissais de la sentir. Je m’en nourrissais.
Rassasiée, j’arrivai enfin dans les quartiers les plus calmes de la ville
Ah oui ? Sentir la peur la nourrit ? Je... et donc à quoi ça sert la faim et manger des condamnés à mort etc ? surtout que c’est mentionné "en passant". 

, complètement vidé de son sang, [...] Je pris son pouls, pour être sûre,
J’imagine le gars sec comme un saucisson, et la meuf qui cherche si son sang circule alors qu’il n’a pas de sang. 

je rechignais à laisser Joan dans cet état, pour n’être découvert qu’au petit matin, peut-être déjà dévoré par des rats ou des goélands. Je cherchai quelqu’un à appeler.
rechignai ? répugnai ? refusai ? ne pouvais pas ?

Alors que je faisais chou blanc depuis une demi-heure
B L A N C   C O M M E   U N   V A M P I R E   L O L

– j’avais croisé les sirènes des secours qui se rendaient sur les lieux du crime
"inspecteur, regardez ça. le corps est toalement vidé de son sang. quel monstre aurait pu faire ça ?
— La vampire qui vient toutes les semaines à la prison abruti ! Chopez-la la prochaine fois qu’elle vient"
THE END.

« Tu peux sortir. J’en suis aussi. »
Rien ne bougea au début, au point que je me demandais si je ne m’étais pas trompée, puis une voix résonna dans la rue.
« Comme si c’était une preuve de sécurité. Pourquoi est-ce que tu m’as suivi ? »
je ne comprends pas ?

Il était jeune quand il avait été transformé, ce qui ne devait pas dater de plus de quelques mois.
donc ... mutant teenage vampire ? Il a quoi, douze ans ?

« Je… Je pensais que c’était un bon endroit pour être un vampire.
– Tu t’es enfui. »
???
y a un routard de vampires ?
il s’est enfui de la garderie des vampires ?

« Écoute. Cet homme tu… le connaissais bien ? »
Je m’étonnai du changement de ton soudain.
bah écoute moi aussi je suis étonné. Au lieu de ça, je lui aurai plutôt fait dire "désolé pour ton humain". mais, s’il a fait ça par jalousie, tout ça ne tient pas.

Enfin voilà, c’est l’essentiel je pense. Décidément pas playa — la playa est totalement évacuée :u mais une lecture intéressante tout du moins.
« Modifié: 12 janvier 2021 à 00:25:35 par Opercule »

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Re : Un vampire à Tienzen [explicite] [AT érotique] [playa ?] (complet)
« Réponse #3 le: 12 janvier 2021 à 22:28:53 »
Salut Oper.

Pffff, tout ce boulot que tu me donnes.
En vrai, merci beaucoup beaucoup pour ce commentaire très détaillé, très intéressant, et qui confirmes malheureusement certaines choses que je craignais (et me permets d'en trouver de nouvelles.)
Un petit coup d'humilité de temps en temps, ça fait pas de mal :mrgreen:

Citer
Les personnages sont okay, peut-être un peu légers comparés à la vampire principale  — ce sentiment qu’ils sont dans l’arrière-plan seulement d’une vie mentale foisonnante. Qui, malgré son omniprésence, garde un côté curieux — j’y reviendrai

Je crois pas que tu y sois revenu, du coup ça m'intéresse.
Mais euh sinon, ouais, carrément. Je sais pas gérer les persos secondaires ; j'ai déjà du mal à la 3e personne, mais à la première ça devient catastrophique.
Spoiler : qu'est-ce que ça révèle sur moi ? :mrgreen:

Citer
un certain "Juan" (tu en as oublié un ! D’ailleurs Joan est un nom féminin, non ?) magnétique et secret, grrr!

Ouais, j'avais bien Joan en tête. C'est féminin dans notre monde. Là je crois que j'aime bien comme ça. Du coup j'ai corrigé les deux Juan.

Citer
Si je comprends aussi bien que tout autre le malaise d’être dans une fête dont on avait mal calculé l’amusement qu’elle procurerait, je trouve ce passage assez mal défini. Entre "je n’arrivai pas à" (i.e. elle devrait ?) et "à moi d’assumer à présent" (i.e. à son tour ?) je n’arrive pas à déceler un cheminement correct (d’autant qu’il n’est pas vraiment précédé de signes qu’elle ne s’amuse pas). Le soucis est peut-être résolu dans une autre partie, un autre passage qui traite de vampires ou d’elle...
Je penserais plutôt à quelque chose du genre "je ne m’amusais pas mais je renonçai à le faire savoir à mes amis" ou bien "je n’avais pas l’esprit à la fête et je cherchai un prétexte pour filer". Toute la tournure "oui mais vivre avec des humains c’est dur pour une faée" n’a pas, je crois, encore sa place ici (mais peut l’avoir plus tard)

J'en profite pour dire que cette nouvelle est indépendante et doit pouvoir se lire seule ; si j'ai des volontés d'interconnexion entre les nouvelles, il ne s'agira que de références qui peuvent apporter quelque chose, mais ne doivent rien retirer ni à la compréhension de l'histoire, ni au plaisir de la lecture.
Du coup je note ce que tu me dis.
D'ailleurs, je ne suis pas sûr que ça reflète vraiment ce que j'ai envie de faire de ce personnage ; à voir.

(Pour tout ton commentaire, d'ailleurs, je me mets des notes, mais ça va me donner un peu de travail et de réflexion, du coup je ne peux corriger de suite).

Citer
J’imagine à ce stade que le peau-contre-peau de la boîte de nuit, toutes les artères à nues, réveillent chez le vampire la faim impérieuse et un genre de désir plutôt vore (qui risque de compliquer les choses après). Intéressant, pas mon meilleur angle.

C’est là qu’elle le laisse partir et s’enquiert de son bien-être — mais elle était partie pour le manger, c’est ça ?

je suis pas sûr de comprendre la fin de ton premier paragraphe.
Et du coup, oui.

Citer
Alors le lien ici qui est plus une justification qu’une explication ne nous permet pas de savoir pourquoi elle s’est arrêtée — étrange puisqu’on est... dans sa tête. idéalement, elle a choisi de s’arrêter. Si elle n’a pas choisi, pourquoi ne se demande-t-elle pas pourquoi elle s’est arrêtée ?
Aussi : qu’est-ce qui se serait passé si elle l’avait attaqué ? Est-ce que c’est lié à son état d’ébriété ? ou l’indélicatesse de sucer qqn à mort ?

Tu aimerais mieux voir le fait qu'elle se maitrise ? L'idée est qu'elle (en tout cas) tente de ne pas mordre/tuer à tort et à travers. Pas dit que tous aient sa délicatesse x)

Citer
1/ pourquoi ? Pour montrer son pouvoir de suggestion ? Parce qu’elle a vu que le taxi était peut-être une menace pour son "protégé" ? peut-être un autre faé ?
2/ Elle le regarde fixement dans les yeux puis voit qqc du coin de l’œil? pour moi du coin de l’œeil c’est bouger tout le globe vers le côté pour voir presque derrière nous. surtout que sa gorge est, a priori, juste en dessous de ses yeux. Peut-être qu’elle baisse les yeux ? Qu’elle ne bouge pas les yeux mais qu’elle devine qu’il déglutit, ou qu’elle le voit à la périphérie de sa vision ?

Bien vu pour l'oeil.
Sur le pourquoi, oui, je dirais une part de character developement, d'autre part pour s'assurer qu'il va être amené chez lui et pas jeté au coin d'une rue et arnaqué ; elle n'a pas eu une bonne première impression du chauffeur.

Citer
Ce sont des SMS ? 

Yes ! Ils étaient en italique chez moi, je vais le remettre.

Citer
le plaisir de quoi ? tu peux parler de quiétude, de délassement, de délice, de contentement... plaisir me semble fort. Du reste, ces picotements "étrangement familiers", tu penses à quoi ? de l’excitation physique ?
J’ai envie de demander "pourquoi ?" : on a vu (et on verra) que la foule et la promiscuité l’excitent (à la fois croquement parlant mais aussi sexuellement parlant) mais qu’est-ce qui l’exciterait dans des crabes et des galets ? Elle pense à celui qu’elle vient de sauver, de ce qu’elle aurait pu lui faire ?

Hum, je voyais pas plaisir si fort. Effectivement, c'est le plaisir que tu peux avoir a te mettre dans un bain chaud ou d'autres choses du quotidien. Peut-être que c'est fort ; je vais étudier ta proposition.
Pour les picotements, je parle de cette sensation légèrement frissonante que tu peux avoir parfois, que ce soit quand les vagues te touchent doucement, que tu te caresses/grattes (rien de sexuel là-dedans, de base), mais qui peuvent mener à une sorte d'excitation physique, oui.

Parce que... je m'étais lancé dans un texte érotique ? Nan ouais, j'ai conscience que ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Ça pourrait être pour euh... expulser le trop plein de désir accumulé précédemment ? Je peux voir comment mieux amener ça.

Citer
La scène de nourriture est, pour le coup, moins sensuelle ou sexuelle (trois extraits trouvés) que ne laisse présager l’association qui est faite. Ne pourrait-elle pas confondre victime et amant? Manducation et acte sexuel ? D’ailleurs elle le choisit malgré sa faible attirance, donc y a un certain jeu à jouer ici.

Ouais, je pense que le lien est relativement un trope du vampire (même si c'est à mon sens totalement du hasard qui fait que j'ai choisi le moment où j'écivais un texte de vampire pour faire de l'érotique. Or is it?) Après, des fois, t'as faim et tu vas chez McDo ou tu te contentes de pâtes au beurre quoi.
Je suis pas sûr de comprendre tes questions.

Citer
Soit. Fin de la scène de la prison, on me parle de guillotine pour mettre fin à la longue nuit — tous les quatre étaient destinés à l’exécution mais on en... offre un à la vampire ? C’est ça l’arrangement ? Tous les jours, les semaines, les mois ? Comment c’est contrôlé, combien de vampire il y a dans cette ville ?

tu as eu une partie des réponses dans la suite ; mais je suis globalement pas très satisfait de ce passage. J'aime bien l'idée, mais je pense que je dois continuer à la travailler et vraiment réfléchir au système (judiciaire, mais aussi de la relation entre le vampire et le gouvernement local qui permet ça).

Citer
questions inutiles : 1/ elle la met où la bourse pendant qu’elle est chauve-souris 2/ pourquoi on la paye pour manger alors qu’elle transforme une cellule parfaitement correcte en bain de sang en laissant un corps écartelé ?

Non non c'est pas du tout des questions inutiles :
1. excellente question, toute cette histoire de nudité dans la transformation me va pas vraiment, en fait, faut que je change ça et que je décide ce que sont les vampires et qui, de fait, n'est pas/plus très clair dans ma tête. Possible/probable que je la zappe de tout l'univers, au final (la nudité).
Et tu m'as permis de prendre conscience d'autre chose : le bourse est totalement anachronique pour l'époque ; ça serait soit des billets, soit un paiement électronique comme on peut l'avoir chez nous aujourd'hui.

2. Ouais, là aussi je pense que j'ai hésité plusieurs fois. Je vais sans doute virer les mentions de la guillotine, l'idée étant qu'elle soit le bourreau et que ça arrange bien tout le monde comme fonctionnement.

Citer
à juste titre : elle est toujours à deux doigts d’assassiner sauvagement qqn... elle en est consciente j’espère ?

Tu exagères, c'est pas parce que c'est arrivé deux fois en deux jours...
Bon, ok, c'est ptet un peu fort en l'occurrence.

Citer
Donc, elle le voit, elle le voit et ne fait rien ? genre, ne va pas à sa rencontre ?

Ah non, elle se rend compte qu'elle le voit pas, et après ça lui passe dessus. Mai sc'est clairement pas clair, je le concède.
(mes persos sont des handicapés sociaux, mais pas à ce point

Citer
j’ai une petite idée : le drama

ça par contre c'est ptet bien la spécialité de mes persos.

Citer
Juste, quand il découvre la bibliothèque, peut-être y glisser une certaine typologie : genres, catégories, structuration. Une idée de ce qu’il y a.

Ouais. Ce qui m'oblige à réfléchir à la littérature de ce temps, mais ouais, je vois ce que tu veux dire.

Citer
Alors oui, la question de césure entre les envois se posent. Pour moi, quitte à faire des parties plus inégales, je prendrais le moment où elle l’invite chez elle, et reprendre l’envoi 2 par son incrédulité. La partie 2 est, du reste, moins riche de toute façon.
Remarque générale de l’envoi2 : on a parfois du mal à élucider qui dit quoi. Plus de marqueurs pour ça.

J'ai pas mal hésité sur où coupé, regardé si je pouvais plus équilibrer, et là ça me semblait le meilleur endroit où couper (genre cliffhanger x)), mais ptet ça marche pas. Remonter la coupure à l'invitation équilibrerait mieux les parties, justement :)

Citer
Alors la partie avec Ehriope est intéressante mais pourrait être encore mieux. Se croisent les faisceaux des deux questions relationnelles, et je pense que comme Alyassa enrichit Ehriope, il devrait pouvoir y avoir un genre de retour. Des conseils, quelque chose qui lui fait changer d’avis, tenter quelque chose — il n’y a pas "un soir" et "une vie", il y a tout un panorama de possibilités que je pense qu’Ehriope devrait pointer et encourager Alyassa à voir.

C'est assez vrai, je pense ; même si je crois qu'il y a une dimension "cette nana a plus vécu que moi, je vais pas lui apprendre la (non-)vie".

Sur la rencontre avec l'autre vampire (appelons-le Soliard, son nom a sauté du texte parce que ça donnait un truc que je fais trop souvent et qu'en vrai on s'en fout à ce point du texte). Dans ma V1, il n'était pas nouveau-né et fuyait seulement les persécutions ; mais j'ai écrit un texte sur ce personnage mi-novembre, et la fin ne coïncidait plus avec celle de ce texte-ci, j'ai donc tenté de les accorder. Du reste, tes propositions sont intéressantes, je vais m'y pencher (pis c'est plus facile que le reste :D)

Citer
"percevait de moi" : les canines gigantesques pour boire des gens ? 

en l'occurrence je pensais plus corps froid et absence de signes vitaux. Non, je ne sais pas comment elle fait pour sexer du coup, mais j'ai décidé TGCM/Suspension d'incrédulité (sinon ce texte ne sortait jamais.)

Citer
1/ Oui, ce sont des parties du corps
2/ Elles... ne semblent pas dans l’ordre ?

Alaysse a des troubles de l'attention ET ALORS ?
Plus sérieusement, ça gêne à la lecture ? Je crois que la progression était logique dans ma tête quand j'écrivais, mais je peux revoir ça.

Citer
Peutêtre plus de références à l’nstinct groupé, jumeau.

sexe/faim tu veux dire ?

Citer
Si vous voulais casser l’ambiance il n’y avait besoin que de "slip" et d’un passé simple :mrgreen:
En vrai tu pourrais mettre tu peux mettre "il se figea au moment de faire glisser ma culotte" ou quelque chose — et pas réellement le bout de dialogue là — puisqu’il n’hésite pas.

'-'
(Tu as raison, évidemment)

Citer
Citer
    éparpillés sur la table basse et dans la pièce,

Tu voulais me dire quelque chose ?

Citer
Non, non! On ne rassure pas quelqu’un avant de mettre son pénis entre les dents en faisant référence à un humanoïde carnivore !

Tu m'as fait exploser de rire.
(Et me facepalmer très très fort).
Oui, évidemment que ouI.
C'est ptet pour ça que j'arrive pas à pécho u-u

Citer
crainte sur ses doutes ? elle avait des craintes sur ses doutes ?

Je comprends pas comment j'ai pu écrire ça, alors que je suis revenu sur cette phrase à la réécriture.

Citer
Hm, belle entrée en matière, mais pourquoi c’est avant son orgasme qu’elle mort? Elle ne pouvait pas le faire après son orgasme ? genre, je sais pas, son odeur change et elle sent son sperme en elle et elle peut plus supporter et elle mort. Ou bien à son orgasme à elle (même si, bon, voilà, ça continue après). bon, tu ne peux pas sortir le très-fameux "Joan jouit avec mes canines plantées dans son cou." — encore que, si elle est habile, elle peut mordre pendant et garder un peu de jouissance post-morsure.

Yep, vais réfléchir à la question.
Je ne sais comment prendre le très fameux

Citer
Oui. il ne s’en doutait pas, du coup?

J'ai pas dit qu'il était très fute fute u-u

Citer
bon, je fantasme là mais... on pourrait quand même la laisser béate sur le lit à comater après ça, non? 

Oh, on pourrait, j'imagine.
Ça me va de satisfaire tes fantasmes :mrgreen:

Citer
Un jour de la semaine? le nom d’un Bar ?

Jour de la semaine, mais ouais, ça marche pas (vu dans un autre texte aussi) et je sais pas comment me dépatouiller avec.

Citer
c’est sexuel ? est-ce qu’elle est secrètement attirée, ou bien la morsure ici est juste ici un punissement ?

Rien de sexuel, en l'occurrence c'est une menace amicale, mais oui, c'est pensé comme punition.

Citer
Parce que même pour une faé elle est bizarre ?

Bah, c'est-à-dire que la plupart bouffent pas du sang humain.

Citer
amie, right ?

Yep, corrigé

Citer
Pécho des gens avec des coktails ? What’s your point here ? De quoi on fait la comparaison ?

Euh de coins d'ambiance plutôt (les boissons pas bonnes trop chères)
C'est en partie pour introduire l'ancienneté, aussi.

Citer
bien, plus de ça. plus souvent.

Merci :) Si tu arrives à me dire ce qui t'a plus précisément, ça m'aiderait.

Citer
alors là je dois dire que les siècles me sont un peu tombés sur le coin de la figure. Entre le "airlines" et le "donjon" j’ai pas pensé à chiffrer leur calendrier. Je pense que c’est une mauvaise idée si c’est un texte isolé.

De donner un numéro de siècle ? Je vois ce que tu veux dire. Ça n'a guère d'intérêt en soit. (J'aimais bien ma phrase par contre, mais je dois pouvoir la changer. Ptet parler de nombres d'années ?)

Citer
Ah oui ? Sentir la peur la nourrit ? Je... et donc à quoi ça sert la faim et manger des condamnés à mort etc ? surtout que c’est mentionné "en passant". 

Ouip, tu as raison, ça marche pas trop.

Citer
"inspecteur, regardez ça. le corps est toalement vidé de son sang. quel monstre aurait pu faire ça ?
— La vampire qui vient toutes les semaines à la prison abruti ! Chopez-la la prochaine fois qu’elle vient"
THE END.

><
Bien vu, va falloir trouver une solution plus permanente

Citer
je ne comprends pas ?

quel bout ?

Citer
donc ... mutant teenage vampire ? Il a quoi, douze ans ?

Je pensais plutôt à une fin d'adolescence/début d'adultât

Citer
y a un routard de vampires ?
il s’est enfui de la garderie des vampires ?

j'ai vraiment galéré avec ce passage, faudra faire mieux.
Mais l'idée est que Tienzen est une ville de tolérance et tout et que c'est plus facile d'être un Faé là qu'ailleurs.

Citer
bah écoute moi aussi je suis étonné. Au lieu de ça, je lui aurai plutôt fait dire "désolé pour ton humain". mais, s’il a fait ça par jalousie, tout ça ne tient pas.

Enfin voilà, c’est l’essentiel je pense. Décidément pas playa — la playa est totalement évacuée :u mais une lecture intéressante tout du moins.

Ah, c'est pas mal comme proposition.

Merci merci encore pour ton commentaire.
*Se retrousse les manches.*

Y a plus qu'à !
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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Re : Un vampire à Tienzen [explicite] [AT érotique] [playa ?] (complet)
« Réponse #4 le: 17 janvier 2021 à 22:17:39 »
Salut Loïïïïîc !!

Je commence par le relevé des détails et trucs de forme sur l'envoi 1

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je me suis très facilement laissée emporter par ce début fluide, j'ai eu l'impression que tout était bien structuré et au bon endroit. J'ai bien aimé les descriptions, l'univers, la plage, la promenade. Je ne sais pas si ça rentre dans les codes playa, bon, en tout cas ça me convainc. Alaysse a assez de personnalité pour que s'intéresse à ce qui va lui arriver. Par contre, c'est le seul personnage pour l'instant qui s'incarne au milieu des autres en toile de fond. Pour Joan, c'est encore un peu tôt pour savoir ce que tu vas en faire.
Encore quelques questions en suspens : pourquoi la payer pour tuer les condamnés ? L'arrangement lui rend déjà un fier service ! Pourquoi la robe de bure ? Quelles intentions vis-à-vis de l'homme du début : le manger ? Son attention pour lui commander un taxi indique plutôt qu'il n'y a pas que ça mais je n'ai pas senti beaucoup d'attirance quand elle le suit dehors.

Je reviens pour la suite,
A bientôt !

***
Edit : de retour

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


'me reste à te remercier pour ce partage !
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


A bientôt

« Modifié: 19 janvier 2021 à 00:25:05 par Persona »
Une erreur originale vaut peut-être mieux qu'une vérité banale

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Re : Un vampire à Tienzen [explicite] [AT érotique] [playa ?] (complet)
« Réponse #5 le: 19 janvier 2021 à 20:03:34 »
Personaaaaaaaaaa !

Comme d'hab, tout ce à quoi je ne réponds pas spécifiquement est noté et pris en compte.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


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