Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

14 Juin 2026 à 01:41:34
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'appel de Dieu.

Auteur Sujet: L'appel de Dieu.  (Lu 6037 fois)

Hors ligne Pacô

  • Tabellion
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L'appel de Dieu.
« le: 30 Octobre 2010 à 22:11:37 »
Une petite tentative d'être lu.
Après avoir commenté la délirante nouvelle de la petite fille tueuse de poupées, je vous propose un sujet beaucoup moins gai et tente alors ma chance dans vos radars perfectionnés.
Pour information, cette nouvelle tient 3 pages sur un traitement de textes classiques.

Au plaisir de vos réactions,


L'Appel de Dieu.

« Le silence de l'homme attire le silence de Dieu. »
Julien Green


16 heures.
Le temps se fige. Mystérieusement, le souffle du vent se dissipe et la chaleur écrasante du soleil tombe sur mon dos. Le bruissement des feuilles des châtaigniers bordant la propriété de notre demeure familiale s’estompe ; le chant des oiseaux aussi, au même instant, comme si la vie s’enfuyait tout à coup de notre jardin. Même les lourds nuages chargés de colère interrompent leur folle course dans le ciel et s’apprêtent à retarder leur profond grondement. Je cligne des yeux ; ce brutal silence annonce la mort.

Je laisse dans l’herbe sèche ma vieille poupée de cire et rejoins les miens qui se sont réfugiés sous le gros platane pour échapper à l’étouffante chaleur d’été. Il y a mon oncle de Paris, venu rendre visite à sa sœur la première semaine d’août. Depuis son arrivée la veille, mes parents ne sont plus aussi heureux qu’avant, comme s’il avait emmené dans ses bagages une portion de malheur. Je le vois bien, papa et maman sont tellement soucieux à présent qu’ils en oublient comment sourire. Si leurs lèvres s’élargissent mécaniquement, leurs yeux ne partagent pas l’allégresse de l’instant. Et puis, plus rien en eux ne donne envie de rire. Toutes les choses de la maison sont devenues tristes et ternes. J’ai même parfois l’impression que j’ai fait quelque chose de mal. Ce matin, lorsque ma joie s’est échappée de ma bouche alors que je jouais dans le salon avant le déjeuner, ma mère m’a vigoureusement reproché mon attitude. J’ai pleuré ; était-ce donc cela qui dérangeait tant son bonheur ? Mon humeur la blessait et cette douleur dessinait des rides sur sa figure, si enthousiaste à l’accoutumée. Je ne recommencerai plus, je me le suis promis. Pourtant, jamais elle ne m’avait fâchée parce que j’étais euphorique rien qu’un petit moment. Tandis que je cherchais la réponse dans son regard qui s’était posé sur moi, là encore il ne semblait pas me voir, comme s’il discernait une chose que j’étais incapable de percevoir et surtout de concevoir.

Immobiles, tous les trois sont assis autour d’une table en fer forgé blanc. Ils ne se parlent pas. Mon père est habillé comme un jour de fête mais rien dans son expression ne laisse transparaître sa gaieté. Il tient une tasse de thé entre ses doigts mais n’en a pas encore bu une seule goutte. Ma mère quant à elle est vêtue d’une simple robe blanche d’été et a coiffé ses cheveux en chignon ; elle le fait souvent lorsqu’elle n’a pas le temps de les brosser et de prendre soin d’eux. Ils ne s’aperçoivent pas que je les observe. Seul mon oncle tourne la tête de mon côté et me fait signe de me taire. Je ne comprends toujours pas. Je lui en veux. Après tout, c’est sa faute s’ils sont dans cet état là. Pourquoi n’est-il pas resté chez lui avec son malheur ? Néanmoins, je n’ose pas le lui dire, je n’ose d’ailleurs prononcer aucune parole : l’étrange mutisme qui s’est emparé de mes parents m’envahit à mon tour.

Un souffle d’air caresse amoureusement ma peau dorée. Mon cœur se réjouit : ce silence oppressant sera balayé et la vie reprendra la quiétude des jours passés. Les branchages des arbres s’animent et reprennent leur danse tranquille. Mes cheveux soulevés par une légère bourrasque s’envolent et retombent autour de ma nuque comme un bref instant de plaisir. Soudain, mon oreille se dresse. Ce n’est pas le chant des oiseaux que j’entends au loin mais celui d’une incantation beaucoup plus gutturale, des profondeurs des cieux. Je lève les yeux et examine les nuages qui s’assombrissent davantage. Maman me parle souvent de Dieu, cet être supérieur qui punit ceux qui n’ont pas été sages. Je frémis. Aurait-il compris, lui, ma faute commise et viendrait-il à moi pour se venger de mon comportement ? Le bruit se fait de plus en plus fort et je tremble de tous mes membres lorsque je le reconnais : c’est celui qui retentit les dimanches matins alors que nous nous rendons à la messe dans la maison du Seigneur pour le vénérer. Dieu n’est pas content et mes parents le savent, voilà pourquoi ils sont si affligés.

J’avale ma salive et m’avance vers eux, prête à formuler les excuses dignes d’une telle circonstance. Les cloches de ma condamnation sonnent au loin et déchirent la sérénité de notre jardin ; il ne me reste plus beaucoup de temps, je le sais. Mais avant que ne s’entrouvre ma bouche sèche, mon père lâche soudain sa tasse de thé ; le liquide se répand sur les gravillons roses. Il bondit sur ses pieds et jette un regard de défi à mon oncle qui, envahi par la même soudaine folie, se redresse et renverse sa chaise. Seule ma mère reste assise et les observe, désappointée. Papa saisit son couvre-chef posé sur la table et court vers l’allée bordée de châtaigniers. Je ne l’ai jamais vu courir aussi vite, lui pourtant si enclin aux convenances des bonnes familles. C’est un peu comme s’il avait réservé toute l’énergie nécessaire à une telle cavalcade durant toute sa vie et qu’il l’utilisait maintenant. Mais pour quelles raisons ? Il franchit le portail et se perd dans les rues de la ville, sans un regard en arrière. Mon oncle se tourne vers maman qui acquiesce d’un léger mouvement du chef. Et le voilà qui court à son tour. Ont-ils tous peur de Dieu ? Fuient-ils tous son arrivée alors qu’ils ne cessent de la réclamer durant les offices du dimanche ?

Je ne sais plus ce que je dois faire. Je ne suis qu’une petite fille après tout, inconsciente de ses gestes. Ma mère dissimule son visage sous ses mains. Elle pleure ; elle paraît avoir peur aussi, mais elle ne bouge pas et attend dignement celui que tant ont l’air de redouter. Je regarde mon oncle qui poursuit les traces de papa. Je secoue la tête et mes pieds bougent d’eux-mêmes. Emportée par cette folie passagère, je cours aussi, je veux les rejoindre : je veux savoir ! Les cloches sonnent toujours plus fort et la ville ne paraît connaître rien d’autre que la vibration de leur sinistre cri.
« Joséphine ! »
Maman ne semble finalement pas fâchée, sa voix n’est pas méchante ; juste chagrinée. On dirait presque qu’elle a besoin de ma présence comme si j’allais l’apaiser de ses maux. Ne suis-je cependant pas la source de ce malheur ? Je me refuse à l’écouter. Je m’éloigne d’elle, m’assurant ainsi que Dieu ne lui fera pas de mal non plus. Mes jambes sont certes petites pour mon jeune âge, mais elles me transportent plus vite que je ne l’aurais cru. J’arrive enfin au portail et m’arrête brutalement. La vision qui s’offre à moi m’effraie. D’autres hommes se déversent dans les rues. Où courent-ils ? Je ne sais toujours pas. Des chevaux montés par des agents de police sillonnent la chaussée et hèlent les passants qui courent plus vite encore. L’un des fonctionnaires me voit et s’approche :
« Retourne chez toi, petite fille. Ce n’est pas pour toi. »
Et il repart au galop à travers la foule qui grandit chaque seconde. Je doute alors : si ce n’est pas pour moi, contre qui Dieu est-il si mécontent ? D’autres étalons se joignent à cette démence, mais ce sont cette fois de farouches soldats dans leurs uniformes bleus et rouges qui sont hissés sur leurs dos. Ils paraissent joyeux mais ne m’inspirent que de la peur. Et ils hurlent à qui veut l’entendre :
« La Prusse a répondu au Tsar ! La France répondra à son tour ! »
Des acclamations sauvages accompagnent leurs paroles. Les gens courent à n’en plus finir. Terrifiée, je fais un pas en arrière. Ces hommes ont l’air tous plus méchants et menaçants les uns que les autres ; peut être étaient-ce eux que Dieu venait punir ?
« Joséphine, reviens ma chérie ! »
Maman accourt et des larmes ruissèlent sur ses joues, petites perles échappées du trésor de son âme. Elle me prend dans ses bras et me serre très fort contre sa poitrine. Quoique j’aie pu faire, je sais à présent que ce n’est pas si grave et que je ne serai aucunement grondée. Elle me caresse les cheveux, m’embrasse et étouffe mes oreilles de ses mains pour que je n’entende plus les cloches qui s’entrechoquent au loin. Mon esprit s’apaise et je regarde la farandole d’hommes qui dévalent la rue. Finalement, d’une voix hésitante, je lui demande :
« Maman, où courent-ils tous ? »
Elle saisit un mouchoir blanc et essuie le pourtour de ses cils. Elle tente un pâle sourire qui semble toutefois plus sincère que tous ceux qu’elle a pu m’adresser ces dernières heures. Elle me tend sa main ; je la saisis et me laisse entraîner dans le jardin. Nous sommes toutes les deux réunies et je vois qu’elle cherche désespérément ses mots pour m’expliquer une chose qui n’est pas de mon âge. Puis, devant mon insistance croissante, elle me répond de la manière la plus simple mais la plus vraie.
« Ils courent à leur perte, ma chérie. »

Ce texte est protégé par les protocoles imperialdream. Tout plagiat sera poursuivi pénalement par l'association.
« Modifié: 30 Octobre 2010 à 22:15:45 par Pacô »

Hors ligne Ambriel

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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #1 le: 30 Octobre 2010 à 23:04:18 »
J'ai pas du tout accroché, parce que je n'ai rien compris  :-[ C'est bien écrit, pas de souci mais le fond... ça part dans tous les sens, j'ai l'impression. Je n'ai pas compris la logique de ton texte, en fait. Sinon, j'aime bien la dernière phrase  :D
Désolée, vraiment. Mais voilà.
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne Pacô

  • Tabellion
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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #2 le: 30 Octobre 2010 à 23:14:21 »
Ce n'est pas catastrophique non plus.

L'idée serait plutôt de dé-complexifier ton incompréhension, et le truc serait de retrouver l'instant où tu bloques.
A partir d'où ça "ne passe plus" ? Pas dès la première phrase tout de même ?

Hors ligne ernya

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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #3 le: 31 Octobre 2010 à 02:10:39 »

Citer
Même les lourds nuages chargés de colère interrompent leur folle course dans le ciel et s’apprêtent à retarder leur profond grondement.
trop d'adjectifs tue l'adjectif

Citer
ce brutal silence annonce la mort.
je ne suis pas convaincue par l'antéposition de l'adjectif

Citer
Je laisse dans l’herbe sèche ma vieille poupée de cire et rejoins les miens qui se sont réfugiés sous le gros platane pour échapper à l’étouffante chaleur d’été.
idem

Citer
Depuis son arrivée la veille, mes parents ne sont plus aussi heureux qu’avant, comme s’il avait emmené dans ses bagages une portion de malheur.
s'ils avaient ?

Citer
Si leurs lèvres s’élargissent mécaniquement, leurs yeux ne partagent pas l’allégresse de l’instant.
personnellement je trouve ce genre de phrases lourdes à lire

Citer
Ce matin, lorsque ma joie s’est échappée de ma bouche alors que je jouais dans le salon avant le déjeuner, ma mère m’a vigoureusement reproché mon attitude.
euh... oui. Ca fait bizarre le "la joie s'est échappée de ma bouche"  et le "vigoureusement" aussi, enfin, ça fait pas naturel.

 
Citer
Pourtant, jamais elle ne m’avait fâchée parce que j’étais euphorique rien qu’un petit moment.
idem, je pige pas ce genre de phrases qui se veulent grandioses ou avec un voc soutenu mais en fait, ça fait pas du tout naturel/ fluide donc je trouve que ça rend pas quoi

Citer
Ma mère quant à elle est vêtue d’une simple robe blanche d’été et a coiffé ses cheveux en chignon ; elle le fait souvent lorsqu’elle n’a pas le temps de les brosser et de prendre soin d’eux.
je pinaille mais faire un chignon, ça prend du temps. En tout cas si tu te fais un chignon bien. Et vu que ça a l'air d'être une femme "de bonne famille", elle va pas se faire un chignon à l'arrache

Citer
Soudain, mon oreille se dresse.
le narrateur serait-il un chien ?

Citer
Aurait-il compris, lui, ma faute commise et viendrait-il à moi pour se venger de mon comportement ?
depuis quand Dieu se venge ? je veux dire à la base c'est un principe de justice, non ?

Citer
Mais avant que ne s’entrouvre ma bouche sèche, mon père lâche soudain sa tasse de thé ; le liquide se répand sur les gravillons roses.
les gravillons roses c'est kitsch, XD. Sinon, il a quel âge le gamin pour s'exprimer comme un vieux de la guerre 14 ?

Citer
Je regarde mon oncle qui poursuit les traces de papa.
ça fait bizarre d'alterner "père" et "papa"

Citer
« Maman, où courent-ils tous ? »
mais bien sûr ! tous les enfants parlent comme ça :huhu:

Citer
Elle saisit un mouchoir blanc et essuie le pourtour de ses cils.
le pourtour ?

Alors moi non plus j'ai pas compris grand-chose, ok, il est tard, mais franchement les phrases à rallonge avec des mots soutenus pour dire quelque chose de super simple, je vois pas trop l'intérêt. Ca fait pas beau, ça fait artificiel à mort et on perd le texte. Ca m'a même fait rire plusieurs fois nerveusement d'ailleurs.
Sinon où se passe l'histoire ? Quelle période ?
Pourquoi choisir une telle narration alors que le personnage principal est une enfant ? Pourquoi autant décrire et autant s'appesantir sur la gaieté/ tristesse des parents ?
Ensuite, personnellement, la gamine me fait flipper avec son mysticisme.
Bref, je pense qu'il faut que t'allèges ton écriture, que tu l'épures de tous ces adjectifs antéposés et que tu écrives plus simplement. La qualité ne réside pas dans le vocabulaire soutenu.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

Hors ligne Zacharielle

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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #4 le: 31 Octobre 2010 à 02:10:55 »
Citer
16 heures.
Le temps se fige. Mystérieusement, le souffle du vent se dissipe et la chaleur écrasante du soleil tombe sur mon dos. Le bruissement des feuilles des châtaigniers bordant la propriété de notre demeure familiale s’estompe ; le chant des oiseaux aussi, au même instant, comme si la vie s’enfuyait tout à coup de notre jardin. Même les lourds nuages chargés de colère interrompent leur folle course dans le ciel et s’apprêtent à retarder leur profond grondement. Je cligne des yeux ; ce brutal silence annonce la mort.
J'aime bien le rythme et l'ambiance de ce premier paragraphe, sauf la phrase en gras qui est plus lourde (raccourcis ta phrase ? enlève un ou deux adjetcifs ?)

Citer
qui se sont réfugiés sous le gros platane pour échapper à l’étouffante chaleur d’été.
ça fait beaucoup d'informations : es-tu obligé de nous préciser tout ça ?

Citer
Je le vois bien, papa et maman sont tellement soucieux à présent qu’ils en oublient comment sourire.
hum, si l'oncle est arrivé la veille, c'est un peu rapide pour perdre le sourire, non ?

 
Citer
Ce matin, lorsque ma joie s’est échappée de ma bouche
Un enfant parle comme ça ? Même pour un adulte, c'est un peu lourd...

Citer
Je ne recommencerai plus, je me le suis promis.
D'après ce que j'ai compris, le gamin renonce à rire ?

Citer
Un souffle d’air caresse amoureusement ma peau dorée.
Hum, l'auto description ça a quelque chose d'insupportable ^^

Citer
Mes cheveux soulevés par une légère bourrasque s’envolent et retombent autour de ma nuque comme un bref instant de plaisir.
Euh, non, le personnage ne se voit pas de l'extérieur, il s'exprimera plus par ressenti, il n'est pas à s'observer dans un miroir ^^

Citer
Soudain, mon oreille se dresse.
woof

Citer
pour le vénérer.
ah, le vénérer carrément ?

Citer
J’avale ma salive et m’avance vers eux, prête à formuler les excuses dignes d’une telle circonstance.
euh, je croyais qu'il était encore à la table quand les chants du ciel l'ont happé ?

Citer
Je ne suis qu’une petite fille après tout,
ah xD jusque là je croyais que c'était un garçon

 
Citer
Je regarde mon oncle qui poursuit les traces de papa.
Pourquoi elle n'a pas fait la remarque avant ?!

Citer
Je ne sais toujours pas.
je trouve que tous les personnages réagissent bizarrement, et j'aimerais bien savoir ce qu'il se passe, à la fin  :mrgreen:

larmes = petites perles échappées du trésor de son âme ?
hum non... quand même...

Citer
Nous sommes toutes les deux réunies et je vois qu’elle cherche désespérément ses mots pour m’expliquer une chose qui n’est pas de mon âge.
J'ai du mal à comprendre où se situe le narrateur dans le temps : c'est la petite fille en direct live ou depuis le futur ? Parce que sinon elle anticipe drôlement les choses la gamine !

 
Il est clair que tu as fait des efforts pour construire des phrases, donner un décor, et "faire littéraire" avec des tas de description, hélas certaines sont de trop. En fait, je crois que tu ne laisses pas assez de place à l'imagination du lecteur : il a le droit de se représenter des détails, tu n'as pas l'obligation de dire chaque faits et geste de chacun des personnages. Avec tous ces entortillements, finalement, on ne saisit pas trop l'histoire, où vont les gens (pourquoi réagissent-ils comme ça, pourquoi la mère ne les suit pas...), les militaires ont l'air de savoir mais en fait personne ne sait rien... Aère ton texte, supprimes le superflu, pour donner plus de place à ton histoire et ne pas étouffer le lecteur. En fait, je crois qu'on est un peu embourbé dans les phrases et les adjectifs, et que par cet alourdissement on en perd le sens du texte. C'est dommage, parce qu'à part ces défauts l'écriture est assez plaisante, mais il faut y aller moins guindé, plus simple je pense, c'est le moyen le plus facile d'aboutir à ce qu'on veut. Après tu pourras retravailler en ajoutant quelques petits trucs par-ci par-là, mais dans un premier temps, je te conseillerais d'élaguer un peu, pour donner un peu de fraîcheur à l'ensemble.
Sinon, en ce qui concerne l'histoire, j'attendrai la suite pour me prononcer en toute connaissance du cause, mais si tu nous fait un coup de mystique ou d'appel divin, je ne le pardonnerai pas xD A moins que ce soit l'appel de guerre de 1870 ? Bon, bref ! Je m'arrête là xD Bienvenue sur le forum.

Hors ligne Pacô

  • Tabellion
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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #5 le: 31 Octobre 2010 à 11:10:05 »
Alors il y a peut-être un manque de culture, car toute la réponse se trouve ici :
« La Prusse a répondu au Tsar ! La France répondra à son tour ! »

Le tout durant un chaud mois d'août avec la mobilisation à travers tous les clochers de France, non, je ne connais pas 36 mille dates qui s'y assimilent ^^.
Et la nouvelle est terminée, c'est ça qui me perturbe le plus vis-à-vis de vos réponses.

Pour y aller franco avec vous, j'ai mis cette nouvelle en premier pour tenter de me faire une bonne image parmi vous. Cette nouvelle a décroché le premier prix d'un récent concours "Sous les Halles" avec le thème : "Où court-il ?".

Alors je vais m'employer à comprendre plus profondément ce qui dérange dans l'écriture.
L'écriture a fait l'objet au préalable d'une étude approfondie de l'époque. Et l'une des premières choses à faire lorsqu'on souhaite rédiger un texte sur une époque donnée, c'est s'inspirer d'elle et coller à la psychologie ambiante. Cette gamine est issue d'une famille huppée, rien que par le fait qu'elle soit dans une maison de campagne, et ces petites filles (comme les petits garçons) sont bien souvent gavés de culture au début du XXème siècle. Pourquoi ? Parce que les riches nouveaux parents, bourgeois, nouveaux maîtres du monde, n'avaient qu'une obsession : rivaliser avec l'ordre ancien, c'est-à-dire les nobles, et pour cela ils pavanaient leur progéniture en véritables érudits dans des salons et des réceptions coquettes.

Cette petite fille (qui joue à la poupée pourtant au début, chose rare pour un garçon) fait partie de tant d'autres qui ont un vocabulaire de savant mais encore une conscience d'enfant. C'est ce mélange là qui est rendu au fil du texte (et qui a plu au jury paraît-il) : des phrases compliquées, parfois savamment travaillées... mais qui ressortent des idées innocentes, d'enfants, puériles presque.

Et j'aurais une question à vous poser : travaillez-vous avec un style standardisé ? Parce que vous me conseillez à plusieurs reprises de reprendre des termes très communs. Et finalement, qu'est-ce pour vous que le style ?
Le style est l'argument du texte : il peint son univers, il l'habille et lui donne une essence.
Je suis prêt à parier que si j'avais usé de termes tout à fait communs pour dire la même chose, le texte en lui-même aurait perdu beaucoup de sa vitalité et de son charme. De son sens aussi : car toute l'idée repose sur l'opposition entre l'innocence de cette petite fille face aux évènements qui la dépassent et la science qu'on lui a inculqué scolairement qui la rapproche pourtant d'être une "grande dame".

Ensuite, concernant la description sensorielle, là encore il faut user d'une certaine logique. Vous me dites que j'écris pour "faire littéraire"... et vous me proposez en second de faire ressentir directement la fille.
Mais qui est celui qui "veut faire littéraire" ici ?
Non, si la petite fille décrit ses cheveux, le souffle du vent sur sa peau etc. c'est qu'il y a une logique derrière tout ça et que faire ressentir de manière basique la gamine n'aurait aucun intérêt, si ce n'est "faire du littéraire". La petite fille est persuadée que c'est Dieu qui va la punir, qui gronde dans le ciel et qui fait sonner toutes les cloches des églises.  Il y a pourtant un bref calme et la fille prend ça comme un "pardon divin" ou du moins, un soulagement. Elle est terrorisée par Dieu (parce que la morale chrétienne de l'époque le veut) et finalement, si ces cheveux se soulèvent, si le vent la caresse... c'est que ça ne vient pas d'elle, mais de Dieu. Elle est volontairement rejetée au second plan, pour suivre la logique de sa psychologie. Tandis que lui faire ressentir tout simplement : "tiens, je ressens du vent sur la figure, tiens, ça fait voler mes cheveux"... ça n'a aucun intérêt dans la logique de la narration.

Et oui, les parents perdent le sourire. Comme l'annonce de la guerre a été un peu subite dans toute la France, rares sont ceux qui ont souri gaiement lorsqu'on la leur a apprise. Malgré toute la propagande qui voulait que les soldats partent heureux à la guerre, alors qu'en vérité la plupart était franchement ennuyé de quitter le foyer en pleine saison des récoltes, pour en plus rencontrer ceux qui les avaient battu à plat de couture 40 ans auparavant.

Après bien sûr, si vous n'avez aucune donnée historique, si vous ne connaissez pas le processus qui a déclenché la plus grande des guerres en europe, ce texte vous sera très difficilement compréhensible.
Voilà une des raisons pour lesquelles il faut apprendre ses cours \o/.

Et maintenant, il est un peu trop tard pour la modifier étant donnée qu'elle est publiée.
« Modifié: 31 Octobre 2010 à 11:24:36 par Pacô »

Hors ligne Zacharielle

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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #6 le: 31 Octobre 2010 à 11:18:30 »
Merci professeur, j'ai pris une grande leçon d'humilité  :huhu:

Hors ligne Pacô

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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #7 le: 31 Octobre 2010 à 11:25:18 »
Il aurait néanmoins été plus intéressant de répondre à ma question centrale :
"Qu'est-ce que le style pour vous ?"

Hors ligne Zacharielle

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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #8 le: 31 Octobre 2010 à 11:30:59 »
Néanmoins, ça aurait été bien de prendre en compte nos remarques, nous n'avons pas lu et fait des commentaires pour le fun, mais pour t'aider à améliorer le texte, si toutefois c'est là ton objectif. Sinon, bah rien ne sert de poster tes productions. Pour parler du style, il y a des sujets ailleurs sur le forum.

Hors ligne ernya

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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #9 le: 31 Octobre 2010 à 11:32:17 »

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« La Prusse a répondu au Tsar ! La France répondra à son tour ! »

Le tout durant un chaud mois d'août avec la mobilisation à travers tous les clochers de France, non, je ne connais pas 36 mille dates qui s'y assimilent  .
La répétition du même verbe porte à confusion tu sais… ensuite désolée mais non je ne vois pas une mobilisation

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Et la nouvelle est terminée, c'est ça qui me perturbe le plus vis-à-vis de vos réponses.
La nouvelle est terminée ? désolée mais il n’y a aucune fin pour moi

Citer
Pour y aller franco avec vous, j'ai mis cette nouvelle en premier pour tenter de me faire une bonne image parmi vous. Cette nouvelle a décroché le premier prix d'un récent concours "Sous les Halles" avec le thème : "Où court-il ?".
Une bonne image ou pour recevoir des gerbes de fleurs et des applaudissements ?

Citer
C'est ce mélange là qui est rendu au fil du texte (et qui a plu au jury paraît-il) : des phrases compliquées, parfois savamment travaillées...
Ça va les chevilles ?
Désolée mais ce n’est pas savamment travaillé, c’est utilisé un vocabulaire soutenu pour faire littéraire

Citer
. Et finalement, qu'est-ce pour vous que le style ?
Le style c’est adapté l’écriture à ton texte. Le style c’est toi en tant qu’individu particulier avec ta manière de voir les choses. Ca n’a jamais été faire pompeux.

Citer
Le style est l'argument du texte : il peint son univers, il l'habille et lui donne une essence.
Je suis prêt à parier que si j'avais usé de termes tout à fait communs pour dire la même chose, le texte en lui-même aurait perdu beaucoup de sa vitalité et de son charme.
Je crois au contraire qu’il aurait gagné en simplicité et en fluidité. La fluidité c’est l’atout premier d’un texte.

Citer
Après bien sûr, si vous n'avez aucune donnée historique, si vous ne connaissez pas le processus qui a déclenché la plus grande des guerres en europe, ce texte vous sera très difficilement compréhensible.
Voilà une des raisons pour lesquelles il faut apprendre ses cours \o/.
C’est bien de juger les gens sans les connaître. C’est ça qu’on t’a appris toi à l’école ?
On te dit que ce n’est pas clair, tu nous reproches notre manque de culture. Le dialogue risque d’aller loin c’est sûr.

C’est cool aussi de prendre en compte les commentaires détaillés qu’on t’a faits.

Une question : t’es venu ici pour te lancer des fleurs et mépriser les autres ? Excuse-nous, ici on est que des débiles qui reconnaissent pas la qualité et qui sont des quiches en histoire. Mais ailleurs on te comprendra mieux peut-être. Et on t'admirera  peut-être aussi.
"Je crois qu'il est de mon devoir de laisser les gens en meilleur état que je ne les ai trouvés"
Kennit, Les Aventuriers de la Mer, Robin Hobb.

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Re : Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #10 le: 31 Octobre 2010 à 12:18:38 »
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« La Prusse a répondu au Tsar ! La France répondra à son tour ! »
Le tout durant un chaud mois d'août avec la mobilisation à travers tous les clochers de France, non, je ne connais pas 36 mille dates qui s'y assimilent  .
La répétition du même verbe porte à confusion tu sais… ensuite désolée mais non je ne vois pas une mobilisation
Mais là, ça ne vient pas du texte, mais d'une absence culturelle. Ou plutôt, d'absences de données historiques.
Après tout, je suis moi-même nul en culture espagnole et je ne vais pas chercher des noises à ceux qui me diront ce qu'a perpétré Franco durant sa dictature.

Mais là je te le redis : il n'y a eu qu'une seule mobilisation générale, avec le tsoing tsoing des clochers, comme il n'y a eu qu'une seule réplique dans l'histoire de France "La Prusse a répondu au Tsar ! La France répondra à son tour !".
Et au 1er août 1914, la Prusse avait déclaré la guerre à la Russie la veille, après que cette dernière l'ait menacée de l'attaquer si l'on touchait à la Serbie. La France s'est alors engagée dans le conflit.
Tu connais quand même bien les histoires de Triple Alliance et de Triple Entente non ?

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Et la nouvelle est terminée, c'est ça qui me perturbe le plus vis-à-vis de vos réponses.
La nouvelle est terminée ? désolée mais il n’y a aucune fin pour moi
Eh bien j'en suis fortement désolé pour toi.

Citer
Pour y aller franco avec vous, j'ai mis cette nouvelle en premier pour tenter de me faire une bonne image parmi vous. Cette nouvelle a décroché le premier prix d'un récent concours "Sous les Halles" avec le thème : "Où court-il ?".
Une bonne image ou pour recevoir des gerbes de fleurs et des applaudissements ?
Non. Mais à ta réplique, je sens une légère frustration ?
Je donnais simplement l'argument qui signifiait qu'actuellement, cette nouvelle est publiée, congratulée et qu'elle ne peut être changée.
C'est la seule dont je suis fier, alors j'ai commencé par elle plutôt que de vous exposer des travaux bâclés.


Citer
C'est ce mélange là qui est rendu au fil du texte (et qui a plu au jury paraît-il) : des phrases compliquées, parfois savamment travaillées...
Ça va les chevilles ?
Désolée mais ce n’est pas savamment travaillé, c’est utilisé un vocabulaire soutenu pour faire littéraire
Et le souci ici, c'est que tu ne comprends pas le sens de "savamment travaillée".
C'est peut-être pour ça que tu ne saisis peut-être pas non plus l'ensemble du texte.

Je vais néanmoins en faire part à vos admins.

Citer
. Et finalement, qu'est-ce pour vous que le style ?
Le style c’est adapté l’écriture à ton texte. Le style c’est toi en tant qu’individu particulier avec ta manière de voir les choses. Ca n’a jamais été faire pompeux.
Et ai-je dit que le style devait être pompeux ?
Céline avait un vrai style, et son style était on ne peut plus argotique. Mais le style, celui que tu me décris, tu le confonds avec ton style vestimentaire qui "trop trop" à la mode.

Mais le style littéraire, ce n'est pas ta vision des choses. Ce serait plus la manière des choses ;).

Citer
Le style est l'argument du texte : il peint son univers, il l'habille et lui donne une essence.
Je suis prêt à parier que si j'avais usé de termes tout à fait communs pour dire la même chose, le texte en lui-même aurait perdu beaucoup de sa vitalité et de son charme.
Je crois au contraire qu’il aurait gagné en simplicité et en fluidité. La fluidité c’est l’atout premier d’un texte.
Et c'est donc la que je parle de standardisation de l'écriture.
Jamais la fluidité n'est l'atout du texte ; elle n'est que l'atout d'une certaine logique de textes !
Mais lis du Chateaubriand, c'est un génie dans son état et souligne-moi pourtant ces passages fluides !
Peut-être que lui aussi voulait faire du littéraire ?

Citer
Après bien sûr, si vous n'avez aucune donnée historique, si vous ne connaissez pas le processus qui a déclenché la plus grande des guerres en europe, ce texte vous sera très difficilement compréhensible.
Voilà une des raisons pour lesquelles il faut apprendre ses cours \o/.
C’est bien de juger les gens sans les connaître. C’est ça qu’on t’a appris toi à l’école ?
On te dit que ce n’est pas clair, tu nous reproches notre manque de culture. Le dialogue risque d’aller loin c’est sûr.
A parce que dire : vous ne connaissez pas les critères de la mobilisation générale, c'est juger les gens ?
Ou serait-ce plutôt de dire à quelqu'un qu'il veut se la péter, qu'il veut qu'on lui jette des fleurs, qu'il veut mépriser les autres et qu'il n'a aucun sens du dialogue ?

J'ouvre la question à d'autres.

C’est cool aussi de prendre en compte les commentaires détaillés qu’on t’a faits.

Une question : t’es venu ici pour te lancer des fleurs et mépriser les autres ? Excuse-nous, ici on est que des débiles qui reconnaissent pas la qualité et qui sont des quiches en histoire. Mais ailleurs on te comprendra mieux peut-être. Et on t'admirera  peut-être aussi.
En fait, je suis déjà ailleurs et j'ai une position très confortable.
Aucune suggestion à faire donc.

Ceci dit, non, je suis venu ici pour chercher des âmes littéraires pour un projet du ministère de la jeunesse et de la solidarité active, via le cabinet de Monsieur Daubresse.
Mais avant tout, je préfère juger la qualité de vos réactions et surtout noter votre pouvoir de commentaire.


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Hors ligne Jezy

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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #11 le: 31 Octobre 2010 à 12:22:37 »
 
Citer
« Le silence de l'homme attire le silence de Dieu. »
Julien Green
Julien Green ? Un de tes persos ou un homme connu ?

Citer
Même les lourds nuages chargés de colère interrompent leur folle course dans le ciel et s’apprêtent à retarder leur profond grondement. Je cligne des yeux ; ce brutal silence annonce la mort.
Mis a part qu’il y a des adjectifs partout, ils sont toujours placés de la même façon, c'est-à-dire avant. L’effet « je parle en mode Yoda » peut etre sympa par-ci par-là, mais là c’est un peu trop, ça fait lourd et trop voyant…

Citer
Depuis son arrivée la veille, mes parents ne sont plus aussi heureux qu’avant
Ce « qu’avant » me semble superflu.

Citer
Ce matin, lorsque ma joie s’est échappée de ma bouche alors que je jouais dans le salon avant le déjeuner, ma mère m’a vigoureusement reproché mon attitude.
Hum, on comprend ce que tu veux dire, mais la façon de le dire est très étrange… genre le « ma joie s’est échappée de ma bouche » pour rire, ça a un côté heu… pas lourd, mais bon, ni clair ni fluide. Et sinon, ça m’étonne qu’une enfant puisse dire « vigoureusement reproché », enfin ça dépend de son âge et de sa famille (paysan ou bourgeois, pour généraliser), mais là, sans beaucoup de détail sur le contexte, ça surprend.

Citer
Pourtant, jamais elle ne m’avait fâchée
Elle ne m’avait grondé ? Ou elle ne s’était fâché ? Je sais pas si c’est un effet de style voulu, mais le sens n’est pas très clair ici.

Citer
Tandis que je cherchais la réponse dans son regard qui s’était posé sur moi, là encore
Le « tandis » et le « là encore » vont pas trop ensemble, de mon point de vue. Ca sonne étrange…

Citer
mais rien dans son expression ne laisse transparaître sa gaieté.
« la » gaieté ?

Citer
Un souffle d’air caresse amoureusement ma peau dorée.
« amoureusement » ? c’est comme ça qu’elle le perçoit ? Elle donne des sentiments aux éléments ?
Citer
mon oreille se dresse.
WTF ? c’est original comme façon de présenter les choses XD

Citer
ma faute commise et viendrait-il à moi pour se venger de mon comportement

Hum, dans le contexte, je comprend pas comment tu passes de « punir » à « se venger », c’est pas vraiment le meme domaine, et puis Dieu est sensé être un être juste, pas capricieux… et aussi, pour quelle raison voudrait-il se venger ? Que pourrait-elle lui avoir fait ?
Bon bref, je comprend pas bien tout…

Citer
C’est un peu comme s’il avait réservé toute l’énergie nécessaire à une telle cavalcade durant toute sa vie et qu’il l’utilisait maintenant.
Répétition de « toute », lourd.

Citer
Je regarde mon oncle qui poursuit les traces de papa.
« poursuit les traces », ça sonne pas terrible. Excuse-moi mais, savamment travaillé ou pas, c’est moche.

Citer
la vibration de leur sinistre cri.
Ca devrait pas être un point ici ?

Citer
« Retourne chez toi, petite fille. Ce n’est pas pour toi. »
Pas très naturel, comme dialogue.

Citer
Et il repart au galop à travers la foule qui grandit chaque seconde.
Qui grandit « a » chaque seconde ?

Citer
« La Prusse a répondu au Tsar ! La France répondra à son tour ! »
Désolé, j’ai toujours était nulle en Histoire, tu peux m’expliquer l’évènement dont ils parlent ?

Citer
« Maman, où courent-ils tous ? »
En fait, je pense qu’il serait vraiment utile que tu cases dans le début de ton texte l’âge de la narratrice, parce qu là c’est vraiment difficile…

Citer
Elle saisit un mouchoir blanc et essuie le pourtour de ses cils.
Genre elle tamponne aux coins de ses yeux ?


Effectivement, la fin est un peu brutale… même si j’aime bien ce dernier mot de la mère.

Dans l’ensemble, l’idée n’est pas mauvaise, le décor est intéressant, ceci dit il y a quelques petites choses qui dérangent. Globalement, je trouve que le vocabulaire ne correspond pas bien au personnage, il est trop riche, trop soutenu, pour une enfant.
Et puis il y a des références qui ne vont pas toujours de soit, enfin moi qui n’ait pas les connaissances historiques, il y a des passages qui ne m’ont pas vraiment parlé. Mais ça n’empêche pas de comprendre l’histoire, donc ce n’est pas très très grave.

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Hors ligne Pacô

  • Tabellion
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Re : Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #12 le: 31 Octobre 2010 à 12:43:55 »
Citer
« Le silence de l'homme attire le silence de Dieu. »
Julien Green
Julien Green ? Un de tes persos ou un homme connu ?
Non, c'est un romancier américain qui écrivait toujours en Français.
Et je l'aime bien, et sa citation m'avait marqué. Je trouvais qu'elle correspondait bien à l'univers du texte.

Citer
Même les lourds nuages chargés de colère interrompent leur folle course dans le ciel et s’apprêtent à retarder leur profond grondement. Je cligne des yeux ; ce brutal silence annonce la mort.
Mis a part qu’il y a des adjectifs partout, ils sont toujours placés de la même façon, c'est-à-dire avant. L’effet « je parle en mode Yoda » peut etre sympa par-ci par-là, mais là c’est un peu trop, ça fait lourd et trop voyant…
Je vois ce que tu veux dire, même si je parlerais plus de tournure à l'anglaise que de Yoda ^_^.
Est-ce que pourtant écrire : "Même les nuages lourds chargés de colère interrompent leur course folle dans le ciel et s'apprêtent à retarder leur grondement profond" soit plus judicieux ?

Citer
Depuis son arrivée la veille, mes parents ne sont plus aussi heureux qu’avant
Ce « qu’avant » me semble superflu.
Tu as raison.

Citer
Ce matin, lorsque ma joie s’est échappée de ma bouche alors que je jouais dans le salon avant le déjeuner, ma mère m’a vigoureusement reproché mon attitude.
Hum, on comprend ce que tu veux dire, mais la façon de le dire est très étrange… genre le « ma joie s’est échappée de ma bouche » pour rire, ça a un côté heu… pas lourd, mais bon, ni clair ni fluide. Et sinon, ça m’étonne qu’une enfant puisse dire « vigoureusement reproché », enfin ça dépend de son âge et de sa famille (paysan ou bourgeois, pour généraliser), mais là, sans beaucoup de détail sur le contexte, ça surprend.
Comme je l'expliquais dans un précédent message, je fais parler cette fille volontairement savamment.
Non pas que je me considère moi-même comme un savant, mais que sa manière de faire est assimilée à une manière de savant. A l'époque, les filles de bonne famille devaient s'exprimer comme des adultes ; mieux, comme des livres.
Toutefois, il y a quelques couacs au fil du texte, comme par exemple "elle ne m'avait jamais fâchée" qui n'est pas français, mais qui est pourtant une ritournelle classique du vocabulaire d'un enfant.

Mais surtout, c'est le contraste entre ce beau vocabulaire et l'innocence de sa réflexion qui est soulignée au fil du texte.

Citer
Pourtant, jamais elle ne m’avait fâchée
Elle ne m’avait grondé ? Ou elle ne s’était fâché ? Je sais pas si c’est un effet de style voulu, mais le sens n’est pas très clair ici.
Et pourtant, tu as touché l'incorrect linguistique !

Citer
Tandis que je cherchais la réponse dans son regard qui s’était posé sur moi, là encore
Le « tandis » et le « là encore » vont pas trop ensemble, de mon point de vue. Ca sonne étrange…
Peut-être parce que c'est un effet de répétition. On aurait pu dire : "à chaque fois que je la regarde, à chaque fois elle semble penser à autre chose."
C'est une rupture de construction, un peu comme à la Pascal : "Le nez de Cléopâtre s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. "

Citer
mais rien dans son expression ne laisse transparaître sa gaieté.
« la » gaieté ?
Oh oh, j'hésite ici.
Ce n'est pas la sienne pourtant ?

Citer
Un souffle d’air caresse amoureusement ma peau dorée.
« amoureusement » ? c’est comme ça qu’elle le perçoit ? Elle donne des sentiments aux éléments ?
Elle croit surtout au pardon divin. L'amour de Dieu.

Citer
mon oreille se dresse.
WTF ? c’est original comme façon de présenter les choses XD
Dans un plan beaucoup moins poétique, l'oreille d'un chien de chasse se dresse aussi lorsqu'il repère du gibier ;).

Citer
ma faute commise et viendrait-il à moi pour se venger de mon comportement

Hum, dans le contexte, je comprend pas comment tu passes de « punir » à « se venger », c’est pas vraiment le meme domaine, et puis Dieu est sensé être un être juste, pas capricieux… et aussi, pour quelle raison voudrait-il se venger ? Que pourrait-elle lui avoir fait ?
Bon bref, je comprend pas bien tout…
Et c'est là qu'on bascule dans l'innocence de la petite fille. Tout un vocabulaire digne d'une grande dame, mais encore une psychologie et une raison de petite fille.
Elle fait d'ailleurs la confusion entre la punition et la vengeance (que nombre de philosophes ont tenté de séparer, en vain parfois !) mais la morale chrétienne inculquée dès le berceau est bien trop forte.
A l'époque, on craint bien plus Dieu qu'on ne l'aime...

Citer
C’est un peu comme s’il avait réservé toute l’énergie nécessaire à une telle cavalcade durant toute sa vie et qu’il l’utilisait maintenant.
Répétition de « toute », lourd.
Je veux bien... mais comment dire que c'est l'entièreté de sa vie alors ?

Citer
Je regarde mon oncle qui poursuit les traces de papa.
« poursuit les traces », ça sonne pas terrible. Excuse-moi mais, savamment travaillé ou pas, c’est moche.
Propose alors... ?

Citer
la vibration de leur sinistre cri.
Ca devrait pas être un point ici ?
Pas compris la remarque... ?

Citer
« Retourne chez toi, petite fille. Ce n’est pas pour toi. »
Pas très naturel, comme dialogue.
En même temps, où vois-tu un dialogue ? ^^

Citer
Et il repart au galop à travers la foule qui grandit chaque seconde.
Qui grandit « a » chaque seconde ?
Yop, un oubli que j'avais corrigé pour la publication finale (mais pas sur le traitement de texte ici visiblement).

Citer
« La Prusse a répondu au Tsar ! La France répondra à son tour ! »
Désolé, j’ai toujours était nulle en Histoire, tu peux m’expliquer l’évènement dont ils parlent ?
La première guerre mondiale. Réplique célèbre des soldats qui allaient chercher les hommes dans les villes lors de la mobilisation du 1er août 1914 ...
C'est aussi ce qu'a publié la propagande pour faire dire que le peuple était heureux d'aller à la guerre.

En vérité, il n'y avait que les fous furieux qui ont apprécié la nouvelle.

Citer
« Maman, où courent-ils tous ? »
En fait, je pense qu’il serait vraiment utile que tu cases dans le début de ton texte l’âge de la narratrice, parce qu là c’est vraiment difficile…
Je vois.
C'est peut-être alors ça qui dérange tant...

Citer
Elle saisit un mouchoir blanc et essuie le pourtour de ses cils.
Genre elle tamponne aux coins de ses yeux ?
Non, elle lui essuie le pourtour des cils ^_^.

Effectivement, la fin est un peu brutale… même si j’aime bien ce dernier mot de la mère.

Dans l’ensemble, l’idée n’est pas mauvaise, le décor est intéressant, ceci dit il y a quelques petites choses qui dérangent. Globalement, je trouve que le vocabulaire ne correspond pas bien au personnage, il est trop riche, trop soutenu, pour une enfant.
Et puis il y a des références qui ne vont pas toujours de soit, enfin moi qui n’ait pas les connaissances historiques, il y a des passages qui ne m’ont pas vraiment parlé. Mais ça n’empêche pas de comprendre l’histoire, donc ce n’est pas très très grave.

Brutale, certes, mais que voudrais-tu y ajouter ?
C'est la guerre et la suite, tout le monde la connaît.

Les derniers mots de la mère sont rajoutés pour faire la double chute, surtout en rapport avec le thème du concours "Où court-il ?" mais ç'aurait très pu s'arrêter à la réplique du soldat.

Je te remercie pour ta lecture et ton commentaire :).


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Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #13 le: 31 Octobre 2010 à 12:57:53 »
Tout d'abord, je ne sais pas si ma lecture est très révélatrice : ayant parcouru les commentaires avant, je savais de quoi la nouvelle allait parler, donc je n'ai pas eu de problème de compréhension. Mais sans ton explication, je ne suis pas sûre que j'aurais compris, pourtant je connais un petit peu l'histoire...

J'ai lu, et j'ai bien aimé, mais sans plus (sans vouloir te vexer). Disons que ça se lit agréablement, mais que l'histoire ne m'a pas transcendée non plus. Comment dire ? Je dirais que c'est, à mes yeux, un petit texte sympa.


Sur la forme, je n'ai pas grand chose à redire :)
Sur le fond, ce problème de compréhension me chiffonne assez. Je n'aime pas les textes hermétiques ou les textes à clé. Personnellement, je pense qu'un bon texte historique est un texte qui sera compréhensible, même pour quelqu'un qui ne connait pas l'histoire, et ce sans se lancer dans des digressions explicatives qui ennuiraient le lecteur qui s'y connait - c'est pour ça que je trouve que c'est un genre difficile, a fortiori pour une nouvelle. Si ici, bon nombre de lecteurs n'ont pas saisi à quel épisode tu fais référence, peut-être qu'il faudrait clarifier deux-trois choses. Parce que la nouvelle ne prend de sens que si on comprend ce qui motive ces départs précipités. Je veux dire que l'Histoire n'est pas juste un cadre, elle est la pièce maîtresse de la chute de la nouvelle. Alors, si on ne saisit pas...
D'ailleurs, ça m'étonne un peu : les gens sont partis se mobiliser comme ça, paf, d'un coup, en courant ?


Ceci dit, ce qui me gène plus, je dois avouer que ce sont tes réactions. Nous on voit une nouvelle, on la lit, et on dit ce qu'on ressent. Que cela cadre ou pas avec ce que tu espérais, ou avec ce que t'en ont dit d'autres lecteurs - si émérites soient-ils -, on n'y est pour rien, nous. C'est à toi de prendre de la distance, de voir ce que tu retiens ou pas des commentaires. Visiblement, le public de ce forum n'est pas le même qui a congratulé ta nouvelle. A toi de voir si tu souhaites élargir le cercle de tes lecteurs (je ne suis pas en train de dire qu'il faut écrire pour plaire au plus grand nombre dans un sens bassement commercial  :mrgreen: Mais je n'aime pas les textes élitistes, je l'ai dit), ou n'écrire que pour ceux qui t'ont félicité ;) Même les romans publiés ont des critiques de lecteurs qui ne les ont pas aimés. Ce n'est pas pour ça qu'il faut taxer ces derniers de frustrés, de jaloux ou d'ignares ;)

Citer
Je donnais simplement l'argument qui signifiait qu'actuellement, cette nouvelle est publiée, congratulée et qu'elle ne peut être changée.
Oh ! Comme Terry Goodkind ! :)

Citer
Ceci dit, non, je suis venu ici pour chercher des âmes littéraires pour un projet du ministère de la jeunesse et de la solidarité active, via le cabinet de Monsieur Daubresse.
Mais avant tout, je préfère juger la qualité de vos réactions et surtout noter votre pouvoir de commentaire.
Oh, zut, on a raté le casting ?  :D Sans vouloir te vexer, sortir ton CV ne va pas faire qu'on aime davantage ton histoire  ;)

Citer
C'est la seule dont je suis fier, alors j'ai commencé par elle plutôt que de vous exposer des travaux bâclés.
Ce que je vois là, c'est juste un auteur vexé qu'on ait pu critiquer sa nouvelle préférée. Mais tu sais, c'est arrivé à tout le monde. Une de mes profs disait qu'il fallait tomber de son piédestal avant d'arriver à progresser. Je ne veux pas dire que ton texte est nul, mais il faut arriver à avoir du recul pour avancer...


Voilà, je m'arrête ici :) Preuve que je suis de bonne foi : j'ai bien aimé ton histoire, malgré l'a priori très négatif que m'avaient donné tes commentaires ;)  Je ne voudrais pas enveminer la conversation déjà un peu tendue, mais en tant que modératrice, j'aimerais demander à tout le monde de se calmer un peu, au nom de la bonne ambiance qui règne d'habitude sur ce forum. Merci !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Pacô

  • Tabellion
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Re : Re : L'appel de Dieu.
« Réponse #14 le: 31 Octobre 2010 à 13:49:38 »
Tout d'abord, je ne sais pas si ma lecture est très révélatrice : ayant parcouru les commentaires avant, je savais de quoi la nouvelle allait parler, donc je n'ai pas eu de problème de compréhension. Mais sans ton explication, je ne suis pas sûre que j'aurais compris, pourtant je connais un petit peu l'histoire...
Pourtant, il faut croire qu'un jury de 40 personnes composées de toutes les orientations professionnelles possibles (chef d'entreprise, médecins, profs voire lycéens) ont compris.
Et c'est ça qui m'a en premier lieu dérangé. Vous m'auriez dit cela avant le verdict, je me serais remis en question.
Mais après une intronisation, et je pense que vous seriez comme moi, c'est beaucoup moins simple de remettre en question le fondement même de la nouvelle.

Le problème du langage a été soulevé dans ce jury, et je comprends pourquoi il l'est ici aussi. J'y ai répondu et maintenant, c'est mon choix que de laisser la nouvelle telle quelle. Entre guillemets, vous avez fait votre travail.

Par contre, concernant la clarté du scénario, plusieurs indices ont été calibrés (et pire encore, retirés par l'éditeur qui jugeait que je prenais le lecteur trop pour un inculte et qui risquait de dévoiler la chute) de manière à aiguillonner sur la piste de la première guerre mondiale.
Il y a déjà l'ambiance : la famille bourgeoise, le chapeau coquet, les allures de bonne famille... qui font un énorme reflet à la culture bourgeoise du début du XXème siècle (à l'époque encore non martyrisée par les deux guerres successives).

Il y a l'absence des techniques modernes : c'est l'oncle qui apporte les nouvelles de Paris (qui avait été mise au courant un peu avant la province) et non tout simplement la télévision, ou encore, un appel au téléphone.

Enfin, il y a l'uniforme des soldats, rouge et bleu, caractéristique de la fin de l'ère napoléonienne et apogée d'une république fanfaronne... jusqu'à ce qu'on prenne conscience que le rouge et le bleu n'était pas génial pour se planquer dans les fourrés et que adopter un bleu plus gris serait davantage judicieux.

Et puis, il y a la réplique et le clocher de l'église qui sonne (on ne l'avait pas fait pour d'autres guerres).
J'avais au préalable rajouté l'indice du prince assassiné à Sarajevo. On me l'a fait supprimer.

Alors voilà pourquoi je reste sceptique, c'est tout.

J'ai lu, et j'ai bien aimé, mais sans plus (sans vouloir te vexer). Disons que ça se lit agréablement, mais que l'histoire ne m'a pas transcendée non plus. Comment dire ? Je dirais que c'est, à mes yeux, un petit texte sympa.
L'idée doit avant tout correspondre au thème "Où court-il ?". Le texte ne se réclame pas d'un grand mouvement littéraire, juste son intégrité.

Sur le fond, ce problème de compréhension me chiffonne assez. Je n'aime pas les textes hermétiques ou les textes à clé. Personnellement, je pense qu'un bon texte historique est un texte qui sera compréhensible, même pour quelqu'un qui ne connait pas l'histoire, et ce sans se lancer dans des digressions explicatives qui ennuiraient le lecteur qui s'y connait - c'est pour ça que je trouve que c'est un genre difficile, a fortiori pour une nouvelle. Si ici, bon nombre de lecteurs n'ont pas saisi à quel épisode tu fais référence, peut-être qu'il faudrait clarifier deux-trois choses. Parce que la nouvelle ne prend de sens que si on comprend ce qui motive ces départs précipités. Je veux dire que l'Histoire n'est pas juste un cadre, elle est la pièce maîtresse de la chute de la nouvelle. Alors, si on ne saisit pas...
D'ailleurs, ça m'étonne un peu : les gens sont partis se mobiliser comme ça, paf, d'un coup, en courant ?
Mais ce texte se base sur un fait historique mais n'est en aucun cas un texte historique. En ce cas, tous les textes qui abordent une période passée de notre histoire sont des textes historiques ? Les Misérables est une trilogie historique ? Camus est un historien lorsqu'il raconte la vie d'un homme dans l'Algérie coloniale ? Toi, lorsque tu écris sur ce monde d'aujourd'hui, seras-tu considérée comme historienne dans vingt ou cinquante ans ?

C'est bien ça le problème : l'objet de la nouvelle n'est pas la leçon d'histoire. Au contraire, c'est le fait historique qui contribue à la compréhension de la trame de la nouvelle, c'est-à-dire l'innocence de la petite sur un évènement tragique. Par ailleurs, le titre "L'appel de Dieu" est en lui-même une référence directe, un jeu de mot pourrait-on dire, vis-à-vis de la naïveté de la petite. Mais pas du fait historique lui-même.

Et franchement, dire concrètement : "ah, mais c'est l'appel à la mobilisation du 1er août 1914 !" en plein milieu du texte, ça aurait très inconvenant. Tu le sais, ou tu ne le sais pas. Mais je ne crois pas qu'il faut aller jusqu'à accuser l'auteur.
Quand tu lis les Misérables, ou encore le Rouge et le Noir, si tu n'as aucune connaissance historique, tu risques de ne pas en mener large. Est-ce que pourtant nous devrions le reprocher à leurs auteurs, ou plutôt à nous mêmes qui ne sommes pas assez renseignés sur l'époque ?

Enfin, oui, lors de la mobilisation générale, tout le monde devait se rassembler sur la place de l'église de manière à ce que l'élu local déclame l'ouverture des hostilités, fasse le compte des mobilisés (et gare à ceux qui n'étaient pas venus !) et éventuellement, commence à distribuer les armes.

Ceci dit, ce qui me gène plus, je dois avouer que ce sont tes réactions. Nous on voit une nouvelle, on la lit, et on dit ce qu'on ressent. Que cela cadre ou pas avec ce que tu espérais, ou avec ce que t'en ont dit d'autres lecteurs - si émérites soient-ils -, on n'y est pour rien, nous. C'est à toi de prendre de la distance, de voir ce que tu retiens ou pas des commentaires. Visiblement, le public de ce forum n'est pas le même qui a congratulé ta nouvelle. A toi de voir si tu souhaites élargir le cercle de tes lecteurs (je ne suis pas en train de dire qu'il faut écrire pour plaire au plus grand nombre dans un sens bassement commercial  :mrgreen: Mais je n'aime pas les textes élitistes, je l'ai dit), ou n'écrire que pour ceux qui t'ont félicité ;) Même les romans publiés ont des critiques de lecteurs qui ne les ont pas aimés. Ce n'est pas pour ça qu'il faut taxer ces derniers de frustrés, de jaloux ou d'ignares ;)
Et qu'est-ce que les textes élitistes ? Hum ?
Parce que j'aime le contraste entre auteurs élitistes, ceux qu'on appelle plus communément les classiques, puis les auteurs bas de gamme comme Musso, Meyer et Lévy. Pour ma part, je fais plutôt la distinction entre écrivain et rédacteur. Ceux qui écrivent de la littérature, qui font le "Beau" kantien, ont la chance d'être écrivains. Ceux qui écrivent pour faire plaisir, pour passer un bon moment, sont tout à fait louables mais ne sont pas écrivains.
Et pour information, je fais partie du second groupe. Et vous ?

A la base même, je n'ai fait qu'informer sur le contexte socio-politique, base du texte rédigé.
Ensuite seulement, on a commencé à me rétorquer que j'étais un auteur vilainement fier de moi-même. Et pourtant, croyez-moi ou non, je suis loin d'être imbus de ma personne et je suis tout à fait enclin à partager la pomme en deux (voire en plusieurs autres morceaux ^^).
Mais je déteste ceux qui prennent la mouche sur des éléments culturels. Je sais que ce n'est pas tellement le sujet pour parler de ça, mais je suis sidéré à chaque fois que je constate que certains ne savent même pas reconnaître un critère fondamental de notre histoire, un critère qui a peut-être décimé tous les hommes d'une famille et qui a supprimé les arrières-grands-parents de deux générations de certains d'entre vous.

Je ne suis pas pour autant un nationaliste, mais je trouve que ce manque de culture et cette absence de faits marquant est nuisible pour la société dont vous faites partie.
Ce débat peut être transposé dans un autre sujet, évidemment.

Citer
Je donnais simplement l'argument qui signifiait qu'actuellement, cette nouvelle est publiée, congratulée et qu'elle ne peut être changée.
Oh ! Comme Terry Goodkind ! :)
Plaît-il ?

Citer
Ceci dit, non, je suis venu ici pour chercher des âmes littéraires pour un projet du ministère de la jeunesse et de la solidarité active, via le cabinet de Monsieur Daubresse.
Mais avant tout, je préfère juger la qualité de vos réactions et surtout noter votre pouvoir de commentaire.
Oh, zut, on a raté le casting ?  :D Sans vouloir te vexer, sortir ton CV ne va pas faire qu'on aime davantage ton histoire  ;)
Oui, sauf qu'il me semble qu'elle me demandait la raison pour laquelle j'étais débarqué sur ce forum.
Je le lui mentionne et je ré-affirme l'intention première : déceler les âmes littéraires et les faire incorporer un projet jeunesse sur le développement culturel auprès d'éditeurs, de producteurs et de toute une machinerie de l'industrie culturelle.
Histoire de donner une meilleure place à la culture que ce qu'elle n'est à la culture.

Et je ne crois pas que notre actuel ministre compte pour beaucoup dans cette nouvelle. Mais si tu aimes sortir les phrases hors contexte, je t'en prie et fais ta journaliste de presse people.

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C'est la seule dont je suis fier, alors j'ai commencé par elle plutôt que de vous exposer des travaux bâclés.
Ce que je vois là, c'est juste un auteur vexé qu'on ait pu critiquer sa nouvelle préférée. Mais tu sais, c'est arrivé à tout le monde. Une de mes profs disait qu'il fallait tomber de son piédestal avant d'arriver à progresser. Je ne veux pas dire que ton texte est nul, mais il faut arriver à avoir du recul pour avancer...
Oui, et c'est valable très certainement.

Sauf qu'une fois le texte terminé et publié, il ne reste rien pour progresser dessus.
La prochaine fois, je déposerai un autre texte encore à l'état d'étude.

Voilà, je m'arrête ici :) Preuve que je suis de bonne foi : j'ai bien aimé ton histoire, malgré l'a priori très négatif que m'avaient donné tes commentaires ;)  Je ne voudrais pas enveminer la conversation déjà un peu tendue, mais en tant que modératrice, j'aimerais demander à tout le monde de se calmer un peu, au nom de la bonne ambiance qui règne d'habitude sur ce forum. Merci !
Très bien.

 


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