Le phare de la C3 pendouille. Il fait entrer la clé dans la serrure de la portière. Sur le siège, il pose un devis. Phare avant droit + clé électronique + main d'œuvre... Total = 725 €. Il le relit, souffle, le froisse et le jette sur la banquette arrière, entre un emballage du macdo et un siège enfant. Il démarre.
W.LC.M. En s'essuyant les pieds énergiquement, il vient d'arracher la dernière voyelle du paillasson. Il ouvre la porte, un chat noir s'évade, suivi par un labrador qui essaye de manger ce qu'il reste du E. Il lui arrache de la bouche, difficilement, la déchiquette et laisse les confettis dans le vide-poche, à coté d'une bouteille de Martini et d'un tas de courrier. En haut de la pile, on peut y lire "Juge des...". Il fixe une photo où on le voit souriant, entouré d'une femme et d'une petite fille d'environ deux ans. Il avait une barbe bien taillée.
Il entre dans le lit, règle son radio-réveil sur 6 h 00, prend un livre, lit une moitié de page et le repose. Il éteint la lampe de chevet. Il bouge dans tous les sens, se gratte. Quelque chose semble l'irriter au niveau du caleçon. L'étiquette ! L'étiquette d'un très vieux caleçon ! Il se lève, se contorsionne pour essayer de l'arracher. Avec les mains, avec les dents. En se retournant, rageux, son regard s'arrête sur l'image que lui renvoie le miroir psyché. Il reste dans cette position de longues secondes. Et grogne.
Subitement, en trombe, il entre dans la salle de bain, ouvre le meuble miroir, s'empare d'un petit ciseaux, enlève son caleçon (sous le regard postérisé d'un Garfield accroché de travers). Méthodiquement, le bout de la langue coincé entre les lèvres, découpe juste au-dessus du 95% coton. Il jette l'importun appendice dans les toilettes, remet son caleçon, et tire la chasse.
Il retourne dans la chambre en sifflotant un air victorieux et s'engouffre dans les draps, le visage apaisé.