Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

21 Avril 2026 à 05:36:40
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Féerie

Auteur Sujet: Féerie  (Lu 3593 fois)

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Féerie
« le: 19 Octobre 2020 à 18:22:31 »
Bonjour à tous,

Vous avez lu la recette un peu particulière de Mathieu ? ça vous a plu ?
Moi oui ! Alors, il m'est venu l'idée de tester sa recette.
Voici le résultat...

Bonne lecture à tous.
Merci pour vos retours, commentaires, critiques et remarques.

Ci-dessous la version 2 retravaillée après les remarques de Paf et Alan.
Merci à eux pour leurs commentaires.

Féerie

J’aime me promener dans la montagne. J’aime marcher seule ou en groupe dans ses étendues immenses, laisser mon esprit divaguer, écouter les sons de la nature et être emportée dans une sorte d’univers parallèle, loin de ma vie de citadine à la limite de la boboïtude. J’emploie l’expression d’univers parallèle à dessin, ce n’est pas simplement un monde rural à l’opposé de mon rythme quotidien métro-boulot-dodo. C’est autre chose, quelque chose de bien plus puissant, quelque chose qui nous échappe. J’en veux pour preuve cette petite aventure qui m’est arrivée l’été dernier.

Nous marchions sur le GR depuis plusieurs jours. Nous avions trouvé notre rythme, nos habitudes. Déjà le matin, nous bouclions nos sacs de manière quasi automatique, ravitaillement, topo guide, crème anti-frottement, bâtons de marche… Nous étions efficaces, nous nous passions de mots. Cette nuit-là, j’avais mal dormi, pas de courbatures, aucune douleur physique ou morale, pas de repas lourd, rien qui ne justifiât une insomnie. Et pourtant, j’avais tourné et retourné, m’emmêlant une bonne partie de la nuit dans mon sac à viande. J’ai maudit cet espace restreint, qui m’empêchait d’étaler en grand mes jambes et mes bras. J’avais chaud, puis, froid et de nouveau chaud. J’ouvrais les yeux, puis les fermais, me concentrais sur ma respiration, sur mes sensations corporelles. Au petit matin, je suis laissée emporter, juste quelques minutes avant que le réveil sonne. Bien que je n’eusse pas mon compte de sommeil, je m’extirpai de ma poche de coton blanc et je suivis les autres. Je savais d’emblée que la journée serait longue et que ce ne serait pas mes pieds ou mes quadriceps qui me feraient le plus souffrir. Toute la matinée, ils ont marché devant moi, j’étais seule à l’arrière avec mes pas lents. J’observais les cimes qui se détachaient sur le ciel bleu, je suivais des yeux les nuages de poussières soulevés par les pas des autres. Ils s’élevaient puis s’évaporaient, disparaissaient dans l’air, ne subsistaient sur le sol plus que quelques traces ténues. Je guettais l’écho de leurs voix, un rire faisait parfois pétiller la montagne, cela m’emplissait le cœur. Je fermais la marche, fatiguée mais sereine. Je chantonnais une vieille chanson de Zaz, le souvenir de sa voix rocailleuse, des notes du saxophone me donnait du courage « Moi aussi j'ai une fée chez moi Sur les gouttières ruisselantes Je l'ai trouvée sur un toit… Elle doit bien savoir qu'elle ne peut pas Ne pourra jamais plus voler D'autres ont essayé avant elle Avant toi une autre était là Je l'ai trouvé repliée sous ses ailes…Moi aussi j'ai une fée chez moi Qui voudrait voler mais ne le peut pas ». J’étais bien malgré mes paupières lourdes. Je me sentais à ma place.

Ils se sont arrêtés sur la crête, dans une clairière, couverte de mousse qui sentait les frondaisons vertes. Je les ai rejoints après quelques minutes. J’ai étalé mon plaid à carreaux rouge et vert dans la place laissée vide dans le cercle. Ils m’ont un peu charriée. Je n’ai rien dit. J’ai souris.
Je n’avais pas très faim alors j’ai juste mangé mon casse-croûte et alors qu’ils faisaient tourner fromage et pain, amandes et abricots secs, je me suis allongée à l’extérieur du cercle. Le soleil brillait fort et sa lumière descendait à la verticale, aucun vent ne remuait les feuilles. Fermer les yeux, profiter de ces minutes de répit, se laisser emporter. Les bruits de leurs voix et de leurs mastications me rassuraient. Je me suis laissé aller. Morphée m’a emportée. C’est lors de cette courte sieste qu’un étrange lutin est venu à moi. Je dis un lutin mais en vrai je ne sais pas à qui j’avais affaire. Je ne me souviens plus de son visage, ni de son apparence physique, pas de chapeau pointu, ni de longue barbe. Je ne sais même pas si je les ai distingués à un moment donné. Je me souviens juste d’une présence, d’une présence bienveillante, d’une voix qui flottait dans l’air et d’une singulière recette murmurée du bout des lèvres : Nous t’avons entendu, nous savons ce qu’il te faut…
Sa voix semblait sortir de nulle part, nager sur les nuages et au-delà, je sentais sa présence surnaturelle. Je dormais et pourtant tous mes sens étaient en alerte.
Du voile de brume, il y en a sur cette crête, laisse-les partir devant, laisse-les faire du bruit et s’éloigner, marche derrière en silence. Quand l’horizon deviendra bleu, tu pourras chanter, sans t’arrêter surtout, sans perdre espoir. Il ne faut jamais perdre espoir. Il apparaitra. Il viendra à toi. Aie confiance.
Il parlait du voile de brume, quelques minutes auparavant, j’ignorais l’existence de cette chose et pourtant, à cet instant, ces paroles me paraissaient naturelles…
Il te semblera monter de la vallée, tomber du ciel, sortir de la forêt, peu importe, ne sois pas surprise, et surtout ne t’arrête pas de chanter, pas un instant, sinon il risque de se déchirer. Il faut que tu l’attrapes. Sers-toi de ta gourde, ouvre-la à ce moment-là. Tu l’auras vidée, tu y auras déposé une feuille de menthe que tu auras cueillie sur le bord du chemin. Il s’y engouffrera. Cela peut prendre du temps, beaucoup de temps, sois patiente. C’est un spectacle fascinant, tu verras. Ne te laisse pas distraire. Il se pourra que tu perdes toute notion de temps. Lorsque le voile aura commencé à pénétrer dans ta gourde, tu pourras arrêter de chanter. La feuille de menthe aura pris le relais, c’est vers elle que le voile de brume se dirigera. Attends que l’ensemble du voile soit à l’intérieur de ta gourde, c’est très important. Quand ce sera le cas, tu pourras refermer ta gourde
Il se tu. Mais il ne disparut pas, il était encore là, je le sentais. D’une voix plus faible, il murmura : A partir de là, tu auras deux jours pour utiliser ton voile de brume. Après, il s’obscurcira.
Puis il disparut. J’ai ouvert les yeux d’un coup sec, au-dessus de moi les feuilles vert pales se détachaient sur le ciel bleu, et par-dessus les voix familières, l’une se détacha :
-   Un petit caoua, Gaby ? T’en as bien besoin, je crois…
Oui, j’en avais bien besoin.
J’attrapais le gobelet que l’on tendait et les deux carrées de chocolat qui allaient avec. J’étais là parmi les autres et pourtant absente, mon esprit ailleurs, la voix du lutin résonnait dans ma tête. Du voile de brume, quel matériel étrange, à quoi cela pourrait bien me servir. Mille et une questions s’entrechoquaient dans mon esprit. A cet instant, j’aurais pu leur raconter mon rêve. Mais je me suis tue, je ne sais quel pressentiment a retenu mes paroles.

Notre caravane est repartie quelques minutes après le café et les carrées de chocolat. Je les ai laissés prendre de l’avance. Ils n’ont pas mis longtemps à me lâcher, j’étais perturbée par mon rêve et mes pas semblaient en subir les conséquences. Lorsque que mes compagnons de marche furent suffisamment loin, et après avoir vérifié que personne ne me voyait, j’ai vidé ma gourde dans le fossé, on m’aurait pris pour une folle. J’ai cueilli de la menthe. J’en ai mis une feuille au fond de ma gourde. J’avançais sur le chemin de crête, guettant son apparition dans l’horizon bleu, appliquant mes pas l’un après l’autre avec une certaine minutie. Ma gorge était serrée, j’étais anxieuse de comment allait se dérouler les minutes suivantes. Pourtant mon comportement n’en laissait rien paraître. Je chantais d’une voix que je ne reconnaissais pas, une voix qui semblait sortir de mes tripes malgré son caractère doux et enveloppant « Moi aussi j'ai une fée chez moi Sur les gouttières ruisselantes Je l'ai trouvée sur un toit Dans sa traîne brûlante C'était un matin ça sentait le café Tout était recouvert de givre Elle s'était cachée sous un livre Et la lune finissait ivre… » les paroles que je pensais avoir oublié, même jamais connues par cœur, sortaient d’entre mes lèvres.

Il est apparu.
Et comme le lutin m’avait prévenue, c’était magique. Montait-il de vallée ? Tombait-il des rares nuages ? C’était impossible à dire, on aurait dit qu’il se matérialisait à partir de l’air. De surprise, j’ai failli lâcher la gourde, mais je me suis souvenue de ses paroles et je me suis appliquée à ma tâche. J’ai ouvert ma gourde et je l’ai vu tourner autour de moi, monter, descendre, avancer, s’arrêter, repartir en arrière, hésiter, se méfier, humer l’air et mes intentions… et soudain craquer, se laisser aller, et s’engouffrer. D’abord rapidement, presque goulument, puis plus doucement, comme s’il prenait son temps, savourait les choses.
Et comme le lutin m’avait prévenue, je suis tombée dans une faille spatio-temporelle. Plus rien n’avait d’importance que cet étrange voile blanc bleu qui se contorsionnait pour entrer dans ma gourde.
Lorsque j’ai repris mes esprits, l’horizon avait sa teinte habituelle, verte et grise. J’ai refermé prestement ma gourde, je l’ai mise au fond de mon sac et j’ai repris ma marche en accélérant le pas. Les autres n’étaient plus que des petits points noirs loin devant. Je n’avais pas envie d’attiser leur curiosité, qu’ils me pressent de questions et alors que j’allongeais les jambes afin de les rattraper, je me demandais bien à quoi pourrais me servir ce voile de brume et quelle force surnaturelle m’avait poussé à suivre les recommandations de cette voix entendue dans mon sommeil.

J’ai eu la réponse dès la nuit suivante. Le lutin est revenu. Cette fois-ci je l’ai vu. Je pense que ce n’était pas un lutin mais plutôt une sorte de mage ou de sorcier. Il portait une sorte de justaucorps noir, qui mettait en valeur sa forte musculature, sous une cape marron. Contrairement à l’idée que je m’en faisais, il avait les cheveux coupés court et il était rasé de près. On aurait dit un druide des temps modernes, je n’aurais pas été très surprise de le voir sortir un portable de dessous sa cape. La peau de son visage était tannée, ses petits yeux étaient rieurs. Il semblait content, fier de moi. Moi, qui dans mon sommeil n’arrivait à contrôler mes émotions, j’étais à la fois intimidée, anxieuse et impatiente. Vous savez, cette étrange sensation que l’on a quand on rencontre quelqu’un qui va changer notre vie.
La recette est merveilleuse avec un papillon, me dit-il, sa voix pétillait, mais un autre insecte fera également l’affaire. Sois créative, tout n’a pas encore été testé et il y a beaucoup à découvrir. Tu plongeras l’insecte dans un tourbillon de voile de brume et de sucre. Tous les cristaux de sucre doivent être en suspension quand tu incorporeras ton insecte. Pendant trois minutes au moins, tu devras continuer de faire tournoyer le mélange d’un geste ample et régulier.
Il joignait le geste à la parole. Je ne le voyais pas mais je le sentais. L’air tournait autour de moi et c’était comme s’il m’emportait dans une danse magique.
Tu y incorporeras les épices de ton choix, encore une fois, sois créative. Ton choix sera le bon. Fais-toi confiance, le mélange portera tes couleurs.
Il a marqué une pause et j’ai cru le voir sourire. Je sentais qu’il voulait m’encourager, me mettre en confiance. C’était plus fort que moi, sa bienveillance m’émouvait et réduisait toutes les réticences de mon caractère méfiant. Aujourd’hui encore, je ne sais pas si ce personnage, ce mage, ce druide, cet envoûteur, que je ne sais comment désigner, a des pouvoirs magiques mais je dois admettre qu’il est très fort pour me conduire exactement là où le voulait.
Tu laisseras reposer une nuit, là-bas à la lisière de la forêt.
C’est sur ces mots que j’ai ouvert les yeux d’un coup sec comme l’après-midi même et que j’ai vu l’endroit qu’il me désignait du doigt, à travers la fenêtre.

Alors, dans la nuit, je me suis levée, comme un automate. J’ai pris ma gourde avec le voile de brume au fond de mon sac. J’ai marché pieds nus jusqu’à la cuisine du refuge. Le plus doucement possible j’ai ouvert les placards, un à un. Je ne doutais pas d’y trouver du sucre ainsi qu’un récipient pour le mélanger avec le voile de brume. Ne pas faire de bruit, ne pas se faire repérer. Mon souffle était suspendu. J’exécutais tous mes gestes de manière automatique, sans y penser, comme si j’étais gouvernée par une force supérieure. Mon attitude me faisait penser à celle des petits enfants hypnotisés par le son du pipeau du joueur de flûte de Hamelin. Je commençais à croire que j’étais ensorcelée et pourtant je continuais à ouvrir les placards. Dans le troisième, derrière un paquet de farine et un autre de riz long grain, j’ai reconnu le rose d’un certain Daddy. Mon cœur s’agitait. J’avais chaud, je commençais à transpirer. Puis j’ai trouvé un grand saladier en plastique rouge aux bords usés par les coups de fouet et de cuillère, j’y ai déversé le sucre, et petit à petit, en inclinant ma gourde, j’y ai incorporé le voile de brume. D’un geste lent et régulier, je faisais tournoyer le mélange. Je savais que je devais être délicate et même plus. J’étais tellement accaparée par ma tâche, que j’en ai oublié le principal, l’incorporation de l’insecte. Quand cela m’est revenu à l’esprit, j’ai un peu paniqué, mon cœur qui s’était calmé au rythme du mouvement de mon bras s’est à nouveau emballé. J’ai tourné la tête dans tous les sens, cherchant des yeux, dans cette cuisine collective à l’hygiène douteuse, un insecte qui pourrait faire l’affaire. Sur le plan de travail en inox, parmi les millions de miettes de pain rassis, une mouche aux ailes grillées gisait sur le dos, sur le plancher une araignée se tricottait des bottes… Les araignées ne sont pas des insectes, elles n’ont pas d’ailes… La recette sera-t-elle réussie avec une mouche trépassée ? J’ai hésité quelques secondes, mais pas tellement quand j’y repense. Est-ce cela qu’on appelle l’instinct ? J’ai attrapé l’araignée. Surprise, elle a lâché son tricot. Elle a tenté de se débattre un peu, de surnager par-dessus le mélange de sucre et de voile de brume, mais le tourbillon l’a emportée. Avant qu’elle ne disparaisse tout à fait, j’ai pris le cadavre de la mouche, je lui ai délicatement arraché les ailes. Elles ne lui serviraient plus de toute façon et il y avait longtemps qu’elle ne souffrait plus. J’ai incorporé les ailes au mélange, elles étaient un peu abîmées.
Comme le mage me l’avait dit, j’ai continué à faire tournoyer le mélange pendant au moins trois minutes, jusqu’à ce que l’araignée et les ailes soient incorporées.
C’était le moment d’ajouter des épices, dans les placards j’ai trouvé du cumin, du curcuma, de la cannelle et du gingembre moulu. La voix du mage resonnait dans ma tête. Pas de poivre à cette étape, il faut le garder pour plus tard. Quand le mélange eu pris une jolie couleur jaune orangé, bien homogène, je l’ai délicatement versé dans ma gourde. J’ai observé le résultat à travers le plastique transparent. J’étais assez fière de moi, tout en me demandant ce que ça allait bien pouvoir donner.

Je suis sortie du refuge et dans la lumière d’un faisceau de lune, je me suis dirigée vers la lisière de la forêt. Je marchais pieds nus dans l’herbe mouillée. La lumière bleutée soulignait les muscles de mes mollets et mes cuisses qui se contractait et s’étiraient au rythme d’un saxophone. De ma gourde semblait jaillir une lumière semblable à celle du cuivre qui sonnait dans ma tête.

Je ne sais ce qui s’est passé ensuite.
Je me suis réveillée le matin, pleine de courbatures et extrêmement fourbue, quelques brins d’herbe coincés entre les pieds. Les autres se sont préparés, ils ont bouclé leurs sacs à dos. Je suis restée couchée, le tissu de mon sac à viande ramené par-dessus mon visage. Je leur ai dit que je ne me sentais pas bien, que je les rejoindrais ce soir en prenant la navette. Je me suis rendormie.
Il a attendu qu’ils furent tous partir pour revenir. Cette fois-ci, la surprise passée, je l’ai trouvé séduisant avec son moulant noir qui mettait ses formes en valeur et ses yeux verts. Je n’aurais pas eu de doutes sur sa nature profonde, j’aurais presque pu tomber amoureuse.

Il te faudra mettre tes lunettes de soleil et prendre du poivre à la cuisine. C’est l’ingrédient final. Trois grains du mélange trois baies feront bien l’affaire. Tu les jetteras à l’intérieur de ta gourde. Il te faudra la refermer aussitôt et t’éloigner. Sois prudente. À ce stade, les explosions sont fréquentes. Il y aura du bruit, comme un crépitement et de la lumière, des étincelles. Tes lunettes te protégeront les yeux. Ne sois pas inquiète.
Lorsque le calme sera revenu, tu t’assiéras dans l’herbe, tu devras respirer calmement et ne pas bouger.
Elle viendra d’elle-même faire ta connaissance.

Dans mon sommeil, à cet instant, j’ai eu un doute. Elle ?

Lorsque je me suis réveillée plus tard dans la matinée, avant même de prendre mon café, j’ai pris les trois grains de poivre et j’ai obéit au doigt et à l’œil du charmant mage.
Tout s’est passé exactement comme il l’avait prédit.
Il y a eu des bruits étranges, une lumière s’est agitée à l’intérieur de ma gourde, doucement au début puis de plus en plus fort jusqu’à faire tanguer le récipient. Une force semblait coincée à l’intérieur. Le bouchon se dévissait. Il a eu un sifflement et tout d’un coup le bouchon est parti en l’air et ma gourde a explosé dans un bruit de grelot.
Et depuis … vous me croirez ou pas, mais…
J’ai une fée qui habite chez moi… avec ses ailes grillées, elle fait un bruit… je sais bien qu’elle est dérèglée…mais je préfère l’embrasser ou la tenir entre mes doigts….
Ses yeux verts me rappellent quelqu’un, je crois que c’est pour cela que je l’aime bien. Elle a son petit caractère, un peu piquant, à cause du gingembre, peut-être. Je m’en veux un peu pour les ailes grillées, si j’avais su.
« Modifié: 14 Novembre 2020 à 11:01:06 par GeGinger »
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne Mathieu

  • Calligraphe
  • Messages: 103
    • Liste de mes textes sur MDE
Re : Féerie
« Réponse #1 le: 19 Octobre 2020 à 21:30:26 »
Je suis très heureux de t'avoir inspiré ce texte
que j'ai lu comme on mange un eclair. Je n'ai pas trop le temps en ce moment, mais j'y reviendrai dès que possible. Un texte qui a résonné en moi en tout cas, avec son ambiance de randonnée pédestre que j'affectionne et bien sûr le côté féerique en plus ! Entendre des fragments de ma recette dans la bouche du lutin a vraiment un aspect merveilleux pour moi. GeGinger : mille mercis pour ce texte !
« Modifié: 20 Octobre 2020 à 18:56:55 par Mathieu »

Hors ligne Paf

  • Aède
  • Messages: 241
  • Dix doigts et un clavier.
    • Mon Nano
Re : Féerie
« Réponse #2 le: 20 Octobre 2020 à 03:30:27 »
J'avais adoré le texte de Mathieu, alors...  Lu ! ^^

Je ne connais pas la chanson, mais tu me donnes envie de l'écouter... Ta fée pourra toujours se balancer au bout d'un parachute de soie, pour voler !  :)

J'ai moyennement accroché au lutin. J'ai trouvé que la partie rando et la partie magie s'ancrent trop peu l'une dans l'autre, et le lutin, bah... il manque un peu de présence, de corps pour jouer ce rôle.
J'ai bien aimé le texte en général ; tu as une plume de conteuse, des mots légers qui glissent tout seuls. Mais pour moi, la magie n'a pas marché à 100% (peut-être parce que, ayant lu mathieu, je connaissais déjà les mots du lutin ? ça se peut. )

Par contre, tu m'a donné envie d'essayer la recette aussi... :p
ça ferait un bon AT ! lol

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : Féerie
« Réponse #3 le: 20 Octobre 2020 à 09:14:52 »
Bonjour Mathieu,

C'est moi qui te remercie ! J'ai pris énormément de plaisir à écrire ce court texte. Le monde féerique m'est complètement étranger, je n'écris pas ce genre, je suis très terre à terre. Aussi je suis ravie que ce texte que tu m'as inspiré t'ai plu.
Reviens quand tu veux, je t'attends. C'est toujours un plaisir.

Bonjour Paf,

Merci à toi aussi de ta lecture.
La chanson, c'est "Une fée" de Zaz. Tu reconnaitras le saxophone et la voix rocailleuse.
Je suis d'accord avec toi pour le lutin, il y a quelque chose qui va pas... peut être juste une voix, mais l'on croirait schizo... un lutin plus travaillé... je sais pas, je vais y réfléchir. La partie rando est aussi à retravailler, mettre plus de liant peut être.
Au plaisir.
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne Cendres

  • Comète Versifiante
  • Messages: 4 992
Re : Féerie
« Réponse #4 le: 20 Octobre 2020 à 15:24:37 »
Merci pour ton texte.
J'aime bien tes textes, ils ont un cote naturel et simple que je ne serais pas expliqué.
Ils sont toujours agréable à lire.

Ton histoire est originale et je n'ai jamais lut un texte comme cela. C'est fantastique dans un cadre non-fantastique. On pourrait croire que l'héroïne rêve ou se drogue, vu ses hallucinations. Mais ce n'est pas le cas.

Grace a toi, on a la recette pour avoir une fée.  C'est vachement sympa de nous la donner ;)
"Celui qui désespère des événements est un lâche, mais celui qui espère en la condition humaine est un fou."
Albert Camus

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : Féerie
« Réponse #5 le: 20 Octobre 2020 à 18:09:19 »
Bonjour Cendres,

Rendons à Mathieu ce qui appartient à Mathieu : le recette de la fée est de lui  ;)
Je suis contente que tu ai aimé ce texte.

Au plaisir.
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 752
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Féerie
« Réponse #6 le: 21 Octobre 2020 à 19:21:29 »
Bonjour GeGinger,


Le titre de ton texte a attiré mon attention, et me voici pour le commenter.

C'est un récit très mystérieux dans lequel j'ai trouvé une dose de magie et quelques imprudents secrets...


L'intrigue est très présente, Gaby a l'air d'avoir atterri au milieu de nulle part et ça crée un effet très peu ordinaire, teinté de sorcelleries ou de rites surnaturels. Sur la forme, je trouve que tu aurais encore quelques progrès à faire : des temps à revoir, l'emploi des guillemets pendant les dialogues, quelques descriptions supplémentaires des lieux, odeurs, sensations éprouvées pour éviter de trop te concentrer sur la gestuelle.

Pour ton lutin, il me semble que le problème émane du fait qu'il donne le sentiment de savoir exactement ce qu'il fait sans pour autant apparaître dangereux ni malveillant. Il n'y a pas de question sur ses intentions, la raison de son apparition ne crée pas de méfiance ni d'interrogation. Je me serais bien mieux attaché à cette Gaby si elle m'avait donné l'impression qu'elle prenait d'immenses risques sans raison plutôt que de simplement mettre un peu de poivre dans une gourde...

« Puis j’ai trouvé un grand saladier en plastique rouge aux bords usés par les coups de fouet et de cuillères, j’y ai déversé le sucre, petit à petit, en inclinant ma gourde, j’y ai incorporé le voile de brume. D’un geste lent et régulier, je faisais tournoyer le mélange. Il me fallait être délicate. »

C'est typiquement le genre de passage qui m'a sorti du texte : le fait de « devoir être délicate » me semble trop banal pour créer la magie, il faudrait quelque chose de plus périlleux pour approfondir le mystère, sans quoi ça manque à mes yeux d'émotion palpitante.


Et voici pour un retour de lecture sur une féerie des plus irrationnelles. ^^

J'espère que mon commentaire t'apportera de nouvelles perspectives pour la suite, sans quoi j'aurai essayé de détailler mon impression au mieux, merci à toi pour cette lecture.

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : Féerie
« Réponse #7 le: 22 Octobre 2020 à 10:33:37 »
Bonjour Alan,

Merci beaucoup pour ta lecture et tes commentaires.
J'ai essayé de suivre tes recommandations (et celles de Paf) dans la version 2. Tu me diras ce que tu en penses ? Si c'est mieux ?

Encore merci et au plaisir.
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne Henka

  • Tabellion
  • Messages: 49
Re : Féerie
« Réponse #8 le: 22 Octobre 2020 à 19:25:19 »
Bonjour GeGinger,

Merci pour ce texte. "La fée" de Zaz m'a tourné longtemps dans la tête après l'avoir lu. Dans sa première version, je trouvais qu'il faisait trop "fait-exprès", je trouve celle-ci meilleure :).

A mon commentaire sur "Les feuilles mortes", tu as répondu que c'était tout-à fait ce dont tu avais besoin. Je me demande parfois si le côté formel et utilitaire de mes commentaires n'est pas trop rebutant. J'ai été ravie de voir qu'il n'en était rien pour toi ! Donc, je réitère ;).

Pour les remarques :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Voilà !

J'ai commencé à lire "de la souris aux épices", mais ça va prendre un peu de temps avant que je commente.

A bientôt, j'espère :).

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 752
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : Féerie
« Réponse #9 le: 22 Octobre 2020 à 23:03:53 »
Bonjour GeGinger,


Je viens de prendre connaissance des nouveautés que tu as apportées au texte, et cela lui donne de nouveaux aspects à la fois magiques et envoûtants.

En ce qui concerne cette nouvelle conclusion, elle m'a fait penser à une morale implicite, un regret pour conclure qui dit beaucoup en peu de mots, ça me semble bien fonctionner dans l'ensemble. Une petite histoire qui tient dorénavant dans un tout avec un début, un milieu et une fin. ^^


Alors c'est une bonne chose de découvrir ces nouveaux ajouts qui en révèlent un peu plus sur ce mage/lutin, et puis tu apportes une touche personnelle à l'histoire.

Encore merci à toi pour cette lecture, en espérant que nos commentaires t'aient apporté un petit quelque chose pour faire vivre ce récit en lui donnant forme petit à petit. :)

Hors ligne Mathieu

  • Calligraphe
  • Messages: 103
    • Liste de mes textes sur MDE
Re : Féerie
« Réponse #10 le: 28 Octobre 2020 à 17:23:38 »
Salut GeGinger,

Comme promis, je reviens sur ce texte et suis ravi d’en découvrir une deuxième version, plus aboutie. Le personnage du mage a pris de l’épaisseur et ça améliore le texte à mon avis. Même s’il tombe toujours de nulle part (c’est sa nature qui veut ça !), le lecteur a maintenant le temps de l’apprivoiser un peu, de s’habituer à lui.

Le petit rappel de la couleur de ses yeux est bien vu ! J’ai trouvé ça charmant.

Le texte me semble bien abouti maintenant.

Seule la relation de Gaby avec ses compagnons de montagne n’est pas forcément bien bouclée. Il y a peut-être matière à compléter ça. Elle les a un peu délaissés quand même avec toute cette histoire. En même temps, vu que ce n’est pas essentiel, il ne faudrait pas que ce soit trop long.
 
Quelques bricoles ci-dessous :

*/ « les cimes qui se détachais »
Détachaient

*/ « qu’ils faisaient tourner formage »
fromage

*/ « tout mes sens étaient en alerte »
tous

*/ « sortir de la fort »
Forêt

*/ La feuille de menthe a pris le relais »
Je te propose « aura » à la place de « a »

*/ « la voix du lutin resonnait »
résonnait

*/ « il était rasé de prés »
Rasé de près

*/ « réduisait toute mes réticences de mon caractère méfiant »
J’ai trouvé cette formulation un brin maladroite.
Je te propose « réduisait toute les réticences de mon caractère méfiant » ou alors « réduisait toute mes réticences. »


*/ « qu’il était très fort pour me conduire exactement là ou le voulait. »
où il le voulait

*/ « Ses yeux verts me rappellent quelqu’un, je crois que c’est pour cela que je l’aime bien. Elle a son petit caractère, un peu piquant. Je crois que c’est à cause du gingembre »
Je ne sais pas si c’est fait exprès, il y a deux fois « je crois que » dans ce passage. Il y a peut-être moyen de modifier pour alléger.



Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : Féerie
« Réponse #11 le: 28 Octobre 2020 à 18:27:58 »
Bonsoir Mathieu,

Merci de ta relecture et d'avoir relevé ces coquilles.

Citer
Seule la relation de Gaby avec ses compagnons de montagne n’est pas forcément bien bouclée
Oui, c'est vrai et c'est volontaire. Dans mon esprit Gaby est qqn de singulier, elle évolue un peu à l'écart des autres, un peu en marge, ce qui lui ouvre les portes de ce monde parallèle, car n'importe qui ne voit pas apparaitre des mages... Comprend-on que cette idée est sous jacente ?

Encore merci Mathieu.
Au plaisir.
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne Henka

  • Tabellion
  • Messages: 49
Re : Féerie
« Réponse #12 le: 11 Novembre 2020 à 17:35:52 »
Bonjour GeGinger,

Il y a quelques semaines, je t'ai laissé sur "Féerie" un commentaire qui m'a pris deux jours. Tu n'y as pas répondu. Ça m'a fait un peu drôle, je dois bien l'admettre : j'ai même eu cette fâcheuse impression d'être totalement invisible. Tu comprendras que je me pose quelques questions : Est-ce que mon commentaire t'a été utile ? Est-ce que ça vaut la peine que je passe plus de temps sur "de la souris aux épices", comme je me proposais de le faire ? Est-ce que tu as l'intention de me rendre la pareille ?

Merci de me répondre :) 

Hors ligne GeGinger

  • Troubadour
  • Messages: 284
Re : Féerie
« Réponse #13 le: 11 Novembre 2020 à 18:21:13 »
Henka,

Je suis confuse ! Vraiment !
Je n'avais pas vu ton commentaire. Je remonte le fil des réponses que j'ai eu sur ce texte et je le découvre.
et il est conséquent !!! Je suis vraiment navrée, car j'imagine bien qu'il a du te prendre du temps et je t'en remercie. Il me sera utile, j'en doute pas ! Je reviens demain et je te fais une réponse digne de ce nom.

Comment me faire pardonner ?
J'ai besoin de vos avis !       
 Une souris aux épices

Hors ligne Danaliel Lofen

  • Tabellion
  • Messages: 27
Re : Féerie
« Réponse #14 le: 11 Novembre 2020 à 22:08:29 »
Bonjour/Bonsoir, je n'ai pus lire que la V2, je m’essaie aux critiques ce soir, j'espère ne pas être trop lourd ni trop vague,  mais cette petite histoire me laisse assez mitigée.

C'est bien détaillé, le contexte qui décrit les montagnes et l'esprit de randonné est là, on se retrouve facilement dans l'esprit à la fois rustique, taiseux et pourtant communautaire d'une randonnée en montagne. Livré à la nature, on marche en groupe et on se fait confiance en laissant chacun libre de progresser à son rythme tant qu'on respecte les codes de survies. Le lexique employé est carré, dans le sens ou chaque mot est employé avec exactitude ce qui contraste avec la fantaisie que nous raconte l'histoire. J'ai beaucoup aimé l'aspect lutin sans corps du début, pour me retrouver avec une sorte de muse BCBG druidique, je me suis dis "pourquoi pas?". Mais j'appréciais plus l'idée de "l'esprit volant non identifié", ça laissait plus de place aux doutes et suggestions, épaississant le mystère qui entourait l'expérience de nôtre insomniaque.  Après j'ai vue que ça avait été suggéré par d'autres critiques plus haut, donc c'est une question de goûts et d'appréciation lors de la lecture.  Pour moi une fois qu'il a une forme physique, on est presque sûr qu'elle ne court aucun danger. En tout cas la tension retombe drastiquement, on a plus l'impression qu'elle est séduit par un homme charmant qui est plus retenu par son rôle, que par ses propres intentions.

Outre le côté mystique du début, j'aimais beaucoup le moment ou elle ne sait même plus si ce qu'elle fait vient vraiment d'elle même, on la sent comme un peu surprise par sa propre curiosité. On comprend sans vraiment que cela soit logique mais c'est insinué à travers l'aventure, qu'elle est privilégiée par cette rencontre avec le lutin et que si elle venait à trahir leur secret, tout s'effondrerait. La scène où elle réalise la recette es excellente, elle oublie l'ingrédient principale tellement elle est absorbée parce qu'elle est en train de faire. Sans compter la discrétion avec laquelle elle doit se démener pour aller au bout de cette fameuse recette, mélangé avec la précipitation et l'angoisse de tout faire foirer. J'étais bien dedans.

La fin est plaisante, c'est un peu un "tout ça pour ça?!", mais on est quand même content à la fois pour la naissance de la fée et amusé par l'ironie du sort. Puis on se remémore les mots du lutin et on sourit en se disant que la prochaine fois ça sera la bonne. ^^

Le texte m'a plus, juste des fois ou on se demande si les deux protagonistes ne cherchent pas à se séduire et c'est assez perturbant au sein de cette histoire mais c'est peut être moi qui surinterprète de ce côté.  Voilà, bonne continuation! =D

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.013 secondes avec 15 requêtes.